Presquailleurs

presquailleursLa société famélique, saturée d’individualisme, est le lieu initial du recueil. Au fil des pages, la poète joue des coudes et du langage pour s’inventer une posture d’où il serait possible de prendre la parole – une parole libérée de la toute-puissance du « je » tout autant que de l’utopie en banqueroute du « nous ». C’est ainsi que se creuse peu à peu un espace, point de rencontre possible avec le lecteur. Presquailleurs.

Nous avons lu ce livre à deux. En le débutant, nous nous sommes rapidement rendu compte que la musicalité des mots s’accordait bien à une lecture à haute voix et nous avons finalement choisi d’aborder ce livre à deux. Nous lisions un chapitre, avant d’en discuter entre nous.

Presquailleurs est une poésie très urbaine, parfois brute et un peu écorchée, qui utilise plusieurs niveaux de langage: langue familière, mots en anglais, langage poétique et des contractions de mots forçant bien souvent à la réflexion. C’est un recueil de poésie qui demande du temps, un moment pour le laisser mijoter afin de mieux en saisir le contexte et comprendre le propos de l’auteur. Nous avons trouvé qu’une lecture active, à deux, s’y prêtait bien.

Les chapitres abordent différents sujets, toujours reliés à ce désir de prendre la parole et de se détacher du « nous ». L’auteure fait beaucoup d’allusions à la société, à l’image qu’on doit projeter et à ce que cette société refermée amène comme difficultés. C’est une société désolante. Le recueil parle du mal de l’être humain versus le mal de la société. C’est l’humain, en fin de compte, qui crée tout cela. Reflet de la société actuelle, entre superficialité et détresse.

« Faut-il redonner du sens au tragique? »

On sent des thèmes graves abordés, la déception d’une société molle, le suicide, la solitude. Elle montre que les gens font preuve d’un certain égoïste, les gens se connaissent mal et la souffrance est souvent présente. Se laisser dicter par une société qui ne fonctionne pas bien, c’est se retrouver à faire des choix qui ne rendent pas heureux. Le monde raconté dans ce livre nous donne le sentiment que le monde est en quelque sorte une incompréhension et qu’il faut réussir à s’en libérer pour être pleinement soi-même. Malgré ce qui est sombre et négatif, la poésie reste belle.

« Une mince couche de lumière
M’englobe très fine
Fragile
Ce n’est pas moi qui ne vais pas bien
Ni nous ni nounours
Ce qui entoure
En projection constante
Impitoyable est
En face de moi
Qui ne trouve pas la joie »

Le début du recueil peut sembler plus hermétique et on doit prendre le temps de comprendre le texte. La poésie particulière, à laquelle nous ne sommes pas particulièrement habitués, sait piquer notre curiosité et nous donner envie de creuser plus loin pour en saisir toutes les subtilités. C’est une lecture qui porte beaucoup à la réflexion et de l’avoir partagée à deux a été un exercice très intéressant.

Un livre qui mériterait une relecture, un peu plus tard, pour en percevoir différemment les nuances et peut-être encore mieux aborder le texte.

Presquailleurs, Patricia Lamontagne, éditions de l’Hexagone, 64 pages, 2018

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Le Grand défi de littérature québécoise 2019

logo grand defiConnaissez-vous le Grand défi de littérature québécoise? Il s’agit d’un défi amusant, avec une feuille de score à remplir, afin de faire des découvertes en littérature québécoise. Le défi a été créé par Dominic Bellavance et s’étale sur une année complète, du 1er septembre 2018 au 31 août 2019.

Après avoir vu la feuille de score qu’il faut remplir et cocher tout au long du défi, nous avons eu envie de participer. Nous avons imprimé deux jeux de feuilles et nous allons les remplir tout au long de l’année! Nous avons bien hâte de voir dans quel livre nous allons trouver « une scène de tourtière« !

Pour tout comprendre, rendez-vous sur la page du défi! Vous pourrez également y télécharger la feuille de score. Plusieurs journées de partage sont prévues via les réseaux sociaux et la page Facebook.

Et vous, participerez-vous?

Bienvenue sur notre blogue!

cropped-young-people-at-the-book-shop5.jpgBlogue écrit à quatre mains, Mon coussin de lecture se veut un endroit convivial pour parler de nos lectures… et plus!

Étant deux grands lecteurs, nous sommes aussi passionnés par la nature, le plein air, la musique, le cinéma, la photographie, la cuisine et le sport. Nous aimons l’ornithologie, les animaux et vivons dans le bois.

N’hésitez pas à nous contacter pour toutes demandes ou commentaires.

Au plaisir d’échanger avec vous!

Alaska & Todd