Notre top 5 2020!

L’an dernier, nous avions aussi fait un top 5 de nos lectures de l’année. Quand on lit beaucoup de livres dans une année, élaborer une courte liste de cinq titres demeure très difficile. C’est un choix draconien et déchirant que de sélectionner certains titres et d’en écarter d’autres. Comme l’an dernier, nous avons décidé de jouer le jeu. Qu’est-ce qui nous a marqués cette année? Qu’est-ce qu’on a adoré lire en 2020? Quels livres nous ont transportés? Après plusieurs discussions et hésitations, voici notre top 5 pour 2020. Nous espérons que vous y trouverez de belles idées lecture et ferez de belles découvertes!

Choix de Guy

  1. De Gaulle. Les 75 déclarations qui ont marquées le Québec (Roger Barrette)
    Un ouvrage essentiel pour (re)découvrir un grand homme politique, ce qu’il a légué au Québec et pour mieux saisir les luttes qu’il a menées.
  2. Hunter (Roy Braverman)
    Un roman dur, sanglant, mais terriblement prenant, qui se déroule en pleine nature, dans un petit village des Appalaches. Un roman qui m’a fait sortir de ma zone de confort et que j’ai finalement adoré!
  3. Un activiste des Lumières (Marcus Rediker)
    Portrait de Benjamin Lay, figure importante de la lutte contre l’esclavage, malheureusement tombé dans l’oubli. Un homme hors du commun, qui s’est battu contre l’injustice. Un anticonformiste fascinant.
  4. Félix Leclerc l’alouette en liberté (Christian Quesnel)
    Album coup de cœur qui retrace la carrière du grand Félix Leclerc. Un ouvrage à conserver précieusement, à relire et à partager autour de soi. Un vrai bonheur pour les yeux!
  5. Les carnets de Wendigo (David Groulx)
    Récit poétique captivant qui s’inspire des mythes et légendes de la culture des Premières nations. Un ouvrage d’une richesse incroyable, qu’il faut découvrir absolument.

Choix de Geneviève 

  1. Payer la terre (Joe Sacco)
    Une œuvre graphique magnifique pour suivre l’auteur à la rencontre des Dene, un peuple des Premières Nations des Territoires du Nord-Ouest. Touchant, juste, indispensable.
  2. Hiver: cinq fenêtres sur une saison (Adam Gopnik)
    Cinq chapitres pour parler de cinq aspects de l’hiver et l’aborder d’un point de vue culturel et historique. Passionnant!
  3. Si près, si loin les oies blanches (Gérald Baril)
    Un essai éclectique sur les oies blanches, qui aborde leur présence dans toutes les sphères de la vie: biologie, chasse, histoire, nature, littérature, etc. Fabuleux!
  4. Promenade en enfer (Pierrette Lafond)
    Pour plonger dans la censure au Québec et dans l’Enfer du Séminaire de Québec, une section de livres interdits et mis à l’Index. Une promenade passionnante en images et en histoire.
  5. Les Villes de papier (Dominique Fortier)
    Un véritable petit bijou à la plume délicate, qui présente un portrait de la poétesse Emily Dickinson. À découvrir!

L’année 2020 aura été difficile, étonnante, résiliente, compliquée, mais nous aimons penser que les choses s’amélioreront et que cette année qui se termine avec un soupir de soulagement nous aura appris des choses, en tant qu’humain, en tant que société, en tant que planète. Nous en profitons donc pour vous souhaiter nos meilleurs vœux pour 2021. La santé, surtout (on sait maintenant plus que jamais à quel point c’est important) et aussi la paix. La paix de l’âme, de l’esprit, pour se sentir mieux et faire face à 2021 avec un peu plus de quiétude.

Bonne année!

Guy & Geneviève

Le 12 août, j’achète un livre québécois!

Eve Patenaude

Illustration: Ève Patenaude

Le 12 août, c’est devenu une tradition depuis quelques années déjà, c’est la grande fête du livre québécois! Les lecteurs sont invités à (re)découvrir la littérature d’ici et à encourager les auteurs de chez nous en achetant un (ou plusieurs) livres québécois.

En manque d’idées?

Voici certains de nos coups de cœur! Il y a de tous les genres: fantasy, poésie, essai, beau-livre, romans et bandes dessinées. Nous vous invitons également à jeter un œil à nos billets ayant le thème « littérature québécoise » afin de trouver d’autres belles suggestions de livres bien de chez nous.

Nous espérons que tous nos choix vous donneront envie de lire québécois!

Les choix de Guy

grekko 1 grekko 2
Grekko (Sébastien Nadeau) 2 tomes, éditions Véritas
Vivant en ermite loin des guerres médiévales qui font rage, Grekko pleure la mort de son meilleur ami, Zéphyr, le père tellement apprécié de Drakiny. Voilà que, 25 ans plus tard, un appel urgent de ce jeune guerrier lui apprend que toute la cité est menacée s’il ne vient pas prêter main-forte à ses armées. Seules son expérience et la puissance de sa déesse Fivielle peuvent redonner l’espoir aux forces du bien.

metis
Métis (Michel Noël) Bayard éditions
Fils d’une Blanche déracinée et d’un Métis tiraillé entre le progrès et les traditions de ses ancêtres, Pien observe, sent, vibre. Le jeune garçon côtoie des bûcherons, des « Sauvages », un curé déchu, des cultivateurs pauvres… Tous des héros de la survie. Son monde, un coin du Nord du Québec ouvert au déboisement farouche des années 50, est hostile. Mais c’est un univers qui forge des cœurs passionnés.

expo habitat
Expo-habitat (Marie-Hélène Voyer)
éditions La peuplade
Elle a douze ans et autant de cabanes sur la câliboire de calvasse de câlasse de câlique de caltor de ferme, qu’elle a pourtant aimée plus que tout, sur les lignes de trappe, dans les traversées sinueuses où elle apprenait à marcher dans le noir, à dompter les pas inquiets, à habiter l’indépassable campagne. Pour Marie-Hélène Voyer, chaque lieu est une manière d’être, une manière de dire – ou de taire. À travers un pays que l’on ne construit qu’en vivant, elle propose une formidable cavale poétique tout en épivardages, élancements, voyagements, enfargements et effarouchements.

deuxieme vie deuxieme vie 2
Une deuxième vie (Mylène Gilbert-Dumas) 2 tomes, VLB éditeur
Lassés d’une vie dominée par l’endettement, Élisabeth et son conjoint liquident tout et partent pour le Yukon, où ils espèrent renflouer leurs coffres avant de revenir à Montréal. Mais ce plan prend bientôt un tour chaotique : en quelques mois, Élisabeth se retrouve célibataire, sans emploi et sans logement, seule à l’autre bout du pays. Contre toute attente, plutôt que de l’effrayer, la perspective de cette nouvelle vie la grise. La rencontre de deux hommes aux antipodes de ceux qu’elle a connus jusqu’ici et l’adoption d’une petite chienne en danger de mort lui révèlent une nouvelle passion pour la course de chiens de traîneaux.

site archeologique
Le site archéologique du palais de l’intendant à Québec (Camille Lapointe, Allison Bain, Réginald Auger) 
éditions du Septentrion
L’îlot des Palais est un site archéologique complexe qui a connu de nombreuses occupations contemporaines et successives. Il est considéré comme un haut lieu de l’histoire de la Nouvelle-France, plus particulièrement à cause de la présence des vestiges de la brasserie de l’intendant Jean Talon et du palais de l’intendant. Entre 1982 et 2016, l’Université Laval a tenu 25 chantiers-écoles à l’îlot des Palais, et la Ville de Québec y a réalisé deux campagnes de fouilles intensives. Ce livre s’appuie sur un ensemble inestimable de données et une vaste collection archéologique, parmi les plus riches en Amérique du Nord pour l’histoire de la Nouvelle-France.

natalia z
Natalia Z (Chantal Garand) Annika Parance éditeur
Oslo, juin 1945. Natalia accouche d’un garçon qu’elle abandonne à la naissance.
Plus de soixante années se sont écoulées lorsque Tollef met la main sur son dossier d’adoption. Il apprend alors que le destin de sa mère est intimement lié à l’état du monde pendant la Deuxième Guerre mondiale. Décontenancé par ce qu’il découvre, il décide d’entreprendre les démarches qui feront la lumière sur les événements entourant sa venue au monde.  À sa grande surprise, sa mère n’habite plus en Norvège, mais au Québec, dans la petite ville de Chambly. Par l’entremise d’une amie québécoise, il parvient à établir un premier contact avec elle. Mais Natalia paraît peu disposée à lever le voile sur son passé. Ces retrouvailles inattendues ravivent chez elle de profondes blessures. Les images de l’enfer auquel elle a survécu reviennent la hanter, des souvenirs se situant à la frontière de la vérité et du mensonge. Que peut-on espérer l’un de l’autre lorsque des circonstances aussi exceptionnelles tracent le cours d’une vie ?

Les choix de Geneviève

rang cosmonaute
Le rang du cosmonaute (Olga Duhamel-Noyer) 
éditions Héliotrope
Avec Julia, la femme qu’il aime, Youri est venu s’installer dans la petite agglomération de Bernard-Station. Il connaît un peu la région. Très jeune, Youri y avait habité. Il n’a pas cru bon de retourner voir la maison humide du rang des Épinettes. Elle lui appartient pourtant depuis la mort de son père. Un soir de neige et de grand vent, il arrête son camion devant le chemin qui y mène. Entre les souvenirs et la lueur que Youri croit percevoir à l’une des fenêtres, une remontée du passé s’amorce. Même si le futur interstellaire que promettait son enfance n’est jamais advenu, les années n’ont pas réussi à flétrir la passion de Youri pour les étoiles et l’étrangeté des planètes. De la même façon, l’espérance d’un monde nouveau et meilleur n’a pas abandonné celui que les petits voisins du rang appelaient le cosmonaute.

fil des km
Le fil des kilomètres (Christian Guay-Poliquin) 
éditions La Peuplade
Le fil des kilomètres raconte l’histoire d’un mécanicien qui, après avoir noyé une peine d’amour au fond de plusieurs mois de travail, décide de tout abandonner pour aller visiter son père malade, à l’autre bout du continent. Mais la route est longue et une étrange panne a plongé le pays dans l’obscurité. Le long de ce labyrinthe en ligne droite, la solitude pèse, la soif tenaille et les souvenirs ont monté des embuscades. Il n’y a que la fatigue accumulée pour animer les kilomètres

vie habitable
La vie habitable (Véronique Côté) 
éditions Atelier 10
Je dis que nous avons besoin de poésie comme nous avons besoin de beauté, de lumière et de nos voisins. Je dis que tout nous raconte le contraire parce que dans cette idée se cache une forme agissante de subversion : et si nous étions plus libres qu’on veut bien nous le faire croire? En rendant la vie imprévisible, la poésie nous apprend la liberté.

47 atelier des saveurs
47 atelier des saveurs (Charles Sagalane) 
éditions La Peuplade
47 fiches de dégustation « pour s’inviter dans l’atelier » • 47 dates, événements, sorties, rencontres, lancements • 47 bouquets d’arômes, du Japon à Saint-Gédéon • 47 instantanés pour « graviter autour »et « respirer avec » la nourriture • 47 formes poétiques au goût du jour • 47 études de lettres et de papilles pour « trouver un accord » • 47 coups de foudre sur la langue • 47 révélations de table •L’expérience s’annonce unique – nourrie d’humour, de sagesse et de partage. Un livre destiné au lecteur qui adore la prochaine saveur.

hiver nucléaire hiver nucléaire 2 hiver nucléaire 3
Hiver nucléaire (Cab)
3 tomes, éditions Front Froid
Montréal, juin 2028, -30°C. C’est l’hiver nucléaire depuis un terrible accident à la nouvelle centrale nucléaire Gentilly-3, à Pointe-aux Trembles. La neige atteint les balcons des 2e étages, les déplacements se font en motoneige, les souffleuses tournent à plein régime, et des quartiers entier sont désertés. Au milieu de cette interminable saison froide, Flavie, courrier en ski-doo, doit composer avec les éléments, les retombées radioactives et une faune urbaine, en pleine mutation… littéralement.

si près si loin les oies blanches
Si près, si loin, les oies blanches (Gérald Baril) XYZ éditeur
Tout au long de ce livre, deux pistes se croisent au fil des lieux, des époques et des saisons : celle des grandes oies blanches et celle des gens qui les ont admirées, convoitées. Sur la toile de fond des cycles naturels, la halte immémoriale des oies en bordure du Saint-Laurent devient ainsi le germe d’une réflexion sur les liens entre les humains et les animaux, sur le territoire et le vivre-ensemble, sur la liberté, la solidarité et la détermination. Si près, si loin, les oies semblent nous livrer un message… Dans leur sillage, s’ouvrent nos propres routes migratoires…

12 oût québécois

Bon 12 août!
Vous nous direz quels sont vos choix en cette journée spéciale du livre québécois!

Bonne année! Et voici notre top 5!

dark-1845065_640L’année 2019 s’achève. Nous en profitons pour vous souhaiter une excellente nouvelle année 2020 et pour faire le bilan de notre année de lectures. Nous avons lu beaucoup, chroniqué beaucoup, en essayant de publier trois chroniques par semaine, le lundi, mercredi et vendredi. Nous allons tenter de poursuivre le même rythme pour 2020, du moment que nous avons suffisamment de billets pour le faire.

Nous avions aussi envie de partager avec vous nos meilleures lectures de l’année. Nous avons envisagé un top 8, puis 3 et même un top 12, avant de retenir l’idée d’un top 5. Restreindre une belle année de lecture à un top 5 est un exercice difficile. Qu’est-ce que l’on garde? Malgré plein d’excellentes lectures, quels livres nous ont marqués au point d’être incontournables? Quels ouvrages ont touché une corde sensible au point de figurer dans un top 5?

Le choix a été difficile. On en a beaucoup discuté, on a expliqué à l’autre nos raisons de conserver tel ou tel livre, on en a éliminé d’autres qui auraient pu figurer en 6e ou 10e place. Et on en est venus à faire une petite liste de cinq titres chacun. Voici donc les dix titres que nous avons retenus:

Geneviève

  1. La vie secrète des arbres (Peter Wohlleben)
    Un livre incontournable à découvrir pour voir la nature et les balades en forêt d’un tout autre œil!
  2. Vivre une vie philosophique : Thoreau le sauvage (Michel Onfray)
    Pour mieux comprendre l’idéologie de Thoreau. Un excellent essai sur un mode de vie différent, inspirant et libre.
  3. Cheval indien (Richard Wagamese)
    Un des livres les plus touchants que j’ai pu lire sur les pensionnats indiens. La force du texte et sa poésie en font un roman particulièrement puissant.
  4. Au bord de la Sandà (Gyrðir Elíasson)
    Un roman contemplatif où l’atmosphère est un personnage en soi et où l’auteur offre une réflexion sur l’art et la solitude.
  5. L’Arbre Monde (Richard Powers)
    Bien écrit, fascinant et merveilleux, ce roman de Powers sur les arbres est un incontournable qui rejoint le propos du livre de Peter Wohlleben. Une histoire de racines et d’écologie.

Guy

  1. Le journal d’Alphonse (Alphonse Béliveau, Jean Thibault)
    Un objet-livre fabuleux qui a l’apparence d’un vieux carnet, ainsi qu’un document historique d’exception. À découvrir!
  2. Les filles de Salem (Thomas Gilbert)
    Autant le texte que le dessin sont parfaits pour cette bande dessinée historique qui nous fait réaliser à quel point l’hystérie collective, le fanatisme religieux et l’ignorance peuvent prendre une ampleur terrifiante dans une communauté.
  3. Irineï et le Grand Esprit du mammouth t.1 et Irineï et le Grand Esprit du mammouth t.2 (Val Reiyel)
    Deux tomes pour cette histoire passionnante qui lance un message pertinent et intéressant sur la protection des animaux et la nature.
  4. Métis (Michel Noël)
    Un roman jeunesse émouvant, magnifique, poétique, instructif, drôle et merveilleusement bien écrit qui nous démontre les différences entre deux peuples: celui des Blancs et celui des Amérindiens.
  5. Le petit livre des bains de forêt (Bettina Lemke)
    Un ouvrage qui nous incite à être plus réceptif à ce qu’on peut trouver en forêt et à la sagesse que les arbres, source de vie, peuvent nous transmettent. À notre époque actuelle, c’est un incontournable!

Voilà! Notre liste s’arrête ici. Nous vous invitons à découvrir chacun des livres sur notre blogue, il suffit de cliquer sur le titre du livre pour accéder au billet qui y est relié.

Nous vous souhaitons une excellente année 2020 et de merveilleuses lectures à venir!

Guy & Geneviève

Vivre une vie philosophique, Thoreau le sauvage

Vivre une vie philosophique Thoreau le sauvageMichel Onfray propose un manifeste pour une vie philosophique libre, telle que H. D. Thoreau l’émule et ami de Ralph Waldo Emerson l’a pratiquée, du côté de Concord, en Amérique du Nord, au milieu du XIXe siècle. Ce livre est un hommage en même temps qu’une percutante introduction à la vie et à l’oeuvre de ce « penseur des champs » ou « romantique indien », solitaire et rebelle, qui a prôné toute sa vie une existence farouchement libre. Le philosophe dégage un portrait double de Thoreau, écologiste et libertaire et, par-delà, celui d’un modèle de vie où la pensée contemplative associée à l’action créent les conditions d’une existence authentique. Un modèle auquel Michel Onfray s’apparente, qui invite chaque philosophe et chacun d’entre nous à mettre en adéquation sa pensée et ses actions.

Vivre une vie philosophique, Thoreau le sauvage est un livre qui nous a tout de suite attiré tous les deux. Nous l’avons donc lu ensemble et nous en avons énormément discuté. Le propos de Michel Onfray ainsi que la pensée de Thoreau nous rejoint beaucoup. Dans cet ouvrage, on retrouve à la fois de grands pans de la vie de Thoreau, ses idées sur la société et l’analyse de Michel Onfray. Cet essai, quoique très court, est fort intéressant. C’est un livre qui a trouvé beaucoup d’échos pour nous deux, tant sur la vision de la vie qui y est présentée, de la place de la nature, du fait de choisir de ne pas voyager, sur la vie effrénée que mènent la plupart des gens sans savoir s’arrêter ni prendre le temps de le faire. Il y a beaucoup à découvrir chez Thoreau et Michel Onfray met ici en lumière des aspects très importants de l’idéologie de ce philosophe américain.

« Thoreau incarne un romantisme qui n’est ni celui de la forêt noire allemande ni celui des gibets jacobins français, mais celui des sagesses indiennes. Ses forêts ne sont pas taillées par le concept ou cisaillées par l’idée; sa solitude n’est pas plaintive et geignarde, il ne propose ni de rire ni de pleurer, il regarde et voit ce que peu de Blancs voient, mais ce que tous les Indiens perçoivent. »

Le début du livre commence par nous parler de philosophie en général, de la façon dont la philosophie était étudiée et démontrée en Europe, ainsi que la façon dont elle était pratiquée en Amérique. L’ouvrage aborde beaucoup la notion de grand homme versus de petit homme pour finalement en venir à Thoreau.

« Le plus grand des grands hommes est souvent celui qui, pour les autres, ne passe pas pour tel, mais ne fait pas de bruit et traverse son existence sur la pointe des pieds ontologiques. »

Thoreau était très intelligent et prônait plutôt la vraie vie. Il n’y a rien de mieux que de se frotter à ce qui nous entoure pour bâtir une forme de vie philosophique et y trouver sa place. C’est une nouvelle vision de la philosophie, une nouvelle façon de la pratiquer également. Thoreau n’est pas confiné à un bureau à réfléchir, il sort voir la nature pour alimenter sa réflexion.

« Car la philosophie, pour lui, n’est pas l’art d’écrire des livres, mais celui de les vivre… »

Thoreau était un battant, préférant le silence et le calme, mais tenant tête au gouvernement qui œuvrait pour les guerres et l’injustice, afin de faire savoir ses positions et sa vision des choses. C’est un homme qui se battait pour bien des causes, mais celles-ci avaient toutes un point commun: la liberté et l’indépendance. C’était le cas des causes entourant l’humain, les animaux, la nature, la forêt.

Il avait une belle philosophie de la vie, que ce soit pour la protection de la nature, la vie des Amérindiens, le combat contre l’esclavage. Nous avons appris plusieurs choses sur Thoreau en rapport aux Premières nations. Il existe une grande quantité de notes pour un ouvrage qu’il devait faire paraître sur les Amérindiens. Il est malheureusement décédé avant d’avoir pu le faire publier. Petit déception. Ça aurait été tellement intéressant de le lire sur le sujet!

Nous avons chacun un parcours différent quant à notre approche de Thoreau. Guy ne connaissait pas vraiment Thoreau avant de lire cet ouvrage, alors que Geneviève a beaucoup lu sur cet auteur. Toutefois, nous avons pu apprécier tous les deux cet essai qui aborde la vie philosophique en général, mais principalement en se basant sur Henry David Thoreau comme philosophe. Un philosophe de la nature, épris de justice et libertaire. Nous avons été sensibles tous les deux au travail de Michel Onfray et aux réflexions qu’il apporte. Après avoir lu ce livre, nous avons envie de lire et relire Thoreau pour en découvrir encore plus. Il y a de nombreuses références à ses ouvrages les plus connus, comme Walden, mais aussi à ses textes sur l’esclavage et à son Journal par exemple. Onfray donne envie de puiser encore plus dans les écrits de Thoreau.

La nature était très importante pour lui et ce qu’elle avait à lui apprendre était tout aussi primordial. Il nous enseigne l’importance que la nature devrait avoir dans la société au lieu de notre façon de nous comporter avec elle: la détruire pour utiliser l’espace qu’elle occupe. Ce propos est encore plus saisissant aujourd’hui lorsqu’on réalise ce que l’homme fait de la nature. On perd une forme de sagesse que la nature pourrait nous transmettre alors que nous sommes en train de la faire disparaître. Les mots de Thoreau et sa philosophie de vie aujourd’hui prennent encore tout leur sens.

« Pour Thoreau, la nature est une fin en soi et non un moyen pour parvenir à plus qu’elle. »

À la fois essai, livre de philosophie, portrait d’un homme et de la nature, cet ouvrage est passionnant, captivant et vraiment très intéressant. Il saura toucher les lecteurs de Thoreau, mais aussi ceux qui ne l’ont jamais lu, ceux qui souhaitent le découvrir et ceux qui aspirent à une vie plus essentielle, axée sur la nature et ce qui compte réellement. Une vie philosophique. Une vie simple. Une vie libre.

Un beau coup de cœur pour nous deux que ce bel essai de Michel Onfray. Un livre très abordable par sa façon de nous être raconté. À découvrir absolument!

Vivre une vie philosophique, Thoreau le sauvage, Michel Onfray, Le Passeur éditeur, 113 pages, 2018

Tout savoir en 5 minutes

tout savoir en 5 minutes

Inspiré des chroniques « En 5 minutes » du Journal de Montréal et du Journal de Québec, ce livre décortique plus de 220 sujets répartis sous 5 grandes catégories : nature et environnement, histoire, santé, science et technologie et sport. Illustré de superbes modélisations 3D et de nombreux graphiques, Tout savoir en 5 minutes rend tous les sujets accessibles tout en suscitant le plaisir d’apprendre.

De ce beau livre illustré, nous avons choisi d’en faire une lecture en duo, à haute voix. Un bon chocolat chaud et c’est parti pour quelques pages de découvertes! Geneviève lisait les pages de gauche et Guy, les pages de droite. C’est une belle façon d’aborder ce livre qui s’inspire des chroniques « En 5 minutes » parues dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec.

Le livre est séparé en cinq grandes parties: la nature et l’environnement, l’histoire, la santé, la science et la technologie, les sports. Chacune d’entre elles présente plusieurs chroniques. Chacune fait une seule page (deux pour de rares exceptions), en couleur, imagée avec des illustrations, des croquis et des graphiques qui nous permettent de mieux saisir ce dont il est question.

Par exemple, la formation des vagues ou celle des volcans est plus simple à comprendre avec des images. Cette présentation permet sans doute de retenir plus facilement les informations qui sont présentées, puisque tout est très visuel. On apprend, entre autres, pourquoi les feuilles d’automne tombent, à qui appartient le Pôle Nord, pourquoi les ballerines seraient immunisées contre le vertige, comment fonctionne le déminage ou la façon dont sont fabriqués les skis alpin. De tout, pour tous les goûts!

C’est un livre qui nous a bien plu, parce qu’on y revenait chaque jour pour découvrir de nouvelles choses. On apprend toujours, même s’il s’agit d’informations condensées. C’est un modèle d’ouvrage qui nous plaît bien puisqu’on n’a pas toujours le temps d’élaborer tous les sujets, alors qu’il est intéressant d’avoir des connaissances générales dans plusieurs domaines et d’apprendre de nouvelles choses. Si c’est votre objectif, Tout savoir en 5 minutes est un livre qui y répond bien, un peu comme les collections « En 3 minutes » ou « En 30 secondes » qui existent déjà sur le marché. Ici, on a particulièrement aimé les sujets traités, le classement par thèmes et le fait que le livre soit visuellement très attractif.

La préface du livre est de David Saint-Jacques, astronaute de l’Agence spatiale canadienne et ce collectif d’auteurs est dirigé par Benjamin Bourque. L’ouvrage est conçu pour nous présenter un survol de plusieurs sujets, afin de  peaufiner nos connaissances générales. Libre à nous par la suite de creuser un peu plus ceux qui nous intéressent!

Tout savoir en 5 minutes, Collectif, sous la direction de Benjamin Bourque, Les éditions du Journal, 272 pages, 2018