La Mort au fond du canyon

mort au fond du canyon«Au troisième jour de leur lune de miel, Stewie Woods, écolo activiste à la notoriété douteuse, et son épouse, Annabel Bellotti, cloutaient des arbres dans la forêt nationale des Bighorn lorsqu’une vache explosa et les mit en pièces. Jusque-là, leur union avait été sans nuages.» Ainsi commence ce deuxième roman de C. J. Box. 
Humour, certes, mais la situation est grave. Un sénateur est étranglé à Washington après avoir, semble-t-il, reçu une visite galante, un avocat de l’Oregon périssant, lui, dans l’incendie de sa maison. Etc., etc., pourrait-on dire, jusqu’au jour où Joe Pickett, le garde-chasse qui a accompagné le shérif sur le lieu du premier drame y revient, intrigué par certains détails troublants. Tout devient alors très compliqué… et terriblement dangereux. 

Je poursuis ma relecture des aventures du garde-chasse Joe Pickett avec ce second volet: La mort au fond du canyon. Cette histoire est assez explosive et être garde-chasse au Wyoming n’est visiblement pas de tout repos si on en croit les aventures que Joe vit depuis deux romans. Ce tranquille père de famille est toujours en quête de justice et sa détermination met parfois sa vie en danger.

Avec cette deuxième histoire (qui peut aussi se lire indépendamment de la première si le thème vous interpelle plus), on plonge dans une guerre qui date de Mathusalem entre de riches propriétaires terriens et des éleveurs de bétail. Il faut remonter dans l’histoire pour en comprendre toute la portée, ce que fait Marybeth, la femme de Joe, qui est bibliothécaire. Son mari de son côté, met son nez partout et se retrouve rapidement en mauvaise posture quand Marybeth commence à recevoir des coups de téléphone… d’outre-tombe.

Ce roman débute avec l’explosion d’une vache, dans la Targhee National Forest. L’image est marquante et annonce le début d’une enquête complexe, puisqu’elle met en scène plusieurs personnages et joue dans des domaines délicats: soit l’écoterrorisme. One Globe, un groupe écolo d’activiste a pour insigne deux clés à molette, hommage à Edward Abbey. C’est un groupe écologiste qui n’hésite pas à faire des gestes marqués et à aller très loin dans leurs demandes.

« Joe n’avait évidemment aucune expérience pour ce qui était de notifier à un éleveur que ses vaches avaient explosé – sans compter que, présenté comme ça, c’était passablement ridicule. »

On apprend plusieurs choses sur le travail de Joe Pickett et sur la façon dont les groupes, qu’ils soient écologistes ou représentent des propriétaires terriens, sont gérés dans l’ombre. Les magouilles ne sont jamais vraiment loin. On fait aussi la rencontre de deux personnages terrifiants: le Vieux et Charlie, un duo qui sème sur son passage quantité de cadavres. On dirait des missionnaires sanguinaires en guerre contre les écologistes. Chaque groupe n’hésite pas à se battre pour ses convictions et à aller très très loin. Joe Pickett étant en quelque sorte coincé au milieu, tente de dénouer les fils de son enquête.

« -Vous autres, reprit-il, ce sont les idées qui vous plaisent; par exemple celle de réintroduire les loups. Vous vous sentez mieux. D’accord pour dire que, dans l’ensemble, c’est bénéfique. Seulement voilà: vous n’aimez pas trop regarder comment ça se passe quand ces nobles idées se concrétisent dans la réalité, pas vrai? »

L’histoire est par moments assez étonnante et prenante. Entre les riches propriétaires terriens qui font la pluie et le beau temps avec leurs contacts au gouvernement, les écologistes qui clament haut et fort qu’il faut sauver la nature à tout prix, les éleveurs de bétail qui ne veulent pas perdre leur travail, il se passe beaucoup de frictions entre les différents groupes. L’auteur en profite pour soulever des questions écologiques intéressantes, par l’entremise de son personnage Joe Pickett, un homme droit qui tente de faire appliquer la loi et d’être le plus juste possible.

J’aime énormément le cadre des romans de C.J. Box. La nature est omniprésente, avec la description de magnifiques paysages et de nature. Des parcs aux canyons, en passant par les animaux qui y vivent, Joe Pickett est amoureux de ces grands espaces autant que semble l’être son créateur. Le personnage, tout autant que ses aventures, sont à la fois passionnantes et inspirantes. La violence des crimes est contrebalancée par la richesse et la beauté des lieux.

Quant à l’histoire, il faut la lire pour savoir ce qu’il advient de la guerre entre les écolos et les propriétaires terriens, ainsi qu’avec les associations comme One Globe et le Stockman’s Trust, dont l’étrange histoire remonte à très loin… Un très bon roman d’enquête dont le cadre est exceptionnel et qui devient rapidement une chasse à l’homme où chacun se bat pour sauver sa peau.

Une petite parenthèse: je trouve les romans de C.J. Box visuellement très intéressants. Il est facile de s’imaginer les lieux et les personnages. Chaque fois, je me fais la réflexion que ce serait tout à fait le genre de livres qui se transposeraient bien à l’écran. Peut-être un jour aurons-nous la chance de voir Joe Pickett en chair et en os!

Je poursuis avec la troisième aventure du garde-chasse, pour qui je me prend de plus en plus d’affection.

La Mort au fond du canyon, C. J. Box, éditions du Seuil, 304 pages, 2004

Le réseau secret de la nature

Réseau secret de la natureTout est lié: végétaux, insectes et animaux vivent en parfaite symbiose. C’est ainsi qu’un loup peut modifier le cours d’une rivière, que certains petits arbres produisent des substances répulsives pour dissuader les cerfs de les manger ou qu’une forêt fabrique des nuages. Toutefois, comme dans les subtils rouages d’une horloge, une vétille peut dérégler les mécanismes mis en place dans la nature. C’est pourquoi la disparition d’une seule espèce vivante est susceptible d’avoir des conséquences lourdes et pas toujours prévisibles sur l’environnement. 

Le réseau secret de la nature fait partie d’une sorte de trilogie, incluant le livre sur les arbres et celui sur les animaux. Chaque livre peut se lire séparément, chaque livre se suffit à lui-même. Pour en savoir plus cependant, c’est très intéressant de découvrir les autres ouvrages. Il en existe aussi un autre, d’un auteur différent, sur les champignons. Tous les livres ont été chroniqués sur le blogue et les liens sont au bas de cet article.

J’ai tant aimé ma lecture des autres titres de Wohlleben que c’était un vrai plaisir de découvrir celui-ci qui s’intéresse plus spécifiquement aux liens qui existent entre les différents êtres vivants et la nature. Les arbres en font partie, les animaux aussi, le climat, de même que toute branche de l’écologie, l’évolution et même, l’homme. Ce réseau secret de la nature est à la fois immense, complexe et étourdissant, si l’on part du principe que tout est relié. Que notre vie dépend aussi de celle des autres organismes vivants, qu’ils soient visibles ou non. Que notre empreinte et celle des animaux est réelle. Que ce qui nous lie est aussi ce qui peut nous diviser. Que l’évolution se fait en fonction de toute une liste d’éléments.

« Pour autant, plus nous reconnaîtrons que d’infimes perturbations suffisent à engendrer d’incommensurables transformations, mieux nous serons armés pour défendre la protection de vastes régions. »

Les chapitres du livre abordent souvent avec humour, différents aspects de la nature. Que ce soit le lien du loup avec son environnement; les bestioles que l’on retrouve dans notre tasse de café; le saumon qui atterri dans les bois; les feux de forêts; le lien entre la production de jambon et le déplacement des grues cendrées (oui oui!), l’auteur réussit à nous faire sourire et réfléchir tout à la fois. On apprend énormément de choses.

L’auteur aborde quantité de liens entre l’homme, les animaux et la végétation. Il nous parle de la gestion des forêts et de la pousse des arbres (Wohlleben est garde-forestier quand il n’écrit pas de livres), ainsi que du réseau sous-terrain qui présente un écosystème complexe avec lequel nous sommes peu en contact, sauf quand vient le temps d’y puiser de l’eau. Il nous parle des tempêtes et des changements climatiques; de la façon dont la nature gère la mort des individus qui y vivent; des espèces disparues ou en danger; s’il vaut mieux nourrir ou non les oiseaux en hiver; des mythes et réalités entourant la biodiversité; des craquements des arbres comme des coups de fusil qu’on entend en forêt lors de grands froids; de la migration très lente des forêts; et de l’évolution de l’homme.

Les passages les plus frappants sont sans doute quand l’auteur aborde la puissance des liens entre la nature et les animaux par exemple. Comment la présence ou l’absence des loups peut modifier les cours d’eau ou alors de quelle façon les arbres peuvent identifier un animal d’un autre.

« Nous ne comprenons pas encore bien le mécanisme d’horlogerie de la nature. Et tant qu’il en sera ainsi, nous devrions nous abstenir d’essayer de le réparer. »

L’auteur nous parle également d’écologie et de la façon dont la nature est perçue par le public en général. Avec l’impression que chaque animal « fragile » est en danger de mort, que chaque rencontre avec un animal sauvage est forcément une menace, l’idée générale de la nature, vue de tours en béton, est assez faussée. Cette vision globale des choses joue beaucoup sur la façon dont l’humain tente de protéger ses villes et villages au détriment des animaux et de la nature. Avec une vision tronquée des choses, l’humain nuit beaucoup plus à la nature qu’il ne la protège. Sa vision se rapproche beaucoup de la mienne.

« La nature la mieux protégée est celle dont l’homme peut faire l’expérience. »

Les différents chapitres de ce livre sont passionnants! L’auteur nous fait réaliser l’ampleur des liens qui se tissent dans la nature et nous démontre à quel point tout est fragile et puissant à la fois. Il nous permet de voir ce qui nous entoure d’un œil nouveau, avec une vision différente des choses. En cette période où l’écologie et la nature sont au centre de nombreux discours politiques et écologistes, ce livre est un incontournable à découvrir. Wohlleben est un vulgarisateur de talent qui permet de rendre accessible à tous une vue d’ensemble du réseau qui relie la nature, les animaux, les arbres, les champignons et l’homme entre eux. Une très belle lecture.

Voici d’autres livres passionnants à découvrir dans la même collection:

Le réseau secret de la nature, Peter Wohlleben, éditions Multimondes, 248 pages, 2019

Détonations rapprochées

Détonations rapprochéesGarde-chasse dans le Wyoming, Joe Pickett ne plaisante pas lorsqu’on braconne sur ses terres. Il a même arrêté le gouverneur de l’État qui pêchait sans permis, ce qui ne lui vaut pas que des amis ! Aussi, lorsque Sheridan, sa fille de neuf ans, dit avoir vu «un monstre» s’approcher de la maison une nuit, Joe penche plutôt pour un rôdeur. Une ombre inquiétante, qui devient un véritable problème quand Joe découvre, quelques jours plus tard, le cadavre d’un chasseur étalé en travers de son tas de bois pour l’hiver. Tandis que d’étranges créatures se mettent à vivre dans le tas de bois, les autorités attribuent cette mort suspecte à un simple accident. Mais Joe ne se satisfait pas des conclusions données par la police locale et se lance dans une enquête qui va déranger pas mal de monde…

J’aime beaucoup C.J. Box qui écrit des romans policier se rapprochant énormément du nature writing. Il y a quelques années j’ai lu certains de ses livres et j’ai envie de reprendre mes lectures, essentiellement sa série Joe Pickett. Récemment j’ai lu un titre de la série Cody Hoyt, mais le personnage m’a beaucoup moins plu. J’ai donc eu envie de relire ce que j’avais déjà lu mettant en scène le garde-chasse Pickett, puis de reprendre peu à peu la série.

La première aventure mettant en scène Joe Pickett est Détonations rapprochées. Ici, nous faisons connaissance avec le garde-chasse et sa famille. Pickett est un personnage très intéressant. Il est doux, attachant, intelligent, discret (même s’il se retrouve trop souvent et contre son gré, sous les projecteurs). Il aime sa femme et sa petite famille, même s’il regrette de ne pas pouvoir lui donner plus. Son poste n’est pas le mieux rémunéré du monde et il a une femme et deux enfants à charge, un troisième en route. Il est garde-chasse de l’État du Wyoming parce que c’est un amoureux de la nature qui rêve de ce travail depuis l’enfance. Quand le livre commence, ça ne fait qu’une semaine qu’il est à son poste dans cette région.

J’aime sa vision des choses quand il parle de la chasse:

 » Joe n’avait aucun problème avec les chasseurs qui tuaient pour se procurer de la viande. Il trouvait que la méthode était en fin de compte plus honnête que d’aller l’acheter au supermarché emballée dans de la Cellophane. Il n’avait jamais compris les arguments de ceux qui s’opposent à la chasse sans être pour autant végétariens. »

Joe commence tout juste à prendre ses marques dans son nouveau travail. On le voit intercepter les chasseurs, faire des vérifications et parler avec certains d’entre eux. Puis, un beau jour, sa fille à l’imagination débordante lui parle d’un monstre là, dehors. Joe réalise alors que ce qu’a pu voir sa fille existe bel et bien: on retrouve le cadavre d’Ote Keeley, un chasseur avec qui Joe a eu quelques problèmes. L’homme est mort dans son tas de bois, à quelques mètres de sa maison. Commence alors une longue et difficile enquête pour Joe, qui ébranlera les fondations de sa famille.

« Comment se faisait-il que ce qu’elle avait prit pour un monstre sorti de son « imagination surexcitée », comme disait sa mère, se fut en fin de compte révélé réel? Elle avait l’impression que le monde réel et celui de ses rêves avaient fusionné dans cet événement. Soudain, des adultes s’y trouvaient mêlés. Une idée étrange lui vint à l’esprit: et si son imagination était puissante au point de donner corps aux choses qu’elle rêvait? »

On suit Joe qui tente de faire la lumière sur ce qui s’est produit. Il se sent « impliqué » vu son altercation avec le chasseur retrouvé mort et le fait qu’on l’a retrouvé chez lui. Beaucoup de questions sont en suspens et Joe tente de trouver les réponses. Ce n’est pas simple pour lui étant donné que tous ceux autour de lui tentent de lui mettre des bâtons dans les roues…

« Il avait souvent remarqué que celui qui parlait le plus était aussi celui qui avait le moins à dire. Il aurait aimé que chaque être humain se voie allouer un certain nombre de mots à utiliser au cours de sa vie. La réserve épuisée, on aurait été condamné au silence. »

Parallèlement, on suit la fillette de Joe, Sheridan, qui est totalement impliquée malgré elle dans l’enquête et dans les récents événements. C’est un personnage très intéressant, un peu à l’image de son père. Elle préfère la petite maison en pleine nature au luxe et au tape-à-l’œil. Elle est intelligente, curieuse, c’est une enfant particulière. Elle a quelque chose de son père et je trouve qu’elle est tout aussi attachante. Elle est ici au cœur de l’histoire et plusieurs chapitres lui sont consacrés.

Les chapitres débutent souvent par des extraits de l’amendement à la loi sur les espèces menacées. On en comprend toute la portée à mesure que l’histoire avance.

« Une chose était d’imaginer des montres, une autre, et bien différente, d’en voir vraiment. »

Ce roman me plaît beaucoup. Outre la nature qui est omniprésente et fait pratiquement office de personnage au roman, l’histoire aborde plusieurs thèmes intéressants, comme la chasse et la façon dont elle est gérée; l’implantation de pipelines et tout l’aspect écologique et économique qui en découle pour les populations; ainsi que la disparition et l’extermination d’espèces en danger. J’aime aussi énormément Joe et sa famille. C’est un personnage tout ce qu’il y a de plus normal et c’est sans doute ce qui fait son charme. Ce n’est pas un alcoolique violent, ni un coureur de jupon. Il est fidèle à ceux qu’il aime. Quelqu’un d’ordinaire qui se retrouve mêlé, de par son travail, à des choses particulières. J’adore!

Un bon roman policier qui nous plonge dans le Wyoming et aborde des questions écologiques et environnementales. À découvrir!

Détonations rapprochées, C. J. Box, éditions Points, 320 pages, 2004

Un autre regard sur le climat

un autre regard sur le climatElle avait déjà servi la cause des femmes et des réfugiés. La blogueuse Emma s’attaque maintenant au réchauffement climatique. Comment fonctionne le réchauffement climatique? Qu’est-ce que la taxe carbone ? S’appuyant sur de nombreuses recherches, cette introduction au changement climatique permet de mieux comprendre les mécanismes à l’oeuvre et les évolutions possibles dans les décennies à venir. Le but est aussi de montrer que des solutions sont à portée de main et que chacun à notre manière, nous pouvons contribuer à ce changement. Des dessins simples, un contenu au plus près des préoccupations des citoyens et un message clair : se trouvent ici condensés tous les ingrédients qui font le succès des bandes-dessinées d’Emma.

Un autre regard sur le climat est un ouvrage facile à lire et dont j’ai adoré le format. À la fois essai et bande dessinée, c’est un livre vraiment pertinent à l’époque où nous vivons. Il nous permet de mieux comprendre certains concepts comme par exemple le capitalisme ou les crédits carbone, et présente des pistes de réflexion au sujet de l’environnement et du climat.

« La plupart des produits qu’on nous présente comme « verts » – les éoliennes, les voitures électriques – sont fabriqués à partir de métaux, rares ou pas, mais dont l’extraction est coûteuse et polluante. En se tournant vers ces solutions on ne fait que déplacer le problème écologique, des énergies fossiles vers d’autres ressources tout aussi problématiques. »

Le livre nous explique la provenance de la pollution. L’auteure, Emma, met le doigt en texte et en images sur le problème du réchauffement climatique en nous expliquant pourquoi le problème écologique ne fait qu’empirer, sans jamais réellement se régler. Elle ne se contente pas de suivre le mouvement en disant aux citoyens : soyez verts! Recyclez! Elle pousse plus loin l’idée d’un problème mondial, en lien avec les gouvernements et les grandes compagnies.

Elle a beaucoup lu sur les changements climatiques et le climat. Avec un ton humoristique, sous forme de bande dessinée ayant l’apparence d’un mélange de textes et d’images, elle nous raconte les débuts de l’ère industrielle et les choix de société qui ont été faits jusqu’à aujourd’hui, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Elle explique également à quel point il est facile de culpabiliser et de quelle façon, sans avoir de solution miracle, l’entièreté de la société doit se prendre en main. Pas seulement une poignée d’individus écologistes. Elle met également le doigt sur la culpabilité que le citoyen peut ressentir face à son sentiment d’impuissance. Sans minimiser l’impact des petits gestes de chacun, l’auteure jette un regard différent sur ce que nous faisons, sur ce que nous pouvons faire et sur l’incapacité de plusieurs à mener certains gestes. Difficile, par exemple, de prendre le transport en commun dans un village en région qui n’offre pas de transport en commun et encore moins de train pour limiter l’usage de la voiture…

« Pendant que nous minutons nos douches et limitons les chasses d’eau tirées, des industries comme Coca-Cola consomment des dizaines de milliers de litres d’eau par seconde: pour fabriquer un litre de boisson, l’entreprise utilise 2.5 litres d’eau! »

Le livre est très bien imagé, les dessins sont aussi importants que le texte. Le ton est drôle et interpelle le lecteur. Il permet de sensibiliser les gens pour que le peuple s’unisse face au combat écologique. Elle remet en question certaines idées reçues et jette un autre regard sur le monde de l’écologie et des changements climatiques.

L’ouvrage permet d’apprendre énormément de choses sur la nature, l’évolution du climat et les changements partout dans le monde. Il y a beaucoup de statistiques à l’appui, de citations de gens œuvrant dans le domaine. Elle fait régulièrement le parallèle avec le capitalisme qui mène le monde et empêche bien souvent le simple citoyen de mettre en place ses choix écologiques. Les grandes compagnies et le lobbying mettent régulièrement en oeuvre de la publicité et une image montrant leur bon vouloir, alors que bien souvent, le profit demeure la clé de chaque geste. L’auteure ajoute à chaque chapitre une « lettre » provenant des capitalistes afin de mieux comprendre l’impact de notre société sur l’écologie. C’est tout un monde à repenser, à réinventer.

Ce petit livre est vraiment une lecture intéressante. L’auteur étaye son texte de nombreux faits vérifiables, de statistiques et de tableaux (avec une longue liste de sources en fin de volume) permettant de mieux saisir toute l’ampleur du sujet écologique. Le ton est amusant tout en étant instructif. C’est donc un texte très abordable qui peut être lu par tout le monde. Ce qui permet aussi de mieux comprendre certains aspects du monde des écologistes et des gouvernements, tout en ouvrant la porte à une grande réflexion nécessaire.

Un livre à mettre entre toutes les mains, pour justement, avoir un autre regard sur le climat, un sujet qui nous touche tous de très près.

Un autre regard sur le climat, Emma, Massot éditeur, 96 pages, 2019

Les amis qui fêtaient Noël

amis qui fêtaient noelL’adorable trio bien-aimé, composé de l’ours, de l’orignal et du castor, est de retour pour la saison des fêtes! C’est la veille de Noël et les préparatifs vont bon train. Il ne manque plus que le sapin! Par chance, les trois amis trouvent un sapin parfait dans la forêt. Mais l’ours (qui aime les arbres) refuse que le castor l’abatte. Pourront-ils oublier leurs différends et trouver une solution acceptable pour tout le monde?

J’aime beaucoup les livres de Nicholas Oldland. À la parution du premier album de la série, L’ours qui aimait les arbres, je suis tombée sous le charme des illustrations et des thèmes très « nature » des différentes histoires. Peut-être que les images vous sont familières? L’auteur a une entreprise de pyjamas, d’articles cadeaux et d’accessoires pour la maison. Ses albums mettent en scène un ours (qui aime les arbres), un orignal et un castor. J’adore les dessins et j’étais ravie de mettre la main sur le petit dernier de la collection: Les amis qui fêtaient Noël.

Contrairement aux premiers titres, celui-ci a une couverture rigide encore plus intéressante. J’aime le format carré et assez petit. Les dessins sont colorés tout en conservant cet aspect nature qui va très bien avec les thèmes abordant l’écologie et les animaux chers à Nicholas Oldland.

Avec Les amis qui fêtaient Noël, l’auteur nous offre une histoire réjouissante qui parle de traditions et d’heureux compromis. La période de Noël est la préférée de l’ours, de l’orignal et du castor. Ils préparent tout comme il se doit, mais oublient l’essentiel: le sapin. Qui dit sapin, dit aussi aller couper un arbre en forêt, ce qui est totalement inacceptable pour l’ours qui aimait les arbres.

L’histoire porte un message écologique bienvenu et montre également qu’il est possible de faire les choses autrement sans les dénaturer. C’est une belle histoire sur la nature et l’amitié, qui démontre aussi qu’il est possible de faire des compromis pour réussir à satisfaire tout le monde et à passer un beau Noël quand même. Le tout est festif et réjouissant, drôle et raconté avec bonne humeur. J’adore!

Un bel album pour les Fêtes, qui s’adresse à tous, à partir de 3 ans.

Les amis qui fêtaient Noël, Nicholas Oldland, éditions Scholastic, 32 pages, 2019