La forêt barbelée

Il faut planter aussi
des ronces
donner du piquant
aux petites choses

raconter le ruisseau gelé
la soif du lac abreuvoir
ce quelque part où enfin
étancher toutes les bêtes en moi 

J’ai lu ce recueil deux fois. La première fois, normalement et la deuxième à voix haute. J’ai trouvé que cette seconde lecture avait été beaucoup plus marquante que la première. Parfois, de lire différemment rend plus présente toute la magie d’un texte. Et ici, la poésie de l’auteure se prête tellement bien à une lecture à voix haute! Elle permet de se plonger totalement dans l’univers de l’auteur, d’imager ce qu’on lit et de s’immerger dans le rythme des mots.

J’ai adoré ce livre, dont la poésie est entièrement axée sur la nature. Bâti en quatre chapitres dont chacun aborde une saison, le livre parle des différences et les activités de chaque moment de l’année. L’automne il est naturellement question de chasse, de braconnage, mais aussi des conserves que l’on prépare. L’hiver est une saison froide, faite de feux, de survie, de la force de la nature, de la résistance face à la rudesse de cette saison. Le printemps est la renaissance et la fin des épreuves. C’est à ce moment que l’auteure appelle à la sauvegarde de la forêt, à la contemplation de la nature qui renaît, au militantisme. L’été voit arriver le temps des jardins, des herbiers, la naissance des plantations, le moment du reboisement. 

Ce recueil aborde les bienfaits de la nature, de sa beauté et de tout ce que l’humain lui fait subir: la chasse, le braconnage, les coupes à blanc. On ressent nous aussi ce que ressent l’auteure face à l’exploitation sans fin des ressources. Elle se désole de tout le mal que peut faire l’humain à cette si précieuse nature. Le livre est un appel à la mobilisation. Une incitation à militer activement pour la préservation de l’immense richesse qu’est la nature, bien trop souvent malmenée. Et c’est aussi un message d’espoir, indiquant qu’on peut toujours en faire plus et mieux, qu’il n’est peut-être pas trop tard pour réussir à sauvegarder ce qu’il nous reste.

« archère

confiance
avance femme
soit flèche
vise haut

c’est ton boisé

si tu n’oses pas sagittaire
jouer un peu des canines
montrer de quel bois tu te chauffes
te parer d’épines

qu’adviendra-t-il de ton Temple »

Je me suis senti interpellé dès les premières phrases du livre. Je me reconnais dans les mots de Gabrielle Filteau-Chiba. Les sujets qu’elle aborde me touchent personnellement: prendre le temps d’admirer la nature et de l’aider à se régénérer au lieu de la détruire. Travailler à sauvegarder la biodiversité, les animaux et leurs habitats, protéger la faune. Cette lecture me donne assurément envie de découvrir ses romans, que je n’ai pas encore lus.

La forêt barbelée a été pour moi une excellente lecture! Je ne peux que vous conseiller ce magnifique recueil.

La forêt barbelée, Gabrielle Filteau-Chiba, éditions XYZ, 120 pages, 2022

L’Autre esclavage

En 1542, soit un demi-siècle après le premier voyage de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde, les monarques ibériques interdirent l’esclavage des Indiens aux Amériques, du littoral oriental des Etats-Unis jusqu’à la pointe de l’Amérique du Sud. Pourtant, comme le révèle ici l’historien Andrés Reséndez, il a perduré pendant des siècles sur tout le continent. Des centaines de milliers d’autochtones ont ainsi été victimes de kidnapping et d’asservissement brutal, envoyés dans l’enfer des mines d’or ou livrés aux pionniers en tant qu’esclaves, y compris aux Etats-Unis, jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle. Cet esclavage de masse a décimé les populations amérindiennes aussi sûrement que les maladies apportées et transmises par les Européens : à travers des documents inédits, ce récit terrible et passionnant en apporte la preuve. Alors que de nombreux pays, et les Etats-Unis en particulier, sont aux prises avec l’héritage du passé, Andrés Reséndez dévoile un chapitre essentiel d’une histoire douloureuse à laquelle il est plus que jamais nécessaire de se confronter.

Sous-titré La véritable histoire de l’asservissement des indiens aux AmériquesL’autre esclavage est un ouvrage vraiment pertinent et intéressant qui nous ouvre les yeux sur la colonisation et nous permet de mieux comprendre « l’autre esclavage »: celle des peuples autochtones et aborigènes. L’auteur trace le portrait de cette facette peu glorieuse de l’histoire en partant des Caraïbes jusqu’au Mexique, avant de poursuivre vers les États-Unis. 

Ce livre parle de l’asservissement des peuples autochtones et la façon dont cette forme d’esclavage a pu perdurer pendant aussi longtemps. Cet ouvrage complexe amène définitivement une autre lumière sur ce qu’a pu être la relation entre les Blancs et les autochtones. On perçoit un changement de mode de vie des autochtones lors de l’arrivée des hommes blancs. Le troc était bien souvent utilisé au détriment des peuples aborigènes et autochtones, puis était une belle occasion utilisée pour les exploiteurs de les asservir.

Officiellement interdite, mais facilement contournable à cause de lois beaucoup trop faibles, l’esclavage des peuples autochtones était la plupart du temps celle de femmes et d’enfants. Les hommes étaient alors tout simplement supprimés. Les esclaves vivaient dans des conditions inhumaines: enchaînés, violés, exploités jusqu’à la mort. L’auteur parle des tactiques utilisées pour asservir et éliminer des clans. Le travail des autochtones et des aborigènes se déroulait dans des conditions impossibles, dans les champs, les mines, les forges, enfermés jusqu’à ce qu’ils développent de gros problèmes de santé. On déplaçait les peuples sur de grandes distances pour les rendre « plus dociles » et on exploitait les esclaves comme des bêtes, souvent jusqu’à la mort. Une pratique qui a perduré jusque dans les années 1960.

« À Parral, comme dans nombre d’autres mines d’argent du Mexique, c’était les Indiens et les esclaves noirs qui remontaient le minerai à la surface. Charriant des sacs en cuir remplis de pierres, ils devaient ramper dans des passages bas de plafond et grimper en posant le pied sur des « échelles de poulailler » en rondins de pin. Comme les mains du portefaix étaient occupées à s’accrocher à l’échelle, son lourd fardeau – qui pouvait peser entre cent et cent soixante kilos – reposait sur son dis tout en se balançant périlleusement au bout de la sangle qui lui enserrait le front. Les porteurs de minerai étaient communément nommés tenateros, terme dérivé du mot nahuatl tenatl, qui désigne un sac en fibres ou en cuir. Inutile de préciser que le risque de glissade ou de chute était omniprésent. »

L’esclavage que nous connaissons est essentiellement celle des Noirs, qui a été documentée et qui était enregistrée. Celle des autochtones était interdite sur le papier, mais perpétrée assez facilement par ceux qui souhaitaient s’approprier ces peuples et les soumettre à l’esclavage, de là le titre de l’ouvrage « l’autre esclavage ». La cour n’offrait aucun statut aux autochtones, qu’on pouvait facilement accuser de toutes sortes de méfaits et donc, exploiter sans vergogne. Le livre aborde aussi brièvement l’asservissement d’autres peuples: les aborigènes d’Australie, des Philippines, de Chine, amenés en Amérique du Nord où ils subissaient le même traitement que les autochtones. 

Le livre contient plusieurs photos et des dessins qui illustrent le propos de l’auteur. Il contient aussi des cartes utilisées pour expliquer les mouvements entre les pays concernant l’esclavage. Même si le sujet est difficile, j’ai beaucoup apprécié cet essai puisqu’il nous dévoile une facette inconnue et un autre visage de l’asservissement des peuples. Il apporte une lumière différente sur l’esclavage et sur ceux qui ont été exploités. L’auteur a effectué un très grand travail de recherche. Son livre est très riche en informations et particulièrement bien documenté. J’ai pris un moment à le lire, parce que le sujet est complexe et que je trouve important de prendre le temps qu’il faut pour mieux comprendre ce que ces peuples autochtones ont vécu.

L’humain a toujours eu l’envie de posséder des richesses, d’avoir le pouvoir sur les gens, d’exploiter ce qu’il peut utiliser à son avantage. On apprend aussi comment la religion pouvait, d’une certaine façon, donner raison aux esclavagistes qui recevaient une forme « d’approbation » de certaines parties de la population. Les peuples autochtones et aborigènes étaient souvent dénigrés, perçus comme inférieurs, alors les Blancs se donnaient le « droit » de les exploiter et de s’approprier le territoire et les richesses au détriment des gens qui étaient déjà en place. Les esclaves étaient aussi amenés comme présent à la royauté de la plupart des pays qui pratiquaient l’esclavage.

« Mais le plus alarmant était la capacité des missionnaires à torturer et à tuer au nom de Dieu. Le pire de ces bourreaux était le bien nommé Salvador de Guerra, qui terrorisa les villages hopis au cours des années 1650. Comme tous les religieux qui travaillaient dans un isolement presque total, il vivait avec une concubine, malgré son vœu de chasteté. Il contraignait aussi les Indiens à tisser des mantas en coton, imposant des quotas de production à atteindre sous peine de punition. Et pour ce qui était de combattre le Diable, le frère Guerra n’avait pas son pareil: non content de frapper les indigènes qu’il soupçonnait d’idolâtrie et de sorcellerie, il les arrosait ensuite de térébenthine avant de leur mettre le feu. »

Si le sujet vous intéresse, c’est assurément un livre que je vous conseille puisqu’il présente une facette de l’esclavage qu’on connaît peu. C’est un livre essentiel et très bien documenté. Il n’est pas exhaustif, l’auteur le dit lui-même, il faudrait des tomes et des tomes pour traiter complètement ce sujet. Mais cet ouvrage aborde une histoire qui a été bien souvent passée sous silence.

Une lecture à la fois instructive, intéressante, troublante et pertinente. À lire!

L’Autre esclavage, Andrés Reséndez, éditions Albin Michel, 544 pages, 2021

Une forêt dans un verre d’eau

Tout a commencé à la fenêtre de ma chambre. En l’ouvrant, j’ai regardé le ciel. Il était trop bleu, trop beau, le soleil brillait et il faisait même chaud. Vraiment trop chaud pour un mois de novembre.

Un album vraiment magnifique qui mêle photographies et dessins. Il débute alors qu’une enfant écrit à sa grand-mère pour lui parler de quelque chose de particulier qu’elle a vécu. Le livre raconte donc son histoire, celle d’une petite fille qui vit dans un monde où les arbres et l’hiver n’existent plus que dans les livres. Elle n’en a jamais vraiment vu « en vrai ». Tout cela n’existe que dans les histoires que l’on raconte. Elle vit dans un monde où rien n’a poussé depuis plus d’un an.

Son père avait conservé un noyau qu’elle place dans un verre d’eau pour le faire germer. Un noyau qui pousse, c’est la vie et l’espoir d’une future forêt. C’est alors que l’aventure commence, quand la petite fille tombe dans le verre d’eau et se retrouve dans une grande forêt.

« Emmitouflée dans ton vieux châle, j’ai installé ma chaise tout près d’elle, et je l’ai regardée comme jamais. J’ai observé ses racines microscopiques, je me suis plongée dans ses feuilles minuscules et, en m’approchant encore, il m’a semblé que ce n’était pas une tige que je voyais, mais une forêt entière. Et plus je la fixais, plus je voyais d’arbres, d’herbes et de sentiers, comme sur les photos de l’ancienne forêt que tu me montrais. Une forêt dans un verre d’eau! »

Accompagnée de son voisin, ils recherchent l’hiver et partent à sa quête, pour retrouver le bonheur associé à cette saison. En la ramenant avec lui, son voisin espère ramener les choses comme elles étaient avant les gros changements climatiques. Un monde où la nature est encore présente, où l’hiver existe, où la forêt n’est pas qu’une vision furtive dans un livre d’images. L’album met en évidence deux mondes parallèles: le monde de la petite fille dévasté par les conséquences d’une catastrophe écologique, et le monde où existent toujours les forêts et la flore abondante de la nature.

Cet album est en quelque sorte une fable écologique sur la beauté de la nature, sur la perte de l’environnement, sur la déforestation et sur l’espoir d’une renaissance. Il montre ce que l’on va léguer aux générations futures si on ne fait rien: un monde naturel dévasté, qui n’existera peut-être plus dans le futur. Un monde qui se retrouvera dans les livres, mais qu’on ne verra plus en regardant par la fenêtre.

Un album pour tous, aux très belles photographies associées à des dessins des personnages qui évoluent dans l’image. Une histoire qui parle du monde qu’on va léguer aux générations futures. Une fable écologique sur la beauté de la nature, sur la perte de l’environnement naturel et sur l’espoir d’une renaissance. À lire avec les enfants (et les plus grands) à partir de 6 ans.

« Tout enfant recommence le monde. » – Henry David Thoreau

Un superbe album à découvrir.

Une forêt dans un verre d’eau, Isabelle Ricq, éditions Seuil jeunesse, 56 pages, 2021

Défricher l’aube

Les heures fragiles oscillent dans le ciel éclaboussé de lumière, emportant les battements d’ailes, l’usure des étoiles, les arbres dérobés et ceux à venir. Défricher l’aube, c’est le mouvement du territoire, celui des marées qui disent leur fragilité, une invitation à revenir sur les terres de l’enfance.

Défricher l’aube est un recueil en prose vraiment magnifique et bien écrit. Les poèmes sont axés sur l’environnement et abordent la façon dont l’humain traite la nature qui l’entoure. L’auteure parle des forêts, de leur déforestation, de l’écologie. De la façon dont l’humain détruit le monde naturel et ce qu’il inflige à l’environnement. C’est aussi un constat de la fragilité de notre monde.

Les mots sont beaux et le message que véhicule ce recueil est plein d’émotions. C’est un sujet, il me semble, assez peu traité dans la poésie actuellement. C’est un appel à la sensibilisation face à la destruction sans fin de la nature. L’auteure jette un regard lucide sur ce qui se produit actuellement – si rien n’est fait – et sur ce que pourrait devenir notre monde si l’humain ne s’active pas à le protéger. Malgré tout, ce n’est pas un recueil sombre. Il véhicule aussi de l’espoir et rend hommage à la si belle nature qui nous entoure. 

“ Pendant qu’on nous apprend à placer l’ombre du bouleau au fond du bac, des pelles mécaniques arrachent nos poumons pour assister à la naissance du béton. Des visages urbains s’avancent.
Nous devrons reboiser nos mémoires. “.

Le recueil est un appel à la sensibilisation et un rappel de la grande richesse que l’humain perdrait si la nature venait qu’à disparaître. Les poèmes véhiculent une image très forte de la nature et de la forêt. Dans notre monde où les progrès, les profits, les nouvelles technologies prennent toute la place au détriment de la nature dont les parcelles restantes sont massacrées et maltraitées, l’auteure s’interroge sur ce qui restera de la forêt, de la nature, et finalement de nous-mêmes.

En lisant ces textes, on ne peut que rêver que l’être humain se réveille enfin et ne détruise plus tout au nom du progrès. Les mots de Dominique Zalitis mettent en lumière cette problématique qui nous touche tous. Si demain tout est de béton, quel monde laisserons nous à l’humanité?

« Quand il n’y aura plus d’étendues sauvages à cartographier, il faudra apprendre à dessiner les arbres manquants du tableau. En retournant près de la grève, sauver le bois flotté pour chauffer les solitudes. Autour du feu, humer l’odeur des matins de brume. »

C’est d’abord le thème et la couverture qui m’ont attiré vers ce livre. La poésie me plaît toujours beaucoup et le message m’a beaucoup parlé. J’ai vraiment aimé ces poèmes en prose et je relirai assurément cette auteure. Une belle découverte et un recueil que je ne peux que vous suggérer si vous êtes sensible à l’environnement.

Défricher l’aube, Dominique Zalitis, éditions David, 72 pages, 2021

Le jardin potager

Le potager est une source intarissable de questionnements. Chaque légume, herbe aromatique ou fleur comestible possède des caractéristiques qui lui sont propres et qu’il est important de connaître afin de cultiver des plants en santé et en abondance. Le jardin potager répond à plus de mille quatre cents questions susceptibles de germer dans l’esprit des jardiniers au gré des graines qu’ils sèment, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, en pot ou en pleine terre. Ce guide pratique offre de précieux conseils sur toutes les étapes de jardinage, de la préparation du sol à la conservation, en passant par les semis, la plantation, l’entretien et la récolte.

Ce livre a été pour moi une fabuleuse lecture! En le commençant, j’avais quelques appréhensions car cet ouvrage ne contient pas de photos. Mais en fait, il n’en a absolument pas besoin. C’est même le livre de jardinage qui me semble le plus complet que j’ai pu lire en ce qui concerne les associations de légumes, le climat, les insectes, les semis, la préparation de la terre, les plants sacrifices, les insectes, l’apport en eau, les plantes gourmandes, les plantes compagnes, les fines herbes, les fleurs, l’engrais, les types de sol, la récolte, bref, toutes questions qu’un jardinier peut se poser. C’est l’un des livres que j’ai préféré jusqu’à maintenant. L’ouvrage est conçu sous forme de questions/réponses. Un jardinier, qui pourrait être nous-mêmes, pose ses questions à l’auteur, horticulteur. Tous les sujets sont abordés, ce qui en fait une véritable bible.

Pour un jardinier, amateur ou avec de l’expérience, c’est un outil formidable et une immense richesse que d’avoir cet ouvrage à portée de la main. J’ai beaucoup aimé la vision de l’auteur face au jardinage. Chaque région, chaque parcelle de terre étant différente, on nous propose des façons de faire qu’on peut adapter à notre réalité et différentes sortes de jardins: en pleine terre, en pots ou suspendus. C’est intéressant car au lieu de présenter une méthode unique qui serait impossible à appliquer pour tous, l’auteur partage plutôt des trucs, des conseils, des informations pertinentes et accessibles pour nous permettre d’avoir un jardin le plus productif possible. Un jardin peut être très différent d’un endroit à l’autre, d’une terre voisine à l’autre. À partir des informations données, on peut faire des essais et bâtir nous-mêmes notre jardin selon notre propre réalité. 

« Devrait-on se dépêcher de « vider » le potager à l’automne? Non, il n’y a pas de date butoir et on ne devrait pas être trop pressé de récolter. C’est l’évolution de la température extérieure et le niveau de mûrissement des plantes comestibles qui devrait guider les récoltes. En effet, certains légumes peuvent être récoltés après un léger gel, et ils ont alors plus de goût. »

L’ouvrage débute par la base la plus simple du jardinage, avant de faire un tour de toutes les questions susceptibles d’être posées par des jardiniers, allant des semis aux transplantations, les types de légumes et de fines herbes, ce qui est préférable de commencer à l’extérieur plutôt qu’en semis intérieurs, les insectes et parasites, les pollinisateurs, les alliés du jardin, les engrais, les types de sol, l’arrosage et la façon de planter un potager. J’ai beaucoup appris sur les accords entre les différentes espèces de plantes, ce qui me donne envie de faire des essais de mon côté et de tester certaines choses au jardin. 

« L’Objectif principal d’une plante est d’assurer sa pérennité et donc de se reproduire. Quand on la « stresse » en réduisant les apports en eau, on provoque chez elle une réaction d’urgence qui consiste à produire des fleurs afin que celles-ci soient fécondées et génèrent ainsi des graines. »

J’ai vraiment apprécié aussi la seconde moitié du livre, que j’ai trouvé très pertinente. L’auteur explique comment cultiver les légumes. Il aborde chaque plant, avec ses caractéristiques, ses alliés au jardins, le démarrage des semis, la plantation, le besoin en eau. Il nous indique si la plante potagère est cultivable en pot, la façon d’en prendre soin et les différents agencements de plantes pour en tirer le plus de bienfaits, ainsi que le meilleur moment pour la récolte.

« Comme on sait maintenant que le bêchage a des effets pernicieux sur la rhizosphère, lors de sa préparation annuelle, on ne retourne plus le sol, on le brasse. Pour cela, on utilise une griffe de jardinage ou encore une grelinette. Ces outils, qui requièrent moins d’efforts physiques que le bêchage, permettent d’ameublir le sol sans le retourner. »

J’ai beaucoup aimé le ton employé et sa vision du jardin a répondu énormément à mes attentes. Je me suis beaucoup reconnu dans la façon dont l’auteur aborde le jardinage. C’est un livre qui déconstruit certaines idées de base et qui me donne envie de tester de nouvelles façons de faire. Cet ouvrage m’accompagnera assurément pendant des années au jardin. C’est un outil précieux que je ne peux que conseiller à ceux qui aiment jardinier, peu importe si vous débutez ou si vous êtes plus expérimentés. Ce livre est une mine d’or.

Un gros coup de cœur!

Le jardin potager: questions de jardiniers, réponses d’un horticulteur, Bertrand Dumont, éditions Multimondes, 288 pages 2021