La veillée de Noël / Jack L’Éventreur

Veillée de Noel - Jack L'ÉventreurC’est une jeune femme tremblante et angoissée que le célèbre détective Sherlock Holmes reçoit dans son bureau du 221b Baker Street. Un meurtre va être commis chez elle durant la veillée de Noël et il est le seul à pouvoir l’empêcher…  

Depuis plusieurs mois, Jack l’Éventreur sème la terreur dans le quartier de Whitechapel. Et, si les prostituées paniquent en se demandant : serai-je sa prochaine victime ?, les femmes de bonne condition, elles, tremblent en osant à peine penser : serais-je son épouse ? 

Ces deux nouvelles écrites par Anne Perry sont parues dans la collection Langues pour tous chez Pocket Bilingue. Je l’avoue, ce n’est pas du tout l’aspect bilingue du texte qui m’a attirée, mais principalement les nouvelles, que je n’avais jamais eu l’occasion de lire. J’apprécie beaucoup les histoires d’Anne Perry et les deux qui sont présentées ici parle de deux personnages légendaires à leur façon: Sherlock Holmes pour la première histoire et Jack L’Éventreur pour la seconde.

Pour information, le livre est présenté en version bilingue anglais / français. La page de gauche reprend le texte original anglais et la page de droite, la version traduite en français. En bas de chaque page, des notes sur les mots et la traduction sont présentées. Je ne les ai pas lus, toutefois le concept me semble intéressant pour quelqu’un qui souhaite se familiariser avec la langue anglaise et lire des textes dans cette langue en comparant avec la traduction. De mon côté, je n’ai lu que le texte en français et c’est sur cette traduction que portera mon billet.

La recueil comprend donc deux histoires:

La Veillée de Noël (The Watch Night Bell)
Cette histoire s’inspire des aventures de Sherlock Holmes. Elle met donc en scène le célèbre détective et son acolyte le docteur Watson, qui reçoivent la visite d’une jeune femme paniquée, demandant leur aide. Elle parle beaucoup, son récit est décousu et Holmes est sur le point de perdre patience avec elle, croyant à tors qu’elle est « fragile » et qu’elle ne réclame son aide que pour un « différend familial ». Watson prend donc les devants et tente d’interroger la jeune femme. Le lecteur apprend, en même temps que Sherlock Holmes, que la jeune femme soupçonne qu’un crime sera bientôt commis à la résidence familiale…
L’histoire présente un revirement de situation très intéressant. Elle se déroule la veille de Noël, avec une atmosphère festive et plusieurs détails sur la fête en préparation ainsi que sur les traditions de la famille autour des festivités.

Jack L’Éventreur (Jack)
Le célèbre tueur en série terrorise tout Whitechapel, un quartier de Londres, en 1888. Gwen est mariée à un homme mesquin et violent, qui la traite comme une enfant et la rabroue constamment sur tout. Elle lui joue un mauvais tour pour s’offrir une petite vengeance personnelle, tour qui prend des proportions qu’elle ne soupçonnait pas. Quand son mari l’empêche d’aller rendre visite à une amie, elle décide avec cette dernière de mener l’enquête, leurs deux maris se retrouvant dans la ligne de mire de la police.
Dans cette histoire, c’est la suspicion qui est au centre de l’intrigue, terrorisant les femmes du quartier qui se demandent si Jack L’Éventreur ne serait pas l’un des leurs, quelqu’un qu’elles connaissent très bien…

J’ai beaucoup aimé la lecture de ces deux nouvelles. La Veillée de Noël est plus festive, même si on parle d’un acte criminel. Cette histoire ne jurerait pas parmi les Contes de Noël d’Anne Perry. J’ai même trouvé à cette nouvelle un côté plus festif que nombre des histoires de Noël de l’auteure publiées ces dernières années.

En ce qui concerne Jack L’Éventreur, je trouve que l’ambiance victorienne de l’époque et surtout la peur qui devait terroriser chaque femme à cette période trouble de l’Histoire est bien rendue. La peur est sans doute le thème central de la nouvelle. À noter que cette seconde histoire ne se déroule pas à Noël (mais ce n’est pas plus mal!)

Les deux nouvelles sont bien écrite et passionnantes. Les deux mettent en scène des femmes plus fortes qu’il n’y paraît, pour des raisons différentes dans les deux histoires. Ce recueil fut une très bonne lecture. J’ai adoré découvrir Anne Perry en nouvelliste et j’ose espérer qu’on aura droit éventuellement à un recueil de nouvelles plus substantiel. Si vous aimez l’auteure, ces histoires pourraient bien vous plaire!

La veillée de Noël (The Watch Night Bell) suivi de Jack L’Éventreur (Jack), Anne Perry, éditions Pocket Bilingue, 142 pages, 2017

La fausse barbe du père Noël

fausse barbe du pere NoëlAvez-vous déjà rêvé d’un Noël différent ? La dinde aux marrons, les cadeaux sans surprise et les bûches au chocolat écœurantes, on finit par s’en lasser. Que diriez-vous d’une tourte à la viande explosive, d’un abominable homme des neiges de compagnie ou d’une perdrix très serviable dans un poirier ? Et si le père Noël s’en allait travailler dans un zoo, ou semait le chaos dans un magasin de jouets, voire se faisait arrêter pour effraction ? Plongez dans le monde fantastiquement drôle de Terry Pratchett pour un plaisir festif à nul autre pareil. À la lecture de ces onze nouvelles, vous allez vous esclaffer, vous étouffer et pleurer (de rire) – vous ne verrez jamais plus Noël du même œil.

Je veux lire Terry Pratchett depuis des années et comme il a beaucoup écrit, je ne savais pas par où débuter. Le Disque-Monde compte énormément de romans, de recueils et autres titres. La fausse barbe du père Noël me semblait un bon choix pour commencer à découvrir cet auteur en plus d’être totalement de saison. C’est un recueil de onze nouvelles rigolotes illustrées par Mark Beech. Ça se lit comme du bonbon et j’ai adoré cette lecture.

Le livre comprend onze contes festifs, qui ont un lien avec le temps des Fêtes ou l’hiver:

La fausse barbe du père Noël
Un grand magasin vient d’engager un certain monsieur Nicolas comme père Noël. Toutefois, sa présence et sa façon de travailler ne fait pas l’unanimité…

La tourte de Blackbury
C’est l’histoire de la plus grosse tourte, confectionnée par trente-trois cuisiniers, et d’un maire porté par l’esprit de Noël.

Pousse-toi hop-là boum!
C’est l’histoire du grand match de Pousse-toi hop-là boum joué chaque jour de l’an. Un jeu étrange entre le rugby, la marelle et le vandalisme dont les règles sont si compliquées que personne ne les comprend!

Une très brève ère glaciaire
Au premier jour de la Grande Neige, Rasmussen avait décidé de se conduire en habitant de l’Arctique…

L’ordinateur qui écrivit au père Noël
Tom, un ordinateur, écrit au père Noël. C’est l’occasion d’une discussion sur le fait de croire au père Noël et de vivre avec simplicité.

Le bon roi Wences-las
Le roi ayant laissé repartir un homme en panne d’essence par une nuit de tempête de neige, part à sa recherche.

Le poussin girouette
C’est l’histoire d’une girouette qui fait la pluie et le beau temps au village. Littéralement. Il pleut dans les bâtiments et des orages se forment au-dessus de la tête des gens. Bertha prendra « l’oiseau » sous son aile.

Le jour du jugement dernier pour le père Noël
Le père Noël passe en justice, inculpé de trois mille quatre cent trente-trois délits divers pour lesquels il plaide non coupable.

L’abominable bébé des neiges
Une tempête de neige d’une ampleur jamais vue, bloque complètement la ville de Blackbury, attirant par le fait même un abominable homme des neiges qui s’avère être plutôt, un abominable bébé des neiges.

Les douze cadeaux de Noël
Un jeune prince souhaitant épouser la princesse doit lui offrir un cadeau particulier pour Noël. Ce texte reprend la chanson Les douze jours de Noël à la sauce humoristique.

Le père Noël va travailler au zoo
Le père Noël, qui n’est pas très utile quand la fête est terminée, est poussée par mère Noël à aller travailler. Il faut bien payer les factures!

J’espère que ce petit récapitulatif des différentes histoires du recueil vous donnera envie de le découvrir. La fausse barbe du père Noël est un livre qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes. Les histoires qui le composent sont colorées et inventives, pleines d’humour. C’est une très bonne lecture à découvrir.

Cette première rencontre avec l’univers de Terry Pratchett a été un succès qui me donne envie de découvrir d’autres de ses livres prochainement. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas!

La fausse barbe du père Noël, Terry Pratchett, éditions L’Atalante, 176 pages, 2018

Minuit ou presque

Minuit ou presqueLove Actually, version Rainbow Rowell. Deux nouvelles inédites, parfaites pour un cadeau de fin d’année.
Mags et Noel se sont rencontrés à une soirée du nouvel an. Depuis, ils tombent chaque année un peu plus amoureux…
Grande fan de Star Wars, Elena décide de camper devant le cinéma pour la sortie du nouveau film. Mais l’expérience s’avère décevante… du moins, jusqu’à sa rencontre avec Gabe…

J’adore l’auteure Rainbow Rowell et c’est lorsque je la relis que je réalise à quel point son univers me plaît. Elle met souvent en scène des geeks et donne une bonne place à la culture populaire dans ses romans. Ça me rejoint beaucoup!

Minuit ou presque est en fait un court recueil de deux nouvelles. Rowell excelle autant dans l’écriture de romans que d’histoires plus courtes. J’aimerais bien lire un recueil de nouvelles complet comprenant plusieurs histoires d’elle. Il me semble que ce serait excellent!

La première histoire s’intitule Minuits. J’ai déjà lu cette histoire dans un autre recueil de nouvelles: Minuit! 12 histoires d’amour à Noël. Elle s’intitulait toutefois Trois, deux, un. Je l’avais adoré et j’étais contente de la relire. Elle commence au réveillon du Nouvel an, en 2014. Mags et Noel se rencontrent pour la première fois. Ils deviennent amis. Ils sont toujours très proches et ils s’adorent. Noel est le meilleur ami de Mags, mais cette dernière a l’impression que Noel est ami avec tout le monde. À chaque Nouvel An, Mags a l’impression de perdre un peu plus Noel. Elle ne sait pas qu’il n’a en fait absolument pas envie qu’elle s’éloigne de lui. Alors qu’ils font des études dans des villes différentes, Mags fuit le décompte de l’année pour éviter de voir Noel avec quelqu’un d’autre. Mais si ce Nouvel An s’avérait différent? Il y a plusieurs aspects intéressants dans cette nouvelle. J’adore les personnages qui sont particuliers, avec leurs forces et leurs faiblesse. Mags et Noel se rencontrent parce que Noel est allergique à tout. Noel aime dire haut et fort que Mags lui a sauvé la vie plus d’une fois. Noel aime danser, Mags est timide et réservée.

« -Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De danser.
-Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De ne pas danser avec moi. »

Ils sont différents et se complètent pourtant à merveille. Ils leur faut juste un peu de temps pour le découvrir. Cette histoire se déroule sur quelques années, chaque fois au réveillon du Nouvel An quand le décompte est éminent. Les histoires de Nouvel an sont assez rares, je l’apprécie encore plus!

La seconde nouvelle s’intitule Âmes sœurs. Elle porte très bien son titre. Elle met en scène essentiellement trois personnages: Elena, Gabe et Troy. Les trois sont de grands fans de Star Wars. Un nouveau film vient de prendre l’affiche et les trois se rencontrent alors qu’ils ont décidé de camper devant le cinéma pour être les premiers à entrer. Avant ce jour-là, ils ne se connaissent pas. Il fait froid, on est en décembre. Ils se réchauffent à coup de café et de bouillottes que la mère d’Elena apporte, horrifiée de voir sa fille camper dehors pendant quatre jours. Troy est plus âgé et c’est un boute-en-train. Il a l’expérience des campements sur le trottoir pour des sorties culturelles. Gabe et Elena ont à peu près le même âge et c’est leur première fois. Elena et Gabe ont l’impression qu’ils n’ont rien en commun. Elena a l’air d’avoir douze ans, elle est introvertie et passionnée. Gabe est asocial, ne parle pas beaucoup et passe son temps le nez plongé dans un bouquin. Elena imaginait le camping devant le cinéma comme un gros rassemblement de fans en délire qui chanteraient des chansons et se costumeraient. À la place, elle a Gabe qui ne dit pas un mot et Troy qui pianote sur son téléphone. Le temps s’annonce long!

« Même si ça n’était pas la démonstration collective, amicale et festive à laquelle elle s’était attendue, ça pouvait néanmoins être quelque chose. Un moment particulier et mémorable. Elle, Elena, le rendrait mémorable. »

Âmes sœurs est une nouvelle plus joyeuse et moins mélancolique que Minuits, mais les deux s’avèrent d’excellents moments de lecture. Minuits est un texte plus intime, même s’il se déroule dans une fête. C’est la rencontre de deux personnages qui se retrouvent années après années, avec des émotions de plus en plus fortes. Quant à Âmes sœurs, cette nouvelle est plus drôle et pleine de légèreté. Elle reprend l’idée de mettre en avant un fandom – ici Star Wars – et trois fans avec leur façon différente d’en être passionnés.

Ce court recueil me donne envie de lire à nouveau Rainbow Rowell pour les rares titres que je ne connais pas encore et de relire les autres que j’adore. J’aime chaque fois ses personnages un peu décalés et les univers qu’elle créent. J’aime aussi la place qu’elle donne toujours aux geeks et aux passionnés de culture populaire. Ses livres me plaisent beaucoup et Minuit ou presque n’y a pas fait exception, même si c’est assez court.

Vivement son prochain livre!

Minuit ou presque, Rainbow Rowell, éditions Pocket Jeunesse, 112 pages, 2019

Histoires effrayantes à raconter dans le noir

Histoires effrayantes à raconter dans le noirLes fantômes, ça n’existe pas !
Les araignées, c’est tout petit.
Les psychopathes, même pas peur…
Les sorcières, aucun pouvoir !
Ces histoires-là, vous n’y croyez pas ?
Attendez donc qu’on vous les raconte, à la nuit tombée, ou de les lire seul, en tremblant sous la couette… SI VOUS L’OSEZ!

Pour l’Halloween cette année, je me suis plongée dans le recueil d’histoires d’Alvin Schwartz, Histoires effrayantes à raconter dans le noir. Ce livre s’inspire du folklore, essentiellement américain, mais parfois mondial, ainsi que des légendes urbaines pour créer un univers terrifiant. La première version en anglais de ce livre est parue en 1981. Suivent un tome 2 et un tome 3 quelques années plus tard. La version française que je vous présente regroupe les trois tomes.

J’ai grandis dans les années 80 et 90. Le genre d’histoires qu’écrit Alvin Schwartz était vraiment le type de livre que j’aimais à l’époque (et que j’aime encore aujourd’hui d’ailleurs!). Les légendes urbaines me semblaient fascinantes, tout comme les histoires issues de la tradition orale. C’est un peu tout cela que rassemble ce recueil.

Ce livre me rappelle beaucoup les petits recueils d’histoires de peur parus dans les années 80 et 90 que je dévorais. Ce livre regroupe en fait trois recueils et est paru pour la première fois à cette époque. C’est un livre controversé qui a souvent été censuré dans les bibliothèques, ce qui en fait donc, à mes yeux, un ouvrage encore plus intéressant! C’est tout à fait le genre de livre que j’aurais aimé lire enfant.

Les illustrations de circonstance sont de Stephen Gammell. Elles sont parfaites pour l’Halloween, vu l’atmosphère nimbée de mystère qu’elles dégagent. J’ai vraiment adoré les images, elles sont parfois embrumées, souvent cruelles, effrayantes et macabres. Elles reflètent bien l’idée inquiétante que l’on se fait des histoires qui nous sont racontées. Le talent de Gammell est de rendre une atmosphère très inquiétante à travers ses images. Elles sont vraiment fascinantes!

Le recueil d’Alvin Schwartz est un livre conçu pour une lecture à voix haute. Personnellement ça me rappelle de beaux souvenirs. On lisait les Histoires mystérieuses de J.B. Stamper de cette façon, avec une lampe de poche, pour que ce soit encore plus effrayant. L’idée de lire un livre de ce genre à voix haute, à une époque où c’est moins courant de le faire, me plaît beaucoup. Schwartz, dans ses histoires, s’adresse souvent au lecteur et il y a, selon les chapitres, des indications pour augmenter le niveau d’angoisse lors de la lecture. Par exemple, pousser un cri terrifiant à tel endroit dans le texte. Ou faire un bruit quelconque, au bénéfice de ceux qui écoutent l’histoire.

Les nouvelles sont très, très courtes, parfois plutôt abruptes. Si on les lit en rafale, l’une à la suite de l’autre, je pense que le plaisir est émoussé. Ce livre n’est pas conçu pour ça. Sa forme est celle d’une lecture lente, où l’on prend le temps de lire pour quelqu’un ou alors, qu’on savoure à petites doses. L’atmosphère, les images, le cadre de l’histoire. On peut rechercher les références folkloriques par exemple ou même, lire le texte à voix haute pour soi-même. On retrouve une histoire en lien avec le célèbre Wendigo ou d’autres inspirées de légendes ayant pour but de mettre en garde les jeunes contre les dangers d’aujourd’hui… Il faut accompagner ce livre avec une atmosphère appropriée. Autrement, je crois qu’il perd l’essence même de sa forme initiale.

« La plupart de ces histoires traduisent, d’une manière ou d’une autre, une forme d’anxiété contemporaine. Elle tirent leur origine d’un mélange de faits et de rumeurs qui renforce la peur qu’elles inspirent, et autour duquel s’élabore leur narration. »

Les histoires sont aussi regroupées par thèmes, ce qui permet de les lire dans l’ordre que l’on souhaite. L’auteur écrit également de la poésie et certaines histoires reprennent cette forme littéraire. Entre la chanson, le conte, la poésie, la nouvelle, il est intéressant de passer d’un genre à l’autre au fil de la lecture.

L’ouvrage contient plus d’une trentaine de pages de notes et de référence concernant les histoires que l’on retrouve dans le recueil. On peut donc mieux comprendre qu’elles ont été les sources d’inspiration de l’auteur pour les écrire. On y fait référence aux frères Grimm, à Mark Twain, à Dickens, à de vieux poèmes du Moyen-Âge, à des informations de folkloristes et à des articles de journaux, entre autres. L’ouvrage est complété par une bibliographie sélective, en anglais et en français.

Histoires effrayantes à raconter dans le noir a été adapté au cinéma par Guillermo del Toro. Film que je n’ai pas (encore) vu, mais je suis très curieuse de voir ce que ça donne à l’écran. Je crois que je vais me le garder pour l’Halloween, l’an prochain…

Histoires effrayantes à raconter dans le noir, Alvin Schwartz, illustré par Stephen Gammell, éditions Castelmore, 352 pages, 2019

Il faisait beau et tout brûlait

il faisait beau et tout brulaitUne fin d’été dans un tout-inclus en Tunisie, où une mère accompagnée de son fils handicapé sombre peu à peu dans un besoin toujours plus inavouable de liberté, tandis que tourne à l’obsession l’image récurrente d’une cliente solitaire qui a croisé son regard. Une histoire d’amour sensible entre un cordonnier timide et une belle cliente, qu’il ne sait pas comment aborder, avec en toile de fond la ville de Punta Arenas, dans le grand sud chilien. Une jeune Australienne qui souffre d’éco-anxiété devant la dégradation économique et écologique de la planète, oscille entre colère contre la génération précédente et inertie face à un avenir incertain.

Il faisait beau et tout brûlait contient trois nouvelles bien différentes. Dans un recueil de nouvelles, il y a toujours certaines histoires qui nous touchent plus que d’autres. De mon côté, j’ai préféré les histoire dans leur ordre de publication, ma préférée étant la première histoire.

« Ce soir, la respiration arythmique de Julien est couverte par le souffle d’un vent clair et je repense à l’amour comme à des vacances lointaines, trop lointaines pour y revenir, sans même parvenir à savoir si ma peau, quand parfois je la touche, est encore douce et veloutée, si mes joues prendraient encore ces reflets pourpres au contact d’une autre peau. »

J’aime beaucoup l’écriture de l’auteur, sa façon d’amener ses personnages et de nous partager ses mots. Il y a un peu de poésie dans sa plume, ce qui naturellement vient toujours me chercher comme lecteur.

Voici donc un aperçu de chacune des nouvelles:

Franchies les frontières
Cette première nouvelle aborde la vie quotidienne d’une mère partie en voyage avec son fils atteint d’amyotrophie spinale, un handicap demandant des soins constants. C’est
une mystérieuse rencontre qui changera certaines choses pour cette mère, l’amènera à poser un autre regard sur son présent et son passé. Cette histoire joue beaucoup avec l’émotion. C’est un portrait sensible d’un parent qui vit avec un enfant ayant un handicap important qui ne laisse aucun répit. J’ai trouvé ce texte particulièrement bien écrit. L’auteur amène son histoire d’une façon originale.

Région XII
Cette nouvelle qui se déroule à Punta Arenas raconte l’histoire d’amour entre un cordonnier très timide et une très belle cliente. C’est une histoire pleine de légèreté et de douceur, qui se lit très bien. La simplicité de cette histoire, qui amène quelques sourires, est un beau point positif. J’ai beaucoup aimé, parce que le texte est poétique.

Kim
Cette troisième nouvelle parle d’une femme, Kim, qui souffre d’éco-anxiété. C’est toujours elle qui parle et transmet ses émotions face aux différentes situations auxquelles elle doit faire face. Cette histoire est axée sur les échanges entre Kim et plusieurs personnages. Elle parle beaucoup de sa nostalgie d’un temps passé, alors que sa génération doit vivre avec les conséquences de ceux qui l’ont précédé. C’est un personnage malheureux qui trouve refuge dans la drogue. L’univers de cette nouvelle est dur, avec peu d’espoir. J’ai moins accroché à cette histoire. J’avais l’impression de me perdre un peu dans le monde de Kim, même si je comprend son mal de vivre en fonction des problèmes liés à l’écologie et aux changements climatiques. Ça demeure un enjeu important.

Dans l’ensemble, ce recueil m’a beaucoup plu. Si j’ai préféré les deux premières nouvelles et que j’ai eu un peu de mal avec la langue utilisée par moments pour la troisième, l’auteur a une très belle plume, à la fois poétique et artistique. J’aimerais bien le relire éventuellement, C’est une belle découverte pour moi. Sa façon d’amener ses personnages et de créer de petits univers, m’a beaucoup parlé. Le livre se lit très bien, les histoires sont intéressantes et les personnages sont entiers et attachants.

Un recueil que je recommande, principalement pour les deux premières nouvelles, qui valent la peine. Un auteur à surveiller!

Il faisait beau et tout brûlait, Vincent Giudicelli, Annika Parance Éditeur, 132 pages, 2019