Stranger Things : Dans l’envers du décor

Stranger Things dans l'envers du décorLorsque la première saison de Stranger Things a débuté sur Netflix en plein cœur de l’été 2016, la série reçut un accueil triomphal à travers le monde et fut également saluée par la critique. Elle remporta par la suite cinq Emmy Awards, mais son succès a surtout été le résultat d’un bouche-à-oreille sans précédent, transcendant les générations. Les spectateurs se sont intimement identifiés aux personnages ; aujourd’hui, les fans peuvent plus que jamais plonger au cœur du monde – ou des mondes – de Hawkins, Indiana. Rassemblant des clichés inédits en couleurs et d’incroyables illustrations, le guide officiel Stranger Things : Les mondes sens dessus dessous vous emmènera au cœur des coulisses des deux premières saisons de la série, et même au-delà. Riche d’éléments inédits, ce livre est un indispensable pour toutes celles et tous ceux qui ont adoré Stranger Things !

Gros coup de cœur pour ce livre fabuleux qui est un vrai plaisir à découvrir! Dès le livre en main, on tombe sous le charme, d’abord de l’objet puis du contenu. Parlons un peu de l’objet-livre. L’ouvrage est tout simplement magnifique. Sous emballage, la jaquette reproduit l’effet d’un vieux livre abîmé par les manipulations. C’est un livre qui donne l’impression d’être d’occasion, avec son étiquette « état correct » du Magasin général Melvald, le magasin situé à Hawkins où travaille Joyce, la mère de Will. En ouvrant le livre à la couverture cartonnée, on peut retirer la jaquette pour découvrir un dessin. L’ouvrage donne l’impression d’être passé entre plusieurs mains: il est taché et usé. L’effet est superbe! Le livre contient une carte annotée et également un carton de code morse international. Visuellement, le livre est une réussite. C’est un plaisir de le manipuler et de découvrir tous les petits détails. C’est un ouvrage au visuel soigné.

Lorsqu’on l’ouvre enfin pour découvrir le texte, le plaisir est tout aussi grand. Ce que j’ai pu adorer ma lecture de ce livre! Je suis une grande fan de la série, une de mes préférées à ce jour, tant pour le thème particulier que pour l’hommage que les auteurs rendent à la culture des années 80. On y retrouve tellement de choses de mon enfance! Cette série est un vrai plaisir et ce livre est une pépite. Je m’assoyais dans mon lit avec une petite lampe et je ne pouvais lâcher le livre. J’avais l’impression de retomber en enfance. En plus d’être un objet magnifique, ce livre est l’ouvrage officiel des coulisses de la série. On y retrouve une introduction des frères Duffer, de l’information sur leurs débuts au cinéma, leurs influences (on pense à Jaws, Jurassic Park, L’Exorciste, Shining, Ghostbusters, Halloween, Stand by me, etc.), une sélection de vieux films en VHS (toute mon enfance), des pépites de librairie avec les livres de Stephen King ayant influencés l’univers de Stranger Things.

Si vous êtes fans de Stranger Things et si vous aimez le cinéma ce livre devrait vous plaire. Il me rappelle le bonheur que j’avais à lire pendant les vacances d’été des livres parlant de réalisateurs et de leur travail, et du plaisir fou dans mes cours de cinéma à découvrir des œuvres et leurs influences. Ici, avec les années 80-90 c’est une manne de souvenirs qui reviennent. J’adore!

Il y a beaucoup à dire sur ce livre. Outre l’introduction des frères Duffer et la postface de Shawn Levy, il est divisé en six grandes sections:

  • Avant Stranger Things
  • Les choses s’assemblent
  • Bienvenue à Hawkins, Indiana
  • Le phénomène
  • Monstres et labyrinthes
  • L’avenir de Stranger Things

On y découvre ce qui a inspiré les frères Duffer et leur façon de travailler. Par la suite, apprendre comment Stranger Things a débuté est un grand plaisir. Saviez-vous que la série devait s’appeler Montauk et que c’est une base de l’Air Force qui a servit d’inspiration au laboratoire de Hawkins? La série a connue des moments difficiles au départ, son ambiance années 80 et ses personnages d’enfants jouaient contre elle. Le plus drôle c’est qu’aujourd’hui, c’est ce qui fait sa popularité! Comme quoi il ne faut jamais abandonner l’idée d’un bon projet!

Stranger Things : Dans l’envers du décor ne se contente pas juste de nous parler de la série. Le livre élabore autour de l’histoire de différents produits et des choix qui ont été faits pour replacer l’histoire dans son contexte. On y parle de l’historique de Donjons et Dragons par exemple, des différents costumes, des décors et de tout ce que ça implique comme recherches.

« Une fois terminée, la cabane en dit beaucoup sur le personnage de Hopper. D’une certaine manière, elle est un reflet de son propriétaire: elle est cabossée et usée, mais toujours debout. »

Le travail en amont est saisissant! Il fallait trouver des vélos d’époque (en plusieurs exemplaires), des boîtes de jeux, des objets utilisés dans les années 80. Les frères Duffer voulaient coller au réalisme des films produits à cette époque et le travail d’ajout par ordinateur, quoique présent, est limité. Tout ce qui a été créé pour le Demogorgon et le Flagelleur mental est vraiment époustouflant. Toutes ces explications sont passionnantes et si vous êtes un fan de la série, lisez le livre pour en apprendre plus, c’est vraiment intéressant!

L’originalité de la présentation des différents personnages est aussi à signaler. Chacun a une fiche bien à lui, tantôt ressemblant à un dossier « top secret » de laboratoire ou à une fiche de jeux de rôle. Visuellement, c’est drôlement bien fait et très sympathique à découvrir. Le livre est aussi rempli de photographies, d’entretiens avec les acteurs, avec les artistes qui ont collaborés à la série, des extraits de dialogues ainsi que tout ce qui a trait au succès de la série. Que l’on pense au viral hashtag #justiceforbarb, aux costumes d’Halloween créés par les fans, aux artistes qui se sont appropriés l’univers, à la musique présente dans la série (dont on retrouve une compilation vintage dans le livre) ou à la création du visuel de l’histoire, le contenu de la série est très riche et source d’une grande inspiration.

« Notre série est un hymne aux marginaux et aux imparfaits, précisément parce que les frères Duffer savent d’expérience que la voie la plus populaire est rarement la plus intéressante, et que le caractère, le cran, les liens et l’âme se forgent dans les moments les plus difficiles. »

Stranger Things : Dans l’envers du décor est un fabuleux panorama de tout ce qui a trait à la série Stranger Things. Le livre se concentre sur les deux premières saisons, mais on aborde aussi la troisième saison en parlant du fameux centre commercial et des changements qui y ont lieu. Je ne peux qu’espérer qu’un second livre paraisse éventuellement pour couvrir les saison 3 et 4. Ce serait un superbe cadeau pour les fans.

Si vous aimez Stranger Things, ce livre est un incontournable. Il est vraiment bien conçu et c’est un plaisir que de le découvrir. Je vous le conseille. Ce livre est un très gros coup de cœur! À lire!

(Maintenant, j’ai envie de revoir encore et encore toute la série…)

Stranger Things : Dans l’envers du décor, Collectif, éditions Mana Books, 224 pages, 2019

Le grand livre des dinosaures

grand livre des dinosauresDisparus d’une manière aussi soudaine que fracassante, les dinosaures comptent parmi les animaux les plus incroyables ayant jamais existé. Découvrez tout sur les dinosaures à travers les âges: leurs différents habitats, leurs régimes alimentaires, leurs moyens de défense et tant d’autres choses, depuis les premières créatures préhistoriques jusqu’à l’essor des mammifères. Réunissant des centaines de données fascinantes et plus de 1000 images d’un réalisme époustouflant, Le grand livre des dinosaures propose un voyage unique et captivant dans l’environnement des débuts de la vie sur Terre.

J’ai toujours été une grande fan de dinosaures. Lorsque j’étais petite, je prenais plaisir à dessiner et reproduire les différents dinosaures à partir des livres que je pouvais trouver à la bibliothèque. En 1993 il y a eu la sortie du Parc Jurassique au cinéma et ce fut une révélation. Ma passion des dinosaures ne s’est jamais démentie et aujourd’hui encore je prend plaisir à lire et découvrir ce qui se publie sur le sujet.

Le grand livre des dinosaures m’a accompagnée pendant plusieurs semaines. Je lisais un chapitre de temps en temps et j’y retournais régulièrement. Le livre est ainsi divisé qu’il peut permettre une lecture sur le long terme tout autant qu’une lecture plus soutenue. Pour ma part, je découvrais un chapitre de temps en temps et j’ai aimé que ce livre m’accompagne pendant un petit moment.

Le livre est très complet et offre un large survol de toutes les espèces de dinosaures au fil des découvertes et des différentes périodes de l’histoire. Les premières pages se consacrent à l’explication de la chronologie de la vie, son origine, la découverte des fossiles, l’évolution et les grandes périodes d’extinction, ainsi que le dinosaure, son squelette, sa constitution et ce qu’il est réellement.

L’ouvrage est ensuite séparé par périodes, puis par genres de dinosaures. Ce qu’il y avait avant l’arrivée des dinosaures, jusqu’à leur apparition sur Terre. Le livre consacre une large portion à l’âge des dinosaures avec de nombreux chapitres consacrés aux différentes espèces ainsi qu’à leurs particularités: leurs crêtes colorées, les empreintes, les queues, les piquants, les bras, etc. Viennent ensuite les chapitres abordant l’évolution des dinosaure et l’essor de nouveaux animaux: l’envol des dinosaures, les ptérosaures, le monde marin, l’essor des mammifères. Un glossaire complète l’ouvrage ainsi qu’un index.

Tout au long du livre, on retrouve des encadrés explicatifs mettant en relief par exemple, une échelle de grandeur du dinosaure à l’humain. Même chose pour des détails entourant les squelettes ou les comparaisons entre deux espèces. Ces encadrés permettent de mieux visualiser les informations et de replacer dans le contexte les différentes espèces et leurs caractéristiques. Des échelles chronologiques explicatives ainsi que des cartes et des graphiques donnant des détails image par image (par exemple sur la formation des fossiles) aident à mieux comprendre le contexte de l’évolution des espèces et leurs trouvailles archéologiques.

Si le livre s’adresse d’abord aux jeunes, les adultes y trouverons leur compte. L’ouvrage est complet, coloré et invitant. Les illustrations sont magnifiques. Le livre nous explique avec simplicité l’évolution du monde jusqu’à nous et la grande place des dinosaures dans l’histoire de la terre. Le monde était alors aussi riche et varié qu’il l’est aujourd’hui, quoique totalement différent et c’est ce qui est intéressant de découvrir.

De mon côté j’ai appris énormément d’informations dont j’ignorais l’existence. Par exemple, plusieurs des premiers oiseaux avaient des dents, ainsi que des griffes en haut des plumes. Les oiseaux ont d’ailleurs été les seuls à survivre à l’extinction massive et ils ont évolué pour devenir les oiseaux d’aujourd’hui. Saviez-vous que l’Hadrosaurus est le premier dinosaure à avoir été trouvé en Amérique du Nord? Que l’Edmontosaurus avait plus de 1000 dents? Que le Patagogitan avait un poids équivalent à celui de douze éléphants? Que le panache du Megaloceros, un cerf géant, faisait deux fois la taille de celui d’un orignal? Et que les plus vieux animaux connus piégés dans de l’ambre sont morts il y a 230 millions d’années!

Le grand livre des dinosaures est un vrai plaisir de lecture, puisqu’on y découvre une quantité d’informations inconnues sur ceux qui ont vécu sur terre avant nous et qui sont les ancêtres dans l’évolution, de la faune qui vit aujourd’hui. C’est un beau livre passionnant, que je ne peux que vous conseillez, tant son contenu aussi intéressant que visuellement très attrayant!

Le grand livre des dinosaures, John Woodward, éditions Hurtubise, 208 pages, 2019

Le site archéologique du palais de l’intendant à Québec

Site archéologique du palais de l'intendant à QuébecL’îlot des Palais est un site archéologique complexe qui a connu de nombreuses occupations contemporaines et successives. Il est considéré comme un haut lieu de l’histoire de la Nouvelle-France, plus particulièrement à cause de la présence des vestiges de la brasserie de l’intendant Jean Talon et du palais de l’intendant. Entre 1982 et 2016, l’Université Laval a tenu 25 chantiers-écoles à l’îlot des Palais, et la Ville de Québec y a réalisé deux campagnes de fouilles intensives. Ce livre s’appuie sur un ensemble inestimable de données et une vaste collection archéologique, parmi les plus riches en Amérique du Nord pour l’histoire de la Nouvelle-France. Il fait revivre le lieu par l’entremise de vestiges, d’objets, et de restes animaux et végétaux, à la lumière des contextes archéologiques et historiques. Il dévoile ainsi le vaste réseau de relations que ses occupants entretenaient avec l’environnement naturel, la ville et le reste du monde.

Quel ouvrage magnifique! Ce très beau livre regorge de photos qui parlent d’elles-mêmes et racontent notre histoire au même titre que le texte qui accompagne les images. C’est un vrai plaisir pour le lecteur que de visiter le site archéologique, de comprendre l’évolution du mode de vie des gens, de l’aspect économique et social, de la géographie des lieux. Passionné par l’histoire du Québec, cet ouvrage m’a fortement plu puisqu’il nous plonge dans le quotidien des gens qui ont vécu avant nous.

Ces fouilles ont permis à l’équipe d’archéologues de découvrir plein de choses sur la vie quotidienne, de reculer dans l’histoire et de comprendre la façon dont les gens vivaient au palais de l’intendant et dans la région. L’ouvrage raconte le détail des fouilles archéologiques réalisées, la découvertes des objets et les recherches autour de cette époque qui permettent également de comprendre les matériaux utilisés et de reconstruire la vie autour du Palais de l’Intendant. On comprend beaucoup mieux l’évolution de cette région jusqu’à nos jours.

L’ouvrage nous parle également du passage des différents intendants qui ont habité au Palais. Par exemple, l’un d’entre eux avait un faible pour tout ce qui venait d’Égypte. Des recherches archéologiques démontrent son goût pour ces amulettes. On y aborde, en plus des trouvailles et de l’aspect historique, de nombreux détails entourant le travail archéologique, les chantiers, la préservation et la gestion des artéfacts.

C’est un livre qui ne s’arrête pas qu’aux découvertes archéologiques. Les auteurs construisent autour de ces découvertes, l’histoire entourant les gens, les lieux, les objets.  On revit entre autres, la dualité entre les anglais et les français de l’époque. On voit l’évolution des objets, par exemple des pipes en argile ou des dominos creusés dans l’os, les boutons, la monnaie, l’armement, la vaisselle. À partir de ces objets, on peut découvrir leur lieu de fabrication et en comprendre plus sur les échanges commerciaux de l’époque. Des squelettes d’animaux et d’insectes ont également été découverts, ainsi que les fosses à déchets qui permettent de mieux saisir le quotidien des gens, leur nourriture et leur mode de vie.

« Le botaniste finlandais Pehr Kalm écrit dans on journal de voyage datant de 1749 que l’on nettoie les maisons avec des balais de fabrication autochtone faits de rameaux de thuya ou de cèdre blanc, à l’exclusion de tout autre arbre. Il ajoute qu’on lave le plancher en y jetant un peu d’eau, mais qu’il n’a jamais assisté à un vrai lavage du sol. Il remarque de plus l’abondance des punaises de lit, tant en ville qu’à la campagne. »

Le livre présente aussi beaucoup de croquis d’époque, de plans dessinés qui permettent de visualiser cette période de l’histoire et de mieux appréhender les lieux. Il y a également des reproductions d’artistes qui représentent les événements marquants. Une liste de dates concernant les événements majeurs des lieux nous apprennent une foule de choses sur les changements importants pour la communauté.

La fin du volume s’attarde sur les vestiges de l’industrie de la bière à Québec, la brasserie Boswell étant présente sur le terrain de l’îlot des Palais. Elle connaissait à l’époque une forte prospérité. Les avantages sociaux et les activités organisées pour les employés étaient enviables, même si l’ouvrage était très dur. Le contexte social était difficile à l’époque, tant au niveau des soins de santé que des loisirs. La pauvreté et la mortalité infantiles étaient monnaie courante. La brasserie offrait des avantages que l’on ne retrouvait pas ailleurs. Des images et des objets retrouvés sur le site démontrent que même les enfants étaient aussi employés dans certaines usines, comme celles de chaussures par exemple. Ces découvertes sont importantes et vraiment passionnantes.

Revisiter notre histoire à travers ce bel ouvrage permet de mieux comprendre le mode de vie de nos ancêtres. Connaître son histoire permet de mieux appréhender le futur. Tout l’aspect archéologique de ce livre est vraiment fascinant et passionnant. En couleurs, avec de nombreuses photos et reproductions, le livre est un fabuleux cadeau à offrir ou à s’offrir, pour les passionnés d’histoire ou d’archéologie.

Une fabuleuse lecture!

Le site archéologique du palais de l’intendant à Québec, Camille Lapointe, Allison Bain et Réginald Auger, éditions du Septentrion, 186 pages, 2019

Le livre du wabi-sabi

le livre du Wabi-SabiLe wabi-sabi est un art de vivre japonais qui invite à la pleine conscience : être attentif à ses invités (écouter sans être distrait, débrancher), créer un environnement accueillant (laisser la porte déverrouillée, prendre le temps d’être ensemble), choisir un décor modeste (vaisselle et mobilier en matériaux durables comme le bois ou l’argile), faire une place à la nature dans sa décoration, trouver la beauté dans les imperfections (serviettes en lin froissé, avec une attitude détendue sur les invités en retard), et bien plus encore.

Je ne connaissais pas vraiment le wabi-sabi avant de découvrir ce livre. C’est un concept assez vaste, qui trouve en fait la perfection dans les imperfections et la simplicité. Le wabi-sabi aime l’inattendu et célèbre aussi la notion de simplicité. C’est de tirer le meilleur parti possible de ce que nous avons en consommant peu. C’est de voir la beauté et la sagesse même quand les choses et les gens prennent de l’âge. C’est de choisir le durable à l’éphémère. Choisir le bien-être plutôt que de chercher à impressionner. Tout ça, me parle forcément.

« C’est un mode de vie qui célèbre l’art de la perfection imparfaite: la beauté qui se cache dans l’inhabituel, les lieux ou les objets passés de mode qu’on néglige parfois ou qu’on n’apprécie pas. Il peut aussi se cacher dans des endroits charmants, mais pas forcément là où on l’attend. Et surtout, le wabi-sabi oblige à observer, à remarquer et à apprécier les petites merveilles cachées… »

Le livre est divisé en plusieurs parties. L’auteure nous parle un peu du concept de wabi-sabi et nous explique comment l’intégrer à notre vie. Ensuite, elle nous offre un tour du monde en cinq pays, qui nous raconte différentes façons de vivre en appliquant le wabi-sabi. Chaque chapitre se termine par quelques recettes et des infos utiles. Comme les autres livres de cette collection, l’ouvrage est abondamment illustré de photos.

« Vivre pleinement sa vie signifie se donner du temps et de la place pour respirer, ralentir et savoir précisément ce qu’on désire vraiment. »

Certaines choses du wabi-sabi me parlent énormément, comme l’idée d’une meilleure consommation des objets, l’idée de ralentir aussi et d’être réellement présent. Prendre le temps. C’est aussi un ouvrage « déculpabilisant »: la vaisselle peut attendre à demain, les gens sont plus importants. Il vaut mieux savoir lâcher prise et apprécier une table qui est un peu abîmée qu’une table impeccable, mais sans vie. Accepter l’inévitable.

J’accroche un peu moins à l’aspect qui touche à la façon d’aménager son intérieur et à l’idée de décoration derrière le wabi-sabi. Les portions du livre traitant de l’hospitalité et des repas en groupe (souvent dehors) m’ont moins parlé. À part le Danemark, la plupart des pays mentionnés dans ce livre sont des lieux où il est facile, par exemple, de pique-niquer toute l’année. Il y a plusieurs parties qui me donnent une impression très « urbaine » du concept, chapitres pour lesquels j’ai eu moins d’intérêt.

J’ai aimé l’idée du wabi-sabi dans lequel, je crois, on peut puiser pour rendre son quotidien et la façon de l’aborder, beaucoup plus simple. J’ai apprécié tout ce qui parle de la présence, modeste et sincère, et de la façon d’être avec les autres. Que ce soit dans l’art de recevoir les gens (la simplicité est toujours gagnante) ou dans son environnement de vie, à tous les jours. De façon toute personnelle, j’ai adoré certaines choses du wabi-sabi alors que d’autres ne me conviennent pas. C’est différent du hygge par exemple, une façon de vivre qui a tout de suite collée à ma vision des choses. Je me sentais moins proche ici de l’auteure et du wabi-sabi, surtout quand elle quitte le Japon et le Danemark pour s’intéresser à la Californie, à la France et à l’Italie. Son propos me parlait moins.  Peut-être parce que le hygge est danois et que je me sens beaucoup plus proche dans mon quotidien des pays Scandinaves?

Le livre du wabi-sabi m’a plu, sur plusieurs aspects, alors que d’autres m’ont laissé indifférente. Il y a toutefois du très bon à prendre dans cet art de vivre, même si tout ne trouve pas d’écho aussi fort chez moi que le hygge.

« Réduisez à l’essentiel, mais n’enlevez pas la poésie. »

Il existe quelques livres dans la même collection, écrits par différents auteurs. J’en ai un autre dans ma pile qui parle de l’Écosse. Je crois qu’il sera bien intéressant. On peut retrouver sur ce blogue mes billets pour Le livre du hygge (qui reste à ce jour mon préféré) et Le livre du Lykke.

Le livre du wabi-sabi, Julie Pointer Adams, First éditions, 284 pages, 2018

Grandeur nature

Grandeur nature 1000 voyages au coeur du monde sauvageIllustré de photographies renversantes, ce beau livre vous entraîne à travers les paysages les plus grandioses, où la nature s’exprime à l’état sauvage. Qu’il s’agisse d’aller à la rencontre des okapis dans le parc national des Virunga, de savourer la paix dans une forêt de séquoias géants en Californie, d’observer lynx et loups en Slovaquie ou de faire une randonnée entre les villages des Cinque Terre, Grandeur nature est le guide ultime de l’authentique globe-trotteur. 1000 lieux pour partir à la découverte de notre magnifique planète et saisir l’importance de préserver la biodiversité. 1000 idées de voyages pour admirer dans leur habitat naturel les animaux, les arbres et les plantes les plus spectaculaires.

Grandeur nature est un ouvrage en couleurs, sur papier glacé, construit sous forme de « bucket list ». C’est d’ailleurs son titre en anglais: The Bucket List: nature. Je dois avouer qu’au départ, le format m’a un peu déstabilisée. Je trouvais qu’il manquait d’informations, que les entrées pour chaque chiffre de la liste sur 1000 étaient trop courtes. Puis, après quelques pages, je me suis littéralement prise au jeu et j’ai beaucoup aimé ce très beau livre, qui donne envie de découvrir la nature sauvage d’ici et d’ailleurs.

Il faut dire tout d’abord que les photos de cet ouvrage sont époustouflantes. De quoi nous transporter et nous faire rêver. C’est d’ailleurs à un voyage à travers le monde que nous invite Kath Stathers. Le livre est divisé en cinq grands chapitres couvrant le monde entier:

  1. L’Amérique du Nord
  2. Le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud
  3. L’Europe
  4. L’Afrique et le Moyen-Orient
  5. L’Asie, l’Australie et l’Océan Pacifique

Suivent des indications de lieux (souvent générales) et de moments propices à l’observation. Finalement, l’ouvrage est conçu avec un code de couleurs pour faciliter le repérage de ce qui peut vous intéresser: mammifères, monde marin, oiseaux, reptiles, amphibiens, préservation de la nature, insectes et araignées, crustacés et mollusques, plantes et paysages. J’ai aimé que l’auteur prenne en compte la préservation de la nature dans le choix des voyages présentés. Elle invite d’ailleurs les gens à se renseigner à l’Union internationale pour la conservation de la nature avant d’entreprendre une aventure.

J’ai particulièrement aimé le choix éclectique des expériences présentées dans cet ouvrage. Il y a des choses que j’ai pu voir, même près de chez moi, alors que les lieux mentionnés étaient ailleurs. Beaucoup de parcs nationaux sont proposés comme lieux d’aventure ainsi que de nombreux endroits en lien avec la conservation des espèces.

Les expériences sont aussi variées que de repérer un ours polaire sous le soleil de minuit en Norvège, parcourir une forêt composée d’un seul arbre en Utah, observer des champignons saigner (!) en Oregon, aider à la réintroduction des bisons en Alberta, s’émerveiller devant les tapis lumineux des lucioles dans les Great Smoky Mountains, apprécier les motifs insolites de l’insecte Picasso au Ghana, visiter une grotte éclairée par des vers luisants en Nouvelle-Zélande, découvrir le plus grand papillon de nuit du monde en Malaisie, vivre un safari floral en Afrique du Sud, passer un moment avec les gardiens de rennes en Mongolie, voir le sol d’une forêt devenir violet en Allemagne ou observer des saucisses pousser dans un arbre au Mozambique!

Grandeur nature est vraiment le genre de livre qu’on a envie de garder à portée de main ou de laisser sur une table en évidence, pour que les gens puissent le feuilleter et rêvasser un peu. Il couvre tellement de pays et de sortes d’expériences différentes qu’il y en a forcément pour tout les goûts.

C’est un vrai plaisir pour les yeux!

Grandeur nature: : 1000 voyages au cœur du monde sauvage, Kath Stathers, éditions Hurtubise, 416 pages, 2019