Harry Potter, un monde de magie

Pour célébrer le vingtième anniversaire de la publication de Harry Potter à l’école des sorciers, les conservateurs de la British Library et autres experts, historiens, critiques littéraires et J. K. Rowling elle-même, vous emmènent au cœur des mythes, traditions et trésors qui ont inspiré l’auteur. Découvrez livres de sorts, manuscrits enluminés, globes célestes, créatures fabuleuses, objets venus des musées du monde entier, et illustrations d’artistes… ainsi que des brouillons, manuscrits et croquis issus pour la première fois de la collection personnelle de J. K. Rowling. Un parcours complet, visuellement fascinant, riche en commentaires éclairants.

J’ai éprouvé un plaisir immense à lire ce livre. Cette lecture a d’ailleurs été un gros coup de cœur. Je voulais lire depuis longtemps un ouvrage sur l’histoire du monde d’Harry Potter. Je recherchais toutefois quelque chose d’instructif et de passionnant, pas simplement un ouvrage de fiction autour de l’univers magique de Poudlard. Je souhaitais un ouvrage plus adulte et moins enfantin. Il existe une quantité infinie de livres sur le sujet, mais peu abordent les sciences et l’histoire. Celui-ci aborde ces deux thèmes. Ce livre m’a été offert à Noël et il s’est avéré être un excellent choix!

Écrit par les conservateurs de la British Library et plusieurs scientifiques, historiens et experts, cet ouvrage est un véritable petit bijou. Il explore le monde d’Harry Potter à travers les mythes qui ont inspiré J.K.Rowling. Le parallèle est constamment fait entre ce qu’on retrouve dans les livres mettant en scène le petit sorcier à lunettes et les artefacts du passé. Les potions et l’alchimie sont expliquées à travers des documents historiques; l’astronomie à travers les découvertes; la botanique à travers l’histoire des jardins et des plantes; les sortilèges à travers les croyances au fil des époques; pour ne nommer que ces disciplines. Chaque matière abordée à Poudlard est documentée. On en comprend les origines historiques et scientifiques, ce qui est d’autant plus passionnant. 

On y retrouve de nombreuses curiosités historiques fascinantes. Par exemple, saviez-vous que l’on retrouve dans un vieux manuscrit du XVIIe siècle un sortilège pour se rendre invisible? Que les prénoms des deux figures parentales d’Harry Potter représentent symboliquement deux étapes du processus de fabrication de la pierre philosophale? Que dans son ouvrage sur les drogues, l’apothicaire du roi Louis XIV aborde le thème… des licornes? Que Sirius Black doit son nom à la constellation du Grand Chien et à son étoile, Sirius, la plus brillante que l’on peut apercevoir de la Terre?

L’ouvrage est abondamment et magnifiquement illustré. Il nous amène à la découverte de parchemins, d’enluminures, de l’histoire de la sorcellerie, de la passion pour la divination qui a enflammé certaines époques de notre histoire. Le livre est aussi rempli de petites merveilles en lien avec les manuscrits d’Harry Potter, le travail sur les scénarios, de nombreux dessins de l’auteure elle-même et la reproduction de magnifiques œuvres d’art. Jim Kay, l’illustrateur des trois premiers romans, signe d’ailleurs de superbes œuvres dans cet ouvrage.

Ce livre est en fait le meilleur des deux mondes: historique et fictif. Il puise dans la fiction pour nous raconter l’histoire de certaines disciplines et il est suffisamment bien documenté pour être à la fois captivant et instructif. On apprend beaucoup de choses. L’ouvrage s’avère également être un hommage à l’univers d’Harry Potter, au personnage de fiction et à tout le travail d’écriture de l’auteur, tout comme il est également un bel hommage à l’art et à tous ceux qui travaillent dans l’ombre pour faire vivre sur papier comme à l’écran, des personnages que l’on aime. 

Un beau coup de cœur pour ce livre superbe que j’ai eu un plaisir fou à lire. Il est bien construit, séparé par domaines d’études à Poudlard et offre une vision historique, scientifique et mythologique du monde merveilleux d’Harry Potter. Vraiment, une excellent découverte!

Harry Potter, un monde de magie, Collectif, éditions Gallimard, 256 pages, 2018

Emily Dickinson’s Herbarium: A Facsimile Edition

In a letter from 1845, the 14-year-old Emily Dickinson asked her friend Abiah Root if she had started collecting flowers and plants for a herbarium: « it would be such a treasure to you; ‘most all the girls are making one. » Emily’s own album of more than 400 pressed flowers and plants, carefully preserved, has long been a treasure of Harvard’s Houghton Library. This beautifully produced, slipcased volume now makes it available to all readers interested in the life and writings of Emily Dickinson.

Ces derniers temps, je lis beaucoup de choses autour de l’univers et de la vie de la poétesse américaine Emily Dickinson. J’ai découvert sa poésie à la fin de l’adolescence et récemment, en lisant Les villes de papier j’ai eu envie de lire plus de choses en lien avec elle et son œuvre.

Herbier Emily Dickinson (1)On parle souvent de sa passion pour les plantes et de son herbier. Sans doute qu’à son époque, c’est pour les plantes qu’Emily Dickinson était la plus connue. Beaucoup plus que pour ses mots. À l’âge de 14 ans, elle avait déjà terminé son herbier, regroupant 424 spécimens de plantes.

Ce que l’on retrouve dans cet herbier comprend à la fois des plantes sauvages, soit des plantes indigènes de l’ouest du Massachusetts ou alors des plantes d’intérieur. À chaque page de son herbier, Emily a noté à la main le nom scientifique de chaque spécimen.

Herbier Emily Dickinson (3)Je ne lis pas vraiment l’anglais, mais j’avais très envie de découvrir l’herbier d’Emily Dickinson autrement que par de petites images sur internet. J’ai donc mis la main sur Emily Dickinson’s Herbarium: A Facsimile Edition à la bibliothèque. Il s’agit d’un livre plutôt impressionnant par son format très grand. L’ouvrage reproduit les pages de l’herbier en couleurs. C’est une curiosité particulièrement intéressante si on s’intéresse à l’univers d’Emily Dickinson.

Herbier Emily Dickinson (5)La façon dont l’ouvrage est reproduit nous donne l’impression de lire un livre, dans un livre. C’est d’autant plus intéressant que ça nous permet de découvrir une facette moins connue aujourd’hui d’Emily Dickinson. C’est donc un ouvrage agréable à feuilleter, si on s’intéresse à la poétesse, et intéressant si on aime les herbiers et la botanique. L’ouvrage est magnifiquement soigné, les pages sont reproduites avec soin. On ouvre l’ouvrage avec l’impression de plonger dans le passé d’Emily et de vivre un moment avec ce qui l’a sans doute occupée de longs moments à l’adolescence: les plantes.

Une belle immersion dans la vie bien secrète de Dickinson.

Emily Dickinson’s Herbarium: A Facsimile Edition, Emily Dickinson, Belknap Press of Harvard University Press, 208 pages, 2006

Stranger Things – Les dossiers secrets de Will Byers

Stranger Things Will Byers dossiers secretsLes deux dernières années à Hawkins ont été si étranges que Will Byers lui-même a du mal à y croire. Difficile de dire ce qui est réel et ce qui ne l’est pas… Entre ces pages, il a rassemblé ses journaux, ses dessins, ses notes à propos du monde à l’envers… Ouvrez à vos risques et périls!

J’ai entrepris dernièrement de lire tous les albums jeunesse inspirés de l’univers de Stranger Things. Je ne savais pas si j’aimerais, donc je les ai empruntés. Le premier avait été une très grosse déception. J’en parlais ici. Un livre qui n’apporte rien et qui se lit en quelques minutes. Même si c’est à destination d’un public jeune, je ne crois pas qu’un livre vide de sens soit réellement pertinent.

Celui-ci, le second que j’ai à vous présenter, m’a par contre beaucoup plu. Peut-être pas au point d’en faire l’acquisition, mais c’est un plaisir pour les yeux que de découvrir Les dossiers secrets de Will Byers. C’est le genre d’album qu’on apprécie comme fan, parce qu’il offre des références à la série et que visuellement, c’est un très beau livre.

On ouvre cet album un peu comme si on ouvrait le carnet personnel de Will, avec tout ce que le jeune homme aurait pu conserver: des dessins (on sait comme il aime dessiner), des petits mots envoyés par ses amis, une histoire qu’il a écrite, des articles de journaux le concernant en lien avec sa disparition ou en lien avec des événements survenus à Hawkins, des papiers médicaux du laboratoire, un bulletin scolaire, une carte de vœux, des photos, quelques listes (comme les meilleures idées de costumes d’Halloween), des cartes, du code en morse, des croquis, des billets de cinéma, quelques pages écrites sous forme de journal personnel, et plus encore.

Si l’ensemble demeure plutôt « jeunesse » dans le ton, ce qui est un peu normal puisque Will est encore un enfant, il est intéressant de retrouver dans cet album toutes sortes de choses en lien avec l’intrigue de la série. Visuellement, c’est agréable de feuilleter ce carnet puisqu’on a l’impression de plonger un peu plus dans l’univers de Will, alors que c’est un personnage essentiel et qu’il brille par sa disparition dans toute la première saison.

J’ai bien aimé feuilleter ce bel album, c’est une lecture divertissante qui plaira aux fans de la série.

Pour découvrir d’autres livres sur l’univers de Stranger Things: suivez ce lien.

Stranger Things: Les dossiers secrets de Will Byers, Matthew J.Gilbert, Éditions Hachette, 64 pages, 2019

Enchanteurs: la vie amoureuse des oiseaux

Enchanteurs explore la vie intime des oiseaux et nous révèle l’étonnante diversité de leurs modes de reproduction. À travers des histoires parfois attendrissantes, souvent inattendues, on y découvre notamment que la monogamie ne fait pas l’unanimité chez toutes les espèces et que de nombreux mâles savent exécuter une parade nuptiale élaborée pour séduire leur partenaire.

Enchanteurs est un beau livre abondamment illustré, intéressant pour ceux qui sont curieux de découvrir de nouvelles choses sur les oiseaux et leurs comportements. L’auteur aborde la vie amoureuse des oiseaux à travers sept grands thèmes: l’écologie et les systèmes sexuels, la parade nuptiale, les nids et les œufs, la nichée, l’inversion des rôles sexuels, la reproduction communautaire et le parasitisme de ponte. 

C’est un bel ouvrage, dans lequel on apprend plusieurs anecdotes et faits autour de la vie amoureuse, familiale et parentale des oiseaux de façon générale, avec des exemples provenant d’espèces de partout à travers le monde. On découvre des oiseaux d’ici et d’ailleurs ainsi que des comportements atypiques ou intrigants. Le monde des oiseaux est souvent étonnant et nous amène à voir différemment notre conception de leur vie en communauté. L’investissement des deux parents par exemple, ou l’abandon de la nichée, nous permet de mieux saisir la dynamique de leur vie amoureuse. 

« Mieux connaître les oiseaux, c’est aussi apprendre à porter un autre regard sur nous-mêmes. »

Le livre aborde autant les débuts de la vie amoureuse des oiseaux (l’écologie et la biologie, les parades amoureuses) que la vie parentale (dynamique mâles / femelles, nichée, élevage des petits). Il y a aussi des aspects surprenants et moins « glorieux » à nos yeux: le parasitisme de ponte, la manipulation, les conflits, les infanticides. Alors que d’autres sont fascinants, comme l’architecture des nids ou l’élevage communautaire des petits. Il y a des aspects lumineux à leur mode de fonctionnement et des aspects beaucoup plus sombres qui sont forcément très étonnants. 

« Les oiseaux sont les derniers dinosaures encore vivants: quiconque a été poursuivi par un dindon en pleine parade nuptiale aura remarqué sa ressemblance frappante avec les vélociraptors de Jurassic Park. »

J’ai appris une foule de choses concernant les oiseaux et leur vie de couple et de famille. Saviez-vous que certains albatros peuvent mettre de 10 à 20 ans avant de se reproduire? Que la femelle perruche ondulée peut se souvenir de la voix exacte de son partenaire même s’ils sont séparés? Que le divorce existe aussi chez les oiseaux? Que le ménure superbe peut imiter n’importe quel son, des autres oiseaux en passant par les tronçonneuses ou les appareils photo? Le monde des oiseaux est un monde fascinant à découvrir et le livre donne une réponse intéressante à plusieurs questions ou observations particulières de la vie amoureuse des oiseaux.

J’ai beaucoup aimé cette lecture!

Enchanteurs: la vie amoureuse des oiseaux, Wenfei Tong, éditions Multimondes, 192 pages, 2021

Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 1: 1000-1670

Le Vinland que les Vikings visitent vers l’an 1000 pourrait-il se situer dans la région de Québec? En 1534, Jacques Cartier décrit l’usage du maïs, du tabac et d’une mystérieuse plante, l’annedda, qui guérirait du scorbut et de la syphilis. Mais quel est donc ce miraculeux conifère? Quel usage fait-on de la gomme de sapin dans les églises en Europe? Quelle sorte de chapelet mangeaient donc les Amérindiens? Il est stimulant de constater que plusieurs questions concernant les premières observations des plantes canadiennes demeurent sans réponse et requièrent encore des efforts de recherche. Cette histoire détaillée, palpitante et pleine de rebondissements, est aussi riche en informations scientifiques, culturelles et historiques souvent méconnues.

Curieuses histoires de plantes du Canada est une série de quatre ouvrages qui abordent la flore de chez nous à différentes époques de l’histoire. Ce premier tome se penche principalement sur les années 1000 à 1670 et reconstitue une histoire détaillée des plantes, des premières traces des Vikings jusqu’aux explorateurs européens, en passant par les débuts de la Nouvelle-France. 

« Le savoir sur les plantes fait partie du patrimoine à la fois historique, culturel et scientifique des civilisations. L’histoire de leur connaissance et de leur influence est encore peu connue dans ses fins détails. C’est le cas en particulier pour les plantes dans l’histoire des Amériques. »

L’histoire est très dense, je n’ai donc pas lu ce livre d’un seul trait. J’aime les plantes et la botanique, mais je ne suis pas une experte en la matière. C’est donc un ouvrage que je trouve plaisant à lire sur une longue durée, puisque chaque chapitre aborde un sujet particulier, raconte des anecdotes intéressantes ou trace le portrait d’un botaniste ou d’un personnage ayant œuvré dans le monde des plantes: médecin, chercheur, herboriste, apothicaire, explorateur, et bien d’autres. J’avançais ma lecture un chapitre à la fois, sur plusieurs semaines. J’ai trouvé cette façon d’aborder cet ouvrage plus facile pour ma part, puisque ça nous laisse le temps d’assimiler ce que l’on découvre. Je suis d’ailleurs en pleine lecture du tome 2 et je fais sensiblement la même chose. 

L’ouvrage nous permet de découvrir une quantité d’anecdotes, parfois amusantes, parfois étranges, parfois intrigantes, en lien avec les plantes. Saviez-vous qu’au XVIe siècle, on croyait que le saule rendait les hommes stériles? Qu’on a longtemps soupçonné la pomme de terre d’être toxique? Que certains botanistes préconisaient un élixir à base de momie (on extrayait une sorte de jus de momie) pour soigner les maux de tête? Je suis ravie de ne pas vivre à cette époque!

L’étude des plantes et de la botanique est forcément très liée à la médecine. Il est intéressant de découvrir à quel point la compréhension des plantes a été à la base du système médical de l’époque et de quelles façons elles étaient utilisées d’un point de vue médical. Plusieurs théories, comme la théorie des humeurs, ont longuement perdurées et l’on puisait dans les caractéristiques des plantes pour équilibrer tout cela. 

Les plantes ont longtemps été une affaire très sérieuse dans les différents cercles. À la base de la médecine, permettant la guérison ou la mort, étant utilisées commercialement, certaines plantes ont même été marquées d’opprobre. Je pense à l’indigo exotique qui menaçait le commerce du pastel. Quiconque l’utilisait sur le marché noir était passible de la peine de mort. On ne rigolait pas avec les plantes et leurs utilisations!

L’utilisation des mots dans les écrits botaniques a aussi son importance. On y apprend de nombreux noms latins et la façon dont étaient nommées les plantes par ceux qui les découvraient. Les erreurs d’identification sont nombreuses à l’époque, souvent par méconnaissance de la flore que l’on retrouve en Amérique. Par exemple, personne ne se doutait à quel point le maïs deviendrait la plante populaire que l’on connaît aujourd’hui. De nombreux préjugés sont aussi très présents: les Européens se méfient grandement de ce qui ne poussent pas chez eux. 

« Pour un grand nombre d’observateurs européens, les connaissances amérindiennes des plantes demeurent futiles et sans mérite. Les premiers colons et les coureurs des bois sont cependant beaucoup plus ouverts au savoir botanique amérindien. Il en va de leur survie. Malheureusement, ils laissent peu d’écrits à ce sujet. »

Le livre parle de la botanique en abordant de nombreux thèmes: l’histoire botanique de manière générale, la découverte et les usages de plantes du Canada, ainsi que plusieurs appendices. Il y est question autant de botanique, d’histoire, de voyages, d’arts visuels, des herbiers, de la médecine, de l’économie, de l’alimentation, de l’écologie, de jardinage et de plusieurs autres sujets. L’ouvrage est complété par une liste de « premières fois » en matière de botanique et de recherches, 

L’ouvrage est à la fois étonnant, passionnant et complexe. Il mérite qu’on y passe du temps. Comme il traite des années 1000 à 1670, il est beaucoup plus axé sur les botanistes d’ailleurs, principalement d’Europe, et de leur vision de ce qu’ils découvraient (ou croyaient découvrir) ici. On suit l’influence que certains botanistes ont pu avoir sur la connaissance des plantes. Plus on avance dans la série, plus ça va se rapprocher de nous. J’entame d’ailleurs le second tome qui aborde les années 1670 à 1760. 

Un livre magnifiquement illustré, avec des planches, des dessins et des reproductions qui sont sublimes. Visuellement, ce livre est tout simplement époustouflant, surtout si on s’intéresse à l’histoire de la botanique. C’est un livre qu’on lit par petites doses, en prenant son temps. 

À noter que le livre a remporté le Prix Marcel-Couture 2015 remis à un ouvrage illustré de grande qualité dans le cadre du Salon du livre de Montréal. Prix entièrement mérité!

Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 1: 1000-1670, Alain Asselin, Jacques Cayouette, Jacques Mathieu, éditions du Septentrion, 288 pages, 2014