Enchanteurs: la vie amoureuse des oiseaux

Enchanteurs explore la vie intime des oiseaux et nous révèle l’étonnante diversité de leurs modes de reproduction. À travers des histoires parfois attendrissantes, souvent inattendues, on y découvre notamment que la monogamie ne fait pas l’unanimité chez toutes les espèces et que de nombreux mâles savent exécuter une parade nuptiale élaborée pour séduire leur partenaire.

Enchanteurs est un beau livre abondamment illustré, intéressant pour ceux qui sont curieux de découvrir de nouvelles choses sur les oiseaux et leurs comportements. L’auteur aborde la vie amoureuse des oiseaux à travers sept grands thèmes: l’écologie et les systèmes sexuels, la parade nuptiale, les nids et les œufs, la nichée, l’inversion des rôles sexuels, la reproduction communautaire et le parasitisme de ponte. 

C’est un bel ouvrage, dans lequel on apprend plusieurs anecdotes et faits autour de la vie amoureuse, familiale et parentale des oiseaux de façon générale, avec des exemples provenant d’espèces de partout à travers le monde. On découvre des oiseaux d’ici et d’ailleurs ainsi que des comportements atypiques ou intrigants. Le monde des oiseaux est souvent étonnant et nous amène à voir différemment notre conception de leur vie en communauté. L’investissement des deux parents par exemple, ou l’abandon de la nichée, nous permet de mieux saisir la dynamique de leur vie amoureuse. 

« Mieux connaître les oiseaux, c’est aussi apprendre à porter un autre regard sur nous-mêmes. »

Le livre aborde autant les débuts de la vie amoureuse des oiseaux (l’écologie et la biologie, les parades amoureuses) que la vie parentale (dynamique mâles / femelles, nichée, élevage des petits). Il y a aussi des aspects surprenants et moins « glorieux » à nos yeux: le parasitisme de ponte, la manipulation, les conflits, les infanticides. Alors que d’autres sont fascinants, comme l’architecture des nids ou l’élevage communautaire des petits. Il y a des aspects lumineux à leur mode de fonctionnement et des aspects beaucoup plus sombres qui sont forcément très étonnants. 

« Les oiseaux sont les derniers dinosaures encore vivants: quiconque a été poursuivi par un dindon en pleine parade nuptiale aura remarqué sa ressemblance frappante avec les vélociraptors de Jurassic Park. »

J’ai appris une foule de choses concernant les oiseaux et leur vie de couple et de famille. Saviez-vous que certains albatros peuvent mettre de 10 à 20 ans avant de se reproduire? Que la femelle perruche ondulée peut se souvenir de la voix exacte de son partenaire même s’ils sont séparés? Que le divorce existe aussi chez les oiseaux? Que le ménure superbe peut imiter n’importe quel son, des autres oiseaux en passant par les tronçonneuses ou les appareils photo? Le monde des oiseaux est un monde fascinant à découvrir et le livre donne une réponse intéressante à plusieurs questions ou observations particulières de la vie amoureuse des oiseaux.

J’ai beaucoup aimé cette lecture!

Enchanteurs: la vie amoureuse des oiseaux, Wenfei Tong, éditions Multimondes, 192 pages, 2021

Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 1: 1000-1670

Le Vinland que les Vikings visitent vers l’an 1000 pourrait-il se situer dans la région de Québec? En 1534, Jacques Cartier décrit l’usage du maïs, du tabac et d’une mystérieuse plante, l’annedda, qui guérirait du scorbut et de la syphilis. Mais quel est donc ce miraculeux conifère? Quel usage fait-on de la gomme de sapin dans les églises en Europe? Quelle sorte de chapelet mangeaient donc les Amérindiens? Il est stimulant de constater que plusieurs questions concernant les premières observations des plantes canadiennes demeurent sans réponse et requièrent encore des efforts de recherche. Cette histoire détaillée, palpitante et pleine de rebondissements, est aussi riche en informations scientifiques, culturelles et historiques souvent méconnues.

Curieuses histoires de plantes du Canada est une série de quatre ouvrages qui abordent la flore de chez nous à différentes époques de l’histoire. Ce premier tome se penche principalement sur les années 1000 à 1670 et reconstitue une histoire détaillée des plantes, des premières traces des Vikings jusqu’aux explorateurs européens, en passant par les débuts de la Nouvelle-France. 

« Le savoir sur les plantes fait partie du patrimoine à la fois historique, culturel et scientifique des civilisations. L’histoire de leur connaissance et de leur influence est encore peu connue dans ses fins détails. C’est le cas en particulier pour les plantes dans l’histoire des Amériques. »

L’histoire est très dense, je n’ai donc pas lu ce livre d’un seul trait. J’aime les plantes et la botanique, mais je ne suis pas une experte en la matière. C’est donc un ouvrage que je trouve plaisant à lire sur une longue durée, puisque chaque chapitre aborde un sujet particulier, raconte des anecdotes intéressantes ou trace le portrait d’un botaniste ou d’un personnage ayant œuvré dans le monde des plantes: médecin, chercheur, herboriste, apothicaire, explorateur, et bien d’autres. J’avançais ma lecture un chapitre à la fois, sur plusieurs semaines. J’ai trouvé cette façon d’aborder cet ouvrage plus facile pour ma part, puisque ça nous laisse le temps d’assimiler ce que l’on découvre. Je suis d’ailleurs en pleine lecture du tome 2 et je fais sensiblement la même chose. 

L’ouvrage nous permet de découvrir une quantité d’anecdotes, parfois amusantes, parfois étranges, parfois intrigantes, en lien avec les plantes. Saviez-vous qu’au XVIe siècle, on croyait que le saule rendait les hommes stériles? Qu’on a longtemps soupçonné la pomme de terre d’être toxique? Que certains botanistes préconisaient un élixir à base de momie (on extrayait une sorte de jus de momie) pour soigner les maux de tête? Je suis ravie de ne pas vivre à cette époque!

L’étude des plantes et de la botanique est forcément très liée à la médecine. Il est intéressant de découvrir à quel point la compréhension des plantes a été à la base du système médical de l’époque et de quelles façons elles étaient utilisées d’un point de vue médical. Plusieurs théories, comme la théorie des humeurs, ont longuement perdurées et l’on puisait dans les caractéristiques des plantes pour équilibrer tout cela. 

Les plantes ont longtemps été une affaire très sérieuse dans les différents cercles. À la base de la médecine, permettant la guérison ou la mort, étant utilisées commercialement, certaines plantes ont même été marquées d’opprobre. Je pense à l’indigo exotique qui menaçait le commerce du pastel. Quiconque l’utilisait sur le marché noir était passible de la peine de mort. On ne rigolait pas avec les plantes et leurs utilisations!

L’utilisation des mots dans les écrits botaniques a aussi son importance. On y apprend de nombreux noms latins et la façon dont étaient nommées les plantes par ceux qui les découvraient. Les erreurs d’identification sont nombreuses à l’époque, souvent par méconnaissance de la flore que l’on retrouve en Amérique. Par exemple, personne ne se doutait à quel point le maïs deviendrait la plante populaire que l’on connaît aujourd’hui. De nombreux préjugés sont aussi très présents: les Européens se méfient grandement de ce qui ne poussent pas chez eux. 

« Pour un grand nombre d’observateurs européens, les connaissances amérindiennes des plantes demeurent futiles et sans mérite. Les premiers colons et les coureurs des bois sont cependant beaucoup plus ouverts au savoir botanique amérindien. Il en va de leur survie. Malheureusement, ils laissent peu d’écrits à ce sujet. »

Le livre parle de la botanique en abordant de nombreux thèmes: l’histoire botanique de manière générale, la découverte et les usages de plantes du Canada, ainsi que plusieurs appendices. Il y est question autant de botanique, d’histoire, de voyages, d’arts visuels, des herbiers, de la médecine, de l’économie, de l’alimentation, de l’écologie, de jardinage et de plusieurs autres sujets. L’ouvrage est complété par une liste de « premières fois » en matière de botanique et de recherches, 

L’ouvrage est à la fois étonnant, passionnant et complexe. Il mérite qu’on y passe du temps. Comme il traite des années 1000 à 1670, il est beaucoup plus axé sur les botanistes d’ailleurs, principalement d’Europe, et de leur vision de ce qu’ils découvraient (ou croyaient découvrir) ici. On suit l’influence que certains botanistes ont pu avoir sur la connaissance des plantes. Plus on avance dans la série, plus ça va se rapprocher de nous. J’entame d’ailleurs le second tome qui aborde les années 1670 à 1760. 

Un livre magnifiquement illustré, avec des planches, des dessins et des reproductions qui sont sublimes. Visuellement, ce livre est tout simplement époustouflant, surtout si on s’intéresse à l’histoire de la botanique. C’est un livre qu’on lit par petites doses, en prenant son temps. 

À noter que le livre a remporté le Prix Marcel-Couture 2015 remis à un ouvrage illustré de grande qualité dans le cadre du Salon du livre de Montréal. Prix entièrement mérité!

Curieuses histoires de plantes du Canada, tome 1: 1000-1670, Alain Asselin, Jacques Cayouette, Jacques Mathieu, éditions du Septentrion, 288 pages, 2014

Fauna

Comment expliquer l’innombrable variété des formes de vie animale ? Pourquoi les oiseaux ont-ils des ailes ? Comment les antennes des abeilles ont-elles pu se développer ? Quel est le rôle des couleurs éclatantes de certaines grenouilles ? Pourquoi les loups, comme bien des mammifères, ont-ils un pelage ? Assorti de photographies époustouflantes et riche de multiples anecdotes sur la communication, la prédation, la migration ou la séduction, Fauna révèle la beauté sauvage d’un monde animal incroyablement diversifié, des plus petits insectes aux majestueux éléphants.

Fauna est un beau-livre que j’ai adoré. Il est époustouflant tant au niveau du texte et des aspects du monde animal qui sont abordés, que des photos tout simplement magnifiques. C’est un livre qui traite de tous les aspects du règne animal, qui commence avec les dinosaures jusqu’à l’évolution des différentes espèces. On y apprend la façon dont l’animal a développé ses caractéristiques propres. On y apprend toutes sortes de choses sur les animaux, la biologie, l’anatomie, le fonctionnement de chaque partie du corps d’un animal et ses caractéristiques. On découvre beaucoup de choses également sur le comportement des animaux. Il y est aussi question de la théorie de l’évolution et certaines espèces sont aussi présentées « sous la loupe » afin d’en connaître davantage sur leurs caractéristiques. 

Le livre a une façon intéressante d’aborder le monde animal. On y retrouve autant des photos d’animaux que les radiographies de certaines parties du corps comme les ailes, les plumes, les cornes, les œufs, les nageoires, les dents, les pattes. les yeux, le pelage par exemple. On y apprend que la forme de l’œil d’un animal variera, en fonction du rôle de l’animal, qu’il soit un prédateur ou une proie. Les pupilles sont différentes selon l’animal. On découvre également le mouvement des ailes chez les oiseaux et quel est le rôle des couleurs selon l’espèce. La couleur est très importante dans le monde animal. Il y a des avantages qui y sont reliés, tout comme la toxicité qui peut être révélée grâce à la couleur, ce qui prévient les autres bêtes qui voudraient, par malheur, s’y attaquer.

« La forme de la pupille est un bon indicateur non seulement de la position de l’animal dans la chaîne alimentaire, mais aussi de sa technique de chasse dans le cas des prédateurs, ou, si c’est une proie potentielle, de ce qu’il mange, quand et où. Certaines pupilles sont difficiles à catégoriser, mais la plupart sont de trois types: horizontale, circulaire ou verticale. »

Ce que j’ai bien aimé aussi c’est que les auteurs abordent des thèmes vraiment variés, comme par exemple, l’évolution animale qui a menée les animaux à être ce qu’ils sont aujourd’hui. Ou alors la représentation des animaux dans l’art ancien, l’importance des animaux pour certains peuples et l’histoire qui y est reliée. On réalise que ces peuples ont aussi étudié les animaux qui les entouraient, ils en avaient une très bonne connaissance. Le livre aborde également les tentatives de domestications, comme avec le perroquet. 

« La richesse et la puissance des Moghols, qui régnèrent sur l’Inde et l’Asie du Sud au XVIe au XVIIIe siècle, n’avaient d’égal que leur amour de l’art. Les miniatures, qui dépeignaient légendes, batailles, portraits et scènes de chasse, étaient très prisées à la cour. Jahângîr, quatrième empereur, assouvissaient ainsi sa passion pour l’histoire naturelle en commandant des peintures réalistes de flore et de faune, considérées de nos jours comme la fine fleur de l’art. »

L’ouvrage couvre une très large portion du monde animal, allant des caractéristiques entre les espèces en passant par la biologie et la vie au quotidien. Le livre touche aussi toutes les espèces, allant des animaux aux poissons, en passant par les méduses, les hippocampes, les insectes, les papillons, les batraciens. Il y a même un chapitre sur les animaux fantastiques, sur la perception qu’avaient les voyageurs de l’époque face à des animaux inconnus et à l’image qu’ils en rapportaient de retour chez eux. Une image parfois assez éloignée de la vérité. Ces rencontres sont peut-être à la base de certains mythes comme la rencontre avec des licornes ou d’autres animaux peuplant notre imaginaire. Ces « découvertes » ont peuplé les bestiaires de l’époque médiévale, qui frappaient l’imagination des gens, souvent illettrés. On attribuait alors à ces animaux des pouvoirs magiques. Un crocodile pouvait alors avoir le même statut qu’une licorne.

Fauna est définitivement un ouvrage vraiment fascinant et passionnant par sa façon originale d’aborder le règne animal. Visuellement, c’est un ouvrage époustouflant. Un vrai plaisir pour les amateurs d’histoire, de biologie et même d’art. On y apprend une foule de choses passionnantes qui nous font voir la vie animale d’un autre œil. J’ai passé un très beau moment avec ce livre car en plus d’être très accessible, c’est un ouvrage parfait si on est sensible au monde animal et qu’on souhaite en apprendre plus. Un livre que je conseille assurément!

Fauna, Un fascinant voyage au cœur du monde animal, Collectif, éditions Multimondes, 336 pages, 2020

Des bestioles et des plantes

Les insectes représentent le moyen écologique par excellence pour favoriser la biodiversité dans nos jardins et potagers. Si certaines espèces peuvent causer des ravages dans les plates-bandes, d’autres sont nécessaires à leur bonne santé. Comment faire la différence?

Cet ouvrage a été un très beau coup de cœur pour moi. Il s’agit d’un des livres les plus utiles que j’ai pu lire pour mieux comprendre la dynamique entre les insectes et les plantes de mon jardin. C’est un livre qui, à la base, avait tout pour me plaire. Je suis passionné par les plantes, les fleurs, les jardins, les insectes. La couverture est lumineuse, très attrayante et a contribué à me donner envie de lire le livre. J’ai eu un plaisir fou à tourner chaque page et à découvrir le texte.

On apprend énormément sur les pollinisateurs: comment les reconnaître et quel est le rôle de chacun; qui sont les insectes ravageurs et quels dommages ils font au jardin. On apprend aussi comment faire pour les éloigner sans pour autant utiliser des insecticides. Il existe de nombreux moyens biologiques pour la gestion des bestioles au jardin et c’est ce que les auteurs mettent en lumière. Ce qui est très intéressant aussi, c’est d’apprendre à connaître chaque chenille et le genre d’insectes qu’elles deviendront plus tard. Le livre regorge d’informations et nous apprend aussi que beaucoup d’insectes qui semblent nuisibles ne le sont pas du tout. 

« Les araignées sont également des animaux très utiles qui se nourrissent d’une foule d’insectes nuisibles tels que les moustiques et certaines mouches. Une araignée peut manger jusqu’à 2 kg d’insectes en une seule année. »

Le livre débute en abordant le rôle de l’abeille, l’insecte pollinisateur par excellence. J’ai trouvé très intéressant cette portion qui nous apprend énormément sur le fonctionnement des ruches, sur la vie des abeilles, sur leur rôle dans la nature. Il y est aussi beaucoup question des papillons et des fameux hôtels à insectes que l’on voit de plus en plus. L’ouvrage offre aussi plusieurs modèles de plates-bandes fleuries, potagères ou fruitières, afin d’attirer les pollinisateurs. On en retrouve à plusieurs endroits dans le livre, au fil des thèmes qui sont abordés, afin de donner de bonnes idées pour mieux attirer au jardin ceux qui nous sont bénéfiques. Même chose pour les fleurs qu’on peut préférer au jardin pour attirer les insectes qui sont bénéfiques.

Vers la fin du livre, les auteurs abordent aussi l’élevage d’insectes, qui est une industrie encore jeune, mais dont il est intéressant de découvrir les enjeux, que ce soit pour la création de farines, la consommation autant animale que humaine. L’ouvrage aborde la biologie des insectes en général et donne beaucoup d’idées pour nous aider à mieux comprendre le rôle des insectes et à mieux les intégrer à nos jardins.  

« Certaines plantes dont la pollinisation dépend des insectes ont su par ailleurs développer des dispositifs ingénieux pour assurer le transport de leur pollen. Celui des sauges est spectaculaire: les fleurs de certaines espèces de sauge possèdent des étamines mobiles grâce à un système de bascule. Lorsqu’un insecte butine ces fleurs, sa tête percute le système, et les étamines se déplacent et déposent leur pollen sur le dos du visiteur. L’insecte déposera ensuite, à son insu, ce pollen sur l’organe femelle de la prochaine fleur de sauge qu’il visitera. »

L’ouvrage est aussi très bien illustré. Des bestioles et des plantes est un guide vraiment complet, très illustré et détaillé. Les auteurs nous expliquent comment attirer les insectes bénéfiques, donnent des idées d’aménagements, de plantes à utiliser et de trucs pour mieux s’occuper du jardin et connaître les bestioles qui y vivent.  Si vous aimez jardiner et que vous voulez en apprendre plus sur ceux qui peuplent nos jardins, c’est un très bel ouvrage à découvrir. On y apprend comment repousser les ravageurs tout en respectant la nature.

Un livre qui deviendra vite un incontournable chez nous et qui a désormais une belle place dans ma bibliothèque! Un coup de cœur!

Des bestioles et des plantes. Comment attirer les insectes bénéfiques et éloigner les ravageurs, Albert Mondor, Daniel Gingras, éditions du Journal, 240 pages, 2021

Le Rival de Darwin

Tout le monde connaît Charles Darwin, le célèbre naturaliste qui élabora la théorie de l’évolution. Mais qu’en est-il d’Alfred Russel Wallace, ami et rival de Darwin, qui découvrit au même moment le concept de la sélection naturelle? Ce livre somptueusement illustré narre l’histoire de Wallace, de ses modestes débuts à ses expéditions et aventures en Amazonie et au sein de l’archipel malais, et comment il fut un immense contributeur à l’une des plus grandes découvertes scientifiques de l’histoire.

C’est en lisant Le dernier caribou que j’ai eu envie d’en savoir plus sur Alfred Russel Wallace, cet explorateur, biologiste et anthropologue. Malgré tout ce qu’il a apporté à la science, l’histoire a plutôt choisie de garder le nom de Darwin plutôt que celui de Wallace en lien avec la théorie de l’évolution. Pourquoi? Cet album documentaire était donc tout trouvé pour aborder le sujet, suivre Wallace dans ses expériences, ses recherches et ses expéditions, et en apprendre plus sur tout le travail qui a été fait par les deux hommes pour élaborer l’une des théories les plus célèbre: celle de l’évolution des espèces.

Le livre de Christiane Dorion est vraiment très intéressant. C’est un album documentaire à la couverture cartonnée et aux pages merveilleusement illustrées par Harry Tennant. On y retrouve des cartes dessinées des explorations de Wallace, des extraits de lettres, des images d’insectes, d’animaux et bien d’autres. Les adultes trouveront aussi leur compte en lisant ce livre jeunesse, puisque le documentaire est aussi intéressant à lire qu’à regarder.

On apprend quel genre de petit garçon était Wallace et pourquoi il a choisi de partir en exploration dans des contrées peu visitées et mal connues. Le livre raconte ses expéditions au fil des ans, son travail pour récolter différentes espèces afin de financer ses voyages et d’acquérir des connaissances sur les espèces et leur environnement. Contrairement à plusieurs aventuriers de l’époque, Wallace n’est pas issu de la bourgeoisie. Personne ne finance ses expéditions et il doit travailler pour trouver l’argent pour poursuivre son travail. On apprend également de quelle façon la route de Wallace croisera celle de Darwin, jusqu’à ce qu’une correspondance et une amitié se noue entre les deux hommes.

« Tous les ouvrages d’histoire naturelle regorgent de détails sur la merveilleuse adaptation des animaux à leur nourriture, à leurs mœurs et aux milieux dans lesquels ils vivent. Mais les naturalistes commencent à regarder au-delà et à penser qu’il doit exister un autre principe qui contrôle les formes infiniment variées de la vie animale. »

On connaît bien Darwin et sa théorie de l’évolution, mais on connaît très peu Alfred Russel Wallace, un naturaliste et explorateur, modeste et autodidacte, qui est tout autant à la base de la théorie de l’évolution que Darwin. Il est bien intéressant de découvrir son parcours.

L’ouvrage est un beau survol de ce que le travail scientifique remarquable de Wallace a apporté au monde. Ça donne envie d’en savoir encore plus!

Le Rival de Darwin. Alfred Russel Wallace et la théorie de l’évolution, Christiane Dorion, illustration de Harry Tennant, éditions Delachaux et Niestlé, 64 pages, 2020