Les falaises

V. vient d’apprendre que l’on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie, l’équivalent « du bout du monde ». Elle regagne là-bas, brusquement, sa maison natale, et se confectionne une « île » au milieu du salon venteux, lieu désigné pour découvrir et mieux effacer – ou la ramener – l’histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. V. se voit prise dans sa lecture, incapable de s’en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d’un bar au village, dans une chevelure rousse aérienne, et s’appelle Chloé.

Les falaises a été une très belle surprise. Je ne m’attendais pas à aimer autant ce roman et à trouver autant de plaisir à me replonger dedans chaque fois que je le reprenais. Ce fut une excellente lecture, vers laquelle je ne serais peut-être pas allée d’emblée, mais qui m’a vraiment séduite. L’auteure a une très belle plume.

Le roman commence alors que la narratrice vient de perdre sa mère. Son corps a été rejeté sur une plage en Gaspésie. Les circonstances et les rumeurs laissent entendre qu’elle a glissé, elle qui tentait toujours de fuir. La narratrice quitte donc la ville pour retrouver la maison familiale, un lieu chargé de souvenirs, parfois beaux, parfois douloureux. Elle y retrouve sa sœur et sa tante, avec qui elle tente de faire face aux événements. La perte, la colère, le deuil, l’incompréhension parfois, les souvenirs qui n’ont pas toujours été heureux. Avec sa mère, il y avait de bonnes journées et des journées vraiment très difficiles. Une famille particulière, une enfance qui l’a été tout autant.

« J’ai l’impression brûlante de découvrir l’histoire pour mieux l’effacer. Son histoire, mon histoire. Celle de tout ce qu’il y a eu avant nous. Je me surprends à chercher l’élément déclencheur. Ce qui l’a fait craquer, fendre sur toute la longueur. La brèche par laquelle la fin s’est infiltrée. »

En fouillant dans la maison, la narratrice y découvre les cahiers de sa grand-mère, une sorte de journal intime qui la guidera de la Gaspésie à l’Islande et lui permettra, d’une certaine façon, d’avancer. Il y a aussi sa rencontre avec Chloé, qui apporte un baume sur sa vie qu’elle ne comprend plus. Et sa tante qui a toujours été là, un peu comme un phare ou une bouée. Mais la narratrice doit tracer son propre chemin maintenant. 

« On ne peut pas faire confiance à ceux qui repartent toujours. »

Le roman s’étire du mois d’octobre au mois de mars. Une période de grands bouleversements pour la narratrice. J’ai aimé découvrir son histoire. L’écriture est belle, pleine de vent, de colère, de souvenirs. Les chapitres sont courts, entrecoupés de poèmes et d’extraits de journaux. On retrouve chez la narratrice cette ferveur de continuer, quand même, ou d’essayer au moins. Malgré la tristesse et la difficulté. Malgré le poids de l’héritage familial.

Un très beau roman sur le deuil, sur les liens entre les femmes et sur la force de la vie. Une histoire qui brosse des portraits de femmes survivantes. Une très agréable surprise que ce roman!

Les falaises, Virginie De Champlain, éditions Bibliothèque Québécoise, 184 pages, 2022

Enterrez vos morts

Tandis que le Vieux-Québec scintille sous la neige et s’égaye des flonflons du carnaval, Armand Gamache tente de se remettre du traumatisme d’une opération policière qui a mal tourné. Mais, pour l’inspecteur-chef de la SQ, impossible d’échapper longtemps à un nouveau crime, surtout lorsqu’il survient dans la vénérable Literary and Historical Society, une institution de la minorité anglophone de Québec. La victime est un archéologue amateur connu pour sa quête obsessive de la sépulture de Champlain. Existerait-il donc, enfoui depuis quatre cents ans, un secret assez terrible pour engendrer un meurtre ? Confronté aux blessures de l’histoire, hanté par ses dernières enquêtes, Gamache doit replonger dans le passé pour pouvoir enfin enterrer ses morts.

J’ai lu Enterrez vos morts de Louise Penny pour le livre de février de Un Penny par mois. Ce roman est la suite directe du précédent, Révélation brutale. Si ce dernier était un véritable un coup de poing, Enterrez vos morts est beaucoup plus triste et poignant. Déjà le titre pour moi évoque énormément. Enterrer ses morts, c’est aussi faire la paix avec soi-même et avec les événements. C’est ce que devra apprendre à faire Gamache. Après l’enquête qui a mené à l’arrestation d’un de ses amis et une opération policière qui a mal tournée et l’a traumatisé, Gamache se repose chez son mentor à Québec. Malgré lui, il se retrouve mêlé à une nouvelle enquête. On a découvert le corps d’un archéologue amateur connu – et détesté – dans la cave d’une majestueuse bibliothèque anglophone. Gamache tente de donner un coup de main tout en essayant d’apaiser les voix qui le hantent, alors que Beauvoir, blessé aussi dans l’opération policière, prend des « vacances » à Three Pines, où il pose beaucoup de questions… le chef lui ayant demandé d’enquêter discrètement afin de rouvrir l’enquête du livre précédent, l’accusation et l’incarcération d’un des habitants de Three Pines.

« Gamache le savait, les symboles étaient aussi puissants que n’importe quelle bombe. En effet, ils survivaient, prenaient de l’importance, alors que les hommes et les femmes périssaient, que les villes tombaient. Les symboles étaient immortels. »

Ce roman est sans doute le plus poignant jusqu’à maintenant de la série Armand Gamache enquête. L’histoire est passionnante et touchante. Elle mêle habilement deux enquêtes: une à Three Pines, l’autre à Québec, avec pour toile de fond le mystère qui entoure la vie de Samuel de Champlain, mais surtout, la recherche de sa sépulture. Il y est aussi question des combats entre anglophones et francophones qui remontent aussi loin que la bataille des Plaines d’Abraham. On passe aussi beaucoup de temps dans la ville de Québec et on en ressent tout le charme de ces lieux remplis d’histoire. L’enquête débute à la Literary and Historical Society of Quebec, qui est en fait le Morrin Centre. C’est tellement le genre d’endroit où on imagine sans mal Gamache! 

« Gamache se dirigea vers le Château en passant à côté de l’énorme sculpture de style gothique au centre du petit parc, le monument de la Foi. Le Québec avait été bâti grâce à la foi et aux fourrures, mais les conseillers municipaux avaient préféré ériger une statue aux martyrs plutôt qu’à un castor. »

Un roman vraiment touchant et humain, qui ravive aussi des blessures profondes chez les personnages: Olivier en colère qui n’arrive pas à pardonner, Gamache qui doit vivre avec les fantômes d’une opération policière qui a mal tournée, Beauvoir qui n’arrive pas à avancer. Enterrez vos morts est un livre triste, surtout avec l’histoire terrible de l’agent Morin et des traumatismes de chacun, mais c’est aussi un livre fascinant et puissant, avec comme toujours, une pointe d’humour dans les dialogues. Gamache est en quête de guérison et la ville de Québec sous la neige, ses cafés, sa bibliothèque, son carnaval, son histoire passionnante, est un lieu parfait pour retrouver une ambiance feutrée et calme, à la recherche de secrets enfouis depuis quatre cent ans. Peut-être aussi réussir à trouver un peu de paix.

C’est un roman assurément puissant, qui sonde à la perfection les blessures de l’âme humaine. Il nous plonge également dans le passé et nous offre de beaux moments à Québec. 

J’ai lu cet excellent livre pratiquement d’une traite! 

Enterrez vos morts, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 464 pages, 2013

Chaman

Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été aussi proche du ciel. Il se tenait en équilibre sur une poutrelle d’acier, à près de soixante mètres de hauteur. De son perchoir, il pensa que la vue était sublime, et la vie, terriblement fragile. Il n’avait jamais été vraiment sujet au vertige. Jusqu’à aujourd’hui. C’était la première fois qu’il ressentait ce trouble. Mais il avait une bonne raison. Il venait de comprendre qu’il était désormais orphelin. Sa mère était morte dans la nuit. Afin de ramener le corps de sa défunte mère en terre indienne, Richard Adam entreprend un périple initiatique sur les traces de ses ancêtres au cœur du Canada sauvage. À mesure qu’il se reconnecte avec ses origines, et guidé par le loup, son animal totem, avec lequel il va progressivement faire corps, il se découvre le don chamanique de communiquer avec les esprits de la nature…

J’ai découvert ce roman un peu par hasard, chez mon libraire. La couverture m’a tout de suite attiré. Le roman est excellent, ça été une bien belle découverte.

La mère de Richard vient de mourir. Dans ses dernières volontés, elle demande à son fils d’aller répandre ses cendres sur la réserve de Pineridge, au Dakota du Sud, où elle est née. C’est une Lakota Oglala. Plus jeune, elle est tombée amoureuse d’un blanc et elle a été rejetée par sa communauté. Elle est donc allée vivre ailleurs. Elle a élevé son fils seule, à l’écart de son peuple.

Richard n’a jamais été dans la réserve, ne connait personne de sa famille. Il est charpentier de métier et c’est un homme très solitaire. Sa mère est la personne qui compte le plus dans sa vie. Il vit d’ailleurs avec elle. Sa vie est donc totalement chamboulée au décès de sa mère. Puisqu’il doit s’occuper des cendres, il ira dans la réserve, sera confronté à la vie qu’a connu sa mère avant de le mettre au monde. C’est ce qui va l’amener à découvrir ses racines. Il est alors témoin des problématiques que vivent les autochtones: problèmes d’alcool, de drogues, de santé mentale, de violence et de brutalité policière, en lien avec la gestion gouvernementale déficiente des réserves.

« Quand il pénétra dans la réserve, Richard Adam fut frappé par le silence qui y régnait. On aurait dit un territoire peuplé de fantômes. Des champs d’herbes folles balayées par le vent à perte de vue, avec çà et là des nuages de poussière tourbillonnant dans les airs. Et au loin quelques chevaux parqués dans un pré. »

Ce qui est intéressant avec ce roman, c’est que l’arrivée de Richard dans la réserve nous permet d’être confronté à la réalité de ce que vivent les Première Nations. Enfermés, cloîtrés dans la réserve, Richard découvre ce que les siens vivent. Il va apprendre des gens de sa famille, va découvrir tout le côté spirituel et les croyances du peuple de sa mère. Il découvre la façon dont la mort est perçue et abordée par les gens de la réserve. Ce qui amène beaucoup de changement dans la vie de Richard, qui s’attendait à aller seulement répandre les cendres et rentrer chez lui. Son séjour chez les Lakota Oglala changera complètement sa vision du monde. À travers les rencontres qu’il fera, Richard va apprendre à se connaître lui-même. Il va découvrir sa propre voie.

Chaman est un livre que j’ai énormément apprécié. C’est une histoire qui nous amène dans la réalité de Richard et de la réserve. Le personnage a un côté très authentique. On apprend beaucoup de choses sur le quotidien de la réserve et du peuple auquel appartenait sa mère. Les chapitres sont très courts, l’histoire avance bien. Au début de chaque chapitre, on découvre des citations d’autochtones. Les pensées sont magnifiques et profondes. Elles s’accordent bien au texte et amènent une belle réflexion sur la vie des Premières Nations et leurs croyances. On voit également, tant par le texte que par les citations, le contraste entre le mode de vie des Blancs, qui ont énormément détruit autour d’eux, et celui des autochtones.

« Parmi les livres conservés, un en particulier attira son attention. Il s’agissait d’un traité sur l’histoire des premières nations amérindiennes. Tallulah l’avait laissé sur sa table de chevet. Jusque-là, il ne s’était jamais vraiment intéressé à l’histoire de ses ancêtres, et sa mère avait toujours été peu diserte sur le sujet. Mais dès qu’il l’eut en main, il feuilleta presque compulsivement cet ouvrage dont la première édition devait bien dater de plus de cinquante ans. »

Je vois ce roman comme un message, sur la destruction de la nature et du mode de vie des Premières Nations, versus la façon de vivre des Blancs. Le personnage de Richard amène cette dualité et confronte les deux visions, puisque son père est Blanc, et que sa mère est autochtone.

Chaman a été une belle découverte pour moi. C’est un roman simple, à l’écriture très fluide, qui peut se lire facilement d’un trait. De mon côté, je l’ai lu par petites touches pour en savourer la lecture. C’est un roman que je conseille, qui est intéressant et m’a aussi beaucoup touché. À travers les yeux de Richard Adam et de tout ce qu’il découvre, il est difficile de rester insensible à ce que le roman nous transmet. J’ai aussi été séduit par la très belle couverture. J’ai vraiment apprécié la plume de Maxence Fermine, qui était une découverte pour moi. Je vais assurément lire d’autres livres de lui dans le futur et relire celui-ci, dont l’univers m’a beaucoup parlé.

Chaman, Maxence Fermine, éditions Michel Lafon, 224 pages, 2020

Je ne suis pas une outarde

Je m’appelle Sierra. Je suis retenue prisonnière par quatre barils vides qui font flotter un quai de bois traité au-dessus de mes yeux vitreux. Noyée ben raide. Je me suis échouée ici après trois ou quatre jours à dériver tranquillement dans des eaux brunes. Maintenant que je suis à la surface, il n’y a toujours pas de lumière ni de tunnel… Tout le monde dort encore autour du quai, j’ai le temps en masse de te raconter par où tout ça a commencé. Pendant que ses amis restent dans leur sous-sol, à essayer de survivre sur une île déserte au milieu de l’Internet, Sierra préfère passer ses fins de semaine dans le bois avec son père. Mais les conséquences d’une mauvaise journée en forêt peuvent être beaucoup plus graves que dans un jeu vidéo.

Ce roman jeunesse a été une bonne lecture. L’histoire aborde plusieurs thèmes intéressants: la vie dans le bois, la chasse, la pêche, la relation père-fille, le deuil et la survie. L’histoire commence avec des pages grises, qui marquent une partie différente de l’histoire que l’on va lire et se termine aussi de cette façon. Il s’agit en fait de la fin du récit, là où est rendue le personnage principal. Puis, vient le reste du roman, les pages blanches, où l’on plonge avec elle dans ce qu’elle vit directement.

La narratrice, Sierra, raconte son histoire. Elle est au Cégep et aime aller passer du temps dans le bois avec son père, Rémy, à la chasse ou à la pêche. Elle profite de la nature. D’ailleurs, l’histoire se passe dans le bois, pour sa plus grande partie. Sierra nous parle de sa vie, de la séparation difficile de ses parents, de son frère qui ressemble plus à sa mère, d’elle-même qui a plus d’affinités avec son père. Elle parle du bois, de ce qu’ils font, de la musique, qui a aussi une grande place. Elle préfère la vie dans la nature, seulement elle et son père. Parfois, quand son frère n’a pas le choix, il se joint à eux mais il déteste ça.

« Mais tsé, en plein bois, c’est comme au Moyen-Âge: boire de l’alcool est moins risqué que de s’abreuver dans un trou de bouette. On dit que si un cheval boit l’eau d’une flaque, elle est fiable, mais je n’avais pas de cheval sous la main pour vérifier. Je me justifie, là. »

Sierra parle beaucoup de sa relation avec son père. De l’importance qu’il a dans sa vie, mais aussi dans leurs périples en pleine nature où sans lui, elle se sent perdue. Elle raconte ce qu’elle vit avec lui, la vie tranquille, dans le bois. Mais cette tranquillité devient rapidement une bataille pour la survie, pour Sierra. Son histoire sera marquée par un grand drame et par une forme de dérive face aux événements qui se produisent.

Le roman raconte à la fois la vie dans les bois, la survie en pleine nature, la vie après la tragédie que Sierra vivra. On la suit alors qu’elle tente de faire face à ce qui lui arrive. Comme son père et elle voulaient protéger leur chalet, celui-ci est à l’écart, difficile d’accès et bien protégé contre les voleurs. Ce choix deviendra le plus gros défi de Sierra alors que son père n’est plus là, car de nombreux kilomètres la sépare de la civilisation et les rencontres qu’elle fera ne sont pas pour lui faciliter la tâche…

« Je m’accote dans la portière le temps du trajet de retour. Un gilet de sauvetage pour oreiller, entre la vitre et ma tête. Comme souvent, dès qu’on se met à rouler, je ferme les yeux devant le clignotement du soleil couchant entre les arbres qui défilent. Je distingue, entre mes paupières mi-closes, un squelette de bagnole au bord du chemin. Je cogne des clous jusqu’à ce que mon père m’extirpe de cette torpeur.
-Y’a un original. Il traverse le lac. Viens voir. »

J’ai adoré le texte de Sébastien Gagnon, les dialogues, le ton très québécois de ce roman, dans lequel j’ai eu l’impression de me retrouver. C’était agréable. L’auteur utilise notre langue quotidienne et c’est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié. Il y a aussi un peu d’humour dans ce que nous raconte Sierra, dans les dialogues entre elle et son père, avec qui elle a une belle complicité. L’humour adoucit un peu le drame qui suivra. L’épreuve est difficile pour une adolescente. C’est donc un personnage qui fait preuve d’une grande force.

La couverture de ce livre est pour moi vraiment magnifique. L’histoire m’attirait, le titre m’intriguait et on en comprend la signification pendant la lecture. L’écriture est très belle, touchante et le roman se lit d’une traite. L’histoire est en partie très poignante, surtout quand le monde de Sierra s’écroule. L’auteur nous amène dans la tête d’une adolescente qui vit une tragédie.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture. La façon dont le roman est construit, par petits chapitres, qui brossent un tableau vivant, un peu comme si Sierra était présente pour nous raconter son histoire. Un bon roman qui se lit vraiment bien, même si le drame qu’il décrit est sombre. Le contexte en pleine nature, les dialogues et l’histoire touchante en font un très beau roman.

Je ne suis pas une outarde, Sébastien Gagnon, éditions Bayard Canada, 152 pages, 2021

Pilu des Bois

Willow adore la foret oui se trouve près de chez elle. Elle est calme et paisible, si différente de ses propres émotions tumultueuses, qu’elle garde enfouies tout au fond d’elle. Un jour, lorsque ses émotions la submergent, elle décide de s’enfuir dans les bois. Là, elle rencontre Pilu, une fée des bois égarée, qui n’arrive pas à retrouver le chemin de sa maison… qui s’avère être le bosquet de magnolias où la maman de Willow avait pour habitude de l’emmener. Willow propose à Pilu de l’aider et elles deviennent rapidement amies. Mais la journée est longue et Pilu n’est pas certaine d’être tout à fait prête à revenir chez elle… ce qui exaspère Willow, qui est déterminée à réparer ses propres erreurs en ramenant Pilu chez elle saine et sauve. Alors que la tempête menace, les émotions de Willow remontent à la surface et prennent soudainement forme, mettant les deux filles en danger… ce qui va obliger Willow à se confronter à ses sentiments profonds une bonne fois pour toutes.

Pilu des bois est une bande dessinée qui raconte le quotidien de Willow, une petite fille passionnée par la forêt et la nature. Elle vit avec son père et sa sœur. À la maison, tout n’est pas toujours rose parce que Willow a parfois des problèmes à gérer la vague de sentiments qui la submerge. Elle a de la difficulté à faire face aux émotions qu’elle ressent et un jour, elle s’enfuit dans les bois. C’est là qu’elle rencontre Pilu, une fée des bois égarée, avec qui elle a plusieurs points en commun…

Cette bande dessinée jeunesse mêle un brin de fantastique avec une histoire sur les émotions, tout en  abordant le bonheur d’être dans la nature. Willow est curieuse et grâce à son père, elle connaît beaucoup d’informations sur la vie dans la forêt. C’est un lieu qui la rend à l’aise et heureuse, le lieu parfait pour fuir parce que c’est un endroit qu’elle comprend. Mais on ne peut pas toujours fuir les autres et nos sentiments. Sa rencontre avec Pilu va bouleverser certaines choses et la pousser à remettre en question sa façon de gérer ses émotions.

« Plus tu ignores un problème, plus il s’impose à toi brutalement… »

J’ai bien aimé cette lecture, empreinte de douceur, qui aide à faire face à ses peurs, ses doutes et ses comportements. C’est joli et ça se lit tout seul. Le dessin est assez plaisant, il rappelle légèrement le manga par la forme des traits et le rendu assez mignon. Les moments en forêt sont aussi bien agréables.

Une bande dessinée qui livre un beau message sur la gestion des émotions et sur le plaisir que peut nous apporter la nature. 

À noter l’espace disponible à la fin, sous forme de journal de bord, afin de noter ses propres observations de la nature. On y retrouve également une petite recette. 

Pilu des Bois, Mai K. Nguyen, éditions Kinaye, 160 pages, 2021