Locke & Key t.4: Les clés du royaume

Locke and Key 4Le manoir Keyhouse s’est transformé en champ de bataille. Les enfants Locke découvrent toujours plus de clés magiques dissimulées dans leur ancienne demeure, attisant sans relâche la convoitise du sinistre Lucas Caravaggio. Et si la vie semble continuer malgré tout à Lovecraft, un fantôme du passé ne va pas tarder à faire resurggir de vieux souvenirs familiaux. Le mystère qui entoure leur père pourrait bien être enfin dévoilé. A condition que les forces démoniaques ne s’y opposent pas.

Ce quatrième tome s’ouvre sur un hommage à Bill Watterson, l’auteur de Calvin et Hobbes. On y retrouve donc un style de dessin s’y approchant, avant de basculer dans le style familier de l’univers de Locke & Key. Toujours étrange, toujours un peu sanglant, toujours plein de mystères.

Ce tome nous amène à rencontrer Erin Voss, une amie d’enfance du père des enfants Locke. On y découvre sa triste condition, ce qu’elle subit et ce que Dodge lui fait subir. Internée, traitée de folle, sa vie est réduite à néant. Ce tome aborde également le racisme que les enfants expérimentent pour pouvoir enquêter et ce, à l’aide de la clé miroir. Ils en sont ébranlés et c’est l’occasion de réaliser pour eux certaines choses. Ce qui est le plus terrifiant n’est pas toujours surnaturel…

Une partie du quatrième tome déboule un peu comme un calendrier. On sent, comme lecteur, que les journées défilent très vite. Les jours passent et les jeunes Locke doivent combattre toutes sortes de monstres et de dangers auxquels ils sont confrontés à cause des clés. Leur quotidien devient en quelque sorte une lutte contre les forces du mal.

C’est aussi une période dans la vie des Locke remplie de changements avec tout ce que comporte l’adolescence, les hauts, les bas, les déceptions et ce besoin de faire partie d’un groupe, d’être apprécié. C’est le cas du moins pour Kinsey et Tyler. De son côté Bode passe du temps avec Rufus et on constate que ce petit bonhomme handicapé pour qui la vie n’est pas facile, a aussi une forme de « sensibilité » à ce qui l’entoure que les autres ne peuvent pas forcément voir. Grâce à lui, le lecteur comprend mieux l’intrigue.

Ce tome apporte beaucoup de choses intéressantes à l’histoire. Il nous montre à quel point les clés prennent de la place dans la vie des Locke. Tout tourne autour de ces fameuses clés et des dangers qui les accompagnent. J’ai apprécié la présence d’Erin Voss et les revirement de situations vers la fin du livre.

Les clés du royaume se termine sur une scène qui donne le frisson et qui naturellement, conduit le lecteur vers le cinquième tome. On ne peut pas finir de cette façon et on veut connaître la suite. Il vaut mieux avoir le tome suivant sous la main!

Comme toujours l’album est complété par l’inventaire des clés connues. Cette fois, en plus des textes issus du journal de Benjamin Pierce Locke, nous avons des ajouts d’un autre ancêtre, Harland Locke, ainsi que des extraits de la correspondance de Jean Locke. Une galerie d’illustrations des différents personnages de la série complète l’album.

Un tome que j’ai grandement apprécié, qui va plus vite que les autres tant ce qui s’y passe est prenant et perturbant. La scène finale nous garde bien accroché!

Mon avis sur les autres tomes de la série (tomes 5 et 6 à venir):

Locke & Key t.4: Les clés du royaume, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 168 pages, 2018

 

 

Locke & Key t.3: La couronne des ombres

Locke and Key 3Les ténèbres se referment sur Keyhouse, le manoir de la famille Locke. Dodge poursuit son insatiable quête des mystérieuses clés de pouvoir et est prêt à tout pour les obtenir. Y compris à torturer ses anciens alliés et à assassiner ses ennemis. Bode, Tyler et Kinsey vont devoir mener seuls un combat désespéré pour leur survie.

La couronne des ombres est le troisième tome de la série Locke & Key et sans doute le tome où la famille Locke se déchire et va de plus en plus mal. La mère des enfants souffre de ce qui est arrivé à son mari et la bouteille est sa meilleure amie. Elle n’arrive pas à reprendre le cours de sa vie. Une découverte particulière dans la maison la mène à placer tous ses espoirs en quelque chose de vain, ce qui n’améliore pas du tout la relation qu’elle entretient avec ses enfants.

Les enfants Locke subissent sans le savoir les contrecoups de la présence de Dodge qui prend beaucoup de place et utilise à mauvais escient les pouvoirs de Keyhouse. On apprend encore plus de choses dans ce troisième tome sur la façon dont fonctionne les clés, les pouvoirs qu’elles peuvent offrir et les dangers auxquels doivent faire face les jeunes. Bode, comme à son habitude, continue de trouver toutes sortes de clés et d’en tester les limites… à l’exaspération de son grand frère.

Peu à peu, la maison nous livre ses secrets et nous apprend un peu plus ce qui se cache derrière ses murs. Kinsey de son côté entraîne ses amis sur les traces de son père dans la grotte où beaucoup de choses se sont jadis passées. À vouloir comprendre les secrets de Keyhouse, les jeunes risquent leurs vies…

J’ai l’impression que ce troisième tome est un tome charnière entre le début de l’histoire – la description des personnages et la mise en place des lieux – et de ce qui se passera par la suite: les forces du mal, les pouvoirs mal utilisés et les combats. J’ai beaucoup aimé, il se passe énormément d’action, de combats, de menaces et de danger. Il y a aussi de belles trouvailles quant aux pouvoirs des objets et des clés. C’est toujours un grand plaisir de découvrir le monde créé par Joe Hill et Gabriel Rodriguez!

Cette fois, l’introduction est signée par Brian K. Vaughan, un scénariste de comics. L’album est complété par un extrait du journal de Benjamin Pierce Locke (1757-1799) recensant les clefs connues dans le monde de Locke & Key, ainsi qu’une galerie d’illustrations par Gabriel Rodriguez.

Mon avis sur les deux premiers tomes:

Locke & Key t.3: La couronne des ombres, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 168 pages, 2018

Locke & Key t.2: Casse Tête

Locke and Key 2Et si surmonter ses peurs était aussi simple que de tourner une clé dans une serrure ? Après le drame qui a frappé leur famille, Kinsey et Tyler Locke cherchent du réconfort auprès de Dodge, leur nouvel ami. Mais ils sont loin d’imaginer les noirs secrets de son coeur. Pendant ce temps, leur petit frère Bode met la main sur une clé au pouvoir insoupçonnable. Un pouvoir qui pourrait bien leur coûter la vie.

Ce second tome nous présente un nouveau personnage, qui agira comme déclencheur dans la suite des choses. Joe est professeur au lycée fréquenté par les enfants Locke, ainsi que Zack le petit nouveau, qui passe beaucoup de temps avec eux. Le professeur a une drôle de « vision » en apercevant Zack. Cette rencontre causera sa perte et sera le début de la fin pour les personnages qui vivent à Keyhouse. La façon dont les auteurs nous présentent l’histoire et la face cachée des personnages est vraiment intéressante. Ils s’attardent sur la dynamique entre eux et la façon dont leur comportement aura des répercussions sur la suite. C’est une histoire qui parle d’adolescence, mais toujours avec un côté obscure et malfaisant. Une grande part d’ombre…

Par l’entremise des souvenirs du professeur, le lecteur découvre plusieurs secrets issus du passé. On apprend aussi ce que sont devenus certains amis du père des jeunes Locke et c’est là que l’on rencontre Rufus, un jeune garçon handicapé. Ce personnage est intéressant car il apporte une dimension vraiment particulière au récit. Tout le monde fait semblant qu’il ne comprend rien alors qu’il comprend beaucoup plus de choses qu’on veut bien l’admettre… Les auteurs nous font réaliser la misère dans laquelle il a été élevé et les répercussions sur sa vie et celle de sa mère.

De son côté Bode trouve toujours des clés. Il erre dans la maison alors que personne ne s’occupe de lui. Les clés livrent peu à peu leurs étranges pouvoirs au jeune garçon qui tente d’intéresser son frère et sa sœur à leurs particularités. Et c’est là que ça devient complètement fou! Ces clés sont fascinantes et l’histoire inventée par Joe Hill et Gabriel Rodriguez est totalement réjouissante pour tous ceux qui adorent les mondes mystérieux et inquiétants. Keyhouse a beaucoup de choses à livrer et nous commençons tout juste à les effleurer avec ce second tome, qui porte d’ailleurs très bien son titre: Casse-tête.

Certaines scènes sont dures et violentes, car il y a des personnages qui sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Ils sont persuasifs, abusifs et manipulateurs. C’est dans ce contexte que l’on découvre un peu plus de choses sur l’enfance de Duncan, l’oncle des enfants Locke et sur sa vie personnelle aujourd’hui. Ce personnage est vraiment attachant et gentil. Il amène son lot de questionnements et permet aux auteurs de dénoncer l’homophobie et la haine.

Ce second tome entre vraiment dans le vif du sujet en nous montrant ce que peuvent les clés et leurs pouvoirs lorsqu’elles sont entre de mauvaises mains. Il y a d’excellentes trouvailles d’ailleurs en ce qui concerne les effets des clés et tout l’aspect fantastique de leurs capacités. C’est fascinant! (Et totalement effrayant également!)

Un second tome qui aborde d’une certaine façon la violation de l’intimité et du jardin secret des autres. C’est aussi dans ce livre que l’on retrouve pour la première fois un extrait du journal de Benjamin Pierce Locke débutant en 1757 et qui entreprend de faire une description détaillée des clés connues à ce jour. Les auteurs nous donneraient presque l’envie d’en découvrir quelques unes!

L’introduction de ce second tome est signée par Warren Ellis et elle est plutôt drôle et mordante. Le livre est complété par une petite galerie d’illustrations et par un article de l’illustrateur, Gabriel Rodriguez, dévoilant sa façon de travailler sur une planche. C’est un petit plus bien intéressant!

Mon avis sur le tome 1 de la série:

Locke & Key t.2 Casse Tête, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 168 pages, 2018

Locke & Key t.1: Bienvenue à Lovecraft

Locke and Key 1Keyhouse : un étrange manoir de la Nouvelle-Angleterre. Un manoir hanté, dont les portes peuvent transformer ceux qui osent les franchir… Après le meurtre brutal de leur père, Tyler, Bode et Kinsey découvrent leur nouvelle demeure, croyant y trouver le refuge dont ils ont besoin pour panser leurs plaies. Mais une ténébreuse créature les y attend pour ouvrir la plus terrifiante de toutes les portes… 

Locke & Key est sans doute la série de comics la plus fascinante et la mieux écrite que j’ai pu lire. Elle a d’ailleurs remporté plusieurs prix. Le scénario est original et il flotte dans l’ambiance de cette série quelque chose d’un peu effrayant. Une histoire de maison étrange et de clés encore plus étranges, c’est fascinant! C’est une histoire prenante dont on veut forcément connaître le dénouement. Les six tomes seront chroniqués ici au cours des prochaines semaines. À noter également qu’une adaptation en série sera diffusée sur Netflix début 2020. J’ai très hâte de voir comment ce sera à l’écran. Il y a certainement matière à faire une série vraiment intéressante!

Alors, qu’est-ce qui se cache derrière les portes de Keyhouse? Tyler, Bode et Kinsey débarquent dans la vieille demeure après le décès tragique de leur père. Leur mère a survécu au massacre, mais elle n’est que l’ombre d’elle-même. Tyler et Kinsey quant à eux, essaient de survivre à l’adolescence et de gérer leurs peurs et leur peine. Bode est encore un enfant. Un enfant curieux, qui trouve d’étranges clés dans la maison. Beaucoup de clés…

Ce premier tome met en place les personnages et nous montre la dynamique entre les membres de la famille. On rencontre Duncan, l’oncle qui tente de reprendre en main la famille du mieux qu’il peut depuis la mort de son frère. On apprend également ce qui s’est passé réellement le jour du massacre et comment ce terrible événement a affecté tous les membres de la famille.

« Regarde un peu ce que Bode a ramené de l’école. Il a dû illustrer ses vacances d’été. Ça commence par le meurtre de son père. Génial, non? Mon passage préféré, c’est la fin où il s’imagine qu’une porte magique lui permet de se transformer en fantôme et de se rapprocher de son père. »

Keyhouse quant à elle, fait partie prenante de l’histoire. Elle devient littéralement un personnage de l’histoire et un témoin du passé comme du présent. C’est un refuge, mais aussi le lieu de choses effrayantes. La demeure familiale a vu également le père de Tyler, Kinsey et Bode y vivre et venir y passer du temps avec ses amis à l’époque. La maison a été témoin de beaucoup d’événements. Bode, souvent laissé à lui-même et encore petit, passe beaucoup de temps à explorer les lieux. Il se retrouve seul face à des forces qu’il n’appréhende pas, des événements tragiques dont il ne mesure pas encore la portée et des êtres dangereux…

Le dessin de Gabriel Rodriguez est tout simplement fabuleux. En duo avec Joe Hill, ils maîtrisent parfaitement cette histoire fascinante et intrigante. Il s’en passe des choses à Keyhouse et les illustrations collent parfaitement à l’atmosphère des lieux. Sincèrement, leur collaboration est tout simplement parfaite!  On éprouve un grand plaisir à plonger dans cette histoire, à y découvrir les clés aux côtés de Bode et les monstres qui se cachent là où on ne s’y attend pas. On suit les bons comme les méchants en découvrant peu à peu la façon dont Keyhouse fonctionne et ce qu’elle peut éventuellement cacher ou offrir, selon le point de vue.

Ce premier tome est fascinant. C’est une super lecture qui m’a énormément enthousiasmée et je ne peux que la conseiller si vous aimez les lieux étranges et intrigants. Avec Keyhouse, vous serez servis!

La préface de ce premier tome est signé par l’auteur Robert Crais. Le volume se termine par une galerie d’illustrations signées Gabriel Rodriguez. C’est un ajout intéressant à l’album qui lui donne un aspect « collectionneur » bien agréable.

Osez-vous pousser les portes de Keyhouse? À découvrir, avant la sortie de la série!

Locke & Key t.1: Bienvenue à Lovecraft, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 168 pages, 2018

Mort et déterré t.1: Un cadavre en cavale

mort et déterré 1Dernier jour d’école. Un coup de couteau. Un adolescent assassiné. Une famille ravagée par le deuil. Six pieds sous terre, un macchabée se retourne dans sa tombe. Une évasion inattendue. Un cadavre en cavale. Un zombie en liberté. Pas facile d’être un mort-vivant par les temps qui courent !

Les livres qui parlent de la mort – surtout quand ils sont humoristiques – sont toujours intéressants car ils tentent d’aborder un aspect de la vie que personne ne connaît réellement: ce qui se passe après.

Mort et déterré aborde le sujet à travers l’histoire d’un adolescent qui trouve la mort dans des circonstances malheureuses et imprévues. Aîné d’une famille de trois enfants, bientôt quatre car sa mère attend un bébé, Yan est un adolescent comme les autres. C’est un garçon gentil et serviable, un personnage attachant. Victime d’un crime, il se retrouve six pieds sous terre. Pour une raison qu’il ignore, il reprend conscience. Et il s’ennuie. Il décide alors de jouer du clairon, puisqu’il a été enterré avec son instrument, et c’est là que toute son existence (ou plutôt sa mort) est chamboulée. Un an après son décès, Yan revient d’entre les morts à la terreur des passants et à l’enthousiasme de ses amis.

Cette bande dessinée qui peut être lue avec plaisir autant par des jeunes que par des adultes, aborde de façon humoristique la mort, le deuil, les souvenirs reliées à la personne décédée que l’on aimait. Les auteurs ont su apporter une dose de légèreté et d’humour en faisant de Yan une sorte de mort-vivant. Il y a des moments plus émouvants, lorsque la famille et les amis rendent hommage au garçon, puis des moments assez loufoques alors que du fond de sa tombe, Yan allume la lumière de sa montre pour constater les lieux autour de lui…

« Enfermé entre quatre planches, on oublie à quel point le monde est beau. »

Il y a aussi les réactions de ses amis, son passage furtif chez lui qui lui permet de voir le nouveau membre de la famille né le jour de sa mort et l’état désastreux dans lequel se retrouve ses parents, son frère et sa sœur après son départ. Malheureusement, on ne revient pas aussi facilement du monde des morts et Yan choisi de se faire discret. Car avec son apparence actuelle qui a, disons-le, un peu changée et les problèmes reliés à la loi, rien n’est plus difficile que d’être un mort-vivant. Yan commence à l’apprendre à ses dépends!

Un premier tome vraiment amusant, souvent drôle et parfois émouvant qui m’a fait passer un excellent moment. Le dessin est coloré et plaisant, les personnages sont sympathiques et j’ai bien hâte de voir où nous mènera l’histoire improbable de Yan.

À noter que cette bande dessinée est adaptée du roman du même nom de Jocelyn Boisvert. Je n’ai pas lu le roman, mais la bande dessinée est excellente et je vous la conseille. À partir de 9 ans (mais tout aussi plaisant à lire pour les adultes!)

Vivement la suite!

Mort et déterré t.1: Un cadavre en cavale, Jocelyn Boisvert & Pascal Colpron, éditions Dupuis, 48 pages, 2019