La glace

Anna Aune, ancien membre des forces spéciales norvégiennes, a accepté d’accompagner le professeur Daniel Zakariassen au pôle Nord. Leur mission : observer et décrire les effets du réchauffement climatique sur la banquise. Le jour de la Toussaint, la nuit arctique est déchirée par la lueur d’une fusée de détresse tirée d’une base chinoise voisine. Anna et Daniel sont les seuls à pouvoir venir en aide à celui qui a lancé ce signal. C’est un terrible spectacle qui les attend : dans les locaux, ils découvrent plusieurs hommes morts, complètement gelés. De toute évidence, les scientifiques chinois ont été assassinés. Au même moment, une tempête se lève, les isolant du reste du monde. Anna n’a pas le choix : elle doit retrouver le meurtrier et comprendre ce qui s’est passé. Son enquête va la mener au cœur de la lutte sans merci que se livrent les pays qui convoitent les ressources enfouies dans les profondeurs de ces terres hostiles…

La lecture commune du mois de février pour le Défi Un hiver au chalet était La glace. Ça me semblait être un livre prometteur, surtout parce que j’aime les histoires d’expéditions scientifiques en lien avec les changements climatiques. Mais cette lecture a été décevante et, je l’avoue, je m’attendais vraiment à autre chose…

Anna faisait partie des forces spéciales norvégiennes. Mais elle a démissionné. La voilà donc embarquée pour une mission sur la banquise: observer et décrire les effets des changements climatiques. Un soir elle et son collègue aperçoivent une fusée de détresse qu’ils suivent. Ils découvrent alors une base chinoise où tous les scientifiques sont morts assassinés. Isolés du monde Anna et Daniel doivent découvrir le meurtrier pour espérer survivre à leur tour.

J’ai voulu abandonner ce roman plusieurs fois. Après un début intrigant, j’en suis venue à avoir hâte de le terminer. Tant qu’à avoir lu une partie du roman, je voulais au moins savoir comment ça se terminait et ce qui était arrivé aux scientifiques, mais j’ai trouvé cette lecture beaucoup trop longue. Je ne sais pas s’il s’agit de la traduction, mais la lecture était plutôt désagréable. Les échanges entre les personnages sont peu intéressants et ponctués de « putain » à chaque fois qu’Anna ouvre la bouche.

« Faut les attirer dans un guet-apens. Je suis l’appât… toi tu les flingues. »

Je me suis vraiment demandée d’où sortaient ces mauvais dialogues. J’avais l’impression, non pas d’être dans un polar norvégien glacial, mais plutôt dans un western des années 40 poussiéreux. Anna parle à son coéquipier (qui pourrait être son père) comme à un vieil incapable. Pendant ma lecture je me suis fais la drôle de réflexion que l’histoire n’est pas si mal… tant que les personnages n’ouvrent pas la bouche.

Je n’ai ni aimé la dynamique entre eux, ni la façon dont les souvenirs d’Anna sur la guerre en Syrie s’imbriquent dans l’histoire. Anna est froide, on ne s’attache pas à elle. Elle aurait pu mourir à la guerre ou sur la glace, que ça m’aurait laissée de marbre, ce qui est en général assez mauvais signe pour un personnage principal.  L’intrigue autour de la course pour la possession de la banquise par les différents pays et la quête des ressources sont intéressants mais ne vont pas assez loin. C’est à peine survolé. On ne parle pas vraiment du changement climatique. Cette thématique, que je croyais retrouver dans le livre, est plutôt inexistante, même si une partie des découvertes que font les bases scientifiques sont en ligne directe avec cette problématique, le sujet n’est pas vraiment abordé.

J’ai aussi eu l’impression étrange de relire plusieurs fois les mêmes scènes. Anna qui contourne pour une énième fois les baraquements, sur le qui-vive, avec son fusil… Plusieurs scènes se répètent, surtout celles se déroulant sur la banquise. Ça donne l’impression de stagner. C’est très étrange pour un thriller. Bref, cette lecture ne m’a pas vraiment emballée, comme vous l’avez compris. 

J’attendais beaucoup plus de ce livre, qui n’a pas fonctionné avec moi. Dommage!

La glace, John Kåre Raake, éditions J’ai lu, 480 pages, 2021

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Les Frères Michelin, une aventure industrielle

Tout le monde connaît aujourd’hui les célèbres pneus, cartes routières et autres guides gastronomiques siglés Michelin. Leur histoire se confond avec celle de la France. Pourtant, cet empire eut bien failli ne jamais voir le jour, n’eut été la détermination de deux frères : André, entrepreneur fantasque doué d’un génie sans pareil pour les « coups de com », et Edouard, artiste reconverti avide d’innovation. Ensemble, ils auront connu succès et crises à la taille de leur destin.

J’avais un grand intérêt pour cette bande dessinée puisque le thème touche à mon travail et ça rejoint ma sphère de compétences. Étant dans le domaine du pneu depuis plus d’une vingtaine d’années, ce livre piquait assurément ma curiosité. Tout le monde connaît Michelin, un des géants de l’industrie du pneu. On ne le présente plus. Mais connaît-on vraiment ce qu’il y a autour de cette aventure industrielle? J’avais donc hâte de découvrir cette histoire qui aborde les débuts des frères Michelin.

Lorsqu’on ouvre le livre, et de là mon intérêt encore plus accru, on découvre que l’histoire est aussi intimement liée à la guerre. Ici, l’histoire débute le 20 juin 1940. On recule alors dans le passé avec Édouard Michelin, qui nous raconte les débuts de la compagnie, alors que l’entreprise familiale cours vers la faillite. On découvre dans cette bande dessinée l’histoire de la famille, les frères Michelin, leurs talents, leurs domaines de prédilection. Ils vont mette leurs forces, complètement opposées, en commun afin de sauver l’entreprise familiale et permettre de faire évoluer la compagnie. On apprend leur histoire, ce qu’ils ont dû traverser en lien avec leur époque. C’est aussi un portrait intéressant de l’évolution de l’industrie au fil des ans.  

« 1940. Alors que l’armée française s’effondre face à l’Allemagne, le service de recherche de Michelin donne naissance, dans le plus grand secret, à un prototype de pneu qui, bientôt, révolutionnera la mobilité. Celui-ci est baptisé du nom de code « cage à mouche » en raison des câbles espacés de sa carcasse. »

Voici donc l’histoire de la naissance de Michelin, l’évolution, les études en lien avec la compagnie, la création de l’entreprise vers celle que l’on connaît aujourd’hui et leur vision de la compagnie. C’est aussi une image de la relève qui va pousser et prendre position également au sein de l’industrie. La vision de l’entreprise évolue avec le temps. Pour eux, il est important que le président débute à zéro, qu’il travaille avec les ouvriers dans chaque département pour mieux comprendre ce que vivent les employés et le travail relié à leurs tâches.

Ça m’a donné l’impression d’une compagnie qui créait, au sein de son équipe, un véritable esprit familial. Dans la portion bande dessinée de l’ouvrage, on découvre l’évolution de Michelin jusqu’à la seconde guerre mondiale. On apprend aussi des choses sur la naissance de Bibendum: comment il a été créé et pourquoi. Un personnage qui a traversé les ans, est devenu le symbole de l’entreprise et qui est reconnaissable à travers le monde au premier coup d’œil.

J’ai découvert avec intérêt que les frères Michelin on beaucoup créé et investis dans d’autres domaines qui n’ont rien à voir avec le pneu. Les règles de l’époque étant plus souples, il était plus facile pour une compagnie industrielle de s’investir dans d’autres domaines, qui n’avaient aucun lien avec son expertise. Ils ont fait beaucoup d’investissements dans la communauté et ils ont dû par la suite se réinventer afin de poursuivre leurs objectifs.

La bande dessinée couvre la période entre 1885 et 1940 pour le texte et le dessin. Elle raconte l’histoire de Michelin, son processus de développement, les points positifs comme négatifs, les révolutions et les épreuves. Tout l’aspect entourant la guerre est aussi fascinant. On découvre que les usines étaient réquisitionnées par les Allemands et de quelle façon les Michelin ont dû travailler afin de cacher leur processus de création et leurs prototypes pour ne pas les perdre.

« Nous avons pourtant rompu l’isolement des peuples, désenclavé des territoires entiers. Nous avons donné du travail et un but à ces gens, nous avons facilité l’exploration et la découverte… Nous avons enseigné notre savoir-faire aux quatre coins du monde et aujourd’hui tout cet idéal est perverti, victime de la haine et de la guerre. »

Après 1940 jusqu’à aujourd’hui, l’histoire est racontée sous forme de documentaire, à la fin de la bande dessinée. On y retrouve des documents visuels: des croquis, des photos d’époque, les réalisations de l’industrie, les révolutions dans le monde du pneu. Les auteurs vont nous parler de la relève, des publicités, des conquêtes des marchés mondiaux, des tests routiers, de la création des usines, des prototypes, de l’expansion et des acquisitions industrielles faites au fil des ans.

J’ai adoré cette lecture. C’est très instructif car ça touche à beaucoup d’univers et de domaines que j’apprécie. On découvre l’histoire de l’entreprise et aussi de l’époque. J’adore l’histoire et ce qui est intéressant aussi c’est que l’on vit avec les Michelin l’impact de la guerre sur leur compagnie, les conséquences sur l’industrie. La lecture est très agréable, bien présentée aussi, en alternant la bande dessinée et le documentaire. La forme de l’ouvrage rend l’histoire très accessible.

Une bande dessinée qui se lit d’une traite, qui est très instructive et nous apprend une foule de choses sur l’avenir de la compagnie et les évolutions. Il est inutile de connaître en détail le monde du pneu pour apprécier ce livre puisque c’est axé sur l’histoire, la création et l’ingéniosité. Une bande dessinée qui nous donne une perception positive et sympathique des fondateurs de la compagnie et des gens de la relève. Ça été un très beau moment de lecture pour moi.

Les Frères Michelin, une aventure industrielle, Cédric Mayen, Fabien Nappey, éditions Le Lombard, 72 pages, 2022

Le Paradis blanc

Quand Ernt rentre du Vietnam, sa fille Leni, dix ans, ne le reconnaît pas. Poursuivi par de terribles cauchemars, il se montre violent envers sa femme Cora. Un jour, il reçoit une lettre du père d’un de ses amis, mort dans ses bras durant cet enfer, qui lui lègue un terrain avec un chalet en Alaska. Il se dit qu’il pourra peut-être s’y reconstruire. Avant la guerre, ils étaient si heureux… Au coeur de l’Alaska des années 1970, une poignante saga familiale qui prend racine dans la beauté d’une nature éblouissante et sauvage.

Le paradis blanc était la lecture commune de janvier pour le Défi Un hiver au chalet. Je l’avais choisi à cause de sa référence à l’Alaska, mais je ne m’attendais pas du tout à y trouver tout ce que j’y ai lu. Ce livre est magnifique et il m’a énormément remuée. L’histoire est axée sur Leni, qu’on voit grandir de l’enfance à l’âge adulte. Petit bout de femme courageux, amoureuse des livres et des grands espaces. Le roman parle de la force des filles et des femmes dans un univers hostile. 

« Ils vivaient sur un terrain inaccessible par la mer à marée basse, dans une péninsule habitée seulement par une poignée de gens et des centaines d’animaux sauvages, dans un climat assez rude pour vous tuer. Il n’y avait pas de gendarmerie, pas le téléphone, personne pour vous entendre crier. Pour la première fois, Leni comprit vraiment ce que son père avait dit: ils étaient coupés du monde. »

Nous sommes en 1974. Ernt est revenu brisé de la guerre du Vietnam. Sa femme Cora, répète à sa fille que son père n’a pas toujours été comme ça et elle lui pardonne tout ce qu’il fait. Leni grandit donc dans un foyer instable et dysfonctionnel. Quand l’ami de Ernt, qui n’a pas survécu à l’abattage de leur avion de guerre, lui lègue un bout de terrain et une cabane en Alaska, la petite famille quitte Seattle pour la dernière frontière. Mal préparés, ils ont peu de matériel. L’hiver s’en vient vite en Alaska et il peut être impitoyable, surtout quand on vit dans les régions sauvages, à l’écart de tout. Ils reçoivent donc de l’aide de la communauté, petite mais soudée. Ernt semble prendre du mieux dans l’été scintillant de l’Alaska, mais quand l’hiver, la noirceur, la solitude, l’isolement s’abattent sur eux, la menace et la sauvagerie ne vient plus uniquement de la nature…

Ce livre m’a littéralement pris aux tripes et il a joué avec mes émotions. Aventures, nature incroyable, survie, amour, peur, horreur, ce pavé raconte la vie de Leni, jeune ado qui grandit en Alaska. Le récit de la nature est époustouflant. Les lieux sont magnifiquement décrits et ce qu’ils font vibrer chez ceux qui, comme Leni y sont sensibles, m’a beaucoup touchée. La nature peut être si grandiose! Les sentiments humains et le côté psychologique sont tellement bien décrits également. Tout n’est pas noir ou blanc. Les personnages sont attachants, terrifiants, drôles, courageux, forts, plus grands que nature.

« L’Alaska regorgeait de personnes inattendues, comme la femme qui vivait dans un bus scolaire hors d’usage à Anchor Point et lisait les lignes de la main. On racontait qu’elle avait été flic à New York. À présent, elle se baladait avec un perroquet sur l’épaule. Tout le monde ici avait deux histoires: la vie avant et la vie maintenant. »

Ce roman, qui se déroule en trois parties et sur trois périodes de temps, raconte l’histoire complexe de femmes, de survivantes, pour qui la nature devient vitale. C’est un lieu terrible, effrayant, magnifique, un lieu qui ne réussi pas à tous mais qui permet à Leni de respirer. D’être elle-même. De survivre. D’autres personnages y trouvent aussi leur compte. J’ai adoré Large Marge qui est une forte présence improbable dans cet Alaska sauvage. 

Ce livre m’a fait pleurer. Je l’ai trouvé dur et beau à la fois. J’en ai aimé la nature majestueuse. J’ai eu peur aux côtés de Leni, tellement peur que j’ai même été feuilleter des pages un peu plus loin pour vérifier si Leni s’en sortait. Je ne fais jamais ça quand je lis, mais ce livre a su me procurer une gamme d’émotions très forte. L’auteure nous offre un personnage exceptionnel. Elle parle de l’héritage familial, des choix que l’on fait, de la place qu’on peut accorder à la nature dans sa vie. Elle parle d’entraide, d’amitié, de conflits et d’amour. J’ai tremblé avec Leni pour tout ce qu’elle vit auprès de Matthew.

Je suis contente d’avoir proposé la lecture commune de ce roman. Les retours que j’ai eu sur ce livre avec les autres participants ont été très positifs. C’était une très belle surprise pour plusieurs d’entre nous d’ailleurs. Je crois que ce livre peut vraiment aller chercher des lecteurs variés, de ceux qui aiment la nature aux autres, passionnés par les sagas familiales. Avec un petit côté rude qui n’est pas pour me déplaire.

Vraiment, un excellent roman qui m’a fait vivre une gamme très forte d’émotions. C’était un excellent choix pour la lecture commune de janvier. Si vous aimez les pavés qui se dévorent, celui-ci en est un!

Le Paradis blanc, Kristin Hannah, éditions Le livre de poche, 648 pages, 2020

Billy Summers

Billy Summers est un tueur à gages, le meilleur de sa profession, mais il n’accepte de liquider que les salauds. Aujourd’hui, Billy veut décrocher. Avant cela, seul dans sa chambre, il se prépare pour sa dernière mission…

Billy Summers est le petit dernier de Stephen King et c’est un très bon roman! Pas d’horreur ici, on plonge plutôt dans un excellent roman policier, thriller et récit de guerre. C’est bien mené, touchant et pas du tout prévisible. L’histoire a aussi un petit côté fascinant tant on en apprend plus sur le métier bien particulier du personnage central de l’histoire.

Billy est un tueur professionnel. Il joue un peu à l’idiot et prend des contrats pour de l’argent. Il vit de cela. Mais Billy est un tueur avec une conscience: il ne tue que les méchants. S’ils ne le sont pas suffisamment, il refuse le travail. Le jour où il s’apprête à prendre sa retraite, il accepte un dernier contrat. Un tout dernier, pour boucler la boucler. Et parce que le montant d’argent tout au bout est conséquent. Suffisamment pour prendre une retraite dorée. Surtout que Billy n’est pas si vieux. Cependant, certaines choses lui semblent étranges et il se méfie. L’organisation paraît impeccable mais Billy n’a pas tout à fait confiance. Alors il se prépare un plan B au cas où… C’est aussi sous couverture pour cette affaire, celle d’un « écrivain » en plein travail d’écriture, qu’il découvre le plaisir d’écrire pour vrai. Il se prend au jeu, lui qui est déjà un grand lecteur. Vous l’aurez deviné, Billy Summers ne ressemble pas vraiment à l’idée qu’on peut se faire d’un tueur à gages.

Dans ce roman, on s’attache beaucoup à Billy. Même si son travail pose forcément des questions morales pour le lecteur, on lui souhaite le meilleur du monde. C’est un bon gars. Même s’il tue. J’aime beaucoup quand les auteurs jouent avec nous en nous présentant des personnages de ce genre. Des personnages pour qui on se prend d’affection, mais qu’on devrait en fait détester parce que ce qu’ils font n’est pas bien. Du moins en apparence.

« Peut-être qu’une histoire glaçante doit être écrite dans un endroit glacial. »

Billy est un ancien tireur d’élite de l’armée. Dans son rôle d’écrivain, il décide de nous raconter son histoire personnelle. Pour entrer dans son personnage et offrir une couverture réaliste, on lui suggère d’écrire pour vrai. Ce qu’il prend plaisir à faire. C’est l’occasion de découvrir alors un roman, dans le roman, celui de la vie de Billy, de son enfance traumatisante aux missions de guerre, en passant par son travail comme tueur, son amitié avec Bucky et sa rencontre totalement inattendue avec Alice.

J’ai aimé la forme de ce roman, assez particulière, ainsi que la description de toute la préparation entourant les « contrats » de Billy. Surtout que son dernier travail exige beaucoup de préparation et une longue couverture dans un quartier résidentiel. C’est avec étonnement et fascination qu’on découvre la façon dont il met en place toute la trame d’une couverture et qu’il se prépare à l’acte final: tuer un homme dont la tête a été mise à prix.

L’histoire de Billy Summers est passionnante et humaine à la fois. Les derniers chapitres m’ont beaucoup touchée d’ailleurs. C’est un ouvrage qui nous rejoint et qui démontre encore une fois tout le talent de Stephen King, qui peut passer avec fluidité d’un genre littéraire à l’autre. Il sait créer des personnages qui ont de la substance et qui viennent nous chercher. 

« Peut-être que votre dernier boulot ne devrait pas être seulement le plus lucratif, peut-être qu’il devrait être aussi le plus intéressant. »

Billy Summers est assurément un personnage qu’on n’oublie pas. La teneur psychologique de ce roman est importante et apporte beaucoup de profondeur au texte. J’ai adoré ce nouveau roman du King. C’était une super lecture que je vous conseille assurément! 

Billy Summers, Stephen King, éditions Albin Michel, 560 pages, 2022

La nature de la bête

Chaque jour, Laurent Lepage invente une catastrophe : des arbres qui marchent, un débarquement d’extraterrestres… Plus personne ne croit le garçon de neuf ans. Pas même Armand Gamache, qui a pris sa retraite à Three Pines. Cependant, quand l’enfant disparaît, il faut bien envisager que l’une de ses histoires soit vraie. Une traque effrénée et digne des plus grands romans d’espionnage se met en branle lorsque Gamache et ses anciens lieutenants de la SQ, Jean-Guy Beauvoir et Isabelle Lacoste, déterrent l’authentique canon géant de Gerald Bull, ingénieur en armement assassiné à Bruxelles il y a vingt-cinq ans. Un monstre est autrefois venu à Three Pines, il y a semé le malheur et ce dernier est de retour. En refusant de prêter foi à un enfant, l’ex-inspecteur-chef n’a-t-il pas joué un rôle funeste dans ce qui est arrivé ?

La nature de la bête était le livre du mois de juillet pour le Défi Un Penny par mois. J’ai accumulé un peu de retard cet été entre le jardin et les rénovations qui ont pris tout notre temps. Je tente donc de reprendre peu à peu mes lectures pour être à jour. Je vous présente donc cette fois un livre assez intéressant et un peu différent, il me semble, des autres enquêtes. 

L’histoire de ce livre est surprenante. Elle s’inspire du travail d’ingénieur de Gerald Bull. J’aime quand Louise Penny nous amène avec elle dans des histoires qui s’inspirent de faits réels mais peu connus. L’histoire de Bull et de son canon est justement l’une d’entre elles. 

Dans cette onzième enquête, Armand Gamache est à la retraite, du moins officiellement. Il vit maintenant à Three Pines avec Reine-Marie et ils tentent de construire un monde plus calme autour d’eux. Toutefois, l’arrêt complet d’un travail qui représentait une grosse partie de sa vie est difficile. Il ne sait pas tout à fait s’arrêter. Entre leurs amis, leur famille et certaines occupations, Armand et Reine-Marie tentent de s’impliquer dans les activités du village. Ces temps-ci, il est question d’une pièce de théâtre qui fait scandale et déchire la petite communauté. Il y est question de censure et du fait de différencier l’œuvre de son auteur.

« Armand Gamache comprenait désormais comment Laurent devait se sentir lorsqu’il tentait de convaincre quelqu’un qu’il avait vu un monstre. Gamache n’avait pas encore vu le monstre, mais il le savait là, quelque part. Il ne lui restait qu’à convaincre les autres de son existence. »

Presque en même temps, un jeune garçon du village, à l’imagination galopante, disparaît. C’était un vrai tourbillon qui prenait beaucoup de place. Les parents sont anéantis. Tout le monde participe donc aux recherches pour tenter de retrouver l’enfant. Mais pendant les battues, ce qu’on découvre dans les bois dépasse l’entendement: un canon géant caché là depuis très longtemps.

« Pour un tueur, le chaos est un refuge. Ne lui conférez pas cet avantage. »

La nature de la bête est un roman intéressant et passionnant. Il se rapproche beaucoup du roman d’espionnage, par sa construction et par son histoire, mais campé dans un village réconfortant. Il mêle une disparition d’enfant à une trouvaille plus grande que nature. Avec cette enquête, on fouille dans l’histoire et dans le passé. On déterre également une vieille affaire à laquelle a participé Gamache il y a bien longtemps. À la retraite le sympathique inspecteur? Plus ou moins dirons-nous!

Une très bonne lecture qui m’a tenue en haleine. J’ai découvert cette étonnante histoire nichée au creux d’une forêt des Cantons-de-l’Est et le personnage particulier qu’était Bull. Comme d’habitude, l’auteure fait preuve de beaucoup d’humour dans l’élaboration de ses dialogues et c’est fort agréable. J’ai aussi beaucoup aimé que Louise Penny nous offre un roman d’espionnage. Je trouve que ça lui réussit bien!

La nature de la bête, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 480 pages, 2016