Légendes de la Garde t.1: Automne 1152

Depuis la nuit des temps, la Garde protège les souris des mille dangers qui menacent leur existence. Trois de ses membres les plus solides, Kenzie, Saxon et Lieam, découvrent lors d’une mission de routine un noir complot ourdi dans la ville de Barkstone. Trop tard ! Lieam est fait prisonnier, les deux autres sont laissés pour mort aux portes de la ville et une armée traîtresse marche déjà vers Lockhaven, la légendaire forteresse de la Garde.

J’ai tout de suite été attirée par la série Légendes de la Garde, à cause de son format carré différent des autres bandes dessinées et parce que les tomes se déroulent tous en une saison différente. Le premier se passe en automne, le second en hiver, le troisième au printemps alors que le quatrième est un recueil de contes. Ce peut être une bonne idée de les découvrir en suivant les saisons. 

Légendes de la Garde raconte un monde où les souris ont leur propre civilisation et où elles se sont organisées afin de se défendre contre les grands prédateurs. Trois souris agissent en éclaireurs alors que se greffe à elles d’autres personnages qui ont tous des postes clés dans la survie de leur communauté. Ce premier tome nous permet de découvrir leur fonctionnement. 

La bande dessinée est divisée par chapitres, qui débutent tous par un texte, un peu comme un livre de contes. Puis l’histoire se poursuit comme une BD classique. La Garde permet aux souris de prospérer en restant relativement à l’abri. Après avoir remporté la Guerre d’hiver de 1149, les membres de la Garde forment des escortes, des éclaireurs, des guetteurs et des guides. 

« Qu’importe l’ennemi, pourvu qu’on ait la cause. »

Cette aventure de l’hiver 1152 commence quand un marchand de grain a emprunté seul une route et est disparu en chemin. Le marchand est retrouvé mort, avec une carte en poche. Il s’agissait d’un traitre. Les souris veulent découvrir à qui le marchand livrait leurs secrets et pourquoi. Ainsi commence leur enquête.

Au fil des pages, on découvre d’autres personnages qui ont des rôles importants au sein des souris. L’histoire est racontée sous forme de récit d’aventure, avec un petit côté médiéval très intéressant. Les ennemis se cachent dans l’ombre et le danger n’est pas toujours facile à appréhender.

« La mort est une arme puissante
Comme elle est une fuite facile

Les héros deviennent les légendes
Les légendes deviennent les mythes
Les mythes créent de nouveaux héros »

Plusieurs citations, extraites de recueils, de livres ou de paroles de personnages de légendes du monde de la Garde, ornent souvent les premières pages de chapitres. Il y est beaucoup question de la Hache Noire, qui fait partie des mythes et des histoires de la Garde. Le troisième tome de la série en porte d’ailleurs le titre.

Avec Légendes de la Garde et la création d’un monde animal complètement autonome et protecteur envers ses membres, David Petersen crée ici un univers complet, avec ses histoires et son propre monde mythologique. C’est ce qui amène tout l’intérêt de cette BD: un univers complet. On ressent derrière la narration et l’évolution de l’intrigue, la force d’un bagage riche en légendes et en textes. On en retrouve d’ailleurs des extraits, joliment enluminés. En fin de volume, l’auteur partage des informations supplémentaires sur son monde, comme par exemple sur les métiers exercés dans l’univers des souris. 

J’ai bien aimé cette lecture, qui a un petit côté médiéval et fantaisiste. L’idée de mettre en scène des animaux n’est pas nouvelle, mais l’univers créé par Petersen est riche et complet. Automne 1152 est un premier tome prometteur pour le reste de la série que je vais poursuivre dès qu’on a quelques flocons, pour être dans l’atmosphère hivernale du second tome.

Si vous aimez les histoires d’animaux, l’ambiance d’un monde ancien, cette série pourrait vous intéresser. On ne peut s’empêcher de penser à Trône de fer (en moins violent) ou même à Tolkien, dans un genre bien différent naturellement. 

Une belle découverte, que j’ai fait un peu par hasard, en cherchant des livres à l’esprit automnal. Je suis contente d’avoir mit la main sur Légendes de la Garde.

Légendes de la Garde t.1: Automne 1152, David Petersen, éditions Gallimard, 168 pages, 2008

Ce cœur qui haïssait la guerre

Au lendemain de la Grande Guerre, Anton découvre un domaine inexploré : la conquête de l’espace. Jeune ingénieur allemand, il rêve plus d’étoiles que de pouvoir et de politique. Une opportune neutralité qui lui permet de ne pas prendre position entre pro et antinazis. Mais que vaut la neutralité lorsque l’on travaille sur une fusée financée par l’Armée et qu’elle devient une arme dévastatrice ? Ce sont deux femmes également aimées qui rappellent à ce cœur rebelle que si l’homme n’est pas fait pour la guerre, il l’est encore moins pour la servitude, et l’amènent à passer de la résistance passive à la trahison de son pays.

Ce cœur qui haïssait la guerre est un livre qui était dans ma pile à lire depuis longtemps. Je voulais donc le lire, mais je ne me sentais pas totalement dans l’ambiance de ce roman. Pourtant le sujet m’intéresse beaucoup, mais comme j’ai lu plusieurs livres autour de la Seconde Guerre mondiale, j’étais un peu ambigu face à sa lecture. De plus, il s’agit d’un pavé de plus de 700 pages. Mais j’ai décidé de me lancer et je dois dire que le livre est venu rapidement à bout de mes quelques réticences. Ce fut une très bonne lecture.

Le roman est très bien écrit et bien documenté. Il raconte l’histoire d’Anton qui rêve d’aller sur la lune. On retrouve quelques allusion à Jules Verne d’ailleurs car il aimerait réaliser le rêve de l’auteur. Anton est ingénieur. Avant la guerre il travaillait sur des projets de fusées pour être le premier homme à aller sur la lune. La guerre vient contrecarrer ses plans et ses idées. Il n’adhère pas à la guerre. On fait aussi la connaissance d’Hanne une amie d’enfance d’Anton pour qu’il il a encore des sentiments. Elle est contre la guerre, contre la discrimination ou l’injustice. Elle a une certaine influence sur Anton et sur ce qui guide parfois ses choix. Et il y a Adriane, une femme de qui Anton tombe follement amoureux. Une artiste qui a été censurée par les politiques d’Hitler. Elle est rapidement perçue comme une menace. Elle prendra la fuite pour sa propre survie. En parallèle, il y a aussi une histoire d’amour et une histoire humaine, dont on veut connaître le dénouement. 

Dans le roman, tout ce qu’Anton vivra, de difficile, de dur, alors qu’il ne veut pas devenir membre du parti d’Hitler, lui apportera des problèmes. Ses idées et ses propos dérangent. L’atmosphère devient rapidement pénible, puisqu’on ne peut se fier à personne, Anton est perçu comme une menace. Une ambiance de suspicion et de méfiance règne autour de lui.

« La peur était partout. Chez les Juifs, les étrangers, les homosexuels, les ouvriers, les grands patrons, les juges, les professeurs d’université et tous ceux qui prononçaient encore le mot de liberté. Mais c’était chez les hommes qui détenaient le pouvoir qu’elle était la plus sournoise. Ils avaient peur, eux aussi, de ce qui leur était inconnu, de ce qui remettait en question leur croyance en la suprématie de la race allemande. »

À cause de ses idées et de son manque d’adhésion aux politiques en place, il est envoyé à la guerre puisqu’il est dérangeant. Il vivra donc toutes les atrocités d’un conflit qu’il n’endosse pas. C’est son amour pour son amie Hanne et pour Adriane, qui l’aidera à résister aux atrocités de la guerre pour revoir ces femmes qui ont une grande place dans sa vie. On ressent beaucoup cette force de caractère chez le personnage, afin qu’il réussisse à traverser les moments difficiles, la torture qu’il devra subir et sa position d’espion pendant la guerre.

« Pour étoffer leurs sous-vêtements d’été, certains avaient glissé des pages de journal ou des vieux sacs sous leur chemise. D’autres avaient reçu des manteaux en fausse fourrures confisqués dans le ghetto de Varsovie, mais les longs poils s’étaient imprégnés d’eau et avaient gelé, transformant les soldats en épouvantails incapable de replier les bras. »

Envoyé en Russie, il y dirige une petite armée. L’auteur raconte son travail là-bas et décrit en détail les difficultés du climat, la dureté du quotidien, du froid, qui devient un combat perpétuel contre la mort. Les hommes doivent affronter le manque de nourriture et les engelures. C’est la survie qui devient le but premier: tuer pour récupérer des habits chauds, pour manger, pour éviter de mourir gelé. Le côté humain d’Anton persiste malgré les horreurs de la guerre. C’est en quelque sorte ce qui sera aussi son salut.

Ce qui rend l’histoire intéressante, malgré le sujet difficile, c’est ce qui se passe entre Adriane et Anton qui est au cœur de la survie. La mort est omniprésente. La guerre est un état quotidien. L’attachement qu’ils ont l’un pour l’autre leur permet de tenir et d’espérer survivre. Ils apportent aussi une certaine lueur d’espoir et un peu de lumière au texte dont le sujet n’est certes pas facile.

« Le train était déjà à quai. Au moment de monter elle se tourna vers Anton, le regard égaré, dans l’attente confuse d’un incident, d’une parole qui retarderait son départ. Elle s’arrêta sur la dernière marche et serra Anton dans ses bras. Elle lui caressait les cheveux avec une tendresse mêlée d’étonnement. Jamais un homme n’avait eu une telle expression d’amour pour elle, jamais Anton n’avait eu jusqu’à ce soir cette lueur de désespoir dans le regard. »

Pour avoir lu plusieurs livres sur la Seconde Guerre mondiale, j’ai trouvé celui-ci différent. Ce qui est très appréciable avec ce roman, c’est qu’on voit l’envers de la médaille: un allemand, ingénieur, scientifique, prit dans la tourmente de la guerre et dans l’emprise d’Hitler. On voit le travail de ceux qui, en arrière-plan, ont tenté de résister et de changer les choses. Ceux qui n’étaient pas d’accord avec ce qui se déroulait chez eux. Ces tentatives pour mettre fin à la guerre, pour faire cesser toutes les atrocités. 

Le roman nous offre des moments très touchants, un texte bien écrit et inspiré de vrais personnages de l’époque. C’est à une immersion en pleine guerre que nous convie l’auteur. L’épilogue donne un aperçu de ce que sont devenus les personnages qui ont tellement existés, lorsque la guerre a finalement prit fin. Le texte est truffé de termes en allemands et pour en faciliter la lecture, on retrouve également un glossaire explicatif en fin de volume.

Ce cœur qui haïssait la guerre est une lecture que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, qui a finalement été une belle surprise. Si les histoires autour de la guerre vous intéressent, le point de vue ici est intéressant, puisqu’il donne la parole à un personnage allemand, scientifique, qui est contre la guerre. On apprend également beaucoup de choses sur le fonctionnement entre les différents pays pendant les conflits et les rouages de ce qui se cachait derrière les décisions et la prise de pouvoir.

Un roman historique qui se lit très bien et qui nous montre une autre facette de cette guerre qui en est aussi une de pouvoir. Il nous aide à mieux saisir la hiérarchie qui se cachait derrière cette guerre et tout ce qui pouvait diviser le peuple allemand.

Ce cœur qui haïssait la guerre, Michel Heurtault, éditions Albin Michel, 736 pages, 2018

Bootblack t.2

Allemagne, 1945. Les troupes américaines traquent les derniers soldats ennemis. Dans leurs rangs, un homme n’a pas fait le deuil de son passé. Ancien cireur de chaussures sur les trottoirs de New York, un Bootblack, il est né sous le nom d’Altenberg, mais il préfère qu’on l’appelle Al Chrysler. Pour oublier l’horreur de la guerre, Al se refugie dans ses souvenirs, à l’époque où il n’était qu’un gamin des rues de Manhattan. Avant de s’engager, il a passé dix années en prison. Aujourd’hui, il a 25 ans. La femme de sa vie, Maggie, n’est plus qu’un reflet dans sa mémoire. Tous ses copains sont morts. Tous, sauf un, « Diddle Joe », qu’il revoit sur le front. Leurs retrouvailles seront brutales : Al découvre que « Diddle Joe » les a trahis…

J’avais beaucoup aimé ma lecture du premier tome de Bootblack, une histoire racontant le destin d’un jeune orphelin, Al, devenu cireur de chaussures dans les ruelles de New York. Ce second tome est une belle suite à la première bande dessinée, qui nous amène du passé au présent.

Comme dans le tome 1, les premières pages s’attardent sur la portion se déroulant à la guerre, avant de nous ramener dans le passé. Cette fois, ce tome nous raconte la vie d’adulte de Al et sa sortie de prison. Cette seconde partie contient un peu plus d’action que la précédente, puisque les choix de vie de Al n’ont pas toujours été judicieux et que les problèmes auxquels il est confrontés sont légion.

« 1945 débutait… J’avais déjà vingt-cinq ans, la rue était redevenue mon seul foyer… et je portais sur moi tout ce que je possédais. Mes poches avaient été vidées, enveloppes garnies et clé de consigne avaient disparu… »

C’est à ce moment qu’on assiste à son enrôlement dans l’armée, puis le récit alterne entre le passé et le présent. Le talent de Mikaël, que ce soit à la narration ou au dessin, est toujours vraiment très agréable à lire. Il crée une histoire intéressante autour d’un personnage qui cherche son identité et tente de se retrouver et de faire la paix avec son passé. 

Bootblack est une histoire en deux tomes que je ne peux que vous conseiller. L’histoire est passionnante et on découvre la vie de Al, au fil de la guerre et de sa survie dans les rues. La fin boucle la boucle, en étant un constat sur l’identité, sur qui est vraiment Al et ce qu’il souhaite réellement dans la vie. C’est une belle façon de terminer la bande dessinée et une belle leçon de vie. 

Ce second tome (le premier tirage) contient un cahier graphique à la fin, des différents personnages.

Un diptyque que je ne peux que vous conseiller de découvrir!

Bootblack t.2, Mikaël, éditions Dargaud, 64 pages, 2020 

Bootblack t.1

Sur le front allemand, au printemps 1945 : la guerre ne laisse que mort et destruction dans son sillage. Pour échapper à l’horreur du présent, Al, soldat américain, seul rescapé de son unité, se plonge dans les souvenirs de sa vie new-yorkaise. Fils d’immigrés allemands, né aux États Unis, il n’a pas dix ans quand, en une nuit, sous l’œil satisfait de ces Américains anti-étrangers, il perd ses parents et son foyer dans un terrible incendie. Tournant le dos à ses origines, Al n’a pas d’autre choix que de vivre dans la rue ; il devient Bootblack, un « cireur de chaussures ». 

Bootblack est une bande dessinée en deux parties. La première partie se déroule essentiellement dans les ruelles de New York et s’attarde sur l’enfance de Al, jusqu’à l’âge adulte. Le second tome se concentre sur sa vie d’adulte. Les deux tomes forment une histoire complète, bien menée, captivante et touchante. Al vit une succession d’épreuves qui ne sont pas faciles pour un jeune garçon. Il devra apprendre à se construire, en ayant peu d’outils à portée de main. 

« Cette vie. Celle d’un cireur de souliers de la monstrueuse cité. Un Bootblack. Je n’avais pas dix ans, la rue était devenue mon seul foyer… et Shiny, ma seule famille. »

Le premier tome débute en 1945, sur le front. Al est le seul survivant de son unité. Plongé dans les profondeurs de sa mémoire, il nous raconte sa vie alors qu’il est un jeune garçon de 10 ans qui sillonne les ruelles de New York, cirant des chaussures pour sa survie. 

Transporté à l’époque de l’entre-deux guerres, le lecteur est plongé dans cette dure réalité de la rue, où Al et ses compagnons essaient de s’élever de leur condition difficile. Il y est beaucoup question des classes sociales et de la différence marquée entre les jeunes travailleurs de la rue et les riches messieurs qui utilisent ses services de cireur de chaussures. Al réalise bien vite que sa condition est précaire. Il est sujet à l’influence d’un monde dans lequel il cherche sa place. Il veut aussi démontrer qu’il n’est pas un moins que rien. Il va tenter de se sortir de la misère en n’ayant pas forcément fait les bons choix. 

Bootblack aborde de nombreux thèmes, relatifs à la guerre, à la survie, à la pauvreté, mais également à l’identité. Fils d’immigrant allemand, Al a longtemps renié ses racines, afin de devenir un « vrai américain ». Désireux de se démarquer des valeurs reliées au vieux continent, il souhaite devenir lui-même quelqu’un, sans l’influence de sa famille. Alors qu’il perd tout ce qui le retient à ses parents, il doit chercher de nouvelles bases à une vie difficile. 

Le dessin est vraiment très beau. J’ai adoré le coup de crayon, très représentatif de l’époque où se déroule la bande dessinée. L’auteur réussi à bien transmettre les émotions vécues par son personnage. 

La bande dessinée se termine par un cahier de croquis et de dessins.

Bootblack est une belle découverte et j’ai tout de suite enchaîné avec le second tome que je vous présenterai bientôt. Le contexte entourant les guerres mondiales, ses effets et ses conséquences m’ont toujours intéressé. Je lirais bien à nouveau d’autres histoires de Mikaël. 

Bootblack t.1, Mikaël, éditions Dargaud, 64 pages, 2019

Incroyable Histoire

Voyagez dans le temps et prenez part à une chasse aux mammouths, marchez avec un soldat romain et volez avec les frères Wright. Revivez les moments les plus excitants de l’Histoire, des temps préhistoriques jusqu’à aujourd’hui ! Voyez une centaine d’événements historiques de vos propres yeux à travers des images de synthèse spectaculaires, et découvrez les gens, les endroits et les faits les plus marquants depuis le début de l’humanité. Apprenez à quoi ressemblait la vie quotidienne dans les sociétés médiévales et comment les grandes inventions telles que la presse ont changé le monde.

Du monde antique au monde moderne d’aujourd’hui, cet ouvrage d’une grande qualité est réellement passionnant. Il est abondamment illustré et nous permet un tour d’horizon de l’évolution du monde. Construit en cinq grands chapitres, l’ouvrage couvre le monde antique, le monde médiéval, le temps des révolutions, le temps des explorations et le monde moderne.

Ce livre nous amène tout d’abord aux débuts des origines de l’homme à travers la chasse, la cueillette et les migrations de ce dernier, jusqu’à ce que l’humain se sédentarise. On y parle de l’habitation, de l’organisation familiale, du transport, de la nourriture et des cultures, de l’art et des poteries, pour ne nommer que ceux-là. À partir de ce moment, l’homme cherche alors à conquérir les territoires voisins et à se développer. C’est alors que les guerres commencent, que l’homme évolue et que son mode de vie change. Il y est question de conquêtes, des différents empires, de religion, d’esclavage, de l’économie, des inventions, de l’occupation des territoires et des différents échanges entre les peuples. On retrouve différents chapitres sur les Premiers hommes, l’Égypte ancienne, l’Inde, les Romains, les Vikings, les peuples Germaniques, les dynasties chinoises, l’Europe médiévale, les Grecs, l’empire Mongol, les Phéniciens, les Perses, les Tsars, les premiers colons en Amérique du Nord et les peuples autochtones.

Le livre aborde tous les aspects des différents peuples, dans leur vie quotidienne et leur façon de fonctionner, de faire la guerre, de se développer et d’interagir entre eux et avec les autres. Il est intéressant de découvrir leur mode de vie, la construction de leurs habitations, leurs politiques et leur religion, leurs différentes croyances, leur système de justice, ainsi que leur entraînement comme guerriers. La place des femmes et les rôles de chacun selon les périodes, revient également à travers les différentes époques. Tous ces peuples ont contribué à l’évolution du monde jusqu’à celui que l’on connait aujourd’hui. L’ouvrage aborde aussi les grandes structures construites par l’homme, des statues de l’île de Pâques aux grandes pyramides, en passant par l’armée de terre cuite, le Colisée et bien d’autres constructions impressionnantes. 

Parallèlement, les guerres et les explorations permirent aux différents peuples de faire des découvertes et d’étendre leur pouvoir sur de nouveaux territoires. Les guerres sont d’ailleurs au centre de l’histoire. Malgré tout, plus l’homme évolue, plus la culture se développe: l’art, le théâtre, les livres, l’imprimerie. La révolution scientifique a également changé la perception de l’homme de son univers et a permis de mieux comprendre ce qui nous entoure; alors que la révolution industrielle fut une grande période de bouleversements économiques. Même chose pour l’évolution de la médecine ou le mouvement des droits civiques, qui ont contribué à l’amélioration de la qualité de vie. 

Les sujets sont très variés et de nombreuses informations sur le monde nous sont présentées en images et en couleurs. Les anecdotes sont très intéressantes car on apprend une foule de choses qui n’étaient pas forcément beaucoup enseignées. Saviez-vous par exemple, que l’espérance de vie des hommes de l’Égypte ancienne était de trente-quatre ans? Que 10 millions est le nombre estimé de Congolais qui furent tués sous le règne de Léopold II de Belgique? Qu’à la fin du XVe siècle, c’est 50 millions de personnes qui vivaient en Amérique du Nord? Qu’en période de récolte, les esclaves travaillaient 18 heures par jour? Que c’est en en 1891 que survint le premier accident de la circulation en voiture? Que 90% des films réalisés à Hollywood avant 1929 ont été perdus? C’est un tour d’horizon historique et anecdotique sur l’histoire mondiale.

Incroyable Histoire est vraiment magnifique. Les illustrations sont vraiment très belles et détaillées. L’expérience de lecture est très riche, puisque tout est mis en images. Les détails sont fabuleux et nous permettent d’apprendre un grand nombre d’informations sur l’histoire générale. Les graphiques et les cartes nous aident à mieux comprendre les enjeux de l’évolution. Cet ouvrage est un livre familial, à la portée de tous, qui permet de découvrir une histoire globale du monde et de l’évolution de l’homme. 

Un livre passionnant à avoir dans sa bibliothèque!

Incroyable Histoire. Le passé comme vous ne l’avez jamais vu, Collectif, éditions Hurtubise, 208 pages, 2020