Stranger Things – Suspicious Minds

Stranger Things Suspicious Minds1969. Étudiante sur le petit campus d’une université de l’Indiana, Terry est bien loin des soubresauts qui secouent le pays, profondément divisé par la guerre du Vietnam. Mais quand elle apprend qu’on recherche de jeunes cobayes pour une étude gouvernementale menée dans la petite ville de Hawkins, elle se retrouve embarquée dans un projet inquiétant – nom de code MKUltra. Camionnettes aux couleurs sombres, laboratoire caché au fond des bois, substances hallucinogènes administrées par des chercheurs muets comme des tombes… Terry, jeune et idéaliste, est bien décidée à lever le voile sur les manigances de l’inquiétant Dr Brenner.
Car derrière les murs du Laboratoire National de Hawkins, l’ampleur de la conspiration dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Pour relever le défi, il lui faudra l’aide des autres cobayes, devenus ses compagnons d’armes… à commencer par une fillette aux pouvoirs sidérants dont le nom est un simple chiffre, Huit. Terry et le Dr Brenner vont dès lors se livrer une guerre d’un genre nouveau, dont le champ de bataille n’est autre que le cerveau humain…

Je suis une très grande fan de la série Stranger Things dont j’ai vu les deux premières saisons plusieurs fois. J’attends avec impatience la sortie de la troisième saison, cet été. Quand j’ai su que des romans, antépisodes à la série, étaient prévus, j’avais vraiment hâte de les lire.

Stranger Things: Suspicious Minds se déroule avant la série produite par Netflix et se concentre sur la mère de Onze. On apprend donc dans ce roman qui était Theresa (Terry) Ives et comment était sa vie avant l’arrivée du Dr Brenner. Terry était une jeune étudiante qui travaillait dur pour payer son loyer et arriver à remplir le frigo. Son petit ami Andrew était adorable et elle avait survécu à certains drames familiaux. Terry est très attachante, tout autant qu’Andrew. Ils forment un beau couple, se passionnent pour Le Seigneur des Anneaux qu’Andrew fait découvrir à Terry. Ensemble, la vie est simple. Ils partagent certaines convictions et sont à leur façon un peu contestataires. C’est un couple amoureux, qui se fréquente hors des liens sacrés du mariage. Il faut dire que le roman débute en 1969. On est donc dans une toute autre mentalité qu’aujourd’hui. C’est ce qui est intéressant dans ce roman.

La série m’émerveille parce que j’y retrouve des choses de mon enfance dans les années 80, l’époque de Onze. Avec Terry nous sommes plutôt fin des années 60 et début des années 70. Avec ses amis, elle regarde les premiers pas de l’homme sur la Lune. C’est l’époque de la Guerre du Viêt Nam, du Festival de Woodstock, la fin de la Ségrégation qui a laissé des marques. Les hommes et les femmes n’ont pas le même statut, les scientifiques féminines sont difficilement acceptées dans cet univers masculin, idem pour celles qui souhaitent faire un métier non typiquement féminin. Le cercle dans lequel Terry évolue est très ouvert. L’homosexualité y est acceptée, les grossesses hors mariage aussi, la désobéissance civile est admirée, même si les conséquences sont parfois désastreuses. Andrew et Terry sont de beaux personnages plutôt en marge de la société. On voit que certaines personnes évoluent clairement plus vite que la société dans laquelle ils vivent.

« … quoi qu’inventent les hommes, ils concevaient toujours un moyen de faire le mal avec. »

C’est la rencontre avec l’odieux Dr Martin Brenner (que je déteste tout autant dans la série) qui va changer le monde de Terry et d’Andrews. Terry qui, contrairement à ses amis doit travailler dur, décide de prendre la place de sa colocataire qui fait des tests avec des drogues au laboratoire de Brenner et qui déteste ça. Le salaire est énorme. Terry soupçonne que Brenner fait de grandes choses et elle veut participer à ces avancées scientifiques. C’est une idéaliste. Mais voilà, Terry n’a aucune idée dans quoi elle vient de mettre les pieds…

« Son père lui avait appris à toujours ouvrir l’œil et elle ne voulait pas passer à côté de l’opportunité de jouer un rôle important dans la société. »

Le roman est terrifiant parce que les découvertes que font Terry et ses amis du laboratoire, cobayes comme elle, vont en augmentant. Nous rencontrons Huit. Nous voyons sur quoi travaille Brenner et jusqu’à quel point il peut aller loin pour arriver à ses fins. Le piège se referme doucement sur Terry, Andrew, Gloria, Alice et Ken.

« Pensez aux atouts, rien qu’en matière de renseignements, dont nous disposerions si nous étions capables d’inciter nos ennemis à avouer ce qu’ils cachent, si nous pouvions les rendre influençables, ou exercer sur eux un contrôle absolu… »

J’ai beaucoup aimé cette lecture. En attendant la saison 3 de la série, elle m’a permit de retrouver l’atmosphère de Stranger Things, d’y comprendre certaines choses sur le passé de Onze et sa naissance. On apprend aussi d’où vient son vrai prénom. Terry dans le livre nous apparaît comme un personnage attachant, touchant, pleine de vie et animée de grands espoirs pour l’avenir. On est loin du personnage brisé qui apparaît dans la série. Le livre cependant, nous permet de comprendre pourquoi elle en est arrivé là.

Une lecture qui m’a vraiment plu, que j’ai dévoré et qui m’a choquée autant que tout ce qui entoure le laboratoire du Dr Brenner dans la série. Malgré tout, c’est une lecture réjouissante pour les fans de la série puisqu’elle permet d’agrandir un peu l’univers qu’on nous montre à l’écran et d’en savoir un peu plus. J’appelle ce genre d’ouvrage des « curiosités pour les fans ».

Vivement le prochain livre, Stranger Things – Darkness on the edge of town qui devrait sortir à l’été en français et qui cette fois, se penchera sur le passé du shérif de la petite ville d’Hawkins, Jim Hooper. C’est l’un de mes personnages favoris. Il s’avère d’ailleurs beaucoup plus intéressant qu’il n’y paraît. Bien hâte de le découvrir dans ce second livre!

Stranger Things – Suspicious Minds, Gwenda Bond, éditions Lumen, 438 pages, 2019

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Créatures fantastiques t.1

créatures fantastiquesLa science a remplacé la magie dans le cœur des hommes. Elle est sur le point de faire basculer le monde dans une nouvelle ère, entraînant les créatures fantastiques dans l’oubli. Descendante d’une lignée de mages et déçue de la place qu’occupe désormais la science aux dépens de la magie, la jeune Ziska est apprentie vétérinaire. Avec son maître Nico, elle cherche à soigner et préserver les bêtes mythiques menacées d’extinction…

Ziska est une jeune mage, apprentie vétérinaire chez son maître, Nico. Il lui apprend les rouages du métier, et elle l’aide à voir les choses différemment par l’application de la magie.

« Cette histoire se déroule à une époque où les avancées scientifiques entraînent le monde vers une nouvelle ère… Une époque où les hommes oublient peu à peu les arts magiques… Et où les créatures fantastiques commencent à disparaître de la surface de la terre… »

Un manga plutôt intéressant! Le dessin est joli, un peu enfantin. Aux changements de chapitres, le coup de crayon change et est un peu brouillon, comme pour montrer une petite parenthèse à l’histoire que l’on vient de lire. Autrement, le dessin est soigné et détaillé pour tout le reste de l’histoire.

Chacun des chapitres se concentre sur une créatures particulière. Ici on retrouve le Lindworm, la Salamandre, le Wolpertinger, la Mandragore et le Kelpie. L’auteur avec son manga revisite les créatures fantastiques issues du folklore de nombreuses régions. Nico est surtout celui qui soigne les bêtes alors que Ziska s’occupe de la magie. Elle souhaite aussi apprendre à créer des remèdes comme sa mère le faisait. Il y a donc un côté botanique et herboriste magique au manga qui m’a bien plu.

Le dessin est mignon et l’histoire est sympathique. Les personnages sont attachants, même si Ziska est peut-être un peu naïve. Il faut dire que c’est encore une enfant, donc elle évoluera sûrement au fil des tomes. La description des créatures et les soins qui leur sont accordés sont aussi intéressants. On y retrouve plusieurs points en commun avec l’univers des Animaux Fantastiques de J.K. Rowling. Du moins, moi j’y trouve des ressemblances et ça me plaît beaucoup. Ceux qui aiment ce genre d’univers devraient aussi apprécier le manga de Kaziya.

Outre l’histoire fantastique, il y a une belle réflexion concernant les animaux dont on prend soin et jusqu’à quel point on doit tout faire pour les sauver. Le manga offre aussi un petit jeu: un puk (une étrange petite créature) se cache dans chaque chapitre. Saurez-vous les trouver?

J’ai bien hâte de découvrir la suite de cette histoire!

Créatures fantastiques t.1, Kaziya, Komikku Editions, 208 pages, 2019

Simetierre

simetierreLouis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque « simetierre » où des générations d’enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses. Un drame atroce va bientôt déchirer l’existence des Creed, et l’on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque…

La sortie du film Cimetière vivant, dont Simetierre est l’adaptation au cinéma, m’a donné envie de découvrir ce roman de Stephen King. Je lis King depuis deux ans environ et j’adore ses livres. Il y a quelque chose de très prenant, de fantastique dans sa façon de décrire les personnages, qui les rend consistants et qu’ils « existent ». Dans sa façon de nous les présenter, nous nous attachons à eux, même quand ils font des choix discutables.

« C’est le 24 mars 1984 que Louis Creed connut sa dernière journée de véritable bonheur. « 

King aborde toujours une panoplie de thèmes profonds, bien plus qu’il n’y paraît et Simetierre n’y a pas fait exception. En filigrane du roman se posent de grandes questions sur la vie et la mort. Louis Creed vivra des moments de grande souffrance et il tente de faire ce que tout père de famille tenterait de faire: rechercher la vie qui existait avant le drame.

« Peut-être que j’ai fait ça parce qu’il vaut parfois mieux faire comprendre aux enfants qu’il y a des états pires que la mort. »

Simetierre est un livre très effrayant. Pas forcément parce qu’il fait peur au premier degré. De ce côté, Ça était pour moi encore plus terrifiant. Dans Simetierre, King aborde le thème de la mort et du deuil. Ce sont des questions qui reviennent très souvent dans le roman et c’est aussi sur ces questions que démarre la trame du livre. D’abord avec Ellie, la fillette qui a une sorte de sensibilité aux choses et qui anticipe la mort de son chat. Elle pose aussi beaucoup de questions sur ce qui arrive après la mort et est confrontée à certains départs dans son entourage qui la rendent plus éveillée à ce sujet. Elle pose beaucoup de questions à son père médecin. Il y a également l’expérience terrifiante vécue par Rachel, la femme de Louis, qui est très marquante. Plusieurs personnages meurent ou sont déjà morts quand l’histoire commence. Sans parler du premier jour de travail de Louis, qui vire au cauchemar…

« Et de toutes les questions que l’on peut se poser à ce sujet, la plus terrifiante est sans doute celle de savoir la quantité d’horreur qu’un esprit humain peut endurer en demeurant intégralement lucide. »

La mort et le deuil sont des thèmes qui sont au cœur de la vie humaine. C’est d’ailleurs l’un des plus grands mystères de la vie. C’est l’inconnu. On sait qu’on y passera tous. C’est sans doute pourquoi ce roman est si terrifiant: il baigne dans une forme d’horreur psychologique qui donne la chair de poule. Parce que King joue avec cette peur qu’ont tous les humains à différents degrés. Devoir affronter la mort, ne pas l’accepter, essayer de faire son deuil… Une histoire vieille comme le monde qui prend des proportions terrifiantes lorsque King s’en mêle et nous offre un roman d’horreur intelligent et percutant. Il y est beaucoup question de limites à ne pas franchir. On peut y voir un parallèle entre les croyances et le côté sacré des rituels funéraires, ainsi qu’une forme de questionnement sur ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

« Ces choses-là sont secrètes, Louis… Un cœur d’homme a un sol plus rocailleux… aussi rocailleux que celui du cimetière des Micmacs. On y fait pousser ce qu’on peut… et on le soigne. »

Comme souvent chez cet auteur, il y a un côté surnaturel ou fantastique à certaines explications. Ici, il s’inspire de croyances amérindiennes et du Wendigo par exemple, pour faire intervenir encore plus de matière à nous donner le frisson. D’ailleurs, si le sujet de cette créature vous intéresse, je vous conseille un roman jeunesse, La colline, assez intéressant qui met justement en scène cette créature.

« Cet endroit… aussitôt que vous y avez mis le pied, il prend possession de vous… et vous vous inventez les intentions les plus louables du monde afin d’avoir un prétexte pour y retourner… »

Plus je découvre King, plus je réalise qu’il y a beaucoup de messages derrière ses histoires. Il ne fait pas de l’horreur pour de l’horreur. Il a toujours abordé des thèmes « difficiles » même quand ce n’était pas vraiment l’époque de remettre certaines choses en question. C’est ce que j’aime chez lui.

cimetiere vivant

Cette lecture a été très prenante, très intrigante. J’ai vraiment aimé ce roman. J’avais donc très envie de voir la toute dernière adaptation au cinéma. Il faut savoir que ce n’est pas une adaptation à proprement parler, mais plutôt un film qui s’inspire du roman.

J’y suis allée aujourd’hui. J’ai bien aimé le film. Il y a des changements majeurs entre le livre et le film, mais j’ai trouvé que dans l’ensemble, le scénario respectait l’idée générale du livre. La fin est différente, sauf qu’on revient en quelque sorte à la même chose que l’idée originale de King. Les deux œuvres traitent de la mort et du deuil d’un enfant. Je regrette seulement que le film ne laisse pas plus de temps à la relation entre Louis et son voisin, afin qu’on ait l’impression qu’ils sont de véritables amis. Je trouve dommage qu’on ne sente pas du tout ce lien spécial dans le film. Dans l’ensemble cependant, c’est un bon film, divertissant. Par contre, lisez le livre! Il en vaut vraiment la peine.

En attendant, je vous conseille ce roman, totalement addictif et très particulier. La petite note au début du livre prend tout son sens quand on tourne la dernière page…

« La mort est un mystère, et la sépulture un secret. »

De là, il n’y a qu’un pas pour en faire un roman où l’horreur est palpable et Stephen King réussit avec brio!

Simetierre, Stephen King, éditions Le livre de poche, 636 pages, 2003

Shinrin Yoku – L’art et la science du bain de forêt

IMG_0652Le bain de forêt est une pratique médicale qui existe au Japon depuis longtemps sous le nom de shinrin-yoku. Les recherches du Dr Qing Li, expert en sylvothérapie, ont prouvé que passer du temps au contact de la nature, que ce soit en marchant dans les bois, en faisant une pause dans un parc, en aménageant sa maison avec des plantes d’intérieur ou en vaporisant des huiles essentielles, avait d’innombrables bienfaits sur notre santé. Ces habitudes provoquent réduction du stress, stimulation de l’énergie, amélioration de la concentration et de la mémoire, réduction de la tension artérielle et même perte de poids. Vous trouverez dans cet ouvrage tous les conseils pour mettre en pratique le shinrin-yoku et bénéficier du pouvoir des arbres. Recentrez-vous sur vos cinq sens pour apprécier les cadeaux de la nature et profiter pleinement de l’instant présent.

Je ne connaissais pas le Shinrin Yoku avant d’avoir en main cet ouvrage. Je connaissais toutefois le principe sans le savoir: les bienfaits qu’apportent le plaisir de se faufiler dans la forêt et de vivre pleinement ce moment avec les cinq sens. Le Shinrin Yoku c’est un peu tout ça, mais relié à la médecine, à la science et à la santé.

« L’art des bains de forêt consiste à se connecter à la nature par l’intermédiaire de nos sens. »

Tout d’abord, le livre en tant qu’objet est très beau. L’arbre de la couverture est en relief, les pages sont épaisses, abondamment illustrées.

Shinrin Yoku montage

Dès les premières pages, on découvre ce qu’est le Shinrin Yoku: la science qui a voulu étudier le sentiment de bonheur et de calme qui nous enveloppe quand on entre dans une forêt et qu’on y passe un moment. Il s’agit donc de sylvothérapie ou bain de forêt. Au Japon, c’est une pratique bien ancrée qui semble assez nouvelle ici. Là-bas, des forêts sont consacrées à cette science et on peut même se faire accompagner d’un médecin pour améliorer sa santé! Plusieurs prescrivent d’ailleurs des « bains de forêt » aux gens stressés. On en aurait bien besoin par ici!

L’auteur, médecin, rapporte les nombreux bienfaits de la forêt dans la vie quotidienne. Il y a tout un chapitre sur l’importance des espaces verts, des parcs, des forêts et les efforts qui doivent être faits afin de conserver ces lieux qui nous apportent tellement. Cette lecture m’amène d’ailleurs à déplorer tous ces arbres constamment coupés pour construire des quartiers résidentiels, parfois sans égard pour tout ce que peuvent les arbres pour nous. Le défi de notre époque est lié en grande partie à la gestion du stress, de plus en plus difficile et qui affecte tout le monde. Mon idée à ce sujet rejoint beaucoup celle du livre: la forêt et par extension la nature, peuvent grandement nous aider à vivre plus sereinement. Encore faut-il se donner les moyens d’aller se perdre dans la nature et sortir jouer dehors ou tout simplement prendre le temps de contempler la nature qui nous entoure.

Le livre se divise en différentes sections, certaines plus axées sur la science et la médecine, d’autre se penchent plus vers le bonheur d’être dans la nature et la réceptivité de nos cinq sens face à ce qui nous entoure quand nous sommes en forêt. On parle du sport en plein air (c’est tellement merveilleux d’aller bouger dehors!), de la façon d’optimiser les bains de forêt en recréant à la maison ou au bureau des îlots « naturels » faits de plantes, d’odeurs, d’images. Le concept est intéressant et je l’appliquais déjà sans le savoir dans mon quotidien. La nature m’est vitale et l’auteur abonde dans le même sens, même pour les gens vivant en ville, même pour ceux « qui n’ont pas le temps ».

J’ai adoré le passage qui parle de l’odorat en forêt et qui décortique les différentes odeurs que l’on peut respirer lorsqu’on se retrouve en pleine nature. Ces passages mettent des mots sur mes observations lorsque je me promène en forêt. L’odeur du bois, des feuilles, de la terre, fait partie du plus grand des bonheur d’être en forêt. J’aurais aimé que ce soit encore plus détaillé. Le livre aborde d’ailleurs les huiles essentielles, en lien avec ce chapitre, pour les moments où nous ne sommes pas en forêt. Il y est expliqué aussi comment confectionner un diffuseur. Dans l’ouvrage, les cinq sens sont abordés, même le goût, mais c’est surtout l’odorat qui a retenu mon attention.

On retrouve également plusieurs outils à consulter et sites web dans le livre afin de comprendre le couvert forestier mondial et ses retombées sur l’humain, principalement pour sa santé. Il y a tout un travail d’éducation à faire, en urbanisme dans les villes et auprès des générations à venir.

« Dans « Last Child in the Woods », Richard Louv propose un terme pour décrire le fossé existant entre les enfants et la nature. Il appelle cela le « trouble déficitaire de la nature. » Il a relié le manque de la nature dans la vie des jeunes à l’augmentation de troubles du comportement, des cas de dépression, de l’obésité, ainsi qu’aux carences en vitamine D et à un accroissement de la myopie. »

Un autre extrait que je trouve tellement pertinent dans le monde ultra-connecté où nous vivons:

« Mais surtout, si les enfants jouent dehors, ils grandiront en souhaitant prendre soin de l’environnement. Des preuves de plus en plus nombreuses montrent qu’être au contact de la nature dès la jeunesse crée un sentiment de connexion au monde naturel qui perdure à l’âge adulte. Les enfants qui s’amusent dans la nature deviendront des adultes qui en prennent soin, la protègent et cernent bien son importance. »

C’est un livre vers lequel il fait bon revenir, puisque c’est une lecture très zen. Le genre de livre à conserver sur la table de chevet.

Le livre se termine sur une carte de 40 forêts magnifiques à travers le monde et sur le questionnaire POMS, une série de questions visant à calculer et comprendre les retombées psychologiques des moments passés en forêt.

Le livre est écrit par un japonais et donc, très axé sur les forêts japonaises, sur la flore qu’on retrouve au Japon et sur le mode de vie de ses habitants. Ça m’a un peu déstabilisée au début puisque j’avais l’impression que certains passages ne s’adressaient pas directement à moi. Sauf que l’on peut aussi percevoir ces chapitres comme étant le reflet de ce qui se passe au Japon et une autre vision que la nôtre. J’aurais aussi aimé qu’on retrouve des recettes un peu moins floues sur la façon d’utiliser la nature dans nos tisanes et notre pharmacie. Ça m’aurait bien intéressée comme complément au livre.

Même si j’ai le bonheur et la chance d’aller me perdre en forêt tous les jours, j’ai trouvé l’ouvrage fort intéressant. Il aborde beaucoup de points essentiels, de la santé au bonheur, en passant par la sauvegarde des espaces verts, l’aspect scientifique des odeurs lors d’une balade en forêt et l’importance de la nature dans l’éducation des enfants. De quoi y trouver largement son compte… et beaucoup de plaisir!

Shinrin Yoku – L’art et a science du bain de forêt, Dr Qing Li, First éditions, 320 pages, 2018