Echoes t.4

À présent que son frère a partagé une vision avec lui, Senri tente à son tour de lui envoyer un message : il se fait volontairement tabasser par ses amis pour montrer à Kazuto où il est… Hélas, de vrais gangsters débarquent au même moment au Loulan, bien décidés à emmener le lycéen qu’ils prennent pour Trois-Yeux ! Sauvé in extremis par l’agent Wakazono, l’adolescent s’en tire avec seulement quelques blessures. Mais, après avoir attendu plusieurs jours, il se rend compte qu’il lui est finalement impossible de communiquer avec son jumeau… Dans ce cas, doit-il se fier au policier qui lui a proposé son aide ?

C’est avec la série Erased que j’ai découvert Kei Sanbe, mais plus j’avance dans ma lecture de Echoes, sa nouvelle série, plus je crois que je préfère encore plus celle-là! L’histoire est prenante, à chaque tome il y a de nouveaux développements et des découvertes qui intriguent. Cette histoire de jumeaux connectés donne envie d’en savoir toujours un peu plus. Le frère jumeau de Senri est disparu tragiquement, alors qu’un drame a détruit leur famille. Senri et son frère partageaient des visions, qui se sont brusquement arrêtées à ce moment-là. Après plusieurs années, Senri recommence à avoir des visions de son frère supposé être décédé. Il part donc à sa recherche.

Dans ce quatrième tome, Senri qui a eu des problèmes avec un groupe de gens qui s’en sont pris à lui, décide d’accepter l’offre d’un policier qui lui propose son aide. Il souhaite retracer son frère et mettre la main sur « l’homme à la cicatrice » à l’origine de bien des malheurs. Il accepte donc une forme de « collaboration » avec le policier, car il a besoin d’informations, mais il ne lui fait pas totalement confiance. Il décide donc de rester prudent et de poursuivre ses recherches de son côté, accompagnée de son amie Masa. Senri réalise aussi quelque chose en lien avec les visions qu’il a: elles ne fonctionnent que d’un seul côté. On l’apprend dès la première page du manga.

Senri fait aussi quelques recherches en lien avec un étrange carnet qu’il a retrouvé, ainsi que des choses qu’il sait sur sa famille. Il part sur les traces de son père et replonge dans de douloureux souvenirs pour tenter de faire la lumière sur ce qui est arrivé à son frère jumeau.

« Dans la vie, il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas voir et ne pas savoir. Des choses qui te hanteront si tu te laisses guider par la haine! »

Ce manga est construit comme un thriller et met en scène les blessures et les souvenirs tragiques de l’enfance. J’avais lu la série Route End récemment et je réalise, en découvrant Echoes, que j’apprécie beaucoup une bonne série mangas de thriller et d’enquête. L’histoire de Kei Sanbe est réussie à ce niveau et j’ai hâte de découvrir le prochain tome, qui m’attend dans ma pile. Echoes est définitivement un manga qui se lit avec plaisir et qui est très prenant.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Echoes t.4, Kei Sanbe, éditions Ki-oon, 194 pages, 2020

Echoes t.3

Tel est pris qui croyait prendre… Senri se fait délester de toutes ses économies par le lycéen qu’il avait racketté, dont le père est yakuza. Mais c’est un mal pour un bien, car l’un des gardes du corps du fiston semble posséder des informations qui permettraient à l’orphelin de se rapprocher de sa cible ! Malgré tout, les indices restent minces : une photo, l’adresse d’une mystérieuse société de crédit, un fragment de carte postale… Senri décide donc de raviver sa mémoire en se rendant au pied d’un grand pylône qu’il avait découvert avec son frère près de leur ancienne maison. Dans ce lieu chargé de souvenirs, il a sa première vision depuis des années… Kazuto serait-il encore en vie ?

J’aime beaucoup le travail du mangaka Kei Sanbe. J’aime son trait de crayon qui, je trouve, colle bien au genre thriller. Ses personnages ont toujours un petit quelque chose de dramatique qui va bien avec ses histoires un peu tordues. Auteur de la série Erased qui était excellente, Echoes est tout aussi intéressante. Sorte de thriller fantastique, l’histoire est assez intrigante et prenante d’un tome à l’autre. Ce troisième tome ne fait pas exception.

L’histoire nous raconte le drame de Senri, le seul survivant de sa famille assassinée. Son frère jumeau avec qui il a une très forte connexion et partage des visions, a été kidnappé. Senri sait qu’il est mort puisque les visions se sont arrêtées du jour au lendemain.

« Mon frère et moi, même quand on était séparés on pouvait apercevoir ce que l’autre voyait! Ce n’était pas tout le temps, seulement lorsqu’il arrivait quelque chose à l’un de nous! »

En plus de vivre avec la colère et la soif de vengeance, il doit assumer d’être le seul survivant de sa famille. Jusqu’à ce qu’un jour, les visions finissent par revenir…

Dans ce troisième tome, Senri se demande si son jumeau ne serait pas toujours vivant… Quelques indices, dont le carnet appartenant à son père et une vieille photo, l’amènent à faire sa propre enquête et à découvrir des choses pour le moins troublantes. Le manga nous plonge également à nouveau dans l’enfance de Senri, ce qui nous aide à comprendre son passé, ses difficultés d’adaptations, et sa façon de vivre le drame qui l’a brisé. Ce que Senri découvre à propos de son frère l’amène à se poser une foule de questions et à se torturer l’esprit. Ses nouvelles visions lui apportent encore plus de questions que de réponses. 

Hanté par la disparition de son frère, c’est la vengeance qui permet à Senri de rester debout. L’espoir de revoir son frère et de savoir qu’il est peut-être encore vivant pourrait devenir sa nouvelle raison de vivre. Senri est un personnage qui s’attache à quelque chose de toutes ses forces pour continuer à avancer, brisé qu’il l’est par le drame qui a fait éclater sa famille. 

La narration de ce troisième tome est tout aussi efficace que celle des deux précédents. Il me tarde de découvrir la suite et de poursuivre cette histoire intrigante et touchante. Un manga que j’aime définitivement beaucoup! 

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Echoes t.3, Kei Sanbe, éditions Ki-oon, 194 pages, 2019

Freeman

Patterson, Louisiane. Deux millions de dollars disparaissent. Envolés pendant un ouragan d’une rare violence. Volés au boss de la mafia locale. Drôle de casse ! Un autre million et demi tombe du ciel, pendant le même ouragan, livré à Freeman par un chasseur de primes. Drôle d’héritage ! Le reste est moins drôle. Une double traque commence. Elle va faire se croiser et s’affronter un « parrain » amateur de cocktails, un explosif tandem de flics que tout oppose, plus torturés par des quêtes personnelles que par leur enquête et le respect des procédures, une serveuse beaucoup trop éprise de l’un des deux pour en sortir indemne, un FBI plus FBI que jamais, Freeman et sa fille Louise, rescapés de la vie, et Mardiros, l’obstiné collecteur de dettes arménien. Plus tout ce que La Nouvelle-Orléans compte de faune interlope, d’indics tordus, de paumés de la vie et de décérébrés du bayou. Sans oublier, bien entendu, saint Jude et saint Expédit.

Cette suite de Hunter et Crow, ne donne aucun répit au lecteur qui dévore littéralement cette passionnante lecture, en voulant toujours en savoir plus. Si le premier tome nous amenait dans un petit village des Appalaches, le second nous faisait voyager jusqu’en Alaska. Ce troisième tome de la trilogie quant à lui, nous permet de visiter une nouvelle contrée: la Nouvelles-Orléans. Chaque tome porte également le nom d’un personnages important de l’histoire.

Ce tome-ci débute dans les bayous où un ouragan d’une grande violence frappe alors la région. Un homme cagoulé profite de cette situation où les gens désertent les lieux pour affronter la tempête et aller braquer le coffre fort du grand et influant mafioso de la région, Sobchack. Son geste engendrera une grande colère et sera le début d’une chasse à l’homme pour trouver qui a pu oser faire cela. Dès que l’ouragan est passé, les questions se mettent à fuser. 

Certains personnages aperçus dans d’autres livres sont de retour. On retrouve Lou (Louise) cette femme séquestrée dans le premier roman, ainsi que Freeman, son père et ex-policier, qu’on avait perdu de vue dans le deuxième roman. Les deux personnages font un retour en force dans ce troisième et dernier tome.

« Il regarde sa montre, fait signe à la serveuse qu’il laisse ce qu’il faut sur la table, et court à sa voiture. Une minute plus tard, il est devant le Desautel’s, juste à temps pour apercevoir Chipmunk en grande discussion avec Louise sur le trottoir. Il klaxonne pour les prévenir qu’il est là, jette sa voiture sur la première zone interdite libre, et bondit hors de la Mustang. »

Freeman, qui prendra la décision de se barricader face à l’ouragan, fera la connaissance du mystérieux collecteur de dettes d’origine arménienne, Gaizag Mardirossian, qu’on a pu découvrir dans le deuxième tome Cette fois, il a une « livraison » pour Freeman. C’est un personnage que l’auteur a fait apparaître dans le second tome et qu’on retrouve aussi dans celui-ci. J’étais bien content puisque c’est un personnage que j’affectionne particulièrement. 

Les lieux sont importants dans les romans de cette trilogie. Le portrait que trace l’auteur de la Louisiane dans ce livre n’est pas très reluisant. Il s’agit d’un lieu corrompu jusqu’à l’os, tant au niveau des instances policières que du FBI.  Le racisme est aussi un thème récurrent dans le livre. C’est toutefois la recherche du braqueur de la mafia qui est le fil conducteur du roman et l’enquête la plus importante. 

« Il porte la main à son étui vide et hurle après son adjoint de récupérer un fusil à pompe dans la voiture de patrouille pour tenir Freeman et Mardiros en respect. Puis il sort tout ce qui se trouve dans le coffre et le jette sur le bas-côté. Il cherche partout. Quelque chose de précis. Il dégrafe les garnitures des portières, décolle les tapis de sol, sort la roue de secours. Il est si occupé à fouiller avec rage qu’il n’entend pas le téléphone de Freeman sonner. »

Un petit retour sur le suspense dans les autres tomes de la trilogie en comparaison avec celui-ci. Dans le premier tome, le suspense était continu. C’était un véritable page-turner. Le deuxième roman, était par moment plus lent dans le déroulement de l’enquête. Le troisième tome renoue avec la forme du premier quant au suspense qui est présent tout au long du livre.

J’ai donc adoré la lecture de Freeman. C’est un livre très prenant, qui se dévore. L’auteur a construit un univers très addictif. J’aime beaucoup la construction de ce livre, fait de courts chapitres, ce qui incite à un rythme de lecture très rapide. J’ai découvert avec la trilogie de Braverman, une plume qui m’a beaucoup plu, une façon d’amener les intrigues qui nous pousse à lire toujours plus. En terminant la trilogie, j’avais déjà envie de lire autre chose de lui. Ce que je ferai assurément.

Cette trilogie m’a permis de découvrir l’auteur et je suis content de savoir qu’il a écrit d’autres romans, sous différents pseudonymes, et qu’il en écrira sûrement de nouveaux. Malgré les thèmes durs parfois abordés (crimes, viols, meurtres) qui ne font pas partie de mon genre de lecture habituelle, l’auteur rend ses romans à la fois intéressants et fascinants. De plus, il nous plonge vraiment dans le contexte de son histoire, en décrivant abondamment la région où se déroule l’intrigue. Les lieux font donc grandement partie de l’histoire et c’est d’autant plus intéressant pour nous d’avoir l’impression de se retrouver dans les Appalaches, en Alaska ou en Nouvelle-Orléans. 

Ce troisième tome complète bien la trilogie et tourne la page sur une histoire intrigante et pleine de suspense.

Mon avis sur les autres tomes de la trilogie:

Freeman, Roy Braverman, éditions Hugo Thriller, 440 pages, 2020

Route End t.8

Alors que la famille Haruno est au plus bas, une révélation vient bouleverser l’intégralité de l’enquête… En effet, les meurtres que Masato aurait commis seraient en réalité des suicides. Pour le jeune homme, traumatisé par le violent décès de sa mère, un doux mensonge aurait été plus facile à accepter qu’une horrible vérité…
Malgré tout, d’autres interrogations subsistent, à commencer par la raison qui a poussé toutes ces personnes à en finir avec la vie. Quelque chose semble bien lier les victimes entre elles… mais quoi ?

Voici donc le huitième et dernier tome de la série Route End, série dont j’attendais le dénouement final avec beaucoup d’impatience! Ce tome est le plus gros de toute la série. Il permet de mieux comprendre les personnages et leurs motivations, de mieux saisir toute l’ampleur psychologique de l’accusé et de ce qu’il croit accomplir.

« Les angoisses que j’avais enfouies tout au fond de moi vont croître à mesure que mon bonheur grandit. Bientôt, je vais me rendre compte que je n’ai pas ma place ici. »

Ce qui est plutôt fascinant avec le déroulement de ce tome c’est la façon dont les morceaux du casse-tête se mettent en place. L’enquête s’est beaucoup éparpillée dans les tomes précédents à cause des différentes découvertes qui ont poussé les enquêteurs à suivre différentes pistes. Notre rencontre avec le suspect des meurtres, puis avec un étrange psychiatre, nous offre un autre regard sur toute l’intrigue… pour mieux nous permettre d’en comprendre toute la complexité et la portée auprès des victimes. L’intrigue a donc un côté un peu morbide, psychologiquement fascinant, qui fait de cette série – et de ce tome encore plus particulièrement – un véritable page-turner. 

« Ne perds pas de vue que si ta colère a longtemps été un soutien… elle ne te définie pas. »

Notre rencontre avec les autres personnages de l’histoire, dont Taji, est troublante aussi. Taji qui se sent coupable et impuissant, en colère également. Alors que le dénouement de l’histoire de End tire à sa fin, les personnages qui sont toujours en vie doivent se débattre avec leurs émotions difficiles à gérer. Surtout avec ce que l’on apprend dans ce tome, qui ne se contente pas de finaliser l’intrigue commencée dans les sept tomes précédents, mais qui offre aussi de nouvelles information pour faire avancer l’histoire, jusqu’au dénouement final!

J’ai adoré cette série, qui m’a tenue en haleine pendant de belles heures de lecture. J’ai trouvé que l’intrigue était suffisamment élaborée pour nous permettre de nous creuser la tête en avançant à travers l’histoire, tout en conservant un suspense intéressant. C’est une lecture vraiment prenante, souvent très intrigante d’un tome à l’autre et dont on suit les rebondissements avec beaucoup d’intérêt et de curiosité. 

Si vous aimez les histoires de tueur en série, les thrillers un peu macabre et les intrigues complexes, cette série manga est pour vous! 

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Route End t.8, Kaiji Nakagawa, éditions Ki-Oon, 232 pages, 2020

Route End t.7

Route end 7Après avoir passé des mois à investiguer, la police réussit enfin à mettre la main sur l’insaisissable End… Mais lorsque son identité est révélée, le choc est immense pour Taji ! Commence alors une véritable descente aux enfers pour la famille Haruno, harcelée par les proches des victimes et par les journalistes…Tandis que le nettoyeur de cadavres perd pied face à l’horrible vérité, les enquêteurs étudient le profil du meurtrier : qu’est-ce qui a bien pu pousser un homme au comportement en apparence exemplaire à devenir un serial killer ?

Après les révélations du tome précédent, ce septième tome est une sorte de livre charnière entre les dernières découvertes et le huitième et dernier tome.

On plonge ici directement dans le passé pour suivre différents personnages: Taiji en adolescent rebelle, son frère Masato tranquille et timide, tout son contraire, ainsi que la façon dont les frères ont connu Aoi. On voit l’évolution des personnages qu’on a apprit à connaître adultes au fil des tomes. Ici, Taiji se rebellait contre l’autorité, vivait plus difficilement le suicide de sa mère, se teignait les cheveux (alors que c’était interdit à son école). Cette plongée dans le passé est très intéressante puisqu’elle nous permet de remettre en question certains comportements des personnages et de mieux comprendre l’évolution de l’histoire.

Les conséquences des gestes de End et des crimes qu’il a commit se répercutent sur de nombreux personnages du manga. Taiji écope beaucoup et il vit cette situation vraiment difficilement. Les messages haineux, les violences envers l’entourage de End sont très pénibles à vivre. La situation est épouvantable et occasionne tellement de souffrance qu’il est difficile de vivre au quotidien de façon « normale ». Faire ses courses par exemple devient un moment intensément compliqué où les personnages se font dévisager, insulter et malmener.

Le manga s’attarde ensuite à faire une présentation de toutes les victimes, de leur vie avant de croiser la route de End. L’auteur nous amène aussi dans la salle d’interrogatoire où les paroles du tueur sont décortiquées pour tenter d’expliquer la violence de ses gestes. On lui fait finalement cracher le morceau pour donner une sorte d’explication à ce qu’il a fait. Le casse-tête se met en place au fil des pages.

Le déroulement des tomes 6 et 7 donne vraiment envie de lire le dernier tome pour savoir vraiment comment toute cette enquête se terminera. On se questionne à savoir si l’auteur nous mène en bateau, s’il y aura d’autres rebondissements (ou pas) et quel sera le dénouement final pour les personnages.

Vivement le tome 8!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Route End t.7, Kaiji Nakagawa, éditions Ki-Oon, 192 pages, 2020