Minuit! 12 histoires d’amour à Noël

minuit douze histoires d'amour a noelLa neige, les fêtes, les longues soirées d’hiver… C’est le moment de tomber amoureux! Humour, émotion, coups de foudre, étincelles… l’amour sur tous les tons par les 12 meilleurs auteurs de la littérature ado.

J’ai lu cette anthologie présentée par Stephanie Perkins pendant les vacances de Noël, à raison d’une histoire (parfois deux) par jour. J’ai adoré cette façon de découvrir ce livre puisqu’elle permet de mieux savourer chaque histoire. Les auteurs regroupés dans cette anthologie sont d’ailleurs des auteurs pour la jeunesse reconnus. C’est agréable de les retrouver dans une toute autre forme, celle de longues nouvelles.

Chaque histoire du recueil Minuit! 12 histoires d’amour à Noël, raconte effectivement une histoire d’amour. Sauf que chacune est bien différente et ne parle pas uniquement d’amour. Plusieurs sujets importants sont abordés, comme l’amitié, la famille, les choix, la pauvreté. Certaines histoires nous plongent aussi dans une ambiance plus fantastique alors que d’autres sont plus réalistes. Elles ont cependant toutes un brin de magie, pour une lecture propice à Noël ou à la saison hivernale.

« Il y a deux sortent d’enfants. Ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. Chaque année, il semble que le nombre de ceux qui croient diminue encore. Papa dit qu’il n’est pas facile de demander à un enfant de croire en quelque chose qu’il ne peut pas voir; il dit que c’est bien ça qui le rend magique. Il dit que si l’on possède cette magie, il faut toujours la protéger et ne jamais la laisser disparaître parce que, une fois disparue, elle ne reviendra plus jamais. »

J’ai envie de vous proposer un petit tour rapide des différentes histoires qui composent l’anthologie. Vous verrez qu’on y retrouve de très bons auteurs pour la jeunesse!

Trois, deux, un (Rainbow Rowell)
J’adore Rainbow Rowell et la retrouver ici était un vrai plaisir. Cette histoire est à l’image de ses romans habituels. Une belle histoire d’amitié/amour qui trouve son dénouement la veille du Nouvel An. C’est une belle histoire sur le changement, les traditions, le plaisir d’être bien à deux et… les allergies!

La dame et le renard (Kelly Link)
Cette histoire puise dans le fantastique et c’est son atmosphère quelque peu intemporelle qui fait tout le charme de ce texte. Une histoire d’amour à travers le temps et une veste particulière avec une broderie de renard, recousue par des doigts de fée, vont changer le cours des choses.

Des anges dans la neige (Matt de la Peña)
L’histoire d’une rencontre particulière, un soir de tempête, entre deux étudiants qui semblent n’avoir rien en commun. C’est aussi une histoire de tuyaux gelés, de bouffe, de musique et de quelques mensonges. J’ai aimé cette histoire parce qu’elle aborde la pauvreté et le fait de se sentir comme un imposteur quand on se sent un peu à part des autres ou issu d’un milieu différent.

Sapin de solstice (Stephanie Perkins)
Cette histoire me plaît particulièrement pour plusieurs raisons. Elle met en scène un garçon dont la famille est propriétaire d’une exploitation de sapin de Noël, et une fille qui rêve de travailler pour un studio d’animation et est en quête de la voix parfaite pour son projet. C’est une histoire de sapin qui sera le prétexte à leur rencontre. Une histoire sensible et touchante sur la solitude et la famille qui doit se reconstruire.

Polaris, c’est là que tu me trouveras (Jenny Han)
L’auteure du populaire roman À tous les garçons que j’ai aimés (adapté par Netflix) présente ici une histoire fantastique sur une jeune fille adoptée par le père Noël et amoureuse d’un elfe. C’est un conte original sur la magie de Noël, mais aussi sur les amours qui ne sont pas partagées, avec un soupçon de magie et d’espoir.

Ton père Noël pour une nuit (David Levithan)
L’excellent David Levithan revient ici avec une histoire de Noël amusante et touchante. Connor, en grand frère dévoué, demande à son petit ami de se déguiser en père Noël pour surprendre sa petite sœur Riley. Il accepte de jouer le jeu. Une histoire sur les blessures familiales et les nouvelles amours. On retrouve ici l’univers bien connu de l’auteur, entre le rire et les larmes.

Krampuslauf (Holly Black)
Une fête de Noël où c’est plutôt Krampus que l’on célèbre, une créature munie de cornes, présent pour punir les enfants qui ne sont pas sages. Des adolescents décident d’organiser une fête pour régler certains comptes. L’arrivée d’invités particuliers bouleverse les choses. Krampuslauf, c’est une histoire d’amour et de tromperie, de clans différents dont certains proviennent des beaux quartiers de la ville et d’autres, des coins mal famés. Le tout avec une petite touche fantastique!

Bon sang, Sophie Roth, qu’est-ce qui t’a pris? (Gayle Forman)
Sophie n’arrive pas à s’adapter dans sa nouvelle université de Trou-perdu. C’est une remarque sur Les Simpson qui lui fait rencontrer Russell avec qui elle a beaucoup d’affinités, mais qui lui fera voir certaines choses qu’elle n’envisageait pas et l’aidera à déconstruire plusieurs de ses préjugés. Une belle histoire sur les différences et sur ce qui est imparfait.

Seaux de bière et petit Jésus (Myra McEntire)
Cette nouvelle est bien intéressante à plusieurs niveaux. Elle commence alors que Vaughn a mit le feu à l’église, rien de moins. Juste à temps pour Noël et pour la représentation de la crèche vivante. Comme il veut absolument quitter cette ville pour aller à la fac, il opte pour la seule option possible offerte par le juge: faire des heures de travaux communautaires pour l’église. C’est une histoire pleine d’humour et un comparatif entre ce que l’on considère comme « bien » et « mal », doublé d’une jolie histoire d’amour.

Bienvenue à Christmas, Californie (Kiersten White)
Christmas en Californie, un bled perdu au milieu de nulle part où Maria travaille comme serveuse dans un café au thème très inspiré de Noël. Son unique but dans la vie: partir très loin de Christmas. L’arrivée d’un nouveau cuisinier va changer certaines choses dans sa vie. Cette nouvelle est intéressante parce qu’elle aborde l’héritage familial et l’incompréhension au sein d’une famille dont le dialogue fait cruellement défaut. L’histoire est bien jolie. Et donne envie de plats réconfortants sortis de nos meilleurs souvenirs.

L’étoile de Bethlehem (Ally Carter)
Lydia est à l’aéroport quand elle fait la connaissance de Hulda qui souhaite faire changer son billet. Comme c’est impossible, elle lui propose alors de changer de place, du moins pour la période des Fêtes. L’embarquement est immédiat, elles n’ont pas de temps de faire une mise au point. Lydia se retrouve donc à prendre la place de Hulda, en route pour Bethlehem, un coin perdu au milieu de nulle part en Oklahoma…
Une histoire agréable, mais un peu précipitée, qui m’a quand même plu. Elle parle de la famille et du choix de faire de sa vie ce que l’on a envie.

Le réveil du rêveur (Laini Taylor)
Je suis un peu mitigée quant à la place de cette histoire dans ce recueil. Je trouve qu’elle parle d’un monde très loin de ce à quoi nous nous attendons avec un livre festif axé sur des histoires amoureuses qui trouvent leur dénouement pendant la période de Noël. C’est une histoire qui se rapproche plus d’une ambiance à la Servante écarlate, avec un monde restrictif régit par de drôles de règles, que d’une histoire de Noël. Dans le contexte du livre, c’est celle qui m’a le moins plu.

Toutes les nouvelles abordent, malgré leur apparente légèreté, des thèmes plus profonds qu’il n’y paraît. C’est ce qui m’a plu dans ces histoires, qui peuvent convenir autant aux ados qu’aux adultes. Ces derniers aurons sans doute un recul différent, mais n’en auront pas moins de plaisir à les découvrir. L’humour est régulièrement présent et la petite touche de fantastique de certaines histoire amène juste ce qu’il faut de magie à ce recueil.

Minuit! 12 histoires d’amour à Noël est une anthologie que j’ai adoré, si l’on excepte la dernière histoire, qui détonne un peu dans l’esprit du recueil. Elle n’est pas très festive ni très romantique, en plus de ne pas avoir réellement d’atmosphère de Noël. Autrement, je vous suggère fortement ce recueil, les onze autres histoires en valent vraiment la peine. Elles sont parfaites pour se plonger dans l’ambiance des Fêtes et présentent un contexte à la fois magique (la magie étant aussi dans de petits gestes du quotidien) et romantique. Un livre que je relirais bien Noël prochain!

Minuit! 12 histoires d’amour à Noël, Collectif, éditions Gallimard Jeunesse, 485 pages, 2015

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Sur ma liste

sur ma listeDepuis qu’elle a quitté son Danemark natal, Clara voyage là où l’envie la pousse. C’est ainsi qu’elle fait étape à Yulethorpe. Le petit village anglais est en plein émoi : on est à l’approche de Noël, et la boutique de jouets menace de fermer. Une catastrophe pour les habitants et les enfants… Touchée par le désarroi ambiant, Clara décide de redonner vie au magasin. Petit à petit, par la grâce de son art du bonheur à la danoise, elle transforme le quotidien des uns et des autres. C’en est trop pour Joe, le fils de la propriétaire de la boutique, financier londonien, radicalement différent de Clara, qui débarque à Yulethorpe avec l’idée de démasquer cette « aventurière » et de « remettre de l’ordre »…

J’ai acheté ce livre pour sa couverture. Je la trouvais vraiment jolie et le résumé me plaisait bien. Mais c’est la découverte du titre en anglais, The Hygge Holiday, qui m’a convaincue. Le hygge, c’est un concept qui me parle! Bougies, lainages, ambiance chaleureuse, éclairage, thé, vin, lecture, se blottir au coin du feu, se prélasser dans un bain chaud, être pleinement conscient du moment présent, toutes sortes de choses qui rendent la vie plus douce… et que l’on retrouve naturellement dans ce roman, qui me fait penser aux films de Noël que l’on regarde à la télé en cette période de l’année.

L’histoire est celle de Clara, qui n’a pour tout bagage qu’un sac à dos. Elle fait halte à Yulethorpe, dans un pub, où elle rencontre d’une étrange façon la propriétaire d’un magasin de jouets qui s’apprête à fermer ses portes. Clara se retrouve aux commandes d’un lieu poussiéreux, dans un village charmant mais complètement déserté. Le commerce en ligne a fait des ravages, les petites boutiques ont toutes fermées leurs portes. Ne reste que le pub où aller noyer sa peine.

Mais Clara fait des merveilles avec le magasin de jouets. Elle fait des merveilles avec l’ancien appartement de la propriétaire. Elle fait des merveilles dans un village où elle suscite à la fois l’amitié et l’envie, la méfiance et la crainte. C’est une étrangère et on se demande bien pourquoi elle est si gentille. Clara est danoise et elle applique le principe du hygge partout où elle passe. À son contact, les gens sourient un peu plus, l’atmosphère devient plus légère.

J’ai adoré retrouver du hygge plein les pages dans ce roman douillet. Les personnages sont sympathiques et ceux qui ne le sont pas, changent peu à peu leur vision des choses. Le principe de vie de Clara me rejoint beaucoup: travailler moins pour avoir une vie plus calme, profiter de tous les petits plaisirs, cultiver la bienveillance et la gentillesse, sourire, s’offrir des petits moments de détente. Je me suis retrouvée dans son personnage, qui a connu une vie bien différente avant… et dans le fait qu’elle n’a pas de téléphone cellulaire.

« Il essuya une saleté sur sa manche tandis que Clara s’arrêtait encore pour contempler le paysage. Que faisait-elle à la fin? Comment pouvait-on flâner de la sorte? Franchement qui, aujourd’hui, avait le temps de traîner ainsi, d’aller sentir les fleurs et de soupirer en enjambant des clôtures? »

Le roman est aussi rempli d’humour. Comme cette scène rigolote où Clara et son amie Lauren se « mettent au sport » en regardant un DVD d’aérobie, tout en mangeant du pop corn et en buvant du vin, bien assises dans un fauteuil confortable. Ou ce sacré perroquet qui regarde bien trop la télé et pousse en hurlant toutes sortes de répliques issues d’émissions, de Star Wars à South Park, bien souvent à des moments totalement incongrus ou carrément gênants!

Il y a de beaux passages aussi, sur les souvenirs, la vie folle que la société nous pousse à mener et le fait de prendre son temps. La nature, la beauté des petites choses et des moments passés avec des gens qu’on apprécie sont au centre du roman. Le bonheur de s’émerveiller aussi. Ça reste une romance et c’est plutôt léger, mais avec juste ce qu’il faut de moments « cosy » et d’humour pour en faire une lecture agréable et divertissante.

Sur ma liste cependant, porte vraiment mal son titre en français. Je me suis demandée tout le long de ma lecture de quelle liste on parlait… Je ne comprend pas ce choix pour la traduction française. J’aurais préféré quelque chose qui fasse allusion au hygge, qui est un peu le but du roman. Mis à part ce petit bémol et une traduction un peu trop « à la française » par moments (surtout au niveau des dialogues), c’est un livre que j’ai beaucoup aimé. L’ambiance très chaleureuse des lieux m’a semblé parfaite pour cette période de l’année. Le livre se déroule un peu avant Noël. Même s’il n’est pas vraiment question de l’atmosphère fébrile du temps des Fêtes mais plutôt de l’ambiance que l’on peut créer grâce au hygge, lire ce livre pendant les vacances était parfait! C’est plus un livre d’hiver qu’un livre de Noël.

Si une petite romance assez chaleureuse à l’ambiance sympathique vous intéresse, c’est un bien joli livre que nous offre Rosie Blake. Bienveillant, à l’humour très présent et aux personnages attachants. Une petite touche de hygge peut changer bien des choses! Allumez une bougie, faites-vous un thé ou un chocolat, sortez une couverture bien chaude et plongez-vous dans cette lecture qui fait du bien.

Sur ma liste, Rosie Blake, éditions J’ai lu, 317 pages, 2018

Boréal-Express

boreal-expressIl y a longtemps, une nuit, la nuit de Noël, un train s’arrête dans la rue devant la fenêtre d’un petit garçon. Invité à y monter, celui-ci y retrouve quantité d’autres enfants vêtus de pyjamas ou de chemise de nuit. Commence alors un voyage fantastique à travers bois, sur des montagnes enneigées, jusqu’au Pôle Nord, le pays du… Père Noël ! Rêve ou réalité?

Le livre de Chris Van Allsburg, paru en anglais pour la première fois en 1985 (1986 pour l’édition française) est devenu un album classique du temps des Fêtes, surtout depuis l’adaptation cinématographique sortie en 2004.

L’histoire qui se cache derrière ce livre s’adresse autant aux petits, qui y verront une très belle histoire de Noël, qu’aux adultes qui y comprendront sans doute beaucoup mieux le message que l’auteur souhaite faire passer. Derrière un album magnifique (le film l’est tout autant), l’auteur parle de la foi et du fait de conserver son cœur d’enfant. Par le fait même, d’être ouvert à ce qui va au-delà du quotidien, de notre monde, pour être réceptif à la magie qui oeuvre autour de nous. Le parallèle avec la petite clochette est tellement bien trouvé, qu’on ressort de cette lecture terriblement touché.

Boréal-Express est une des plus belles histoires de Noël à mon avis, parce qu’elle touche à ce qui est le plus important dans cette fête: l’émerveillement. C’est ainsi que tant d’adultes, qui n’ont plus cette capacité, détestent cette période de l’année et ne sont accaparés que par l’aspect commercial de Noël. Ici, Noël devient une aventure, sans couleurs clinquantes ni extravagances. C’est un moment pour croire et rêver, pour faire entrer un peu de magie dans notre vie.

Une histoire qui, étonnamment, trouvera peut-être plus d’écho chez les adultes. Pas parce que les enfants ne l’apprécieront pas, au contraire, mais parce que le second message du livre, au-delà de la belle histoire de Noël, marquera les adultes d’une toute autre façon.

présents de noelJ’ai profité de la relecture de ce merveilleux album pour relire le chapitre de Robert Hurley dans le livre Présent(s) de Noël en littérature de jeunesse contemporaine, qui aborde la spiritualité et le traitement du mystère dans Boréal-Express. Cet ouvrage est très intéressant et le chapitre sur le livre de Chris Van Allsburg plutôt éclairant. Pour les intéressés, on retrouve ce texte au chapitre 5 de cet ouvrage paru chez Novalis. Cet essaie aborde la représentation de la fête de Noël dans la littérature jeunesse.

En ce qui concerne Boréal-Express, c’est un album que je relis presque chaque année, parce que je trouve que son message est parfait. Il incite à renouer avec le magique et à garder son cœur d’enfant. Cultiver la capacité de s’émerveiller est sans doute l’un des plus beaux cadeaux que l’on peut se faire.

Un incontournable!

Boréal-Express, Chris Van Allsburg, éditions L’école des loisirs, 30 pages, 1986

Flocons d’amour

flocons d'amourUne terrible tempête, un train bloqué dans la neige. Gracetown : tous les voyageurs descendent ! Gracetown, bourgade perdue au milieu de nulle part… Pourtant Jed, Jubilé, et les autres vont y vivre le réveillon le plus insolite de leur vie. Dans un café bondé de pom-pom girls ou au détour d’une route enneigée, les rencontres inattendues se multiplient. Les couples se font, se défont et se refondent…

J’ai lu ce roman pour la première fois il y a quelques années déjà et je l’ai tout de suite adopté. C’est devenu mon roman de Noël préféré que je relis chaque année ou presque. Je me garde un moment dans les préparatifs des Fêtes pour le relire, avec un bon thé ou un chocolat chaud. Je sais à l’avance que lorsque je me replongerai dedans, j’y retrouverai une atmosphère enneigée, une envie irrésistible de manger des gaufres et boire des cafés de Noël et que je m’amuserai beaucoup. J’aime énormément ce roman pour le plaisir de lecture qu’il m’apporte chaque année et pour son ambiance festive et rigolote.

Alors, qu’est-ce qui me plaît tant dans ce roman? Flocons d’amour est écrit par trois auteurs reconnus pour la jeunesse: John Green, Lauren Myracle et Maureen Johnson. Le roman est séparé en trois parties, qui mettent l’emphase sur certains personnages. L’univers est le même pour toutes les histoires et partent du même événement majeur, soit une immense tempête de neige qui bloque tout et qui a occasionné un accident de train. Les personnages se croisent et se recroisent dans chacune des histoires et chaque événement a des répercussions que l’on retrouve aussi dans les autres partie. La construction est fluide et vraiment intéressante de ce côté-là.

Chaque histoire offre une ambiance de Noël enneigée, remplie de toutes ces petites choses qui font les souvenirs les plus plaisants du temps des Fêtes. Chaque histoire est aussi une histoire d’amour, mais pas une romance classique au sens où on l’entend. C’est plutôt une histoire d’amour mignonne, née de plusieurs événements et petites difficultés.

L’aspect le plus fort de ce roman à trois voix est pour moi l’humour qui est très présent dans les trois histoires. Il y a plein de moments rocambolesques et impossibles qui sont vraiment drôles: ce restaurant rempli de pom-pom girls qui s’appellent toutes Amber et Madison; les parents en prison pour avoir fait partie d’une émeute pour se procurer des maisonnettes d’un village de Noël (!), la course pour un jeu Twister dans une tempête de neige impossible; JP en habit de neige en pilou (qui heureusement pour ses parents n’est pas mort attifé de cette façon); un p’tit cochon nommé Gabriel dans une tasse du Starbucks; Monsieur Alu… et j’en passe! Chaque fois ces passages me font sourire, quand je ne ris pas franchement. Les dialogues sont rigolos, les personnages très attachants. J’aime particulièrement Stuart, Le Duc et Jeb, mais tous les autres ont un petit quelque chose d’intéressant.

Le roman contient ces trois histoires, qui n’en forment finalement qu’une seule:

  • Le Jubilé Express (Maureen Johnson)
  • Un miracle de Noël à pompons (John Green)
  • Le Saint patron des cochons (Lauren Myracle)

Le ton est léger, tout en abordant des thématiques plus importantes: l’amitié, la générosité, l’égocentrisme, les relations amoureuses, l’identité de genre, la différence, la famille. L’humour de ces auteurs fonctionne parfaitement avec moi. Plusieurs phrases sont devenues des moments clés de ma relecture annuelle qui me font chaque fois bien rire. J’aime aussi cette forme de tendresse qu’ont les auteurs envers leurs personnages qui, même s’ils vivent des choses difficiles, n’en sont pas moins humains (et touchants). C’est parfait en cette période de l’année.

J’ai suggéré plusieurs fois ce titre à des amies qui ont un sens de l’humour semblable au mien et chaque fois, ça a bien fonctionné. Cette histoire les a fait rire et passer un excellent moment de lecture pendant le temps des Fêtes.

Le seul bémol que j’ai en rapport à ce livre, c’est son titre en français! Sérieusement… on aurait pu faire mieux sur ce coup-là! Le titre anglais, Let it snow, est beaucoup plus parlant (petit clin d’œil à ce titre sur ma photo). Au moins, la nouvelle édition française a laissé de côté sa couverture avec un cœur pour une couverture plus représentative de l’esprit du livre: des flocons de neige!

On peut se réjouir aussi de savoir que les droits cinématographiques de ce livre ont été repris par Netflix après avoir traîné un bon moment dans les tiroirs d’Universal. Le tournage devrait commencer en janvier 2019! Inutile de vous dire que j’ai très très très hâte!

En attendant, vous pouvez découvrir le livre, qui vous fera assurément passer un excellent moment!

Flocons d’amour, John Green, Maureen Johnson, Lauren Myracle, éditions Hachette, 345 pages, 2010

Le club de l’ours polaire t.1: Stella et les mondes gelés

club de l'ours polaireStella Flocus Pearl a toujours voulu accompagner son père sur les terres inconnues de ses voyages. Son rêve se réalise le jour de ses douze ans : partir en exploration avec le Club de l’Ours Polaire ! Aux côtés d’un chuchoteur de loups, d’un magicien snob et arrogant, et d’un demi-elfe timide et maladroit, Stella se lance à la conquête des étendues polaires. Mais une catastrophe vient bouleverser l’expédition et d’innombrables dangers se dressent bientôt sur leur chemin.

Il y avait un moment que je souhaitais découvrir ce livre qui m’attirait beaucoup. La couverture déjà, est vraiment magnifique avec ses couleurs bleutées et son titre texturé. Le thème avait tout pour me plaire: une expédition dans le froid polaire et beaucoup d’aventures. Est-ce que j’ai aimé? J’ai adoré! J’ai dévoré ce roman hivernal en quelques heures. Ça se lit tout seul, les aventures s’enchaînent et on ne s’ennuie pas une seconde!

Le club de l’ours polaire, qu’est-ce que c’est? C’est un club d’explorateurs. Il en existe quatre dans le monde où vit Stella et chacun se spécialise dans des lieux différents. On trouve d’ailleurs en fin de volume les règlements pour chacun des clubs. Le père de Stella, Felix, fait partie de celui de l’ours polaire. Il va donc souvent dans les mondes glacés et raconte ses aventures à sa fille, qui rêve de devenir exploratrice. Sauf que cette profession n’est pas vraiment autorisée pour les filles, où l’on souhaite plutôt les voir coudre, chanter et marcher avec des livres sur la tête. Stella détonne un peu dans cet idéal auquel elle n’a que faire, tout comme son père d’ailleurs. Elle est passionnée par les cartes, mange de la glace au petit-déjeuner, s’amuse avec les dinosaures nains qui vivent dans l’orangerie et a un ours polaire comme animal de compagnie. Felix adore sa fille et il aime bien contourner les règlements, parfois. C’est un père adoptif adorable, que le lecteur aime tout de suite. C’est un très beau personnage.

« Felix était capable de pédaler sur un grand bi, de faire des tours de cartes, et de fabriquer des petits oiseaux volants en papier. Si cela ne suffisait pas pour être adoré, que fallait-il d’autre? »

Felix doit partir en expédition. Avec son club, ils doivent être les premiers à atteindre les Mondes gelés. Stella fera donc partie du groupe des explorateurs junior. Elle s’embarquera avec son ami Dragigus, fera la connaissance de Shay, un chuchoteur de loups, et devra s’accommoder de la présence d’Ethan, un explorateur junior désagréable d’un autre club, venu exprès pour participer à l’exploration des Mondes gelés. Alors que toute l’expédition débarque dans le froid polaire, une catastrophe sépare les explorateurs junior du reste de l’expédition. Ils devront se débrouiller seuls…

« Il ne faut pas avoir peur de vivre et de prendre des risques. Sinon, on ne s’amuse pas beaucoup. »

Le club de l’ours polaire est un monde merveilleux qui s’inspire des contes, surtout dans sa seconde partie. L’univers créé par Alex Bell est magique, une sorte de croisement entre Les royaumes du Nord et Les animaux fantastiques. Le monde de Stella regorge de créatures magiques, certaines gentilles, d’autres menaçantes. Elles ont toutes différents pouvoirs. Entre les oies qui pondent des œufs magiques qui permettent de faire apparaître le repas de ses rêves et les Engeleurs, des créatures féroces de qui on doit se méfier, les jeunes explorateurs doivent apprendre à déceler à qui ils doivent faire confiance et quelle magie est inoffensive. Chacun des membres a aussi un pouvoir différent et en mettant leurs forces ensembles, ils réussissent à s’entraider. Il n’y a que Stella qui semble n’avoir aucun pouvoir, cependant elle découvrira certaines choses sur sa famille au fil des aventures.

Il y a de très belles trouvailles magiques dans ce roman et aussi beaucoup d’humour. Par exemple, Le club de l’ours polaire fait une vraie fixation sur les moustaches de ses membres.

« Les explorateurs de l’Ours Polaire devront garder à tout moment leur moustache taillée, cirée et généralement bien entretenue. Tout explorateur avec une moustache négligée sera prié de quitter les salles communes du club sur-le-champ. »

Le club offre aussi à ses nouveaux membres, un trousseau d’entretien pour moustache. Les choses se compliquent un peu quand Stella arrive puisque c’est une femme! La première à entrer dans le club.

« Elle se jura de prouver qu’une fille était en tout point aussi capable qu’un homme de partir en exploration. Sans doute plus, même, puisqu’elle n’avait pas besoin de se soucier de sa moustache. »

Stella est un personnage féminin fort et courageux. Fonceuse, elle affronte les événements et fait preuve de beaucoup d’ouverture. Shay est un personnage très intéressant, par son grand calme, sa maturité et ses dons avec les loups. Il est aussi le seul à avoir une créature spirituelle. Dragigus est le maladroit du groupe, qui est souvent perçu comme quelqu’un d’étrange. Ethan est détestable, mais il cache aussi certaines choses qu’il est intéressant de découvrir au fil des pages. Ce jeune équipage vit d’incroyables aventures polaires pour notre plus grand plaisir!

Le club de l’ours polaire: Stella et les mondes gelés est le premier tome de ce qui devrait être une trilogie. La fin du premier livre nous garde en haleine pour le prochain et je dois avouer que j’ai très hâte que la suite soit publiée. J’ai aimé cet univers glacé où la neige et le froid sont partout. C’est une lecture parfaite pour l’hiver.

J’ai passé un excellent moment et je vous conseille ce livre si les romans d’aventure jeunesse vous plaisent! L’histoire donne une furieuse envie de s’installer avec une couverture et un chocolat chaud pour lire. D’ailleurs le chocolat chaud est partie prenante de tout club d’explorateurs qui se respecte!

À noter que le roman contient, au fil des pages, de belles illustrations de l’illustrateur Tomislav Tomic, reconnu pour avoir donné vie à plusieurs textes de l’univers d’Harry Potter.

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Le club de l’ours polaire t.1: Stella et les mondes gelés, Alex Bell, illustrations de Tomislav Tomic, éditions Gallimard jeunesse, 368 pages, 2017