Noël à Kingscroft

Décembre 2020. Clarisse, qui a six filles, élève seule les quatre plus jeunes dans la maison de sa grand-mère, aux abords du hameau de Kingscroft, sur les hauteurs des Cantons-de-l’Est. Raymond, patriarche affectueux quoiqu’un brin malcommode, vit dans la maison d’à côté. Tandis qu’il s’évertue à transmettre à ses petites-filles les traditions de Noël, Clarisse, dans le secret de son coeur, ne cesse de penser à Rabih, son autre voisin, parti pour un long séjour dans sa Syrie natale. Le voyage a pour but de contenter sa mère, qui compte bien lui trouver une épouse. Tout en affrontant les imprévus qui viennent l’un après l’autre chambouler ses projets de réveillon, Clarisse se remémore leur histoire. Elle doit se rendre à l’évidence : ce qu’elle ressent pour Rabih est plus que de l’amitié… 

J’ai beaucoup aimé cette lecture, sorte de conte de Noël sur l’amour et la famille, qui se déroule en décembre 2020 alors que la fête est perturbée par l’arrivée de la pandémie. Cependant, ne croyez pas que le roman aborde en long et en large ce thème. Ce n’est pas le cas. C’est simplement que l’arrivée de la pandémie bouleverse un peu les choses. Clarisse et sa famille devront adapter leurs traditions. C’est un beau roman, qui a un petit côté traditionnel réconfortant. La famille de Clarisse étant assez unique, son voisinage aussi, les descriptions de plats cuisinés, de maisonnée qui déborde de vie, d’animaux, de décorations de Noël, ont tout du conte de Noël agréable à lire en cette saison.

« Clarisse se s’entait chez elle ici, dans la maison de ses ancêtres, avec cette vue sur les Appalaches, sur le plateau brillant en hiver, sur la forêt bourdonnante en été. S’il existait quelque chose d’aussi mystérieux que des racines chez l’être humain, Clarisse savait que les siennes s’enfonçaient dans la terre de ce hameau, et que le quitter maintenant serait aussi douloureux que de s’amputer d’un bras. »

Clarisse a six filles, qu’elle élève seule. Elle vit dans une vieille maison, sur une petite route, dans un hameau des Cantons-de-l’Est. Elle a pour voisin son père, avec qui elle passe beaucoup de temps et qui s’occupe de ses petites-filles, et Rabih un Syrien fraîchement installé près de chez elle avec qui elle a sympathisé rapidement. Mais voilà, Rabih est reparti en Syrie car sa mère compte bien lui trouver une épouse. Alors que les préparatifs des Fêtes avancent, cette année sera bien différente des autres. D’autant plus que Clarisse doit bien avouer que Rabih ne la laisse pas indifférente.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture que je trouve parfaite pour Noël! Ce n’est pas une romance au sens où on l’entends. C’est plutôt une histoire sur la famille et l’amour qui unit ses membres et sur les liens que l’on crée avec les autres. L’ambiance déborde de bouffe réconfortante, de chocolats chauds, de beaux liens entre Clarisse, son père et ses filles, sans compter le chien Alaska et le chat Choukrane. L’histoire est légère mais pas trop et nous fait entrer dans une famille tissée serrée qui doit faire preuve de résilience alors que tout ne se déroule pas comme prévu.

« Pour ses filles, la nuit de Noël s’entourait d’une aura de mystère qui relevait de l’obsession. Cela touchait son cœur de mère d’une manière indescriptible. L’amour filial avait ainsi fait de ces gros soupers les meilleurs moments de l’année. Aidée de son père, Clarisse en commençait la préparation dès les premiers jours de décembre et goûtait avec lui ce sentiment de continuité, un lien intangible entre les générations. »

C’est une histoire qui parle de nos racines, nos famille et de la fierté d’être qui nous sommes. C’est aussi un roman qui aborde en filigrane l’immigration et l’intégration à une société très différente de ce que l’on a connu. Un livre sur ce que nous choisissons de faire avec ce qui se présente à nous. 

J’ai passé un beau moment avec ce roman et je trouve qu’on devrait écrire beaucoup plus de romans de Noël au Québec. Ça manque sérieusement en fin d’année et si on aime ces histoires, ce qui est mon cas puisque j’ai toujours adoré les romans de Noël, on doit se tourner vers la littérature étrangère, vu le peu de choses qui sont publiées ici. Alors que c’est si agréable de lire des livres écrits chez nous, avec nos références. Avis aux intéressés! 

J’étais donc très contente d’avoir mis la main sur ce livre et d’avoir pu en profiter pendant mes vacances de Noël. Une mention spéciale pour la couverture du roman, avec les trois maisons du rang, que je trouve vraiment trop belle!

Noël à Kingscroft, Mylène Gilbert-Dumas, éditions VLB, 176 pages, 2021

La sorcière du solstice

Aster a hâte au festival du solstice d’hiver, où toutes les familles magiques se réunissent pour une compétition de sorcellerie et une réunion joyeuse. Cette année, le jeune garçon veut concourir comme sorcière et non en tant que métamorphe, mais il ne sait pas s’il en aura le courage. De son côté, Ariel se rend au festival du solstice d’hiver avec les Vanissen puisqu’elle n’a pas de famille. Elle trouve que l’événement est plutôt ridicule… jusqu’à ce qu’elle décide de participer au tournoi. Conflits et traîtrises se mêlent à la tradition alors qu’Ariel fait la rencontre d’une sorcière mystérieuse qui prétend être sa tante.

La sorcière du solstice complète la trilogie commencée avec Le garçon sorcière suivi de La sorcière secrète. Avec Aster, Molly Knox Ostertag a créé un personnage unique et un univers particulièrement intéressant qui déjoue les stéréotypes. L’histoire véhicule de belles valeurs, soit l’amitié, le droit à la différence, l’identité et l’acceptation. 

Ce troisième tome se déroule en hiver, alors que le festival du solstice débutera dans quelques jours. La grande famille des sorcières et des métamorphes se rassemblera pour un tournoi, appelé le journoi. Ariel, rencontrée dans La sorcière secrète, y est aussi invitée. Elle n’est pas très portée sur les réunions de famille, mais on la convainc de participer au journoi. Quant à Aster, il souhaite participer aussi, même si sa mère ne voit pas sa présence d’un bon œil, ayant peur qu’il subisse les moqueries des gens moins ouverts d’esprit. Rappelons que dans le monde d’Aster, les sorcières sont sensées être uniquement des filles. 

Le journoi sera l’occasion pour Ariel d’en apprendre plus sur sa vraie famille, alors qu’elle vit normalement dans une famille d’accueil. Le monde de la magie est petit et il est assez facile de retrouver des gens qui la pratiquent, même s’il ne suivent pas forcément le même chemin que les autres sorcières.

« Les sorcières traditionnelles croient à l’harmonie, à l’équilibre, à la famille et à la solidarité. Elles ont tellement de règles! Je crois que les sorcières comme nous devraient être libres d’agir comme elles veulent. De prendre ce qu’elles veulent. Tu serais bien plus puissante si tu ne respectais pas les règles. »

Du côté d’Aster, il demande l’aide de sa sœur afin de mieux se préparer pour le journoi où il espère démontrer qu’il est à la hauteur et ne mérite pas les moqueries que son statut de garçon suscite, dans un monde féminin. 

Ce troisième tome aborde la magie et l’univers d’Aster d’un point de vue compétitif, avec le festival du solstice. Comme les autre tomes, il y est aussi question du côté maléfique et malfaisant de la magie et de la sorcellerie. C’est aussi une belle histoire sur la gentillesse, l’ouverture d’esprit, la bonté et les liens qui unissent la famille ou ceux que l’on considère comme tels.

Une trilogie dont j’ai beaucoup apprécié la lecture, à cause des thèmes mettant en avant des personnages qui veulent assumer leurs différences et se faire une place au sein de leur famille et leurs amis. C’est aussi une histoire avec un monde magique intéressant. Une bien belle lecture à faire découvrir autour de soi. 

La sorcière du solstice, Molly Knox Ostertag, éditions Scholastic, 224 pages, 2020

Sueurs froides

« Je me suis fait larguer au pays des ours polaires ! » déclare Caz d’Astous en débarquant sur le tarmac enneigé et glacial de l’aéroport de Kuujjuaq pour rendre visite à sa tante pendant que sa mère et son amoureux se la coulent douce à Cuba. D’abord malheureux de ce programme, Caz change vite d’idée lorsqu’il rencontre Juani, jeune Inuit conducteur de traineau à chiens et champion de hockey. Au cours de son séjour, l’un des chiens de traineau appartenant à la famille de la belle Elisapie disparait de façon mystérieuse sur la toundra hostile. Malgré ses promesses de demeurer prudent, Caz est décidé à le retrouver. Saura-t-il survivre aux dangers extrêmes du Nord?

J’avais bien envie de découvrir ce roman jeunesse, dont la couverture sublime est très attirante. Le résumé m’attirait bien et je me suis dit que c’était l’occasion de lire quelque chose de nouveau. J’ai d’ailleurs bien aimé cette lecture.

Caz part chez sa tante qu’on surnomme Marie-Blizzard. C’est une femme particulière, qui a beaucoup voyagé. Elle vit maintenant au Nunavik où elle fait partie de la communauté. Caz débarque de l’avion et il a l’impression d’être un touriste. Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est la rencontre entre la culture des Blancs et celle des Premières nations. Caz se sent un peu bizarre. Il détonne dans le groupe et c’est quelque chose qu’il n’a jamais eu à expérimenter avant. Il est tellement pâle à côté des autres et tellement citadin!

« Voilà pourquoi mon grand-père insiste tant sur la transmission du savoir inuit. Conduire des chiens, construire des iglous, chasser notre nourriture, c’est non seulement une question de survie de notre culture, c’est une question de survie tout court. »

Il apprendra beaucoup de choses aux côtés de sa tante, de Jimmy, de Juani et de la belle Elisapie. Il réalise la puissance et la force de la nature du Grand Nord, surtout en plein hiver dans le blizzard. Il prend plaisir à apprendre de nouvelles choses et à expérimenter la vie au Nunavik, qui est très différente de chez lui. Il apprivoise la nourriture, la nature sauvage, les coutumes. Doucement, il va s’y habituer. Il réalise aussi qu’il partage certaines choses avec les gens qu’il rencontre: la passion du hockey et des chiens avec les gens du village.

« Nous longeons la rivière sur plusieurs kilomètres vers le nord. Des petites cabanes de pêche en planches parsèment le littoral. Enivré par la vitesse, le vent et la lumière, je me dis qu’aucune plage de Cuba ne peut rivaliser avec la beauté du Nord. Vraiment pas besoin de téléphone ni d’Internet haute vitesse pour faire passer le temps. »

L’intrigue du roman prend aussi une tournure mystérieuse quand des chiens du village disparaissent mystérieusement. Caz veut aider et tentera de s’immiscer dans les recherches. L’histoire mêle donc l’enquête aux premières expériences au Nunavik de Caz. Toutefois, c’est principalement sa découverte de la région, le traîneau à chiens, la participation à la course et la passion du hockey qui sont les aspects les plus intéressants du livre. Caz réalise aussi bien vite qu’il a plusieurs choses en commun avec les amis de sa tante. Les lecteurs qui aiment le hockey devraient aussi y trouver leur compte.

Sueurs froides est un bon roman jeunesse, à partir de 10 ans je dirais. C’est l’occasion pour les jeunes lecteurs de se confronter à une autre culture, pourtant proche de nous, mais qui demeure encore bien mal connue. Les auteurs ont réussit à rendre le roman instructif, assez prenant pour en faire une histoire dont on a envie de connaître la fin et surtout, de nous faire voyager dans notre propre province.

Le roman est complété par un petit glossaire des mots et expressions utilisées en inuktitut.

Sueurs froides, Michèle Plomer, Anne Brigitte Renaud, Les Éditions Chauve-souris, 200 pages, 2016

Défi: Un hiver au chalet 2021

Je suis très contente de vous présenter pour une deuxième année, le Défi: Un hiver au chalet! Voici donc quelques informations sur le fonctionnement de ce défi hivernal.

Pourquoi ce défi?
L’hiver est ma saison préférée, j’ai eu envie de créer un défi lectures et ambiance afin de mieux profiter de l’hiver. Un défi plus québécois, en lien avec notre façon de vivre l’hiver ici, au Québec. Naturellement, tout le monde peut participer. Quelques petits changements sont à découvrir cette année. Je me suis inspirée des résultats du sondage que j’avais fait à la fin de l’hiver dernier. Les dates du défi ont été modifiées suite à vos demandes et une portion bonus de Noël a été ajoutée.

Comment fonctionne le défi?
Il suffit de lire des livres dans les différentes catégories et de faire les activités « ambiance » pour amasser des points. Le plus important : amuse-toi, fais des découvertes et profite de la saison hivernale!

1 lecture = 1 point / 1 ambiance = 1 point

Instagram
Utilise le mot-clic #défiunhiverauchalet pour partager tes lectures, mais aussi toutes tes publications en lien avec le défi : recettes, photos, boissons, ambiance, nature hivernale, promenade en forêt, jeux, neige, poèmes, dessins, activités, etc. Ce défi est axé sur le partage et le plaisir de profiter de l’hiver. Amuse-toi! Je partagerai le plus possible les publications sur mon compte: @unefilledanslebois

Catégories lectures
Tous les genres sont acceptés et ne se limitent pas uniquement aux romans.
Tu aimes la poésie, les albums jeunesse ou les bandes dessinées?
Tu adores les classiques ou bien les essais?
Construis le défi avec les livres qui te plaisent. Les catégories sont assez vastes, sers-toi des mots-clés pour t’aider. Il est possible de jouer un peu sur les mots pour accorder les catégories aux livres que tu veux lire. Tu as des questions? N’hésite pas à m’écrire!

Voici le menu des lectures:

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Voici le menu des activités d’ambiance:

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Cette année il y a aussi des bonus en lien avec Noël:

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Pour calculer les points:

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Si tu souhaites recevoir le document PDF avec tous les menus, prêt à être imprimé, écris-moi et je te le ferai parvenir avec plaisir. 

Un dernier petit mot concernant le Défi. Je tiens à le faire entièrement en français, ça me tient particulièrement à cœur. La majorité des défis organisés sont en anglais ou ont des noms anglais même s’ils s’adressent à des francophones. En cette période difficile pour la langue française, je trouve important de diffuser et de rendre accessible du contenu francophone sur les réseaux sociaux. Une langue ne survit que si elle est utilisée. Une langue c’est aussi un reflet de notre identité. Le Défi Un hiver au chalet est donc en français et je m’efforce d’utiliser des mots en français pour toutes mes publications.

Le défi commence le 1er décembre et couvrira toute la période des Fêtes et de l’hiver. J’espère que ça vous donnera envie de participer et je vous souhaite un très bel hiver!

Au plaisir d’échanger avec vous pendant le défi!

Geneviève

Sous la glace

L’hiver a enveloppé de neige le village endormi de Three Pines. Le temps des fêtes appelle à la paix et aux bons sentiments, jusqu’à ce qu’un cri déchire l’air glacé. Un meurtre a été commis : une spectatrice de la traditionnelle partie de curling a été électrocutée sous les yeux de tous, au beau milieu d’un lac gelé. Pour diriger l’enquête, l’inspecteur-chef Armand Gamache revient dans la charmante communauté anglophone. Avec minutie, il dévoile le passé de la victime et découvre un écheveau de secrets et de rivalités. Gamache a cependant ses propres ennemis au sein de la Sûreté du Québec ; il sait qu’il ne peut se fier à personne. Tandis qu’un vent mordant souffle sur Three Pines, une menace plus glaçante encore plane sur lui.

Sous la glace de Louise Penny est la seconde enquête de l’inspecteur Armand Gamache. Il s’agit d’une relecture pour moi, dans le cadre du défi Un Penny par mois, puisque je l’avais lu à sa sortie en 2011. 

L’histoire se déroule pendant la période de Noël. Nous revenons à Three Pines alors qu’une femme, CC, est électrocutée sur la glace, en plein match de curling. Cet événement organisé chaque année est incontournable au petit village et tous les villageois sont présents lorsque CC décède. Détestée par tout le monde, hautaine et condescendante, cette nouvelle arrivante est très loin d’être sympathique. En s’installant à Three Pines, elle avait troublé la paix du petit village. Enquêter sur sa mort s’avère donc être plutôt difficile. Son décès ne touche pas grand monde. CC venait d’acheter l’inquiétante maison des Hadley, maison que l’on retrouve dans En plein cœur, avec son mari et leur fille. Gamache et son équipe devront fouiller dans son passé pour mieux comprendre qui souhaitait sa mort et pourquoi.

Ce roman met un peu plus de temps à démarrer que la première enquête. Je dirais aussi que l’atmosphère du roman est beaucoup plus sombre, surtout dans la première moitié, même si le livre se déroule à l’époque de Noël. On sent que quelque chose est un peu différent. Peut-être parce que l’on découvre CC, sa façon de se comporter avec les gens et son univers assez superficiel. Par contre au milieu du livre j’ai eu l’impression d’un petit changement de ton. Ça m’a donné l’impression de retrouver encore plus ce que j’aime chez Louise Penny et donc, de me rapprocher un peu plus de l’ambiance du premier livre. Peut-être parce qu’à ce moment, on retrouve Gamache et tous les sympathiques villageois de Three Pines alors que le début est consacré à CC, un personnage détestable et déroutant.

« Cette librairie faisait penser à une vieille bibliothèque dans une maison de campagne. Les murs étaient tapissés d’étagères de bois aux couleurs chaudes, elles-mêmes couvertes de livres. Des tapis au crochet étaient éparpillés ici et là et un poêle à bois Vermont Castings trônait au milieu de la pièce, devant un canapé flanqué de deux berçantes. Gamache, qui adorait les librairies, n’en avait jamais vu de plus belle. »

Cette enquête, couplée à une autre sur un crime perpétré à Montréal, s’avère finalement pleine de ramifications et de choses étranges. J’ai beaucoup aimé ce qu’en a fait l’auteure, en misant sur les complexités de l’âme humaine. Gamache est un personnage vraiment intéressant qu’on découvre de plus en plus. C’est un homme bon et c’est un bonheur de le suivre d’une enquête à l’autre. Surtout qu’ici, à cause d’une vieille affaire, on sent que sa position au sein de la Sûreté du Québec se fragilise… Dans les coulisses, il se passe des choses qui auront une incidence sur les prochaines enquêtes et sur le rôle de Gamache dans son milieu de travail.

« Les gens me croient cynique à cause de mon travail, dit Gamache, mais ils ne comprennent pas. Je passe mes journées à examiner la pièce du fond, celle qu’on garde verrouillée et cachée, même à nos propres yeux. Celle qui contient tous nos monstres, fétides, pourrissants, qui attendent. Ma tâche consiste à trouver des gens qui ôtent la vie à d’autres. Et, pour y parvenir, à découvrir pourquoi. Pour cela, il faut que j’entre dans leur tête et que j’ouvre cette dernière porte. Puis quand j’en ressors – il ouvrit les bras dans un grand geste – le monde est soudain plus beau, plus vivant, plus merveilleux que jamais. Lorsqu’on voit le pire, on apprécie le meilleur. »

Comme d’habitude, ce roman de Louise Penny est beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Les personnages sont toujours grandement développés et plus les histoires avancent, plus nous apprenons à les connaître. Rien n’est laissé en surface. Avec Sous la glace, nous retrouvons l’équipe habituelle, ainsi que les villageois de Three Pines. Il y a aussi une nouvelle recrue, Lemieux, qui me plaît beaucoup. Le personnage de Reine-Marie, la femme de Gamache, est aussi beaucoup plus présent et celui de Beauvoir commence à se développer plus en profondeur. On réalise que sous le surface, il y a beaucoup plus que ce qu’il ne laisse voir aux autres. 

Comme dans le premier roman, on retrouve aussi plusieurs scènes rigolotes et un humour mordant dans les dialogues, ce qui me plait toujours beaucoup.

« Ce qui le renversait, c’était que tout le village ne soit pas mort d’ennui. Il suffisait de mentionner le mot « curling » pour lui enlever le goût de vivre. »

J’adhère totalement à ce côté humoristique, à cette ambiance chaleureuse et confortable, même si Three Pines est sans doute le village le plus agréable à vivre où il se produit le plus grand nombre de meurtres par habitant! Je ne peux que vous conseiller de découvrir cette série. 

Un roman touchant sur les croyances, la famille et le pouvoir des mots.

Sous la glace, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 384 pages, 2011