Route End t.4

route end 4Grâce à ses récentes découvertes, la police sait désormais qu’End, le tueur masqué, aurait deux jumeaux. Mais il reste insaisissable… et continue à sévir. Omi, qui tentait de surmonter son traumatisme pour reprendre une vie normale aux côtés de Yuka, est retrouvé assassiné, le corps découpé en morceaux… Dévastée par la mort brutale de son petit ami, la jeune femme s’isole et refuse l’aide de ses proches, jusqu’à disparaître complètement. C’est alors que l’enquête prend une tournure inattendue : le triplé C, soupçonné d’être End, aurait enfin été retrouvé !

À chaque nouvelle parution, c’est un vrai plaisir que de me replonger dans cette histoire de tueur en série, aux rebondissements surprenants. Ce manga est fascinant, en plus de mêler habilement le mystère et les révélations. Tout est bien dosé pour nous garder en haleine et attendre avec impatience la parution d’un prochain tome.

Dans ce tome 4, on poursuit un peu sur les découvertes du tome précédent. En plus de l’enquête principale, plusieurs personnages vivent des choses difficiles et compliquées. Le lecteur les suit en marge de l’histoire d’End et apprend à mieux les connaître. Il y a Akina, l’inspectrice de police qui tombe sur un sosie de son frère décédé; Taji, dont la belle-sœur se bat contre un cancer et Yuka qui souffre énormément de la perte de son amoureux. Les personnage évoluent dans une sphère privée en plus de devoir faire face à la pression reliée à l’enquête sur les crimes d’End.

La découverte d’un autre cadavre en morceaux complique énormément les choses à cause de sa ressemblance avec d’autres personnages. Les enquêteurs ne savent plus où donner de la tête: vu la scène de crime, on croit qu’End perd la tête ou alors, qu’il y a un meurtrier qui agit comme imposteur… Il y a de nombreux rebondissements dans ce quatrième tome: une attaque dans les bois, la découverte d’un mystérieux homme cagoulé ainsi qu’un traître au bureau d’enquêtes.

Les recherches tournent toujours autour de la société de nettoyage dont s’occupe maintenant Taji, puisque plusieurs personnes décédées y étaient liées directement. Cette fois, Taji se tien un peu plus à l’écart de l’enquête, ses problèmes personnels l’occupent amplement.

Toujours aussi bon ce manga, qui se lit d’un trait, comme d’habitude. Un véritable page turner dont on veut absolument connaître le dénouement. Route End est vraiment une excellente série criminelle, que je ne peux que vous conseiller si le genre vous intéresse. C’est un thriller d’enquête efficace.

La série, déjà parue en japonais, comportera 8 tomes. Mon seul regret avec cette série: ne pas pouvoir les lire d’un seul coup! Quand tous les livres seront parus, je crois que je les relirai, l’un après l’autre, pour le plaisir d’une lecture continue.

Mon avis sur le tome 1, le tome 2 et le tome 3.

Route End t.4, Kaiji Nakagawa, Édition Ki-oon, 192 pages, 2019

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Éveil

eveilDans un futur où notre civilisation a disparu, au cœur des montagnes, vit un peuple profondément lié à la nature. Au sein de ce peuple, deux familles jouent un rôle important. La famille des « danseurs », chargée d’exécuter des danses sacrées afin d’obtenir la bénédiction des esprits de la nature. Étroitement liée à eux, une famille de « sculpteurs », chargée de sculpter les masques portés par les danseurs, servant à accueillir les esprits de la nature parmi les hommes durant les cérémonies.

Éveil est un manga atypique et complètement différent de ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. C’est ma première incursion dans l’univers de Taiyô Matsumoto, qui semble avoir une production en marge des mangas traditionnels japonais.

Éveil est présenté en grand format, qui se rapproche beaucoup plus de la bande dessinée à laquelle nous avons l’habitude, que du manga. Le sens de lecture est aussi de gauche à droite, contrairement à la plupart des manga. L’auteur nous amène dans un monde très onirique, empreint d’une grande sensibilité. L’histoire se déroule à travers les quatre saisons, chacune abordant les célébrations communes aux différents moments de l’année: la danse de la pluie, les cérémonies de mariage et les célébrations mortuaires. On peut voir un lien avec les différentes étapes de la vie, de la jeunesse à l’âge d’or.

La recherche artistique de cet album peut être déstabilisante. Toutes les clés ne nous sont pas fournies facilement. Même la fin, je ne suis pas certaine de l’avoir saisie. J’en tire certaines conclusions, mais d’autres lecteurs pourraient sans doute y percevoir autre chose. C’est le genre d’ouvrage qui offre plusieurs niveaux de lecture et qui mérite sans doute plus d’une lecture pour en saisir toute l’essence. Le dessin est surprenant et aborde la vie, la mort et les arts (danse et sculpture de masques) comme thèmes principaux. L’esprit de la nature et sa grande force est aussi au cœur du manga. Elle est entièrement présente au quotidien pour les personnages de cette histoire. Les arts représentent aussi toute leur vie.

J’ai été sensible à la beauté de l’ouvrage, qui est en soi une petite oeuvre d’art. La beauté du livre, le trait de crayon particulier, la qualité de l’édition sous jaquette et l’histoire, à la fois onirique et sensible, offre une expérience de lecture plutôt fascinante. Toutefois, j’ai eu souvent l’impression de passer à côté de certaines subtilités de l’oeuvre, de ne pas en saisir tous les détails et les motivations de l’auteur. C’est un livre à la fois très beau visuellement et très étrange au niveau de l’histoire. Je dirais qu’il s’agit plus d’une expérience de lecture particulière dans laquelle on s’immerge, qu’une histoire que l’on suit de A à Z comme on a l’habitude de le faire avec un manga.

Je ne conseillerais pas ce manga comme première lecture pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude d’en lire. Ce livre, qui se rapproche beaucoup plus de l’art que du manga, n’est pas représentatif du genre d’ouvrage qu’est le manga aujourd’hui. C’est plutôt un livre à part, tant par son histoire que par sa forme. Les amateurs d’art et de poésie, ainsi que les lecteurs attirés par les mondes oniriques, devraient cependant y trouver leur compte. Le livre est très beau, très artistique. Je le relirai sans doute pour tenter d’y percevoir autre chose. Il y a effectivement plusieurs niveaux de lecture à cette histoire si particulière.

À noter que ce manga est en quelque sorte la forme remaniée d’un scénario d’une pièce de théâtre jouée pour la première fois en 1998.

Éveil, Taiyô Matsumoto, éditions Kana, 88 pages, 2019

Celle que je suis t.1

celle que je suis 1Années quatre-vingt, Tokyo. Yûji Manase est étudiant. Mais il vit au quotidien avec deux secrets dont il n’a jamais parlé à personne : d’une part, les sentiments qu’il éprouve pour son ami de longue date Masaki Matsunaga, et de l’autre, le malaise qu’il ressent vis-à-vis de son corps. Un jour, Yûji pose la main sur une robe que sa sœur a laissée dans son appartement, sans savoir que cet acte allait bouleverser sa vie…

Ce manga a été une très belle surprise, à laquelle je ne m’attendais pas. L’histoire raconte le quotidien de Yûji, mal à l’aise avec son corps d’homme. Il est étudiant, membre d’un club littéraire et amoureux de son grand ami Masaki. Ce premier tome parle de Yûji au « il » puisqu’il débute alors que Yûji exprime au lecteur son mal de vivre et son grand malaise d’être ce qu’il n’est pas réellement.

Son amour pour Masaki est voué à l’échec et il le sait, sauf que Masaki n’est pas non plus un personnage très attachant. Il est plutôt déplacé, paresseux et heureusement que Yûji le connaît depuis longtemps et sait qu’il peut être plus sensible qu’il n’en a l’air, car il a une très mauvaise réputation. À la fin du manga, une courte histoire est présentée, racontant la façon dont Yûji et Masaki se sont rencontrés.

Ce manga, qui comportera deux tomes, aborde le thème de la transidentité et de tout ce que ça implique comme démarche personnelle, psychologique et relationnelle avec l’entourage. Ces moments « en famille » sont très pénibles pour Yûji, qui se sent constamment obligé de mentir sur ce qu’il est et sur ce qu’il ressent. L’auteur nous montre son isolement et sa façon de se détourner des autres. Il faut aussi noter que l’histoire se passe dans les années 80, alors que l’on ne parlait pas de transidentité et d’identité de genre. Ici, ce sujet est abordé tout d’abord avec Yûji, mais aussi avec un autre personnage secondaire, Ayumi, une étudiante qui évolue dans le même club littéraire que Yûji et Masaki et qui n’est pas comme la majorité des autres filles. Plus « rude » que les autres, elle est souvent blessée par les propos que certains tiennent à son égard et souffre de ne pas entrer dans le moule et dans les attentes de la société envers les femmes. Un thème qui me parle beaucoup. C’est un personnage secondaire, mais qui permet quand même d’aborder un sujet parallèle intéressant.

Celle que je suis a été une très belle surprise puisque le traitement qu’en fait l’auteur est délicat et pertinent. Il ne tombe pas dans les clichés et aborde, par le dessin et les images, les sentiments de perte et le trouble vécu par Yûji.

« La forêt brûlait, encore et encore, mais jamais elle ne se consumait… »

Le parallèle avec les flammes qui brûlent ou encore avec le papillon qui se découvre et prend son envol sont de belles images pour illustrer l’émotion qui étreint le personnage. Émotion que l’on retrouve aussi dans le texte, sans tomber dans le larmoyant. Ce manga reste sobre, racontant avec justesse le déchirement intérieur du personnage.

J’ai très hâte de découvrir le tome deux et la conclusion de cette histoire.

Celle que je suis t.1, Bingo Morihashi, Suwaru Koko, éditions Akata, 208 pages, 2019

Birthday Girl

birthday girlJe ne vais pas vous offrir quelque chose de matériel. Mon cadeau n’aura rien à voir avec un objet de valeur. En fait, voilà ce que j’aimerais offrir à la merveilleuse fée que vous êtes, mademoiselle. Vous allez faire un voeu. Et je l’exaucerai. Quel qu’il soit. À condition que vous ayez un voeu à formuler.
Comme un songe éveillé, un de ces instants suspendus qui nous hantent encore, longtemps après, Haruki Murakami nous livre une nouvelle mélancolique, douce-amère, magnifiquement mise en image par la talentueuse illustratrice allemande Kat Menschik, pour mieux restituer l’univers hypnotique du maître.

Birthday Girl est ma première rencontre avec la plume de l’auteur japonais Haruki Murakami. Je suis content de cette lecture et j’en lirai sans doute d’autres, puisque j’ai beaucoup apprécié.

L’histoire raconte celle d’une jeune serveuse, le soir de ses 20 ans. Normalement, elle n’aurait pas dû travailler ce soir-là. Malgré elle, elle se retrouve à devoir apporter le repas du propriétaire du restaurant, un vieil homme solitaire. Il lui offre alors d’exhaucer un voeu pour son anniversaire…

« Lorsque le dîner du propriétaire fut prêt, à huit heures, elle fit rouler la désserte jusqu’à l’ascenseur et monta au cinquième étage. »

L’histoire de cette fille, serveuse, et du voeu qu’on propose de lui exaucer se présente comme une longue nouvelle illustrée. Les images qui accompagnent le texte sont créées par Kat Menschik et sont totalement représentatives de l’histoire.

Birthday Girl est une courte nouvelle, simple, rafraichissante avec une belle morale. Sans nous dévoiler mot pour mot le voeu de la jeune serveuse,  l’auteur nous le laisse entrevoir dans la fin de son histoire, avec un texte tout en finesse.

C’est une belle histoire, qui aborde le thème du bonheur, des souhaits et des valeurs, via une jolie morale autour du voeu. C’est une lecture que j’ai trouvé plaisante à lire et qui fait du bien. Il ne faut pas se fier à la couverture, qui peut laisser présager une toute autre histoire.

Cette édition parue chez Belfond est très belle. Une couverture rigide sous jaquette, une histoire illustrée sur papier glacé, avec une police de caractère reposante. La traduction est à mon avis, parfaite. Le style est fluide, l’écriture légère.

Une histoire que j’ai beaucoup apprécié et que je recommande.

Birthday Girl, Haruki Murakami, illustré par Kat Menschik, éditions Belfond, 72 pages, 2017

Beyond the Clouds t.2

Beyond the clouds 2Théo a décidé d’aider Mia à voler de nouveau, mais sa cachette est découverte par trois sinistre individus qui cherchent à s’emparer de la petite fille ailée ! Alors que tout semble, leur cible qui fait apparaître un gigantesque félin qui met les assaillants en fuite, puis s’effondre, épuisé. Si la blessure du jeune inventeur est sans gravité, la fièvre de Mia va en empirant… Son unique espoir serait le remède du sage de la foret: malheureusement, le vieil acariâtre n’a pas l’intention de céder son médicament au premier venu. Et ce n’est pas le seul problème de Théo… car le voilà tout à coup attaqué par une araignée monstrueuse !

J’avais beaucoup aimé le premier tome de Beyond the Clouds, un manga intéressant tant par la beauté de son dessin que par son histoire fantastique teintée de steampunk. La fin nous laissait dans l’attente, alors que Théo cherchait un remède pour Mia.

Ce second tome est plein de rebondissements. Théo rencontrera le mage qui doit lui venir en aide et comprendra certaines choses sur cet homme qui vit proche de la nature. Le vieil homme lui fait réaliser que Mia est sans doute liée à des pouvoirs magiques particuliers qu’elle ne contrôle pas. Cette nouvelle donne donc un nouveau tournant aux aventures de Mia et Théo qui devront partir à la recherche d’un mage pour les aider à soigner Mia et à lui apprendre à canaliser ses pouvoirs. Cette nouvelle aventure sera le point de départ d’un long voyage pour les deux enfants.

Les deux premiers tomes de Beyond the Clouds sont construits selon un schéma similaire, soit une quête qui conduit la trame narrative. Le premier tome était plus axé sur la ville et le travail, avec son côté steampunk qu’on retrouve moins dans le second tome. Ce dernier se penche plus sur le fantastique et la magie, ainsi que sur les pouvoirs de guérison. On y retrouve le même goût des livres chez les deux enfants et la curiosité de la découverte. Ce second tome nous ramène vers la ville à la toute fin, dans la Cité des milles marchands.

Beyond the Clouds est définitivement un très bon manga, qui conserve l’intérêt et le plaisir de lecture d’un tome à l’autre. J’aime beaucoup cette histoire qui présente un monde particulier, foisonnant et magique. Ce second volet est dans le même esprit que le premier et j’ai très hâte de poursuivre le voyage avec le troisième tome!

Pour découvrir mon avis sur le tome 1.

Beyond the Clouds t.2, Nicke, éditions Ki-oon, 192 pages, 2018