Infographies.quebec

infographies.quebecL’historien Gilles Laporte propose un ouvrage comprenant une série d’infographies sur l’histoire, la géographie, la population, l’économie, la culture, la politique, la consommation et même les sports au Québec, de ses origines à aujourd’hui. Chacune de ces infographies relève le défi de rendre attrayante et accessible une information à la fois riche et rigoureuse à propos du Québec et de son histoire. Elles sont destinées aux élèves en histoire des écoles et collèges du Québec, ainsi qu’au grand public désireux de revisiter son histoire sous l’angle graphique.

Ce bel ouvrage comprend 69 infographies sur l’histoire du Québec. En jumelant le travail d’auteur et celui d’infographiste, l’historien Gilles Laporte réussit à tirer le meilleur parti des deux mondes et à nous offrir un livre très attrayant. Le taux de pourcentage pour apprendre et retenir des informations est plus élevé lorsque le texte est accompagné d’un visuel. Ici, le format permet justement d’assimiler plus facilement les informations historiques.

Infographies.quebec est un livre riche qui touche à beaucoup de points de l’histoire du Québec. Ce livre, c’est l’histoire de la télé québécoise, du cinéma, de la politique, des syndicats, de la Nouvelle-France, des batailles (linguistiques ou guerrières) et de tout ce qui a façonné notre monde. Le livre aborde le sport (de la coupe Stanley aux Expos en passant par les jeux Olympiquess), les prix des objets d’autrefois versus ceux d’aujourd’hui, le système scolaire, l’art, la religion, la musique, le métro, l’agriculture, l’économie et les récessions, les femmes qui ont marqué le Québec, le réseau routier, la crise du verglas, les patriotes, les noms de famille, les compagnies fondées ici qui ont été vendues à l’étranger, les plus illustres franco-américains nés au Québec. On y retrouve entre autres Jack Kerouac, Georges St-Pierre, Ernest Dufault, Calixa Lavallée.

Il y a aussi de nombreuses cartes. Je pense par exemple à la carte du Québec avant la colonie qui retrace les tribus amérindiennes de l’époque et l’endroit où elles vivaient. Cette carte est fascinante et permet de se faire une idée vraiment complète de ce qu’a pu être notre Province avant nous.

Il y a tellement de contenu dans cet ouvrage! Le livre aborde de très nombreux sujets de notre histoire. Certaines infographies rappellent de beaux souvenirs, surprennent aussi parfois et sont très enrichissantes. Le visuel permet de se faire rapidement une idée de ce qu’on nous présente et de s’en souvenir. Visuellement, le livre est conçu sous forme de cartes que l’on déplie. Les inforgraphies y sont reproduites. Plusieurs d’entre elles présentent aussi des comparaisons entre la vie d’aujourd’hui et celle d’autrefois.

Infographies.quebec est un livre très coloré, très attractif. L’ouvrage est vraiment bien fait. Le dosage entre le texte et l’infographie est parfait. Conçu à la base pour des cours d’histoire, le livre est très intéressant pour le grand public, principalement pour son format. Il ne ressemble en rien aux livres scolaires conventionnels. La variété des sujets en fait un ouvrage incontournable pour apprendre beaucoup de choses sur l’histoire du Québec et se rafraîchir la mémoire sur ce que l’on connaît déjà.

J’ai aimé l’ajout à la fin du livre où l’auteur présente sa vision de l’ouvrage, les raisons des choix qu’il a fait pour Infographies.québec.

Un livre parfait pour offrir et qu’il est plaisant de relire à l’occasion. Un livre tout trouvé pour les étudiants, les passionnés d’histoire et le grand public qui souhaite en apprendre davantage sur le Québec. Infographies.quebec est passionnant, c’est un livre que je conseille fortement. J’ai passé un excellent moment de lecture, très instructif.

Infographies.quebec, Gilles Laporte, éditions du Septentrion, 102 pages, 2018

Publicités

Tout savoir en 5 minutes

tout savoir en 5 minutes

Inspiré des chroniques « En 5 minutes » du Journal de Montréal et du Journal de Québec, ce livre décortique plus de 220 sujets répartis sous 5 grandes catégories : nature et environnement, histoire, santé, science et technologie et sport. Illustré de superbes modélisations 3D et de nombreux graphiques, Tout savoir en 5 minutes rend tous les sujets accessibles tout en suscitant le plaisir d’apprendre.

De ce beau livre illustré, nous avons choisi d’en faire une lecture en duo, à haute voix. Un bon chocolat chaud et c’est parti pour quelques pages de découvertes! Alaska lisait les pages de gauche et Todd, les pages de droite. C’est une belle façon d’aborder ce livre qui s’inspire des chroniques « En 5 minutes » parues dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec.

Le livre est séparé en cinq grandes parties: la nature et l’environnement, l’histoire, la santé, la science et la technologie, les sports. Chacune d’entre elles présente plusieurs chroniques. Chacune fait une seule page (deux pour de rares exceptions), en couleur, imagée avec des illustrations, des croquis et des graphiques qui nous permettent de mieux saisir ce dont il est question.

Par exemple, la formation des vagues ou celle des volcans est plus simple à comprendre avec des images. Cette présentation permet sans doute de retenir plus facilement les informations qui sont présentées, puisque tout est très visuel. On apprend, entre autres, pourquoi les feuilles d’automne tombent, à qui appartient le Pôle Nord, pourquoi les ballerines seraient immunisées contre le vertige, comment fonctionne le déminage ou la façon dont sont fabriqués les skis alpin. De tout, pour tous les goûts!

C’est un livre qui nous a bien plu, parce qu’on y revenait chaque jour pour découvrir de nouvelles choses. On apprend toujours, même s’il s’agit d’informations condensées. C’est un modèle d’ouvrage qui nous plaît bien puisqu’on n’a pas toujours le temps d’élaborer tous les sujets, alors qu’il est intéressant d’avoir des connaissances générales dans plusieurs domaines et d’apprendre de nouvelles choses. Si c’est votre objectif, Tout savoir en 5 minutes est un livre qui y répond bien, un peu comme les collections « En 3 minutes » ou « En 30 secondes » qui existent déjà sur le marché. Ici, on a particulièrement aimé les sujets traités, le classement par thèmes et le fait que le livre soit visuellement très attractif.

La préface du livre est de David Saint-Jacques, astronaute de l’Agence spatiale canadienne et ce collectif d’auteurs est dirigé par Benjamin Bourque. L’ouvrage est conçu pour nous présenter un survol de plusieurs sujets, afin de  peaufiner nos connaissances générales. Libre à nous par la suite de creuser un peu plus ceux qui nous intéressent!

Tout savoir en 5 minutes, Collectif, sous la direction de Benjamin Bourque, Les éditions du Journal, 272 pages, 2018

Sciences judiciaires en 30 secondes

sciences judiciairesLes films policiers et les séries télévisées d’enquêtes criminelles n’ont jamais été aussi populaires. Mais que savez-vous vraiment de la réalité propre aux experts œuvrant dans les sciences judiciaires? Quelles sont leurs méthodes pour démasquer les coupables de crimes? Comment ces scientifiques s’y prennent-ils pour identifier et rassembler les éléments de preuve?

J’aime beaucoup la collections de livres En 30 secondes, qui permet de faire le tour de l’ensemble d’un sujet, de façon globale. C’est une bonne façon d’augmenter ses connaissances générales. Libre à nous par la suite d’approfondir un sujet ou un thème qui nous interpelle un peu plus. Le concept de ces livres est donc un survol (tout de même assez détaillé) d’un sujet donné. Ici, les sciences judiciaires.

Ce livre m’a tout de suite attirée parce que je suis passionnée de sciences judiciaires depuis longtemps. J’ai lu plusieurs livres sur ce sujet, mais jamais un construit de cette façon. Ici, les auteurs nous offrent un panorama du sujet divisé en sept parties: le corps, la biométrie, les traces, les analyses physiques et chimiques, les sciences de la nature, les dossiers numériques et finalement, la loi et la science. Chacune de ces parties met en évidence des thèmes précis, utilisés lors d’enquêtes et qui servent les recherches et la présentation de preuves lors de procès.

L’ouvrage est construit par sections. Chaque thème abordé présente une image sur sa page de droite et une portion « Enquête en 30 secondes » sur sa page de gauche. Le sujet est présenté et complété par des blocs: indices en 30 secondes, analyse en 3 minutes, sujets connexes, biographie en 3 secondes et un court résumé. On comprend en une page l’essentiel de ce qui est présenté, on fait le tour de l’application de ce thème en sciences judiciaires et on en apprend plus sur un acteur important de ce domaine scientifique. Chaque partie présente aussi sur deux pages le portrait d’une personnalité du monde judiciaire qui s’est démarquée. Une chronologie et une petite biographie. Mon préféré étant sans aucun doute Alan Turing, mathématicien de génie, ayant été arrêté à cause de son homosexualité et ayant connu une fin tragique.

J’ai été naturellement plus sensible à certains thèmes abordés dans le livre. Plutôt fascinée aussi par moment, par exemple par l’imagerie médicale qui pourrait bien remplacer éventuellement, dans l’avenir, les autopsies telles que nous les connaissons. J’ai été impressionnée par la création d’une banque de données génétiques (par le gouvernement canadien), une révolution aussi importante aujourd’hui que l’était l’introduction des empreintes digitales dans les procédures judiciaires à l’époque. L’analyse de la marche m’a beaucoup intéressée, puisque c’est une science dont on n’entend pas vraiment parler, tout comme l’analyse du verre (dont on retrouve d’ailleurs des traces sur une personne sur douze au quotidien!).

Dans tous les thèmes abordés, la botanique judiciaire est sans doute ce qui m’a le plus fascinée et que je connaissais le moins. Entre aussi dans cette partie la palynologie judiciaire, soit l’étude des pollens et des spores dans un environnement criminel. Vraiment très intéressant! Voilà un sujet que j’aimerais bien approfondir un peu plus.

Le livre est cosigné par Sue Black, une anthropologue judiciaire et anatomiste, et Niamh Nic Daéid, une chimiste judiciaire. Plusieurs collaborateurs se sont joints à elles pour signer différents textes du livre, chacun ayant une spécialisation judiciaire différente. L’avant-propos de l’ouvrage est signé par l’auteure de romans policiers Val McDermid.

Sciences juridiques en 30 secondes est un livre que je vous conseille fortement si les sciences judiciaires vous intéressent et si vous avez envie d’en apprendre plus sur le sujet. Plusieurs thèmes sont passionnants et on peut par la suite, choisir de creuser un sujet en particulier s’il nous interpelle plus.

Une bonne lecture!

Sciences judiciaires en 30 secondes, Sue Black & Niamh Nic Daéid, éditions Hurtubise, 160 pages, 2018

L’arbre d’Halloween

l'arbre d'hallowenPour Halloween, Tom Skelton se déguise en squelette et parcourt la ville avec ses copains, en quête de friandises. Mais cette année, le jeune Joe Pipkin ne les accompagne pas. Où peut-il bien être? Un homme inquiétant finit par leur ouvrir sa porte et va les entraîner dans un bien curieux voyage, de l’Égypte ancienne en Irlande, en passant par Paris et le Mexique, à la découverte des mystères de cette fête des morts. Ainsi, peut-être Tom et ses amis retrouveront-ils leur copain Joe et perceront-ils les secrets de l’Arbre d’Halloween?

J’aime beaucoup Ray Bradbury que j’ai lu souvent il y a quelques années, mais que je n’avais pas relu depuis un bon moment. J’ai eu envie de me plonger dans L’arbre d’Halloween le 31 octobre dernier justement, parce que j’avais le goût d’avoir une bonne lecture de circonstance. Il faut dire que les romans se déroulant à l’Halloween et proposant cette fête comme thème principal sont plutôt rares. J’ai donc commandé ce livre exprès pour l’Halloween et j’avais très hâte de m’y plonger. J’espérais qu’il soit à la hauteur de mes attentes.

Je n’ai pas été déçue, absolument pas. L’arbre d’Halloween est un conte poétique, mêlant histoire et fantastique. La plume est très belle et l’histoire est entrecoupée de petits poèmes ou de chansons.

« Les étoiles tournoient, les chandelles flamboient,
Et les feuilles-souris trottent sous le vent froid,
Et l’Arbre d’Halloween, quel éclat, quel délire,
De tous ses potirons t’adresse les sourires

La Sorcière et le Chat
La Goule et le Dragon,
La Faucheuse en action,
Leurs sourires sont là,
Sur l’Arbre d’Halloween,
Lampions qui l’illuminent… »

Ce conte raconte l’histoire de Tom et de ses amis. Ils ont tous un nom un peu prédestiné pour cette journée. Les références à l’Halloween et à ses personnages emblématiques sont partout. C’est l’histoire banale d’enfants qui s’apprêtent à passer l’Halloween et à s’amuser en cette journée frissonnante. Mais l’un d’entre eux manque à l’appel. Un étrange personnage nommé Montsuaire les accueillera à la recherche du vrai sens de l’Halloween.

Le côté fantastique et la quête de leur ami à travers le temps leur fera voir toutes sortes de choses dont ils ne doutaient pas un seul instant. Ils vont remonter le temps de quatre mille ans pour tenter de comprendre d’où provient cette fête des morts. Ils réalisent aussi ce que représentent les costumes populaires de l’Halloween – fantômes, momies, sorcières – et pour quelles raisons ils sont parvenus jusqu’à nous. Entre leurs découvertes et la quête de réponses, ils poursuivent la recherche de Pipkin, leur ami disparu.

« Tom Skelton frissonne. Chacun sait que ce soir le vent n’est pas normal et qu’en cette veille de la Toussaint la pénombre est spéciale. L’air semble parée de banderoles de velours noires, orange ou dorées. Comme pour une cérémonie mortuaire giclent de chaque cheminée des panaches de fumée. Hors des cuisines se dégagent des odeurs de citrouilles: celles qu’on évide pour façonner des têtes hilares et grimaçantes, celles qu’on cuit au four pour les déguster en tartes fondantes. »

Le texte est intéressant car l’auteur remonte aux origines de la fête des morts. Les personnages découvrent l’histoire qui se cache derrière en même temps que le lecteur. L’écriture est poétique, souvent très jolie. Je regrette seulement qu’on y retrouve parfois un langage plus lâche (comme « mec » et « putain », ce qui ne cadre pas vraiment avec le reste) alors que le texte est si beau. Je me demande s’il s’agit d’un choix de traduction où si on les retrouve aussi dans le texte original…

Outre ce petit bémol, j’ai passé un excellent moment avec ce livre le soir d’Halloween. Je le trouve intéressant à plusieurs niveaux, tant pour la prose poétique que pour l’histoire qui s’éloigne des romans d’horreur qu’on lit habituellement en cette journée frissonnante, pour plonger plutôt dans les origines de la fête. Une très belle façon de redonner un sens aux célébrations originelles de l’Halloween. À découvrir!

L’arbre d’Halloween, Ray Bradbury, éditions Folio SF, 165 pages, 2015

America n°4

America4

C’est Stephen King qui ouvre le bal de ce quatrième numéro intitulé De la violence en Amérique avec Guns, un article percutant et profondément touchant sur sa position face à la violence en tant qu’homme, père de famille et en tant qu’auteur. Il parle aussi de sa décision de retirer son livre Rage des rayonnages, suite à des tueries dans les écoles. Je trouve que son questionnement et sa position en tant qu’auteur est intéressante. Étrangement et tout à fait par hasard après avoir lu l’article, je suis tombée,  dans une vente de livres d’occasion, sur un exemplaire de ce livre pour 0.50$ et je l’ai acheté. Je suis curieuse de comprendre tout ce qui se cache derrière la démarche de King.

Toujours sous le thème de la violence, Benjamin Whitmer signe un article vraiment captivant sur l’histoire de Thanksgiving et des débuts de la violence, allant des massacres amérindiens jusqu’aux prisons de haute sécurité: L’histoire interdite. J’ai d’ailleurs noté, suite à cet article, son roman Évasion à paraître en septembre 2018, qui parle d’une de ces prisons. Quant à Ryan Gattis, il signe Le vrai visage de la violence, qui parle de gangs et de… nez! J’ai son roman Six jours dans ma PAL qu’il me tarde de découvrir.

« La violence est une chose aussi banale en Amérique que dans n’importe quelle dictature bananière, et notre histoire n’est ni héroïque, ni exceptionnelle. Nos mythes sont là pour le cacher, et ils sont aussi débilitants que frauduleux. »

Autre citation, de Ryan Gattis

« … peu de choses affectent l’âme plus puissamment que la douleur physique. Et peu de choses sont plus importantes que d’y survivre. »

Le reportage photo m’a fait découvrir le travail de Kiliii Yüyan (qu’on peut suivre sur Instagram) avec Living Wild, des images prises lors de stages dans l’état de Washington, qui permettent de redécouvrir un mode de vie ancestral. Très intéressant!

Le grand entretien du numéro est consacré à Paul Auster, un homme et un écrivain toujours brillant. J’ai eu l’impression d’assister à une rencontre entre deux amis. Ses propos sont toujours songés et réfléchis. C’est un homme que j’aime beaucoup, qui respire le calme.

La rencontre entre François Busnel, Tom Wolfe et Gay Talese, Un chapeau à Manhattan,  m’a un peu moins plu. Je crois que je ne suis pas vraiment sensible au style de ces deux hommes. Je n’ai jamais vraiment eu envie de lire Tom Wolfe. Il ne me parle pas.

La chronique voyage nous fait découvrir Chicago par les yeux de ses habitants. Véronique Ovaldé donne la parole à plusieurs personnes et le reportage est entrecoupé de ses propres réflexions. J’ai trouvé la forme de l’article plutôt intéressant. Qui de mieux placé pour parler d’un endroit que ceux qui y vivent? L’article est suivi par la chronique sur ce qu’il faut lire, voir et entendre (livres, cinéma et musique) autour de Chicago. J’adore les listes thématiques du genre.

Finalement, Le grand roman américain parle de Sur la route et de l’écrivain Jack Kerouac pour qui j’ai un gros gros faible! J’étais ravie de le retrouver entre les pages d’America, même si j’ai trouvé que cette lecture est allée beaucoup trop vite! Très bon article, mais beaucoup trop court à mon goût! Quand on aime… 😉

Ce quatrième numéro reprend aussi comme d’habitude, les chroniques habituelles. J’ai préféré pour ce billet me pencher principalement sur les articles que j’ai préférés.

Pour lire mes précédents billets:

Au Québec, on peut trouver la revue sur le site Leslibraires.ca ou commander chaque numéro chez son libraire indépendant. Ils sont pour le moment toujours en vente.

Le site web d’America.

America n°4, Les éditions América, 194 pages, hiver 2018