Acadie Road

Gabriel Robichaud propose un troisième recueil de poésie dont le titre est bien sûr un clin d’œil et un hommage au classique Acadie Rock de Guy Arsenault. Le poète-comédien nous amène faire un « tour de l’Acadie » hors du commun et c’est un plaisir de prendre place dans le siège du passager et de laisser défiler le territoire sous nos yeux amusés. Parce que l’autodérision guette à chaque détour avec, en fin de parcours, l’arrivée d’un manifeste clamant haut et fort une identité sans équivoque.

J’ai beaucoup aimé ce recueil de poésie de Gabriel Robichaud. Je réalise que, si je connais assez bien la musique acadienne, je connais finalement assez peu leur littérature. Suite au très beau dossier paru dans le numéro Les libraires j’ai vraiment envie de la découvrir un peu plus. Ma première incursion a été avec ce recueil de poésie. J’ai donc décidé, pour un premier voyage, de parcourir l’Acadie par ses routes.

Dans mon char
Y a les restes de qui je suis
Trimbalés sur les terres qui me permettent de rouler
Tu choisis le cd
Si je peux chanter la toune

L’auteur nous amène à découvrir son coin de pays en faisant une halte dans les villes et villages de l’Acadie. Le livre est divisé en différentes parties qui explorent chacune une portion de route qui traverse l’Acadie. Comme tout road trip qui se respecte, il y a de la bonne musique qui accompagne les mots de Gabriel Robichaud. Il y a aussi des haltes routières en chemin et des panneaux de signalisation. Tout en nous conduisant sur les routes acadiennes, l’auteur nous parle aussi de culture, de la langue, de sa perception de l’Acadie et de son histoire.

Cette première incursion dans la littérature acadienne a été un vrai plaisir. J’ai beaucoup aimé ce recueil. Je l’ai trouvé vivant. Très imagé. Accessible aussi, pour ceux qui n’ont pas l’habitude de la poésie. Comme il est construit au fil des routes, on a l’impression de faire un voyage. C’est une forme intéressante pour aborder tout un coin de pays et par le même fait, aborder la poésie pour les non-initiés. On suit la route, en compagnie de l’auteur, à la découverte de l’Acadie. On a un peu l’impression d’y être.

Vraiment, cette première incursion dans la poésie acadienne m’a énormément plu! Je relirai assurément cet auteur éventuellement, ce fut une belle découverte. 

Acadie Road, Gabriel Robichaud, éditions Perce-Neige, 168 pages, 2018

L’invention de la littérature québécoise au XIXe siècle

Du premier roman, L’Influence d’un livre, en 1837 jusqu’à l’internement d’Émile Nelligan en 1899, le XIXe siècle est d’une effervescence exceptionnelle. Claude La Charité évoque les artisans hauts en couleur de cette nouvelle littérature, entre originaux et détraqués: poseur de bombe puante, notaire en pantoufles, patriote enragé, abbé voyageur, shérif hors-la-loi, sosie de Victor Hugo, romancière en eaux troubles et génie précoce.

J’ai adoré L’invention de la littérature québécoise au XIXe siècle de Claude La Charité. C’est une lecture vraiment très intéressante et très accessible aussi. Même si vous n’êtes pas familiers avec les fondations de la littérature québécoise, ce livre se dévore comme un roman. Il nous raconte une foule de choses passionnantes sur ces auteurs choisis et leurs œuvres. Ça m’a donné envie de lire et relire de nombreux auteurs fondateurs de notre littérature. 

L’auteur nous offre, en quatre parties, une introduction éclairante sur les débuts de notre littérature. Et c’est passionnant! L’auteur nous amène sur les traces de Philippe Aubert de Gaspé père et fils, Patrice Lacombe, l’abbé Casgrain, Joseph-Charles Taché, Louis Fréchette, Laure Conan et Émile Nelligan. Il trace le portrait de chaque écrivain, de l’importance de son œuvre, il la replace dans son contexte historique et nous parle également de l’héritage laissé par ces pionniers de la littérature, dans la culture, mais aussi dans la toponymie. Naturellement, les choix qui sont faits ici, sont clairement expliqués en début d’ouvrage et n’aspirent pas à être exhaustifs. 

Le livre est truffé d’anecdotes vraiment très intéressantes. Saviez-vous par exemple que c’est un abbé qui a été le premier critique littéraire québécois et qu’il a sans doute été l’écrivain le plus prolifique de son temps? Que c’est à Taché que l’on doit une partie de notre toponymie puisqu’il a contribué à diffuser dans son livre, tout un vocabulaire en lien avec la foresterie et les bûcherons? Que Laure Conan a été la première écrivaine québécoise à vivre de sa plume et à remporter le prix de l’Académie française?

Chaque chapitre du livre se termine par une section « suggestions de lecture ». J’ai noté une foule de titres et je compte bien me faire une liste et en lire un de temps en temps. C’est d’ailleurs un des gros points forts du livre de Claude La Charité: il a un talent certain pour nous donner envie de TOUT lire. J’adore quand un ouvrage nous amène à en découvrir d’autres. 

J’ai passé un excellent moment avec cet ouvrage. Il est court (moins de 160 pages) mais offre une excellente introduction qui donne assurément envie de se pencher sur les débuts de notre littérature. Je ne peux que vous le conseiller!

L’invention de la littérature québécoise au XIXe siècle, Claude La Charité, éditions du Septentrion, 162 pages, 2021

La dépoussiéreuse de crimes

Disparitions mystérieuses, affaires nébuleuses, meurtres irrésolus, le Québec regorge de sombres histoires plus déroutantes les unes que les autres. La détective privée Annie Richard, alias la dépoussiéreuse de crimes, a sélectionné pour vous une dizaine de ces enquêtes qui ont marqué son parcours au fer rouge, dont: l’enlèvement de Sébastien Métivier, premier enfant dont le visage a été reproduit sur les cartons de lait; la quête de Laurette Perreault, qui s’est lancée à la recherche de son fils en raison de l’inaction des policiers; l’emprisonnement de Sidney Machell, enfermé à tort pendant vingt ans à la prison de Bordeaux, avec les aliénés… Soutenue par les familles des victimes, mais aussi par des coroners, des policiers et nul autre que le légendaire Claude Poirier, cette passionnée remonte le temps à l’aide de vieux almanachs, d’archives de journaux et de divers artefacts afin de colliger de nouveaux indices. Saura-t-elle jeter enfin la lumière sur certaines des énigmes criminelles de notre histoire, à ce jour inexpliquées?

J’ai lu La dépoussiéreuse de crimes d’Annie Richard et j’ai vraiment adoré ce livre! Je voulais vous en parler cette semaine car le 15 avril 2022, ce sera le début de la deuxième saison de Sur ta rue (à Canal D) animé par l’auteure, qui est détective privée. J’adore cette émission! Son livre est tout à fait dans le même esprit.

On retrouve donc entre ces pages douze histoires judiciaires. Des crimes, des mystères, des injustices judiciaires et des disparitions, ces douze affaires ont fait les manchettes à leur époque. Annie Richard nous amène dans les archives afin de retracer un portrait sociologique et historique de ces affaires, à l’époque où elles se sont produites. Elle analyse les mœurs, nous raconte le système de justice bien différent d’aujourd’hui, fouille la généalogie et les documents d’époque afin de nous offrir une plongée dans l’histoire de gens qui ont fait les frais du système de justice, soit en étant victimes, soit en devenant enquêteurs malgré eux pour avoir des réponses. C’est avec beaucoup d’intérêt qu’on suit ses enquêtes et qu’on découvre comment peut évoluer une affaire qu’on choisit d’ouvrir à nouveau des années après le crime. 

Annie Richard est quelqu’un d’empathique et d’intègre, qui tente d’offrir, à travers ses enquêtes, des réponses aux proches de victimes de crimes. Ses enquêtes la mènent aussi à faire des découvertes dans les archives et les histoires parfois étranges qu’elle nous raconte sont passionnantes! Les archives regorgent d’informations qui ne demandent qu’à être trouvées. J’ai été très émue par la première affaire sur laquelle elle a enquêté, la disparition de Sébastien Métivier. Cette histoire m’avait beaucoup marquée à l’époque. J’étais très jeune et on en avait entendu parler au fil des ans, puisque Sébastien n’a jamais été retrouvé. C’est avec cette histoire que j’ai pris conscience qu’un adulte pouvait s’en prendre à un enfant. Je n’ai jamais oublié le nom de Sébastien. Plusieurs autres histoires sont fascinantes. J’ai un faible, tout comme elle, pour la dernière histoire du livre, celle de Sidney. Elle est tellement surprenante qu’elle est digne de l’intrigue d’un film!

J’ai appris de nombreuses anecdotes que j’ignorais, dont celle des journaux de l’époque qui affichaient l’adresse d’un prévenu lors d’un crime. Ce qui facilite sans doute un peu la recherche dans les archives pour situer les lieux. On apprend aussi des choses sur le plus vieux cas de disparition resté ouvert au Service de police de Montréal, sur les origines d’une expression populaire, sur les journaux à scandales, les débuts des maisons de transition, les rackets de bébés à une certaine époque. On rencontre des membres de la famille des gens qui ont été victimes et on apprend des choses sur la façon dont l’enquête se déroule pour Annie et son équipe. De petits encarts sont ajoutés au fil des pages, pour ajouter de l’information complémentaire à l’enquête dont il est question, allant des faits divers aux suspects. 

J’ai adoré cette lecture tout comme j’attends la diffusion de Sur ta rue avec impatience. Un chapitre du livre aborde d’ailleurs la recherche qui a été faite pour cette émission. Cette série nous amène à découvrir l’histoire d’un quartier, d’une rue, à travers ses mystères et ses crimes passés. Je ne peux que vous conseiller autant le livre que la série. Cette lecture m’a d’ailleurs donné envie de me replonger dans des histoires criminelles que j’ai beaucoup lues a une certaine époque!

J’ai passé un très bon moment de lecture avec La dépoussiéreuse de crimes. Je vous invite à découvrir le blogue d’Annie Richard et son balado avec Jean-Philippe Rousseau, Rétro crimes.

La dépoussiéreuse de crimes: lumière sur 12 énigmes judiciaires, Annie Richard, éditions de l’Homme, 232 pages, 2021

Harry Potter, un monde de magie

Pour célébrer le vingtième anniversaire de la publication de Harry Potter à l’école des sorciers, les conservateurs de la British Library et autres experts, historiens, critiques littéraires et J. K. Rowling elle-même, vous emmènent au cœur des mythes, traditions et trésors qui ont inspiré l’auteur. Découvrez livres de sorts, manuscrits enluminés, globes célestes, créatures fabuleuses, objets venus des musées du monde entier, et illustrations d’artistes… ainsi que des brouillons, manuscrits et croquis issus pour la première fois de la collection personnelle de J. K. Rowling. Un parcours complet, visuellement fascinant, riche en commentaires éclairants.

J’ai éprouvé un plaisir immense à lire ce livre. Cette lecture a d’ailleurs été un gros coup de cœur. Je voulais lire depuis longtemps un ouvrage sur l’histoire du monde d’Harry Potter. Je recherchais toutefois quelque chose d’instructif et de passionnant, pas simplement un ouvrage de fiction autour de l’univers magique de Poudlard. Je souhaitais un ouvrage plus adulte et moins enfantin. Il existe une quantité infinie de livres sur le sujet, mais peu abordent les sciences et l’histoire. Celui-ci aborde ces deux thèmes. Ce livre m’a été offert à Noël et il s’est avéré être un excellent choix!

Écrit par les conservateurs de la British Library et plusieurs scientifiques, historiens et experts, cet ouvrage est un véritable petit bijou. Il explore le monde d’Harry Potter à travers les mythes qui ont inspiré J.K.Rowling. Le parallèle est constamment fait entre ce qu’on retrouve dans les livres mettant en scène le petit sorcier à lunettes et les artefacts du passé. Les potions et l’alchimie sont expliquées à travers des documents historiques; l’astronomie à travers les découvertes; la botanique à travers l’histoire des jardins et des plantes; les sortilèges à travers les croyances au fil des époques; pour ne nommer que ces disciplines. Chaque matière abordée à Poudlard est documentée. On en comprend les origines historiques et scientifiques, ce qui est d’autant plus passionnant. 

On y retrouve de nombreuses curiosités historiques fascinantes. Par exemple, saviez-vous que l’on retrouve dans un vieux manuscrit du XVIIe siècle un sortilège pour se rendre invisible? Que les prénoms des deux figures parentales d’Harry Potter représentent symboliquement deux étapes du processus de fabrication de la pierre philosophale? Que dans son ouvrage sur les drogues, l’apothicaire du roi Louis XIV aborde le thème… des licornes? Que Sirius Black doit son nom à la constellation du Grand Chien et à son étoile, Sirius, la plus brillante que l’on peut apercevoir de la Terre?

L’ouvrage est abondamment et magnifiquement illustré. Il nous amène à la découverte de parchemins, d’enluminures, de l’histoire de la sorcellerie, de la passion pour la divination qui a enflammé certaines époques de notre histoire. Le livre est aussi rempli de petites merveilles en lien avec les manuscrits d’Harry Potter, le travail sur les scénarios, de nombreux dessins de l’auteure elle-même et la reproduction de magnifiques œuvres d’art. Jim Kay, l’illustrateur des trois premiers romans, signe d’ailleurs de superbes œuvres dans cet ouvrage.

Ce livre est en fait le meilleur des deux mondes: historique et fictif. Il puise dans la fiction pour nous raconter l’histoire de certaines disciplines et il est suffisamment bien documenté pour être à la fois captivant et instructif. On apprend beaucoup de choses. L’ouvrage s’avère également être un hommage à l’univers d’Harry Potter, au personnage de fiction et à tout le travail d’écriture de l’auteur, tout comme il est également un bel hommage à l’art et à tous ceux qui travaillent dans l’ombre pour faire vivre sur papier comme à l’écran, des personnages que l’on aime. 

Un beau coup de cœur pour ce livre superbe que j’ai eu un plaisir fou à lire. Il est bien construit, séparé par domaines d’études à Poudlard et offre une vision historique, scientifique et mythologique du monde merveilleux d’Harry Potter. Vraiment, une excellent découverte!

Harry Potter, un monde de magie, Collectif, éditions Gallimard, 256 pages, 2018

Pêcheur normand, famille métisse

Cette histoire sociale de la baie des Chaleurs durant le régime français place en son centre ses premiers habitants perma­nents d’origine française et leur famille métisse. La famille Mallet est l’une des rares dont on connaît les antécédents et le parcours. Dans cet ouvrage, Marc-André Comeau explore le mode de vie, le milieu et les principaux évènements historiques qui ont façonné la vie de ces pêcheurs estivaux qui trappaient l’hiver venu. Au fil des décennies, ils développent une identité qui leur est propre et qui émergera dans toute sa différence durant la guerre de Sept Ans. Pendant ce conflit, les forces françaises et britanniques, ainsi que les Acadiens nouvellement arrivés à la baie, vont rapidement mettre en relief les particularités de cette petite communauté qu’on ne réussit pas à «classer». On utilise alors des vocables tels que Normands, Mistifs, Créoles ou «half-breeds» pour décrire ces habitants aux origines mixtes. Depuis, ce groupe singulier s’est lentement amalgamé à la population environnante.

Pêcheur normand, famille métisse est un ouvrage qui raconte l’histoire des ancêtres Normands des Mallet d’Acadie. Un livre qui nous plonge dans les années 1680 à 1763 dans la vie quotidienne des pêcheurs. On apprend une foule de choses sur leur façon de vivre de l’époque. C’est la petite histoire des gens qui forment, finalement, la grande histoire de cette période en Acadie.

Au tout début du livre, j’avais l’impression d’être totalement plongé dans la généalogie de la famille Mallet. Mais au fil des pages, on réalise que l’auteur nous convie aussi à tout un pan de l’histoire de pêcheurs courageux et vaillants, qui ont tout donné pour réussir à avoir une vie décente en travaillant sur les bateaux. On voit de quelle façon ils ont colonisé ces lieux, ce qu’ils ont vécu, par quelles épreuves ils ont dû passer. On apprend de quelle façon fonctionnait la hiérarchie entre les pêcheurs, selon les prises et le temps qu’ils pouvaient mettre à pêcher. Une partie de l’équipage demeurait ici, alors que certains repartaient. Les pêcheurs pouvaient donc passer plus de temps ici et sur la mer, parfois des années, plutôt qu’avec leur famille sur le vieux continent.

À partir de là, on constate à quel point ce métier était difficile pour la famille qui demeurait au pays. Tout comme elle était difficile pour ceux qui choisissaient de venir s’installer en Acadie. Les pêcheurs pouvaient aussi être réclamés pour participer à des guerres et subissaient bien souvent les attaques des anglais. Leurs outils étaient détruits, il ne leur restait plus qu’à tout recommencer. On vit dans ce livre les liens entre les français et les anglais, les combats pour les territoires de pêche, la piraterie. On apprend énormément de choses sur la façon dont ce mode de vie affectait les familles et les naissances, l’impact des conditions météorologiques sur le quotidien, les famines. On voit à travers leur histoire, les conditions de travail souvent pénibles, la compétition entre les pêcheurs, les rares bénéfices, le salaire final souvent insuffisant, les conditions déplorables de vie. C’était définitivement un monde très dur, caractérisé par les longues heures de travail.

« Nous avons déjà mentionné précédemment deux transactions impliquant François Larocque qui, dans un premier cas, avait offert du poisson en échange de sel et, dans un deuxième cas, s’était départi d’une paire de souliers pour obtenir du tabac. Il faut dire qu’à cette époque la monnaie courante et trébuchante est quasi absente et le troc associé au crédit est le moyen d’échange commercial prédominant. »

Ce que j’ai beaucoup aimé de ce livre, c’est tout ce qu’on apprend en parallèle: l’histoire des premiers colons et de la colonisation. Les déserteurs, les pêcheurs, les alliances avec les autochtones. Le métissage est beaucoup plus abordé au fur et à mesure qu’on avance dans le livre. On constate de quelle façon les liens entres les autochtones et les français se tissaient, la présence de la religion et sa façon de percevoir les autochtones, le jugement racial. On perçoit les différentes réalités au niveau des relations et des alliances entre blancs et autochtones.

J’ai appris énormément de choses intéressantes. Le livre regorge de faits étonnants et passionnants. C’est un ouvrage d’une grande richesse qui nous plonge dans un pan de notre histoire et nous permet de vivre le quotidien et les mœurs de l’époque: la façon de penser, de vivre et d’être, le travail de la pêche, la conservation des aliments, la vie familiale, le peuplement. Ces gens ont du bûcher quotidiennement pour simplement survivre. Dans ce livre, nous sommes témoins des changements survenus après l’installation des pêcheurs en Acadie, la vie sur l’eau, mais aussi comme cultivateurs. À travers la famille Mallet on vit ce que nos ancêtres ont pu vivre. En documentant la famille Mallet, l’auteur nous permet de plonger dans le quotidien de toute une époque.

« Leur engagement, en temps de paix, était habituellement volontaire. Lors d’une guerre, s’il manquait de marins pour compléter les équipages des vaisseaux du roi, des hommes de la marine royale procédaient régulièrement à la Presse dans un des villages du littoral. Celle-ci consistait en fait un enlèvement pur et simple d’hommes se trouvant malencontreusement sur le chemin des troupes de levées. On pouvait même aller jusqu’à boucler un port ou un village en entier et embarquer tous les jeunes gens valides en âge de connaître l’aventure. Cette méthode, quoiqu’expéditive, se soldait par des équipages inexpérimentés dont le taux de désertion était élevé. »

J’aime la généalogie et j’ai trouvé fascinant de découvrir la famille Mallet à travers une longue période. L’auteur aborde aussi l’histoire des déportations des acadiens. C’est un ouvrage qui nous touche. Je ne suis pas particulièrement fan des bateaux et de la pêche, mais j’adore l’histoire des gens et des sociétés. À ce niveau, le livre de Marc-André Comeau est exceptionnel. On vit littéralement le quotidien de ces pêcheurs de Normandie qui se sont installés ici.

Une histoire qui a des liens étroits avec notre propre histoire. Un ouvrage captivant parce que l’on apprend toujours quelque chose. Bien documenté, le livre est accompagné de quelques images, mais surtout de cartes pour mieux se situer. C’est un livre vraiment intéressant pour ceux qui veulent connaître l’histoire de la vie en Acadie et des pêcheurs. Riche et captivant!

Pêcheur normand, famille métisse, Marc-André Comeau, éditions du Septentrion, 306 pages, 2021