L’arbre d’Halloween

l'arbre d'hallowenPour Halloween, Tom Skelton se déguise en squelette et parcourt la ville avec ses copains, en quête de friandises. Mais cette année, le jeune Joe Pipkin ne les accompagne pas. Où peut-il bien être? Un homme inquiétant finit par leur ouvrir sa porte et va les entraîner dans un bien curieux voyage, de l’Égypte ancienne en Irlande, en passant par Paris et le Mexique, à la découverte des mystères de cette fête des morts. Ainsi, peut-être Tom et ses amis retrouveront-ils leur copain Joe et perceront-ils les secrets de l’Arbre d’Halloween?

J’aime beaucoup Ray Bradbury que j’ai lu souvent il y a quelques années, mais que je n’avais pas relu depuis un bon moment. J’ai eu envie de me plonger dans L’arbre d’Halloween le 31 octobre dernier justement, parce que j’avais le goût d’avoir une bonne lecture de circonstance. Il faut dire que les romans se déroulant à l’Halloween et proposant cette fête comme thème principal sont plutôt rares. J’ai donc commandé ce livre exprès pour l’Halloween et j’avais très hâte de m’y plonger. J’espérais qu’il soit à la hauteur de mes attentes.

Je n’ai pas été déçue, absolument pas. L’arbre d’Halloween est un conte poétique, mêlant histoire et fantastique. La plume est très belle et l’histoire est entrecoupée de petits poèmes ou de chansons.

« Les étoiles tournoient, les chandelles flamboient,
Et les feuilles-souris trottent sous le vent froid,
Et l’Arbre d’Halloween, quel éclat, quel délire,
De tous ses potirons t’adresse les sourires

La Sorcière et le Chat
La Goule et le Dragon,
La Faucheuse en action,
Leurs sourires sont là,
Sur l’Arbre d’Halloween,
Lampions qui l’illuminent… »

Ce conte raconte l’histoire de Tom et de ses amis. Ils ont tous un nom un peu prédestiné pour cette journée. Les références à l’Halloween et à ses personnages emblématiques sont partout. C’est l’histoire banale d’enfants qui s’apprêtent à passer l’Halloween et à s’amuser en cette journée frissonnante. Mais l’un d’entre eux manque à l’appel. Un étrange personnage nommé Montsuaire les accueillera à la recherche du vrai sens de l’Halloween.

Le côté fantastique et la quête de leur ami à travers le temps leur fera voir toutes sortes de choses dont ils ne doutaient pas un seul instant. Ils vont remonter le temps de quatre mille ans pour tenter de comprendre d’où provient cette fête des morts. Ils réalisent aussi ce que représentent les costumes populaires de l’Halloween – fantômes, momies, sorcières – et pour quelles raisons ils sont parvenus jusqu’à nous. Entre leurs découvertes et la quête de réponses, ils poursuivent la recherche de Pipkin, leur ami disparu.

« Tom Skelton frissonne. Chacun sait que ce soir le vent n’est pas normal et qu’en cette veille de la Toussaint la pénombre est spéciale. L’air semble parée de banderoles de velours noires, orange ou dorées. Comme pour une cérémonie mortuaire giclent de chaque cheminée des panaches de fumée. Hors des cuisines se dégagent des odeurs de citrouilles: celles qu’on évide pour façonner des têtes hilares et grimaçantes, celles qu’on cuit au four pour les déguster en tartes fondantes. »

Le texte est intéressant car l’auteur remonte aux origines de la fête des morts. Les personnages découvrent l’histoire qui se cache derrière en même temps que le lecteur. L’écriture est poétique, souvent très jolie. Je regrette seulement qu’on y retrouve parfois un langage plus lâche (comme « mec » et « putain », ce qui ne cadre pas vraiment avec le reste) alors que le texte est si beau. Je me demande s’il s’agit d’un choix de traduction où si on les retrouve aussi dans le texte original…

Outre ce petit bémol, j’ai passé un excellent moment avec ce livre le soir d’Halloween. Je le trouve intéressant à plusieurs niveaux, tant pour la prose poétique que pour l’histoire qui s’éloigne des romans d’horreur qu’on lit habituellement en cette journée frissonnante, pour plonger plutôt dans les origines de la fête. Une très belle façon de redonner un sens aux célébrations originelles de l’Halloween. À découvrir!

L’arbre d’Halloween, Ray Bradbury, éditions Folio SF, 165 pages, 2015

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America n°4

America4

C’est Stephen King qui ouvre le bal de ce quatrième numéro intitulé De la violence en Amérique avec Guns, un article percutant et profondément touchant sur sa position face à la violence en tant qu’homme, père de famille et en tant qu’auteur. Il parle aussi de sa décision de retirer son livre Rage des rayonnages, suite à des tueries dans les écoles. Je trouve que son questionnement et sa position en tant qu’auteur est intéressante. Étrangement et tout à fait par hasard après avoir lu l’article, je suis tombée,  dans une vente de livres d’occasion, sur un exemplaire de ce livre pour 0.50$ et je l’ai acheté. Je suis curieuse de comprendre tout ce qui se cache derrière la démarche de King.

Toujours sous le thème de la violence, Benjamin Whitmer signe un article vraiment captivant sur l’histoire de Thanksgiving et des débuts de la violence, allant des massacres amérindiens jusqu’aux prisons de haute sécurité: L’histoire interdite. J’ai d’ailleurs noté, suite à cet article, son roman Évasion à paraître en septembre 2018, qui parle d’une de ces prisons. Quant à Ryan Gattis, il signe Le vrai visage de la violence, qui parle de gangs et de… nez! J’ai son roman Six jours dans ma PAL qu’il me tarde de découvrir.

« La violence est une chose aussi banale en Amérique que dans n’importe quelle dictature bananière, et notre histoire n’est ni héroïque, ni exceptionnelle. Nos mythes sont là pour le cacher, et ils sont aussi débilitants que frauduleux. »

Autre citation, de Ryan Gattis

« … peu de choses affectent l’âme plus puissamment que la douleur physique. Et peu de choses sont plus importantes que d’y survivre. »

Le reportage photo m’a fait découvrir le travail de Kiliii Yüyan (qu’on peut suivre sur Instagram) avec Living Wild, des images prises lors de stages dans l’état de Washington, qui permettent de redécouvrir un mode de vie ancestral. Très intéressant!

Le grand entretien du numéro est consacré à Paul Auster, un homme et un écrivain toujours brillant. J’ai eu l’impression d’assister à une rencontre entre deux amis. Ses propos sont toujours songés et réfléchis. C’est un homme que j’aime beaucoup, qui respire le calme.

La rencontre entre François Busnel, Tom Wolfe et Gay Talese, Un chapeau à Manhattan,  m’a un peu moins plu. Je crois que je ne suis pas vraiment sensible au style de ces deux hommes. Je n’ai jamais vraiment eu envie de lire Tom Wolfe. Il ne me parle pas.

La chronique voyage nous fait découvrir Chicago par les yeux de ses habitants. Véronique Ovaldé donne la parole à plusieurs personnes et le reportage est entrecoupé de ses propres réflexions. J’ai trouvé la forme de l’article plutôt intéressant. Qui de mieux placé pour parler d’un endroit que ceux qui y vivent? L’article est suivi par la chronique sur ce qu’il faut lire, voir et entendre (livres, cinéma et musique) autour de Chicago. J’adore les listes thématiques du genre.

Finalement, Le grand roman américain parle de Sur la route et de l’écrivain Jack Kerouac pour qui j’ai un gros gros faible! J’étais ravie de le retrouver entre les pages d’America, même si j’ai trouvé que cette lecture est allée beaucoup trop vite! Très bon article, mais beaucoup trop court à mon goût! Quand on aime… 😉

Ce quatrième numéro reprend aussi comme d’habitude, les chroniques habituelles. J’ai préféré pour ce billet me pencher principalement sur les articles que j’ai préférés.

Pour lire mes précédents billets:

Au Québec, on peut trouver la revue sur le site Leslibraires.ca ou commander chaque numéro chez son libraire indépendant. Ils sont pour le moment toujours en vente.

Le site web d’America.

America n°4, Les éditions América, 194 pages, hiver 2018

America n°3

America3Troisième numéro d’America, lu cet hiver, c’est peut-être celui qui m’a le moins touchée jusqu’à maintenant. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai déjà terminé le numéro 4 (excellent!) et j’ai le cinquième sous la main que je commence (prometteur!).

Le grand entretien donne la parole à James Ellroy, un auteur que je n’ai encore jamais lu. Politiquement incorrecte, cette entrevue m’a plu, le personnage est intéressant. Je n’étais pas prête à acheter un de ses livres, pas certaine d’aimer, mais j’en ai trouvé un dans une vente d’occasion (American Tabloid) et je l’ai pris. Je veux bien tenter de voir si ça peut me plaire!

Le dossier est consacré à Trump et au FBI: Le FBI aura t-il la peau de Trump? J’ai trouvé cette politicaillerie moins passionnante que je ne l’aurais pensé. Je l’ai lu, mais avec plus ou moins d’intérêt. Il y a aussi un dossier sur L’histoire secrète du FBI, un autre Le FBI et ses démons, puis FBI et culture pop.

Le reportage voyage est de Philippe Besson, De Chicago à la Nouvelle-Orléans, suivit de quelques suggestions de lecture et d’une Anthologie de la route.

Le reportage photo du numéro est de Carolyn Drake et je l’ai vraiment trouvé intéressant. Invisible bus dresse le portrait des femmes afro-américaines qui voyagent en bus dans la banlieue blanche et cossue de Mountain Brook pour aller faire des ménages dans les maisons luxueuses. Touchant et indispensable de donner un visage à ces femmes invisibles.

Le numéro présente la dernière nouvelle de Jim Harrison, mais comme c’est un auteur que je n’apprécie pas particulièrement (je n’ai jamais été capable de terminer l’un de ses livres…) je ne l’ai pas terminée. Par contre, Callan Wink (Courir au clair de lune avec un chien volé) signe Je me souviens de Jim Harrison et comme ça parle de l’Homme, l’humain, j’ai apprécié ce billet.

La chronique historique Il était une fois l’Amérique est l’une de mes préférées. Ici, c’est Éric Vuillard qui la signe, en racontant la naissance du New York moderne (1807).

La section Séries est consacrée… aux Simpson! Une belle surprise puisque j’ai toujours été fan de cette série culte.

Finalement, le Grand roman américain est consacré à Huckleberry Finn de Mark Twain. Livre que je n’ai pas encore acheté, mais que je me promets de découvrir depuis des années.

J’avoue que la présence de la littérature américaine m’a un peu manquée dans ce numéro. Les grands espaces aussi. C’est le numéro que j’aime le moins et qui m’a le moins intéressée. Les lieux visités m’ont moins parlée que dans les précédents volets.

Pour lire mes précédents billets:

Au Québec, on peut trouver la revue sur le site Leslibraires.ca ou commander chaque numéro chez son libraire indépendant. Ils sont pour le moment toujours en vente.

Le site web d’America.

America n°3, Les éditions América, 194 pages, automne 2017

America n°2

America2Les chroniques habituelles reviennent dans ce numéro 2 qui s’intéresse, entre autres, à la résistance et aux trois premiers mois de la présidence de Trump aux États-Unis. La revue s’ouvre comme d’habitude, sur une carte qui pointe les endroits où les articles nous amèneront. Cette fois, nous partons pour la Californie, le Wyoming, l’Illinois, New York, Washington, la Louisiane et le Géorgie.

Le grand entretien de ce numéro donne la parole à Don DeLillo, que je ne connaissais que de nom. Je ne l’ai toujours pas lu, je suis un peu hésitante, pas certaine que ses livres me plairaient. Cependant, j’ai été très intéressée par l’entretien puisque les rencontres avec des auteurs pour ce numéro vont un peu plus loin que la simple interview. Peut-être que je tenterai un de ses livres un jour. Des suggestions?

Le reportage de Sylvain Cypel intitulé La Californie, bastion avancé de la résistance est vraiment passionnant. Il nous fait voir ce qui se passe aux États-Unis d’un tout autre oeil. Le reportage de Philippe Coste sur Newburgh, Crim’ city, une ville déclarée « dépotoir urbain » est tout aussi intéressant. Les deux reportages présentent ensuite en une page le regard d’un écrivain sur ces lieux et ces batailles.

Born in the Bayou est le reportage photo du numéro et nous amène en Louisiane. Le pays des marais, des alligators et de la culture cajun. J’adore quand on nous fait entrer par l’image dans une région, une société, une ville. La petite histoire est souvent plus intéressante que la grande.

Ce numéro 2 d’America m’a donné envie de lire le Prix America 2017, Jours Barbares de William Finnegan. Il sort d’ailleurs en poche bientôt et je l’attends avec impatience. Ce sera l’une de mes lectures d’été. La section Les musts de l’été a fait grimper ma liste à lire de plusieurs livres. J’ai également noté les titres de Colson Whitehead que j’aimerais bien découvrir. L’extrait de Underground Railroad y a été pour beaucoup.

Laurent Gaudé signe US 157124, pour la chronique Il était une fois l’Amérique. Un fait historique qu’on ne connaît pas vraiment, soit l’invention du fil de fer barbelé. C’était en 1874.

Le reportage que j’ai sans doute le plus aimé dans ce second numéro est celui des Chroniques de Yellowstone. Il donne envie de faire sa valise et de partir sur le champ! Les photographies sont magnifiques! Le tout signé par Joël Dicker. L’anthologie des grands espaces est aussi une page à conserver.

Pour terminer, j’ai encore une fois acheté des livres grâce à (ou à cause de) cette revue. Cette fois, c’est la faute au Grand roman américain qui présentait Jack London. J’ai donc acheté Martin Eden, une biographie de Jack London et un omnibus de ses histoires du froid. Difficile de passer à côté d’un tel monument de la littérature américaine.

Ma présentation du numéro 1: c’est ici!

Au Québec, on peut trouver la revue sur le site Leslibraires.ca ou commander chaque numéro chez son libraire indépendant. Ils sont pour le moment toujours en vente.

Le site web d’America.

America n°2, Les éditions América, 194 pages, été 2017

America n°1

America1Quand la revue America a été annoncée, j’étais vraiment très emballée. Enfin une revue qui touchait de près à un thème qui me parle beaucoup: la littérature américaine. Et plus largement, la culture et la politique américaine. J’ai un peu sursauté quand j’ai vu le prix de vente au Québec (27$ le premier numéro, 35$ par numéro par la suite), mais j’ai décidé d’acheter le premier numéro et depuis, je n’ai pas cessé. Cette revue me plaît, me parle, comme aucune autre ne l’a fait jusqu’à maintenant.

Je parle de « revue » mais on pourrait pratiquement qualifier cette publication de « livre ». Le papier est épais, il n’y a aucune publicité, le contenu est diversifié et il y a beaucoup de choses à lire. En général, j’étire ma lecture jusqu’au prochain numéro. Il y a quatre publications par année, pour toute la durée du mandat de Trump. Pourquoi? Parce que le but de cette revue est de démontrer que l’Amérique, est aussi autre chose que son Président. Leur slogan en dit long: L’amérique comme vous ne l’avez jamais lue. En tout, il devrait y avoir 16 numéros. Par la suite, la publication tirera sa révérence.

Dans chaque publication, il y a des chroniques qui reviennent: la chronologie, la chronique du poisson rouge, le grand entretien avec un auteur reconnu, une nouvelle inédite, un extrait exclusif, une chronique voyage, un reportage photo, une chronique cinéma et séries télé, ainsi que Le grand roman américain qui fait le tour d’une oeuvre classique ou culte américaine.

Le premier numéro nous amène un peu partout aux États-Unis (une carte au début de la revue nous montre d’un coup d’œil là où les auteurs nous font voyager). J’avais été particulièrement touchée par la Lettre à un jeune écrivain de Colum McCann qui parle de l’écriture au temps de Trump, plus que jamais essentielle. Le grand entretien dans ce numéro est avec Toni Morrison, Prix Nobel de littérature en 1993. Une auteure que je n’ai jamais lu, mais dont l’entretien m’a fait acheter dans la foulée trois de ses romans. Le dossier sur Barack Obama et l’entrevue sur Ce que peut la littérature m’a touchée. Il présente une autre facette de l’homme. Cette fois, j’ai acheté Les rêves de mon père pour continuer à découvrir l’Homme qui se cache derrière l’ancien président.

Étant photographe amateure, je suis toujours intéressée par les reportages photos présentés dans America. Cette fois, c’est le photographe Vincent Mercier et ses images Un regard sur l’Amérique que l’on peut découvrir dans ce numéro.

L’extrait de Les jours enfuis de Jay McInerney m’a donné envie de découvrir ce livre. J’attends d’ailleurs sa sortie en format poche, prévue quelque part à la fin juin au Québec.

Finalement, America m’aurait fait acheter un autre livre, soit Moby Dick, après avoir lu la chronique du Grand roman américain qui en était question. Je connais assez bien Melville, j’ai plusieurs de ses livres à la maison, mais cette chronique me donne vraiment envie de découvrir enfin le chef-d’oeuvre de Melville.

Un premier numéro qui a lancé avec brio la revue America que je continue à suivre et à me procurer maintenant à chaque parution. C’est une publication incontournable pour quiconque s’intéresse à la question américaine: littéraire, sociale, politique, etc.

Vous pourrez retrouver un compte-rendu de chaque publication sur le blogue, sur ce qui m’a particulièrement plu de chacun des numéros. Étant donné qu’il s’agit d’une publication vraiment différente avec du contenu en quantité, je la considère comme un livre. Chaque numéro compte presque 200 pages.

Au Québec, on peut trouver la revue sur le site Leslibraires.ca ou commander chaque numéro chez son libraire indépendant. Ils sont pour le moment toujours en vente.

Le site web d’America.

America n°1, Les éditions América, 194 pages, printemps 2017