Sherlock épisode 3: Le grand jeu

Sherlock 3En manque d’enquêtes intéressantes, Sherlock s’ennuie. C’est alors qu’une étrange explosion a lieu à proximité du 221B. Suite à ses investigations, la police trouve une lettre à l’attention de Sherlock avec un téléphone portable rose à l’intérieur. Là encore, et à l’instar de nombreuses affaires récentes, Moriarty se trouve derrière cette tentative d’intimidation. Par la suite, prenant diverses personnes en otage à qui il fait mettre des ceintures d’explosifs, le malfaiteur fait passer des épreuves à Sherlock. 

Je poursuis ma lecture des adaptations en manga de la série Sherlock avec ce troisième épisode, Le grand jeu, sans doute le plus intense en émotions de la saison 1! Explosions, prises d’otages et bombes humaines sont au programme. Le mystérieux adversaire de Sherlock s’amuse avec lui. Il prend plaisir à le faire enquêter en mettant la vie d’innocents en danger. Les heures sont comptées et Sherlock doit trouver la réponse à l’énigme que Moriarty lui soumet.

Dans ce tome, parfaitement conforme au troisième épisode de la première saison de la série Sherlock, on fait la connaisse réelle de Moriarty. C’est un épisode qui est riche en émotions car la trame est très inquiétante. Des passants sont bardés d’explosifs jusqu’à ce que Sherlock dénoue les fils de l’énigme. Après quoi, seulement, ils peuvent être sauvés.

De la découverte d’une paire de chaussures dans une pièce vide, en passant par un tableau mit aux enchères, les enquêtes sont toutes particulières et différentes. Moriarty joue avec Sherlock en le faisant danser comme une marionnette. Il le manipule en quelque sorte et réussit même à le surprendre par moments. Moriarty est en quelque sorte le pendant négatif de Sherlock. Un homme brillant, tout aussi féroce, mais qui a basculé du côté obscur. On constate aussi un nouveau sentiment chez Sherlock, une sorte d’attachement à John, qu’on ne lui voit pas souvent ressentir.

Il y a quelques moments d’humour, lorsque Sherlock qui se meurt d’ennui, tire dans les murs avec son pistolet, abîmant toute la décoration. Ou alors quand John découvre une tête coupée dans le frigo.

« Il y a une tête dans le frigo.
-Et alors?
-Une putain de tête!!
-Et où veux-tu que je la range? Ça ne t’ennuie pas trop, j’espère? »

Les prises de bec entre Sherlock, plus fantaisiste et détaché, et John, beaucoup plus terre à terre, sont courantes ici. Ils ne se comprennent pas toujours, même si on voit clairement que leur amitié se développe. Le frère de Sherlock, Mycroft, apparaît plus régulièrement en tentant parallèlement d’embaucher Sherlock pour une affaire top secrète.

La scène finale du manga était, à l’époque, très marquante lors de la fin de la saison 1 et nous laissait dans l’attente de la suite, avec de nombreuses questions. L’auteur du manga reprend la même scène pour nous replonger dans l’intrigue assez forte de cet épisode.

Comme toujours, le travail de Jay pour reprendre scène par scène la série Sherlock est impeccable. Le dessin est soigné, on reconnait bien les personnages, les scènes de la série et les intrigues. L’émotion est bien là. Un manga à dédier aux passionnés de la série, qui y retrouveront tout le plaisir des intrigues visionnées à l’écran.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Sherlock épisode 3: Le grand jeu, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 240 pages, 2017

Route End t.5

Route End 5Après l’agression d’Inukai durant l’investigation sur la mort du triplé C, retrouvé en morceaux en pleine forêt, la brigade criminelle est plus que jamais déterminée à mettre la main sur End. Pendant ce temps, Yuka, au comble du désespoir, tente de mettre fin à ses jours… avant d’être sauvée in extremis par le fantôme de son ancien patron ! De son côté, Noguchi découvre avec stupeur que les relevés d’empreintes de la scène du crime, qui établissaient un lien entre le triplé B et le cadavre des bois, ont disparu de la base de données de la police ! Kito identifie très vite le traître au sein de la cellule d’enquête et décide de remonter seul la piste du maître chanteur…

Route End tome 5 poursuit l’enquête entamée dans le premier tome. L’histoire a prit une tournure à laquelle on ne s’attendait pas forcément en commençant la série. J’ai trouvé ce cinquième tome un peu plus élaboré que le précédent. C’est toujours aussi bon, mais celui-ci a un petit quelque chose de plus.

Dans les derniers tomes, le lecteur fait plusieurs découvertes concernant End. On réalise bien vite que les enquêteurs sont corrompus, que plusieurs personnages jouent dans l’ombre pour réussir à ralentir l’enquête ou au contraire, à lui donner un coup de pouce.  Certains éléments de l’enquête sont montés de toutes pièces.

Pendant ce temps, d’autres personnages retiennent notre attention. Il y a le sosie du frère d’Akina, responsable de l’enquête et le docteur Ekazi, qui échangent sur la psychiatrie et leurs recherches respectives. On sent que ces échanges ne sont pas là pour rien.

 » Vous ne trouvez pas que l’existence du mal à l’état pur puisse être intéressante? Un mal tel que le passé du criminel ne saurait l’expliquer… »

L’enquête prend une nouvelle tangente quand on annonce la découverte d’une septième victime. Des déclarations sur la possible identité du tueur et sur l’endroit où il se trouve pourrait modifier complètement l’enquête qui accapare nombre de policiers et d’inspecteurs depuis un bon moment.

Parallèlement à l’enquête, nous suivons toujours Taji, qui a reprit l’entreprise de nettoyage de son patron. Les relations avec sa famille ne sont pas faciles, surtout depuis le suicide de sa mère. La dynamique familiale bat de l’aile, surtout lorsque le patriarche souhaite réunir toute la famille, créant un malaise de plus en plus inconfortable.

À noter qu’on retrouve toujours en début de volume un récapitulatif des personnages ainsi que les liens entre eux. Étant donné la façon dont l’histoire est construite et le temps qui s’écoule entre deux tomes, ces informations sont essentielles pour se replonger dans l’histoire. Chaque fois que je lis un tome, je me fais la réflexion qu’à la fin, je reprendrai tout depuis le début. Lire la série d’un coup doit être une belle façon d’y plonger totalement.

Route End est une bonne série criminelle. C’est une histoire efficace qui donne envie de poursuivre la lecture pour connaître le dénouement. Vivement la lecture du prochain tome!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Route End tome 5, Kaiji Nakagawa, éditions Ki-oon, 192 pages, 2019

Sherlock épisode 2: Le banquier aveugle

Sherlock 2Sur le mur d’une salle de banque est découvert un étrange symbole peint en pleine nuit. Sherlock devine rapidement que ce message a été inscrit à l’intention d’un des employés nommé Van Coon. Mais celui-ci est retrouvé mort dans son appartement…  Cryptogrammes et meurtres en série sont au programme de ce deuxième épisode de l’adaptation de la célèbre série TV Sherlock !

Cette série manga écrite et dessinée par Jay est vraiment intéressante pour les fans de la série télé Sherlock, l’adaptation moderne du personnage de Sherlock Holmes revu et imaginé par Steven Moffat et Mark Gatiss.

Avec ce manga, Jay reprend presque scène par scène l’histoire de l’épisode télé. Avec ce second tome, Le banquier aveugle, nous retrouvons donc Sherlock et John dans leur appartement du 221b Baker Street qu’ils partagent maintenant ensemble. Les deux hommes n’ont pas forcément les mêmes préoccupations au quotidien. Si John se casse la tête pour pouvoir payer les factures et cherche donc du travail, Sherlock s’ennuie quand il n’y a rien à résoudre.

Une connaissance de Sherlock l’appelle alors qu’ils ont eu une effraction à son bureau de la banque. D’étranges cryptogrammes ont été laissés et en suivant la piste de ce code secret utilisé pour communiquer, Sherlock et John se retrouvent à enquêter sur une étrange affaire mêlant vol d’antiquités et mafia chinoise. Pendant qu’ils cherchent à découvrir ce qui se passe, les cadavres commencent à les devancer. Partout où ils vont, c’est la mort qu’ils découvrent: quelqu’un les a devancé.

J’aime bien cet épisode qui a plusieurs intrigues parallèles toutes reliées finalement entre elles. C’est aussi intéressant de plonger dans un monde de cryptogrammes, de graffitis et d’antiquités chinoises. La scène d’ouverture avec la cérémonie du thé dans de vieilles théières datant de quelques siècles, m’a toujours beaucoup plu. On la retrouve évidemment dans ce manga, puisqu’il est parfaitement fidèle à la série.

C’est donc un bonheur pour moi (et sans doute pour ceux qui sont fans de Sherlock) de retrouver le plaisir des épisodes vus à la télé. J’adore!

Mon avis sur le premier tome: Sherlock épisode 1: Une étude en rose

Sherlock épisode 2: Le banquier aveugle, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 212 pages, 2017

Sherlock épisode 1: Une étude en rose

Sherlock 1Rapatrié d’Afghanistan à cause d’une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l’époque de la faculté de médecine qui lui présente son futur colocataire. D’un seul coup d’œil, cette personne devine qu’il s’agit d’un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu’un de ses proches est victime d’alcoolisme ou encore qu’il est suivi par un thérapeute. Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.

Avant toute chose, il faut savoir que je suis une grande fan de la série Sherlock. Disons, de Sherlock Holmes en général, mais l’adaptation en série qu’en ont fait Mark Gatiss et Steven Moffat m’a littéralement fait vibrer. C’est la série que j’ai vu le plus souvent (surtout les deux premières saisons qui sont mes préférées), en français ET en anglais. Je dois préciser que je ne regarde jamais rien en anglais… Quand j’ai découvert l’existence de cette adaptation en manga, j’étais vraiment très heureuse! Poursuivre le plaisir de la série, mais sous forme de livre, ça me parlait beaucoup.

Ce manga est une adaptation très très fidèle de la série. Tellement fidèle que je m’amusais à dire les dialogues à voix haute avant même de lire la page. J’ai eu un plaisir fou à replonger dans cette histoire de tueur en série très intrigante. C’est avec ce premier épisode que Sherlock Holmes et John Watson se rencontrent et deviennent colocataires. L’intrigue étant celle de la série, je la connaissais déjà par cœur. Pourtant, ça ne m’a pas empêché de suivre l’enquête et les réflexions menées par Sherlock et John avec un grand bonheur. Une étude en rose est une belle adaptation contemporaine de la première aventure de Holmes et Watson éditée en 1887 et intitulée Une étude en rouge. On y retrouve de nombreux éléments bien adaptés à notre époque. C’est à la fois une adaptation d’un classique et une réécriture contemporaine. Avec son manga, Jay réussit à rendre ce que Gatiss et Moffat ont réussi avec la série: redonner vie à un personnage classique, dans un monde où les technologies sont partout et n’existaient pas à l’époque de Sherlock Holmes.

« C’est le destin des génies de ce monde. L’intelligence n’a d’intérêt que si elle peut être comparée à celle des autres. »

Le manga est très beau. Le dessin est délicat et fidèle à l’image que nous avons de la série. Les personnages sont reconnaissables, l’émotion et l’humour est bien rendus. Je crois que Jay a le talent de rendre l’atmosphère des épisodes en manga. Le format du manga m’a aussi beaucoup plu. Il est plus grand que les mangas habituels. Je trouve la prise en main et la lecture plus aisée avec ce format.

Il y a quelque chose de totalement réjouissant pour la fan que je suis, de découvrir l’histoire sous forme de manga. Les dialogues passent aussi bien qu’à l’écran, avec une pointe de mordant qui m’a toujours beaucoup plu. Retrouver l’apparence des acteurs qui incarnent les personnages est très agréable. C’est comme une nouvelle façon d’aborder cette histoire, sur papier cette fois. J’avais un peu peur que ce soit ennuyant vu que le scénario est le même que celui de la série, mais ce n’est pas le cas. Ce manga a été une belle surprise et j’ai eu grand plaisir à le lire. J’avais l’impression de revivre l’émotion des premiers visionnements de cet épisode il y a quelques années, quand c’était encore tout nouveau. Le plaisir est assurément au rendez-vous!

Sherlock est sans doute la série qui m’a le plus marquée. Je trouve que le travail des auteurs pour transposer dans notre monde moderne le personnage de Sherlock, apparu pour la première fois en 1887, est exceptionnel. Les clins d’œil à l’oeuvre originale sont nombreux et la façon de respecter l’essence du personnage et des différentes aventures est particulièrement notable.

Lors de sa sortie, les fans étaient déchaînés sur les réseaux sociaux et j’ai lu quantité de fanfictions, vu de nombreuses vidéos, des entrevues, des textes et des suppositions autour de l’intrigue de la série. Je suis plus que ravie maintenant de pouvoir la lire en manga. Il y a quatre tomes parus jusqu’à maintenant et j’ai la chance de les avoir dans ma pile à lire. Je ne crois pas qu’ils y resteront longtemps, je vais les dévorer je crois bien!

Sherlock épisode 1: Une étude en rose, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 228 pages, 2017

Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant

Ma vie dans les bois 8En vivant dans les bois, la sensibilité de Shin envers la nature n’a cessé de grandir. Aussi, lorsqu’il découvre « La Vie secrète des arbres », le célèbre livre de Peter Wohlleben, il se remémore de nombreux souvenirs : ceux de son installation dans les bois, mais aussi de sa tendre enfance… C’est alors qu’un rêve de gosse inachevé lui revient : construire une cabane dans un arbre ! Il se lance bille en tête dans ce nouvel objectif.

Déjà le tome 8 de cette fabuleuse série manga, sans doute ma préférée d’entre toutes. Toujours avec humour, simplicité et avec un regard lucide sur ce qu’il fait, Shin Morimura nous amène avec lui dans de nouveaux projets: la construction d’une maison dans les arbres. C’est un vieux rêve d’enfant qu’il souhaite réaliser.

« Enfants, on rêvait d’une maison dans les arbres mais on n’était pas assez forts pour la faire. Une fois adultes, on oublie ce rêve, c’est comme un mirage. Mais quand on est las de la vie quotidienne, on repense à cette cabane avec nostalgie. »

L’auteur fait de nombreuses références culturelles et littéraires à la cabane dans les arbres et c’est très intéressant de lire tout le processus allant du rêve à la création. La cabane dans les arbres, c’est le symbole absolu de la liberté, surtout lorsqu’on est enfant. Ce projet est au centre de ce huitième tome, même si l’auteur, fidèle à son habitude, aborde toutes sortes d’autres sujets.

« Tout ce qui semblerait inutile et déraisonnable, au fond, ça apaise nos esprits et ça nous fait du bien. »

J’ai été attirée par la mention du célèbre livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, que Shin découvre. Ce livre totalement fascinant m’avait beaucoup plu et il fait une forte impression sur le mangaka qui n’ose plus couper ou s’approcher des arbres sans avoir l’impression de leur infliger une grande douleur (et de les entendre par le même fait…). Il y a des passages très drôles et très touchants également sur sa relation avec la nature.

Outre la cabane, Shin se lance aussi dans la poterie, déguste des insectes, prépare l’hiver à venir et part à la pêche au saumon (une pêche-test sur invitation) dans une rivière anciennement dévastée par un tsunami où la vie revient doucement. Ses explications sont très intéressantes. On apprend une foule de choses sur le saumon, la pêche et ce désastre écologique pour la région.

Comme à son habitude, Shin Morimura accompagne son manga de « courrier » où il s’adresse au lecteur et joint des photos de ses projets. Un petit plus qui donne un caractère d’authenticité à son histoire.

Passionnant, comme toujours! Si vous ne connaissez pas cette série et que la vie en autarcie et la nature vous intéresse, c’est une série à découvrir! Le ton est souvent plein d’humour et très abordable, même quand l’auteur parle de construction ou de techniques diverses. Une excellente lecture, qui me plaît toujours autant qu’au début.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant, Shin Morimura, éditions Akata, 160 pages, 2019