Deep sea aquarium Magmell t.6

Bienvenue au cours de cuisine abyssale, venez savourer les poissons du fond des mers ! Au sein du Deep See Aquarium Magmell, de nombreuses personnes travaillent pour protéger la vie des créatures abyssales. Kôtarô Tenjô y est assistant-soigneur. Il côtoie Lan Dôgashima, cuisinier apprenti au restaurant Latimeria. Ce dernier a un rêve : « préparer le meilleur plat abyssal au monde ». Mais découper et cuisiner les poissons abyssaux dans le restaurant de l’aquarium le fait réfléchir à son métier et au respect qu’il porte aux poissons…

Plus j’avance dans cette série, plus je l’apprécie. Deep sea aquarium Magmell se déroule dans un aquarium au fond des abysses. Le décor est original et plutôt fascinant, surtout si on s’intéresse au monde marin. Chacun des tomes nous fait découvrir des aspects différents de l’aquarium, mais surtout des gens qui y travaillent. Avec ce tome on parle de différentes passions en lien avec l’aquarium, son monde marin. 

À travers plusieurs personnages – le directeur, les soigneurs, les pêcheurs, le cuisinier – l’histoire nous fait découvrir quelques espèces des profondeurs dans chaque tome. Chaque chapitre parle d’une espèce et de ses caractéristiques fascinantes, toujours à travers les histoires personnelles des personnages. Avec ce tome-ci, on part à la découverte du poisson trépied, de l’araignée de mer, du macropinna microstoma et du lambris royal. 

On apprend une foule de choses (qui sont vraies et vérifiables) sur les poissons des abysses. Je m’amuse chaque fois à aller fouiller sur internet pour trouver des images et des vidéos des espèces qui nous sont présentées. À moins d’être déjà familier avec les abysses, on y découvre sans cesse des faits étonnants. C’est ce que j’aime de ce manga. Le petit côté documentaire qui est intégré à l’histoire.

Les personnages sont attachants et leur histoire se développe en parallèle d’un tome à l’autre, même si on suit toujours le personnage principal, un jeune assistant-soigneur fasciné depuis toujours par le monde marin et les créatures qui y vivent. C’est vraiment une série que je vous conseille si vous aimez les manga « nature » qui ont un côté documentaire. Ici, ça se fond parfaitement bien dans la fiction et donc, la lecture est vraiment fluide et agréable.

Si vous ne connaissez pas encore, c’est le moment de découvrir cette série originale!

(Si vous êtes curieux, il y a une petite histoire cachée sous la jaquette du manga.)

Mon avis sur les autres tomes:

Deep sea aquarium Magmell t.6, Kiyomi Sugishita, éditions Vega Dupuis, 192 pages, 2021

Deep sea aquarium MagMell t.5

Au sein du Deep Sea Aquarium Magmell, de nombreuses personnes travaillent pour protéger la mer et faire partager au public le riche univers de la faune abyssale. Kôtarô Tenjô y est assistant-soigneur depuis un an. À mesure que l’on lui confie de plus en plus de missions variées, le jeune amoureux des créatures marines se pose des questions… De son côté, son collègue Asahi Yui, bourru et toujours inflexible, se révèle. En proie autrefois à des angoisses, lui aussi pour des raisons familiales, il songe à la démission. Sa grande soeur médecin lui sauvera-t-elle la mise… ?

J’étais bien contente de me plonger dans le tome 5 de la série Deep sea aquarium Magmell. J’aime énormément cette série puisqu’elle nous amène sur les traces d’un jeune apprenti soigneur qui travaille dans un aquarium plongé au cœur des abysses. Dans chaque tome nous découvrons de nouvelles facettes des personnages et un guide des abysses qui nous permet de faire la rencontre des habitants des abysses: poissons, méduses et autres. Chaque fois c’est un plaisir. J’aime vraiment l’aspect documentaire dans les mangas. Je trouve que ça apporte quelque chose de plus en parallèle à la fiction.

Dans ce tome nous suivons Kôtarô Tenjô alors qu’il complète sa première année comme assistant-soigneur. On apprend à connaître un peu mieux certains de ses collègues et il y est beaucoup question de passion et de différence, surtout dans la dernière histoire alors que le jeune homme rencontre par hasard une ancienne camarade de classe, ce qui lui fait revivre bien des souvenirs.

« Il existe des créatures qui arrivent à vivre dans les endroits les plus obscurs de ce monde. Cela me donnait du courage. »

D’un point de vue plus scientifique, ce cinquième tome nous permet de découvrir plusieurs espèces: l’escolier, la méduse à crinière de lion, le blacktip snailfish et la calyptogena soyoae. C’est toujours hyper intéressant de suivre les petites histoires entourant ces créatures souvent étonnantes! Les personnages ont cette volonté de faire connaître leur travail au plus grand nombre et transmettent bien leur passion pour le monde des abysses.

Cette série est très égale d’un tome à l’autre je trouve, l’intérêt est toujours là, les découvertes qu’on y fait sont passionnantes et les histoires intéressantes. Un tome que j’ai beaucoup aimé!

Deep sea aquarium MagMell t.5, Kiyomi Sugishita, éditions Vega Dupuis, 192 pages, 2021

Deep sea aquarium Magmell t.4

Au Deep Sea Aquarium Magmell, de nombreux amateurs de créatures abyssales s’affairent. L’assistant soigneur Kôtarô Tenjô trouve un soutien fraternel auprès de sa collègue aînée Shizuka Nagaizumi, soigneuse passionnée et prévenante. Depuis le collège, elle s’intéresse aux abysses. Son rêve le plus intime : devenir soigneuse de la faune abyssale. Pour la première fois, elle fait part de son ambition à son camarade de classe, un aspirant pilote spatial… Par ailleurs, un beau jour, Kôtarô rencontre un jeune garçon ayant découvert un « envoyé du temple du roi-dragon », un regalec, échoué sur une plage…

Deep sea aquarium Magmell fait partie de ces mangas que j’apprécie particulièrement. Il s’agit d’ailleurs de l’un de mes préférés avec le manga Ma vie dans les bois. Plus je découvre le manga « documentaire », plus j’apprécie beaucoup ce genre, surtout lorsqu’il y est question de nature, comme ici. Ce quatrième tome m’a vraiment beaucoup plu.

Cette histoire, comme tous les tomes de la série, se déroule dans un immense aquarium au fond des abysses. On y suit Kôtarô, un jeune assistant soigneur, et ses collègues, dans leur travail avec les habitants des profondeurs marines. Ce qui fait la force de cette série est vraiment son aspect documentaire.

« Les créatures abyssales présentent toujours des cas singuliers. Pour pouvoir les élever, il faut se débarrasser des idées reçues. »

C’est intéressant car on apprend beaucoup de choses, tout en suivant des personnages récurrents qu’on apprend à connaître au fil des tomes. J’adore découvrir des informations sur les abysses et sur les fonds marins. Ça m’a toujours beaucoup intéressée, surtout que c’était ce que je désirais faire étant petite: découvrir les fonds marins. J’ai bifurqué vers les livres plutôt, mais cet intérêt pour les profondeurs de la mer a toujours été présent.

« Les abysses sont appelées le « dernier territoire inexploré de la Terre. Dans cette mer, il y a encore des choses que tout le monde ignore. »

Comme dans les autres tomes, on découvre de nouvelles espèces marines dans le « guide des abysses » entre chaque chapitre. Ce guide s’insère à travers le reste de l’histoire et nous permet d’apprendre toutes sortes d’informations sur les créatures marines. Cette fois on découvre le vampire des abysses, la chimère argentée, l’euryalina, le régalec et le Dragon noir du Pacifique. 

Le manga aborde aussi les petites histoires personnelles de plusieurs personnages, qu’ils soient récurrents (comme les collègues de Kôtarô) ou des gens rencontrés grâce à la passion qu’ils portent aux créatures marines ou à l’aquarium. Ici, on découvre la petite histoire de la fille du directeur du Deep Sea Aquarium, qui a du mal à se faire accepter des autres enfants. 

C’est d’ailleurs un thème que l’on retrouve beaucoup dans ce quatrième tome: la passion qui nous anime pour un sujet en particulier et qui fait de nous quelqu’un de différent. Kôtarô le voit également avec un garçon qu’il rencontre alors qu’il travaille et qui se passionne pour le monde marin. Une passion bien incomprise par son entourage. 

J’ai beaucoup aimé ce tome à cause des sujets qu’il aborde. J’ai donc bien hâte de lire le tome 5!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Deep sea aquarium Magmell t.4, Kiyomi Sugishita, éditions Vega Dupuis, 192 pages, 2021

Tomie

Tomie Kawakami est le mal incarné. Reconnaissable entre mille grâce à ses longs cheveux et son grain de beauté sous l’oeil gauche, elle attise les passions chez tous les hommes qui croisent son regard. Ses victimes, déchirées entre amour et folie, sombrent peu à peu jusqu’à commettre l’indicible et l’assassiner dans d’atroces circonstances. Mais le monde ne pourra jamais se débarrasser de Tomie. Pire, son pouvoir s’accroît inexorablement à chacune de ses renaissances.

Je ne connaissais pas du tout Junji Ito avant de mettre la main sur ce manga intégral et colossal de plus de 752 pages. Ce livre a été ma lecture graphique pour l’Halloween et c’était un choix parfait. Il faut savoir que Junji Ito est qualifié de « maître d’horreur du manga » et que ses influences sont autant de grands noms comme Stephen King ou Lovecraft. On retrouve d’ailleurs des airs d’un peu des deux auteurs dans ce manga. Toutefois, Junji Ito fait dans le très sanglant. C’est noir, sombre, terrifiant, gore, effrayant et vraiment efficace. Si vous êtes amateurs d’histoires d’horreur et de mangas ou de romans graphiques, c’est forcément un auteur que vous devez découvrir. Ce qui est amusant c’est que Junji Ito est un prothésiste dentaire tout ce qu’il y a de plus sérieux, qu’on n’imagine pas d’emblée créer des histoires aussi sanglantes. Il souhaitait ardemment se mettre au dessin. C’est un pari réussi assurément!

L’édition de Tomie parue chez Mangetsu est vraiment très belle. Le livre est épais, relié, sous couverture cartonnée avec jaquette. On a vraiment un produit de qualité, très agréable à lire. L’ouvrage est très soigné. On retrouve aussi plusieurs informations en début et fin de volume sur le projet Tomie et l’auteur. 

Alors, de quoi parle ce terrifiant manga? Tomie est une adolescente qui a été victime d’un crime crapuleux. On a retrouvé son corps découpé en morceaux. Alors que toute sa classe la pleure, on cogne à la porte. Tomie est là, sous l’incompréhension totale de ses camarades de classe et de son professeur, s’excusant d’être en retard… L’entrée en matière donne le ton à ce que deviendra Tomie au fil des pages.

Tomie est l’incarnation du mal et de la terreur à l’état pur. C’est un peu l’histoire d’un être revenu d’entre les morts pour se venger. Sauf que la nouvelle Tomie est une séductrice et une manipulatrice hors paire. Elle ment, pousse son entourage au crime et à la colère. Elle dépossède les gens de tout jugement. Les gens finissent par se sentir pris au piège quand ils entrent en relation avec elle, que ce soit par admiration, amitié, amour ou même, lorsqu’elle crée des liens familiaux avec ceux qui font office de figure parentale. Son existence se termine généralement dans un bain de sang… jusqu’à sa prochaine régénération. Et le cercle recommence. 

« Une créature multiple qui arbore toujours le même visage… et qui se régénère chaque fois qu’on la découpe, exactement comme la queue des lézards… Cette Tomie… est une femme effroyable… non… ce n’est même pas une femme… c’est un être obscur. »

Ce manga d’horreur réussit très bien à instiller la terreur et le dégoût. Très sanglant et morbide, ce manga est constitué de petites histoires qui ont toutes un lien entre elles: Tomie. On découvre donc la même entité, dotée des mêmes caractéristiques terrifiantes, qui fait une nouvelle rencontre. On voit se développer les liens d’amitié, d’amour, avant le dernier coup fatal. Même si elles peuvent donner un sentiment parfois répétitif, je trouve que c’est un manga parfait pour donner le frisson! On peut aussi lire une « histoire » de temps en temps, pour conserver l’effet « coup de poing » que chacune offre.

Visuellement, l’auteur offre un dessin plutôt classique, aux lignes marquées, en noir et blanc. Par contre sa maîtrise des scènes sanglantes et sa façon d’amener les scènes d’horreur est vraiment très efficace. C’est une expérience de lecture assez marquante, qui m’a plu parce que c’était assez inédit, même si j’aime l’horreur et que j’en lis quand même régulièrement. Amenée de cette façon et graphiquement assez terrifiante, ce fut une découverte intéressante. Junji Ito est un auteur qui vaut la peine d’être lu. 

Violent, sanglant, terrifiant, si vous aimez le genre, le monde de Tomie est assurément à découvrir!

Tomie, Junji Ito, éditions Mangetsu, 752 pages, 2021

Ma vie dans les bois t.10: la fin n’est que le début

Cela fait bientôt treize ans que Shin Morimura est parti vivre dans la nature, accompagné de son épouse. Et depuis, le quotidien lui a réservé de nombreuses surprises. Malgré le temps passé, il ne cesse de s’émerveiller devant ce que lui offre la nature. Sa dernière passion en date : le canoë. Mais dans l’ombre de cette expérience de vie, c’était un projet d’une tout autre envergure qui se préparait… Peut-être est-il temps, pour lui, de reprendre les crayons?

J’avais tellement hâte de lire ce dernier tome de la série Ma vie dans les bois: la fin n’est que le début. Cette série m’a suivie pendant quelques années et elle demeure ma série manga préférée. Le thème ne pouvait que me parler: le passage de la vie en ville à celle des bois ainsi que l’autarcie et l’écologie. Ce qui fait la grande force de cette série de mangas c’est l’humour de Shin Morimura, sa sincérité et son autodérision. C’est un vrai bonheur de suivre ses aventures et de découvrir tout ce qu’il apprend à faire pour mener la vie qu’il souhaitait mener.

« Grâce au canoë, j’ai découvert un monde inconnu, la sensation de flotter sans résistance, et je vois la nature se refléter à la surface de l’eau au gré de la vitesse. Dans ces moments, mon esprit vagabonde dans un tout autre univers. »

Ce dixième tome, c’est un peu un regard en arrière sur ce qu’a été la vie dans les bois ces dernières années. Shin et Miki ont quitté la ville il y a déjà treize ans pour aller vivre une vie plus simple, avec des hauts et des bas, mais toujours en symbiose avec leurs rêves. Désireux d’être le plus autonomes possibles, Shin (parfois aidé de Miki) a construit et expérimenté une foule de choses pendant toutes ces années, qu’il documente dans cette série manga.

Abordant l’écologie, des réflexions sur la nature, ses différents projets, la vie en autarcie, la faune, la flore, l’agriculture, la pêche et une foule d’aventures, Shin fait, avec ce dixième tome, le bilan de sa vie en forêt au fil des ans. Il raconte également ses expéditions de pêche, la canicule qui s’abat sur le Japon pendant un été particulièrement difficile et ses rêves de suivre les explorateurs le long du Yukon. Les mangas sont aussi propices à différentes réflexions sur la vie sauvage, les animaux, la société de consommation, l’argent, la vie urbaine, les changements climatiques. 

Dans ce tome, Shin va beaucoup pêcher, principalement avec le boss, son mentor. Celui-ci en a assez de chavirer et met au défi Shin de construire un canot qui ne chavirera pas. C’est le début d’une grande aventure pour Shin qui va, encore une fois, sortir ses outils et découvrir la construction de quelque chose de nouveau. Il se prend de passion pour les canots et a du mal à s’arrêter d’en confectionner de nouveaux chaque fois. 

« Le fait de « concevoir des choses » que ce soit par nécessité ou pour le plaisir, c’est ce qui a permis à l’espèce humaine de survivre. »

Un dixième tome qui complète bien la série. Ces mangas passionnants ont été pour moi l’une de mes plus belle découverte, tellement dans l’esprit de ma façon de percevoir la vie. De plus, Shin fait preuve de beaucoup d’humour et il sait rire de ses erreurs. Les mangas ont toujours une partie « journal » à la fin des chapitres principaux et l’auteur y ajoute quelques photos de ce qu’il fait. Je pense que la série s’achève avec ce dixième tome. C’est avec une certaine tristesse que j’ai refermé ce livre. Je me suis attachée à lui et sa conjointe, à leurs animaux, à leur façon de raconter leur grande aventure. Peut-être y aura t-il éventuellement d’autres publications différentes, quoiqu’il en soit je ne peux que vous conseiller cette série de mangas si la vie dans la nature, l’autarcie, l’écologie et les projets un peu fous vous intéressent. Ma vie dans les bois c’est un peu tout ça, un manga entre l’autobiographie et le documentaire. À découvrir assurément! 

« La moitié de nos rêves est composée d’ignorance et de risques, c’est ce qui les pimente. »

Mon avis sur les autres tomes de la série, qui abordent tous différents sujets bien intéressants:

Ma vie dans les bois t.10: la fin n’est que le début, Shin Morimura, éditions Akata, 172 pages, 2021