La Grande Révolte

La grande révolteJuin 1381. L’heure de la Grande Révolte a sonné. L’armée rebelle marche sur Londres, déterminée à renverser aussi bien l’Église que l’État. Le régent, Jean de Gand, a pris la route du Nord, laissant son jeune neveu, le roi Richard II, sans défense.
Pendant ce temps, frère Athelstan est appelé au monastère de Blackfriars : le prêtre Alberic a été retrouvé poignardé dans sa chambre, verrouillée de l’intérieur. Alors qu’Athelstan voudrait retourner à son église de St Erconwald pour offrir à ses paroissiens une protection contre le soulèvement paysan, il se retrouve à enquêter sur un régicide vieux de plus de cinquante ans. En quoi la mort de l’arrière-grand-père du roi, Édouard II, est-elle liée au meurtre d’Alberic ? Quand d’autres prêtres sont à leur tour exécutés, Athelstan comprend à ses dépens que, parfois, des secrets enterrés peuvent faire germer de nouveaux crimes.

La Grande Révolte est le premier livre de Paul Doherty que je lis. Je l’ai commencé avec enthousiasme et au début, j’ai vite déchanté. Il y a beaucoup de longues descriptions de lieux, de gens, qui alourdissent le débit du roman. J’aurais préféré plus de fluidité dans le texte. Ce n’est pas mauvais, mais un peu lourd.  Le texte est très descriptif, très peu poétique. Comme si l’auteur voulait tellement que l’on s’imprègne des lieux et que l’on visualise les personnages qu’il prêche par un excès de mots et de descriptions.

Après je me suis demandé si l’auteur avait voulu être hyper pointilleux sur tous les détails historiques de l’époque et les faits réels qu’il aborde dans son roman, pour coller au plus près de la réalité historique. Néanmoins, le premier tiers du livre m’a paru très long, même si paradoxalement il y a beaucoup d’action. Je trouvais que les descriptions étaient très lourdes.

Par la suite, le rythme du roman s’améliore et va en crescendo. L’écriture est très enlevée, il y a beaucoup d’action et de rebondissement, ce qui rend la lecture assez prenante pour ne pas avoir envie de lâcher le livre. L’histoire devient plus captivante. Plus on avance, plus le rythme est soutenu et c’est cette portion du roman que j’ai préféré. Si je m’étais arrêté au premier tiers, je l’aurais sans doute abandonné.

La Grande Révolte est un roman historique qui se déroule à l’époque de Richard II où la mort de son arrière-grand-père Edouard II est un secret et un mystère. C’est l’époque de la Grande Révolte des paysans où le sang est versé et où les criminels en profitent pour commettre leurs crimes. Le roman de Paul Doherty se base sur des faits avérés de l’histoire et l’on y apprend énormément de choses sur l’époque où il se déroule. De savoir qu’il s’agit d’un roman historique qui est très proche de la réalité est sans doute l’aspect le plus intéressant de cette histoire. Même si Paul Doherty a prit quelques libertés avec certains faits et gestes ou certains personnages, l’essentiel du roman repose sur des faits réels. L’auteur nous permet de comprendre les prémisses de la Grande Révolte et les raisons qui ont poussé les gens à y participer.

L’histoire se déroule au Moyen-Âge et les façons de se venger ou de se faire justice sont très sanglantes. On retrouve un nombre effarant de têtes coupées et l’atmosphère est inquiétante. Les personnages sont constamment aux aguets et la guerre fait rage au sein de cette société qui a soif de sang et de révolte.

« Il se tut alors qu’une meute de chiens à moitié sauvages, surgissant d’un portail, se ruait pour laper le sang figé des hommes de loi exécutés. L’un des mastiffs s’empara d’une tête coupée comme si c’était une balle et la traîna plus loin. »

L’ambiance médiévale est bien rendue, tant par le choix des mots d’époque que par l’atmosphère du roman. Ceux qui aiment les enquêtes, les mystères et l’histoire, surtout si elles se déroulent au Moyen-Âge, devraient y trouver leur compte.

Paul Doherty a écrit plusieurs histoires mettant en scène frère Athelstan, un personnage très attachant et très intéressant. Même s’il revient dans plusieurs romans, il n’est pas nécessaire de lire les enquêtes dans l’ordre, ni de toutes les lire. On peut choisir un titre qui nous plaît sans problème. Ici par exemple, la fin est très satisfaisante et l’enquête trouve son dénouement dans ce livre.

La Grande Révolte, Paul Doherty, éditions 10/18, 336 pages, 2018

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Les sept morts d’Evelyn Hardcastle

Les sept morts d'Evelyn HardcastleCe soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre. Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée. Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Tout au long de ma lecture de ce roman atypique, étrange, intrigant, bizarre et mystérieux, je me suis posé la même question: comment vais-je en parler sans dire quelque chose qui viendrait gâcher le plaisir de lecture? Je commence l’écriture de ce billet en ne sachant absolument pas comment je vais m’y prendre, surtout parce que je pense qu’il faut commencer Les sept morts d’Evelyn Hardcastle en sachant le moins de choses possibles.

« La certitude a été la première chose que Blackheath m’a prise. »

Alors… L’éditeur présente ce roman comme un mélange d’Agatha Christie, de Downton Abbey et du film Un jour sans fin (Le jour de la marmotte au Québec). Et c’est plutôt juste. Je rajouterais aussi que ça ressemble à un jeu de Clue où les règles ne sont pas claires et où on ne résout pas l’énigme de façon linéaire. Sauf qu’en commençant ce roman, vous ne vous attendez pas à ce que vous allez y trouver. Ici, il est à peu près impossible de deviner de quoi sera fait la page suivante. Parce que l’auteur nous mène en bateau. On se creuse la tête pendant plus de 500 pages.

« À quel point faut-il être perdu pour laisser le diable vous indiquer votre chemin? »

Il est impossible de parler de la structure de ce roman ou de ce qui arrive aux personnages sans divulguer ce qui fait l’originalité et la curiosité de cette histoire. Je peux cependant vous dire certaines petites choses.

Le roman s’ouvre sur une étrange scène où un homme crie le nom d’une femme, en ne sachant pas où il est ni qui il est. Il est en quelque sorte amnésique. C’est le début d’un roman très particulier…

« Si ce n’est pas l’enfer, le diable prend à coup sûr des notes. »

On retrouve effectivement l’atmosphère de Downton Abbey dans le livre. La famille riche qui cultive beaucoup de secrets, les différences entre les classes sociales, la hiérarchie entre les invités et les domestiques. Nous sommes à Blackheath House, une immense demeure laissée à l’abandon et un bal masqué s’y prépare. La demeure sera rouverte pour les festivités. Le début du livre présente un plan des chambres de la grande demeure et les noms de ceux qui y résident. Ici, on se croirait dans le jeu Clue. C’est intrigant. Surtout qu’un drame s’est produit dans les mêmes lieux il y a des années et qu’on demande aux invités de ne pas aborder le sujet pour épargner la famille.

L’histoire est faite d’enquêtes, de crimes déjà commis ou à commettre, de doutes. Tout le monde est suspect. Tout le monde est étrange. Blackheath House est un drôle d’endroit, jusqu’à ce qu’on comprenne peu à peu ce qui se passe. Le dénouement complet se fait dans les dernières pages. Moi, je ne m’y attendais pas. À vrai dire, je ne me rappelle pas avoir déjà lu un livre semblable.

Officiellement, nous rencontrons pour la première fois le personnage mentionné en quatrième de couverture, Aiden Bishop, seulement à la page 142 du livre. En plus, aucun des personnages de ce roman n’est vraiment ce qu’il semble être ou ce qu’il prétend être. Pendant votre lecture, ne vous fiez jamais aux apparences.

Les petits messages bizarrement prémonitoires sont légion à travers les pages de ce roman, pour notre plus grand plaisir. Les armes, l’alcool et les drogues aussi. Blackheath House est le lieu de beaucoup trop de crimes, toujours sous le couvert d’une riche classe sociale qui garde intactes les apparences. (Mais, les apparences sont trompeuses, n’est-ce pas?)

« La partie de chasse débute dans une demi-heure et je ne peux pas la rater. J’ai trop de questions, et la plupart des réponses porteront des fusils. »

En commençant la lecture du roman de Stuart Turton, il faut avoir l’esprit ouvert. Être prêt à être déboussolé, perdu, à se poser des questions, à être surpris, à ne pas tout comprendre du premier coup et à rester concentré. C’est un roman qui est parfois un peu exigeant à cause de la flexibilité du temps qu’utilise l’auteur, mais qui est tellement intrigant qu’on est surpris à chaque chapitre. Et ça reste passablement rare pour être souligné.

« La colère brûle dans chacun de ses mots. Je ne puis qu’imaginer ce que ça doit faire d’être tellement préoccupé par l’avenir qu’on est pris par surprise par le présent. »

Si l’expérience assez particulière vous tente, si vous voulez lire quelque chose qui se démarque et sort vraiment de l’enquête traditionnelle, ce bouquin est pour vous!
Vous allez être… surpris! Ou au moins, très intrigué.

(Et si ce n’est pas le cas, j’avoue que je ne sais pas ce que ça vous prend…)

Bonne visite à Blackheath House!

Les sept morts d’Evelyn Hardcastle, Stuart Turton, éditions Sonatine, 539 pages, 2019 

La voix des ombres

voix des ombresLa jeune Makepeace avait pourtant appris à se défendre contre les fantômes. Mais aujourd’hui, un esprit habite en elle. Il est sauvage, fort, en colère… et il est aussi son seul rempart contre la cruelle dynastie de son père. Dans un pays déchiré par la guerre, Makepeace va devoir faire un choix difficile: la liberté ou la vie.

La voix des ombres est un gros roman atypique, particulier et vraiment intéressant. Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un roman qui nous permet de s’immerger autant dans la tête d’une héroïne et qui est aussi prenant. C’est un plaisir de lecture d’un bout à l’autre. C’est un roman jeunesse qui surprend et qui détonne, tant par son sujet que par le monde dans lequel il nous plonge. Et que dire de son héroïne, Makepeace, une jeune fille particulièrement attachante, humaine et très courageuse!

Le roman se déroule principalement dans les années 1640, au moment où la tension monte entre le Parlement d’Angleterre et le roi Charles. C’est la Première révolution anglaise (ou Grande Rébellion). Makepeace a perdu sa mère et est récupérée par la famille de son père qu’elle n’a jamais connu. Elle devient alors fille de cuisine dans un grand château, fait la connaissance de son demi-frère James qu’elle n’avait jamais rencontré auparavant. Avec lui, elle fait le pacte de se sauver, un de ces jours. Les deux jeunes préparent leur évasion au fil du temps. Mais ce qui se passe entre les murs de pierres est terrifiant et quand Makepeace comprend le secret que cache sa famille, elle est rapidement prise au piège.

« Les humains sont des animaux étranges, qui s’adaptent toujours et finissent par s’habituer à n’importe quoi, même à l’impossible ou à l’insupportable. Avec le temps, ce qui était impensable devient normal. »

Je me suis demandé comment je parlerais de ce livre sans dévoiler certains faits de l’intrigue… C’est à peu près impossible. La quatrième de couverture résume très légèrement un aspect important de l’histoire, soit la possession et la présence de fantômes, mais l’auteure va beaucoup plus loin et c’est vraiment ce qui rend le roman intéressant.

Makepeace se retrouve au cœur d’un secret de famille, qui permet aux Fellmotte de garder pratiquement intact le savoir acquis au fil des siècles par les membres les plus éminents de la famille.

« Imaginez la grandeur que pourrait acquérir une famille si aucune expérience, aucun talent, aucun souvenir ne s’y perdait jamais. Imaginez qu’on puisse préserver toutes les personnes qui comptent. Le trésor représenté par des siècles de sagesse accumulée… »

Les Fellmotte sont une puissance dans un monde qui s’écroule. Même si la guerre fait rage, ils ont encore beaucoup de pouvoir. Le lecteur réalise rapidement que Makepeace, tout comme James ou d’autres rejetons de la famille, servent en fait la cause des Fellmotte. Pas forcément par choix, puisqu’ils ne sont pas de haut rang et ne sont que des bâtards, mais plutôt par dépit, quand la famille n’a pas d’autres réceptacles à portée de main.

« Les Felmotte ne s’occupent pas des fruits de leurs amourettes, à moins qu’ils ne se mettent à faire ces rêves, comme nous. Dans ce cas, ils nous cherchent pour nous cueillir et nous ramener ici. »

Après des années à préparer une fuite hypothétique, Makepeace se retrouve à devoir faire des choix. Elle doit sauver sa peau si elle ne veut pas être possédée. Elle utilisera son don pour faire avancer les choses, s’associera avec des gens dont les capacités l’aideront à s’en sortir et fera tout pour sauver son frère de l’emprise familiale. Elle aura dans son camp l’aide d’un ours, d’un médecin, d’un soldat déserteur et d’une ombre… Les temps sont durs, des complots se trament dans les recoins des châteaux, la guerre fait rage, les soldats sont partout sur les routes et Makepeace sera enrôlée malgré elle dans une affaire d’espionnage plutôt exaltante.

Le roman de Frances Hardinge est à la fois un roman fantastique, une vaste épopée en temps de guerre, une histoire de fantômes, une chasse aux sorcières, une fresque familiale et un portrait de l’absurdité humaine et des différentes classes sociales.

« C’était bien le monde dans toute sa sottise. Les armées pouvaient s’affronter et les hommes périr en masse, mais les deux partis s’accordaient pour estimer que le roi devait pouvoir faire laver ses bas. »

Le contexte social et historique du livre est captivant. Il n’y a pas à dire: ce roman aborde le sujet de la possession de façon peu commune en plus d’être plein de rebondissements et d’aventure. Si le début est un peu lent, il sert principalement à la mise en place du contexte, des personnages et de ce qui suivra. Le destin de Makepeace est fascinant. Cette héroïne n’a pas froid aux yeux et c’est avec un plaisir immense que nous suivons son histoire.

« Des choses importantes vous ont échappé, à force de ne pas faire attention aux gens. Et maintenant, c’est trop tard pour vous tous. Cette guerre n’est pas comme les autres que vous avez livrées. Ce qui arrive est sans précédent. C’est la fin du monde… »

En page couverture, l’auteur Patrick Ness dit: « Tout le monde doit lire Frances Hardinge. » Et je lui donne totalement raison! J’ai eu un beau coup de cœur pour La voix des ombres. L’écriture de Frances Hardinge est très visuelle. Je me dis aussi que ce livre ferait un film vraiment intéressant tant le contenu est imagé et original.

Une des belles forces de ce roman c’est d’aller au-delà du livre jeunesse classique. L’histoire est suffisamment complexe et prenante pour que les adultes y trouvent beaucoup de plaisir. L’originalité du traitement d’un sujet vieux comme le monde dans les livres, soit celui de la possession, est inattendu.

En terminant La voix des ombres, j’étais totalement conquise. Je veux maintenant lire l’autre roman de l’auteure, qui a remporté le prix Costa 2017, L’île aux mensonges. Une auteure à surveiller, définitivement!

La voix des ombres, Frances Hardinge, éditions Gallimard Jeunesse, 497 pages, 2019

Signal d’alerte

signal d'alerte » Il est des choses qui nous perturbent, des mots ou des idées qui surgissent sous nos pas comme des trappes, nous précipitant de notre monde de sécurité et de bon sens en un lieu beaucoup plus sombre et moins accueillant.  »  Magie, monstres, mythes et miracles… Neil Gaiman décline librement poésie, fantastique, science-fiction, conte de fée.

J’avais très hâte de lire ce recueil, car j’aime beaucoup ce qu’écrit Neil Gaiman. Ma dernière lecture de cet auteur, La mythologie viking, m’avait passionné. J’avais donc hâte de le retrouver avec ces histoires, à la fois contes, poésie et fictions. Le recueil fait près de 500 pages et je l’ai trouvé vraiment très long. Ce livre m’a accompagné pendant des semaines et j’avais par moments l’impression que je n’en verrais pas la fin.

Le livre débute par une longue préface. C’est particulier, mais je crois qu’il s’agit peut-être de la partie que j’ai le plus aimé du livre. C’est la partie la plus divertissante, la plus intéressante car dans ce texte on apprend à mieux connaître l’auteur. On apprend des choses sur ses lectures, sur les gens qui l’on inspiré à devenir ce qu’il est devenu. Cette préface donne une image très sympathique de l’auteur. C’est plaisant de voir à travers ce texte sa vision de l’écriture, de le lire concernant sa démarche pour chacune des nouvelles, d’apprendre ce qui l’a inspiré pour chacune des histoires. Dans cette préface, ce que j’ai trouvé paradoxal, c’est qu’il donne des règles pour écrire de bonnes nouvelles. Et il fait tout le contraire. Ce qu’il reproche aux « mauvais » recueils de nouvelles, c’est justement ce que j’ai eu l’impression de retrouver ici…

Autant la préface est passionnante, autant je trouve que les nouvelles sont plutôt fades. Je m’ennuyais un peu. On ne retrouve pas cet enthousiasme de l’auteur qui transparaît dans la préface. Il y a quelque chose qui manque. Un punch ou une sorte de dénouement qui nous laisserait un peu surpris, ou captivé. Beaucoup de nouvelles tombent à plat. J’ai eu du mal, bien souvent, à comprendre où l’auteur souhaitait nous amener.

La nouvelle La vérité est une caverne dans les montagnes noires est sans doute la plus belle nouvelle de son recueil. La mythologie n’est pas très loin. Cette histoire m’a donné espoir pour la suite puisqu’on y retrouve parfaitement ce que j’aime de cet auteur. Cette histoire nous donne envie d’en savoir plus et de connaître le dénouement. Les autres fictions me donnent le sentiment de ne pas être abouties.

En tournant la dernière page de ce long recueil, j’ai été déçu parce que j’en attendais beaucoup et mon plaisir de lecture n’était pas au rendez-vous. J’ai eu l’impression de ne pas retrouver le Neil Gaiman que j’aime normalement. Je n’y retrouve pas sa griffe habituelle. Ce recueil m’a semblé étrange. On y retrouve ce petit côté fantastique ou particulier cher à Gaiman mais sans le côté plus percutant, plus captivant de ce que j’ai lu de lui. J’ai eu l’impression que les thèmes de ses nouvelles avaient beaucoup de potentiel, mais qu’il manque un petit côté punché, dans l’écriture et la présentation des nouvelles, qui n’est pas venu me chercher. Les nouvelles sous forme de poésie auraient pu me plaire, puisque je lis énormément de poésie. Elles m’ont toutefois donné l’impression que ce n’est pas sa grande force. J’ai trouvé que ces textes poétiques manquaient de finition.

C’est le premier recueil de nouvelles que je lis de lui et ce sera probablement le dernier. Je vais me concentrer plutôt sur ses romans, qui me passionnent. Peut-être qu’ici, avec Signal d’alerte, Gaiman a été plus inspiré à nous parler de lui (je pense à la préface) qu’à nous partager ses histoires?

Signal d’alerte : Fictions courtes et dérangements, Neil Gaiman, éditions Au diable Vauvert, 496 pages, 2018

 

 

Cinéma en 30 secondes

cinema en 30 secondesÊtes-vous un féru des grandes épopées historiques ou plutôt un mordu de science-fiction? Connaissez-vous les chefs-d’oeuvre de la Nouvelle Vague ou préférez-vous les bons vieux westerns? Sous une forme ou une autre, la plupart d’entre nous adorons le cinéma, sans en connaître aussi bien que nous le souhaiterions l’histoire, les genres et les grands noms. Cinéma en 30 secondes présente une cinquantaine de sujets clés de cet univers fascinant. Des premiers coups de manivelle de l’ère du muet à la réalisation numérique, en passant par la comédie musicale, l’avant-garde russe et les festivals, chaque sujet est présenté en 300 mots et une image pour en apprendre le maximum sur un genre, un réalisateur, un acteur ou un mouvement qui ont contribué à façonner l’histoire du cinéma. 

La collection 30 secondes me plaît bien. J’ai lu récemment un des titres abordant les sciences judiciaires et j’avais beaucoup aimé. Le cinéma m’intéresse depuis longtemps et même si j’ai une bonne base, j’ai appris plein de choses dans cet ouvrage illustré qui nous raconte globalement l’histoire du 7e art.

Saviez-vous que c’est une femme qui a tourné le premier film de fiction? Que le cinématographe était le nom d’une invention de Léon Bouly et que les frères Lumière en ont acheté le droit d’utilisation pour baptiser leur propre création? Que le plus vieux film d’animation dont on a encore la trace aujourd’hui date de 1926? Que le code Hays désapprouvait les films de gangsters? Que le film d’horreur, même s’il est souvent perçu comme un sous-genre, a toujours été rentable et ce, à toutes les époques de l’histoire du cinéma?

L’ouvrage aborde de nombreux thèmes, allant des débuts du cinéma jusqu’à l’ère numérique et au cinéma-maison. L’auteure aborde les différents genres, les réalisateurs importants, les stars, les mouvements, le monde du cinéma qui englobe les prix, festivals, critiques et le chapitre « Au-delà du Multiplex » qui va plus loin avec du cinéma différent du film grand public.

Plusieurs chapitres m’ont particulièrement plu dans ce livre et plusieurs thèmes abordés également. J’étais ravie de retrouver un portrait d’Alfred Hitchcock par exemple, de Spielberg et de Chaplin. J’ai été contente de découvrir Mary Pickford, une star et productrice de films née en 1892. On parle du cinéma Queer, du pré-code à Hollywood (avant l’application du code Hays et qui proposait alors des films novateurs aux thèmes tabous), de l’avènement du cinéma parlant. Les premiers films sont abordés, dont Voyage dans la lune de Méliès qui reste pour moi, encore aujourd’hui, un film fascinant à regarder.

Plusieurs inventeurs sont à la base du cinéma d’aujourd’hui. Louis Lumière qui fut l’un d’eux, avait qualifié sa création « d’invention sans avenir ». Il n’en reviendrait sûrement pas aujourd’hui de voir où en est rendue l’industrie du cinéma partout dans le monde!

Les choix présentés dans cet ouvrage ne sont pas exhaustifs. Beaucoup de choses ne sont pas abordées et probablement que chaque cinéphile y ajouterait des films, des réalisateurs, des événements cinématographiques qu’il jugerait important. Cependant, c’est un très bel ouvrage que nous présente Pamela Hutchinson, critique et historienne du cinéma, afin d’offrir au lecteur un panorama de l’histoire du 7e art. Une façon de présenter une idée d’ensemble de ce qu’est le cinéma et de ce qu’il a été à travers le temps, de son invention jusqu’à aujourd’hui. À chacun, ensuite, de creuser les thèmes qui lui parlent le plus.

Une lecture bien intéressante et un très beau livre illustré, sur papier glacé, comme tout le reste de cette collection.

Cinéma en 30 secondes, Pamela Hutchinson, éditions Hurtubise, 160 pages, 2019