L’Âge des ténèbres tome 3: Mage du chaos

Age des tenebres 3 mage du chaosDans une cité dévastée par la guerre, la Protectrice de la Paix Tammy Baker enquête sur les morts-vivants qui rôdent. La paria Zannah, décidée à racheter les crimes de guerre de son peuple, protège des réfugiés qui la haïssent plus encore que leurs agresseurs revenus du tombeau. Balfruss est un érudit, un voyageur… et un Mage de Guerre célèbre pour avoir à lui seul mis un terme au conflit. Livrés à eux-mêmes, les survivants épuisés n’ont que quelques jours pour se préparer à affronter les ténèbres une dernière fois…

Mage du Chaos est le troisième tome de la trilogie L’Âge des ténèbres de Stephen Aryan. Chaque tome raconte une forme de guerre, toujours en lien avec la magie et la Tour Rouge. Cette Tour servait à former des magiciens. Puisqu’elle n’est plus ce qu’elle devait être, ceux qui ont donc de mauvaises intentions forment à leur manière les jeunes magiciens. Dans le premier tome, les personnages devaient repousser les hordes sauvages du Roi Fou et affronter le terrifiant Nécromancien. Le deuxième tome est axé sur les complots et l’espionnage dans le but de faire tomber la royauté. Le troisième tome quant à lui met en scène des morts-vivants.

« Après avoir décapité tous les morts, y compris Jannek, la Morrinienne s’assura que les corps resteraient à bonne distance des têtes. Le seul moyen d’éviter le retour des Réprouvés… »

Dans ce troisième tome, on retrouve un peu l’atmosphère du premier tome. On revient à Seveldrom où la Reine Talandra vient d’apprendre que l’épée maléfique a été volée. Cet objet était pourtant gardé sévèrement, puisque ses pouvoirs peuvent faire de grands dommages. Il n’y a que Balfruss, rencontré dans le premier tome, qui a pu démontré ses grands talents et qui est donc soupçonné de vol.

Une entité maléfique surplombe la ville de Voechenka. C’est elle qui manipulera les réprouvés, ceux qu’on appelle les morts-vivants, afin qu’ils combattent et fassent prisonniers d’autres gens qui deviendront comme eux. Le but étant d’agrandir les rangs des réprouvés.

« Avant le désastre, elle n’aurait rien vu, parce que Voechenka ne dormait jamais. À cette heure, on aurait entendu les échos des festivals, des théâtres, des concerts et même des artisans qui travaillaient tard dans la nuit. Sans cesse à la tâche, des milliers d’esprits créatifs transformaient en réalité les fulgurances de leur imagination. »

Dans cette histoire, Balfruss qui était mon personnage préféré de la série, redevient un des personnages principaux. Dans le tome deux, il n’était pas vraiment présent et j’espérais pouvoir le retrouver dans ce troisième tome. J’étais donc content de cheminer à ses côtés pendant ma lecture. Le lecteur découvre aussi un nouveau personnage, Zannah, une guerrière redoutable qui n’inspire pas forcément confiance. Elle est décidée à racheter les crimes perpétrés à l’encontre de son peuple. Il y a également la Protectrice qui est une combattante et Alyssa qui est en quelque sorte la meneuse et la conseillère du groupe.

« Alors qu’il arpentait les rues de Voechenka, Balfruss repensa au Nécromancien. Avant la guerre, ce jeune homme nommé Torval était animé par sa soif de connaissances – et plus, par sa faim de puissance. À l’entendre, durant ses voyages, il avait visité tous les pays du monde. Un gros mensonge car il n’avait jamais traversé la Mer Morte, par exemple. En revanche, il avait séjourné à Voechenka et étudié sous la tutelle de Kaine, qui lui avait enseigné une magie dangereuse. »

J’aime les personnages créés par Stephen Aryan. Ils sont intéressants et souvent attachants malgré l’univers particulier dans lequel ils évoluent.

J’ai beaucoup aimé la série de manière générale. Les deux premiers tomes m’avaient plu, mais je leur reprochais la lenteur de l’auteur à mettre en place ses personnages. Ces premiers tomes comportaient de nombreuses descriptions et une lenteur par rapport à la présentation du contexte et des personnages. J’avais par moments l’impression de lire un glossaire détaillé. Même si l’auteur se reprenait par la suite, cette façon de présenter son univers était parfois un peu lourd. Par contre, je trouve le troisième tome beaucoup plus abouti, beaucoup plus captivant. On sent que l’auteur a prit de l’expérience et que son écriture est beaucoup plus adaptée à ce style d’histoire. Il y a énormément d’action, les chapitres s’enchaînent et l’auteur nous garde en haleine. La traduction est très bien également.

La fin du livre et de la série est excellente. Ce troisième tome est mon préféré de la trilogie. Il est sans doute, à mon avis, le plus passionnant des trois. Je serais curieux de lire autre chose de cet auteur, pour voir si sa façon d’écrire a évoluée et si elle ressemble plus à ce troisième tome.

Mon avis sur les autres tomes de la trilogie:

L’Âge des ténèbres tome 3: Mage du chaos, Stephen Aryan, éditions Milady, 576 pages, 2017

L’Erebus: vie, mort et résurrection d’un navire

ErebusEn septembre 2014, au fond des eaux glacées de l’Arctique canadien, la poupe brisée d’un vaisseau fut découverte. Il s’agissait d’un bateau mythique : l’Erebus. Michael Palin – pilier des Monty Python et réalisateur de documentaires pour la BBC – redonne vie à cet extraordinaire navire, depuis sa mise à l’eau en 1826 jusqu’à ses voyages d’exploration en Antarctique qui ont conduit à sa gloire, puis à son ultime catastrophe en Arctique. Il revisite les parcours entremêlés des hommes qui ont partagé son chemin : le fougueux James Clark Ross, qui cartographia une grande partie des régions australes et supervisa les premières expérimentations scientifiques menées sur place ; mais aussi John Franklin, homme tourmenté qui, à l’âge de 60 ans et après une carrière en dents de scie, prit le commandement du bateau. Il décrit avec brio le quotidien des hommes à bord qui, les premiers, débarquèrent sur la terre Victoria antarctique et ceux qui, à peine quelques années plus tard, finirent gelés jusqu’à en mourir dans les eaux du grand Nord, tandis que des missions de sauvetage tentaient désespérément de les atteindre.

L’expédition de Sir John Franklin est un événement historique qui m’intéresse et me fascine depuis de nombreuses années. C’est une expédition qui a rapidement tourné au cauchemar et qui a marqué les esprits. Quand on a découvert en 2014 l’épave de l’Erebus, c’est avec fascination que j’ai suivi les événements.

Dès l’annonce de la publication du livre de Michael Palin, il était assuré que je souhaitais le lire. Chinouk m’a proposé d’en faire une lecture commune et c’est avec elle que j’ai lu l’histoire passionnante de ce célèbre bateau.

Tout d’abord, l’ouvrage s’ouvre sur une carte retraçant les voyages de l’Erebus. Vaisseau de guerre, l’Erebus commença sa première journée de service le 21 février 1828. Ce bateau, d’abord construit pour la guerre, vit sa carrière s’arrêter avec la fin des guerres napoléoniennes. La constante recherche de nouvelles voies maritimes lui permet d’avoir une « vie » bien remplie, jusqu’à son ultime voyage dans l’Arctique.

« Il s’appelait l’Erebus. Ce n’était pas un nom très gai, mais le navire avait été construit pour intimider, non pour amuser la galerie. Et il n’avait pas été baptisé au hasard: dans la mythologie grecque, Érèbe, fils de Chaos, est associé au cœur obscur des enfers, un lieu synonyme de dislocation et de destruction. »

Avec Michael Palin, on suit la construction de l’Erebus puis sa mise à l’eau, avant de le voir patrouiller en Méditerrannée, avant d’être utilisé pour sa première expédition en Antarctique avec James Clark Ross. À l’époque, les Pôles sont perçus comme le summum de l’aventure et fascinent les population. Aujourd’hui, même si notre relation aux Pôles est un peu différente puisque tant de gens y sont allés et les ont explorés, la fascination n’en demeure pas moins, que ce soit pour les voyages passés ou ceux qui se déroulent en ce moment.

« …non seulement l’Erebus et le Terror étaient devenus les premiers voiliers à traverser la banquise, mais ils étaient parmi les premiers à prouver de manière irréfutable l’existence d’un continent antarctique. »

L’Erebus sera converti en navire polaire avant de se voir confier différentes expéditions, dont celle menée par Franklin. Il est intéressant de découvrir à travers ce récit, la façon dont était vécue la vie sur le bateau. On apprend beaucoup de choses sur la tenue des livres de bord, les lettres envoyées par l’équipage, les arrêts nombreux pour relever des informations, découvrir la faune et la flore, recueillir des données sur le magnétisme de la Terre ou sur les lieux visités et nommés pour les futures cartes. J’ai adoré découvrir comment vivaient les hommes qui devaient souvent partager des années de leur vie sur le bateau, ce qu’ils mangeaient, leur façon de faire face au scorbut, de fêter Noël, d’affronter le froid, les corvées sur le bateau, l’inspection quotidienne de l’hygiène et de la santé de l’équipage. On apprend aussi comment les moments de l’expédition étaient immortalisés – par l’art – jusqu’à l’arrivée de la photographie pour documenter les voyages.

Puis, il y a le départ de Franklin. On retrace son voyage jusqu’à la disparition des bateaux et la mise en place d’expéditions de secours qui arrivèrent, comme on le sait, beaucoup trop tard. Cette portion du livre est très intéressante. On apprend pourquoi certains personnages ont été oubliés, pourquoi certaines informations ont épouvanté la bonne société anglaise de l’époque et de quelle façon l’équipage a laissé des traces de son passage en Arctique. À la découverte de tombes creusées dans le sol glacé du grand nord, jusqu’à la note de Victory Point, toutes les découvertes sont fascinantes et troublantes. Elles ont aussi mené à l’élaboration de plusieurs théories quant à ce qui a pu se passer réellement sur l’Erebus et le Terror.

Bien plus qu’un simple ouvrage sur le parcours d’un bateau, L’Erebus: vie, mort et résurrection d’un navire est un véritable portrait d’une époque, d’une mentalité et de la société dans laquelle le navire a vu le jour. Tout restait encore à découvrir. Le monde s’ouvrait aux hommes avides d’expéditions et de nouveautés. La nature était au service des humains et leur offrait matière à étude. C’était aussi l’occasion pour eux de tenter d’introduire de nouvelles espèces sur des territoires vierges, le sentiment de conquête étant bien ancré dans les mentalités. Conquérir les territoires, les glaces, les animaux. Chaque homme est le produit de son époque et on le perçoit totalement dans l’ouvrage de Palin, avec les mentalités qui avaient cours lors de l’équipage de Franklin et même avant, ainsi que la façon dont l’homme utilisait la nature.

« Intelligents, remplis de curiosité, ils étaient animés par l’esprit des Lumières: il leur fallait chercher à découvrir, repousser les frontières de la connaissance car ils étaient persuadés que plus ils mesuraient, traçaient, calculaient et empilaient les observations, plus l’Humanité en bénéficierait. »

Ce qui est intéressant avec le livre de Michael Palin, c’est le ton qui est employé. Palin est fasciné par ce bateau et il nous transmet très bien cette passion. Il nous raconte l’histoire de ce « navire de guerre » qui ne servira jamais vraiment à combattre, de sa conception jusqu’à sa découverte dans les eaux canadiennes. Il complète son récit par ses propres réflexions et voyages. L’auteur s’est effectivement rendu sur place pour effectuer ses recherches et il nous offre des comparaisons très intéressantes sur les lieux visités par les différents équipages de l’Erebus. Ce qu’il voit aujourd’hui de lieux mythiques, versus ce qu’ils étaient à l’époque de l’Erebus.

« De nos jours, à Greenhithe, au bord de la Tamise, il existe un pub nommé Sir John Franklin où l’on peut boire une pinte de bière et manger un steak frites à l’endroit précis où la famille du navigateur l’aperçut pour la dernière fois. »

Le livre contient de nombreuses cartes en début de chapitres ainsi qu’un cahier de photos au centre de l’ouvrage. Les cartes tout comme les photos, sont passionnantes à regarder. On a l’impression de « vivre » un peu plus ce voyage particulier qu’a dû être celui de l’Erebus, surtout lors de l’expédition de Franklin. L’ouvrage est complété par une chronologie des événements entourant le bateau ainsi qu’une bibliographie.

En complément de cette lecture, je vous invite à découvrir la capsule vidéo créée par Parcs Canada concernant l’exploration, le travail d’archéologie sous-marine et la découverte d’artefacts sur l’épave de l’Erebus. Vous trouverez d’autres vidéos passionnantes sur le compte de Parcs Canada.

Si le sujet vous intéresse, le livre de Michael Palin est à lire assurément. Son ton est agréable, les informations qu’il partage sont accessibles et passionnantes. C’est un ouvrage qui vaut vraiment la peine d’être lu. On le dévore comme on lirait un roman d’aventures!

L’Erebus: vie, mort et résurrection d’un navire, Michael Palin, éditions Paulsen, 391 pages, 2020

Thornhill

ThornhillMary a habité là pendant des années. Entre ses murs, elle a vécu les pires moments de sa vie. Ella, elle, ne peut s’empêcher d’observer cet étrange endroit depuis sa chambre. La nuit, elle se demande ce qu’il cache. Certains ne voient en lui qu’un vieil orphelinat. D’autres sont au courant de son secret… Mais tout le monde connaît son nom. Thornhill.

Je ne connaissais rien de ce roman avant de mettre la main dessus. J’ai été tout de suite attirée par l’objet-livre: couverture rigide, pages noires et blanches, tranches du livre noires. Il y a quelque chose de très « halloweenesque » dans l’apparence de ce roman qui pousse à le découvrir. J’ai lu le résumé, qui me donnait l’impression que j’allais lire une histoire terrifiante, quelque chose d’un peu effrayant, de gothique ou en lien avec un lieu hanté. C’est très attirant. Sauf que ce livre n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais…

Il y a certaines choses que j’ai adoré dans ce roman, mais en général l’histoire ne m’a pas plu plus que cela. Commençons par les points positifs. L’objet en lui-même est magnifique, tout en noir et blanc. J’ai aussi beaucoup aimé la présentation, qui me rappelle les très beaux livres de Brian Selznick, en alternant le texte et l’image. Ici, l’image raconte une histoire, autant que les portions de texte, un peu comme le fait très bien Selznick.

Le roman nous présente deux fillettes. Mary, qui écrit son journal en 1982 et vit à Thornhill, un vieil orphelinat. Son histoire, ce sont les portions de texte. Et il y a Ella, qui vient d’aménager en face de Thornhill et qui découvre peu à peu l’histoire de Mary. Ella vit en 2017 et son histoire est uniquement racontée en images. Les chapitres alternent entre les deux. Le résumé, l’apparence du livre et même l’avertissement au début des données de publication (Ce livre peut provoquer des frissons de peur), me donnaient l’impression que j’allais ouvrir un roman d’horreur. C’est un peu le cas, mais pas au sens où je le comprenais.

Thornhill est l’histoire d’un harcèlement psychologique intense envers une fillette différente, coincée dans un orphelinat où chacun lui fait la vie dure. Même les intervenants se fichent d’elle et ne font rien. La manipulation, l’humiliation, les moqueries, sont le lot quotidien de Mary. Pour rester saine d’esprit, la fillette frappée de mutisme sélectif, construit des poupées et des figurines. Sa chambre de l’orphelinat en est remplie. Dans le livre, elle raconte ce qu’elle vit jour après jour, la façon dont Elle, la harcèle. La façon dont Mary vit avec ce fardeau, sa tristesse, son malheur. Le fait qu’elle n’en parle à personne et qu’elle continue de subir. Nuit et jour, Elle la harcèle. Elle c’est sa harceleuse, mais elle n’a pas de nom.

« Les coupures sur mes mains et mes pieds guérissent. Les signes extérieurs de ce qui m’est arrivé sont en train de s’effacer. Mais à l’intérieur, je suis brisée. »

De l’autre côté de la rue, des années plus tard, Ella part en exploration à Thornhill. Elle découvre l’histoire de Mary. Elle tombe sur des poupées, laissées ici et là dans les jardins et dans la demeure. Elle entreprend de les restaurer et de les retourner à sa propriétaire. Ella est aussi seule que pouvait l’être Mary.

La seule chose qui adoucit la vie de Mary, c’est d’avoir accès au jardin. Comme elle lit beaucoup, il y a plusieurs référence au livre Le jardin secret de Frances Hodgson Burnett. Mais même le jardin lui sera enlevé. C’est ce que j’ai trouvé lourd finalement dans l’histoire. Tout s’acharne continuellement sur Mary et elle ne fait que subir et subir.

Thornhill est en fait une histoire de grande solitude, de harcèlement physique et psychologique, de colère, de tristesse et d’injustice. Je m’attendais à lire quelque chose de fantastique (oui, il y a un brin de fantastique, mais encore là pas dans le sens où je m’y attendais) tout comme je ne m’attendais pas à une histoire de harcèlement. Je n’avais pas particulièrement envie de lire ça, des scènes d’agression qui se poursuivent jour après jour alors que Mary ne dit rien et que personne n’intervient. Même si c’est un problème dont on doit parler, un thème qu’il est essentiel de retrouver dans la littérature, j’ai eu un malaise avec cette histoire parce que ce n’est pas ce que je m’attendais à y trouver et pas particulièrement le genre d’histoire que j’avais envie de lire. Même chose pour les poupées. Je n’ai pas vraiment d’intérêt pour ces objets et je n’avais pas particulièrement envie de lire une histoire où elles sont au centre du roman.

Je m’attendais donc à toute autre chose en lisant ce livre, de là ma grande déception. En connaissant à l’avance les thèmes abordés, je ne l’aurais sans doute pas lu. J’ai peut-être mal interprété la quatrième de couverture, mais je m’attendais à une histoire de fantôme effrayante… J’ai tout de même aimé la fin, qui laisse un sous-entendu intéressant. Reste que Thornhill est un endroit terrifiant, surtout lorsqu’on lit les dernières pages. L’histoire, cependant, n’est pas vraiment ce que j’espérais.

Vous avez lu ce livre? Vous l’avez aimé? Est-ce que vous vous attendiez à autre chose en le lisant?

Thornhill, Pam Smy, éditions du Rouergue, 544 pages, 2019

La veillée de Noël / Jack L’Éventreur

Veillée de Noel - Jack L'ÉventreurC’est une jeune femme tremblante et angoissée que le célèbre détective Sherlock Holmes reçoit dans son bureau du 221b Baker Street. Un meurtre va être commis chez elle durant la veillée de Noël et il est le seul à pouvoir l’empêcher…  

Depuis plusieurs mois, Jack l’Éventreur sème la terreur dans le quartier de Whitechapel. Et, si les prostituées paniquent en se demandant : serai-je sa prochaine victime ?, les femmes de bonne condition, elles, tremblent en osant à peine penser : serais-je son épouse ? 

Ces deux nouvelles écrites par Anne Perry sont parues dans la collection Langues pour tous chez Pocket Bilingue. Je l’avoue, ce n’est pas du tout l’aspect bilingue du texte qui m’a attirée, mais principalement les nouvelles, que je n’avais jamais eu l’occasion de lire. J’apprécie beaucoup les histoires d’Anne Perry et les deux qui sont présentées ici parle de deux personnages légendaires à leur façon: Sherlock Holmes pour la première histoire et Jack L’Éventreur pour la seconde.

Pour information, le livre est présenté en version bilingue anglais / français. La page de gauche reprend le texte original anglais et la page de droite, la version traduite en français. En bas de chaque page, des notes sur les mots et la traduction sont présentées. Je ne les ai pas lus, toutefois le concept me semble intéressant pour quelqu’un qui souhaite se familiariser avec la langue anglaise et lire des textes dans cette langue en comparant avec la traduction. De mon côté, je n’ai lu que le texte en français et c’est sur cette traduction que portera mon billet.

La recueil comprend donc deux histoires:

La Veillée de Noël (The Watch Night Bell)
Cette histoire s’inspire des aventures de Sherlock Holmes. Elle met donc en scène le célèbre détective et son acolyte le docteur Watson, qui reçoivent la visite d’une jeune femme paniquée, demandant leur aide. Elle parle beaucoup, son récit est décousu et Holmes est sur le point de perdre patience avec elle, croyant à tors qu’elle est « fragile » et qu’elle ne réclame son aide que pour un « différend familial ». Watson prend donc les devants et tente d’interroger la jeune femme. Le lecteur apprend, en même temps que Sherlock Holmes, que la jeune femme soupçonne qu’un crime sera bientôt commis à la résidence familiale…
L’histoire présente un revirement de situation très intéressant. Elle se déroule la veille de Noël, avec une atmosphère festive et plusieurs détails sur la fête en préparation ainsi que sur les traditions de la famille autour des festivités.

Jack L’Éventreur (Jack)
Le célèbre tueur en série terrorise tout Whitechapel, un quartier de Londres, en 1888. Gwen est mariée à un homme mesquin et violent, qui la traite comme une enfant et la rabroue constamment sur tout. Elle lui joue un mauvais tour pour s’offrir une petite vengeance personnelle, tour qui prend des proportions qu’elle ne soupçonnait pas. Quand son mari l’empêche d’aller rendre visite à une amie, elle décide avec cette dernière de mener l’enquête, leurs deux maris se retrouvant dans la ligne de mire de la police.
Dans cette histoire, c’est la suspicion qui est au centre de l’intrigue, terrorisant les femmes du quartier qui se demandent si Jack L’Éventreur ne serait pas l’un des leurs, quelqu’un qu’elles connaissent très bien…

J’ai beaucoup aimé la lecture de ces deux nouvelles. La Veillée de Noël est plus festive, même si on parle d’un acte criminel. Cette histoire ne jurerait pas parmi les Contes de Noël d’Anne Perry. J’ai même trouvé à cette nouvelle un côté plus festif que nombre des histoires de Noël de l’auteure publiées ces dernières années.

En ce qui concerne Jack L’Éventreur, je trouve que l’ambiance victorienne de l’époque et surtout la peur qui devait terroriser chaque femme à cette période trouble de l’Histoire est bien rendue. La peur est sans doute le thème central de la nouvelle. À noter que cette seconde histoire ne se déroule pas à Noël (mais ce n’est pas plus mal!)

Les deux nouvelles sont bien écrite et passionnantes. Les deux mettent en scène des femmes plus fortes qu’il n’y paraît, pour des raisons différentes dans les deux histoires. Ce recueil fut une très bonne lecture. J’ai adoré découvrir Anne Perry en nouvelliste et j’ose espérer qu’on aura droit éventuellement à un recueil de nouvelles plus substantiel. Si vous aimez l’auteure, ces histoires pourraient bien vous plaire!

La veillée de Noël (The Watch Night Bell) suivi de Jack L’Éventreur (Jack), Anne Perry, éditions Pocket Bilingue, 142 pages, 2017

La fausse barbe du père Noël

fausse barbe du pere NoëlAvez-vous déjà rêvé d’un Noël différent ? La dinde aux marrons, les cadeaux sans surprise et les bûches au chocolat écœurantes, on finit par s’en lasser. Que diriez-vous d’une tourte à la viande explosive, d’un abominable homme des neiges de compagnie ou d’une perdrix très serviable dans un poirier ? Et si le père Noël s’en allait travailler dans un zoo, ou semait le chaos dans un magasin de jouets, voire se faisait arrêter pour effraction ? Plongez dans le monde fantastiquement drôle de Terry Pratchett pour un plaisir festif à nul autre pareil. À la lecture de ces onze nouvelles, vous allez vous esclaffer, vous étouffer et pleurer (de rire) – vous ne verrez jamais plus Noël du même œil.

Je veux lire Terry Pratchett depuis des années et comme il a beaucoup écrit, je ne savais pas par où débuter. Le Disque-Monde compte énormément de romans, de recueils et autres titres. La fausse barbe du père Noël me semblait un bon choix pour commencer à découvrir cet auteur en plus d’être totalement de saison. C’est un recueil de onze nouvelles rigolotes illustrées par Mark Beech. Ça se lit comme du bonbon et j’ai adoré cette lecture.

Le livre comprend onze contes festifs, qui ont un lien avec le temps des Fêtes ou l’hiver:

La fausse barbe du père Noël
Un grand magasin vient d’engager un certain monsieur Nicolas comme père Noël. Toutefois, sa présence et sa façon de travailler ne fait pas l’unanimité…

La tourte de Blackbury
C’est l’histoire de la plus grosse tourte, confectionnée par trente-trois cuisiniers, et d’un maire porté par l’esprit de Noël.

Pousse-toi hop-là boum!
C’est l’histoire du grand match de Pousse-toi hop-là boum joué chaque jour de l’an. Un jeu étrange entre le rugby, la marelle et le vandalisme dont les règles sont si compliquées que personne ne les comprend!

Une très brève ère glaciaire
Au premier jour de la Grande Neige, Rasmussen avait décidé de se conduire en habitant de l’Arctique…

L’ordinateur qui écrivit au père Noël
Tom, un ordinateur, écrit au père Noël. C’est l’occasion d’une discussion sur le fait de croire au père Noël et de vivre avec simplicité.

Le bon roi Wences-las
Le roi ayant laissé repartir un homme en panne d’essence par une nuit de tempête de neige, part à sa recherche.

Le poussin girouette
C’est l’histoire d’une girouette qui fait la pluie et le beau temps au village. Littéralement. Il pleut dans les bâtiments et des orages se forment au-dessus de la tête des gens. Bertha prendra « l’oiseau » sous son aile.

Le jour du jugement dernier pour le père Noël
Le père Noël passe en justice, inculpé de trois mille quatre cent trente-trois délits divers pour lesquels il plaide non coupable.

L’abominable bébé des neiges
Une tempête de neige d’une ampleur jamais vue, bloque complètement la ville de Blackbury, attirant par le fait même un abominable homme des neiges qui s’avère être plutôt, un abominable bébé des neiges.

Les douze cadeaux de Noël
Un jeune prince souhaitant épouser la princesse doit lui offrir un cadeau particulier pour Noël. Ce texte reprend la chanson Les douze jours de Noël à la sauce humoristique.

Le père Noël va travailler au zoo
Le père Noël, qui n’est pas très utile quand la fête est terminée, est poussée par mère Noël à aller travailler. Il faut bien payer les factures!

J’espère que ce petit récapitulatif des différentes histoires du recueil vous donnera envie de le découvrir. La fausse barbe du père Noël est un livre qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes. Les histoires qui le composent sont colorées et inventives, pleines d’humour. C’est une très bonne lecture à découvrir.

Cette première rencontre avec l’univers de Terry Pratchett a été un succès qui me donne envie de découvrir d’autres de ses livres prochainement. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas!

La fausse barbe du père Noël, Terry Pratchett, éditions L’Atalante, 176 pages, 2018