Les aurores boréales: le grand spectacle de Corbeau

Avez-vous déjà visité le Grand Nord? Si oui, peut-être avez-vous eu le bonheur d’admirer le magnifique spectacle de lumières que nous appelons les aurores boréales. Mais vous êtes-vous demandé comment ont vu le jour les aurores boréales et les constellations? Les aurores boréales: le grand spectacle de Corbeau relate leur magnifique histoire peinte par Corbeau, le Joueur de tours, personnage familier de la tradition orale des peuples autochtones au Canada. Une fois, par ses talents légendaires, il transforma le ciel de la nuit en tableau, grâce à ces millions et millions d’étoiles qui, fidèlement, veillent sur nous.

Cet album est tout simplement magnifique! Les illustrations sont époustouflantes et l’histoire raconte de quelle façon les aurores boréales et les constellations ont vu le jour dans l’imaginaire et les traditions orales autochtones. Le Corbeau est un personnage qui revient régulièrement dans les légendes des Premières Nations et il est souvent dépeint comme le Joueur de Tours. C’est lui qui transformera le ciel afin de nous offrir tout un spectacle!

Les deux auteurs font partie des Premières Nations. L’auteur David Bouchard est métis alors que Jasyn Lucas est membre de la Nation crie. Un portrait de chacun se retrouve à la fin de l’album. L’introduction met en contexte cette histoire magnifique, ce qui nous permet de mieux saisir les croyances et la mythologie des peuples autochtones.

L’album est un vrai bonheur pour les yeux. Je suis tombée sous le charme des illustrations de Jasyn Lucas qui a un véritable talent pour transmettre la beauté de la nuit et ses lumières. Le ciel étoilé, les aurores boréales, les animaux intrigués par ce qui se passe tout là-haut, les tons de bleu entrecoupés des lumières du ciel nocturne, toutes ces images sont si belles!

« Devant la beauté de ces millions et millions d’étoiles multicolores, Corbeau se mit à danser et à chanter. Son œuvre était un chef-d’œuvre. »

C’est à une vraie plongée dans la magnificence du ciel et ses mystères que nous invite ce livre. C’est vraiment un album pour tous, qu’on peut prendre plaisir à découvrir à tout âge. J’ai adoré!

Une très très belle découverte!

Les aurores boréales: le grand spectacle de Corbeau, David Bouchard, Jasyn Lucas, éditions Vidacom, 32 pages, 2021

Les 5 endroits les plus hantés au Québec

L’Italie a l’île maudite de Poveglia, le Japon a la «suicide forest», et l’Écosse abrite d’innombrables châteaux hantés. Au Colorado, la chambre 217 du Stanley Hotel a inspiré à Stephen King son oeuvre « The Shining », après qu’il y ait vécu des choses étranges. Sans oublier le Loch Ness, Salem, ou la Tour de Londres… Le Québec est-il épargné par ces lieux d’épouvante qui donnent froid dans le dos même aux plus courageux? Que non! La belle province regorge d’histoires de fantômes, de possession et d’esprits tourmentés, qui sont souvent plus près de vous que vous ne le pensez…

Je suis tombée sur cette bande dessinée un peu par hasard en faisant des recherches pour tout autre chose à la bibliothèque. J’ai eu envie de la découvrir, parce que j’aime bien les histoires de fantômes et aussi parce que, pour une fois, c’est dans nos légendes et notre propre folklore que l’on plonge.

La bd regroupe les histoires de cinq auteurs différents: Nick Micho, Julien Dallaire-Charest, Guillaume PB, Le David Gauthier et Anthony Charbonneau Grenier. Ils nous amènent dans cinq univers différents, tous ayant comme point commun d’être supposément hantés. Certaines légendes dont ils s’inspirent sont plus connues, alors que d’autres le sont un peu moins. C’est, pour ma part, l’histoire reliée au Morrin Centre qui m’a attirée vers ce livre. C’est d’ailleurs ma préférée du recueil, avec celle de l’asile de Saint-Clothilde-de-Horton.

La qualité des histoires est assez égale je trouve, ce qui n’est pas toujours le cas des collectifs. Ici, même si le dessin varie beaucoup, l’atmosphère et le genre d’histoire est similaire. On a donc l’impression d’un fil continu assez constant d’une histoire à l’autre. Avec les auteurs, nous découvrons de sombres légendes allant de l’Isle-aux-grues et de la Chute Montmorency, en passant par la maison hantée du chemin de la Grève-de-la-Pointe.

Les histoires sont assez courtes. On a donc une mise en contexte puis on plonge directement dans la légende qui fait de ces lieux des endroits qu’on dit hantés. C’est une lecture qui est divertissante et qui m’a bien plu. Une façon inédite de découvrir des lieux bien de chez nous, à travers des légendes qui donnent le frisson. Une belle découverte!

Les 5 endroits les plus hantés au Québec, Collectif, éditions Sawin, 48 pages, 2019

Nottingham t.1: La rançon du roi

Les légendes se doivent d’être simples.
Tout héros a une identité secrète.
Tout héros a un ennemi juré à affronter.
Pour Robin des Bois, rien ne sera simple : il est aussi le shérif de Nottingham.

J’aimais beaucoup l’histoire de Robin des bois étant petite et j’avais bien envie de découvrir cette bande dessinée. J’ai donc lu Nottingham: La rançon du roi, qui est le premier tome. Je dois dire que j’ai adoré le dessin de cette bande dessinée, qui est vraiment magnifique. Les scènes sont détaillées, les personnages très vivants et l’action est bien présente. C’est d’ailleurs ce qui m’avait attirée en premier, ainsi que la mention d’une réécriture du personnage de Robin des bois. Par contre j’ai été un peu déçue par l’histoire. Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus prenant. J’ai l’impression qu’on reste beaucoup trop en surface.

Nous sommes en Normandie, en 1192. On retrouve dans cette bande dessinée l’histoire de Robin des bois mais réécrite différemment. Car ce dernier s’avère être aussi le shérif. On y croise Marianne, le Prince Jean, le Roi Richard et plusieurs autres. Il y a des magouilles et des complots, ainsi que des scènes de combats assez récurrentes. Mais j’ai trouvé la trame de ce premier tome un peu mince. Je m’attendais à être happée par les personnages et par l’intrigue, à vivre une grande aventure, mais la mise en place de l’univers m’a semblé prendre beaucoup de temps. De plus, on passe très souvent d’une scène à l’autre. Ça aurait pu donner une impression de mouvement, sauf que j’ai trouvé, pour ma part, que ça donnait un rythme un peu confus.

Le second tome est paru récemment. Son résumé me semble encore plus intéressant que le premier tome. Je suis curieuse de poursuivre l’histoire, en espérant que le rythme s’améliore et que l’histoire devienne plus prenante. Malgré tout, le gros point fort du premier tome de cette bande dessinée demeure pour moi son aspect visuel. Le dessin est magnifique et vraiment très réussi.

Nottingham t.1: La rançon du roi, Vincent Brugeas, Herzet, Benoît Dellac, éditions Le Lombard, 56 pages, 2021

Contes, légendes et mythes ojibwés

Selon la légende, Nanabush était le fils d’une femme, Winona, et d’un esprit (Vent d’Ouest). Il possédait de nombreux pouvoirs et c’est ainsi qu’il dota les Ojibwés de l’art de conter. De nombreux contes, alors, ont dû se raconter dans ces temps mythiques. Et depuis lors, ils se sont transmis oralement de siècle en siècle. Les contes présentés dans ce recueil ont été racontés par des Aînés, particulièrement par Wahwahskgone et surtout par Sam Ozawamik, puis traduits de l’ojibwé en anglais par Basil Johnston, chacun de ces conteurs les remaniant quelque peu en y intercalant des réflexions personnelles, en mêlant histoires, légendes et mythes.

Ce joli recueil comprend 18 contes ojibwés, racontés par des aînés et traduits en anglais par l’auteur Basil H. Johnston. Le recueil a, par la suite, été traduit en français. C’est un recueil de contes agréable à lire si on s’intéresse aux mythes autochtones. Ça été pour moi une lecture plutôt agréable, pas un coup de cœur, mais ça se lit bien. 

Les contes sont issus de la tradition ojibwé. Il s’agit de contes dont la lecture est assez légère. La tradition orale étant très forte, l’atmosphère est imprégnée des esprits et des mythes, ce qui est intéressant à lire. Les légendes nous amènent ailleurs et nous font sortir du monde réel. Les histoires font appel à notre imaginaire.

« La balle défonça le sol en une énorme cuvette au contour irrégulier que nous appelons aujourd’hui la baie d’Hudson. En éclatant en morceaux, la balle forma tous les petits lacs au nord de l’Ontario. Quelle explosion de tonnerre et que le flamboiement d’éclairs s’en suivirent! »

Un ouvrage assez court, qui se lit d’une traite. C’est également un recueil qui peut être lu avec des adolescents pour les initier aux contes et légendes autochtones. Un livre qu’on peut donc partager en famille, pour découvrir les mythes ojibwés.

Contes, légendes et mythes ojibwés, Basil H. Johnston, Éditions Alias, 124 pages, 2019

La Montaison

Avez-vous déjà vu les saumons remonter une rivière? C’est quelque chose d’impressionnant! Autrefois, les saumons vivaient dans l’océan. Un printemps, il se passa quelque chose d’étrange qui allait changer le cours de l’histoire.

Une petite lecture qui se veut un clin d’œil à Michel Noël qui nous a quitté le 12 avril, un auteur que j’apprécie beaucoup. J’ai choisi ce livre parce qu’il était dans notre bibliothèque depuis un bon moment. J’avais très envie de le lire et avec le départ tout récent de Michel Noel, j’ai eu envie de lire un de ses textes pour lui rendre hommage. Ce court livre est classé pour la jeunesse, mais permet à tous de se plonger dans une légende innue.

Le livre raconte donc la vieille légende amérindienne de la montaison, soit la raison pour laquelle les saumons remontent la rivière. Une petite fille, Matak, impressionnée par les sauts des saumons dans la rivière, va chercher son grand-père pour lui montrer ce qui l’impressionne grandement. Les plus âgés se font un devoir de transmettre leurs légendes et leurs histoires, afin d’accompagner les enfants dans leur découverte de leur environnement. Le grand-père Nemesh va donc en profiter pour raconter aux enfants ce qui pousse les saumons à remonter la rivière.

« -Nemesh, suis-moi, j’ai quelque chose d’extraordinaire à te montrer.
Ils marchent tous les deux vers la rivière Mishrashipu qu’il connaît comme le fond de sa poche. Nemesh est un homme de rivière, ami de l’eau, des poissons, des canards et des outardes. »

Cette histoire narre la rencontre du chef spirituel innu avec le grand esprit du saumon afin de faciliter la pêche pour son peuple. L’auteur nous plonge dans les légendes des Premières Nations et dans leurs coutumes. C’est un joli texte très intéressant, qui nous apprend des choses sur ce voyage dans les rivières effectué par les saumons.

« La mélodie magique, envoûtante, enchante les humains, les animaux, la forêt tout entière. Le maître de tambour, soutenu et porté par son peuple et la puissance de son chant, ferme les yeux. Son esprit léger comme du duvet quitte son corps, vole comme un puissant oiseau. Le vent joue dans ses cheveux et glisse sur son visage. »

Un court ouvrage jeunesse complété par des cartes, des notes, de l’information documentaire et des jeux pour accompagner la lecture et même, d’une recette! L’ouvrage peut être un beau point de départ pour ouvrir la discussion avec les enfants et travailler le texte en s’aidant du dossier complémentaire à la fin. Le livre est illustré par Daniela Zekina, une illustratrice bulgare. Le texte est entièrement illustré en noir et blanc.

À lire avec plaisir, pour les jeunes et les plus grands!

La Montaison, Michel Noël, éditions Hurtubise, 70 pages, 1999