Route End t.7

Route end 7Après avoir passé des mois à investiguer, la police réussit enfin à mettre la main sur l’insaisissable End… Mais lorsque son identité est révélée, le choc est immense pour Taji ! Commence alors une véritable descente aux enfers pour la famille Haruno, harcelée par les proches des victimes et par les journalistes…Tandis que le nettoyeur de cadavres perd pied face à l’horrible vérité, les enquêteurs étudient le profil du meurtrier : qu’est-ce qui a bien pu pousser un homme au comportement en apparence exemplaire à devenir un serial killer ?

Après les révélations du tome précédent, ce septième tome est une sorte de livre charnière entre les dernières découvertes et le huitième et dernier tome.

On plonge ici directement dans le passé pour suivre différents personnages: Taiji en adolescent rebelle, son frère Masato tranquille et timide, tout son contraire, ainsi que la façon dont les frères ont connu Aoi. On voit l’évolution des personnages qu’on a apprit à connaître adultes au fil des tomes. Ici, Taiji se rebellait contre l’autorité, vivait plus difficilement le suicide de sa mère, se teignait les cheveux (alors que c’était interdit à son école). Cette plongée dans le passé est très intéressante puisqu’elle nous permet de remettre en question certains comportements des personnages et de mieux comprendre l’évolution de l’histoire.

Les conséquences des gestes de End et des crimes qu’il a commit se répercutent sur de nombreux personnages du manga. Taiji écope beaucoup et il vit cette situation vraiment difficilement. Les messages haineux, les violences envers l’entourage de End sont très pénibles à vivre. La situation est épouvantable et occasionne tellement de souffrance qu’il est difficile de vivre au quotidien de façon « normale ». Faire ses courses par exemple devient un moment intensément compliqué où les personnages se font dévisager, insulter et malmener.

Le manga s’attarde ensuite à faire une présentation de toutes les victimes, de leur vie avant de croiser la route de End. L’auteur nous amène aussi dans la salle d’interrogatoire où les paroles du tueur sont décortiquées pour tenter d’expliquer la violence de ses gestes. On lui fait finalement cracher le morceau pour donner une sorte d’explication à ce qu’il a fait. Le casse-tête se met en place au fil des pages.

Le déroulement des tomes 6 et 7 donne vraiment envie de lire le dernier tome pour savoir vraiment comment toute cette enquête se terminera. On se questionne à savoir si l’auteur nous mène en bateau, s’il y aura d’autres rebondissements (ou pas) et quel sera le dénouement final pour les personnages.

Vivement le tome 8!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Route End t.7, Kaiji Nakagawa, éditions Ki-Oon, 192 pages, 2020

Route End t.6

Route end 6Kito, qui poursuit les recherches concernant l’affaire End en loup solitaire, finit par tomber sur un mystérieux personnage… qui n’est autre que Koji Tachibana! L’ancien patron d’AUM Nettoyage promet de lui révéler des informations au sujet du tueur en série, mais à une condition : que la police mette fin à l’enquête sur les triplés.
De son côté, Igarashi découvre, contre toute attente, l’identité du précédent locataire de l’appartement où a eu lieu l’un des homicides tandis que, au même moment, Kito reçoit un coup de fil de son fameux indic : End serait en train de passer à l’action ! Les deux agents se rendent alors à l’endroit indiqué sans hésiter, dans l’espoir de coincer enfin le meurtrier…

Route End est une excellente série d’enquête, un vrai bon thriller. Ce manga évolue beaucoup au fil des tomes, mais c’est ce sixième volume qui est sans doute le plus marquant, surtout parce que l’histoire tire à sa fin. La série compte en effet huit tomes et l’histoire se resserre de plus en plus.

Ce sixième tome est un choc car on sait enfin qui est End. On découvre beaucoup de choses autour des crimes qui ont été commis, mais surtout, on sait qui est la personne qui les a perpétré. Un coup de fil aux enquêteurs leur annonce que End est en train de passer à l’action et qu’il vaut mieux l’arrêter sur le fait. Les policiers se rendent donc sur place mettre la main au collet du coupable. La scène de crime est plus qu’atroce et permet enfin d’arrêter End.

Les pages défilent et se dévorent en très peu de temps, tant on veut comprendre ce qui se passe, ce qui va arriver et les motivations du criminel. Pour Taji, impliqué en quelque sorte dans tout le processus, la vie après la découverte de End est compliquée. Il se fait harceler par les journalistes et les policiers. C’est la même chose pour ceux qui sont dans l’entourage de Taji et du meurtrier. La presse souhaite avoir des commentaires et des photos.

Le passé de la famille de Taji est présenté par moments en flash-back, ce qui nous permet de mieux comprendre ce qui s’est passé avec le suicide de sa mère quand il était petit et de quelle façon tous ces événements ont affectés la famille.

Il est très difficile d’élaborer sur ce manga, en racontant des éléments de l’histoire, si on ne veut pas dévoiler l’intrigue. Je vous dirais donc que si les thrillers vous intéressent, celui-ci en est un bon! L’intrigue et le suspense vont crescendo au fil des tomes. Et ce tome ne fait pas exception. Il est vraiment riche en rebondissement et en découvertes!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Route End t.6, Kaiji Nakagawa, éditions Ki-Oon, 192 pages, 2019

Les liens du sang t.1

les liens du sang 1Vue de l’extérieur, la famille du jeune Seiichi est des plus banales : un père salarié, une mère au foyer, une maison dans une ville de province… L’adolescent va à l’école, joue avec ses amis, est troublé quand il pose les yeux sur la jolie fille de la classe. Tout est normal… ou presque. Il ne s’en rend pas compte lui-même, mais sa mère le couve beaucoup trop. Seiko traite encore son fils comme un bébé et, avec un mari toujours absent, son monde est d’autant plus centré autour de Seiichi. Ce dernier est incapable de résister : il se laisse lentement emprisonner dans le cocon. Trop jeune, il ne décèle pas la folie cachée derrière l’amour maternel. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

Les liens du sang est l’histoire d’une relation malsaine entre une mère et son fils. En fait, Seiko traite son fils comme un jeune enfant. Elle le surprotège, fait des choix pour lui, prend des décisions à sa place et dirige un peu trop son quotidien. Seiichi est un jeune garçon gentil, qui se plie aux demandes de sa mère. Il ne réalise pas vraiment que sa mère est un peu étrange. Mine de rien, avec l’absence de son mari, Seiko s’accapare Seiichi qui représente le centre de son univers.

Au début du manga, on sent que Seiko est une mère un peu protectrice, mais on ne comprend pas vraiment à quel point elle peut être dangereuse. En apparence, la vie familiale semble parfaite. Une mère gentille, un père travaillant, un petit garçon soucieux de plaire à ses parents. Quand le cousin de Seiichi lui fait réaliser que sa mère est bizarre, certains souvenirs semblent affluer dans son esprit et il commence à observer les agissements de sa mère. C’est une randonnée en famille qui va porter le coup fatal à la folie de Seiko…

Ce manga est assez intéressant. Cette histoire m’a sans cesse rappelée un vieux film que je regardais quand j’étais adolescente, Le bon fils. L’histoire ne se ressemble pas, mais le fond, la folie cachée d’un membre de la famille, m’y faisait beaucoup penser. L’esprit du manga est un peu le même d’ailleurs, quoique j’ai trouvé le début un peu long. La mise en place de cette relation malsaine est peu marquée lorsqu’on commence le livre. On sent qu’il y a quelque chose mais c’est très (trop?) léger. J’aurais aimé une relation un peu plus marquée. Il manque un petit quelque chose dans l’évolution des personnages et dans les souvenirs de Seiichi qui surviennent tout à coup.

Les dernières pages se bousculent et c’est là que tout se joue. C’est frappant et glaçant. On s’attend à quelque chose, mais jamais à ça. Je dirais que l’intérêt du manga tient beaucoup dans ses toutes dernières pages. Le reste, par moment, m’a semblé un peu long. J’ai mis beaucoup de temps à m’intéresser aux personnages et à être réellement intriguée. Je dirais que la fin est assez frappante, mais que l’essentiel du manga m’a laissée un peu indifférente.

Je ne pense donc pas poursuivre cette série, parce que personnellement j’aime les histoire plus tranchées, j’aime une évolution de l’intrigue moins longue à se mettre en place et moins effacée. La fin, cependant, est géniale dans sa folie. L’histoire est dérangeante. C’est donc un manga qui pourrait plaire à beaucoup de lecteurs, mais qui ne m’a peut-être pas suffisamment accrochée pour continuer.

Les liens du sang t.1, Shuzo Oshimi, éditions Ki-oon, 216 pages, 2019

Route End t.5

Route End 5Après l’agression d’Inukai durant l’investigation sur la mort du triplé C, retrouvé en morceaux en pleine forêt, la brigade criminelle est plus que jamais déterminée à mettre la main sur End. Pendant ce temps, Yuka, au comble du désespoir, tente de mettre fin à ses jours… avant d’être sauvée in extremis par le fantôme de son ancien patron ! De son côté, Noguchi découvre avec stupeur que les relevés d’empreintes de la scène du crime, qui établissaient un lien entre le triplé B et le cadavre des bois, ont disparu de la base de données de la police ! Kito identifie très vite le traître au sein de la cellule d’enquête et décide de remonter seul la piste du maître chanteur…

Route End tome 5 poursuit l’enquête entamée dans le premier tome. L’histoire a prit une tournure à laquelle on ne s’attendait pas forcément en commençant la série. J’ai trouvé ce cinquième tome un peu plus élaboré que le précédent. C’est toujours aussi bon, mais celui-ci a un petit quelque chose de plus.

Dans les derniers tomes, le lecteur fait plusieurs découvertes concernant End. On réalise bien vite que les enquêteurs sont corrompus, que plusieurs personnages jouent dans l’ombre pour réussir à ralentir l’enquête ou au contraire, à lui donner un coup de pouce.  Certains éléments de l’enquête sont montés de toutes pièces.

Pendant ce temps, d’autres personnages retiennent notre attention. Il y a le sosie du frère d’Akina, responsable de l’enquête et le docteur Ekazi, qui échangent sur la psychiatrie et leurs recherches respectives. On sent que ces échanges ne sont pas là pour rien.

 » Vous ne trouvez pas que l’existence du mal à l’état pur puisse être intéressante? Un mal tel que le passé du criminel ne saurait l’expliquer… »

L’enquête prend une nouvelle tangente quand on annonce la découverte d’une septième victime. Des déclarations sur la possible identité du tueur et sur l’endroit où il se trouve pourrait modifier complètement l’enquête qui accapare nombre de policiers et d’inspecteurs depuis un bon moment.

Parallèlement à l’enquête, nous suivons toujours Taji, qui a reprit l’entreprise de nettoyage de son patron. Les relations avec sa famille ne sont pas faciles, surtout depuis le suicide de sa mère. La dynamique familiale bat de l’aile, surtout lorsque le patriarche souhaite réunir toute la famille, créant un malaise de plus en plus inconfortable.

À noter qu’on retrouve toujours en début de volume un récapitulatif des personnages ainsi que les liens entre eux. Étant donné la façon dont l’histoire est construite et le temps qui s’écoule entre deux tomes, ces informations sont essentielles pour se replonger dans l’histoire. Chaque fois que je lis un tome, je me fais la réflexion qu’à la fin, je reprendrai tout depuis le début. Lire la série d’un coup doit être une belle façon d’y plonger totalement.

Route End est une bonne série criminelle. C’est une histoire efficace qui donne envie de poursuivre la lecture pour connaître le dénouement. Vivement la lecture du prochain tome!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Route End tome 5, Kaiji Nakagawa, éditions Ki-oon, 192 pages, 2019

Echoes t.2

Echoes 2Senri a retrouvé l’entreprise qu’il avait vue à la télé… Malheureusement, l’assassin de son frère a déjà disparu dans la nature. Tout ce que l’adolescent arrive à obtenir, c’est l’adresse de son domicile. Mais là encore, il fait chou blanc : l’homme à la cicatrice semble avoir simulé un suicide pour échapper à des usuriers ! Le seul indice que le lycéen parvient à récupérer est un porte-carte… dans lequel se trouve une photo de sa mère ! Déstabilisé par cette découverte, il décide de mener l’enquête. Hélas, avant qu’il puisse esquisser le moindre plan, un camarade de classe qu’il avait escroqué quelques jours plus tôt vient prendre sa revanche…

Ce second tome d’Echoes solidifie définitivement cette nouvelle série de Kei Sanbe et nous plonge dans le quotidien de Senri, qui ne vit que pour cette envie de venger la mort de son frère, Kazuto.

« Kazuto ça veut dire « escalader » et Senri, c’est pour « milles lieues »! Alors ensemble… on peut atteindre l’endroit de plus haut et le plus éloigné du monde! »

Avec cette suite, l’auteur nous apprend plus de choses sur la dynamique qui liait les jumeaux, enfants. Leurs jeux, leurs explorations, leurs aventures. Quelque chose d’unique leur permettait de ne faire qu’un, bien au-delà de la simple compréhension particulière entre jumeaux. On comprend alors ce qui liait les deux frères et la façon dont Senri a tenté de gérer la mort de son jumeau alors qu’il était encore un tout petit garçon.

Senri replonge dans ses souvenirs passés en compagnie de son frère afin d’essayer de comprendre ce qui a pu arriver à ce dernier. Il retourne sur les lieux de son enfance en essayant de faire remonter à la surface n’importe quel indice qui pourrait lui être utile. Toute sa vie étant maintenant régie par sa soif de vengeance, Senri ne construit rien d’autre en dehors de ses recherches et de sa façon singulière de ramasser de l’argent. Il risque gros en se frottant aux gangs et en escroquant les autres…

« Si tu restes prisonnier d’une obsession, tu finiras par perdre ce qui importe vraiment! »

Senri n’est pas heureux. Il est rongé par l’envie de se venger et par les souvenirs reliés à la mort de son frère. L’auteur décrit bien les traumatismes reliés à un crime sordide et à la mort d’une partie de Senri disparue en même temps que son frère. Il est intéressant dans ce second tome de mieux comprendre la psychologie du personnage.

Toujours avec ce talent de nous offrir à la fois un bon thriller et une histoire touchante qui joue avec les émotions du lecteur, Kei Sanbe excelle dans l’art de raconter de bonnes intrigues. Ce second tome plein d’émotions en est la preuve. Plus je découvre le travail de Kei Sanbe, plus je réalise à quel point j’aime ce qu’il fait. Ses histoires sont savamment dosées entre intrigues, psychologie et émotions. La fin de ce second tome nous laisse sur une révélation qui promet vraiment pour la suite. Vivement la lecture du troisième pour en savoir plus!

Mon avis sur le tome 1.

Echoes t.2, Kei Sanbe, éditions Ki-oon, 194 pages, 2019