Un hiver à pile ou face

Paige Collins, 17 ans, est paralysée dès qu’elle doit faire un choix. Aussi, quand deux opportunités extraordinaires se présentent à elle quelques jours avant Noël, Paige est incapable de prendre une décision. Une semaine à la montagne avec son meilleur ami (dont elle est secrètement amoureuse), ou un séjour à New York, LA ville de ses rêves ? Alors que l’angoisse de ce choix cornélien la submerge, Paige fait une mauvaise chute dans un supermarché… et son futur se retrouve divisé en deux !

Un hiver à pile ou face était la lecture commune de décembre pour le Défi: Un hiver au chalet. Pour le mois le plus festif de l’année, je pense que ce roman jeunesse était tout de même un bon choix. Pas parfait, mais très agréable à lire. 

Paige souffre de trouble anxieux. Elle est incapable de prendre une décision car tout se bouscule dans sa tête. Si elle fait un choix, elle renonce forcément à autre chose. Et si le second choix avait été mieux? Sa tête ne s’arrête pas une seconde. Et si? Et si? C’est épuisant et souvent déstabilisant. Elle a l’impression que sa vie avance sans elle, car elle est incapable de choisir.

« J’ai lu quelque part qu’une personne lambda prend trente-cinq mille décisions par jour. Ce chiffre m’est resté en tête, parce qu’il est énorme. Accablant. Paralysant. C’est le genre d’info qui me donne envie de rester au lit toute la journée, la tête sous les couvertures. »

Quand son meilleur ami Fitz, de qui elle est secrètement amoureuse, l’invite à passer Noël au chalet de sa famille, elle est emballée. Des moments festifs, passés à s’amuser, cuisiner, profiter de la neige. Elle rêve de voir la neige, mais n’a pas encore eu cette chance. Ce chalet avec la famille de Fitz, elle en rêve! Mais sa mère a, au même moment, remporté des billets d’avion pour New York. Le plus grand rêve de Paige est de voyager. Sa chambre est une hymne au voyage et elle souhaite un jour pouvoir voir du pays ailleurs qu’en photo. Elle doit alors faire un choix difficile. Mais lequel?  Alors qu’elle se torture l’esprit pendant ses achats de Noël, elle fait une mauvaise chute et son destin se divise alors en deux!

« Ma chambre est un hommage aux endroits où je ne suis jamais allée et aux choses que je n’ai jamais faites. Un temple dédié aux vies que je crains de ne jamais avoir. »

Ce roman alterne entre les deux destins, celui d’aller au chalet et celui d’aller à New York. Si au départ il lui arrive plein de choses et que les deux choix lui semblent aussi mauvais l’un que l’autre, cette occasion lui permettra de faire face à ce qu’elle ressent et d’apprendre à vivre avec son anxiété pour avoir une vie la plus heureuse possible. Surtout, elle apprendra à se faire confiance, à demander de l’aide et à réussir à avancer en faisant ses propres choix.

J’ai bien aimé ce roman qui est original dans sa construction puisqu’il nous fait voir les deux choix de Paige et le développement de certaines situations: la gestion des crises de panique, son amour pour Fitz et sa rencontre avec Harrison. C’est un roman mignon sur l’adolescence, qui aborde avec originalité les troubles anxieux et les premières amours. L’ambiance est enneigée, gourmande (Paige cuisine comme une forcenée lorsqu’elle est angoissée) et ça se lit bien. J’ai passé un bon moment.

Alors, vous choisiriez quoi vous: New York ou le chalet sous la neige? (Définitivement, le chalet pour moi!)

Un hiver à pile ou face, Kara McDowell, éditions Milan, 360 pages, 2021

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Mascottes sanglantes et pizzas frettes

Gabriel, 16 ans, s’est enfin trouvé un travail. Pas le plus glamour (vendre des pointes de pizza sous un néon qui clignote) mais à tout le moins PAYANT. Or l’ambiance est glauque. « Ça serait bête qu’il se mette à y avoir des morts », avait rigolé son meilleur ami. Ha ha. Oui. Très drôle. #not. Ça, c’était avant que les gens meurent pour vrai.

J’ai lu Mascottes sanglantes et pizzas frettes de Pierre-Yves Villeneuve, le premier livre que je lis de cet auteur. Le titre particulier m’attirait bien. Il s’agit d’un court roman d’horreur proposé à partir de 12 ans.

Gabriel travaille dans une pizzéria avec son meilleur ami Jean-Pascal. Gabriel est un ado plutôt terre à terre et très sérieux alors que son ami est tout le contraire de lui. Gabriel arrive à la pizzeria et il débute son quart de travail mais sa journée est vraiment étrange. Il se passe des choses bizarres voire même inquiétantes. Même son trajet jusqu’à son lieu de travail a été pénible. Tout va de travers. Quand il se retrouve seul pour fermer le restaurant, l’ambiance devient de plus en plus glauque et les choses dégénèrent rapidement. Gabriel commence à avoir peur. Pour vrai.

« Au cours des dernières heures, un banc de brouillard est sorti des champs et a complètement enveloppé la ville. La température est tombée. Le fond de l’air traîne avec lui une odeur d’humidité et de fumier. La brume est épaisse. La lumière diffusée par les lampadaires d’Ipex peine à éclairer le stationnement. »

L’histoire est intrigante. L’ambiance est très visuelle et on imagine sans mal la pizzeria: achalandée le jour, elle devient carrément inquiétante quand c’est le temps de fermer. On retrouve les codes classiques d’une histoire d’horreur, dont le meilleur ami de Gabriel est d’ailleurs un grand fan. J’ai aimé l’originalité de l’histoire qui est bien différente de ce à quoi on s’attendrait. 

Même si le roman est assez court (un peu trop? J’aurais aimé que l’atmosphère soit plus développée) l’intrigue qui se met en place prend finalement une tournure assez inattendue. C’est sanglant et plutôt efficace. Je crois que j’aurais bien aimé lire cette histoire lorsque j’étais ado.

La seule chose qui m’a dérangée, et j’en parle parce que c’est de plus en plus fréquent dans la littérature jeunesse québécoise, c’est l’utilisation de mots en anglais qui auraient très bien pu être en français. Un « close » (pour une fermeture) ou un « chunk » pour un morceau. Je considère que ce n’est pas nécessaire. Malgré cela, le texte était bien écrit.

Une lecture pleine d’hémoglobine et de pizzas pour les ados en quête de frissons!

Mascottes sanglantes et pizzas frettes, Pierre-Yves Villeneuve, éditions La Bagnole, 120 pages, 2022

Chimie 501

Max ne veut qu’une seule chose pour sa dernière année de secondaire : passer inaperçu et ne pas faire de vagues. Mais l’arrivée d’un nouvel élève aussi beau que sympathique et dont la seule présence lui donne des papillons vient tout chambouler… Si Nic a accepté de suivre sa mère à Montréal et d’y finir son secondaire 5, c’est dans le seul but d’oublier Jennifer et sa peine d’amour. Il n’avait aucune intention de tomber dans un tourbillon de sentiments confus… pour un gars. Mais on ne peut rien faire contre la chimie qui peut parfois provoquer des réactions explosives !

J’ai lu Chimie 501 de Josée De Angelis en lecture commune avec une amie sur Instagram. Nos avis se ressemblent quand même beaucoup. On a eu un ressenti plutôt semblable. Ce roman se lit facilement et avec plaisir. J’ai beaucoup aimé cette lecture!

L’histoire raconte la rencontre entre Max, qui n’est pas toujours à l’aise à l’école, et de Nic, un nouveau venu qui arrive d’Ottawa et qui a besoin de s’éloigner un peu. Entre les deux le courant passe presque tout de suite. Ils sont bien ensemble et découvrent qu’ils s’apprécient bien plus que comme de simples amis… Mais cette situation est compliquée. Max a subi de l’intimidation et il s’est souvent fait niaiser par les autres. Il est beaucoup plus sensible à tout ce qu’il ressent. De son côté, Nic a le sentiment de vivre une double vie. Quand il est à Ottawa il est celui qu’il croyait être alors qu’à Montréal il devient le gars avec un amoureux secret. J’ai aimé cette dualité dans le roman qui amène un point de vue intéressant sur une histoire qui aurait pu être assez classique.

Le roman raconte le quotidien de deux adolescents qui vivent des choses auxquelles ils ne s’attendaient pas forcément. C’est l’histoire des débuts de leur relation et la découverte de l’intimité dans une situation qui n’est pas simple ni pour l’un, ni pour l’autre. Les chapitres du roman sont conçus pour qu’on alterne entre les points de vue de Max et ceux de Nic, au fil des chapitres.

« … son absence fait un gros trou. Je sais plus ce que je faisais de mon temps avant, je me souviens pas de comment je passais les heures dans une fin de semaine. »

J’ai bien apprécié cette histoire pour jeunes adultes où les partys sont mémorables (en tout cas, les miens ne ressemblaient vraiment pas à ça), et où l’on suit Max et Nic, deux ados attachants. Les pages défilent forcément assez vite et l’histoire se lit aisément. La seule chose qui m’a manqué: un prologue! Je voulais en savoir plus sur le « après juin ». Je trouve que ça manque un peu. Dans l’ensemble c’était une bonne lecture. Pas marquante mais agréable à lire pour passer un bon moment. 

Ce que j’aime particulièrement dans les romans des éditions Parc en Face, une filiale pour jeunes adultes des éditions Les malins, c’est qu’on retrouve toujours une liste musicale de titres en lien avec les personnages et l’inspiration de l’auteur(e). C’est quelque chose que j’adore dans les livres et ici, chaque roman en a une. C’est vraiment, un gros plus de pouvoir se plonger dans l’atmosphère musicale d’un roman. J’adore ça!

Fait amusant, l’auteure a écrit un autre livre où l’on retrouve un personnage de Chimie 501, Jeanne. Le roman s’appelle Fille facile et aborde un thème que l’on retrouve assez rarement dans la littérature il me semble.

Chimie 501 a été une bonne lecture. Si vous aimez Heartstopper mais que vous voulez une histoire moins gentillette, ce livre est pour vous!

Chimie 501, Josée De Angelis, Éditions du Parc en face, 384 pages, 2019

Stranger Things Runaway Max

Qui est Max Mayfield? – Quand on s’est installés à Hawkins, j’étais convaincue que c’était le genre d’endroit où rien n’arrivait jamais. Et pour moi, jusqu’ici les monstres étaient des hommes, comme mon demi-frère Billy… Mais ce soir, la créature que j’essaie d’arrêter vient d’ailleurs, d’une autre dimension. Je suis bien décidée à en finir avec elle, et avec tous les autres monstres. Une bonne fois pour toutes…

J’aime toujours beaucoup découvrir les livres inspirés de la série Stranger Things et les romans officiels. J’ai donc décidé de sortir de ma pile à lire Stranger Things Runaway Max, un roman dans l’univers de la série qui met en vedette le personnage de Max Mayfield, arrivée dans la seconde saison. Au fil de la série, elle prend de plus en plus de place et elle a un rôle très important dans la quatrième saison sortie il y a peu. C’est un personnage que j’aime beaucoup, justement parce qu’elle a du caractère. C’était donc le bon moment de lire ce roman.

Alors, qu’est-ce que j’en ai finalement pensé? J’ai plutôt bien aimé cette lecture, ça se lit facilement. L’idée de me replonger dans l’univers de Max, à son arrivée à Hawkins, me plaisait bien. J’ai aimé ce que j’ai découvert sur elle, même si je trouve que ça ne va pas assez loin à mon goût. Cependant, comme c’est un roman officiel, Max est fidèle au personnage de la série et à ce qu’on peut imaginer d’elle avant Hawkins, avant les monstres et avant que Billy fasse partie de sa famille. On y retrouve aussi des clins d’œil à l’époque où se déroule Stranger Things, soit les années 80: Radio Shack, Terminator au cinéma, les bornes de jeux vidéo et les arcades.

« Les films d’horreur racontaient tous que les monstres pouvaient être vaincus… et les suites, qu’ils revenaient toujours. »

Ce livre a été une lecture sympathique mais loin d’être incontournable. Contrairement aux autres romans de la série que j’ai lu, celui-ci n’apporte pas beaucoup de nouvelles choses. Il se déroule avant et pendant la saison 2 de la série. On apprend des choses sur la vie de Max avant Hawkins, des choses sur son père, sur la dynamique familiale difficile après la séparation de ses parents et le mariage de sa mère avec Neil, qui a amené dans son sillage le violent et terrifiant Billy… On apprend des choses sur le meilleur ami de Max, Nate et sur ses autres amis avec qui elle faisait du skate avant de déménager. Dans son « ancienne vie » ses meilleurs amis étaient aussi un groupe de garçons. On découvre à quel point Neil, son beau-père, est aussi effrayant que son fils et pourquoi Max a fait quelques tentatives de fugue…

« J’avais été une vraie idiote de croire que ma famille pouvait me protéger. Je connaissais la vérité maintenant. Le monde était un endroit immense et chaotique, et j’y étais seule, toute seule. »

Autrement, la seconde partie du roman est une réécriture en accéléré des événements de la saison 2 vécus par Max et racontés de son point de vue. C’était agréable à lire, mais j’aurais aimé que ça pousse un peu plus loin dans la découverte du personnage, surtout que j’ai toujours beaucoup aimé Max. L’aspect le plus intéressant du roman est ce que l’on apprend de sa vie avant Hawkins.

Une bonne lecture donc, un plaisir pour les fans de la série, mais ce n’est pas une lecture marquante. 

Stranger Things Runaway Max, Brenna Yovanoff, éditions Hachette, 306 pages, 2019

Mort et déterré t.3: Les derniers jours d’un zombie

Yan Faucher, 13 ans, est un ado qui se fait accidentellement poignarder par un dealer. Un an après son inhumation, il se réveille et arrive à quitter son cercueil. Il décide de mener une double quête : retrouver son assassin et reconstruire sa famille en pleine décomposition depuis son décès. Avec l’aide de son pote Nico, un fan d’histoires de zombies, et d’Alice, une amie spécialiste en maquillage secrètement éprise de lui, Yan va mener l’enquête et retrouver sa famille. Mais Yan a peu de temps pour arranger ses histoires de famille car son assassin a tué Alice, et Yan n’a plus qu’une obsession : ramener son amoureuse à la vie !

J’attendais ce troisième tome avec grande impatience! Aussitôt reçu, aussitôt lu! Cette série est vraiment sympathique et elle réécrit à sa façon les codes des histoires de zombies. Yan est un personnage très attachant et c’est toujours avec grand plaisir qu’on suit ses aventures rocambolesques.

 » Si j’avais su que la mort serait aussi épuisante, je serait resté dans ma tombe! »

Dans ce troisième tome, on retrouve Yan alors qu’il déambule dans notre monde. Sorti de sa tombe dans le premier tome, il a vécu toutes sortes d’aventures, certaines plus éprouvantes que d’autres, et il va enfin retrouver sa famille. Malheureusement, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes depuis qu’il est mort. Sa mère voit quelqu’un d’autre, son père boit, ses parents vont se séparer et sa famille se disloque de tous les côtés. Depuis son décès, tout va mal pour eux. Ils n’arrivent plus à être une vraie famille.

Parallèlement, Yan tente de sauver Alice, son amie décédée des mains du même assassin que lui. Si lui-même est revenu à la vie, Alice le pourrait aussi, non? C’est ce qu’il tente d’accomplir. Mais Yan est un mort-vivant vraiment malchanceux: la police lui en veut constamment, il fait la une des nouvelles avec ses mésaventures et il en perd littéralement la tête! Les événements aussi drôles qu’absurdes s’enchaînent pour lui, pour notre plus grand plaisir.

Cette série est un vrai plaisir à découvrir avec plusieurs bons gags de zombies, beaucoup d’humour et des personnages très attachants qu’on aime beaucoup suivre d’un livre à l’autre. J’ai même l’impression que c’est meilleur à chaque fois!

« -C’est pas si amusant que ça, d’être allongée dans un cercueil.
-En effet, c’est très surévalué comme expérience. »

Sur le dessus de l’album, c’est indiqué qu’il s’agit de la finale de la trilogie. MAIS! À la toute fin c’est indiqué « Fin du premier cycle ». La fin étant ouverte, on peut donc espérer d’autres aventures! J’en suis bien contente et j’ai très hâte car j’espère bien suivre Yan encore un petit moment. J’adore les histoires de zombies, mais je les aime encore plus quand les auteurs mêlent beaucoup d’humour à tout cela. Je trouve que le sujet s’y prête bien et c’est le cas ici. Cette série est vraiment un pur plaisir!

Mon avis sur les autres tomes:

Mort et déterré t.3: Les derniers jours d’un zombie, Jocelyn Boisvert, Pascal Colpron, édition Dupuis, 56 pages, 2022