Ombres sur la Tamise

ombres sur la tamiseDans Londres dévastée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, la vie est dure, les denrées rares, l’avenir incertain. C’est le moment que choisissent les parents de Nathaniel et de Rachel pour leur annoncer qu’ils doivent les quitter, car leur père vient d’obtenir un poste à Singapour. Confiés à un tuteur qu’ils surnomment « le Papillon de nuit », les deux adolescents ne tardent pas à découvrir que le présent comme le passé de leur famille sont brouillés par le jeu des apparences. Alors que la vie s’organise dans la maison où viennent s’installer d’étonnants pensionnaires, les enfants commencent à rassembler les pièces du puzzle. L’homme qui veille sur eux est-il un criminel ? Pourquoi leurs parents ont-ils menti ? Servent-ils une noble cause ou des intérêts inavouables ? D’où viennent ces étrangers qui partagent maintenant leur quotidien ? Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’ils découvriront toutes les clés de l’énigme, à une époque où eux-mêmes auront à se pencher sur les mensonges qui les accompagnent depuis leur plus jeune âge.

Nous sommes en 1945 sur la rue Ruvigny Garden à Londres, peu après la Seconde Guerre mondiale. Un père et une mère de famille annoncent une rude nouvelle à leurs deux enfants Nathaniel (14 ans) et Rachel (16 ans): ils doivent les quitter pour une période d’un an. Ils partent pour Singapour, leur père ayant eu une promotion… Les enfants sont confiés à un tuteur que les jeunes surnomme le Papillon de nuit car il sort essentiellement quand le jour tombe.

Homme célibataire, sans enfant, le Papillon de nuit est un personnage particulier. Qui est ce tuteur mystérieux qu’ils ne connaissent que vaguement? Est-ce un criminel? Les enfants se sentent abandonnés et ils ne comprennent pas ces changements dans leur vie. Plus le temps passe et plus ils se questionnent sur les gens que leur tuteur côtoie. Leur univers devient tout à coup rempli de mensonges et de non-dits. Le mystère tourne beaucoup autour du tuteur des enfants et des gens qu’il fréquente.

Outre le Papillon de nuit, un autre personnage important auprès des enfants, surtout de Nathaniel, est le Dard. En manque de figure paternelle, le jeune garçon se rapprochera de lui, même si l’homme demeure un personnage très mystérieux.

 »Certains soirs, dans l’ombre de mon jardin clos assailli par une tempête d’octobre, je sens les murs qui frissonnent en détournant au-dessus de moi le vent de la côte est, et j’ai le sentiment que rien ne peut envahir ou rompre la solitude que j’ai trouvée dans cette tiède obscurité. »

Ombres sur la Tamise est un livre captivant du début à la fin. L’auteur maîtrise d’une main de fer ce roman rempli de mystère pour lequel des réponses nous seront livrées à la fin seulement. Cette lecture démontre un beau travail d’écriture pour instiller et conserver tous les aspects du mystère qui entoure les parents des enfants.

Les jeunes devenus adultes, resteront avec des séquelles de cet abandon et leurs réactions seront complètement opposées. La fin du livre dénoue toute l’intrigue et des explications nous sont apportées. On comprend alors pourquoi les enfants ont été délaissés.

« Comment se fait-il que nous nous souciions si peu, en apparence, de l’absence de nos parents? Mon père, que nous avions vu monter à bord de l’Avro Tudor à destination de Singapour, m’étais à peine connu. Mais où est ma mère?  »

C’est un livre qui se lit très bien, dont les événements s’enchaînent et qui intrigue par son aspect mystérieux. On peut même le qualifier de roman d’espionnage. On y retrouve également beaucoup d’histoire, de criminels et de secrets.

Je n’avais jamais lu cet auteur et le roman m’attirait, surtout pour son sujet de l’après-guerre, un thème que j’aime bien. J’ai particulièrement apprécié ce livre et l’écriture de l’auteur. Comme il a écrit plusieurs titres, j’aimerais éventuellement le relire. J’ai d’ailleurs La table des autres qui m’attend dans ma pile.

Dans ses remerciements à la fin, l’auteur explique que son roman s’inspire de certains faits et lieux historiques, même s’il s’agit d’une fiction. Il raconte un peu ses recherches en fin de roman. À travers cette histoire, l’auteur a aussi voulu démontrer que lorsqu’une guerre d’une aussi grande envergure se termine, la guerre n’est en fait jamais vraiment terminée…

Une très bonne lecture que je vous conseille!

Ombre sur la Tamise, Michael Ondaatje, éditions du Boréal, 352 pages, 2018

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Expo habitat

expo habitat photoElle a douze ans et autant de cabanes sur la câliboire de calvasse de câlasse de câlique de caltor de ferme, qu’elle a pourtant aimée plus que tout, sur les lignes de trappe, dans les traversées sinueuses où elle apprenait à marcher dans le noir, à dompter les pas inquiets, à habiter l’indépassable campagne.

Pour Marie-Hélène Voyer, chaque lieu est une manière d’être, une manière de dire – ou de taire. À travers un pays que l’on ne construit qu’en vivant, elle propose une formidable cavale poétique tout en épivardages, élancements, voyagements, enfargements et effarouchements. La voix ruse, se densifie, se transforme et s’adapte ; glisse la langue de l’enfance. Sur le mode de l’oscillation apparaissent une ruralité québécoise fascinante et angoissante, une urbanité creuse et décevante, et, ultimement, une boréalité salutaire.

Premier recueil de poésie de l’auteure, ce livre nous amène dans un univers où les mots et les images s’entremêlent, racontant des moments de vie sur la ferme familiale, de villages, de routes, de villes, de territoires. Sorte de journal poétique, Expo habitat raconte une enfance, un présent et une vision du passé.

Cette belle lecture commence sur les racontages d’une enfance à la campagne où voltigent des souvenirs imagés de champs, d’animaux, d’équipements de ferme. Une poésie où l’humour est souvent au rendez-vous.

Tombée du fenil
tu te réveilles sur le ciment
sonnée le front léché
par une vache
et tu découvres
quelque chose
comme la tendresse.

L’Auteure montre une belle maîtrise du texte et des sujets et nous offre de beaux jeux de mots très forts en image. C’est une poésie joyeuse, qui fait du bien et qu’on prend plaisir à lire. Le recueil nous propose 5 thèmes différents: Ferme familiale; Bic, village; Route, autoroutes, boulevard; Villes banlieues; Territoires et échappées. Chaque thème est un univers en soi.

Le temps traîne de la patte
prend des détours
brette un peu
dans le pareil au même
des chemins de terre
c’est que toutes les routes
sont faites en croix.
Je ne sais pas pourquoi. 

J’ai adoré cette lecture, c’est une forme de poésie qui me touche particulièrement et que j’aime lire. Un texte très imagé me plaît beaucoup. Ici, on « voit » littéralement ce qu’elle décrit. Comme l’air de la campagne, ce premier recueil est très rafraîchissant. Il nous transporte dans différents moments de l’enfance, avec sa vision poétique des choses. La façon dont elle a perçu ce qui l’entourait quand elle était petite et à mesure qu’elle grandit. C’est à la fois coloré et très beau.

L’auteure aborde l’amour de la nature, de la campagne et de la vie rurale. Elle y parle autant de la période des foins sur la ferme, du travail à l’érablière que de la trappe. Écrit dans une langue qui nous est familière, pleine de souvenirs et très proche de nous,  c’est un recueil particulièrement plaisant à lire puisqu’on se sent interpellé par une langue qui nous ressemble.

Le texte m’a semblé plus vaste, plus oxygéné lorsqu’il aborde la campagne que lorsqu’il parle de la ville. Cependant, la campagne n’est jamais loin. Les mots de Marie-Hélène Voyer habitent l’espace et nous touchent.

Une auteure à lire et à découvrir. Un très beau moment de lecture pour moi.

Expo habitat, Marie-Hélène Voyer, éditions La Peuplade, 176 pages, 2018

Un Noël d’enfant au pays de Galles

un Noël d'enfant au pays de gallesLe grand poète Dylan Thomas se souvient des Noëls de son enfance dans ce beau texte devenu un classique. Un parfum de Noël authentique, de Noël d’antan, que restitue Peter Bailey avec toute la fraîcheur joyeuse et délicate de ses aquarelles.

J’ai lu Un Noël d’enfant au pays de Galles pour la première fois il y a des années, dans une toute autre édition. Ce texte m’avait profondément marquée. Dylan Thomas a une plume rare, classique, magnifique. C’est un poète qui devrait être plus largement lu et découvert. Son univers en vaut la peine.

Je suis ravie de cette réédition par Gallimard Jeunesse, qui permet un nouveau souffle à ce classique intemporel. Le texte est magnifique, la poésie de Dylan Thomas se retrouve même dans ses souvenirs de Noël, entre péripéties, matins de Noël et imaginaire, au cœur d’un hiver enneigé.

« C’était l’après-midi de la veille de Noël et j’étais dans le jardin de Madame Prothero, à guetter les chats avec son fils Jim. Il neigeait. Il neigeait toujours à Noël. Décembre, dans ma mémoire, est blanc comme la Laponie… »

Sous la plume de Dylan Thomas, les boules de neige deviennent des « boules de vacances », les collines enneigées ont les « courbes d’une harpe » et une simple promenade au village devient une véritable expédition peuplée de fantômes, de chiens de sauvetage et d’hippopotames venus tout droit de l’imagination des enfants.

J’adore cette nouvelle édition puisque pour moi, tant par son texte, son format que par son côté très imagé, c’est un livre qui fait le pont entre les générations. Entre les souvenirs de Noël d’un écrivain né en 1914 et les dessins colorés et plein de vie de Peter Bailey, ce très beau livre de Noël peut être lu par les adultes comme par les enfants. C’est un bel outil pour partager les souvenirs de Noëls d’antan en comparaison avec les Noëls d’aujourd’hui. Le présent côtoie le passé, les souvenirs peuvent s’entremêler aux festivités présentes. Une magnifique façon de faire connaître un beau classique gallois.

« Il y avait des cloches d’église, aussi, […] dans les beffrois noir chauve-souris, blancs de neige, sonnées par des évêques et des cigognes. Et elle tintaient pour répandre leurs nouvelles sur la ville pansée de frais, sur l’écume gelée des collines de poudre et de crème glacée, sur la mer craquelante. On aurait dit que toutes les églises tonnaient de joie sous ma fenêtre; et les girouettes, sur notre clôture, grinçaient Noël. »

On qualifie souvent Dylan Thomas d’intraduisible, tant sa plume est particulière. Pourtant la traduction de Lili Sztajn pour cette édition est exemplaire. On y retrouve la magie particulière des souvenirs d’enfance de Dylan Thomas, alors qu’il vivait au pays de Galles.

Un Noël d’enfant au pays de Galles est un vrai petit bijou! Tendre, drôle et lumineux, c’est un album à découvrir assurément. Son petit format à la couverture rigide en fait un très bel objet, un livre à la fois pour enfant et pour adulte, qui plaira assurément aux petits comme aux plus grands.

Un vrai classique de Noël à lire et relire, pour notre plus grand bonheur!

Un Noël d’enfant au pays de Galles, Dylan Thomas, illustré par Peter Bailey, éditions Gallimard Jeunesse, 80 pages, 2015

Boréal-Express

boreal-expressIl y a longtemps, une nuit, la nuit de Noël, un train s’arrête dans la rue devant la fenêtre d’un petit garçon. Invité à y monter, celui-ci y retrouve quantité d’autres enfants vêtus de pyjamas ou de chemise de nuit. Commence alors un voyage fantastique à travers bois, sur des montagnes enneigées, jusqu’au Pôle Nord, le pays du… Père Noël ! Rêve ou réalité?

Le livre de Chris Van Allsburg, paru en anglais pour la première fois en 1985 (1986 pour l’édition française) est devenu un album classique du temps des Fêtes, surtout depuis l’adaptation cinématographique sortie en 2004.

L’histoire qui se cache derrière ce livre s’adresse autant aux petits, qui y verront une très belle histoire de Noël, qu’aux adultes qui y comprendront sans doute beaucoup mieux le message que l’auteur souhaite faire passer. Derrière un album magnifique (le film l’est tout autant), l’auteur parle de la foi et du fait de conserver son cœur d’enfant. Par le fait même, d’être ouvert à ce qui va au-delà du quotidien, de notre monde, pour être réceptif à la magie qui oeuvre autour de nous. Le parallèle avec la petite clochette est tellement bien trouvé, qu’on ressort de cette lecture terriblement touché.

Boréal-Express est une des plus belles histoires de Noël à mon avis, parce qu’elle touche à ce qui est le plus important dans cette fête: l’émerveillement. C’est ainsi que tant d’adultes, qui n’ont plus cette capacité, détestent cette période de l’année et ne sont accaparés que par l’aspect commercial de Noël. Ici, Noël devient une aventure, sans couleurs clinquantes ni extravagances. C’est un moment pour croire et rêver, pour faire entrer un peu de magie dans notre vie.

Une histoire qui, étonnamment, trouvera peut-être plus d’écho chez les adultes. Pas parce que les enfants ne l’apprécieront pas, au contraire, mais parce que le second message du livre, au-delà de la belle histoire de Noël, marquera les adultes d’une toute autre façon.

présents de noelJ’ai profité de la relecture de ce merveilleux album pour relire le chapitre de Robert Hurley dans le livre Présent(s) de Noël en littérature de jeunesse contemporaine, qui aborde la spiritualité et le traitement du mystère dans Boréal-Express. Cet ouvrage est très intéressant et le chapitre sur le livre de Chris Van Allsburg plutôt éclairant. Pour les intéressés, on retrouve ce texte au chapitre 5 de cet ouvrage paru chez Novalis. Cet essaie aborde la représentation de la fête de Noël dans la littérature jeunesse.

En ce qui concerne Boréal-Express, c’est un album que je relis presque chaque année, parce que je trouve que son message est parfait. Il incite à renouer avec le magique et à garder son cœur d’enfant. Cultiver la capacité de s’émerveiller est sans doute l’un des plus beaux cadeaux que l’on peut se faire.

Un incontournable!

Boréal-Express, Chris Van Allsburg, éditions L’école des loisirs, 30 pages, 1986

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles

manuel de survie a l'usage des jeunes fillesQue font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ? Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur. Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles porte assez bien son titre. Je le vois comme faisant référence aux recherches de Sal sur la survie en forêt, tout comme à un guide pour ces filles totalement dépourvues de stabilité dans leur vie et qui se retrouvent seules, en pleine nature.

Avant de commencer ce roman, j’avais un très bon pressentiment, j’étais assez certaine qu’il me plairait et je n’ai pas été déçue. C’est un très beau roman, même s’il raconte beaucoup de drames humains. Le livre a un côté lumineux, à cause de la présence d’une nature si belle et si vaste, par la forêt, par le personnage assez singulier de Peppa, la petite sœur drôle, extravertie, qui fait souvent trop de bruit et raconte tout à n’importe qui.

Le roman commence alors que les deux jeunes filles s’apprêtent à quitter la maison pour sans doute la plus grande aventure de leur vie. Renoncer à ce qu’on connaît pour aller se perdre dans les bois en espérant revivre et apaiser un nombre incalculable de souffrances, c’est quelque chose de difficile pour de si jeunes filles. Pourtant, elles s’en sortent assez bien vu les circonstances. Dans le livre, la nature m’apparaît comme un baume, un remède pour aller mieux, pour apprendre à revivre.

Si Peppa est un personnage plein de vie qui a une grande présence dans le livre, Sal est sans doute mon personnage préférée. C’est elle qui nous raconte son histoire. Elle ne réussit pas bien à l’école, encaisse des choses abominables pour une si jeune adolescente et elle prend soin à la fois de sa mère, complètement abrutie par l’alcool et de sa sœur. Elle fait face à tout avec un sérieux et une maturité déroutante.

« Survivre se résume en grande partie à prévoir, prendre le temps de réfléchir, prévoir, essayer de voir ce qui peut mal tourner et imaginer ce qui se passera si les choses changent. »

Elle connaît sur le bout des doigts des sujets pointus pour lesquels elle a un grand intérêt alors qu’elle a du mal à intégrer des notions d’apprentissage comme la lecture ou les matières enseignées à l’école. Elle peut apprendre à chasser le lapin à l’aide d’une vidéo sur Youtube ou construire un abri en consultant Internet. Elle a acheté en ligne (en piquant des cartes de crédit volées) du matériel de camping. Sa fuite est préparée dans les moindres détails. En mode défense, elle est redoutable. Elle apprend vite, connaît des tas de choses (mais qui ne font pas partie de ce que l’on doit connaître pour exceller en classe), elle peut survivre avec presque rien tout en s’occupant de sa sœur et en faisant passer leur expédition pour un « jeu ». Elle nous raconte son histoire, celle de sa famille, de ce qu’elle vivait à la maison. Puis vient la révélation, la raison pour laquelle elle est partie.

Il y a de fabuleux passages sur la vie en plein air, la création d’un abri, la chasse, la pêche, l’inventivité de Sal pour créer à elle et sa petite sœur, un lieu de vie en plein air qui soit chaud et confortable. Vivre dehors pour les sœurs, est presque moins difficile que de vivre à la maison. C’est une forme de liberté qui fait du bien, même si la menace de se faire prendre plane toujours au-dessus d’elles. À la maison, c’était la menace continuelle d’une visite des services sociaux. En pleine nature, c’est de se faire intercepter par les autorités et devoir rentrer à la maison pour affronter ce qu’elles y ont laissé… Beaucoup de problèmes.

Cette histoire est une bonne surprise car elle s’avère beaucoup plus riche que je ne l’aurais cru. Plusieurs personnages croisent la route de Sal et Peppa, mais le roman tourne essentiellement autour des filles, d’Ingrid qui représente une partie de l’histoire à elle seule avec sa vie si particulière, triste et captivante, ainsi que la mère des filles qui a un grand besoin d’aide. Quelques autres personnages apparaissent, mais le roman est essentiellement un livre sur la force et la faiblesse des femmes. À leur capacité de faire face à tout ou de s’effondrer quand ce n’est plus possible. Sal et Ingrid sont sans doute les femmes les plus intéressantes du roman, avec leur façon de voir les choses et la force qui les anime. Il y a en elles quelque chose d’aussi grand et d’aussi vaste que la nature.

Un roman à découvrir, assurément!

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Mick Kitson, éditions Métailié, 246 pages, 2018