Et arrivées au bout nous prendrons racine

Et arrivées au bout nous prendrons racineIl y a le retour prudent sur le chemin des origines, le long de la côte, où les maisons boudent. La poésie mène alors à l’enfance, paraît gourmande, des bleuets en confiture, un cœur de lièvre sous la dent. Ici, les bonheurs disponibles s’empilent sur tout ce dont on ne parle pas, des pères horizon, des mères à la gorge inquiète. Et arrivées au bout nous prendrons racine annonce la réconciliation avec un territoire, ce lichen millénaire parmi lequel s’en vont renaître femme et fille, main dans la main, ébruite ce nord hostile et fertile, fait de grands espaces et de petites choses. De doigts gelés et de pain chaud. Et, surtout, de silence.

Originaire de Natashquan sur la côté nord, l’auteure nous transporte dans une poésie riche en images qui nous amènent littéralement dans le passé, dans son enfance. Les images de divers moments s’entrecroisent au fil des mots, relatant la nature, les petites douceurs, les moments en famille. Tout ce qui nous berçait dans un passé pas si lointain.

« tête de bataille
d’oreillers

je me réveille
te grimpe quatre à quatre
c’est la nuit c’est les vacances c’est quand
que t’es arrivé
tu m’as ramené
des piasses en chocolat »

Sa poésie est faite de lieux passés, de gourmandises au goût de fruits, d’une Crush aux fraises, des bonbons du dépanneur. De petites choses du quotidien qui sont encore bien présentes à notre esprit. La beauté de la nature qui touche notre esprit, les routes qui nous ont fait voyager, les différents moments passés en famille, le retour aux racines, profondes et solides, pour mieux forger le présent et l’avenir.

La cuisine est très présente et les souvenirs qui y sont rattachés sont vivants et visuels. Parfois l’ennui ou l’inquiétude se pointent au détour des mots, pour nous plonger dans une atmosphère familiale faite de mémoire et de silence.

« derrière les bardeaux de peur
ça sent la poussière

d’heures
elles s’accumule le long des soirs
et devant la porte
le prélart roule
d’ennui »

Je perçois cette poésie comme une renaissance. C’est une façon de se ressourcer en puisant dans un passé riche en saveurs et en émerveillement. Une façon de retrouver ce qui a été, pour mieux harmoniser le présent.

Une poésie qui se lit aisément. La plume est très fluide, très belle. Les mots coulent comme l’eau d’une source. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette découverte. Le texte nous ramène à l’enfance, c’est donc une poésie qui nous offre simplicité et candeur, avec une certaine profondeur. L’auteure se remémore des souvenirs d’enfance et par le fait même, nous ramène un peu à certains de nos propres souvenirs. Des choses qui habitent le paysage autour de nous et qui vivent dans les mémoires.

Une belle lecture.

Et arrivées au bout nous prendrons racine, Kristina Gauthier-Landry, éditions La Peuplade, 128 pages, 2020

En attendant les étoiles

en attendant les étoilesMon fils âgé de deux ans au beau milieu d’un champ de fleurs sauvages. Il est en tête-à-tête avec un chrysanthème. Il ne le cueille pas, ne le porte pas non plus à son nez. Il le touche du bout des doigts, comme s’il voulait s’assurer de son existence.

En attendant les étoiles est un recueil de haïkus vraiment très beau. Sous la direction de Jimmy Poirier, qui nous offre lui aussi un texte magnifique, seize auteurs se sont regroupés pour se prêter à l’exercice d’aborder de façon poétique, une tranche de leur enfance.

Le thème principal du recueil est donc axé sur l’enfance. C’est vraiment très beau et ensoleillé. Ce qui est plaisant avec ce livre, c’est que chaque auteur raconte son histoire. Chaque auteur écrit sur sa propre enfance. Toutes les histoires débutent par une petite biographie en lien avec le thème. Suivent ensuite quatre pages d’haïkus, six pour quelques uns des auteurs. Chacun des haïkus a rapport au texte biographique que l’on retrouve au début.

« une jeune violoniste
près du ruisseau Bois-Joli
les oiseaux se taisent »

Les auteurs ont été parfaitement  bien choisis. Même s’ils ont tous le même thème central, le choix des textes et de ceux qui les ont écrit est tellement fluide qu’on a l’impression que le recueil est d’une seule et même personne. Les textes relèvent toutefois toute la sensibilité de chaque différent enfant qu’ont été les auteurs.

Je me suis beaucoup retrouvé dans cette poésie et souvent même, je me voyais, enfant, participer de la même façon qu’eux au monde qui m’entourait, par ma curiosité des choses, par ma fascination pour la nature. Surtout qu’à cette époque et sans doute à l’époque des auteurs du collectif, les enfants jouaient énormément dehors. J’ai donc retrouvé un peu de mon enfance, tout ce temps passé à observer les insectes, les fleurs, à m’émerveiller de ce que je découvrais. On retrouve beaucoup ce sentiment à travers les textes et les haïkus de ce livre. La poésie m’a beaucoup touché. Je pense que chaque personne peut se retrouver dans un ou plusieurs des haïkus, ainsi que dans les textes biographiques.

« Vêtue de mon petit imperméable et de mes bottes de pluie, je parcours le sous-bois tapissé de trilles blancs. Je suis émerveillée par les gouttes d’eau qui glissent sur les pétales des fleurs, par le chant des oiseaux, par la voûte que forment les arbres qui ne me laissent pas voir le ciel. »

Le recueil nous permet de voyager dans le temps, il nous rappelle notre jeunesse et notre faculté d’émerveillement. Dans la période qu’on vit actuellement avec le confinement, on a l’impression de s’échapper, de prendre une grande bouffée d’air frais. On y sent une grande douceur qui fait du bien à l’âme. J’ai lu ce livre alors que j’étais en quarantaine en attendant de savoir si j’étais malade ou non. C’était une période très stressante pour moi et ma famille, et ce livre tombait à point nommé. Il a été un baume sur ces moments plus difficiles.

J’ai lu le recueil en deux jours car j’avais envie de l’étirer un peu, mais c’est un livre tellement agréable et apaisant qu’on peut pratiquement le lire d’une traite. J’aime énormément le projet autour de ce livre. On en apprend plus sur les auteurs qui ont participé au recueil. J’ai aimé les textes autour des haïkus, qui sont aussi poétiques. Ils nous permettent de mieux comprendre le contexte. Ça nous permet d’ailleurs de découvrir plein d’auteurs qu’on pourrait être tenté de relire, surtout que j’ai aimé tous les textes.

Les histoires poétiques qui nous sont racontées se déroulent pour la plupart dans la nature. La nature m’a toujours parlé et ce thème me touche particulièrement. L’enfance étant la base de ce que l’on deviendra comme adulte, c’est toujours agréable de se rappeler ce qui nous émerveillait à l’époque. Avec le temps on oublie parfois une part de notre enfance alors qu’on devrait tous conserver cette faculté, notre âme d’enfant.

« il neige
dans le ciel du mois de juillet
fête des pissenlits »

J’ai eu un gros coup de cœur pour ce collectif. Nul besoin d’être un expert en poésie pour apprécier cet ouvrage très accessible et sensible. On passe un très beau moment de lecture et le thème de l’enfance peut aller chercher un très grand nombre de lecteurs.

Ce livre figurera dans mes meilleures lectures de l’année, assurément. Cette lecture m’a fait énormément de bien et je trouve que le moment est parfait pour un peu de douceur et de poésie. Je vous suggère donc forcément ce livre, pour la beauté des mots et les sentiments que les textes nous inspirent.

En attendant les étoiles, sous la direction de Jimmy Poirier, éditions David, 144 pages, 2019

L’Institut

l'institutAu cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?

L’Institut est un livre que j’avais très hâte de lire. Petit dernier de Stephen King paru en français, la quatrième de couverture compare le roman à Charlie et à Ça. J’écris ce billet « à chaud ». J’ai passé la nuit à lire le roman et j’ai eu de la difficulté à le poser. Si le début met doucement en place l’univers et les personnages, la deuxième moitié du roman est tellement prenante et intrigante qu’il est difficile de lâcher le livre.

En début de roman on retrouve une petite note, juste au-dessus des données de catalogage. Une note qui donne le frisson:

« Selon le Centre national pour les enfants disparus et exploités, environ 800 000 enfants disparaissent chaque année aux États-Unis. La plupart sont retrouvés. Des milliers ne le sont pas. »

Le livre commence par nous parler de Tim Jamieson, débarqué d’un avion en empochant un peu d’argent et qui a atterri dans une ville paumée au fin fond de nulle part. Ancien policier, il décide de prendre du travail – un emploi complètement archaïque – dans cette ville perdue qui semble avoir échappé à toute technologie. On apprend à connaître les habitants de DuPray, la dynamique de la communauté.

« Vous savez cette vie qu’on croit mener, elle n’existe pas. Ce n’est qu’un théâtre d’ombres. Et en ce qui me concerne, je ne serai pas mécontent quand les lumières s’éteindront. Dans l’obscurité, toutes les ombres disparaissent. »

On quitte ensuite DuPray pour faire la connaissance de Luke Ellis et de sa famille. Le garçon est un vrai petit génie, brillant et complet, qui aime autant s’amuser qu’étudier. Il a tout juste douze ans et est déjà accepté dans deux universités. Il est à un tournant de sa vie et s’apprête à faire des choix qui changerons à jamais son parcours, sans se douter qu’autre chose se prépare pour lui. C’est alors qu’il se réveille dans une chambre pareille à la sienne, mais qui n’est pas la sienne.

Bienvenue à L’Institut, un endroit inquiétant où l’on fait la rencontre de plusieurs enfants aux pouvoirs spéciaux. Le roman livre peu à peu ses secrets quant à cet endroit où les dirigeants ont des yeux partout et où tout est contrôlé. Luke tentera de comprendre où il est et ce que les gens de L’Institut font. Cet endroit, imaginé par King, est horrible. Ce qui s’y déroule dépasse l’entendement. La raison d’être de cet endroit est terrifiante, surtout lorsqu’on commence à en comprendre les rouages. À L’Institut, il y a l’Avant et l’Arrière. Il y a des règles rigides et dures, alors que d’autres sont totalement négligées.

« Il ne savait pas si ses secrets pourraient lui être utiles, mais il savait qu’il y avait des fissures dans les murs de ce que Georges avait appelé, fort justement, cet enfer. Et s’il parvenait à utiliser ses secrets – et son intelligence prétendument supérieure – comme on manie un pied-de-biche, il pourrait peut-être élargir une de ces fissures. »

C’est un lieu inhumain, prétexte pour aborder de nombreux thèmes: l’injustice, le pouvoir, les organisations secrètes, les enlèvements, les dons spéciaux et particuliers. La sensibilité des personnages et leurs capacités qui dépassent celles du commun des mortels, sont le thème principal de L’Institut où il est question principalement de télékinésie et de télépathie. Un thème souvent abordé chez King, tout comme le thème de l’enfance. Enfance qui est la plupart du temps volée ou altérée. On parle aussi de ces petites choses que l’on nomme « hasard » et qui nous poussent parfois à accomplir certains gestes, sans trop savoir pourquoi. Une sorte d’impulsion qui met en lumière la complexité du cerveau humain et de ses capacités.

On qualifie bien souvent Stephen King de « maître de l’horreur ». C’est vrai, en un sens, mais ce qualificatif demeure tellement réducteur. King est réellement plus que cela, c’est un grand écrivain, qui puise dans la société et le monde fou dans lequel on vit, matière à écrire des histoires et à nous faire réfléchir. Ici, ce qui est terrifiant, ce ne sont pas les monstres tapis dans l’ombre. Ce n’est pas l’horreur au premier degré. Le monstre, c’est l’humain, dans ce qu’il a de meilleur comme de pire. Surtout de pire.

C’est d’ailleurs ce que j’aime de Stephen King. Il peut écrire toutes sortes de choses – de l’horreur, du fantastique, des thrillers, du policier – mais c’est dans la description des personnages et des événements qu’il réussit à instaurer un sentiment de peur et d’inconfort. Ses bons ne sont pas parfaits et ses méchants, même les pires, ont souvent un petit côté « humain » qui rend le lecteur mal à l’aise. Ils ont des peurs eux aussi, des familles et une vie en dehors de ce qu’ils font. Ici, c’est le cas. On a beau détester de toutes ses forces les méchants de l’histoire, ils sont suffisamment décrits pour prendre corps, pour exister et pour nous permettre une remise en question. C’est troublant pour le lecteur et on retrouve énormément cette façon de fonctionner dans les romans de King. C’est ce qui fait de ses histoires beaucoup plus que de simples histoires d’horreur. Ses livres sont une chronique sur la société, une critique de la noirceur de l’âme humaine et des failles de l’esprit des hommes. C’est donc beaucoup plus effrayant à mon avis que les histoires de monstres cachés sous le lit ou dans les placards.

Chaque fois que je termine un nouveau Stephen King, je me fais la réflexion à quel point c’est fou qu’un auteur réussisse à me troubler autant. Il y a peu d’auteurs qui peuvent me bouleverser de cette façon. King y arrive. Parce qu’il joue avec ce qui est fondamental chez l’humain: la recherche d’une forme de quiétude, le sentiment de sécurité, les souvenirs reliés à l’enfance, la certitude que les choses vont dans le bon sens, alors que finalement, tout peut éclater à chaque instant. Le mal peut se tapir dans l’ombre. Ce que l’on croyait vrai n’existe peut-être pas.

L’Institut est un grand roman, un roman dérangeant. Il nous place face à des gestes qui sont difficiles, incompréhensibles, mais qui cachent quelque chose de si grand que ça en est perturbant. L’auteur crée un bon suspense avec le déroulement des événements à L’Institut et avec le destin du petit Luke Ellis qui nous tient en haleine une bonne partie de l’histoire. Les ramifications qui s’éclaircissent à mesure qu’avance l’intrigue sont incroyables.

« Les petits détails font les grandes histoires. »

Les droits d’adaptation du roman ont déjà été acquis par l’équipe qui a aussi produit la série Mr. Mercedes. L’adaptation devrait être une mini-série et comporter une seule saison. Nous avons encore peu de détails jusqu’à maintenant, mais je suis impatiente de découvrir cette histoire à l’écran. Visuellement, il y a quelque chose de très fort à faire avec l’histoire de L’Institut.

En attendant, je vous invite bien sûr à découvrir cette histoire puissante et à faire connaissance avec Luke Ellis. Un roman – et des personnages – difficiles à oublier.

L’Institut, Stephen King, éditions Albin Michel, 608 pages, 2020

Couleur de l’âme

Couleur de l'âmeQuand la mort côtoie l’enfance qui nous traverse d’un bout à l’autre, à quoi assistons-nous? Voici des miracles ordinaires, des vertiges, des bonheurs fugaces qui réclament une parole. Voici l’aube fabuleuse, et une jeunesse qui ne cesse de fleurir, là même où on ne l’espérait plus. C’est un regard sur le petit, l’humble. L’imparfait. L’éphémère. Pour en faire valoir la lumière et la beauté. Et c’est aussi un défi stylistique : écrire de la poésie sans dire « je ». Ni « tu » d’ailleurs. Fine et épurée, l’écriture nous transporte autant qu’elle nous rive à nos racines les plus sourdes, à la terre / tendue de beauté. 

Couleur de l’âme est une poésie d’une grande beauté. Déjà, le titre est magnifique. La narration pose un regard extérieur sur ce qui est vécu, sans pour autant être détaché. Le regard du poète est juste.

L’auteur se met en quelque sorte dans la peau de l’enfance et nous exprime, à travers sa poésie, ce que peuvent vivre les enfants. Il nous renvoie à notre propre histoire. Les grands drames, les petites peurs, la tristesse et les difficultés, mais aussi le bonheur et la liberté. Certains passages, même si l’auteur ne l’évoque pas réellement, m’ont rappelé le vécu des enfants qui vivent dans un pays en guerre. Ce peut être aussi perçu comme les petites guerres de l’enfance, le choc des émotions vécues, l’absence d’un parent, les difficultés d’apprentissage, l’identité. L’espoir également, comme un regard tourné vers le ciel et qui mène à une forme de liberté.

Le sujet n’est pas toujours joyeux et pourtant, la poésie de Mario Cyr est lumineuse, pleine d’espoir et de beauté. Ses mots réussissent à transmettre une belle gamme d’émotions dont la lecture est un magnifique moment. Dans le désespoir ou l’insomnie d’une enfance douloureuse qui refuse de croire au futur, les couleurs et les images de Mario Cyr mettent de la lumière sur le chagrin.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil, dont les poèmes sont très imagés. Je l’avoue, j’aurais bien aimé avoir quelques pages de plus à lire. La lecture coule doucement, on se laisse bercer par les mots de l’auteur. Le texte, même s’il s’intéresse principalement aux blessures et aux bonheurs de l’enfance, utilise un large éventail d’images pour nous transmettre sa poésie.

Le recueil se lit facilement. La compréhension de la poésie est simple à apprécier, qu’on soit un lecteur habitué à la poésie ou qu’on aborde ce style littéraire pour la première fois. C’est donc un livre très accessible et vraiment agréable à lire.

« chaque matin chaque soir
refermer les bras sur du vide

le joyau bleu du ciel les avions
rangs et cantons
un cargo juste là des chagrins épelés
les robes de satin »

Pour moi il s’agit d’une première rencontre avec la plume de Mario Cyr et c’est un auteur que je relirai éventuellement. Couleur de l’âme est une très belle poésie que je ne peux que vous conseiller. Pour moi, ce fut un très beau moment de lecture.

Couleur de l’âme, Mario Cyr, Annika Parance éditeur, 72 pages, 2019

Le concile des arbres

concile des arbresDans un XIXe siècle improbable, baigné d’une ambiance Nouvelle-Angleterre à la Sleepy Hollow, deux enquêteurs spécialisés dans le paranormal tentent de comprendre pourquoi, dans un hôpital perdu en pleine forêt, des enfants disparaissent. Ils découvrent que, non loin de cette vieille bâtisse, il y a des siècles de cela, un massacre aurait eu lieu. Ces étranges disparitions seraient liées à ce lieu sacré et maudit…

L’histoire du Concile des arbres est intrigante à souhait. C’est le résumé qui m’a donné envie de la lire. J’aime ce qui est mystérieux et inquiétant. Ici, chaque nuit, des enfants soignés dans un hôpital gothique, se lèvent de leurs lits et grimpent sur le toit. Ils semblent en proie à une étrange transe et on les dirait possédés. Ils fredonnent une mélopée incompréhensible. Chaque nuit, tout le personnel de l’hôpital s’agite. Si certains tentent de prendre soin des petits, d’autres souhaitent faire avancer leur carrière en étudiant d’un point de vue scientifique cet étrange phénomène.

Un couple improbable d’enquêteurs est chargé de trouver ce qui se passe entre les murs de l’hôpital royal pour femmes et enfants. La dynamique entre ces deux personnages est très particulière et la petite histoire entre eux plutôt convenue. J’avoue qu’ils m’ont peu intéressée et que j’étais plutôt intriguée par ce qui semble posséder les enfants. Les enquêteurs tentent d’approcher l’hôpital et de mener leur enquête, mais on leur place constamment des bâtons dans les roues. Ils devront s’imposer pour réussir à soutirer à l’étrange personnel des lieux, quelques réponses…

Cette histoire est à la fois une enquête policière, une histoire fantastique qui puise dans les récits des Druides et qui commence dans une clairière entourée d’arbres où arrivent d’étranges disparitions…

J’ai passé un assez bon moment avec cette bande dessinée qui, sans réinventer le genre, est assez intéressante. Suffisamment prenante pour qu’on veuille connaître la fin. J’ai été cependant moins sensible aux dessins. Je trouve les expressions des personnages trop caricaturales. J’aurais préféré, vu le type d’histoire, quelque chose d’un peu plus brumeux. Question de goût!

Le concile des arbres n’est pas une histoire inoubliable, mais c’est un one-shot tout de même agréable à lire s’il vous tombe entre les mains.

Le concile des arbres, Bara & Pierre Boisserie, éditions Dargaud, 64 pages, 2016