Hel

Victor, un professeur retraité et misanthrope, est emporté par Hel, une adolescente passeuse d’âmes, dans l’autre monde. Perdus dans les limbes, le vieil homme et la jeune fille devront s’apprivoiser pour faire face aux multiples dangers qui les guettent et rejoindre Lethe, la cité de l’oubli.

Hel est une bande dessinée que nous avions envie de lire tous les deux. Nous avons donc choisi d’en faire une lecture commune et de la lire pratiquement en même temps. Ainsi, nous pourrions échanger sur nos avis… qui se ressemblent d’ailleurs énormément. Pas étonnant, puisque cette histoire nous attirait beaucoup.

Ce que l’on retient essentiellement de cette lecture, c’est principalement l’ambiance particulière de la bande dessinée. Cette histoire en est une d’atmosphère. On a l’impression d’entrer dans un autre univers.

Hel est une bande dessinée fantastique, mais c’est aussi une histoire qui prend la forme d’une leçon de vie. Elle raconte l’histoire de Victor, un homme colérique qui vit comme un reclus. C’est un vieux professeur malcommode qui vit dans une maison de retraite. Malheureusement pour lui, il préfèrerait qu’on le laisse en paix, ce qui n’est pas le cas. Il aspire au silence pour écrire, déteste les autres pensionnaires, n’aime ni les jeunes, ni les vieux, ni les oiseaux. C’est alors qu’il fait la rencontre inattendue d’une passeuse d’âmes, Hel.

Elle lui apparaît soudainement et lui ordonne de la suivre: elle doit le conduire dans les limbes. Victor a une opinion bien tranchée et pleine de préjugés sur les gens qui l’entourent. Comme si tout le monde était sans intérêt à ses yeux. Il découvrira qu’il fait fausse route grâce à Hel qui finira par l’apprivoiser. Victor devra apprendre à connaître Hel, à lui faire confiance et à faire face à toutes sortes de dangers dans un monde inconnu.

« Vous avez croisé la route de mangeurs d’âmes, si je ne vous avais pas retrouvé à temps ces créatures auraient dévoré tout ce qui fait de vous ce que vous êtes… votre caractère, vos souvenirs, vos peurs, vos désirs, tout. Elles n’auraient laissé que de vagues restes dépourvus de sens. »

Malgré le sujet qui peut paraître sombre, c’est une jolie histoire qui nous a plu à tous les deux. On découvre qu’Hel aime les livres et comme lecteur c’est toujours réjouissant de croiser un personnage qui partage la même passion que nous. Victor est un ancien professeur qui aime également les bibliothèques et la lecture. Les deux réalisent qu’ils ont quelques points en commun dont l’amour des livres. Les archives de la cité, où aime se réfugier Hel, font d’ailleurs rêver!

Guy souligne les dessins vraiment très beaux, les couleurs noires et bleues qui sont très représentatives de l’atmosphère fantastique de cette bd qui nous conduit dans les limbes. Geneviève a beaucoup aimé l’ambiance onirique dans laquelle baigne l’histoire, qui rappelle Poe, Lovecraft et d’autres auteurs fantastiques.

L’histoire est captivante parce que l’univers dans lequel Hel nous entraîne est une représentation intéressante de « l’autre monde », la Cité de l’oubli.  C’est une bd sur la vie et le fait de saisir toutes les occasions de vivre pleinement. C’est aussi une histoire sur la mort, ainsi que sur les liens improbables entre deux personnages que tout semble opposer. 

Guy vous la recommande et Geneviève considère que c’est une très belle découverte!

Hel, Philippe Scherding, éditions Michel Lafon, 84 pages, 2022

Car l’adieu, c’est la nuit

«Celle qui a tant écrit sur l’adieu a dit adieu au monde il y a cent vingt ans, léguant à d’hypothétiques lecteurs, tandis qu’une mouche venue de ses propres poèmes cognait contre la vitre de sa chambre, « la part d’elle transmissible » : une longue lettre sans signature, composée de centaines de feuillets déposés dans un coffret au fond d’un tiroir de commode. Un tendre et solennel héritage à partager. Une énigme à résoudre par les générations à venir. Ce mode de transmission suffit à lui seul à distinguer Emily Dickinson des autres poètes, et même d’un Pessoa qui a laissé la plus grande partie de ses œuvres à la postérité dans des circonstances un peu analogues. Le poète portugais jouissait de son vivant d’une certaine notoriété. Emily Dickinson, tout entière réfugiée dans ses écrits, n’en avait pour ainsi dire aucune. Elle livrait avec une rare confiance ce qu’elle avait de plus cher aux mains « aveugles » des générations futures.» Claire Malroux.

C’est à l’adolescence que j’ai découvert la poésie d’Emily Dickinson. J’avais lu plusieurs poèmes choisis. Elle est toujours demeurée dans un coin de ma tête. Puis j’ai découvert Les villes de papier et Les ombres blanches de Dominique Fortier, j’ai lu La dame blanche de Christian Bobin, de nombreuses lettres, articles et textes autour d’Emily et de sa poésie. J’ai feuilleté avec plaisir son herbier et regardé la série Dickinson de Alena Smith. Il me reste encore beaucoup de choses à lire et à découvrir encore, mais entre toutes ces belles découvertes, un recueil d’Emily Dickinson m’a accompagné pendant de longues semaines: Car l’adieu, c’est la nuit. Après avoir lu des poèmes épars pendant des années, il était grand temps que je me plonge réellement dans ses poèmes, d’une façon un peu plus structurée.

Mon premier constat: Dickinson est toujours étonnante. Sa poésie devait vraiment détonner à son époque. Elle innove assurément dans le conservatisme littéraire de la société dans laquelle elle évoluait. La poésie est toujours un genre très subjectif et j’adore certains poèmes, alors que d’autres un peu moins. La beauté de cet ouvrage c’est que de nombreuses notes de la traductrice accompagnent la poésie d’Emily. Elles sont très utiles, mais surtout, elles éclairent énormément le contexte d’écriture des poèmes. C’est vraiment intéressant. 

L’ouvrage est divisé en quatre grandes périodes qui regroupent chacune de nombreux poèmes: les cahiers, les liasses, les poèmes épars et les poèmes non datés. Lire Dickinson aujourd’hui c’est plonger dans une poésie particulière, dont un tiers des poèmes, quand même, parlent de la mort. Il y est aussi question de relation amoureuse et énormément de la nature. La religion n’est jamais loin non plus. Elle est présente dans les poèmes, mais on la sent encore plus si on s’intéresse à sa correspondance.

« L’Eau, s’apprend par la soif.
La Terre – par les Mers franchies.
L’Extase – par les affres – 
La Paix, par le récit de ses combats – 
L’Amour, par l’effigie –
L’Oiseau, par la neige.

Dickinson était une auteure très particulière dont les poèmes le sont aussi. Certains véhiculent des images très fortes, d’autres sont un peu plus le reflet de son époque. Certains poèmes sont de vrais petits bijoux tellement bien trouvés qu’ils coupent un peu le souffle, alors que d’autres sont beaucoup plus hermétiques, voire ne m’ont pas intéressée du tout. Sa production est, à mon avis de lectrice, assez inégale. Intéressante, assurément, mais les poèmes n’ont pas tous la même portée. Il faut aussi les remettre dans leur contexte et pour cela, les notes aident énormément.

J’ai appris une foule de choses sur la poésie d’Emily Dickinson. Par exemple, son premier poème connu a été écrit pour la Saint-Valentin, en 1850. Elle a écrit de nombreux poèmes qui ont été remaniés. Certains ont été envoyés à ses proches avec des changements par rapport aux versions originales. Elle a aussi écrit un poème assez surprenant où elle met en scène… sa propre mort! 

Pour quelqu’un qui a envie de comprendre un peu plus les textes et l’univers de Dickinson, ce recueil est très riche puisqu’il permet d’aller bien au-delà de la poésie. Il permet d’appréhender le travail de Dickinson dans son contexte d’écriture et il permet aussi de comprendre le milieu de vie d’Emily, le monde littéraire et les premières publications de ses poèmes. Les notes sont donc un ajout passionnant. À noter aussi que cette édition est bilingue. La page de gauche est en anglais et celle de droite, en français.

Une lecture assurément intéressante pour tenter de saisir un peu plus Emily, qui me donne envie de poursuivre mon exploration de son œuvre, de sa vie, à travers les livres, films, romans et séries qui s’en sont inspirés ou qui ont tenté d’adapter sa vie et ses écrits. Encore de beaux moments à venir! 

Car l’adieu, c’est la nuit, Emily Dickinson, éditions Gallimard, 448 pages, 2007

La Baleine bibliothèque

Quelque part entre les eaux du roman graphique et celles du livre jeunesse, Zidrou et Judith Vanistendael nous entraînent dans le ventre d’une baleine qui abrite une bibliothèque. Et nous narrent sa rencontre avec un postier maritime qui aime les histoires qui finissent bien. Une ode à la lecture sensible et poétique qui nous raconte la vie, la mort et l’éternité. Et touchera tous les amoureux des belles lettres. Lesquelles finissent toujours par arriver à bon port.

J’ai découvert ce livre par hasard. Naturellement, c’est le titre qui m’a attirée. Difficile de passer à côté d’un livre qui parle de bibliothèque et de baleine. Le titre et les illustrations avaient tout pour me séduire et j’ai tellement adoré cette lecture que je ne peux que vous la conseiller!

Le narrateur est facteur auprès de la poste maritime. Il doit laisser son amoureuse, enceinte, quand il part au large pour travailler. Leurs retrouvailles sont toujours de tendres moments, plein de douceur et d’amour. Alors qu’il est en mer, le narrateur rencontre par accident une baleine avec qui il se lie d’amitié. Elle cache un trésor en elle: une immense bibliothèque. Elle lui offre alors de lui prêter un livre, puis un autre…

J’ai adoré cet ouvrage, entre le roman graphique, l’album et la bd. C’est un livre que je vais conserver précieusement et relire à l’occasion. Les illustrations à l’aquarelle et aux crayons de couleur sont magnifiques, vivantes et elles transmettent une foule d’émotions.

« On apprend à raconter des histoires comme on apprend à nager. Pour ne pas se noyer. »

C’est un livre pour les adultes, avec un format qu’on aimait enfant. J’adore quand on nous offre un livre qui n’entre pas dans les cases. Malgré le format, je suggère cette lecture plus pour les adultes et les ados. Ce n’est pas un album pour les petits.

La baleine bibliothèque est un très beau livre qui se lit comme un conte, qui parle de l’amour, de la vie, de la mort aussi puisque ça fait partie de notre existence. C’est un livre qui parle des histoires que l’on raconte et qu’on lit, mais surtout de la beauté de les transmettre. Une histoire sur les bibliothèques, leurs richesses et surtout des livres qu’on se doit, comme lecteurs, de partager et de faire découvrir autour de nous.

« Pour une lettre, partir n’est rien. Pour un homme, partir est tout. »

Une lecture vraiment belle et touchante. Un petit bijou!

La Baleine bibliothèque, Judith Vanistendael & Zidrou, éditions Le Lombard, 80 pages, 2021

Sukkwan Island

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. Mais la rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

Lors de sa sortie, Sukkwan Island a fait beaucoup de bruit. Je ne me sentais pas prête à le lire tout de suite même s’il est dans ma pile à lire depuis longtemps. J’ai donc attendu. C’est le second roman que je lis de David Vann, le premier était Aquarium et ça avait été un vrai coup de poing. Vann a le don de créer des événement,s qui surviennent dans le quotidien de ses personnages, et qui ont le pouvoir dévastateur d’une tornade. 

Sukkwan Island est divisé en deux parties. La première partie raconte l’installation d’un père et son fils sur une île sauvage d’Alaska loin de tout. Jim décide d’amener son fils de treize ans, Roy, vivre une année en marge du monde dans une cabane pour apprendre une vie différente. La nature sauvage dans sa plus grande splendeur et une aventure à vivre pour tous les deux. Mais Jim est mal organisé, Roy le réalise assez vite. Surtout que le temps change, que l’hiver arrivera. Jim improvise, il ne respecte pas ce qu’il avait convenu avant le départ. Il avait promit à la mère de Roy de revenir pour des vacances sur le continent et un retour à la civilisation quelques fois pendant l’année. Il avait aussi assuré qu’il ferait l’école à distance pour son fils. On réalise rapidement – et en même temps que Roy – que Jim ne sais pas vraiment comment se débrouiller, qu’il n’a pas d’organisation. Il est instable et il fait des fixations sur certaines choses. Son comportement est souvent imprévisible. Jusqu’à ce qu’un drame terrible survienne. On sait que quelque chose va arriver, c’est inévitable tant on sent que le monde bascule tranquillement au fil des pages. L’atmosphère change. On se sent un peu oppressé. Puis, de plus en plus. Mais la surprise est si forte qu’on reçoit ces quelques mots qui racontent le drame, au milieu du roman, comme une claque.

La seconde partie nous raconte la vie après ce drame. Jim est un personnage troublant, difficile à aimer, dur, malade, souffrant lui-même aussi sans doute. Il est confus et particulièrement marquant. Il se déresponsabilise, idéalise les choses, gère sa vie sur les lubies qui lui passent par la tête et échoue à peu près tout ce qu’il fait. Son personnage de père complètement démuni et perturbant est aussi fort – quoique bien différent – que le personnage de la mère dans Aquarium

« Il s’asseyait sous les arbres à une centaine de pas de là et se demandait comment il pourrait raconter tout cela. Il n’était pas sûr que son histoire soit compréhensible. Chaque événement rendait le suivant inévitable, mais l’ensemble ne faisait pas bonne impression. »

En plus du drame, ce roman aborde beaucoup de thèmes chers à l’auteur. Il parle de la relation père/fils, de la difficulté pour un enfant d’avoir un parent malade, irresponsable et perturbé. Mais le livre parle aussi d’un des grands combats de David Vann, la banalisation des armes à feu. Sukkwan Island est aussi un livre de nature writing qui nous raconte la vie loin de tout, la survie au quotidien, pour des gens mal équipés et mal préparés. Une nature magnifiquement cruelle.

Sukkwan Island est assurément un livre qu’on ne peut oublier. On vit une foule d’émotions en le lisant. C’est un roman qui porte à la réflexion et auquel on ne peut s’empêcher de penser après avoir tourné la dernière page… 

Sukkwan Island, David Vann, éditions Gallmeister, 208 pages, 2011

Illusion de lumière

Quand il se réalise, le rêve d’une vie peut virer au cauchemar. Lors du vernissage de sa première exposition au Musée d’art contemporain de Montréal, un mauvais pressentiment hante Clara Morrow. De fait, le lendemain de la fête à Three Pines, une femme est trouvée la nuque brisée au milieu des fleurs de son jardin. Qui était cette invitée que personne ne reconnaît ? Peu à peu, le tableau du crime prend forme et l’inspecteur-chef Armand Gamache apprend que dans le monde de l’art chaque sourire dissimule une moquerie, chaque gentillesse cache un cœur brisé. Dans cette affaire, la vérité est déformée par un jeu d’ombre et de lumière qui crée l’illusion.

Illusion de lumière était le livre du mois de mars pour Un Penny par mois. Dans cette nouvelle enquête d’Armand Gamache, Clara vit son rêve: le vernissage de sa première exposition au Musée d’art contemporain de Montréal. Après l’événement, une fête est organisée chez elle, à Three Pines, pour célébrer. Voilà qu’au petit matin, alors que Clara s’installe tranquillement dans son jardin, on y découvre le cadavre d’une femme, la nuque brisée dans un parterre de fleurs. Personne ne la reconnaît. Le monde de l’art est petit et fermé, c’est un monde de requins, difficile à cerner pour les enquêteurs. Qui a bien pu tuer cette femme?

« L’art effrayait Beauvoir. Mais vous pouviez accrocher un cadavre au mur, et il se sentait parfaitement bien. Ou, comme dans le cas présent, en laisser tomber un dans un jardin. Ça, il comprenait. C’était simple. Toujours si simple. »

J’ai bien aimé la lecture de cette septième enquête, même s’il est difficile de rivaliser avec Révélation brutale et Enterrez vos morts lus précédemment. Je trouve cependant l’élaboration des personnages, qu’ils soient récurrents ou secondaires, vraiment intéressante dans ce livre. Je pense à Clara et Peter, dont la relation se complique, à ce que vit Beauvoir ou même au groupe des Alcooliques Anonymes. Les précédents événements des autres romans ont laissé des traces dans l’entourage de Gamache. Il est touchant de retrouver Beauvoir et Olivier, avec les blessures de ce qu’ils ont traversé. Comme toujours l’analyse psychologique est finement menée et les dialogue sont remplis d’humour. Gabri et Ruth sont toujours là pour nous faire sourire.

« En regardant par la fenêtre de la librairie, Myrna vit Ruth bombarder des oiseaux avec de gros croûtons de pain. Sur le sommet de la colline, elle vit Dominique Gilbert se diriger vers son écurie, montée sur une bête qui ressemblait à un orignal. Sur la terrasse devant le bistro, Gabri, assis à une table, était en train de manger le dessert de la cliente. Three Pines apparut à Myrna – non pour la première fois – comme l’équivalent d’une société protectrice des animaux. Le village accueillait les être blessés, non désirés. Les fous, les amochés. »

Illusion de lumière tente de décortiquer le monde de l’art et ses acteurs: artistes, galeriste, critiques, pour décaper le vernis des apparences et creuser dans les secrets enfouis profondément. Comme à son habitude, Louise Penny réussit avec brio à cerner le caractère particulier de l’humain, ses forces, ses faiblesses et sa volonté de continuer à avancer même quand tout s’écroule. Il y a de beaux portraits de personnages qui vont dans ce sens et qui sont surprenants. 

L’intrigue mêle également le thème de la dépendance, dans ce cas-ci l’alcoolisme, et des deuxièmes chances qui nous sont accordées. Un thème touchant, très bien abordé par Louise Penny. On retrouve d’ailleurs cette thématique sous-jacente dans plusieurs romans: l’idée de gens en train de se noyer qui, parfois, s’en sortent. 

Une histoire d’ombres et de lumière. Une bonne lecture!

Illusion de lumière, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 448 pages, 2013