Vivre sans argent: les premiers pas vers l’autosuffisance

Vivre sans argent ? C’est possible ! Si vous avez le sentiment de passer votre vie à travailler pour gagner un salaire que vos factures et vos dépenses mensuelles font fondre comme neige au soleil, alors vous n’êtes pas les seuls ! C’est ce que ressentait Björn Duval qui voyait, année après année, son niveau de vie diminuer tandis que son salaire restait le même. En 2010, Björn décide de changer de mode de vie et d’apprendre à se passer d’argent pour assurer ses besoins vitaux.

J’ai toujours beaucoup d’intérêt pour les ouvrages sur l’autosuffisance et l’autarcie, qu’ils soient conçus sous forme de guide ou de récit biographique. Je trouve intéressant de voir le parcours de gens qui ont décidé de vivre autrement et de faire différemment de la société en général. À plus petite échelle et à notre façon (nous n’avons pas encore d’élevage et on mise beaucoup sur le jardinage) c’est un peu ce que l’on tente de faire aussi, chez nous. Choisir un autre mode de vie. Quand on a connu l’éternel adage métro-boulot-dodo et que ça ne nous correspond pas, on cherche forcément de nouvelles façons de vivre. 

« La permaculture vise à construire des systèmes de production alimentaire centrés autour de points d’activités où l’on passe du temps régulièrement, comme cette table sur laquelle une partie du présent ouvrage a été écrite. »

Dans cet ouvrage, l’auteur qui est le fondateur d’une chaîne Youtube consacrée à l’autosuffisance, nous parle de son expérience en la matière et de ses premiers pas dans le domaine de l’autosuffisance. Avant de lire cet ouvrage, je ne connaissais pas l’auteur ni sa chaîne. Par contre, être plus autonome et autosuffisant est quelque chose qui nous parle beaucoup à la maison. Ce sont des compétences que l’on tente de développer le plus possible. J’étais donc très curieuse de découvrir cet ouvrage.

C’est principalement la philosophie derrière ce livre qui m’a plu. Vivre sans argent et en autonomie, ça ne veut pas dire de laisser tomber son emploi et de vivre en pleine forêt sans rien du tout. C’est même assez difficile de mettre ça en pratique du jour au lendemain, dans la société où nous vivons. En fait, l’idée ici est d’acquérir différents niveaux d’autonomie, pour dépenser moins. Et ça, c’est vraiment intéressant. C’est un mode de pensée qui trouve écho chez nous.

« La première chose que vous avez à faire pour vous lancer, c’est commencer à apprendre tout ce que vous ignorez. »

L’auteur dans son livre aborde une foule d’aspects allant du choix du terrain et du bâtiment, jusqu’à l’autonomie en eau et en électricité, en passant par la culture, l’élevage et la plantation d’arbres. Il y a aussi des trucs pratiques de toutes sortes, pour la vie quotidienne. L’auteur partage son expérience personnelle et sa philosophie de vie, que je trouve intéressante. Devenir autonome est aussi une belle façon d’être moins dépendant des autres et des événements. 

Ce qu’il faut savoir avec ce livre c’est qu’il s’agit d’un ouvrage européen. Donc certaines choses ne correspondent pas vraiment à notre réalité. Comme par exemple, les moyens de chauffage qui sont différents de ce que l’on connaît ici ou alors le zonage des terrains. Il y a aussi des choses moins adaptables chez nous, à cause du climat. Ça reste un gros défi de se loger dans une tente à l’année ou de cultiver la terre (à moins d’avoir une serre chauffée et isolée, donc forcément coûteuse) avec les températures de -30°c que nous connaissons chez nous en hiver. On peut donc adapter à notre façon et à notre région, les idées de cet ouvrage.

N’empêche que ce livre m’a plu, pour son approche assez simple de la vie en autosuffisance et pour le mode de pensée de son auteur. C’est inspirant! Ça nous donne envie d’expérimenter de nouvelles choses et de réfléchir à notre mode de vie et à ce que l’on peut, et l’on veut, améliorer pour être plus autonome et autosuffisant. 

Vivre sans argent: les premiers pas vers l’autosuffisance, Björn Duval, éditions Albin Michel, 240 pages, 2022

L’Autre esclavage

En 1542, soit un demi-siècle après le premier voyage de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde, les monarques ibériques interdirent l’esclavage des Indiens aux Amériques, du littoral oriental des Etats-Unis jusqu’à la pointe de l’Amérique du Sud. Pourtant, comme le révèle ici l’historien Andrés Reséndez, il a perduré pendant des siècles sur tout le continent. Des centaines de milliers d’autochtones ont ainsi été victimes de kidnapping et d’asservissement brutal, envoyés dans l’enfer des mines d’or ou livrés aux pionniers en tant qu’esclaves, y compris aux Etats-Unis, jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle. Cet esclavage de masse a décimé les populations amérindiennes aussi sûrement que les maladies apportées et transmises par les Européens : à travers des documents inédits, ce récit terrible et passionnant en apporte la preuve. Alors que de nombreux pays, et les Etats-Unis en particulier, sont aux prises avec l’héritage du passé, Andrés Reséndez dévoile un chapitre essentiel d’une histoire douloureuse à laquelle il est plus que jamais nécessaire de se confronter.

Sous-titré La véritable histoire de l’asservissement des indiens aux AmériquesL’autre esclavage est un ouvrage vraiment pertinent et intéressant qui nous ouvre les yeux sur la colonisation et nous permet de mieux comprendre « l’autre esclavage »: celle des peuples autochtones et aborigènes. L’auteur trace le portrait de cette facette peu glorieuse de l’histoire en partant des Caraïbes jusqu’au Mexique, avant de poursuivre vers les États-Unis. 

Ce livre parle de l’asservissement des peuples autochtones et la façon dont cette forme d’esclavage a pu perdurer pendant aussi longtemps. Cet ouvrage complexe amène définitivement une autre lumière sur ce qu’a pu être la relation entre les Blancs et les autochtones. On perçoit un changement de mode de vie des autochtones lors de l’arrivée des hommes blancs. Le troc était bien souvent utilisé au détriment des peuples aborigènes et autochtones, puis était une belle occasion utilisée pour les exploiteurs de les asservir.

Officiellement interdite, mais facilement contournable à cause de lois beaucoup trop faibles, l’esclavage des peuples autochtones était la plupart du temps celle de femmes et d’enfants. Les hommes étaient alors tout simplement supprimés. Les esclaves vivaient dans des conditions inhumaines: enchaînés, violés, exploités jusqu’à la mort. L’auteur parle des tactiques utilisées pour asservir et éliminer des clans. Le travail des autochtones et des aborigènes se déroulait dans des conditions impossibles, dans les champs, les mines, les forges, enfermés jusqu’à ce qu’ils développent de gros problèmes de santé. On déplaçait les peuples sur de grandes distances pour les rendre « plus dociles » et on exploitait les esclaves comme des bêtes, souvent jusqu’à la mort. Une pratique qui a perduré jusque dans les années 1960.

« À Parral, comme dans nombre d’autres mines d’argent du Mexique, c’était les Indiens et les esclaves noirs qui remontaient le minerai à la surface. Charriant des sacs en cuir remplis de pierres, ils devaient ramper dans des passages bas de plafond et grimper en posant le pied sur des « échelles de poulailler » en rondins de pin. Comme les mains du portefaix étaient occupées à s’accrocher à l’échelle, son lourd fardeau – qui pouvait peser entre cent et cent soixante kilos – reposait sur son dis tout en se balançant périlleusement au bout de la sangle qui lui enserrait le front. Les porteurs de minerai étaient communément nommés tenateros, terme dérivé du mot nahuatl tenatl, qui désigne un sac en fibres ou en cuir. Inutile de préciser que le risque de glissade ou de chute était omniprésent. »

L’esclavage que nous connaissons est essentiellement celle des Noirs, qui a été documentée et qui était enregistrée. Celle des autochtones était interdite sur le papier, mais perpétrée assez facilement par ceux qui souhaitaient s’approprier ces peuples et les soumettre à l’esclavage, de là le titre de l’ouvrage « l’autre esclavage ». La cour n’offrait aucun statut aux autochtones, qu’on pouvait facilement accuser de toutes sortes de méfaits et donc, exploiter sans vergogne. Le livre aborde aussi brièvement l’asservissement d’autres peuples: les aborigènes d’Australie, des Philippines, de Chine, amenés en Amérique du Nord où ils subissaient le même traitement que les autochtones. 

Le livre contient plusieurs photos et des dessins qui illustrent le propos de l’auteur. Il contient aussi des cartes utilisées pour expliquer les mouvements entre les pays concernant l’esclavage. Même si le sujet est difficile, j’ai beaucoup apprécié cet essai puisqu’il nous dévoile une facette inconnue et un autre visage de l’asservissement des peuples. Il apporte une lumière différente sur l’esclavage et sur ceux qui ont été exploités. L’auteur a effectué un très grand travail de recherche. Son livre est très riche en informations et particulièrement bien documenté. J’ai pris un moment à le lire, parce que le sujet est complexe et que je trouve important de prendre le temps qu’il faut pour mieux comprendre ce que ces peuples autochtones ont vécu.

L’humain a toujours eu l’envie de posséder des richesses, d’avoir le pouvoir sur les gens, d’exploiter ce qu’il peut utiliser à son avantage. On apprend aussi comment la religion pouvait, d’une certaine façon, donner raison aux esclavagistes qui recevaient une forme « d’approbation » de certaines parties de la population. Les peuples autochtones et aborigènes étaient souvent dénigrés, perçus comme inférieurs, alors les Blancs se donnaient le « droit » de les exploiter et de s’approprier le territoire et les richesses au détriment des gens qui étaient déjà en place. Les esclaves étaient aussi amenés comme présent à la royauté de la plupart des pays qui pratiquaient l’esclavage.

« Mais le plus alarmant était la capacité des missionnaires à torturer et à tuer au nom de Dieu. Le pire de ces bourreaux était le bien nommé Salvador de Guerra, qui terrorisa les villages hopis au cours des années 1650. Comme tous les religieux qui travaillaient dans un isolement presque total, il vivait avec une concubine, malgré son vœu de chasteté. Il contraignait aussi les Indiens à tisser des mantas en coton, imposant des quotas de production à atteindre sous peine de punition. Et pour ce qui était de combattre le Diable, le frère Guerra n’avait pas son pareil: non content de frapper les indigènes qu’il soupçonnait d’idolâtrie et de sorcellerie, il les arrosait ensuite de térébenthine avant de leur mettre le feu. »

Si le sujet vous intéresse, c’est assurément un livre que je vous conseille puisqu’il présente une facette de l’esclavage qu’on connaît peu. C’est un livre essentiel et très bien documenté. Il n’est pas exhaustif, l’auteur le dit lui-même, il faudrait des tomes et des tomes pour traiter complètement ce sujet. Mais cet ouvrage aborde une histoire qui a été bien souvent passée sous silence.

Une lecture à la fois instructive, intéressante, troublante et pertinente. À lire!

L’Autre esclavage, Andrés Reséndez, éditions Albin Michel, 544 pages, 2021

Mile 81

Pete Simmons, dix ans, décide de partir explorer l’aire de repos désaffectée du mile 81 quand son frère, chargé de le surveiller, part jouer avec des copains. Sur place, rien de bien intéressant pour un garçon de son âge, à l’exception de quelques vieux magazines et de cette étrange voiture garée-là…

Mile 81 de Stephen King est une autre excellente novella publiée dans la collection Wiz. Ce texte est d’abord paru dans le recueil Le bazar des mauvais rêves.

Pete a dix ans. Il a un grand frère qui préfère jouer avec ses copains plutôt que de trimballer son petit frère toute la journée. Leurs parents sont absents. Pete se retrouve donc seul, il s’ennuie mortellement et décide d’aller explorer l’aire de repos désaffectée du mile 81. Les endroits abandonnés sont toujours attirants et partir en exploration quand on a dix ans c’est très excitant. Pete le vit un comme nouveau défi et un pied de nez au rejet de son frère.

« Mais pouvait-on parler d’effraction s’il trouvait une porte ouverte ou une planche déclouée sur l’une des fenêtres? Au fond de son cœur, il savait que oui, mais il se disait que sans la partie effraction, l’entrée n’entraînerait pas la prison. Et puis après, est-ce que ce n’était pas précisément pour prendre un risque qu’il était venu ici? »

Il y fait quelques nouvelles expériences, ce qui était un peu le but en s’aventurant en terrain inconnu. Alors qu’il s’y attend le moins, il entend un cri perçant et aperçoit cette étrange voiture garée tout près…

Ce qui est intéressant avec cette longue nouvelle, c’est que chaque chapitre est consacré à un nouveau personnage. L’auteur y note aussi son moyen de transport puisque les voitures ont une grande importance dans cette histoire. Surtout une en particulier. On découvre de nouveaux personnages sans trop savoir où l’auteur nous mène, jusqu’à ce que tout se recoupe. L’histoire s’avère en fait être profondément terrifiante.

La fin est un peu abrupte. J’aurais aimé en savoir plus, forcément, avec une histoire pareille. Mais ça laisse libre cours à l’extrapolation et ce n’est pas plus mal. Je trouve que l’horreur est bien amenée dans cette histoire et le contexte (la route, les voitures, mais surtout une aire de repos abandonnée) sont propices à toutes sortes de situations et de choses inquiétantes. J’ai toujours aimé les aires de repos justement parce que ce sont des endroits vraiment particuliers pour quiconque a un peu d’imagination… et je n’en manque clairement pas!  King explique d’ailleurs en début de volume de quelle façon l’inspiration lui est venue pour cette histoire. J’aime toujours beaucoup quand il raconte son processus d’écriture au début de ses livres. Ça apporte un regard différent sur l’histoire.

J’ai donc beaucoup aimé cette nouvelle. Il est certain qu’après avoir lu Mile 81, on voit d’un autre œil les voitures arrêtées en bordure d’une aire de repos… surtout si, en plus, elle est désaffectée. Une histoire qui donne le frisson!

Mile 81, Stephen King, éditions Albin Michel, 144 pages, 2022

Devenir quelqu’un

À vingt et un ans, Horace Hopper ne connaît du monde et de la vie que le ranch du Nevada où il travaille pour les Reese, un couple âgé devenu une famille de substitution pour lui. Abandonné très tôt par ses parents, il se sent écartelé entre ses origines indiennes et blanches. Secrètement passionné de boxe, Horace se rêve en champion, sous le nom d’Hector Hidalgo, puisque tout le monde le prend pour un Mexicain… Du jour au lendemain, il largue les amarres et prend la direction du sud, vers sa terre promise. Saura-t-il faire face à la solitude du ring et au cynisme de ceux qu’il croisera en chemin ? Peut-on à ce point croire en sa bonne étoile, au risque de tout perdre ?

J’avais adoré La route sauvage de Willy Vlautin et j’avais très hâte de découvrir Devenir quelqu’un. Ce roman a d’ailleurs été une fabuleuse lecture. L’auteur raconte bien, ses personnages sont touchants et on s’attache énormément à ce qu’ils vivent. L’histoire vient nous chercher, encore plus vers la fin, tant le destin d’Horace est poignant. Vlautin a un talent certain pour raconter les quêtes de jeunes adultes ou d’adolescents. Le personnage d’Horace ne fait pas exception.

Horace a eu une enfance difficile. Son père est parti, sa mère l’a abandonné chez sa grand-mère avant de refaire sa vie. Les Reese, Eldon et Louise, l’ont pris sous leur aile et le considèrent comme leur fils. Horace a donc pu terminer ses études et travailler sur leur ranch. À moitié blanc et à moitié autochtone, Horace passe bien souvent pour un mexicain. Il est passionné de boxe et aimerait bien combattre et devenir professionnel. Il quitte donc le ranch, à la grande tristesse des Reese et décide de partir pour la ville, en espérant se faire un nom sur le ring.

Parallèlement à la vie que tente de mener Horace en ville, on suit également les déboires d’Eldon et Louise sur leur ranch. Ils se font vieux et n’ont pas de relève. Eldon et Horace ont un point en commun: il cherchent tous les deux un sens à ce qu’ils font, à différents stades de leur vie. L’auteur parle de la solitude des grandes villes, de la vie à la campagne, de la difficulté pour Eldon d’avoir de l’aide et une succession qui prendra en charge la ferme. Il aborde également l’attachement que peut lier deux inconnus. Eldon est un peu le grand-père de substitution d’Horace et agit comme un père avec lui. Il le considère d’ailleurs comme le fils qu’il n’a jamais eu.

« Mr Reese lui avait expliqué que la vie, en elle-même, est un fardeau bien cruel car nous savons tous que nous venons au monde pour mourir. »

Ce roman est magnifique. J’aime énormément la plume de Vlautin et sa manière de raconter ses histoires. Ses personnages sont touchants et attachants. La relation entre Eldon et Horace est vraiment très belle. Horace idéalise ce qu’il veut devenir et fait l’expérience d’un monde très dur, sans doute bien loin de celui qu’il est en réalité, loin de ses valeurs. C’est une grande quête pour Horace dont la vie a toujours été difficile. En quittant le ranch, il part à la recherche de lui-même, tente de comprendre ses racines, sa place dans le monde et fait la dure expérience des combats de boxe. Il doit travailler sur le ring autant que dans sa vie personnelle pour mieux trouver un sens à ce qu’il fait et aux choix qui se présentent à lui.

J’aime la boxe. J’ai vraiment aimé ces passages qui parlent de ce qu’Horace tente de faire sur le ring. J’ai aussi beaucoup apprécié tout ce qui parle du ranch: le travail de berger et les chevaux. J’ai adoré Horace, ce personnage qui ne peut que nous toucher. Eldon est aussi une figure paternelle intéressante. Lui et Horace sont proches, et on sent une très grande affection entre les deux. Mais chacun doit vivre sa vie, Eldon l’a fait à un plus jeune âge et, même s’il n’en a pas envie, il laisse partir Horace qui tente de se trouver.

« C’est à toi de choisir. Être soi-même demande d’avoir du cran. »

Devenir quelqu’un est un très bon roman! J’ai passé un excellent moment avec ce livre, je n’ai pas vu le temps passer. Je dois vraiment lire les premiers livres de Willy Vlautin que je n’ai pas encore lus: Motel life, Plein nord et Ballade pour Leroy.

Un auteur à découvrir, assurément!

Devenir quelqu’un, Willy Vlautin, éditions Albin Michel, 304 pages, 2021

Chambre 1408

Mike est écrivain et chasseur de fantômes. Non pas qu’il y croie lui-même, bien au contraire. Jusque-ici, rien n’est encore parvenu à vaincre son scepticisme. Rien, jusqu’à cette enquête qui le mène à l’hôtel Dolphin de New York, réputé pour sa tristement célèbre chambre 1408. Une chambre supposée hantée…

Chambre 1408 est une nouvelle parue tout d’abord dans le recueil Tout est fatal. Cette histoire est rééditée ici dans la collection jeunesse Wiz afin de faire découvrir King aux adolescents. Une collection que j’adore! J’ai toujours hâte à une prochaine publication. L’histoire de Chambre 1408 est intéressante. Cette nouvelle a d’abord été écrite pour être proposée en exemple dans l’essai Écriture de King. L’auteur a finalement décidé de terminer l’histoire pour en faire une nouvelle. Il a été bien inspiré puisqu’on en a même fait un film.

Alors, de quoi parle cette histoire? Mike Enslin est un chasseur de fantômes et un écrivain. Il fait le tour du monde à la recherche d’histoires effrayantes afin d’écrire des livres. Il dort dans des endroits présumés hantés, cherche des fantômes et des manifestations surnaturelles pour ensuite écrire sur le sujet. Alors qu’il travaille sur son nouveau livre qui parlera de chambres d’hôtels hantées, il tente de convaincre le gérant de l’hôtel Dolphin de le laisser passer la nuit dans la chambre 1408. Cette chambre est reconnue pour être hantée et pour cacher plusieurs morts suspectes. Mike frappe toutefois un mur. Convaincre Olin s’avère beaucoup plus difficile qu’il ne le pensait. Olin est bien décidé à ce que Mike ne s’approche pas de cette pièce. Mais Mike est déterminé. Olin entreprend alors de lui raconter tout ce qu’il sait sur cette mystérieuse chambre hantée. Son récit donne le frisson…

« Dans une maison abandonnée ou dans le donjon d’un vieux château, votre incrédulité peut vous servir de protection. Dans la chambre 1408, elle ne fera que vous rendre encore plus vulnérable. Renoncez, monsieur Enslin. »

Cette nouvelle est assez courte et se lit d’une traite. C’est une histoire de maison hantée assez classique à la base, mais que j’ai bien aimé en fait surtout parce qu’elle est un peu différente de ce à quoi on a l’habitude. Loin de subir les manifestations contre son gré, Mike souhaite y être confronté. Il tente coûte que coûte de voir de ses propres yeux ce qui se produit dans cette pièce. La dynamique est donc différente d’une histoire de maison hantée classique.

On peut également diviser virtuellement le livre en deux parties distinctes: avant d’entrer dans la chambre et après avoir poussé la porte. Avec Mike et le récit d’Olin, le lecteur appréhende ce qui va se passer, ce qui instaure une bonne dose de suspense. L’idée de mettre en scène un écrivain me plait aussi toujours beaucoup, King aimant souvent créer ce genre de personnage, pour mon plus grand plaisir. 

Chambre 1408 se lit rapidement. Ce n’est pas ma nouvelle préférée, mais je l’ai bien aimé. C’est divertissant. Une histoire agréable à lire qui m’a bien plu. Le genre d’histoire qu’on s’offre pour une petite soirée de frissons. Le format court est parfait pour cela!

Chambre 1408, Stephen King, éditions Albin Michel, 128 pages, 2021