Devenir quelqu’un

À vingt et un ans, Horace Hopper ne connaît du monde et de la vie que le ranch du Nevada où il travaille pour les Reese, un couple âgé devenu une famille de substitution pour lui. Abandonné très tôt par ses parents, il se sent écartelé entre ses origines indiennes et blanches. Secrètement passionné de boxe, Horace se rêve en champion, sous le nom d’Hector Hidalgo, puisque tout le monde le prend pour un Mexicain… Du jour au lendemain, il largue les amarres et prend la direction du sud, vers sa terre promise. Saura-t-il faire face à la solitude du ring et au cynisme de ceux qu’il croisera en chemin ? Peut-on à ce point croire en sa bonne étoile, au risque de tout perdre ?

J’avais adoré La route sauvage de Willy Vlautin et j’avais très hâte de découvrir Devenir quelqu’un. Ce roman a d’ailleurs été une fabuleuse lecture. L’auteur raconte bien, ses personnages sont touchants et on s’attache énormément à ce qu’ils vivent. L’histoire vient nous chercher, encore plus vers la fin, tant le destin d’Horace est poignant. Vlautin a un talent certain pour raconter les quêtes de jeunes adultes ou d’adolescents. Le personnage d’Horace ne fait pas exception.

Horace a eu une enfance difficile. Son père est parti, sa mère l’a abandonné chez sa grand-mère avant de refaire sa vie. Les Reese, Eldon et Louise, l’ont pris sous leur aile et le considèrent comme leur fils. Horace a donc pu terminer ses études et travailler sur leur ranch. À moitié blanc et à moitié autochtone, Horace passe bien souvent pour un mexicain. Il est passionné de boxe et aimerait bien combattre et devenir professionnel. Il quitte donc le ranch, à la grande tristesse des Reese et décide de partir pour la ville, en espérant se faire un nom sur le ring.

Parallèlement à la vie que tente de mener Horace en ville, on suit également les déboires d’Eldon et Louise sur leur ranch. Ils se font vieux et n’ont pas de relève. Eldon et Horace ont un point en commun: il cherchent tous les deux un sens à ce qu’ils font, à différents stades de leur vie. L’auteur parle de la solitude des grandes villes, de la vie à la campagne, de la difficulté pour Eldon d’avoir de l’aide et une succession qui prendra en charge la ferme. Il aborde également l’attachement que peut lier deux inconnus. Eldon est un peu le grand-père de substitution d’Horace et agit comme un père avec lui. Il le considère d’ailleurs comme le fils qu’il n’a jamais eu.

« Mr Reese lui avait expliqué que la vie, en elle-même, est un fardeau bien cruel car nous savons tous que nous venons au monde pour mourir. »

Ce roman est magnifique. J’aime énormément la plume de Vlautin et sa manière de raconter ses histoires. Ses personnages sont touchants et attachants. La relation entre Eldon et Horace est vraiment très belle. Horace idéalise ce qu’il veut devenir et fait l’expérience d’un monde très dur, sans doute bien loin de celui qu’il est en réalité, loin de ses valeurs. C’est une grande quête pour Horace dont la vie a toujours été difficile. En quittant le ranch, il part à la recherche de lui-même, tente de comprendre ses racines, sa place dans le monde et fait la dure expérience des combats de boxe. Il doit travailler sur le ring autant que dans sa vie personnelle pour mieux trouver un sens à ce qu’il fait et aux choix qui se présentent à lui.

J’aime la boxe. J’ai vraiment aimé ces passages qui parlent de ce qu’Horace tente de faire sur le ring. J’ai aussi beaucoup apprécié tout ce qui parle du ranch: le travail de berger et les chevaux. J’ai adoré Horace, ce personnage qui ne peut que nous toucher. Eldon est aussi une figure paternelle intéressante. Lui et Horace sont proches, et on sent une très grande affection entre les deux. Mais chacun doit vivre sa vie, Eldon l’a fait à un plus jeune âge et, même s’il n’en a pas envie, il laisse partir Horace qui tente de se trouver.

« C’est à toi de choisir. Être soi-même demande d’avoir du cran. »

Devenir quelqu’un est un très bon roman! J’ai passé un excellent moment avec ce livre, je n’ai pas vu le temps passer. Je dois vraiment lire les premiers livres de Willy Vlautin que je n’ai pas encore lus: Motel life, Plein nord et Ballade pour Leroy.

Un auteur à découvrir, assurément!

Devenir quelqu’un, Willy Vlautin, éditions Albin Michel, 304 pages, 2021

Chambre 1408

Mike est écrivain et chasseur de fantômes. Non pas qu’il y croie lui-même, bien au contraire. Jusque-ici, rien n’est encore parvenu à vaincre son scepticisme. Rien, jusqu’à cette enquête qui le mène à l’hôtel Dolphin de New York, réputé pour sa tristement célèbre chambre 1408. Une chambre supposée hantée…

Chambre 1408 est une nouvelle parue tout d’abord dans le recueil Tout est fatal. Cette histoire est rééditée ici dans la collection jeunesse Wiz afin de faire découvrir King aux adolescents. Une collection que j’adore! J’ai toujours hâte à une prochaine publication. L’histoire de Chambre 1408 est intéressante. Cette nouvelle a d’abord été écrite pour être proposée en exemple dans l’essai Écriture de King. L’auteur a finalement décidé de terminer l’histoire pour en faire une nouvelle. Il a été bien inspiré puisqu’on en a même fait un film.

Alors, de quoi parle cette histoire? Mike Enslin est un chasseur de fantômes et un écrivain. Il fait le tour du monde à la recherche d’histoires effrayantes afin d’écrire des livres. Il dort dans des endroits présumés hantés, cherche des fantômes et des manifestations surnaturelles pour ensuite écrire sur le sujet. Alors qu’il travaille sur son nouveau livre qui parlera de chambres d’hôtels hantées, il tente de convaincre le gérant de l’hôtel Dolphin de le laisser passer la nuit dans la chambre 1408. Cette chambre est reconnue pour être hantée et pour cacher plusieurs morts suspectes. Mike frappe toutefois un mur. Convaincre Olin s’avère beaucoup plus difficile qu’il ne le pensait. Olin est bien décidé à ce que Mike ne s’approche pas de cette pièce. Mais Mike est déterminé. Olin entreprend alors de lui raconter tout ce qu’il sait sur cette mystérieuse chambre hantée. Son récit donne le frisson…

« Dans une maison abandonnée ou dans le donjon d’un vieux château, votre incrédulité peut vous servir de protection. Dans la chambre 1408, elle ne fera que vous rendre encore plus vulnérable. Renoncez, monsieur Enslin. »

Cette nouvelle est assez courte et se lit d’une traite. C’est une histoire de maison hantée assez classique à la base, mais que j’ai bien aimé en fait surtout parce qu’elle est un peu différente de ce à quoi on a l’habitude. Loin de subir les manifestations contre son gré, Mike souhaite y être confronté. Il tente coûte que coûte de voir de ses propres yeux ce qui se produit dans cette pièce. La dynamique est donc différente d’une histoire de maison hantée classique.

On peut également diviser virtuellement le livre en deux parties distinctes: avant d’entrer dans la chambre et après avoir poussé la porte. Avec Mike et le récit d’Olin, le lecteur appréhende ce qui va se passer, ce qui instaure une bonne dose de suspense. L’idée de mettre en scène un écrivain me plait aussi toujours beaucoup, King aimant souvent créer ce genre de personnage, pour mon plus grand plaisir. 

Chambre 1408 se lit rapidement. Ce n’est pas ma nouvelle préférée, mais je l’ai bien aimé. C’est divertissant. Une histoire agréable à lire qui m’a bien plu. Le genre d’histoire qu’on s’offre pour une petite soirée de frissons. Le format court est parfait pour cela!

Chambre 1408, Stephen King, éditions Albin Michel, 128 pages, 2021

Après

Jamie n’est pas un enfant comme les autres : il a le pouvoir de parler avec les morts. Mais si ce don extraordinaire n’a pas de prix, il peut lui coûter cher. C’est ce que Jamie va découvrir lorsqu’une inspectrice de la police de New York lui demande son aide pour traquer un tueur qui menace de frapper… depuis sa tombe.

J’étais très intriguée par ce roman et j’avais bien hâte de le lire. Ça été une excellente lecture, j’ai dévoré le livre pratiquement d’une traite. Les pages défilaient très rapidement. C’est tout à fait le genre d’histoire dans laquelle on plonge pour ne plus vouloir en sortir.

Après, c’est l’histoire de Jamie. Il a maintenant vingt-deux ans et c’est lui qui nous raconte ce qu’il a vécu étant plus jeune. Ce roman, c’est l’histoire particulière de son enfance. Car Jamie a un pouvoir très spécial. Il peut voir les morts. Et leur parler. Sa première expérience est un véritable cauchemar. Il est encore petit et il perçoit des choses que personne d’autre ne peut voir. Mais c’est surtout quand il peut voir la femme de son voisin, qui vient de mourir, et qu’il peut résoudre facilement un petit mystère entourant la disparition d’objets, que sa mère commence à saisir l’ampleur du don de son fils. Elle tente de le protéger comme elle le peut, même si elle ne comprend pas tout ce qui se passe en lien avec le pouvoir de Jamie. Lorsqu’une inspectrice de police est au courant de ce don et qu’elle veut tester ce que Jamie peut faire, elle décide de l’utiliser pour l’aider à la résolution d’un crime, alors que le criminel est mort. Avec cette expérience, Jamie réalise alors que son don a un prix très élevé et pourrait bien lui coûter la vie.

« Les morts sont obligés de dire la vérité, ce qui tombe très bien quand on a besoin d’une réponse. N’empêche que la vérité peut être vraiment pourrie, je le répète. »

J’ai vraiment aimé cette histoire. Toute l’intrigue entourant le don de Jamie est fascinante. On veut en savoir plus et on tente d’imaginer ce que ce serait d’avoir ce don, qui est aussi une forme de malédiction, surtout chez un enfant aussi jeune. Le roman est aussi très intéressant surtout parce qu’au-delà du pouvoir de Jamie, on découvre à travers ce qu’il nous raconte sa vie et son enfance: son père qu’il n’a jamais connu, la vie avec sa mère qui est agent littéraire, leurs problèmes financiers, la copine de sa mère qu’il reverra à quelques reprises après leur séparation, son oncle qui vit dans une institution et perd la mémoire, l’amitié qu’il développe avec le vieux voisin et ancien professeur à la retraite. Mais surtout, sa vie avec ce don à la fois fabuleux et totalement terrifiant.

« On s’habitue aux choses prodigieuses, on finit par les tenir pour acquises. Et on a beau essayer de lutter, ça ne sert à rien. Le monde est plein de prodiges, voilà tout. »

L’histoire d’Après se déroule pendant toute l’enfance de Jamie jusqu’à l’adolescence. Il nous parle de ce qu’il voit, des événements qui se sont enchaînés et des choses effrayantes auxquelles il a dû faire face. On s’attache tout de suite à ce personnage, c’est un narrateur sympathique, gentil, qu’on imagine aisément. J’ai adoré le suivre dans cette aventure effrayante. Confronté à un monde qu’il ne soupçonnait pas, Jamie doit faire face à des choses qu’il ne pouvait sans doute même pas imaginer.

Un livre prenant et intrigant!

Après, Stephen King, éditions Albin Michel, 336 pages, 2021

10 garçons sur ma liste

Pour Sophie, les vacances de Noël s’annonçaient pourtant bien… Ses parents plus-envahissants-tu-meurs partaient pour la Louisiane, lui laissant le champ libre avec son merveilleux petit-ami Griffin. Sauf que Griffin le merveilleux décide de plaquer Sophie le premier jour, la laissant toute seule à pleurer dans sa grande maison. Pour tromper son ennui, elle décide d’emménager temporairement avec ses grands-parents, et toute sa bruyante famille sicilienne réunie pour l’occasion. Et le pire dans tout ça, c’est que Nonna a aussi un plan pour les vacances de Sophie : chaque membre de la famille va lui organiser un blind date. Que le meilleur gagne!

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce livre et ça été une très agréable surprise. J’ai beaucoup ri et j’ai passé un très bon moment. Principalement, parce que l’auteure joue avec les situations complètement loufoques. Le roman se déroule pendant les vacances de Noël, mais ce n’est pas un livre qu’on doit absolument réserver à cette période de l’année. C’est un livre qui se prête bien à une lecture à n’importe quel moment, si on a envie de quelque chose de léger et rempli d’humour.

Sophie s’imagine passer de belles vacances de Noël mais c’est sans compter la conversation qu’elle surprend entre son amoureux, Griffin, et un ami. Son copain la trouve ennuyante et prévoit rompre avec elle. Ses parents étant partis chez sa sœur qui est enceinte et doit garder le lit, Sophie ira donc passer les vacances chez ses grands-parents, entourée de sa grande famille sicilienne. Mais voilà que sa grand-mère veut absolument lui changer les idées. Elle prévoit lui faire rencontrer des garçons pendant son séjour. Sophie est très surprise. Depuis quand sa grand-mère connaît-elle des garçons de son âge?

L’imposante, bruyante et sympathique famille de Sophie décide de participer et d’en faire un jeu. La maison est toujours pleine de monde de toute façon, tout le monde passe quand il veut et s’installe à la table pour déjeuner ou juste pour discuter un moment. La famille de Sophie prend cette histoire de rendez-vous très au sérieux. Tellement au sérieux qu’ils décident de créer un tableau de rendez-vous, où chaque jour, chacun organisera quelque chose pour tenter de trouver un nouvel amoureux à Sophie. Les membres de la famille se chamaillent et prennent même des paris, qui sont scrupuleusement notés, sur l’heure à laquelle Sophie rentrera. Signe que le rendez-vous était réussi, ou pas. Sophie les regarder s’agiter, complètement perplexe, mais décide de se prêter au jeu. Elle n’a pas tellement le choix, vu avec quelle ardeur sa famille s’implique dans le projet un peu fou de sa grand-mère.

Ce roman repose entièrement sur le dos de cette famille rigolote et complètement déjantée, mais très aimante. Sophie se retrouve donc à vivre dix rendez-vous, parfois étranges, parfois romantiques ou totalement loufoques. Que ce soit dans une crèche vivante ou dans un cinéparc, Sophie devra affronter dix garçons différents qu’elle n’oubliera pas de sitôt! Mine de rien, ses problèmes de cœur, sa tristesse et ses soucis familiaux seront adoucis par ces étranges rendez-vous organisés par l’étonnante famille de Sophie.

On imagine aisément la bruyante maison des grands-parents remplie de monde, où les enfants font de la trottinette en plein milieu du salon, où Nonna est aux fourneaux et concocte des desserts fabuleux pendant que tout le monde donne un coup de main à la pépinière familiale. Le tout, entrecoupé des différents rendez-vous de Sophie où vingt membres de la famille accueillent, le nez dans la fenêtre, les prétendants qui se présentent à la maison. 

10 garçons sur ma liste est un livre rigolo, avec des personnages attachants et des situations incongrues. C’est un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire, qui est léger, mais qui aborde aussi certains thèmes plus importants: la rupture amoureuse, la difficulté de conserver des liens familiaux solides lorsqu’on est loin et, par l’entremise de la sœur de Sophie, les problèmes lors d’une grossesse difficile. Le tout est amené avec humour, ce qui est plutôt agréable. Le roman est aussi une variation autour du thème de la famille, mais abordé d’un angle un peu différent. 

Une belle histoire remplie d’humour sur la famille et les liens qui unissent les membres entre eux.

10 garçons sur ma liste, Ashley Elston, éditions Albin Michel, 352 pages, 2021

Sapiens t. 2: Les piliers de la civilisation

Avec la révolution agricole, les Sapiens cohabitent non plus par dizaines d’individus, mais par millions… Pour se nourrir, partager des informations et simplement vivre ensemble, les humains érigent alors les piliers de la civilisation, mais tombent aussi dans un piège dont nous ne sommes pas encore sortis! Et si notre présent s’était joué il y a 12 000 ans ?

J’avais adoré ma lecture de Sapiens: la naissance de l’humanité qui était vraiment passionnante. J’avais donc très hâte de lire le second tome pour poursuivre ma découverte de l’histoire de l’évolution de Sapiens et donc, de notre monde. J’ai débuté la lecture de ce second volet qui ne pas m’a déçu du tout. Je l’ai tout autant adoré que le premier. Il faut dire que la formule demeure la même et que c’est vraiment bien construit justement pour apprendre une foule de choses.

Dans ce second tome, on retrouve les mêmes « personnages » principaux que dans le premier tome, soit l’auteur, Yuval, accompagné de différents scientifiques. À leurs côtés, nous abordons les débuts de la révolution agricole et le développement des différentes civilisations. La bande dessinée aborde plusieurs grands thèmes autour de l’évolution de Sapiens, thèmes qui vont dans la continuité de ce que nous avons découvert dans le premier volet. On apprend beaucoup de choses sur la sédentarisation, la domestication des animaux, l’industrie laitière, l’esclavage, l’écriture, la bureaucratie et les hiérarchies sociales. Pendant la révolution agricole, la nourriture se fait également moins rare. Puisqu’elle est plus facilement accessible, les couples ont plus d’enfants, il y a donc plus de gens dans un plus petit espace et les sociétés se développent et s’agrandissent. 

L’auteur parle également de ce qu’on appelle les ordre imagés. Ils servent à donner une cohérence à la société en lui imposant des règles, des lois et donc, en facilitant la gestion d’un grand groupe d’humains. Cela permet une meilleure coopération. De là, la création des hiérarchies.

« Comment amener les gens à croire à un ordre imaginé? Premièrement… Il faut que tous les individus concernés soient convaincus que les ordres imaginés n’ont rien d’imaginaire. Vous ne devez jamais reconnaître que c’est une invention humaine. Il faut affirmer que l’ordre qui soutient la société est une réalité objective… créée par les grands dieux ou les lois de la nature. »

En formant des sociétés, de grandes civilisations, des groupes, des modèles à suivre, l’homme devient plus fort et donc, c’est ce qui lui permet de se démarquer des autres êtres vivants. Ça apporte des points positifs mais également des points négatifs. La notion de temps, de l’usage qu’on en fait, amène des problèmes et des maladies. Un retour en arrière est donc quasi-impossible, notre savoir ayant été dilué, chacun ayant une spécialité propre dans la société. Beaucoup plus qu’à l’époque des premiers hommes où de grandes connaissances de survie, de recherche de nourriture et de l’environnement étaient indispensables.

L’agriculture afin de se nourrir ainsi que la sédentarisation permettent éventuellement le développement des chiffres et des lettres. On voit alors l’émergence de l’écriture, de la comptabilité et de la bureaucratie. Toutes ces nouvelles réalités amènent du même coup plusieurs inégalités, par exemple les travailleurs manuels par rapport aux dirigeants, l’accession variable aux richesses et à de meilleurs conditions de vie. 

« Les fourrageurs n’ont jamais eu besoin de se souvenir ni de traiter de grandes quantités de données mathématiques. Car un fourrageur n’avait pas besoin de se rappeler le nombre exact de fruits sur chaque arbre de la forêt. Le cerveau humain n’a donc jamais été adapté au stockage et au traitement des chiffres. Voilà pourquoi, même après la révolution agricole, Sapiens rencontra de réelles difficultés à fonder de grands royaumes et des empires. »

L’auteur emploie ici les mêmes procédés que dans le premier tome pour nous relater l’évolution de l’humanité. On y retrouve par exemple plusieurs ajouts à même la bd. Je pense à ces histoires intitulées Les nouvelles aventures de Bill et Cindy qui sont des bd ressemblant aux Pierrafeu, qui nous racontent le passé afin de mieux comprendre, en humour, ceux qui nous ont précédés et l’évolution de l’humain. L’ajout de contenu supplémentaire permet de saisir un peu mieux le concept de l’évolution et les révolutions qui ont apportées de grands changements chez l’homme. 

Sapiens est vraiment une série que je vous conseille. C’est abordable, accessible, facile à comprendre. On passe un très bon moment à découvrir l’évolution de Sapiens et à mieux saisir d’où l’on vient. Le dessin me plaît aussi beaucoup.

Une bd vraiment passionnante et instructive où l’on apprend énormément de choses. Il y aura un troisième tome qui parlera de la façon dont Sapiens tente de conquérir et d’unifier la planète. J’ai déjà hâte de le lire!

Mon avis sur le premier tome.

Sapiens t. 2: Les piliers de la civilisation, Yuval Noah Harari, David Vandermeulen, Daniel Casanave, éditions Albin Michel, 260 pages, 2021