Au grand air t.7

Au grand air 7Nadeshiko, motivée par l’exemple de Rin, est bien décidée à faire pour la première fois une sortie camping en solitaire ! L’idée n’est pas sans inquiéter sa sœur et ses amies, mais la campeuse novice n’en démord pas et prépare scrupuleusement son excursion. Au programme : promenades, beaux paysages et, évidemment, bons repas ! 

Déjà le tome 7 de cette série du manga Au grand air. Une série qui me plaît beaucoup puisqu’elle parle de camping hivernal, de tout ce qui rend ces moments très agréables: soupe chaude, solitude, nature et plein air. Ce septième tome est le dernier que j’ai sous la main. Il existe un tome 8, sorti en janvier dernier. Je ne sais pas quand je pourrai le livre, puisque j’avais emprunté la série avec le service de prêt entre bibliothèques et qu’avec la pandémie actuelle, les envois sont arrêtés jusqu’à nouvel ordre. On verra bien!

Au grand air est, comme toujours, un manga bien intéressant. Il me semble cependant que cette série se bonifie à mesure que les tomes avancent. On connaît mieux les personnages, on est plus familier avec l’humour de l’auteure et le cercle de plein air commence à avoir des bases un peu plus solides. Chaque campeuse se découvre et commence à percevoir un peu mieux ce qui lui plaît dans le fait de camper l’hiver et de partager cette passion avec d’autres personnes.

Ce tome parle du nouveau projet de camping en solo de Nadeshiko, qui inquiète un peu sa grande sœur et son amie Rin, surtout parce que personne ne réussit à la joindre. Les deux se sentent un peu coupable de la laisser partir seule et ont un peu peur qu’il lui arrive quelque chose. Le camping d’hiver doit être préparé précautionneusement et les filles veulent s’assurer que Nadeshiko fait les choses dans les règles de l’art.

Cette fois avec les campeuses, le lecteur visite la station d’Akasawa, un village qui faisait office d’étape lors de pèlerinages; le lac Ikawa ainsi que Fujinomiya, avec sa vue sur le Mont Fuji. Il y est comme toujours question de spécialités culinaires et de repas à venir, partagés toutes ensemble, qui fait rêver les filles.

Un nouveau voyage se prépare pour le tome 8, initié cette fois par la professeure responsable du groupe. C’est aussi le moment pour le cercle de camping de tenter de bénéficier d’une offre de petit bois intéressante…

Comme à l’habitude, une petite section bonus complète le manga, offrant de petites saynètes rigolotes en mode « intérieur », pendant que les filles ne campent pas et préparent leurs prochaines sorties.

Un septième tome à la hauteur de la série!

Mon avis sur les autres tomes:

Au grand air t.7, Afro, éditions Nobi Nobi, 178 pages, 2019

Deep sea aquarium MagMell t. 3

Deep sea aquarium Magmell 3Aujourd’hui encore, le Deep sea aquarium Magmell est fréquenté par des visiteurs de tous genres, qui souhaitent rencontrer les créatures abyssales les plus diverses.Une maîtresse du primaire s’évanouit soudain devant l’aquarium du nautile, alors qu’elle accompagnait une classe d’élèves pour leur journée dessin…De son côté, Kôtarô Tenjô commence à trouver ses repères dans son travail de soigneur. Mais un jour, le directeur lui confie une nouvelle tâche importante : la présentation de la faune sous-marine aux visiteurs. Complètement stressé par sa première grande mission, réussira-t-il néanmoins à transmettre sa passion pour les créatures abyssales ?!

Deep sea aquarium MagMell est une série que j’adore et que je trouve à la fois instructive et passionnante. Ce troisième tome ne fait pas exception.

« La vie menée au sein de la mer profonde enveloppe doucement le cœur des hommes. »

Cette fois-ci, Kôtarô devient de plus en plus à l’aise avec son rôle de soigneur. On lui confie alors de nouvelles tâches. Il découvre par le fait même un nouvel aquarium et son enthousiasme débordant exaspère un peu son entourage. Mais Kôtarô est un passionné et ça se sent à travers les pages.

Il est beaucoup question de biologie des créatures marines, de leur évolution et de leur histoire. Toutes ces informations sont bien sûres adaptées à l’histoire, mais je trouve que c’est ce qui fait toute la beauté de ce manga. La fascination pour les fonds marins, les créatures et l’émerveillement de la découverte.

Il y a toute une partie assez amusante dans l’histoire où Kôtarô fait la découverte des films d’horreur. On découvre aussi un peu mieux le Docteur Haru et l’enfance de Shinya, pêcheur. Il est intéressant de voir se développer un peu plus les personnages secondaires au fil des tomes et d’apprendre à mieux connaître ceux qui entourent Kôtarô. La photographie a toujours une place importante, ainsi que l’histoire du père de Kôtarô dont on continue à découvrir des bribes au fil des tomes.

Comme à l’habitude, ce tome cache une petite histoire sous sa jaquette. Il suffit de l’enlever pour la lire. J’ai aussi aimé le rappel des personnages en début de livre. De plus en plus de manga le font. C’est bien, surtout quand les parutions des différents tomes s’étirent pendant des années. Le manga compte également de nouvelles pages du Guide des abysses, nous permettant de découvrir plusieurs nouvelles espèces. Une fiche détaillée nous est présentée pour chacune d’elle. Cette fois, nous partons à la découverte du tunicier prédateur (une bouche étrange qui vit au fond de l’océan), du nautilidae, du tonnelier de mer, du Sagre Lucifer (le requin « qui brille » et qui attire tant Shinya) et de la méduse casquée.

Un troisième tome que j’ai adoré et que je ne peux que vous conseiller de découvrir. On apprend plein de choses! J’ai bien hâte à la sortie du quatrième, prévu pour cet automne.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Deep sea aquarium MagMell t. 3, Kiyomi Sugishita, éditions Vega, 190 pages, 2019

En vol

En volAux commandes d’un antique Cessna, un jeune naturaliste téméraire et un pilote vétéran de la Seconde Guerre mondiale décident de suivre la migration d’un faucon pèlerin à travers l’Amérique. Ce périple inédit les entraînera du golfe du Mexique aux confins de l’Arctique et ne manquera pas de mettre leur vie en danger : après avoir dérobé du matériel militaire, s’être fait arrêter par la police et menacer par des trafiquants de drogue, les deux hommes ne reviendront pas indemnes de leur épopée.

J’ai lu ce livre pour la première fois il y a 12 ans, un récit que j’avais eu beaucoup de difficulté à emprunter, puisque l’éditeur à l’époque, débutait et n’était pas toujours très présent en bibliothèque ou en librairie. Heureusement, les choses ont changées depuis. J’ai toujours gardé un fabuleux souvenir de ce livre. Je l’avais adoré. J’attendais une nouvelle réédition de ce titre depuis très longtemps. J’étais heureuse quand Gallmeister a annoncé une réédition dans sa très belle collection Totem. J’avais hâte de pouvoir me replonger dedans.

En vol est définitivement un livre trop peu connu. L’histoire racontée par Alan Tennant me semble souvent confinée à être « un récit en avion pour suivre des faucons ». Alors que c’est beaucoup plus que cela. En vol est un plaidoyer pour la nature, pour ouvrir les consciences et permettre aux gens de réaliser à quel point le monde est précieux, infiniment grand, et qu’il va beaucoup plus loin que ce que nous connaissons autour de nous.

« Un royaume de nobles, de serfs et de sorciers, un royaume antique où l’arrivée annuelle des faucons depuis les étendues glacées au-delà du monde connu avait tant marqué les hommes, toujours penchés sur leurs champs, qu’ils baptisèrent cet oiseau d’un nom de vagabond: pèlerin. »

Alan Tennant raconte dans ce très beau récit, l’histoire de deux hommes qui décident de suivre la migration d’un faucon pèlerin à travers l’Amérique. Alan est fasciné par la nature. Enseignant, naturaliste, grand voyageur et guide d’expédition, il fait la rencontre de George Vose, un pilote de CESSNA et ancien pilote de combat, un vrai de vrai, qui en a vu de toutes sortes. Ils travaillent ensemble sur un projet de l’armée sur la surveillance des faucons pèlerins. Leur rêve: en suivre un, pour vrai, en avion. Il faut vous rappeler que ce livre a été écrit avant que la technologie permette de suivre sur de longues distances les faucons. Alan veut en suivre un. George sait piloter. Le premier réussit à convaincre le second de se joindre à lui. À deux, ils vont s’envoler sur la trace des faucons pèlerins et de leur migration.

Récit de voyage et de nature writing qui se lit comme un véritable roman d’aventure, En vol nous permet de suivre les découvertes et les déboires des deux hommes qui font face à toutes sortes d’obstacles pendant leur périple. Le livre est construit en trois parties: Padre Island, En vol et La baie de Mexico. Nous suivons les premiers essais des hommes pour capturer un faucon et lui installer un petit émetteur. Vient ensuite le voyage extraordinaire dans les airs pour suivre le vol des oiseaux de proie. Finalement la dernière partie se déroule au sud des Etats-Unis et en Amérique du Sud, sur les traces de faucons arrivant au bout de leur migration. Ce voyage, plein de péripéties fabuleuses et incroyable, est un témoignage fascinant sur le travail qui a été fait par Alan et George pour mieux connaître la migration des faucons.

« Même s’ils permettent des avancées spectaculaires dans la connaissance des déplacements planétaires des faucons migrateurs, les satellites ne vous disent pas ce qui se passe sur le terrain – ils ne vous montrent pas ce qu’un jeune de l’année un peu désemparé ou un adulte expérimenté voit jour après jours, quel temps il fait, et quelle sensation provoque le vent qui glisse sur son corps chez quelqu’un qui voyage en sa compagnie. »

Leur départ ne se fait pas forcément dans les règles de l’art. À bord d’un vieil avion souvent en panne, qui donne de grands moments de frousse à Alan, le duo vivra au rythme des sons de l’émetteur qui leur permet de suivre les faucons. D’abord Amelia, nommée en l’honneur d’Amelia Earhart la célèbre aviatrice, puis Anukiat, Gorda et Delgada. Ils observent leur migration, traversent des tempêtes effrayantes, se posent parfois en catastrophe sur des pistes qui leur réserve bien des surprises, tout en espérant ne pas perdre le signal de leurs faucons. Il y a quelque chose de très fort et d’émouvant dans leur voyage, qui se place en position d’égalité, dans le ciel, avec les oiseaux de proie. Toucher du bout des ailes ce qui échappe au commun des mortels me fascine beaucoup. Ce périple en est aussi un pour mieux comprendre la nature et percer le mystère de ce qui arrive aux faucons pendant leur migration.

Alan nous raconte d’autres expériences en parallèle à son voyage avec George. Ses histoires nous permettent de comprendre un peu mieux l’homme qu’il est. Il nous partage plusieurs réflexions sur l’écologie et la nature, la place des bêtes dans l’écosystème, des anecdotes qu’il a vécu, parfois rigolotes ou terrifiantes, ses rencontres avec des ours par exemple ou encore son triste constat sur ce que l’humain fait subir à la nature qui nous entoure. Il y est question de destruction, de pollution, d’écologie et de la vie elle-même, aussi forte et incroyable qu’elle peut l’être, malgré tout.

« Sans compagnon, guidée seulement par la mémoire ancestrale qu’elle portait en elle, notre vaillante petite pèlerine était en train de jouer son destin. L’immensité vitale de l’entreprise dans laquelle cette minuscule tache, là-bas, s’était engagée avec détermination, avait de quoi nous rendre très humble. »

Outre les oiseaux, En vol parle de façon générale d’écologie et de la nature. Il nous parle d’histoire, de biologie, de paléontologie, de la météorologie, des tempêtes, il aborde également la pollution par l’homme, qu’elle soit en lien avec le pétrole ou les produits chimiques comme le DDT ou bien les pesticides. Il nous fait réaliser à quel point ce que l’humain fait à un bout du monde peut avoir un impact significatif à son opposé. Le monde bouge, il est en mouvement. Les espèces se promènent d’un endroit à l’autre. Un faucon pèlerin peut, par exemple, rapporter avec lui en Alaska des produits chimiques ingérés en Amérique du Sud.

L’auteur nous parle aussi de plusieurs initiatives pour réintroduire des espèces disparues d’un environnement donné ou pour soigner des espèces menacées. Fasciné par tout ce qui est animal et végétal, Alan Tennant est aussi un chasseur d’ouragan. Avec lui et George, on a l’impression de voyager. De vivre pendant un moment, un peu de l’Alaska jusqu’aux Tropiques, en passant par les grandes forêts, les prairies et les canyons. En vol est un récit qui nous fait côtoyer le danger et les merveilles de la nature. C’est un récit sensible et touchant sur la grandeur du monde.

« Je comprenais une fois encore que le véritable rêve, c’est nous qui l’avions eu. La vision selon laquelle en rejoignant l’antique voyage des pèlerins nous pourrions d’une façon ou d’une autre faire partie de ce qu’Edward Abbey appelait l’héroïsme et la grandeur de la vie… »

En vol est plus qu’une simple histoire de faucon et d’aviation. C’est un récit écologique, un constat sur la nature et sur sa complexité, en plus d’être un récit de voyage absolument unique, qui nous amène à découvrir l’Amérique d’un bout à l’autre, vu des airs. Un livre qui mérite d’être lu et relu tant il est fascinant. Découvrez-le, si la nature et l’aventure vous intéresse. C’est un livre passionnant, touchant et instructif. À lire de toute urgence!

En vol, Alan Tennant, éditions Gallmeister, 480 pages, 2019

Inlandsis suivi de Comment dire

Inlandsis suivi de comment dire

Ce recueil de poésie ne contenant aucun résumé (je n’en ai pas trouvé non plus chez l’éditeur), ma chronique commencera donc directement avec mon avis et mes impressions de lecture.

Le recueil de Marie-Claire Corbeil est un livre qui se lit en deux parties car il comporte en fait deux titres. Il s’agit d’une réédition de deux livres parus précédemment, séparément: Inlandsis et  Comment dire.

Inlandsis comporte trois chapitres. Le premier est Inlandsis, le second La ville et le troisième est intitulé Falaise. Cette première partie est une poésie sur chaque endroit. C’est une poésie tellement imagée que l’auteure nous fait voyager, elle nous amène à différents endroits et selon différents points de vue. Elle nous amène à voir littéralement ce qu’elle raconte, d’un angle différent. Inlandsis c’est la poésie et la vision d’un homme seul. Libre, mais isolé.

« Imaginez l’inlandsis: sol édenté, rongé par la brume, sol incertain, mer et terre confondues. Imaginez-le gris, oppressant, sans confins; bosselé, crevassé, hérissé de strastuggis. »

La ville, la seconde partie, nous amène à suivre une dizaine de personnes. Les lieux sont poussiéreux, sombre, les gens sont coincés dans leur monde, dans leur vision unique et isolée, même s’ils sont entourés.

« Ruelles poussiéreuses, murs rongés, gris. Des pans de lumière pâle tombent mollement jusqu’au sol. »

La troisième partie, Falaise, nous amène à adopter le point de vue de la falaise. Une maison y est dressée. L’eau tente de gruger et d’anéantir la falaise. La poésie nous apporte un point de vue unique, brumeux, différent.

« Les fenêtres scellées, le vide, la falaise noire, lustrée. La mer, la maison presque engloutie dans la mer et moi disparue, fondue dans les murs. »

Avec Comment dire, l’auteure crée un univers qui est très original et happant. Un univers particulier qui lui est propre. Dans ce texte, on a l’impression d’être plongé dans la vie intérieure d’un frère et d’une sœur. Ce sont des gens qui vivent intensément avec leurs émotions, le regard tellement collé sur ce qu’ils vivent qu’ils ne réalisent pas ce qui se déroule autour d’eux. C’est un regard sombre, principalement exprimé par la sœur, qui est aux prises avec plusieurs craintes et barrières qui se dressent autour d’elle et de ce qu’elle ressent. La sœur broie énormément de noir, elle est écorchée, coincée dans sa douleur, dans cette relation avec son frère qui suscite autant la colère que l’attente, l’espoir et l’amour fraternel, puissant et douloureux. Comment dire est un long travail de détachement, d’une sœur qui vit un chaos intérieur et doit apprendre à vivre pour elle-même, aussi.

« Il souffre, c’est sûr. Son ventre est déchiré, sa tête éclaboussée. Tout ce qu’il ingurgite, liquides, capsules, scrupules, hargne. Il ne sait plus quoi être. Tout s’éclipse. C’est un chaos. »

Inlandsis suivi de Comment dire est une poésie différente de ce que j’ai l’habitude de lire. L’auteure se démarque vraiment de ce que j’ai pu lire. Au lieu de nous amener à voir un seul moment ou un seul instant, à appréhender l’univers d’une seule personne ou ses émotions, elle nous amène à voir le monde d’une façon très déconcertante. À travers ses mots, elle décrit l’environnement qu’on imagine très bien et on adopte avec elle un point de vue unique, inhabituel. C’est ce qui en fait tout le plaisir de la lecture.

La plume de Marie-Claire Corbeil est très différente de ce qu’on lit normalement en poésie et cette originalité m’a plu. C’est à la fois déstabilisant et très surprenant. Une sorte de voyage. Un livre où l’art de l’image n’est jamais très loin. Elle nous fait ressentir l’atmosphère et les lieux. Cette lecture est vraiment très réjouissante pour quelqu’un qui aime la poésie et en lit beaucoup, justement parce que l’auteure écrit d’une façon différente.

Je découvre Marie-Claire Corbeil avec Inlandsis suivi de Comment dire et c’est une très belle découverte. Elle a une griffe bien à elle. Son monde est magique, pas au sens propre du terme, mais parce qu’il nous amène à adopter un point de vue particulier et nous offre une forme de « narration » qui est à la fois originale et surprenante. Elle nous pousse à faire travailler notre imagination et c’est vraiment un aspect que j’ai particulièrement apprécié. J’ai un autre ouvrage d’elle dans ma pile à lire, un récit qui se veut une sorte de suite symbolique à Inlandsis et intitulé Tess dans la tête de William. Je compte le lire sous peu.

Inlandsis suivi de Comment dire, Marie-Claire Corbeil, Éditions Triptyque, 117 pages, 2000

La vie sauvage

vie sauvageOuvrir les yeux pour réapprendre à s’émerveiller, dormir au milieu de la forêt, écouter les oiseaux, regarder les étoiles, prévoir le temps en regardant les nuages, fabriquer une cabane, construire un four solaire sans polluer, partager des jeux simples avec ses enfants, glaner, cueillir et cuisiner des baies, des algues, des plantes sauvages dans le respect de l’environnement… Vivre au plus proche de la nature, c’est tout simplement revenir à l’essentiel et vivre heureux comme un Robinson.

Ce livre avait tout pour m’attirer et c’est un très bel objet en lui-même. J’aime beaucoup l’idée d’offrir un livre qui permet de s’évader du quotidien – principalement de la ville – pour passer plus de temps dans la nature. L’entreprise est louable, voire même salutaire. Les gens auraient avantage à se plonger beaucoup plus souvent dans la nature, les bords de mer, la forêt. À apprendre à regarder, observer, toucher, découvrir ce que la nature nous offre. Cet aspect du livre m’a plu et j’approuve totalement la démarche. Se permettre de vivre plus proche de la nature tout en la respectant, c’est un idéal pour bien des gens. C’est le genre de choses que tous devraient prendre le temps de faire.

D’un point de vue plus personnel, en tant que lectrice, je dois dire que j’ai été un peu déçue par cet ouvrage parce que je n’y ai pas vraiment trouvé ce que j’espérais. Le sous-titre m’attirait beaucoup: « Vivre intensément au plus proche de la nature ». C’est sans doute le mot « intensément » qui m’a induite en erreur. Pour moi, cela signifie « encore plus ». Je me disais donc que j’y trouverais de quoi augmenter de façon significative mon lien avec la nature, avec des exemples concrets et pratiques. Vivant déjà en pleine nature, ce livre m’a donné l’impression qu’il ne s’adressait pas à moi. Du moins, pas suffisamment pour que je puisse l’apprécier totalement.

Si vous habitez en ville et avez peu de contacts avec la nature, c’est un livre intéressant pour vos premiers pas en forêt ou dans des lieux moins urbains. Il s’attarde sur les bases, le choix d’un sac à dos, la façon de se repérer en forêt, à l’aide des étoiles ou apprendre à connaître et prévoir la météo. L’auteur aborde ensuite les randonnées, le campement, savoir se débrouiller avec l’eau, le feu, les nœuds. Il y a tout un côté ludique, avec des jeux, un abri à construire, un appareil-photo ou un sifflet. Certains projets m’ont laissée un peu dubitative, mais on peut souligner tout de même leur originalité, même si leur facilité de construction n’est pas forcément bien détaillée. Plusieurs chapitres abordent ensuite la flore et la faune, et offrent quelques recettes.

Même si le livre est très agréable à feuilleter, contient beaucoup de très belles photographies et est très accessible, je trouve qu’il est trop basique pour moi. C’est un ouvrage français, donc plusieurs chapitres comme ceux de la flore et de la faune, ne nous correspondent pas du tout. D’un côté pratique, pour le Québec, ces sections du livre sont donc moins intéressantes.

Une lecture qui me laisse très mitigée, pas parce que la qualité du livre est à désirer – au contraire – mais parce que ce titre ne correspond pas vraiment à mon mode de vie et à mes attentes, en plus de s’adresser à un public européen. C’est aussi un livre très axé sur la famille, sur des projets à faire avec des enfants. Visuellement, l’ouvrage est très beau. C’est le genre de livre qu’on aime feuilleter et laisser à la portée de chacun sur une table du salon par exemple, pour planifier ses prochaines escapades dans la nature. Je m’attendais toutefois à quelque chose de plus rustique. De plus « sauvage ».

Un citadin français qui veut ajouter un peu de nature dans sa vie, en famille, y trouvera sans doute son compte. Pour moi qui vit dans le bois, au Québec, le livre ne répond pas vraiment à ce que je recherche.

La vie sauvage, Yann Peucat, Tana éditions, 224 pages, 2019