Bless you t.1

Bless you 1Yashiro, jeune lycéen, vient de déclarer son amour à son meilleur pote !! Il savait que c’était peine perdue, et que son ami hétéro ne pourrait que le repousser. Suite à cela, sous le coup de l’émotion, il s’enfuit sans faire attention et… se fait renverser par un camion ?! Un dieu, plutôt taquin, décide d’exaucer son souhait le plus cher, et de rendre son amour possible : il lui permet de revenir en ce bas monde sous les traits d’une jeune lycéenne ! Yashiro, dans son corps d’adolescente, va tout mettre en œuvre pour séduire celui qu’il aime… Mais comment faire pour se comporter comme une jeune fille, quand toute sa vie, on s’est senti comme un garçon ? 

Bless you me semblait un manga intéressant sur plusieurs points. L’histoire est assez originale. L’idée d’un dieu joueur et taquin qui s’amuse avec les humains me plaisait bien, de même que le fait de permettre à Yashiro de revenir sur terre, mais dans une toute autre apparence vu que sa famille croit qu’il est mort. Il souhaite donc devenir une fille pour mettre toutes les chances de son côté d’être aimé de son meilleur ami, alors que son amour n’est pas partagé. Je trouvais aussi intéressant que l’auteur joue avec les identités de genres pour en faire quelque chose de différent et d’amusant.

Sauf que… ce manga m’a finalement beaucoup déçue. Le début est prometteur. Yashiro va au temple tous les jours et il espère qu’après cent visites, son souhait sera exaucé. Comme ça n’arrive pas vraiment et que le dieu qui le surveille s’ennuie, est cupide et s’amuse un peu de ce qui se passe chez les humains, Yashiro prend son courage à deux mains et décide de faire sa déclaration à son meilleur ami. Amour qui n’est pas partagé par son ami hétéro. C’est là que Yashiro, en fuyant, a un accident. Il perd la vie. Dieu lui accorde alors un vœu pour sa malchance et son assiduité au temple. Il choisi d’être une fille, pour attirer son meilleur ami.

Là où j’ai totalement décroché, c’est dans la façon d’amener ensuite le personnage de Yashiro, maintenant devenu une fille. Le manga est rempli de généralités sur la féminité, sur le fait d’être une femme. Si la société attache encore beaucoup d’importance au rôle prédéfini des femmes et exerce une grande pression sur elles, je trouve que ce manga tombe dans des facilités ennuyantes, qui m’ont dérangée. Comme si la vie d’une femme ne devait être que maquillage, soin de la peau, coiffure, dans le but d’attirer les regards masculins. Ces préjugés axés sur le genre m’agacent au plus haut point. Surtout en sachant que ce manga risque d’être lu par des adolescent(e)s.

Si Yashiro, en homme, me semblait plutôt gentil, le Yashiro féminin m’agaçait prodigieusement. Je pense qu’il y aurait eu matière à jouer un peu plus avec les idées reçues et les genres, surtout avec une histoire au départ si farfelue. Les occasions d’en faire quelque chose d’intéressant auraient été nombreuses et c’est dommage que l’auteur reste dans les facilités et les généralités. Les filles du manga sont insupportables, alliant tout ce que je déteste d’un personnage féminin et tombant dans des idées préconçues vraiment agaçantes.

Une grande déception pour moi. Je ne poursuivrai pas l’aventure avec cette histoire qui est, selon moi, passée complètement à côté d’une belle occasion d’aller beaucoup plus loin dans son exploration des différents genres. Dommage.

Bless you t.1, Ayumi Komura, éditions Akata, 192 pages, 2019

Le bonheur dépend parfois d’un flocon

bonheur depend parfois d'un floconÀ l’approche des Fêtes, Iris décore sa petite auberge perdue dans la campagne pour accueillir quelques habitués, restés fidèles au fil des ans malgré les difficultés financières de l’établissement. C’est alors qu’une tempête de neige inattendue précipite chez elle tout un petit monde. Il y a là Molly, qui écrit des livres pour enfants, en pleine panne d’inspiration. Marcus, le jeune veuf séduisant a bien du mal à gérer ses deux petites filles. Hannah, qui venait pour se marier dans ce cadre pittoresque, est surprise de retrouver Luke, son ami d’enfance, qui n’est autre que le petit-flls d’Iris… Les histoires s’entrecroisent et alors que tout semblait mal parti, cette tempête de flocons va les réunir et qui sait ? Changer le cours de leur vie à jamais… 

Le bonheur dépend parfois d’un flocon est un livre parfait en cette période de l’année. On a l’impression de plonger dans un véritable téléfilm de Noël. C’est réconfortant, avec de la neige en quantité, une auberge fabuleuse nommée l’Evergreen Inn, où on a envie de séjourner (et de vivre, pourquoi pas!), des personnages sympathiques dans leurs malchances et leurs petits bonheurs. L’ambiance du roman est très hygge avec des chambres parfaitement confortables aux meubles anciens, du bois, des petits paniers de bienvenue et de départ remplis de gourmandises, le feu dans la cheminée, la cuisine qu’on imagine festive et antique et les balades nocturnes en traîneau. Dans le salon au centre de l’auberge, des brownies et du chocolat chaud sont à la disposition des clients. On ne pourrait rêver de cadre plus magique pour passer la fin de l’année. Pourtant, les choses ne vont pas si bien qu’elles en ont l’air…

Le roman met en scène une panoplie de personnages intéressants. Tim et Jeanne ont racheté, il y a quelques années, l’auberge d’Iris, qui travaille toujours avec eux. Au moment où les choses commençaient à bien aller, un complexe hôtelier a ouvert ses portes près des pistes de ski, leur coupant l’herbe sous le pied. Ce Noël risque d’être le dernier à l’auberge.

Il y a Molly, une jeune auteure de livres pour enfants, qui perd l’inspiration et vit son premier Noël sans la présence de sa mère. Hannah qui devait se marier à l’auberge avec Trevor. Audrey, son témoin, qui regrette l’absence de son mari Jared, militaire. Il y a Stacy et Bob, en difficultés financières qui regrettent de ne pas pouvoir offrir à leur fille un plus beau mariage. Marcus, coincé dans la tempête, qui vient d’arriver avec ses deux fillettes et qui espère trouver une chambre pour la nuit. Il y a aussi Luke, le petit-fils d’Iris, venu rapidement à l’auberge et incapable d’en repartir à cause de la neige. Finalement il y a Godwin, cet anglais qui lève le nez sur tout, exaspère tout le monde, puis commence à suivre Iris partout où elle va…

Les histoires de chaque personnage s’entrecroisent pour n’en former qu’une seule, qui trouve sont point central lors du souper de Noël improvisé, alors que l’auberge est coincée sous la neige.

« Le monde foisonne d’histoires, mais tout le monde n’est pas capable de les voir. »

Ce roman est parfait si on a envie de s’installer calmement avec un chocolat chaud et la neige qui tombe doucement dehors. C’est une histoire sympathique, aux personnages attachants, qui offre de belles scènes entre les différents protagonistes. Les lieux sont inspirants, la tempête de neige produit de beaux rapprochements et l’histoire donne envie de croire à la magie de Noël. C’est tout à fait le genre de roman que j’aime lire au temps des Fêtes ou en hiver et j’étais ravie de pouvoir me plonger dans celui-ci.

« Je suis contente que ce soit arrivé ici. C’était le seul endroit au monde où, dans les circonstances, Noël pouvait encore ressembler un peu à Noël. »

Le bonheur dépend parfois d’un flocon est le roman-réconfort par excellence cette saison. Même si le livre se déroule à Noël, c’est surtout l’atmosphère enneigée et la chaleur de l’auberge qui reste en tête. C’est une lecture appropriée pour un mois de janvier glacial. C’est aussi le livre parfait pour donner envie de manger et de cuisiner, tellement l’évocation des gourmandises est alléchante. La cuisine de Jeanne est remplie de magie et l’expédition en traîneau pour pouvoir régaler tout le monde malgré la neige est fantaisiste. J’adore!

Un livre parfait pour s’évader et passer un beau moment de douceur.

Le bonheur dépend parfois d’un flocon, Colleen Wright, éditions Prisma, 328 pages, 2019

Minuit ou presque

Minuit ou presqueLove Actually, version Rainbow Rowell. Deux nouvelles inédites, parfaites pour un cadeau de fin d’année.
Mags et Noel se sont rencontrés à une soirée du nouvel an. Depuis, ils tombent chaque année un peu plus amoureux…
Grande fan de Star Wars, Elena décide de camper devant le cinéma pour la sortie du nouveau film. Mais l’expérience s’avère décevante… du moins, jusqu’à sa rencontre avec Gabe…

J’adore l’auteure Rainbow Rowell et c’est lorsque je la relis que je réalise à quel point son univers me plaît. Elle met souvent en scène des geeks et donne une bonne place à la culture populaire dans ses romans. Ça me rejoint beaucoup!

Minuit ou presque est en fait un court recueil de deux nouvelles. Rowell excelle autant dans l’écriture de romans que d’histoires plus courtes. J’aimerais bien lire un recueil de nouvelles complet comprenant plusieurs histoires d’elle. Il me semble que ce serait excellent!

La première histoire s’intitule Minuits. J’ai déjà lu cette histoire dans un autre recueil de nouvelles: Minuit! 12 histoires d’amour à Noël. Elle s’intitulait toutefois Trois, deux, un. Je l’avais adoré et j’étais contente de la relire. Elle commence au réveillon du Nouvel an, en 2014. Mags et Noel se rencontrent pour la première fois. Ils deviennent amis. Ils sont toujours très proches et ils s’adorent. Noel est le meilleur ami de Mags, mais cette dernière a l’impression que Noel est ami avec tout le monde. À chaque Nouvel An, Mags a l’impression de perdre un peu plus Noel. Elle ne sait pas qu’il n’a en fait absolument pas envie qu’elle s’éloigne de lui. Alors qu’ils font des études dans des villes différentes, Mags fuit le décompte de l’année pour éviter de voir Noel avec quelqu’un d’autre. Mais si ce Nouvel An s’avérait différent? Il y a plusieurs aspects intéressants dans cette nouvelle. J’adore les personnages qui sont particuliers, avec leurs forces et leurs faiblesse. Mags et Noel se rencontrent parce que Noel est allergique à tout. Noel aime dire haut et fort que Mags lui a sauvé la vie plus d’une fois. Noel aime danser, Mags est timide et réservée.

« -Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De danser.
-Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De ne pas danser avec moi. »

Ils sont différents et se complètent pourtant à merveille. Ils leur faut juste un peu de temps pour le découvrir. Cette histoire se déroule sur quelques années, chaque fois au réveillon du Nouvel An quand le décompte est éminent. Les histoires de Nouvel an sont assez rares, je l’apprécie encore plus!

La seconde nouvelle s’intitule Âmes sœurs. Elle porte très bien son titre. Elle met en scène essentiellement trois personnages: Elena, Gabe et Troy. Les trois sont de grands fans de Star Wars. Un nouveau film vient de prendre l’affiche et les trois se rencontrent alors qu’ils ont décidé de camper devant le cinéma pour être les premiers à entrer. Avant ce jour-là, ils ne se connaissent pas. Il fait froid, on est en décembre. Ils se réchauffent à coup de café et de bouillottes que la mère d’Elena apporte, horrifiée de voir sa fille camper dehors pendant quatre jours. Troy est plus âgé et c’est un boute-en-train. Il a l’expérience des campements sur le trottoir pour des sorties culturelles. Gabe et Elena ont à peu près le même âge et c’est leur première fois. Elena et Gabe ont l’impression qu’ils n’ont rien en commun. Elena a l’air d’avoir douze ans, elle est introvertie et passionnée. Gabe est asocial, ne parle pas beaucoup et passe son temps le nez plongé dans un bouquin. Elena imaginait le camping devant le cinéma comme un gros rassemblement de fans en délire qui chanteraient des chansons et se costumeraient. À la place, elle a Gabe qui ne dit pas un mot et Troy qui pianote sur son téléphone. Le temps s’annonce long!

« Même si ça n’était pas la démonstration collective, amicale et festive à laquelle elle s’était attendue, ça pouvait néanmoins être quelque chose. Un moment particulier et mémorable. Elle, Elena, le rendrait mémorable. »

Âmes sœurs est une nouvelle plus joyeuse et moins mélancolique que Minuits, mais les deux s’avèrent d’excellents moments de lecture. Minuits est un texte plus intime, même s’il se déroule dans une fête. C’est la rencontre de deux personnages qui se retrouvent années après années, avec des émotions de plus en plus fortes. Quant à Âmes sœurs, cette nouvelle est plus drôle et pleine de légèreté. Elle reprend l’idée de mettre en avant un fandom – ici Star Wars – et trois fans avec leur façon différente d’en être passionnés.

Ce court recueil me donne envie de lire à nouveau Rainbow Rowell pour les rares titres que je ne connais pas encore et de relire les autres que j’adore. J’aime chaque fois ses personnages un peu décalés et les univers qu’elle créent. J’aime aussi la place qu’elle donne toujours aux geeks et aux passionnés de culture populaire. Ses livres me plaisent beaucoup et Minuit ou presque n’y a pas fait exception, même si c’est assez court.

Vivement son prochain livre!

Minuit ou presque, Rainbow Rowell, éditions Pocket Jeunesse, 112 pages, 2019

Il faisait beau et tout brûlait

il faisait beau et tout brulaitUne fin d’été dans un tout-inclus en Tunisie, où une mère accompagnée de son fils handicapé sombre peu à peu dans un besoin toujours plus inavouable de liberté, tandis que tourne à l’obsession l’image récurrente d’une cliente solitaire qui a croisé son regard. Une histoire d’amour sensible entre un cordonnier timide et une belle cliente, qu’il ne sait pas comment aborder, avec en toile de fond la ville de Punta Arenas, dans le grand sud chilien. Une jeune Australienne qui souffre d’éco-anxiété devant la dégradation économique et écologique de la planète, oscille entre colère contre la génération précédente et inertie face à un avenir incertain.

Il faisait beau et tout brûlait contient trois nouvelles bien différentes. Dans un recueil de nouvelles, il y a toujours certaines histoires qui nous touchent plus que d’autres. De mon côté, j’ai préféré les histoire dans leur ordre de publication, ma préférée étant la première histoire.

« Ce soir, la respiration arythmique de Julien est couverte par le souffle d’un vent clair et je repense à l’amour comme à des vacances lointaines, trop lointaines pour y revenir, sans même parvenir à savoir si ma peau, quand parfois je la touche, est encore douce et veloutée, si mes joues prendraient encore ces reflets pourpres au contact d’une autre peau. »

J’aime beaucoup l’écriture de l’auteur, sa façon d’amener ses personnages et de nous partager ses mots. Il y a un peu de poésie dans sa plume, ce qui naturellement vient toujours me chercher comme lecteur.

Voici donc un aperçu de chacune des nouvelles:

Franchies les frontières
Cette première nouvelle aborde la vie quotidienne d’une mère partie en voyage avec son fils atteint d’amyotrophie spinale, un handicap demandant des soins constants. C’est
une mystérieuse rencontre qui changera certaines choses pour cette mère, l’amènera à poser un autre regard sur son présent et son passé. Cette histoire joue beaucoup avec l’émotion. C’est un portrait sensible d’un parent qui vit avec un enfant ayant un handicap important qui ne laisse aucun répit. J’ai trouvé ce texte particulièrement bien écrit. L’auteur amène son histoire d’une façon originale.

Région XII
Cette nouvelle qui se déroule à Punta Arenas raconte l’histoire d’amour entre un cordonnier très timide et une très belle cliente. C’est une histoire pleine de légèreté et de douceur, qui se lit très bien. La simplicité de cette histoire, qui amène quelques sourires, est un beau point positif. J’ai beaucoup aimé, parce que le texte est poétique.

Kim
Cette troisième nouvelle parle d’une femme, Kim, qui souffre d’éco-anxiété. C’est toujours elle qui parle et transmet ses émotions face aux différentes situations auxquelles elle doit faire face. Cette histoire est axée sur les échanges entre Kim et plusieurs personnages. Elle parle beaucoup de sa nostalgie d’un temps passé, alors que sa génération doit vivre avec les conséquences de ceux qui l’ont précédé. C’est un personnage malheureux qui trouve refuge dans la drogue. L’univers de cette nouvelle est dur, avec peu d’espoir. J’ai moins accroché à cette histoire. J’avais l’impression de me perdre un peu dans le monde de Kim, même si je comprend son mal de vivre en fonction des problèmes liés à l’écologie et aux changements climatiques. Ça demeure un enjeu important.

Dans l’ensemble, ce recueil m’a beaucoup plu. Si j’ai préféré les deux premières nouvelles et que j’ai eu un peu de mal avec la langue utilisée par moments pour la troisième, l’auteur a une très belle plume, à la fois poétique et artistique. J’aimerais bien le relire éventuellement, C’est une belle découverte pour moi. Sa façon d’amener ses personnages et de créer de petits univers, m’a beaucoup parlé. Le livre se lit très bien, les histoires sont intéressantes et les personnages sont entiers et attachants.

Un recueil que je recommande, principalement pour les deux premières nouvelles, qui valent la peine. Un auteur à surveiller!

Il faisait beau et tout brûlait, Vincent Giudicelli, Annika Parance Éditeur, 132 pages, 2019

Tout comme les tortues

tout comme les tortuesSamuel et Ariane sont amis depuis leur enfance, amoureux depuis presque aussi longtemps. Cependant, certaines décisions déchirantes peuvent ébranler la fondation d’un couple, même le plus solide. Malgré toute leur volonté, leur amour n’a pu faire oublier des blessures trop profondes. Bouleversée, Ariane a fui en Amérique du Sud, où elle a tenté tant bien que mal d’oublier Samuel. Un an plus tard, Samuel s’est refait une vie du mieux qu’il a pu avec Anaïs, une fille douce, aimante et, surtout, à l’opposé de son ancienne blonde. Il sait bien qu’elle ne remplacera jamais Ariane, mais il essaie tout de même de se convaincre que ça lui suffit. Anaïs aime Samuel. Sûrement trop, en fait. Au fond d’elle, elle sent que leur relation a une date de péremption, mais elle choisit de vivre sur ce temps emprunté. Comme chaque cours d’eau finit par rejoindre l’océan, Ariane revient de son périple. Et son retour chamboulera leur vie à tous les trois.

Tout comme les tortues a été une très belle lecture. C’est un roman qui parle d’amour et de triangle amoureux, de fuite et de douleur, ce qui normalement ne m’attirerait pas trop. Toutefois, celui-ci me semblait différent et j’ai eu envie de le lire. Je suis vraiment très heureux d’avoir choisi cette lecture. C’est un roman bien écrit, qui m’a captivé, tant par l’histoire que la façon de la raconter.

Au début du roman, le personnage d’Ariane revient de voyage. Le roman se concentre par la suite sur elle, Samuel et Anaïs. Théo a cependant une très grande place dans l’histoire puisque c’est le frère jumeau d’Ariane et le meilleur ami de Samuel. Chaque chapitre donne la parole à un personnage différent qui nous raconte la dynamique du trio et Théo, même s’il n’a pas de chapitre à lui, est présent partout au fil de l’histoire. C’est même mon personnage préféré, même si ce n’est pas un des personnages principaux à proprement parler.

« Par les chaudes nuits de juillet, on se couchait les trois dans une tente installée dans la cour, bien enfouis dans nos sacs de couchage des Tortues Ninja, et on se contait des histoires de peur, qui ne faisaient pas vraiment peur, jusqu’à ce qu’on s’endorme.
Les choses seraient restées simples si nous n’avions pas grandi; si, dans l’année de notre cinquième secondaire, Sam et moi ne nous étions pas rendu compte que le lien qui nous unissait était différent. Qu’il y avait plus entre nous. Le genre de sentiment aussi envoûtant que l’étaient les feux de camp dans ma cour ces étés-là. Aussi dangereux, quand on ne fait pas attention. »

Le roman de Marie-Christine Chartier nous apporte beaucoup d’émotions, de moment touchants, douloureux, mais également très beaux. Le livre nous transporte dans les pensées et l’imaginaire de chaque personnage, nous plongeant littéralement dans l’émotion vécue par chacun d’eux. L’auteure nous attache solidement à ses personnages, qui sont intéressants et très entiers. C’est le destin des personnages qui nous happe dans ce roman, puisqu’ils forment une sorte de triangle amoureux qui n’est pas viable.

J’ai apprécié retrouver des personnages de chez nous, représentatifs par leur façon de parler et les dialogues. Sans aborder complètement le sujet pour ne pas dévoiler une partie de l’histoire, je trouve que l’auteure aborde avec son roman un sujet qui reste encore « tabou » et qui revient dans l’actualité régulièrement. Son personnage d’Ariane, ce qu’elle a vécu et sa façon d’y faire face, nous montre que c’est encore quelque chose de difficile dont on ne parle pas forcément facilement.

Le roman nous permet de voir évoluer les personnages lors du retour d’Ariane qui bouleverse le quotidien de tout le monde. Son retour est marqué par les questionnements, les mises au point et les remises en question. On ne revient pas « comme ça » dans la vie des gens après un long silence, sans bousculer un peu ceux qui nous aiment.

Quand j’ai choisi ce livre, je me doutais que l’histoire me plairait. Cependant, j’ai été agréablement surpris par ma lecture. Je me suis attaché aux personnages, j’ai découvert une nouvelle auteure et j’aimerais éventuellement la relire. Pour moi, Tout comme les tortues a été un très beau coup de cœur. Et je dois dire, aussi, que j’aime énormément la couverture! Une histoire à découvrir.

Tout comme les tortues, Marie-Christine Chartier, éditions Hurtubise, 232 pages, 2019