Les 12 Noëls de Kate

Kate Turner est une célibataire heureuse. Depuis qu’elle est revenue vivre dans le village de Blexford, elle ne pense plus à l’amour et passe tout son temps libre à faire des pâtisseries pour le café de son ami d’enfance, Matt. Quelques semaines avant les fêtes, sa meilleure amie la presse de s’inscrire à une nouvelle appli de rencontres, Coup de foudre qui garantit de trouver l’âme sœur en 12 rendez-vous avant Noël. Kate se lance dès lors dans l’aventure avec amusement. Mais au fur et à mesure des rencards, elle en apprend davantage sur les hommes, ainsi que sur elle-même. Alors que le grand jour approche, elle s’interroge : est-ce vraiment la saison de l’amour, ou vivra-t-elle le Noël le plus froid qu’elle ait jamais connu ?

Le roman Les 12 Noëls de Kate est une comédie romantique festive plutôt sympathique. Il m’a un peu fait penser au livre 10 garçons sur ma liste (que j’avais beaucoup aimé) mais en version pour adultes. Il y a toujours une pointe d’humour, dans les événements ou les dialogues.

« C’est quand la dernière fois que tu es sortie avec un homme? demanda Laura.
Kate s’apprêtait à répondre, mais Laura l’interrompit d’un geste de la main.
-Et ne me parle pas de ton père ou de Matt, l’avertit-elle. Ils ne comptent pas.
Kate se renfrogna, puis réfléchit à la question.
-Paul, répondit-elle. Nous avions mangé des tagliatelles dans ce petit resto italien en ville, celui à la peinture bleue.
-Paul est ton comptable. Et il est marié à un homme. »

Kate est célibataire, plutôt heureuse, même si sa vie amoureuse est désespérément vide. Entraînée par sa meilleure amie Laura, elle s’inscrit aux « 12 rendez-vous de Noël » (que son meilleur ami Matt a rebaptisé « Les 12 coups de Noël »). Il s’agit de rendez-vous organisés par une agence de rencontre, dans un cadre précis, où elle participe à différentes activités pour rencontrer des hommes et peut-être espérer rencontrer le grand amour. Elle participe à rencontre de patinage, puis à une dégustation de cocktails, en passant par la traditionnelle maison de pain d’épices ou la randonnée en forêt. Mais voilà, ces rendez-vous sont assez désastreux. Entre ceux qui mentent sur leur profil, ceux qui sont encore attachés à leurs ex ou les lapins qu’on lui pose, les rendez-vous se suivent et ne se ressemblent pas!

J’ai bien aimé cette lecture de Noël bien divertissante. Même si 12 rendez-vous est sans doute un peu trop et qu’on sent des longueurs ou des répétitions à un certain moment, il y a beaucoup de choses qui m’ont plu dans ce roman. L’auteure s’inspire de la chanson « Les douze jours de Noël » pour construire son histoire, à travers les 12 rendez-vous. Il y a de belles références tout au long du livre, dont l’allusion au poirier que l’on retrouve sous deux formes dans le roman. 

L’atmosphère de Noël est aussi vraiment très agréable. On ressent souvent une certaine douceur quand Kate travaille ou qu’elle passe du temps au café de son meilleur ami. Kate a deux emplois. Elle peint des motifs pour des futurs tissus (je trouvais ça vraiment différent et intéressant!) et confectionne des pâtisseries pour le café de Matt. Elle fait donc de la recherche en pleine nature pour trouver l’inspiration pour ses peintures et elle cuisine également beaucoup. On sort de cette lecture avec des envies folles de latte au pain d’épice et de truffes au chocolat. Le petit village où vivent les personnages est enneigé, souvent coupé de tout lors des tempêtes et très convivial.

« Evelyn aimait disposer d’un stock suffisant pour résister à l’apocalypse ou à un mois de neige, selon ce qui se présenterait en premier. »

Les personnages sont sympathiques et consistants. On sent bien l’ambiance de petit village et les liens qui unissent les gens. C’était une chouette lecture de vacances!

Les 12 Noëls de Kate, Jenny Bayliss, éditions Hauteville, 544 pages, 2021

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La fille qui n’aimait pas Noël

Ben travaille dans une grande maison d’édition mais il est cantonné à rédiger des lettres de refus à des auteurs malheureux jusqu’au jour où… il découvre un manuscrit qui pourrait révolutionner la littérature et donner un élan salvateur à sa carrière. Il part donc à Arnac-la-Post, capitale mondiale de Noël fière de son concours de chocolat chaud, ses tours en calèche et son célèbre marathon, pour convaincre le mystérieux auteur de signer son contrat d’édition. Arrivé sur place, rien ne se passe comme prévu. L’écrivain propose à Ben un drôle de marché : redonner le sourire à Laly, sa fille, en échange de sa signature. Entre sa timidité maladive et sa phobie de Noël, Ben parviendra-t-il à remplir sa mission ?

Après avoir lu un extrait de ce livre, j’ai eu envie de l’ajouter à ma liste de livres de Noël pour cette année. Parce que ce roman me semblait un peu différent des comédies romantiques de Noël habituelles. Tout d’abord, et malgré le titre, le narrateur est un homme, ce qui est assez rare dans les comédies romantiques en général, encore plus celles de Noël.

Ben est un grand solitaire, lecteur, rêveur, qui ne se mêle pas beaucoup aux autres et a un peu de difficultés à évoluer en société. C’est surtout un grand timide. Il est employé par un prestigieux éditeur et sa tyrannique patronne, et il passe ses journées à rédiger des lettres de refus à de futurs écrivains. Il a prit l’habitude, même si on lui répète que ce n’est pas son travail, de choisir un manuscrit refusé dans la pile et de le lire jusqu’au bout, comme s’il était l’éditeur qu’il rêve de devenir.

« Le problème quand on s’arrange pour se faire oublier est qu’on finit par s’oublier soi-même. »

Quand il tombe sur une perle rare, un manuscrit si beau qui le touche particulièrement, il réussit à convaincre sa patronne d’aller rencontrer l’auteur pour lui faire signer un contrat. Il voit cette opportunité comme une occasion de devenir enfin éditeur. Il part dans un petit village qui se trouve être la capitale de Noël. Le problème? Ben déteste Noël! Il est encore plus déstabilisé quand il rencontre l’auteur du livre, qui ressemble au père Noël et que celui-ci accepte de signer le contrat uniquement si Ben réussit à faire retrouver l’esprit de Noël à sa fille… une tâche bien compliquée pour Ben!

Ben est un personnage qu’on retrouve peu dans les comédies romantiques, ce qui est plutôt rafraîchissant. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman que j’ai trouvé original dans son genre et intéressant à cause de tout ce qui est en lien avec la maison d’édition, le manuscrit et l’écriture. J’ai toujours un faible pour les livres qui parlent de livres, d’écrivains, ou d’éditeurs. Il y a aussi l’ambiance de Noël de ce petit village obsédé par les festivités et son marathon de Noël. On rêve de se retrouver à l’auberge d’Angelica la voyante et de rencontrer Cristal. Les personnages sont attachants. Mention spéciale à Phineas le geek que j’ai adoré et à Robert Courrier, sans doute le maire le plus omniprésent du monde!

Le festival de Noël, ses activités plutôt intenses et la population qui prend tout cela bien au sérieux, créent des situations rocambolesques et totalement inattendues. C’est un roman léger et drôle qui était parfait pour mes vacances des Fêtes. 

Un roman divertissant qui fait sourire.

La fille qui n’aimait pas Noël, Zoe Brisby, éditions Michel Lafon, 333 pages, 2022

Pommes d’amour au marché de Noël

Ruby Smith rêve de partir faire le tour du monde, mais pour cela, il lui faut des sous ! Elle décide alors de rentrer dans son charmant village natal de Wynbridge pour tenir un stand sur le marché de Noël. Les petits chalets aux bonnes odeurs de pain d’épice et de pommes d’amour l’enchantent déjà… Mais le marché est menacé par l’ouverture d’un grand centre commercial non loin de là, et avec sa disparition, ce sont tous les projets de Ruby qui risquent de tomber à l’eau… Alors pour le sauver, Ruby et les commerçants du village décident de faire du marché un endroit féérique. Mais saura-t-elle s’entendre avec Steve, son ex-petit ami, qui tient le stand en face du sien ? De leur entente dépend la survie du marché de Noël et tous ses rêves.

J’avais très hâte de lire ce roman. Son titre me faisait très envie. Ruby rêve de voyager et pour compléter son budget, elle accepte d’aider le café où elle a déjà travaillé, à tenir un kiosque au marché de Noël. Mais le marché est menacé, tout le monde semble en vouloir au père de Ruby et elle croise partout Steve, son ancien amoureux.

Malgré tout, Ruby apprécie tellement le marché de Noël, qu’elle décide d’aider les commerçants à le sauver. Elle se ligue donc contre son père et doit faire équipe avec Steve dont la famille vend des fruits et légumes au marché, afin de mettre en place des solutions avant son départ en voyage. Vu la façon dont leur relation s’est terminée, ce n’est pas gagné! Mais le père de Steve et celui de Ruby sont en guerre et leur querelle pourrait rendre les choses encore plus compliquées.

Ce livre m’a accompagnée dans les derniers préparatifs des Fêtes et les festivités. J’ai bien aimé cette histoire, gourmande à souhait, qui donne assurément envie de se retrouver dans un petit village au moment des Fêtes et de flâner dans un marché de Noël. En plus, ça donne faim! Tartelettes de Noël, biscuits, pots à chocolat chaud, cafés gourmands, ainsi que les activités créatives comme le tricot, les couronnes de Noël et même le fameux bistro où tout le monde se retrouve, l’ambiance est agréable et conviviale. L’histoire entre Ruby et Steve s’étire un peu (ils ne savent pas ce qu’ils veulent ou plutôt, se voilent la face), mais c’est sympathique quand même vu le cadre et les histoires en parallèle.

« Je pense que peu importe notre âge, il y a toujours quelque chose de délicieusement différent lorsqu’on se réveille au matin du 25 décembre et ce, quel que soit le jour de la semaine sur lequel il tombe. »

Ce que j’ai le plus aimé du roman c’est le cadre du marché de Noël. Je trouve que c’est un lieu intéressant à développer pour créer une atmosphère festive et gourmande. Ce côté-là est réussi. L’histoire d’amour est un peu longuette pour moi, mais les personnages sont jeunes et ils commencent leur vie. Il y a donc d’un côté les rêves et les espoirs et puis la vraie vie qui prend parfois le dessus. Il y a quelques bons revirements de situation et des secrets autour de la famille de Ruby. Sa relation avec son père n’est pas de tout repos. J’ai bien aimé que l’auteure prenne le temps de développer ses différents personnages. On en comprend mieux la dynamique et les liens qui les unissent ou les ont séparés. 

Même si le livre n’est pas parfait, il est très agréable à lire. On aborde en surface les difficultés pour les petits commerçants et artisans de se faire une place à l’ère des grands centres commerciaux. C’est aussi une belle ambiance de Noël.

Une bonne lecture hivernale.

Pommes d’amour au marché de Noël, Heidi Swain, éditions Prisma, 411 pages, 2021

Un hiver à pile ou face

Paige Collins, 17 ans, est paralysée dès qu’elle doit faire un choix. Aussi, quand deux opportunités extraordinaires se présentent à elle quelques jours avant Noël, Paige est incapable de prendre une décision. Une semaine à la montagne avec son meilleur ami (dont elle est secrètement amoureuse), ou un séjour à New York, LA ville de ses rêves ? Alors que l’angoisse de ce choix cornélien la submerge, Paige fait une mauvaise chute dans un supermarché… et son futur se retrouve divisé en deux !

Un hiver à pile ou face était la lecture commune de décembre pour le Défi: Un hiver au chalet. Pour le mois le plus festif de l’année, je pense que ce roman jeunesse était tout de même un bon choix. Pas parfait, mais très agréable à lire. 

Paige souffre de trouble anxieux. Elle est incapable de prendre une décision car tout se bouscule dans sa tête. Si elle fait un choix, elle renonce forcément à autre chose. Et si le second choix avait été mieux? Sa tête ne s’arrête pas une seconde. Et si? Et si? C’est épuisant et souvent déstabilisant. Elle a l’impression que sa vie avance sans elle, car elle est incapable de choisir.

« J’ai lu quelque part qu’une personne lambda prend trente-cinq mille décisions par jour. Ce chiffre m’est resté en tête, parce qu’il est énorme. Accablant. Paralysant. C’est le genre d’info qui me donne envie de rester au lit toute la journée, la tête sous les couvertures. »

Quand son meilleur ami Fitz, de qui elle est secrètement amoureuse, l’invite à passer Noël au chalet de sa famille, elle est emballée. Des moments festifs, passés à s’amuser, cuisiner, profiter de la neige. Elle rêve de voir la neige, mais n’a pas encore eu cette chance. Ce chalet avec la famille de Fitz, elle en rêve! Mais sa mère a, au même moment, remporté des billets d’avion pour New York. Le plus grand rêve de Paige est de voyager. Sa chambre est une hymne au voyage et elle souhaite un jour pouvoir voir du pays ailleurs qu’en photo. Elle doit alors faire un choix difficile. Mais lequel?  Alors qu’elle se torture l’esprit pendant ses achats de Noël, elle fait une mauvaise chute et son destin se divise alors en deux!

« Ma chambre est un hommage aux endroits où je ne suis jamais allée et aux choses que je n’ai jamais faites. Un temple dédié aux vies que je crains de ne jamais avoir. »

Ce roman alterne entre les deux destins, celui d’aller au chalet et celui d’aller à New York. Si au départ il lui arrive plein de choses et que les deux choix lui semblent aussi mauvais l’un que l’autre, cette occasion lui permettra de faire face à ce qu’elle ressent et d’apprendre à vivre avec son anxiété pour avoir une vie la plus heureuse possible. Surtout, elle apprendra à se faire confiance, à demander de l’aide et à réussir à avancer en faisant ses propres choix.

J’ai bien aimé ce roman qui est original dans sa construction puisqu’il nous fait voir les deux choix de Paige et le développement de certaines situations: la gestion des crises de panique, son amour pour Fitz et sa rencontre avec Harrison. C’est un roman mignon sur l’adolescence, qui aborde avec originalité les troubles anxieux et les premières amours. L’ambiance est enneigée, gourmande (Paige cuisine comme une forcenée lorsqu’elle est angoissée) et ça se lit bien. J’ai passé un bon moment.

Alors, vous choisiriez quoi vous: New York ou le chalet sous la neige? (Définitivement, le chalet pour moi!)

Un hiver à pile ou face, Kara McDowell, éditions Milan, 360 pages, 2021

La Traversée des temps t.2: La Porte du ciel

L’éternité n’empêche pas l’impatience : Noam cherche fougueusement celle qu’il aime, enlevée dans de mystérieuses conditions. L’enquête le mène au Pays des Eaux douces — la Mésopotamie — où se produisent des événements inouïs, rien de moins que la domestication des fleuves, l’irrigation des terres, la création des premières villes, l’invention de l’écriture, de l’astronomie. Noam débarque à Babel où le tyran Nemrod, en recourant à l’esclavage, construit la plus haute tour jamais conçue. Tout en symbolisant la grandeur de la cité, cette Tour permettra de découvrir les astres et d’accéder aux Dieux, offrant une véritable « porte du ciel ». Grâce à sa fonction de guérisseur, Noam s’introduit dans tous les milieux, auprès des ouvriers, chez la reine Kubaba, le roi Nemrod et son architecte, son astrologue, jusqu’aux pasteurs nomades qui dénoncent et fuient ce monde en train de s’édifier. Que choisira Noam ? Son bonheur personnel ou les conquêtes de la civilisation ?

Après avoir lu et beaucoup aimé Paradis perdus, j’avais bien hâte de me plonger dans La porte du ciel. Ce livre est le second tome de l’imposante saga en cours d’écriture d’Éric-Emmanuel Schmitt, un auteur que j’adore. La série peut paraître impressionnante, puisqu’elle comportera huit tomes, mais la lecture est vraiment intéressante et on lit ces pavés sans réaliser le nombre de pages, tellement le projet est captivant. Réaliser un portrait de l’histoire de l’humanité sous forme de roman est colossal. 

« Le monde n’avait pas trouvé qu’un miroir dans l’écriture, il y avait gagné des portes, des fenêtres, des trappes, et des pistes d’envol. »

Avec ce livre nous retrouvons Noam, doté d’immortalité, qui est à nouveau séparé de son amoureuse Noura. Parti à sa recherche et voyageant dans le temps, il découvre cette fois encore une nouvelle période de l’humanité et il doit s’y adapter puisqu’il ne provient pas de cette époque. En lien avec l’histoire de la tour de Babel, ce roman raconte le début de certaines civilisations, la confrontation avec l’esclavage, les débuts de l’écriture, les langues.

« Hélas, je passais le reste du temps en enfer. Aurais-je résisté privé de félicité domestique? J’affrontais des jours noirs chez les esclaves. Jamais je n’avais rencontré pareille misère, sans doute parce qu’elle faisait irruption dans l’histoire du monde… »

Noam devient un guérisseur, il y est donc question de botanique et de médecine également. Axé sur le savoir, la botanique, les plantes et l’apprentissage, le roman parle beaucoup d’histoire. C’est le début des grandes maladies comme le choléra et Noam se questionne en tant que guérisseur, pour réussir à comprendre et à trouver des remèdes. C’est intéressant car on découvre les époques et les découvertes qui ont été faites dans plusieurs domaines. Certaines notes de bas de pages offrent aussi un complément historique à ce qui se déroule dans le roman. C’est l’évolution de l’humanité que raconte l’auteur, celle des premières découvertes, de l’élaboration des villes et des premières grandes innovations qui ont changé la face du monde.

« Je parvins ainsi à sauver de plus en plus de vies. Roko, qui m’accompagnait, m’imitait et s’approchait avec compassion des égrotants. Il les regardait, il gémissait, donnant l’impression d’aspirer leur douleur. Il léchait certaines plaies. Les premières fois, il intervint sans que j’y prêtasse attention tant que je démenais, donc je ne l’en empêchai pas. Bien m’en prit! On me rapporta peu après que mon chien me concurrençait: des blessures avaient accéléré leur cicatrisation, des infections de peau avaient diminué, le bruit courut même qu’un enfant famélique dont il avait effleuré les paupières s’était remis à voir. On l’appela le « chien guérisseur ». »

Si le premier tome comportait peut-être un peu plus de rebondissements, j’ai pour ma part adoré celui-ci puisque l’histoire, les connaissances, l’apprentissage en général, les nouvelles technologies de l’époque et le développement du savoir humain sont beaucoup plus détaillés dans ce roman. On y apprend une foule de choses, on suit avec intérêt les découvertes de Noam et on apprend, tout comme lui, comment l’humanité s’est développée. Dans ce second volume, Noam va en apprendre plus sur les raisons de son immortalité. Sa position devient dangereuse et il doit se protéger pour sauver sa vie.

Comme dans le premier tome, les liens bibliques me semblent présents surtout pour faire une liaison entre les époques et marquer l’histoire de l’humanité. On retrouvait l’histoire du déluge dans le premier tome et ici, la construction de la tour de Babel. Toutefois, il s’agit vraiment d’une réécriture sous forme de roman. L’auteur puise son inspiration dans les textes sacrés, l’histoire et la science. Le résultat est vraiment intéressant. On reste avec un même noyau de personnages, mais comme on change d’époque, on suit l’évolution de l’humanité et on découvre de nouveaux personnages.

« Il y a deux sortes d’humains: les arbres et les cailloux. Les arbres existent par leurs racines, les cailloux roulent d’eux-mêmes. L’arbre pousse dans la forêt, entouré des autres, et s’étiole sitôt qu’il quitte sa terre. Le caillou dévale les chemins selon sa propre dynamique; si un obstacle l’arrête, il repart et ne s’immobilise qu’au plus bas. J’appartenais aux cailloux, Saul aux arbres. Je voyageais, il se perdait. Je cherchais, il regrettait. »

Un deuxième tome réussi qui me donne assurément envie de poursuivre la saga et de lire bientôt le troisième tome. Il m’attend d’ailleurs dans ma pile et cette fois il aborde la civilisation Égyptienne. Ça semble très prometteur! Schmitt est un auteur que j’adore et on sent que son travail de recherche est soigné. Sa plume est toujours agréable à lire, ses mots sont choisis avec soin. Ne vous laissez pas rebuter par ces pavés qui semblent imposants. L’histoire en vaut le détour.

Une très bonne lecture pour ma part et une série originale et documentée que je ne peux que vous conseiller. 

La Traversée des temps t.2: La Porte du ciel, Eric-Emmanuel Schmitt, éditions Albin Michel, 576 pages, 2021