Les Langoliers

À bord d’un vol vers Boston, dix personnes se réveillent, seules dans l’avion. Le reste des passagers s’est volatilisé. L’avion se tient sur un tarmac désert du Maine. Attentat, complot, faille temporelle ? Chacun a une théorie, mais c’est sans doute Dinah, une petite fille aveugle, qui en sait le plus long. Et c’est elle qui, la première, entendra ce bruit sourd, qui se rapproche…

Les Langoliers de Stephen King est un roman « court » paru il y a quelques années dans le recueil Minuit 2 avec un autre titre. L’éditeur le réédite cette fois dans la très belle collection jeunesse, créée pour faire redécouvrir les nouvelles et romans du King. Toutefois, il fait tout de même 500 pages dans cette nouvelle édition. On m’a beaucoup parlé de ce livre, surtout en rapport à l’adaptation sortie il y a quelques années. Adaptation que je n’ai pas vue cependant. Je vais donc me concentrer sur le livre: un roman que j’ai trouvé terrifiant! 

Il faut savoir que je ne prend pas l’avion. Je suis très malade en avion. J’ai peur des avions. Je n’aime pas la sensation du décollage et de l’atterrissage qui m’a fait faire des cauchemars pendant des années, ni celle d’être dans les airs. Ce livre était donc tout trouvé pour me donner une bonne frousse. Paradoxalement, j’adore avoir peur dans mes lectures et j’étais impatiente de me plonger dans cette histoire. Je n’ai vraiment pas été déçue!

Nous voilà donc dans un avion en plein ciel. Dix personnes qui dormaient se réveillent soudain. Tous les autres passagers qui ne dormaient pas ont disparu, incluant le pilote. Toutes les théories, des plus crédibles aux plus farfelues, sont évoquées par les passagers qui restent. Qu’est-ce qui a bien pu se passer? Qu’est-ce qu’on peut faire pour tenter de retrouver un semblant de normalité et mettre fin à ce cauchemar? Car c’en est un! Le temps presse car un avion ne peut voler éternellement sans ravitaillement. Et il y a ce bruit sourd qui semble s’approcher de plus en plus…

« Il faut que nous partions d’ici. Vite. Parce qu’il y a quelque chose qui vient. Une chose mauvaise, qui fait un bruit de crépitement. »

Ce livre est terriblement efficace puisqu’il nous place en face d’une de nos plus grande peur: la perte de contrôle total de notre environnement. Ici, coincés dans les airs, les passagers essaient de comprendre ce qui a bien pu arriver à leur vol. Au sol, tout semble avoir disparu. Les villes, les lumières. Les repères familiers sont maintenant inexistants. Comment réagiriez-vous face à une pareille situation? C’est terrifiant de se poser la question.

« -Si vous voulez des montres, vous n’avez qu’à vous servir, fit une voix dans leur dos. Il y en a des tonnes, là-bas derrière. […]
-Vous parlez sérieusement? demanda Nick, qui, pour la première fois, parut un peu désarçonné.
-Des montres, des bijoux, des lunettes. Et aussi des sacs à main. Mais le plus délirant c’est qu’il y a… des trucs qui semblent provenir de l’intérieur des gens. Comme des broches chirurgicales et des pacemakers. »

L’auteur aborde aussi, comme souvent dans ses romans, la réaction des gens face à une catastrophe ou à une coupure totale entre une situation qui nous échappe et le quotidien auquel nous sommes habitués. L’humain étant ce qu’il est, quand vient le moment dans un groupe de faire des choix pour le bien de tous, il y a toujours quelqu’un qui décide de faire cavalier seul et qui met les autres en danger. Tout cela, ainsi que le personnage de Dinah, une fillette aveugle qui semble « voir des choses » donnent le frisson.

« Comment connais-tu la manière dont je te vois, alors que tu es aveugle?
-Vous seriez étonné, répondit Dinah. »

On découvre au fil des pages les caractéristiques des personnages qui sont restés dans l’avion et leurs capacités. On s’attache à la plupart d’entre eux, tout en découvrant les raisons pour lesquelles ils étaient dans l’avion. C’est une chose que j’aime particulièrement chez King: ses personnages. Ils sont toujours très complexes, les bons comme les méchants. D’apprendre à mieux les connaître nous permet de mieux les comprendre, ce qui demeure fort inquiétant quand ils s’agit de personnages très problématiques.

Dès qu’on commence la lecture de ce roman, les pages défilent bien vite. Il est difficile de le mettre de côté. J’aurais par contre aimé en savoir un peu plus sur le « après » vers la fin du roman, mais Les Langoliers est une histoire qui laisse une grande place à l’imagination… ce qui contribue encore plus à ce sentiment de peur qui accompagne le lecteur. J’ai vraiment adoré cette lecture que j’ai littéralement dévorée!

Les Langoliers, Stephen King, éditions Albin Michel, 512 pages, 2021

Locke & Key: Ciel et Terre

Tous les secrets de Lovecraft n’ont pas encore été révélés… En trois histoires courtes, les deux maîtres du Manoir Keyhouse, Joe Hill et Gabriel Rodriguez, vous invitent à un voyage dans le temps et l’espace, et lèvent le voile sur les mystères qui entourent les clés et la famille Locke.

C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais la sortie de cette bande dessinée, ayant été sous le charme de la lecture de la série Locke & Key. Je l’ai d’ailleurs lu deux fois. J’ai également vu l’adaptation qui en a été faite et, même si je l’ai appréciée dans l’ensemble, je trouve les bandes dessinées vraiment plus intéressantes. Moins édulcorées et beaucoup plus adultes que la série.

Avec Ciel et Terre, Joe Hill et Gabriel Rodriguez nous offrent trois nouvelles (et du contenu en bonus) dans l’univers de Locke & Key. Nous retrouvons la famille Locke élargie (leurs ancêtres) ainsi que les enfants Locke qu’on a apprit à connaître dans le reste de la série. J’étais donc ravie de retrouver le même univers avec les clés complètement déjantées, ainsi que la famille Locke.

La première histoire, Décrocher la lune, est un véritable petit bijou. Le ton est émotif et très différent de l’univers habituel. Ici, pas de sang ou d’horreur, du moins pas de la façon dont on l’entend. Cette histoire est originale, inventive et très touchante. Les auteurs nous amènent en 1912 et parle d’une clé bien spéciale qui permet d’accéder à la lune. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce récit beaucoup plus poignant que les autres. On voit par cette histoire que les deux auteurs peuvent nous amener dans un tout autre registre, même si l’univers des clés est le même.

La seconde histoire s’intitule Grindhouse. On y retrouve la violence et le mordant de Locke & Key auquel nous sommes habitués. Il y a aussi beaucoup d’humour noir et un certain suspense. Cette histoire me rappelle un peu l’ambiance qu’il y avait dans Basketful of Heads, une bd sombre que j’avais grandement appréciée. Grindhouse, c’est noir et quand même plutôt réjouissant vu la tournure un peu surprenante que prend l’histoire.

La troisième histoire, Petit coin, est très courte et se déroule dans les bois. Nous retrouvons les enfants Locke que nous connaissons bien, dans une scène particulière dans la forêt. Il n’y a que quelques pages et ça se déroule très vite. J’étais heureuse de retrouver Tyler, Kinsey et Bode, mais ce n’est pas mon histoire préférée. 

Ma préférence va donc aux deux premières histoires que j’ai trouvé abouties et bien menées, même si elles sont fort différentes. La bd est complétée par un cahier de photos des auteurs et des lieux qui les ont inspirés, en plus d’un cahier de dessins. C’est toujours intéressant de découvrir l’univers des auteurs dont on apprécie le travail et j’aime beaucoup ce genre de complément à une bande dessinée.

Ciel et Terre nous offre donc une très belle incursion dans le monde de Locke & Key. Ça m’a fait très plaisir d’y revenir et c’est une bd qui vaut la peine ne serait-ce que pour les deux premières histoires, vraiment excellentes.

Je ne peux que vous conseiller de découvrir cette excellente série. Et cette période de l’année, à l’approche de l’Halloween, est le moment parfait! L’histoire est tellement originale et prenante.

Mon avis sur les autres bandes dessinées de la série Locke & Key, un de mes comics préférés:

Locke & Key: Ciel et Terre, Joe Hill, Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 80 pages, 2021

Les vieux livres sont dangereux

Empiler quelques livres poussiéreux dans des boîtes, ça ne semble pas très sorcier. Quand le vieux bibliothécaire de son collège lui propose cet emploi de fin de semaine, Mathieu n’hésite pas très longtemps avant d’accepter.
Une fois seul dans les sombres sous-sols de l’école, il réalise cependant assez vite qu’il a commis une grave erreur.

J’aime beaucoup la collection Noire aux éditions La courte échelle. Cette collection offre des romans d’horreur, de suspense et d’enquête pour différents groupes d’âge. Ce qui reste encore assez rare chez les jeunes lecteurs. C’est donc une série que je conseille souvent en bibliothèque, parce que j’aurais adoré avoir une série comme celle-là à découvrir, lorsque j’étais enfant.

Avec Les vieux livres sont dangereux, François Gravel nous amène dans le sous-sol bien particulier d’une école… Mathieu s’ennuie pendant son cours et il s’endort. Son professeur, qui considère la bibliothèque comme un lieu de punition, l’envoie passer un peu de temps là-bas. Mathieu rencontre le nouveau bibliothécaire, revenu d’un congé de maladie. L’homme lui propose de lui donner un coup de main pour élaguer de vieux livres se trouvant au sous-sol de la bibliothèque. Mathieu accepte. Oh, qu’il n’aurait pas dû… !

J’ai adoré le format de ce livre, qui s’adresse aux jeunes lecteurs de 9 ans et plus. Le texte est fluide et très intrigant. Les pages sont souvent illustrées et lorsque l’électricité coupe, les pages du texte sont noires. J’aime beaucoup les livres qui nous plongent de cette façon dans l’ambiance de l’histoire. Surtout parce que ça m’aurait plu à moi, étant petite. J’adorais avoir peur! Comme jeune lectrice, j’ai longtemps eu besoin d’images dans mes lectures. À ce niveau, ce roman est parfait!

« À huit heures du soir, je n’avais toujours pas eu de nouvelles du bibliothécaire et il faisait froid comme dans une morgue. »

Cette histoire, entre terreur et musée des horreurs, est vraiment très efficace. Le roman donne le frisson et devrait plaire aux jeunes lecteurs avides d’horreur et de mystère. Même si la fin est un peu abrupte, j’ai trouvé ce roman vraiment intéressant. Je vous le conseille, pour vous ou de jeunes lecteurs. Cette collection Noire est d’ailleurs à découvrir si le genre vous plaît!

Les vieux livres sont dangereux, François Gravel, éditions La courte échelle, 104 pages, 2017

Basketful of Heads

June Branch mène une vie des plus tranquilles… jusqu’au jour où quatre criminels parviennent à s’évader de prison et enlever son petit ami, Liam. Pour leur échapper, June n’a d’autre choix que de se munir d’une arme étrange… une hache viking du VIIIe siècle ! Mais celle-ci est dotée de propriétés bien singulières : à même de décapiter un homme, elle laisse cependant les têtes fendues… conscientes ! Pour sauver Liam, June n’a plus qu’une seule solution : garder la tête (ou plutôt tout un panier de têtes) froide

Basketful of Heads de Joe Hill et Leomacs est une bande dessinée d’horreur et d’humour, d’abord parue sous forme de comics. Sans surprise, j’ai adoré cette bande dessinée. J’aime énormément le travail de Joe Hill et les illustrations de Leomacs donnent un petit air vintage à l’histoire, qui se déroule en 1983. C’est donc un très bon duo que le travail de ces deux créateurs.

L’histoire de Basketful of Heads est plutôt surprenante. Elle met en scène des personnages qui vont beaucoup plus loin que ce que l’on peut imaginer d’eux. Il y a quelque chose d’à la fois horrifique et drôle dans le dénouement de certaines scènes et dans la façon dont June évolue. Ce qui en fait un vrai plaisir de lecture.  

L’été tire à sa fin. June retrouve donc son petit ami Liam, adjoint saisonnier pour le chef de police. En cours de route, les amoureux sont témoins d’une tentative d’évasion de prisonniers et le chef demande à Liam de s’assurer que tout va bien chez lui, que sa femme et son fils sont en sécurité. Liam amène donc June avec lui et ils s’apprêtent à passer une soirée de surveillance tranquille quand un intrus pénètre dans la maison. Le jeune couple est séparé et c’est là que Liam est enlevé. Pour se défendre, June décrochera une étrange hache viking de la collection du chef, une hache très spéciale…

La façon dont l’intrigue est construite, le côté « années 80 » qui me plaît beaucoup. Les illustrations sont pleines d’action et elles apportent toutes un aspect cinématographique à cette bande dessinée. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion plusieurs fois pendant ma lecture, à quel point cette histoire ferait un film d’horreur complètement déjanté. 

Cette bd a un humour sanglant très particulier, auquel, de mon côté, j’adhère totalement. Plusieurs scènes sont à la fois grotesques, drôles et perturbantes. J’aurais envie de vous raconter plein de choses sur cette bd, mais ce serait gâcher le plaisir d’en dire trop. Disons que Joe Hill est fidèle à lui-même et utilise des éléments du quotidien, un panier, une hache, pour amener le lecteur dans une histoire rocambolesque. Si vous aimez l’humour un peu gore, les livres avec un personnage féminin qui n’a pas froid aux yeux et les histoires d’horreur, cette bande dessinée devrait vous plaire! Pour ma part, je ne pouvais assurément pas passer à côté. 

Si vous lisez la bd, portez attention, il y a un clin d’œil à la prison de Shawshank au début de l’histoire, lieu fictif créé par Stephen King, le père de Joe Hill, et que l’on retrouve dans plusieurs de ses œuvres. J’aime beaucoup lire King ou ses fils, puisqu’on y repère souvent des allusions aux œuvres de l’un ou l’autre.

Deux entrevues avec les auteurs complètent la bd et quelques planches supplémentaires, qui ont été créées comme couvertures alternatives aux comics, sont ajoutées à la fin.

Basketful of Heads, Joe Hill, Leomacs, éditions Urban Comics, 192 pages, 2021

Terreur à Smoke Hollow

Depuis le décès de sa mère, Ollie, onze ans, trouve refuge dans la littérature. Jusqu’au jour où elle croise, près d’une rivière, une femme déterminée à se débarrasser d’un livre qu’elle prétend maudit. Le sang d’Ollie ne fait qu’un tour : pas question de la laisser commettre une telle barbarie ! Elle vole l’ouvrage et le dévore en une nuit. Il raconte l’histoire d’Elizabeth Morrison et de ses deux fils, Caleb et Jonathan, disparus après avoir passé un pacte avec un sinistre spectre souriant. Le lendemain, la jeune fille a la désagréable surprise de découvrir que la ferme que visite sa classe est celle où est enterrée Elizabeth… 

Terreur à Smoke Hollow est un roman d’horreur pour jeunes, écrit par Katherine Arden dont j’ai adoré la « Trilogie d’une nuit d’hiver ». J’étais curieuse de lire un de ses livres jeunesse et j’ai beaucoup aimé cette histoire frissonnante. On y retrouve des thèmes mystérieux et inquiétants qui étaient aussi présents dans sa trilogie pour adultes, de façon différente. Par exemple, l’idée de plusieurs « mondes » qui cohabitent. Avec l’histoire de Smoke Hollow, l’auteure installe le lecteur dans un monde qui nous est plus familier et qui tourne autour d’un étrange livre et d’une sortie scolaire en autobus, dans une ferme.

Ollie a onze ans et elle a perdu sa mère. Son deuil est un peu difficile même si elle a une belle relation avec son père avec qui elle vit, malgré quelques accrochages. La relation qu’ils ont ensemble et la façon dont son père agrémente le quotidien est joliment décrite. Ils se sont créé un cocon à eux, malgré l’absence de la maman d’Ollie. Une maison colorée où les pièces ont des noms et où l’odeur de cuisine réconfortante flotte dans l’air. Un jour, la jeune adolescente se rend à la rivière et elle découvre une femme étrange et confuse, qui tient mordicus à jeter un livre dans la rivière. Choquée, Ollie intercepte l’ouvrage et s’enfuit.

En ouvrant les pages, elle est tout de suite happée par l’histoire, imprimée en 1895. Il s’agit de celle d’une femme, Elizabeth, son mari et son beau-frère, disparus après avoir fait un pacte avec un inquiétant personnage. Ollie est incapable de s’arrêter de lire. Le récit la fascine tellement qu’elle en oublie ce qui se passe autour d’elle. Quand Ollie s’en va visiter une ferme avec sa classe, dans le cadre d’un programme pour mettre en valeur l’agriculture de la région, elle réalise qu’il s’agit de l’endroit où Elizabeth est enterrée… Elle ne se doute absolument pas de l’aventure effrayante qu’elle va alors vivre ni de ce qu’elle croisera sur son chemin.

« Quand la brume descend,
quand l’homme qui sourit apparaît.
Évite les endroits dégagés la nuit.
Reste dans les recoins. »

Terreur à Smoke Hollow est un livre très efficace. L’intrigue met en place les personnage, doucement, puis fait intervenir des éléments qui piquent notre curiosité. Il s’agit d’un très bon roman d’épouvante pour jeunes, qui réussit à combiner des histoires qui font peur – la vieille légende du livre trouvé par Ollie et tout ce qui entoure le pacte – à des éléments fantastiques implantés au quotidien. La nuit, les choses sont bien différentes qu’en plein jour. C’est ce qu’Ollie et ses amis vont vite apprendre. Il en va de leur survie!

« Il y a toujours une histoire de fantômes. Tiens-le-toi pour dit. Où que tu ailles dans ce grand monde aussi hideux que merveilleux, il y a une histoire de fantômes qui t’attend. »

Un livre mystérieux, une vieille légende, une ferme inquiétante et d’étranges personnages sont au centre de cette histoire qui se dévore. C’est un roman jeunesse conseillé à partir de 10 ans, à l’atmosphère automnale qui se déroule à quelques jours de l’Halloween. Les rues sont décorées, les maisons parsemées de citrouilles et la ferme est remplie d’épouvantails. Ollie ira même visiter un cimetière et faire un tour dans un labyrinthe de maïs pour l’occasion. C’est un livre qui joue beaucoup sur l’atmosphère et qui se dévore! J’espère qu’on aura droit à la traduction de la seconde histoire de cette série dont l’action se passe cette fois, en hiver. Ça promet!

Terreur à Smoke Hollow, Katherine Arden, éditions Pocket Jeunesse, 256 pages, 2020