Terreur à Smoke Hollow

Depuis le décès de sa mère, Ollie, onze ans, trouve refuge dans la littérature. Jusqu’au jour où elle croise, près d’une rivière, une femme déterminée à se débarrasser d’un livre qu’elle prétend maudit. Le sang d’Ollie ne fait qu’un tour : pas question de la laisser commettre une telle barbarie ! Elle vole l’ouvrage et le dévore en une nuit. Il raconte l’histoire d’Elizabeth Morrison et de ses deux fils, Caleb et Jonathan, disparus après avoir passé un pacte avec un sinistre spectre souriant. Le lendemain, la jeune fille a la désagréable surprise de découvrir que la ferme que visite sa classe est celle où est enterrée Elizabeth… 

Terreur à Smoke Hollow est un roman d’horreur pour jeunes, écrit par Katherine Arden dont j’ai adoré la « Trilogie d’une nuit d’hiver ». J’étais curieuse de lire un de ses livres jeunesse et j’ai beaucoup aimé cette histoire frissonnante. On y retrouve des thèmes mystérieux et inquiétants qui étaient aussi présents dans sa trilogie pour adultes, de façon différente. Par exemple, l’idée de plusieurs « mondes » qui cohabitent. Avec l’histoire de Smoke Hollow, l’auteure installe le lecteur dans un monde qui nous est plus familier et qui tourne autour d’un étrange livre et d’une sortie scolaire en autobus, dans une ferme.

Ollie a onze ans et elle a perdu sa mère. Son deuil est un peu difficile même si elle a une belle relation avec son père avec qui elle vit, malgré quelques accrochages. La relation qu’ils ont ensemble et la façon dont son père agrémente le quotidien est joliment décrite. Ils se sont créé un cocon à eux, malgré l’absence de la maman d’Ollie. Une maison colorée où les pièces ont des noms et où l’odeur de cuisine réconfortante flotte dans l’air. Un jour, la jeune adolescente se rend à la rivière et elle découvre une femme étrange et confuse, qui tient mordicus à jeter un livre dans la rivière. Choquée, Ollie intercepte l’ouvrage et s’enfuit.

En ouvrant les pages, elle est tout de suite happée par l’histoire, imprimée en 1895. Il s’agit de celle d’une femme, Elizabeth, son mari et son beau-frère, disparus après avoir fait un pacte avec un inquiétant personnage. Ollie est incapable de s’arrêter de lire. Le récit la fascine tellement qu’elle en oublie ce qui se passe autour d’elle. Quand Ollie s’en va visiter une ferme avec sa classe, dans le cadre d’un programme pour mettre en valeur l’agriculture de la région, elle réalise qu’il s’agit de l’endroit où Elizabeth est enterrée… Elle ne se doute absolument pas de l’aventure effrayante qu’elle va alors vivre ni de ce qu’elle croisera sur son chemin.

« Quand la brume descend,
quand l’homme qui sourit apparaît.
Évite les endroits dégagés la nuit.
Reste dans les recoins. »

Terreur à Smoke Hollow est un livre très efficace. L’intrigue met en place les personnage, doucement, puis fait intervenir des éléments qui piquent notre curiosité. Il s’agit d’un très bon roman d’épouvante pour jeunes, qui réussit à combiner des histoires qui font peur – la vieille légende du livre trouvé par Ollie et tout ce qui entoure le pacte – à des éléments fantastiques implantés au quotidien. La nuit, les choses sont bien différentes qu’en plein jour. C’est ce qu’Ollie et ses amis vont vite apprendre. Il en va de leur survie!

« Il y a toujours une histoire de fantômes. Tiens-le-toi pour dit. Où que tu ailles dans ce grand monde aussi hideux que merveilleux, il y a une histoire de fantômes qui t’attend. »

Un livre mystérieux, une vieille légende, une ferme inquiétante et d’étranges personnages sont au centre de cette histoire qui se dévore. C’est un roman jeunesse conseillé à partir de 10 ans, à l’atmosphère automnale qui se déroule à quelques jours de l’Halloween. Les rues sont décorées, les maisons parsemées de citrouilles et la ferme est remplie d’épouvantails. Ollie ira même visiter un cimetière et faire un tour dans un labyrinthe de maïs pour l’occasion. C’est un livre qui joue beaucoup sur l’atmosphère et qui se dévore! J’espère qu’on aura droit à la traduction de la seconde histoire de cette série dont l’action se passe cette fois, en hiver. Ça promet!

Terreur à Smoke Hollow, Katherine Arden, éditions Pocket Jeunesse, 256 pages, 2020

Dans l’abîme du temps

En 1935, au fin fond de l’Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d’une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d’aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert… Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l’époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants… jusqu’au jour où il s’effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence, mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu’à se plonger dans l’étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous…

Dans l’abîme du temps est une adaptation du roman du même nom de H.P. Lovecraft. J’ai déjà lu – et adoré! – Les Montagnes hallucinées tome 1 et tome 2 ainsi que La Couleur tombée du ciel. Ils étaient tous excellents. Tellement, que j’ai envie de poursuivre ma découverte de Lovecraft, revu par le mangaka Gou Tanabe qui fait un formidable travail d’adaptation. Plus je découvre ses livres, plus je suis sous le charme.

Dans l’abîme du temps a été publié originalement en 1936. C’est une histoire qui s’inscrit tardivement dans le processus de création de Lovecraft puisqu’il décède l’année suivante. Ici, son adaptation est un gros manga de près de 360 pages. Il raconte l’histoire du professeur d’économie Nathaniel Peaslee, dont la vie a été tout à coup entièrement chamboulée. Du jour au lendemain, sa famille ne le reconnaît plus. On jurerait qu’il est devenu fou! Il s’intéresse à des domaines qui ne l’ont jamais intéressé et se passionne soudain pour les sciences occultes… Il est soudain très différent. Il comprend des langues inconnues et a l’air d’un parfait étranger aux yeux de son entourage. Son comportement particulier sèmera la division au sein de sa famille. Seul un de ses fils restera à ses côtés. 

Quand le manga débute, nous sommes au Massachusetts en 1908. Entre le travail tranquille d’un professeur d’université et une expédition dans le désert d’Australie-occidentale, l’histoire nous plonge dans le voyage dans le temps et le transfert de personnalité. Il y est aussi question d’amnésie, de visions et d’étranges souvenirs qui assaillent le professeur Peaslee. Toute sa vie, il travaillera à tenter de comprendre ce qu’il a vécu.

« Mon but en réalisant cette étude était de montrer comment les mythes et légendes pouvaient agir sur l’imaginaire et influencer notre psychisme. »

Comme tous les mangas de Gou Tanabe, Dans l’abîme du temps est une superbe adaptation. Le dessinateur réussit à rendre en image tout le côté sombre et effrayant des histoires de Lovecraft. C’est un véritable plaisir pour les yeux! Visuellement, le trait de crayon est époustouflant. En images, de cette façon, l’expérience de lecture donne encore plus le frisson. L’histoire se lit sans temps mort et on se laisse embarquer par l’imagination inquiétante de Lovecraft et le dessin magnifiquement détaillé de Gou Tanabe. On y retrouve comme toujours des thèmes chers à Lovecraft et des allusions à Edgar Allan Poe.

Vous ne connaissez pas encore ces mangas? C’est le moment de les découvrir puisqu’il y en a quelques uns de parus jusqu’à maintenant. Ils en valent vraiment la peine!

Ce titre faisait partie d’un coffret magnifique avec La couleur tombée du ciel. C’est vraiment un beau cadeau à offrir d’ailleurs (ou à garder pour soi ) tellement les livres sont d’une belle qualité. J’ai hâte d’en lire d’autres!

Dans l’abîme du temps, Gou Tanabe, d’après H.P. Lovecraft, éditions Ki-oon, 368 pages, 2019

Le vilain petit canard

Depuis son jeune âge, Hans Christian Andersen se savait différent des autres. Il a écrit Le Vilain Petit Canard comme une métaphore de sa propre vie. Dans cette nouvelle version sanglante, le personnage principal nous relate une existence beaucoup plus funeste… Un informaticien orphelin aspirant à une vie plus palpitante, qui ne trouve le réconfort que dans les jeux vidéo. Une intrigante voisine aux mystérieuses sorties nocturnes. Une bande de marginaux dirigée par un personnage controversé se faisant appeler Démon. Un nightclub clandestin recelant un passage vers l’antichambre de l’enfer.

Je trouve les couvertures des livres de la collection Les contes interdits superbes. La collection a quelque chose d’attirant et l’ensemble me semble visuellement très réussi. C’est pour une raison aussi simple que celle-là que j’ai eu envie de tester un des titres de la série. Mon choix s’est porté sur Le vilain petit canard, un conte que j’ai beaucoup entendu raconter étant enfant. J’avais envie de sortir de ma zone de confort (et avec ce livre, c’est vraiment le cas) afin de découvrir cette réécriture plus sombre et très sanglante de l’œuvre originale. Ici, nous sommes donc dans un conte horrifique, très loin du conte original. 

Informaticien, orphelin, geek, joueur et solitaire, Clay se sent à part des autres. C’est un jeune homme très timide et mal à l’aise. Amoureux de sa voisine, il n’a aucune idée de ce qui l’attend quand il se rapproche d’elle et fait la rencontre de Démon, qui l’invite à une soirée. La prestance de Démon l’attire et lui fait peur, mais il pense surtout à Isabella, qui lui plaît. Cette soirée changera complètement sa vie. 

« Je ressentis un long frisson glacé me parcourir l’échine, et mon pouls s’accélérer. Qui était cette personne? Comment pouvait-elle être encore en vie? Allait-on me réserver le même sort pour m’être aventuré là où je ne le devais pas? Devais-je faire demi-tour? Appeler la police? »

Clay a toujours été à part des autres. C’est un solitaire, rejeté des autres. Il n’a pas vraiment de liens avec sa famille. Il s’enferme donc sur lui-même et passe son temps à jouer à des jeux vidéos violents. On découvre, au fil des pages, ce qui se cache derrière l’évolution de Clay. C’est un peu le lien avec le conte original, l’évolution du personnage principal qui est mal-aimé et seul, et qui fini par inspirer le respect et s’intégrer à un groupe. 

J’ai aimé l’écriture de Christian Boivin, simple, mais prenante, qui nous amène dans son univers déjanté et sanglant, un monde fait de vampires et de chasseurs, en marge de notre vie quotidienne. Avec cette réécriture de conte très sanglante, je suis sorti de ma zone de confort. Il s’agissait de mon premier Conte interdit. Le vilain petit canard n’a pas été un coup de cœur, mais j’ai tout de même aimé cette lecture. Ça m’a quand même surpris d’avoir su apprécier ce livre malgré tout, et d’avoir passé un bon moment, car l’horreur n’est pas vraiment un genre que j’affectionne normalement. C’était vraiment très différent de mes lectures habituelles!

Le vilain petit canard, Christian Boivin, éditions Ada, 185 pages, 2018

La Couleur tombée du ciel

Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien. Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…

Après avoir lu Les Montagnes hallucinées tome 1 et Les Montagnes hallucinées tome 2 de Gou Tanabe, adaptés des histoires de H. P. Lovecraft, j’ai eu très envie de poursuivre la découverte de ses œuvres. Je suis rapidement tombée sous le charme du trait de crayon de Gou Tanabe et de sa façon spectaculaire d’adapter les livres de Lovecraft. Il était donc tout naturel que je poursuive ma découverte et j’ai choisi La Couleur tombée du ciel

Sans surprise, j’ai vraiment adoré cette histoire, publiée pour la première fois en 1927. Ici, l’auteur nous raconte la vie de la famille Gardner, des fermiers qui ont un grand lopin de terre sur lequel ils cultivent toutes sortes de plants et s’occupent aussi de plusieurs arbres fruitiers. Ils sont amis avec leurs voisins, mènent une vie agréable, plutôt paisible et travaillent fort pour faire fructifier leurs terres. Un beau jour, une météorite très particulière atterrit avec fracas dans leur jardin.

« Ce n’était qu’une couleur – mais aucune des couleurs de notre terre ou des cieux. »

L’étrange objet attire des scientifiques et des professeurs qui tentent de l’étudier. Après la chute de l’objet, la ferme commence à être la proie d’événements étranges et dramatiques. Les Gardner changent. Leurs voisins ne les reconnaissent plus. Leurs terres deviennent infertiles. D’étranges choses y poussent. Rien ne sera jamais plus comme avant pour les Gardner… Ce qui est intéressant, c’est la façon dont l’histoire nous est racontée. Bien après les événements, un jeune homme chargé d’effectuer des relevés topographiques arpente les lieux désertés et fait la connaissance du voisin des Gardner. 

« Avant même d’arriver dans la vallée dont j’étais chargé d’effectuer les relevés pour la construction d’un nouveau réservoir, j’avais déjà été prévenu que les lieux étaient maudits. »

Cette histoire est intrigante, horrifiante, prenante et vraiment bien menée. C’est vraiment une lecture qui vaut la peine, dans laquelle on plonge avec inquiétude. L’intrigue est terrifiante, puisque l’histoire joue beaucoup avec la normalité, qui devient du jour au lendemain irréelle et incontrôlable. Tout dérape pour les Gardner et c’est avec étonnement que l’on découvre les événements qui perturbent leur vie à jamais. Il faut dire que Lovecraft a le don de créer une intrigue qui crée l’inquiétude et monte crescendo vers l’horreur. Les dessins sont parfaits pour contribuer à cette atmosphère terrifiante qui se referme doucement sur les personnages.

« Ce sont ces incidents insolites qui, en se propageant par le bouche-à-oreille, constituèrent le socle de la légende qui se forma dans les années qui suivirent. »

J’ai adoré cette histoire qui se déroule sur une ferme. Déjà, l’objet-livre est superbe, avec son format un peu plus grand et sa couverture suédée. L’adaptation est sombre et époustouflante. Le trait de crayon de Gou Tanabe me fascine à chaque fois. Il est précis, détaillé et réussit à rendre à merveille toute l’horreur inspirée par le texte de Lovecraft.

Je crois vraiment que Gou Tanabe va devenir l’un de mes mangaka préféré!

La Couleur tombée du ciel, Gou Tanabe, d’après H.P. Lovecraft, éditions Ki-oon, 192 pages, 2020

Les Montagnes hallucinées tome 2

À son arrivée au campement de Pr Lake, l’équipe du Pr Dyer découvre un véritable charnier… Seul Gedney, l’assistant du biologiste, aurait vraisemblablement réussi à fuir en traineau. Mais l’homme a t-il réellement une chance de survivre dans ces contrées hostiles? Rien n’est moins sûr… Il est pourtant le seul qui saurait expliquer le spectacle de désolation que les scientifiques ont sous les yeux, et surtout le mystérieux tumulus qui renfermait les spécimens décrits par son mentor quelques jours plus tôt ! Bien décidé à retrouver le disparu, le géologue part en expédition au-delà des montagnes…

J’avais adoré ma lecture du premier tome de cette histoire. Il s’agit de l’adaptation en manga du roman de H.P. Lovecraft, Les montagne hallucinées. Le premier tome m’avait beaucoup plu, tant au niveau de l’histoire que de son adaptation graphique. Le dessin est d’une précision et d’une beauté, c’est vraiment magnifique. Je n’ai encore jamais lu Lovecraft, mais la découverte de ce manga me donne une furieuse envie de me lancer dans son œuvre et de découvrir par le même fait, les autres adaptations qu’en a fait Gou Tanabe. J’en ai d’ailleurs deux autres qui m’attendent et que j’ai très hâte de lire: Dans l’abîme du temps et La couleur tombée du ciel. Il faut dire que la qualité est vraiment au rendez-vous. On sent que l’adaptation est soignée, tant pour le scénario que pour le dessin. 

Ce deuxième tome se poursuit là où on avait laissé l’équipe de sauvetage dans le premier tome. Après avoir fait la « découverte du siècle », l’équipe du professeur Lake en informe ses collègues, sans mentionner de quoi il s’agit, puis c’est le silence radio. N’ayant plus de nouvelles, une équipe de sauvetage part sur les traces du professeur pour comprendre ce qui s’est passé. Elle retrouve le campement dévasté et seul un des leurs semble avoir disparu. Le retrouver est leur unique chance de comprendre et d’expliquer ce qui a pu se passer. 

« C’était donc vrai… Edgar Allan Poe a bien eu accès à des sources insoupçonnées et dangereuses en écrivant ses « Aventures d’Arthur Gordon Pym » il y a un siècle! »

Cavernes, blocs gravés, étranges dessins dans la pierre, vestiges, ce que les hommes découvrent dépasse l’entendement. Ils ne sont même pas certains de ce que c’est, mais une chose est sûre, tout ce qui apparaît devant leurs yeux est très vieux et rappelle les mythes primitifs. Ils se donneront quelques heures pour explorer le terrain et tenter de mettre la main sur Gedney, leur collègue mystérieusement disparu. Leur découverte donne le frisson et coupe le souffle. Ils ne s’attendaient assurément pas à ce qui se présentera à eux et ils en reviendront totalement changés.

Avec ce deuxième tome et les découvertes faites par l’équipe de sauvetage, nous entrons à pieds joints dans la légende, profonde, mythique, effrayante. Plusieurs chapitres nous plongent dans l’histoire des Anciens, les Shoggoths, le mythe de Cthulhu, l’époque glaciaire et les guerres féroces entre différentes espèces. Le dessin de Gou Tanabe est d’ailleurs un véritable tour de force pour représenter avec autant d’effets, tout l’imaginaire horrifique de Lovecraft. C’est avec une étonnante précision graphique qu’il réussit à nous amener avec lui dans un univers sombre et terrifiant.

« Nous décidâmes d’abandonner le matériel, et dès le lendemain matin, le 27 janvier, tous les appareils regagnèrent notre ancienne base. Le 28, nous étions de retour au détroit de McMurdo. Cinq jour plus tard, l’Arkham et le Miskatonic, avec tous les hommes et l’équipement à bord, quittaient le rivage glacé de ce continent maudit. »

En mêlant la science, la science-fiction, l’horreur et les mystères venus d’un autre âge, le texte de H.P. Lovecraft adapté par Gou Tanabe est toujours bien effrayant aujourd’hui. Tranquillement, il instille l’horreur et joue sur le moment précis de la découverte étonnante faite par l’équipe de sauvetage. Nul besoin de préciser que l’intrigue est très efficace et que ce que l’on découvre est totalement surprenant. J’ai adoré le travail de Gou Tanabe qui est vraiment magnifique. Son trait de crayon est juste, précis, détaillé et recrée parfaitement une atmosphère inquiétante et incertaine. 

Cette lecture des deux tomes de l’adaptation en manga du roman Les Montagnes hallucinées, m’a donné envie de lire les autres œuvres de Lovecraft adaptées par Gou Tanabe. Elle m’a aussi donné envie de plonger dans l’univers de H.P. Lovecraft pour découvrir ses écrits et, pourquoi pas, éventuellement sa biographie? 

Mon avis sur le premier tome.

Les Montagnes hallucinées tome 2, Gou Tanabe, d’après l’œuvre de H.P. Lovecraft, éditions Ki-oon, 336 pages, 2019