Stranger Things: Six

Stranger Things Six1978. Six n’est pas une adolescente comme les autres : elle a un don, celui de prédire l’avenir. Enfermée dans le laboratoire d’Hawkins, elle est soumise à d’étranges tests sous la supervision du docteur Brenner, qui est prêt à tout pour exploiter son potentiel. Mais dans un flash, elle aperçoit un futur funeste et grouillant de monstres… à moins qu’ils ne soient déjà autour d’elle ?

Six est en quelque sorte le tome deux de la série de bandes dessinées écrite par Jody Houser. Toutefois, c’est essentiellement parce que les BD reprennent un modèle similaires et s’inspirent de l’univers de Stranger Things, qu’on peut les considérer comme formant un tout. Cependant, elles peuvent se lire séparément. Stranger Things: de l’autre côté reprenait l’histoire de la première saison de la série du point de vue de Will. C’était très intéressant et j’avais adoré. Avec Six, les auteurs nous offrent une toute autre histoire, aussi dramatique que celle d’Eleven.

Nous sommes donc en 1978. C’est quelques années avant la série, qui se déroule en 1983. Francine est une adolescente dotée de pouvoirs particuliers. Elle réussit à « voir des choses ». Toute son enfance, son père profite de son don pour s’enrichir. Une erreur de sa part déclenche chez son paternel une colère noire. Toute sa vie on lui répète qu’elle peut faire mieux.

Les choses ne sont pas différentes quand elle rencontre le docteur Brenner. Persuadé qu’elle lui cache des choses, Brenner ne lui facilite pas la vie au laboratoire et Francine, qui pensait tout d’abord pouvoir mettre ses capacités à contribution pour de bonnes raisons, déchante bien vite. Ses pouvoirs sont très puissants et nous offrent des échos en lien avec l’intrigue directe de la série. Cet aspect est vraiment très intéressant.

Comme avec la série Stranger Things, on ne peut s’empêcher de penser à Stephen King. Il y a d’ailleurs un beau clin d’œil à Carrie dans la bande dessinée, que Francine lit à la bibliothèque du laboratoire. En lisant Six, j’ai aussi eu l’impression de retrouver un peu l’ambiance de L’Institut (toujours de King) et le même genre d’atmosphère dans le roman inspiré de la série, Stranger Things – Suspicious Minds. L’histoire de Six est similaire à celle de Terry. Elle est tout aussi terrifiante.

En lisant tous ces livres autour de l’univers de Stranger Things, j’ai l’impression de mettre en place certaines pièces de casse-tête et d’avoir une vue d’ensemble de plus en plus grande de tout l’univers créé à la base par les frères Duffer. À travers les années, les ravages du docteur Brenner ont été épouvantables. Même si Six m’a semblée moins aboutie comme bande dessinée que l’avait été la première, j’ai tout de même passé un bon moment. La fin est assez brusque et il semble qu’il y aura une suite. J’ai hâte de voir la traduction de la prochaine parution, intitulée en anglais Into the Fire, qui semble être la suite directe de l’histoire de Six.

Un petit mot sur l’objet-livre en particulier. Tout comme la première BD, je trouve que le visuel de ces livres est très soigné. La BD est d’un grand format appréciable et il y a plusieurs pages d’illustrations pleine grandeur créées par différents artistes. Ça apporte un plus au plaisir de lire ces histoires. Si vous aimez l’univers créé par les frères Duffer, je vous la suggère!

Mon avis sur la première bande dessinée des mêmes auteurs:

Stranger Things: Six, Jody Houser & Edgar Salazar , éditions Mana Books, 96 pages, 2020

Sherlock épisode 4 partie 1: Un scandale à Buckingham

Sherlock 4Grâce au blog de John Watson relatant les multiples enquêtes élucidées par Sherlock, notre détective devient de plus en plus célèbre. A tel point qu’un membre de la famille royale lui confie une nouvelle affaire consistant à récupérer des photos compromettantes prises par Irène, une femme dangereuse, aussi intelligente que culottée. 

Voici le tome 4 partie 1 de l’adaptation en manga de la série Sherlock. Ce tome correspond en fait au début de la deuxième saison de la série. Comme les autres tomes, il s’agit d’une adaptation conforme à l’épisode. Dialogues, scènes, tout est comme dans la série. C’est donc un plaisir d’y retrouver l’ambiance propre aux épisodes que j’aime tant.

L’épisode commence là où se terminait le troisième tome, sur une scène explosive. C’est dans cet épisode que nous faisons connaissance d’Irene, une femme très particulière, dominatrice et manipulatrice. Elle est brillante et sa façon de réfléchir suscite tout de même l’admiration de Sherlock. Sa rencontre avec le détective fait des flammèches et semble le déstabiliser, ce qui est une grande première en soi. C’est d’ailleurs un des épisodes où Sherlock se retrouve avec deux « ennemis »: Moriarty et Irene.

L’histoire offre comme toujours plus d’une enquête à la fois. L’étrange mort d’un randonneur et des photos compromettantes pour une illustre cliente de Buckingham Palace croisent la route d’Irene, qui n’en a pas terminé avec Sherlock…

On perçoit également le mode de fonctionnement très différent entre John et Sherlock. John écrit un blogue de plus en plus populaire et c’est ce qui attire des clients… quoique pas toujours au goût de Sherlock!

« Cette affaire vaut six. Je ne sors pas en dessous de sept, on s’était mis d’accord, non?
-On a dit ça quand?
-Hier.
-J’étais à Dublin hier.
-Tu n’avais qu’à écouter.
-Tu me parles quand je suis absent?
-Je ne sais pas. Tu l’es souvent? »

Un scandale à Buckingham est un épisode à la fois très drôle et un peu triste. Il y a des moments vraiment cocasses, qui me faisaient rire aussi à l’écran. L’épisode du drap à Buckingham par exemple est hilarant et malgré le sérieux de Sherlock et John, on voit leur belle complicité et certains moments où ils s’amusent réellement. Il y en a d’autres, comme ce moment à Noël avec Molly ou bien quand Sherlock démontre quelques faiblesses, qui sont plus « tristes ». Lui aussi peut se faire avoir. Il n’est pas infaillible et c’est intéressant de voir ce côté de lui.

« Toutes les vies ont une fin. Tous les cœurs se brisent. La compassion n’est pas un avantage… mais une faiblesse, Sherlock. »

Comme toujours, un manga bien intéressant à lire. Un petit plus si vous êtes fan de la série. Pour ma part, j’ai bien hâte à la sortie du prochain tome!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Sherlock épisode 4 partie 1: Un scandale à Buckingham, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 240 pages, 2019

Sherlock épisode 3: Le grand jeu

Sherlock 3En manque d’enquêtes intéressantes, Sherlock s’ennuie. C’est alors qu’une étrange explosion a lieu à proximité du 221B. Suite à ses investigations, la police trouve une lettre à l’attention de Sherlock avec un téléphone portable rose à l’intérieur. Là encore, et à l’instar de nombreuses affaires récentes, Moriarty se trouve derrière cette tentative d’intimidation. Par la suite, prenant diverses personnes en otage à qui il fait mettre des ceintures d’explosifs, le malfaiteur fait passer des épreuves à Sherlock. 

Je poursuis ma lecture des adaptations en manga de la série Sherlock avec ce troisième épisode, Le grand jeu, sans doute le plus intense en émotions de la saison 1! Explosions, prises d’otages et bombes humaines sont au programme. Le mystérieux adversaire de Sherlock s’amuse avec lui. Il prend plaisir à le faire enquêter en mettant la vie d’innocents en danger. Les heures sont comptées et Sherlock doit trouver la réponse à l’énigme que Moriarty lui soumet.

Dans ce tome, parfaitement conforme au troisième épisode de la première saison de la série Sherlock, on fait la connaisse réelle de Moriarty. C’est un épisode qui est riche en émotions car la trame est très inquiétante. Des passants sont bardés d’explosifs jusqu’à ce que Sherlock dénoue les fils de l’énigme. Après quoi, seulement, ils peuvent être sauvés.

De la découverte d’une paire de chaussures dans une pièce vide, en passant par un tableau mit aux enchères, les enquêtes sont toutes particulières et différentes. Moriarty joue avec Sherlock en le faisant danser comme une marionnette. Il le manipule en quelque sorte et réussit même à le surprendre par moments. Moriarty est en quelque sorte le pendant négatif de Sherlock. Un homme brillant, tout aussi féroce, mais qui a basculé du côté obscur. On constate aussi un nouveau sentiment chez Sherlock, une sorte d’attachement à John, qu’on ne lui voit pas souvent ressentir.

Il y a quelques moments d’humour, lorsque Sherlock qui se meurt d’ennui, tire dans les murs avec son pistolet, abîmant toute la décoration. Ou alors quand John découvre une tête coupée dans le frigo.

« Il y a une tête dans le frigo.
-Et alors?
-Une putain de tête!!
-Et où veux-tu que je la range? Ça ne t’ennuie pas trop, j’espère? »

Les prises de bec entre Sherlock, plus fantaisiste et détaché, et John, beaucoup plus terre à terre, sont courantes ici. Ils ne se comprennent pas toujours, même si on voit clairement que leur amitié se développe. Le frère de Sherlock, Mycroft, apparaît plus régulièrement en tentant parallèlement d’embaucher Sherlock pour une affaire top secrète.

La scène finale du manga était, à l’époque, très marquante lors de la fin de la saison 1 et nous laissait dans l’attente de la suite, avec de nombreuses questions. L’auteur du manga reprend la même scène pour nous replonger dans l’intrigue assez forte de cet épisode.

Comme toujours, le travail de Jay pour reprendre scène par scène la série Sherlock est impeccable. Le dessin est soigné, on reconnait bien les personnages, les scènes de la série et les intrigues. L’émotion est bien là. Un manga à dédier aux passionnés de la série, qui y retrouveront tout le plaisir des intrigues visionnées à l’écran.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Sherlock épisode 3: Le grand jeu, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 240 pages, 2017

Sherlock épisode 2: Le banquier aveugle

Sherlock 2Sur le mur d’une salle de banque est découvert un étrange symbole peint en pleine nuit. Sherlock devine rapidement que ce message a été inscrit à l’intention d’un des employés nommé Van Coon. Mais celui-ci est retrouvé mort dans son appartement…  Cryptogrammes et meurtres en série sont au programme de ce deuxième épisode de l’adaptation de la célèbre série TV Sherlock !

Cette série manga écrite et dessinée par Jay est vraiment intéressante pour les fans de la série télé Sherlock, l’adaptation moderne du personnage de Sherlock Holmes revu et imaginé par Steven Moffat et Mark Gatiss.

Avec ce manga, Jay reprend presque scène par scène l’histoire de l’épisode télé. Avec ce second tome, Le banquier aveugle, nous retrouvons donc Sherlock et John dans leur appartement du 221b Baker Street qu’ils partagent maintenant ensemble. Les deux hommes n’ont pas forcément les mêmes préoccupations au quotidien. Si John se casse la tête pour pouvoir payer les factures et cherche donc du travail, Sherlock s’ennuie quand il n’y a rien à résoudre.

Une connaissance de Sherlock l’appelle alors qu’ils ont eu une effraction à son bureau de la banque. D’étranges cryptogrammes ont été laissés et en suivant la piste de ce code secret utilisé pour communiquer, Sherlock et John se retrouvent à enquêter sur une étrange affaire mêlant vol d’antiquités et mafia chinoise. Pendant qu’ils cherchent à découvrir ce qui se passe, les cadavres commencent à les devancer. Partout où ils vont, c’est la mort qu’ils découvrent: quelqu’un les a devancé.

J’aime bien cet épisode qui a plusieurs intrigues parallèles toutes reliées finalement entre elles. C’est aussi intéressant de plonger dans un monde de cryptogrammes, de graffitis et d’antiquités chinoises. La scène d’ouverture avec la cérémonie du thé dans de vieilles théières datant de quelques siècles, m’a toujours beaucoup plu. On la retrouve évidemment dans ce manga, puisqu’il est parfaitement fidèle à la série.

C’est donc un bonheur pour moi (et sans doute pour ceux qui sont fans de Sherlock) de retrouver le plaisir des épisodes vus à la télé. J’adore!

Mon avis sur le premier tome: Sherlock épisode 1: Une étude en rose

Sherlock épisode 2: Le banquier aveugle, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 212 pages, 2017

Sherlock épisode 1: Une étude en rose

Sherlock 1Rapatrié d’Afghanistan à cause d’une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l’époque de la faculté de médecine qui lui présente son futur colocataire. D’un seul coup d’œil, cette personne devine qu’il s’agit d’un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu’un de ses proches est victime d’alcoolisme ou encore qu’il est suivi par un thérapeute. Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.

Avant toute chose, il faut savoir que je suis une grande fan de la série Sherlock. Disons, de Sherlock Holmes en général, mais l’adaptation en série qu’en ont fait Mark Gatiss et Steven Moffat m’a littéralement fait vibrer. C’est la série que j’ai vu le plus souvent (surtout les deux premières saisons qui sont mes préférées), en français ET en anglais. Je dois préciser que je ne regarde jamais rien en anglais… Quand j’ai découvert l’existence de cette adaptation en manga, j’étais vraiment très heureuse! Poursuivre le plaisir de la série, mais sous forme de livre, ça me parlait beaucoup.

Ce manga est une adaptation très très fidèle de la série. Tellement fidèle que je m’amusais à dire les dialogues à voix haute avant même de lire la page. J’ai eu un plaisir fou à replonger dans cette histoire de tueur en série très intrigante. C’est avec ce premier épisode que Sherlock Holmes et John Watson se rencontrent et deviennent colocataires. L’intrigue étant celle de la série, je la connaissais déjà par cœur. Pourtant, ça ne m’a pas empêché de suivre l’enquête et les réflexions menées par Sherlock et John avec un grand bonheur. Une étude en rose est une belle adaptation contemporaine de la première aventure de Holmes et Watson éditée en 1887 et intitulée Une étude en rouge. On y retrouve de nombreux éléments bien adaptés à notre époque. C’est à la fois une adaptation d’un classique et une réécriture contemporaine. Avec son manga, Jay réussit à rendre ce que Gatiss et Moffat ont réussi avec la série: redonner vie à un personnage classique, dans un monde où les technologies sont partout et n’existaient pas à l’époque de Sherlock Holmes.

« C’est le destin des génies de ce monde. L’intelligence n’a d’intérêt que si elle peut être comparée à celle des autres. »

Le manga est très beau. Le dessin est délicat et fidèle à l’image que nous avons de la série. Les personnages sont reconnaissables, l’émotion et l’humour est bien rendus. Je crois que Jay a le talent de rendre l’atmosphère des épisodes en manga. Le format du manga m’a aussi beaucoup plu. Il est plus grand que les mangas habituels. Je trouve la prise en main et la lecture plus aisée avec ce format.

Il y a quelque chose de totalement réjouissant pour la fan que je suis, de découvrir l’histoire sous forme de manga. Les dialogues passent aussi bien qu’à l’écran, avec une pointe de mordant qui m’a toujours beaucoup plu. Retrouver l’apparence des acteurs qui incarnent les personnages est très agréable. C’est comme une nouvelle façon d’aborder cette histoire, sur papier cette fois. J’avais un peu peur que ce soit ennuyant vu que le scénario est le même que celui de la série, mais ce n’est pas le cas. Ce manga a été une belle surprise et j’ai eu grand plaisir à le lire. J’avais l’impression de revivre l’émotion des premiers visionnements de cet épisode il y a quelques années, quand c’était encore tout nouveau. Le plaisir est assurément au rendez-vous!

Sherlock est sans doute la série qui m’a le plus marquée. Je trouve que le travail des auteurs pour transposer dans notre monde moderne le personnage de Sherlock, apparu pour la première fois en 1887, est exceptionnel. Les clins d’œil à l’oeuvre originale sont nombreux et la façon de respecter l’essence du personnage et des différentes aventures est particulièrement notable.

Lors de sa sortie, les fans étaient déchaînés sur les réseaux sociaux et j’ai lu quantité de fanfictions, vu de nombreuses vidéos, des entrevues, des textes et des suppositions autour de l’intrigue de la série. Je suis plus que ravie maintenant de pouvoir la lire en manga. Il y a quatre tomes parus jusqu’à maintenant et j’ai la chance de les avoir dans ma pile à lire. Je ne crois pas qu’ils y resteront longtemps, je vais les dévorer je crois bien!

Sherlock épisode 1: Une étude en rose, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 228 pages, 2017