Stranger Things: La brute

James et Troy – les petites frappes qui terrorisaient Mike, Lucas, Dustin et Will – tentent de percer le mystère des facultés psychiques d’Onze dans ce récit terrifiant ! Troy fait des cauchemars à propos de cette dernière depuis qu’elle l’a humilié devant toute l’école et qu’elle lui a cassé le bras. Impuissant et anxieux, il est déterminé à prouver que ce qui s’est passé avec elle n’était qu’une mise en scène et que ses prétendus « super-pouvoirs » sont une supercherie. C’est alors que James et lui vont faire la rencontre des Démo-chiens…

C’est toujours plaisant pour la fan de Stranger Things que je suis, de retrouver un nouveau livre dans l’univers de la série. L’auteur, Greg Pak, nous avait offert une première bande dessinée Stranger Things assez particulière l’an dernier, qui m’avait bien plu justement parce que l’intrigue dépassait pas mal le cadre de la série et amenait aussi tout le côté cinéma que j’avais bien aimé. Stranger Things : Zombie Boys était d’ailleurs à ce propos plus original que La brute, même si j’ai quand même bien apprécié cette lecture.

Cette fois, l’auteur s’attarde sur James et Troy, deux personnages détestables de la série. Petites brutes, menées par Troy, ils sont méchants, s’en prennent aux plus faibles et on ne les aime pas beaucoup. Des petites brutes comme eux, on en a tous rencontrés à l’école. Dans la série, ils s’acharnent sur le groupe d’amis et peuvent être assez violents. Onze ne s’en laisse pas imposer et avec ses pouvoirs, elle protège ses amis des coups pendables de Troy.

Dans cette bande dessinée, c’est Troy qui devient le personnage principal. On en apprend donc un peu sur lui et sur la façon dont sa dynamique familiale fonctionne. Après avoir été humilié par Onze, Troy fait continuellement des cauchemars. Ses parents n’en peuvent plus et on comprend bien vite quelle genre d’éducation il reçoit de son père. 
Troy et James veulent lever le voile sur les soi-disant pouvoirs de Onze et c’est en partant à sa recherche dans les bois qu’ils vont voir les Démo-chiens pour la première fois… Même si Troy n’est pas un enfant facile, on sent qu’un petit quelque chose commence à se fissurer chez lui. 

Ce que j’aime beaucoup avec les bd Stranger Things c’est qu’elles nous permettent de voir l’envers du décor: des scènes qui n’apparaissent pas dans la série, des informations supplémentaires sur ce qui s’est passé qu’on ne voit pas non plus à l’écran et un profil plus descriptif de certains personnages secondaires. Toujours en lien avec des scènes de la série. Ici par exemple, on a droit à des scènes de la saison 2, comme celle de l’Halloween où Will et ses amis sont déguisés en Ghostbusters ou alors, celle du champ de citrouilles.

Une bande dessinée que j’ai bien aimé, qui s’attarde sur des personnages qui nous sont antipathiques, mais qui projette du même coup un éclairage différent sur ces petites brutes.

Stranger Things: La brute, Greg Pak, Valeria Favoccia, Dan Jackson, éditions Mana-Books, 72 pages, 2021

Catamount t.4: La rédemption de Catamount

Traqué par les shérifs, poursuivi par les chasseurs de primes, Catamount est devenu plus sauvage que la bête fauve qui l’a sauvé à sa naissance. Sur le chemin de sa fuite, la rencontre d’une vieille dame au cœur de porcelaine va lui offrir une chance de se racheter. Une dernière chance…

Catamount est une série de bandes dessinée librement adaptée de l’œuvre d’Albert Bonneau. Ils s’agit de western aux dessins très détaillés et magnifiques, qui suivent le destin de Catamount, un nouveau-né rescapé d’une tuerie, en pleine conquête de l’Ouest. Au fil des tomes, Catamount grandit avec une soif de vengeance pour sa famille décimée. On le voit évoluer comme le font les personnages de western, entre les querelles et les guerres.  La rédemption de Catamount est le quatrième tome de la série. Les autres tomes m’avaient beaucoup plu et celui-ci poursuit bien la série. Il déborde d’action!

« La Big Blue, affluent de la Canadian River n’est pas une rivière calme et limpide. Elle sépare deux états: le Kansas et le Texas. Et plus précisément le Canton d’Amarillo et celui de Tuscosa. La Big Blue est une véritable frontière, dangereuse et inquiétante. La traverser est un challenge périlleux… »

Cette bande dessinée est en fait un western assez classique, avec un personnage que j’aime beaucoup. On s’attache à lui puisqu’on le suit de l’enfance à l’âge adulte. Ici, Catamount est recherché. Il a tué l’homme responsable de la mort des membres de sa famille et sa tête est mise à prix. Il croisera sur sa route des personnages qui vont lui donner un coup de main. Il tentera de leur rendre la pareille en retour. J’ai beaucoup aimé Paquita Mendez, une femme qui mène d’une main de fer ses affaires et sa ferme, le jeune William et la vieille dame qui accueille Catamount. Les personnages secondaires sont très intéressant dans cette histoire.

Ayant vécu le massacre de sa famille et étant au cœur de guerres entre différents clans, l’histoire de Catamount est prenante et les dessins sont beaux et détaillés. Je ne lis pas énormément de western, mais j’aime bien en découvrir de bons de temps à autres, surtout quand ils sont bien menés. C’est le cas de cette série avec laquelle je passe toujours un bon moment.

À noter que le premier tirage de ce tome comporte un beau cahier graphique en fin de volume, avec des dédicaces, des affiches, les couvertures des romans d’Albert Bonneau et d’autres croquis.

Ce tome termine le premier cycle, je suppose donc qu’il y aura d’autres tomes éventuellement. Je l’espère!

Mon avis sur les autres tomes:

Catamount t.4: La rédemption de Catamount, Benjamin Blasco-Martinez, Gaet’s, d’après Albert Bonneau, éditions Petit à Petit, 64 pages, 2021

Dans l’abîme du temps

En 1935, au fin fond de l’Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d’une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d’aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert… Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l’époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants… jusqu’au jour où il s’effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence, mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu’à se plonger dans l’étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous…

Dans l’abîme du temps est une adaptation du roman du même nom de H.P. Lovecraft. J’ai déjà lu – et adoré! – Les Montagnes hallucinées tome 1 et tome 2 ainsi que La Couleur tombée du ciel. Ils étaient tous excellents. Tellement, que j’ai envie de poursuivre ma découverte de Lovecraft, revu par le mangaka Gou Tanabe qui fait un formidable travail d’adaptation. Plus je découvre ses livres, plus je suis sous le charme.

Dans l’abîme du temps a été publié originalement en 1936. C’est une histoire qui s’inscrit tardivement dans le processus de création de Lovecraft puisqu’il décède l’année suivante. Ici, son adaptation est un gros manga de près de 360 pages. Il raconte l’histoire du professeur d’économie Nathaniel Peaslee, dont la vie a été tout à coup entièrement chamboulée. Du jour au lendemain, sa famille ne le reconnaît plus. On jurerait qu’il est devenu fou! Il s’intéresse à des domaines qui ne l’ont jamais intéressé et se passionne soudain pour les sciences occultes… Il est soudain très différent. Il comprend des langues inconnues et a l’air d’un parfait étranger aux yeux de son entourage. Son comportement particulier sèmera la division au sein de sa famille. Seul un de ses fils restera à ses côtés. 

Quand le manga débute, nous sommes au Massachusetts en 1908. Entre le travail tranquille d’un professeur d’université et une expédition dans le désert d’Australie-occidentale, l’histoire nous plonge dans le voyage dans le temps et le transfert de personnalité. Il y est aussi question d’amnésie, de visions et d’étranges souvenirs qui assaillent le professeur Peaslee. Toute sa vie, il travaillera à tenter de comprendre ce qu’il a vécu.

« Mon but en réalisant cette étude était de montrer comment les mythes et légendes pouvaient agir sur l’imaginaire et influencer notre psychisme. »

Comme tous les mangas de Gou Tanabe, Dans l’abîme du temps est une superbe adaptation. Le dessinateur réussit à rendre en image tout le côté sombre et effrayant des histoires de Lovecraft. C’est un véritable plaisir pour les yeux! Visuellement, le trait de crayon est époustouflant. En images, de cette façon, l’expérience de lecture donne encore plus le frisson. L’histoire se lit sans temps mort et on se laisse embarquer par l’imagination inquiétante de Lovecraft et le dessin magnifiquement détaillé de Gou Tanabe. On y retrouve comme toujours des thèmes chers à Lovecraft et des allusions à Edgar Allan Poe.

Vous ne connaissez pas encore ces mangas? C’est le moment de les découvrir puisqu’il y en a quelques uns de parus jusqu’à maintenant. Ils en valent vraiment la peine!

Ce titre faisait partie d’un coffret magnifique avec La couleur tombée du ciel. C’est vraiment un beau cadeau à offrir d’ailleurs (ou à garder pour soi ) tellement les livres sont d’une belle qualité. J’ai hâte d’en lire d’autres!

Dans l’abîme du temps, Gou Tanabe, d’après H.P. Lovecraft, éditions Ki-oon, 368 pages, 2019

La Couleur tombée du ciel

Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien. Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…

Après avoir lu Les Montagnes hallucinées tome 1 et Les Montagnes hallucinées tome 2 de Gou Tanabe, adaptés des histoires de H. P. Lovecraft, j’ai eu très envie de poursuivre la découverte de ses œuvres. Je suis rapidement tombée sous le charme du trait de crayon de Gou Tanabe et de sa façon spectaculaire d’adapter les livres de Lovecraft. Il était donc tout naturel que je poursuive ma découverte et j’ai choisi La Couleur tombée du ciel

Sans surprise, j’ai vraiment adoré cette histoire, publiée pour la première fois en 1927. Ici, l’auteur nous raconte la vie de la famille Gardner, des fermiers qui ont un grand lopin de terre sur lequel ils cultivent toutes sortes de plants et s’occupent aussi de plusieurs arbres fruitiers. Ils sont amis avec leurs voisins, mènent une vie agréable, plutôt paisible et travaillent fort pour faire fructifier leurs terres. Un beau jour, une météorite très particulière atterrit avec fracas dans leur jardin.

« Ce n’était qu’une couleur – mais aucune des couleurs de notre terre ou des cieux. »

L’étrange objet attire des scientifiques et des professeurs qui tentent de l’étudier. Après la chute de l’objet, la ferme commence à être la proie d’événements étranges et dramatiques. Les Gardner changent. Leurs voisins ne les reconnaissent plus. Leurs terres deviennent infertiles. D’étranges choses y poussent. Rien ne sera jamais plus comme avant pour les Gardner… Ce qui est intéressant, c’est la façon dont l’histoire nous est racontée. Bien après les événements, un jeune homme chargé d’effectuer des relevés topographiques arpente les lieux désertés et fait la connaissance du voisin des Gardner. 

« Avant même d’arriver dans la vallée dont j’étais chargé d’effectuer les relevés pour la construction d’un nouveau réservoir, j’avais déjà été prévenu que les lieux étaient maudits. »

Cette histoire est intrigante, horrifiante, prenante et vraiment bien menée. C’est vraiment une lecture qui vaut la peine, dans laquelle on plonge avec inquiétude. L’intrigue est terrifiante, puisque l’histoire joue beaucoup avec la normalité, qui devient du jour au lendemain irréelle et incontrôlable. Tout dérape pour les Gardner et c’est avec étonnement que l’on découvre les événements qui perturbent leur vie à jamais. Il faut dire que Lovecraft a le don de créer une intrigue qui crée l’inquiétude et monte crescendo vers l’horreur. Les dessins sont parfaits pour contribuer à cette atmosphère terrifiante qui se referme doucement sur les personnages.

« Ce sont ces incidents insolites qui, en se propageant par le bouche-à-oreille, constituèrent le socle de la légende qui se forma dans les années qui suivirent. »

J’ai adoré cette histoire qui se déroule sur une ferme. Déjà, l’objet-livre est superbe, avec son format un peu plus grand et sa couverture suédée. L’adaptation est sombre et époustouflante. Le trait de crayon de Gou Tanabe me fascine à chaque fois. Il est précis, détaillé et réussit à rendre à merveille toute l’horreur inspirée par le texte de Lovecraft.

Je crois vraiment que Gou Tanabe va devenir l’un de mes mangaka préféré!

La Couleur tombée du ciel, Gou Tanabe, d’après H.P. Lovecraft, éditions Ki-oon, 192 pages, 2020

Stranger Things: Dans les flammes

Des années après s’être échappés du laboratoire d’Hawkins, Ricky et Marcy – deux ex-sujets du docteur Brenner – tentent de retrouver une vie normale. Alors qu’ils sont sur le point de prendre un nouveau départ, leur ancienne prison se retrouve soudainement à la une des journaux nationaux. Ils décident d’affronter leur passé et prennent la route dans l’espoir d’aider les autres enfants qui étaient enfermés avec eux. Lorsqu’ils apprennent que Neuf – la sœur jumelle de Marcy – est toujours en vie, une course contre la montre commence pour la sauver.

Je suis toujours très contente lorsqu’on annonce une nouvelle parution en bande dessinées inspirée de l’univers de la série Stranger Things. Mana Books publie d’ailleurs deux « séries » parallèles, celle de Jody Houser (dont fait partie Dans les flammes) et celle de Greg Pak. Les deux sont différentes et elles ajoutent un petit plus à l’univers en faisant vivre des personnages ou des situations secondaires à la série qui n’apparaissent pas à l’écran. 

J’ai donc lu avec plaisir Stranger Things: Dans les flammes. L’histoire commence à Boston, en 1985. Avec ce tome, les auteurs continuent d’explorer les destins des autres enfants prisonniers du laboratoire du docteur Brenner. Après s’en être échappés, Ricky et Marcy essaient de retracer la sœur jumelle de Marcy, Neuf. Au fil de leurs recherches, ils apprennent des choses sur le laboratoire, rencontrent Kali, un personnage que l’on retrouve à l’écran dans la deuxième saison de la série, et feront tout pour retrouver Neuf. Des retours dans le passé nous permettent de comprendre ce qui est arrivé aux jumelles, pourquoi elles ont croisé la route du docteur Brenner et qui est Ricky. 

J’ai bien aimé que l’histoire crée tout un contexte autour de ceux qui apparaissent comme des ombres dans la série. On sait qu’avant Onze il y a eu d’autres enfants, mais les bandes dessinées leur donnent une âme. Je trouve que le travail dans l’univers de la série est tout de même intéressant. Il permet de rendre encore plus consistant ce qui n’est bien souvent que suggéré à l’écran. C’est donc un petit plaisir pour les fans de la série, qui ont envie de retrouver un peu la même atmosphère étrange et inquiétante.

Avec cette bande dessinée qui vient s’ajouter, les auteurs donnent au laboratoire une ampleur assez effrayante. On réalise que le docteur Brenner étend son influence encore plus loin que le laisse penser la série. J’ai beaucoup apprécié aussi les dessins qu’on retrouve dans la bd Dans les flammes. Ils sont réalistes, soignés et très beaux. Cette lecture s’ajoute au plaisir que j’ai à élargir le monde de Stranger Things, en découvrant ces nouvelles histoires. J’ai beaucoup aimé celle-là qui met le pouvoir de l’imagination, quoique de façon un peu tordue, au service de la survie.

Mon avis sur les autres bandes dessinées de Jody Houser dans l’univers de Stranger Things:

Stranger Things: Dans les flammes, Jody Houser, Ryan Kelly, éditions Mana Books, 112 pages, 2020