La faille en toute chose

Noël approche : la campagne revêt son blanc manteau et s’égaye de joyeuses lumières. Toutefois, pour l’inspecteur-chef Armand Gamache, le temps des retrouvailles au coin du feu est troublé par des ombres menaçantes. Ses meilleurs agents ont quitté la section des homicides, son fidèle lieutenant Jean-Guy Beauvoir ne lui parle plus depuis des mois et des forces hostiles semblent liguées contre lui. Quand Myrna Landers, la libraire de Three Pines, lui demande de l’aider à retrouver l’amie qui devait la rejoindre pour les Fêtes, il saisit l’occasion d’aller se réfugier dans les Cantons-de-l’Est avec ceux qui lui sont restés loyaux. Intrigué par le refus de Myrna de révéler l’identité de la disparue, Gamache découvre qu’il s’agit de la dernière des quintuplées Ouellet. Au terme de son enquête, il trouvera certainement un assassin, mais pourra-t-il enfin trouver la paix ?

La faille en toute chose était le roman de mai pour Un Penny par mois. C’était une excellente lecture, tant cette histoire est vraiment haletante et pleine de rebondissements. J’ai dévoré cette enquête.

À l’approche de Noël, Armand Gamache reçoit l’appel de Myrna de la librairie de Three Pines: une amie à elle qui devait la rejoindre au village n’est jamais venue. Myrna cache d’abord son identité à Armand avant de dévoiler qu’il s’agit d’une des célèbres quintuplées. Naturellement, l’identité de la personne joue beaucoup dans l’enquête puisque les quintuplées ont été très médiatisées en leur temps, avant de se retirer de la vie publique à l’âge où elles pouvaient enfin prendre leurs propres décisions. Évidemment, on ne peut que penser aux célèbres jumelles Dionne qui avaient aussi fait la manchette à l’époque. Louise Penny s’inspire d’ailleurs un peu d’elles pour écrire son histoire. 

Parallèlement à cette enquête inattendue, Armand est de plus en plus mis à l’écart à la Sûreté. Il travaille en marge des autres, avec Lacoste, sa fidèle alliée. Beauvoir lui, a choisi son camp lors de l’enquête précédente. Il a abandonné celui qui avait été son mentor, au profit du détestable Francoeur. Il faut dire que Beauvoir est fragilisé par ce qu’il vit et qu’il devient une proie facile pour un manipulateur comme Francoeur. Les agents de Gamache désertent le navire et son service est en train de se démanteler. Quand un de ses amis déterre quelque chose alors qu’il fouine dans les ordinateurs de la Sûreté, les choses déboulent à une vitesse vertigineuse. L’affaire Arnot plane toujours sur le travail d’Armand, cette maudite affaire qui le poursuit sans cesse d’un tome à l’autre. Cette fois, les choses deviennent de plus en plus dangereuses, l’étau se resserre sur Gamache et sur Three Pines…

« En tant que personne qui connaissait la peur, il savait que le grand danger consistait à la laisser prendre le contrôle. La peur déformait la réalité, la consumait. Créait sa propre réalité. »

J’ai adoré ce roman qui mêle une histoire étrange de quintuplées, une intrigue informatique et des hackers, qui parle aussi de la corruption, d’abus de pouvoir, de mensonges, de la vie privée et publique, de complots pouvant mettre la vie en danger d’un grand nombre de personne, de la vengeance, mais aussi – et heureusement – d’un peu d’espoir.

« Il y a une faille en toute chose
C’est ainsi qu’entre la lumière. »

L’intrigue est soutenue et on suit avec vraiment beaucoup d’intérêt l’évolution des personnages et de ce qu’ils vivent. Il y a également toujours cette pointe d’humour qui se cache dans les dialogue ou au détour d’une scène. Ces moments adoucissent un peu l’histoire. Une enquête enlevante dans laquelle on plonge en croisant les doigts pour que le pire n’arrive pas! Vraiment, un très très bon roman! 

La faille en toute chose, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 512 pages, 2014

La fille qui a sauvé Noël

1840. La petite Amélia S. Perrance vit à Londres avec sa mère, très malade, et Capitaine Suie, son chat noir. Elle souhaite plus que tout que sa maman guérisse. Malheureusement, en cette veille de Noël, le Père Noël, à qui elle a écrit pour lui demander son aide, a bien d’autres chats à fouetter : les lutins sont en colère, les rennes tombent du ciel et les horribles trolls menacent de détruire Lutinbourg. Les efforts du Père Noël pour rétablir le calme semblent vains, et la magie de Noël risque de s’éteindre pour toujours…
Qui parviendra à sauver Noël ?

Il y a deux ans, j’avais lu Un garçon nommé Noël qui fait partie de la même série. J’avais bien aimé ce livre et je voulais poursuivre la série. Oui, ces histoires parlent de Noël, mais je trouve qu’elles peuvent se lire en tout temps, surtout à cause de l’aspect fantastique et du monde magique dans lequel l’auteur nous plonge. 

Les livres de cette série peuvent très bien être lus indépendamment. On comprend très bien l’histoire, même si on n’a pas lu le premier. C’est toutefois intéressant, pour qui le veut, de les lire dans l’ordre, puisqu’Un garçon nommé Noël relate l’histoire du père Noël et la façon dont la légende a pris vie, alors que La fille qui a sauvé Noël se déroule alors que Noël est déjà en place et doit s’occuper de la distribution des cadeaux. 

Celle qui va sauver la fête de Noël s’appelle Amélia et elle vit à Londres. Nous sommes en 1841. La vie est dure et les enfants doivent travailler. Quand sa mère meurt, Amélia reprend son travail comme ramoneuse de cheminée. Mais vu son jeune âge et parce qu’elle est orpheline, c’est plutôt la maison de correction qui la guette. Les orphelins pauvres de l’époque victorienne n’ont pas du tout la vie facile!

De son côté le père Noël doit gérer une attaque de trolls à Lutinbourg. Le travail pour Noël qui approche n’avance pas et le manque de magie a de lourdes conséquences: il fait même tomber les rennes du ciel. Le père Noël doit trouver une solution pour sauver Noël, mais laquelle? Il se tourne alors vers Amélia qui s’avère être un personnage très important de l’histoire de Noël car elle est « la première enfant ». Celle par qui tout a commencé…

« Savez-vous ce qui fait marcher la magie? La magie qui fait voler des rennes dans le ciel? Celle qui aide le père Noël à parcourir le monde entier en une seule nuit? Qui arrête le temps et réalise les rêves? L’espoir. »

Voilà un roman jeunesse amusant, rempli de fées, de lutins, de trolls et d’autres créatures loufoques. On y croise aussi des personnages de l’histoire comme la reine Victoria et l’écrivain Charles Dickens (le préféré d’Amélia d’ailleurs). C’est d’ailleurs le père Noël qui proposera au célèbre écrivain d’écrire une histoire… de Noël! On aime naturellement tous ces clins d’œil amusants!

Ce roman est un peu dans la même veine que les romans de David Walliams. Des histoires qui peuvent se lire en famille et qui sont abondamment illustrées par Chris Mould. C’est une histoire de Noël fantaisiste et pleine de rebondissements. Je crois même que j’ai préféré ce second tome au premier!

Vraiment cette petite série me plait beaucoup! Je compte bien lire le tome trois prochainement. Il existe aussi un quatrième tome, qui semble à première vue moins axé sur Noël.

Si vous aimez ce genre de livres jeunesse, illustré, plein d’humour et de personnages amusants, je vous le conseille. Un vrai plaisir, Noël ou pas!

La fille qui a sauvé Noël, Matt Haig, éditions Hélium, 336 pages, 2017

10 garçons sur ma liste

Pour Sophie, les vacances de Noël s’annonçaient pourtant bien… Ses parents plus-envahissants-tu-meurs partaient pour la Louisiane, lui laissant le champ libre avec son merveilleux petit-ami Griffin. Sauf que Griffin le merveilleux décide de plaquer Sophie le premier jour, la laissant toute seule à pleurer dans sa grande maison. Pour tromper son ennui, elle décide d’emménager temporairement avec ses grands-parents, et toute sa bruyante famille sicilienne réunie pour l’occasion. Et le pire dans tout ça, c’est que Nonna a aussi un plan pour les vacances de Sophie : chaque membre de la famille va lui organiser un blind date. Que le meilleur gagne!

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce livre et ça été une très agréable surprise. J’ai beaucoup ri et j’ai passé un très bon moment. Principalement, parce que l’auteure joue avec les situations complètement loufoques. Le roman se déroule pendant les vacances de Noël, mais ce n’est pas un livre qu’on doit absolument réserver à cette période de l’année. C’est un livre qui se prête bien à une lecture à n’importe quel moment, si on a envie de quelque chose de léger et rempli d’humour.

Sophie s’imagine passer de belles vacances de Noël mais c’est sans compter la conversation qu’elle surprend entre son amoureux, Griffin, et un ami. Son copain la trouve ennuyante et prévoit rompre avec elle. Ses parents étant partis chez sa sœur qui est enceinte et doit garder le lit, Sophie ira donc passer les vacances chez ses grands-parents, entourée de sa grande famille sicilienne. Mais voilà que sa grand-mère veut absolument lui changer les idées. Elle prévoit lui faire rencontrer des garçons pendant son séjour. Sophie est très surprise. Depuis quand sa grand-mère connaît-elle des garçons de son âge?

L’imposante, bruyante et sympathique famille de Sophie décide de participer et d’en faire un jeu. La maison est toujours pleine de monde de toute façon, tout le monde passe quand il veut et s’installe à la table pour déjeuner ou juste pour discuter un moment. La famille de Sophie prend cette histoire de rendez-vous très au sérieux. Tellement au sérieux qu’ils décident de créer un tableau de rendez-vous, où chaque jour, chacun organisera quelque chose pour tenter de trouver un nouvel amoureux à Sophie. Les membres de la famille se chamaillent et prennent même des paris, qui sont scrupuleusement notés, sur l’heure à laquelle Sophie rentrera. Signe que le rendez-vous était réussi, ou pas. Sophie les regarder s’agiter, complètement perplexe, mais décide de se prêter au jeu. Elle n’a pas tellement le choix, vu avec quelle ardeur sa famille s’implique dans le projet un peu fou de sa grand-mère.

Ce roman repose entièrement sur le dos de cette famille rigolote et complètement déjantée, mais très aimante. Sophie se retrouve donc à vivre dix rendez-vous, parfois étranges, parfois romantiques ou totalement loufoques. Que ce soit dans une crèche vivante ou dans un cinéparc, Sophie devra affronter dix garçons différents qu’elle n’oubliera pas de sitôt! Mine de rien, ses problèmes de cœur, sa tristesse et ses soucis familiaux seront adoucis par ces étranges rendez-vous organisés par l’étonnante famille de Sophie.

On imagine aisément la bruyante maison des grands-parents remplie de monde, où les enfants font de la trottinette en plein milieu du salon, où Nonna est aux fourneaux et concocte des desserts fabuleux pendant que tout le monde donne un coup de main à la pépinière familiale. Le tout, entrecoupé des différents rendez-vous de Sophie où vingt membres de la famille accueillent, le nez dans la fenêtre, les prétendants qui se présentent à la maison. 

10 garçons sur ma liste est un livre rigolo, avec des personnages attachants et des situations incongrues. C’est un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire, qui est léger, mais qui aborde aussi certains thèmes plus importants: la rupture amoureuse, la difficulté de conserver des liens familiaux solides lorsqu’on est loin et, par l’entremise de la sœur de Sophie, les problèmes lors d’une grossesse difficile. Le tout est amené avec humour, ce qui est plutôt agréable. Le roman est aussi une variation autour du thème de la famille, mais abordé d’un angle un peu différent. 

Une belle histoire remplie d’humour sur la famille et les liens qui unissent les membres entre eux.

10 garçons sur ma liste, Ashley Elston, éditions Albin Michel, 352 pages, 2021

Une seconde avant Noël

Chers lecteurs (et donc chers amis), vous qui, chaque année, découvrez, émerveillés, vos cadeaux au pied du sapin, vous êtes-vous jamais demandé qui était vraiment le père Noël ? En 1851, dans la cité minière de Cokecuttle, le petit Harold survit péniblement, vivant sous les ponts et ramonant des cheminées. Et pourtant… Harold ignore qu’il est promis à un destin fantastique. Guidé par un génie invisible, il va découvrir un monde peuplé d’arbres magiques, de lutins et de rennes volants. D’extraordinaires voyages l’attendent. Ce jeune orphelin va nous faire découvrir les débuts d’un personnage que nous connaissons bien… Au travers de mille péripéties joyeuses, nous allons assister à un formidable événement : le premier de tous les noëls ! Une seconde avant minuit, la question reste posée : le père Noël parviendra-t-il à livrer les jouets à temps ? Redonnera-t-il aux hommes le goût de l’impossible et du merveilleux ?

J’ai lu ce livre pour la première fois en 2005. J’en gardais un excellent souvenir et j’avais envie de le relire depuis longtemps. À l’époque, je l’avais emprunté, mais j’avais envie de l’avoir à moi, sauf qu’il était épuisé chez nous. Cette histoire, qui se rapproche du conte, est tout à fait le genre de livre qu’on a envie de relire dans la période des Fêtes. Cette réédition, avec l’illustration s’inspirant de Thomas Nast, est parue en Europe en 2020, mais n’a pas été disponible ici avant la fin 2021. Ça aura prit du temps avant que je puisse relire ce roman, mais l’attente aura value la peine! J’ai d’ailleurs vu sur la page de l’éditeur qu’il était indiqué que l’auteur signait une nouvelle version de son célèbre conte avec cette édition. Je suppose donc qu’elle a été remaniée depuis la toute première version. 

Cette histoire est tellement belle et intemporelle, tout à fait le genre de livre que j’aime avoir dans ma bibliothèque et relire au fil des ans. C’est ce livre qui m’a accompagnée tout le long des fêtes cette année. J’en lisais un chapitre de temps en temps. C’était un plaisir que de me replonger dedans après toutes ces années.

Une seconde avant Noël a des airs de conte de Dickens. Le rapprochement est indéniable, tant ce roman, qui est à la fois magique et plein d’aventures, se déroule en grande partie dans les bas-fonds de Londres, quelques années après la Révolution industrielle. L’histoire débute en 1851 dans la ville de Cokecuttle, une cité où le travail des enfants, la pollution et la pauvreté font partie du quotidien. Harold Gui, un jeune orphelin, se retrouve par un mauvais coup du sort dans une ferme de redressement. C’est là que, pour lui, tout va changer. Pour nous aussi. Car son histoire est intimement liée à celle de Noël. Promis à un destin plus grand que nature, il deviendra une légende. À ses côtés, nous découvrirons le premier de tous les Noëls!

 » « Savoir rêver » était selon lui le seul moyen tangible de fuir l’enfer noir de Cokecuttle en 1851. »

Le destin du petit Harold est vraiment unique. C’est un enfant vaillant, qui a connu son lot de misères et d’injustices. Il est aussi très particulier. Les gens qu’il rencontre dans sa vie, qu’ils soient bons ou mauvais, vont contribuer à forger la légende qu’il deviendra.

J’ai adoré les personnages de ce roman. Harold est un garçon adorable, mais je pense aussi à son ami Le Falou, un vieil homme cultivé, qui s’était installé à proximité des quais pour être présent lorsque les caisses de bois, calées avec de vieux journaux, étaient débarquées. Ainsi, il trouvait de la lecture gratuite!

« Le Falou lui avait expliqué qu’un homme qui avait de la mémoire et connaissait beaucoup d’histoires à raconter était riche de biens inestimables. »

À travers son histoire, c’est à la fois son passé et son futur que le lecteur découvre. Harold aura pour mission de redonner un peu de magie à ce monde gris et maussade, à faire briller les yeux des enfants comme ceux des adultes. Ce qui est une mission bien difficile, surtout chez les adultes! Les croyances et la magie s’évanouissent. Les personnages fabuleux et les légendes ont laissé la place à un morne quotidien bien gris et bien difficile…

« Harold appartenait désormais à ce monde où l’impossible a toujours toutes les chances d’être vrai. »

J’ai adoré ce roman, tout autant qu’à ma première lecture. C’est le genre de conte qui fait du bien, un peu comme Un chant de Noël de Dickens. On y retrouve la pauvreté des bas fonds londoniens, on imagine sans mal la pollution du charbon et les usines qui fument jour et nuit. Puis, l’étincelle qui apporte un peu de magie pour illuminer ce monde si sombre. C’est ce que j’aime dans ce genre d’histoire: l’idée que l’émerveillement peut rendre le quotidien plus doux. 

Avec ce roman, nous plongeons dans une histoire pleine de magie et de personnages fantastiques. C’est une histoire sur l’espoir et le bonheur de croire. Ce conte fait appel à notre cœur d’enfant. J’adore définitivement ce roman! Voilà une histoire que je ne peux que vous conseiller. Un peu de magie fait toujours du bien.

Une seconde avant Noël, Romain Sardou, XO éditions, 288 pages, 2020

La collision des étoiles

Coralie doit rejoindre son père à Vancouver pour les vacances de Noël. Cinq jours en train depuis Montréal… une éternité! Elle a bien l’intention de s’enfermer dans sa cabine avec ses livres pour combattre l’anxiété qui la ronge en secret. Mais à l’embarquement, changement de plan : une erreur de sac à dos soude son destin à celui de Mégane et de Xavier, deux adolescents qui transportent de la drogue. Coralie devra alors les suivre dans un tourbillon de paysages enneigés, d’escapades nocturnes, de doux sentiments inattendus et de chocolats chauds à la menthe sucrée.

Dès que j’ai vu la parution de ce roman pour adolescents, j’ai eu envie de le lire. L’idée d’un roman qui se déroule pendant les vacances de Noël, à l’atmosphère enneigée et rempli d’aventures, me semblait vraiment intéressant. On en fait si peu au Québec. Il s’agit en plus d’un premier roman. Et c’était une très bonne lecture! 

Coralie doit faire un long voyage en train, de Montréal à Vancouver, pour se rendre chez son père qu’elle n’a pas vu depuis un moment, pour les vacances de Noël. Elle n’a pas envie d’y aller et le voyage s’annonce très pénible car elle souffre d’anxiété sociale et possiblement, d’agoraphobie. Alors qu’elle se retrouve dans sa cabine, elle constate avec horreur qu’elle a échangé par mégarde son sac à dos avec celui de deux autres jeunes, Mégane et Xavier, qui transportent de la drogue. C’est alors que son voyage, qu’elle espérait passer la tête plongée dans sa liseuse, à l’écart des autres passagers, prend une toute autre tournure…

« C’est là le tragique des introvertis anxieux: les autres nous épuisent mais nous attirent en même temps, éternel jeu du chat et de la souris. »

Voilà un roman à l’atmosphère enneigée, qui sent bon le chocolat chaud, l’amitié et qui se déroule dans un train qui passe à travers des paysages hivernaux grandioses. L’écriture est efficace et les lieux sont très visuels, ce qui nous permet de plonger dans le roman et de se laisser porter par l’histoire. Ce qui est très intéressant avec ce livre c’est sa façon de combiner des thématiques assez graves avec l’ambiance d’un roman réconfortant parfait pour les vacances. Même s’il aborde des thèmes importants comme l’anxiété, la pauvreté, les difficultés familiales et amoureuses, la drogue et la santé mentale, c’est un roman qui se lit avec plaisir et qui amène son lot d’aventures et de péripéties.

« Des millions d’étoiles à perte de vue baignent dans des filaments de nuages, inondant l’entièreté de mon champ de vision. Un délicieux vertige me saisit, comme si j’étais aspirée par l’infinité du ciel. Je réalise à cet instant précis à quel point je suis vivante. Minuscule, insignifiante et pourtant chanceuse d’être là, sur une toute petite planète d’un immense univers, à sentir l’hiver contre ma peau gelée. »

J’ai apprécié qu’on parle de santé mentale et d’anxiété, en donnant un petit côté magique aux événements que vit Coralie. Grâce aux rencontres qu’elle fait dans le train, l’adolescente doit repousser encore plus ses capacités d’adaptation. Les événements auxquels elle doit faire face lui font réaliser qu’elle passe à côté de beaucoup de choses dans sa vie. Les confronter n’est pas facile, sauf qu’ils lui font réaliser que la vie évolue sans elle, la plupart du temps. J’ai apprécié que ces événements ne soient pas une solution aux problèmes de santé mentale, mais plutôt un petit choc pour Coralie qui comprend bien qu’elle ne vit pas pleinement sa vie et qu’elle doit demander de l’aide.

Un roman qui est vraiment agréable à lire, presque réconfortant dans le message qu’il fait passer. J’ai adoré le ton de cette histoire justement pour cela. Ici, pas de morale ou de propos déprimants. Le dosage entre l’aventure et l’anxiété de Coralie est vraiment bien choisi. En prime, nous avons droit à un superbe voyage en train (le salon panoramique me fait rêver ainsi que le dernier wagon du train) et à des paysages enneigé. Un vrai plaisir!

Un bel exemple qui montre qu’on peut aborder des thèmes difficiles en littérature jeunesse tout en offrant une histoire où l’atmosphère est agréable. Une auteure à surveiller, qui publiera à nouveau je l’espère. Je relirai sans doute cette histoire à l’occasion, lors de prochaines vacances de Noël, elle s’y prête bien.

Un roman qui ne manque pas d’action et qui donne envie de profiter de la vie au maximum! 

La collision des étoiles, Joanie Boutin, éditions Bayard Canada, 360 pages, 2021