La fausse barbe du père Noël

Avez-vous déjà rêvé d’un Noël différent ? La dinde aux marrons, les cadeaux sans surprise et les bûches au chocolat écœurantes, on finit par s’en lasser. Que diriez-vous d’une tourte à la viande explosive, d’un abominable homme des neiges de compagnie ou d’une perdrix très serviable dans un poirier ? Et si le père Noël s’en allait travailler dans un zoo, ou semait le chaos dans un magasin de jouets, voire se faisait arrêter pour effraction ? Plongez dans le monde fantastiquement drôle de Terry Pratchett pour un plaisir festif à nul autre pareil. À la lecture de ces onze nouvelles, vous allez vous esclaffer, vous étouffer et pleurer (de rire) – vous ne verrez jamais plus Noël du même œil.

J’avais envie de lire quelque chose d’abordable pendant la période des Fêtes et j’ai donc décidé de livre La fausse barbe du père Noël, un recueil de nouvelles ou de contes, vraiment très agréable à découvrir. Il s’agit d’une première lecture pour moi de la plume de Terry Pratchett, un auteur très prolifique que je n’avais encore jamais lu. Ce fut donc une belle découverte. 

Malgré le titre qui laisse supposer qu’il s’agit d’un livre de Noël, ce n’est pas tout à fait le cas. Certains contes sont plus festifs et se déroulent à Noël ou en hiver, mais plusieurs autres histoires ont d’autres thèmes et se déroulent à différents moments de l’année. C’est un recueil fantastique, dans le même genre de monde un peu loufoque que crée normalement Terry Pratchett.

La fausse barbe du père Noël est un recueil d’histoires qui est drôle, amusant et très agréable à lire. Cette lecture s’adresse aux jeunes comme aux adultes. On y trouve notre compte, peu importe notre âge. C’est un livre familial, qui peut être lu par tous. On y retrouve par exemple un conte sur la tourte à la viande géante explosive, l’abominable homme des neiges, l’œuf géant, la météo déréglée et bien d’autres…

« Un jour, peu après Noël, Albert se réveilla et sut tout de suite que quelque chose clochait. Il flottait dans l’air une odeur de froid, et il entrait par la toute petite fenêtre du sous-sol une lumière blanc mat. 
La neige, se dit-il. Et il cessa d’y penser jusqu’au moment où il ouvrit la porte pour récupérer son lait. Il n’y avait pas de lait – mais un immense mur de neige avait commencé à envahir insensiblement l’hôtel de ville. Albert claqua la porte et la verrouilla. Puis il monta en trombe au premier étage. Les fenêtres étaient toutes couvertes de neige. »

La plupart des histoires se déroulent à Blackbury, une ville fictive que l’on retrouve dans d’autres livres de l’auteur. Toutes les histoires sont ancrées dans un univers fantastique. Elles sont pleines d’humour et très divertissantes. Le recueil est abondamment illustré, ce qui permet une belle mise en contexte de chaque histoire. C’est un livre parfait pour les vacances, le congé des Fêtes ou la semaine de relâche par exemple. L’univers de Pratchett sollicite l’imagination, avec son monde loufoque et amusant qui se dévore d’un conte à l’autre. 

J’ai personnellement eu beaucoup de plaisir à découvrir ces nouvelles!

L’avis de Geneviève qui l’a lu aussi

La fausse barbe du père Noël, Terry Pratchett, éditions L’Atalante, 176 pages, 2018

Noël à Kingscroft

Décembre 2020. Clarisse, qui a six filles, élève seule les quatre plus jeunes dans la maison de sa grand-mère, aux abords du hameau de Kingscroft, sur les hauteurs des Cantons-de-l’Est. Raymond, patriarche affectueux quoiqu’un brin malcommode, vit dans la maison d’à côté. Tandis qu’il s’évertue à transmettre à ses petites-filles les traditions de Noël, Clarisse, dans le secret de son coeur, ne cesse de penser à Rabih, son autre voisin, parti pour un long séjour dans sa Syrie natale. Le voyage a pour but de contenter sa mère, qui compte bien lui trouver une épouse. Tout en affrontant les imprévus qui viennent l’un après l’autre chambouler ses projets de réveillon, Clarisse se remémore leur histoire. Elle doit se rendre à l’évidence : ce qu’elle ressent pour Rabih est plus que de l’amitié… 

J’ai beaucoup aimé cette lecture, sorte de conte de Noël sur l’amour et la famille, qui se déroule en décembre 2020 alors que la fête est perturbée par l’arrivée de la pandémie. Cependant, ne croyez pas que le roman aborde en long et en large ce thème. Ce n’est pas le cas. C’est simplement que l’arrivée de la pandémie bouleverse un peu les choses. Clarisse et sa famille devront adapter leurs traditions. C’est un beau roman, qui a un petit côté traditionnel réconfortant. La famille de Clarisse étant assez unique, son voisinage aussi, les descriptions de plats cuisinés, de maisonnée qui déborde de vie, d’animaux, de décorations de Noël, ont tout du conte de Noël agréable à lire en cette saison.

« Clarisse se s’entait chez elle ici, dans la maison de ses ancêtres, avec cette vue sur les Appalaches, sur le plateau brillant en hiver, sur la forêt bourdonnante en été. S’il existait quelque chose d’aussi mystérieux que des racines chez l’être humain, Clarisse savait que les siennes s’enfonçaient dans la terre de ce hameau, et que le quitter maintenant serait aussi douloureux que de s’amputer d’un bras. »

Clarisse a six filles, qu’elle élève seule. Elle vit dans une vieille maison, sur une petite route, dans un hameau des Cantons-de-l’Est. Elle a pour voisin son père, avec qui elle passe beaucoup de temps et qui s’occupe de ses petites-filles, et Rabih un Syrien fraîchement installé près de chez elle avec qui elle a sympathisé rapidement. Mais voilà, Rabih est reparti en Syrie car sa mère compte bien lui trouver une épouse. Alors que les préparatifs des Fêtes avancent, cette année sera bien différente des autres. D’autant plus que Clarisse doit bien avouer que Rabih ne la laisse pas indifférente.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture que je trouve parfaite pour Noël! Ce n’est pas une romance au sens où on l’entends. C’est plutôt une histoire sur la famille et l’amour qui unit ses membres et sur les liens que l’on crée avec les autres. L’ambiance déborde de bouffe réconfortante, de chocolats chauds, de beaux liens entre Clarisse, son père et ses filles, sans compter le chien Alaska et le chat Choukrane. L’histoire est légère mais pas trop et nous fait entrer dans une famille tissée serrée qui doit faire preuve de résilience alors que tout ne se déroule pas comme prévu.

« Pour ses filles, la nuit de Noël s’entourait d’une aura de mystère qui relevait de l’obsession. Cela touchait son cœur de mère d’une manière indescriptible. L’amour filial avait ainsi fait de ces gros soupers les meilleurs moments de l’année. Aidée de son père, Clarisse en commençait la préparation dès les premiers jours de décembre et goûtait avec lui ce sentiment de continuité, un lien intangible entre les générations. »

C’est une histoire qui parle de nos racines, nos famille et de la fierté d’être qui nous sommes. C’est aussi un roman qui aborde en filigrane l’immigration et l’intégration à une société très différente de ce que l’on a connu. Un livre sur ce que nous choisissons de faire avec ce qui se présente à nous. 

J’ai passé un beau moment avec ce roman et je trouve qu’on devrait écrire beaucoup plus de romans de Noël au Québec. Ça manque sérieusement en fin d’année et si on aime ces histoires, ce qui est mon cas puisque j’ai toujours adoré les romans de Noël, on doit se tourner vers la littérature étrangère, vu le peu de choses qui sont publiées ici. Alors que c’est si agréable de lire des livres écrits chez nous, avec nos références. Avis aux intéressés! 

J’étais donc très contente d’avoir mis la main sur ce livre et d’avoir pu en profiter pendant mes vacances de Noël. Une mention spéciale pour la couverture du roman, avec les trois maisons du rang, que je trouve vraiment trop belle!

Noël à Kingscroft, Mylène Gilbert-Dumas, éditions VLB, 176 pages, 2021

Douze jours avec Dash & Lily

Un an après leur première rencontre et leur partie de cache-cache à travers les rues de New York, Dash et Lily abordent la période des fêtes de fin d’année avec un tout autre état d’esprit… Depuis que le grand-père de Lily a fait un arrêt cardiaque, son état semble empirer de jour en jour. La jeune fille, habituellement si enjouée et optimiste, est inconsolable ; même les fêtes de fin d’année ne lui redonnent pas le moral. Désemparé, Dash décide de tout mettre en œuvre pour lui faire retrouver le sourire et sa joie de vivre avant Noël… Il a douze jours devant lui pour faire un miracle !

L’an dernier, j’avais regardé la série Dash & Lily sur Netflix. J’avais trouvé ça pas mal, mais sans plus. Une amie m’avait parlé des livres et j’avais lu le premier, qui m’avait plu bien plus que la série, à cause de toutes ces références aux livres et à l’écriture. C’est d’ailleurs ce qui était séduisant dans le premier tome, l’idée de la correspondance de deux inconnus à travers un carnet. L’amour des mots, des livres et l’humour du premier tome en faisaient toute l’originalité. Les auteurs auraient dû en rester là.

La série sur Netflix a été annulée après la diffusion de la saison 1 qui correspond au premier livre. Sachez qu’elle se suffit à elle-même, tout comme le premier roman. Vous pouvez très bien lire le tome 1 et l’apprécier pleinement, sans lire la suite. Car ce second tome intitulé Douze jours avec Dash et Lily, je l’ai trouvé déprimant et inintéressant. Une vraie déception!

Je m’attendais à lire un vrai livre de Noël avec une ambiance sympathique. Mais voilà que le personnage de Lily, la lumineuse et originale Lily, est profondément déprimée. Et elle nous déprime aussi. J’ai lu les 3/4 du roman avant de l’abandonner parce qu’il m’ennuyait royalement.

Douze jours avec Dash et Lily raconte les jours avant Noël alors que Lily se sent dépassée par tout ce qui arrive autour d’elle. Dash avec qui elle sort depuis le Noël d’avant, essaie de lui remonter le moral. Et c’est pas mal tout. Leur histoire, qui était assez mignonne dans le premier tome, m’indiffère totalement ici. Il faut dire que ce qui fonctionnait dans le premier tome, le carnet, l’écriture, l’amour des mots, n’existe pas dans ce second tome. 

J’ai trouvé ce livre assez triste et je n’ai plus eu envie de l’ouvrir à nouveau. Alors j’ai laissé tomber. C’est un roman qui, contrairement au premier, n’a plus rien de ce qui faisait le plaisir de la lecture du tome un. Dans le premier, il y a avait le carnet, partagé entre Lily et Dash, les jeux de mots et toutes ces belles références à New York. Ici, à part des prises de bec entre les personnages, des scènes qui n’aboutissent à rien et une Lily que je trouvais exaspérante… ce livre n’apporte pas grand chose. J’ai souvent eu l’impression que les personnages, qui me semblaient matures et différents des autres dans le premier roman, venaient de régresser.  

Bref, je l’ai abandonné pour passer à autre chose qui me tentait plus. C’était les vacances de Noël et j’avais vraiment envie de passer un beau moment de lecture. Je vous conseille donc le premier tome, qui est bien sympathique et qui se suffit à lui-même, mais vous pouvez passer votre tour sur le second. 

Mon avis sur le tome 1: Dash & Lily 1: Le carnet de défis

Douze jours avec Dash & Lily, Rachel Cohn & David Levithan, éditions Michel Lafon, 288 pages, 2021

Sous la glace

L’hiver a enveloppé de neige le village endormi de Three Pines. Le temps des fêtes appelle à la paix et aux bons sentiments, jusqu’à ce qu’un cri déchire l’air glacé. Un meurtre a été commis : une spectatrice de la traditionnelle partie de curling a été électrocutée sous les yeux de tous, au beau milieu d’un lac gelé. Pour diriger l’enquête, l’inspecteur-chef Armand Gamache revient dans la charmante communauté anglophone. Avec minutie, il dévoile le passé de la victime et découvre un écheveau de secrets et de rivalités. Gamache a cependant ses propres ennemis au sein de la Sûreté du Québec ; il sait qu’il ne peut se fier à personne. Tandis qu’un vent mordant souffle sur Three Pines, une menace plus glaçante encore plane sur lui.

Sous la glace de Louise Penny est la seconde enquête de l’inspecteur Armand Gamache. Il s’agit d’une relecture pour moi, dans le cadre du défi Un Penny par mois, puisque je l’avais lu à sa sortie en 2011. 

L’histoire se déroule pendant la période de Noël. Nous revenons à Three Pines alors qu’une femme, CC, est électrocutée sur la glace, en plein match de curling. Cet événement organisé chaque année est incontournable au petit village et tous les villageois sont présents lorsque CC décède. Détestée par tout le monde, hautaine et condescendante, cette nouvelle arrivante est très loin d’être sympathique. En s’installant à Three Pines, elle avait troublé la paix du petit village. Enquêter sur sa mort s’avère donc être plutôt difficile. Son décès ne touche pas grand monde. CC venait d’acheter l’inquiétante maison des Hadley, maison que l’on retrouve dans En plein cœur, avec son mari et leur fille. Gamache et son équipe devront fouiller dans son passé pour mieux comprendre qui souhaitait sa mort et pourquoi.

Ce roman met un peu plus de temps à démarrer que la première enquête. Je dirais aussi que l’atmosphère du roman est beaucoup plus sombre, surtout dans la première moitié, même si le livre se déroule à l’époque de Noël. On sent que quelque chose est un peu différent. Peut-être parce que l’on découvre CC, sa façon de se comporter avec les gens et son univers assez superficiel. Par contre au milieu du livre j’ai eu l’impression d’un petit changement de ton. Ça m’a donné l’impression de retrouver encore plus ce que j’aime chez Louise Penny et donc, de me rapprocher un peu plus de l’ambiance du premier livre. Peut-être parce qu’à ce moment, on retrouve Gamache et tous les sympathiques villageois de Three Pines alors que le début est consacré à CC, un personnage détestable et déroutant.

« Cette librairie faisait penser à une vieille bibliothèque dans une maison de campagne. Les murs étaient tapissés d’étagères de bois aux couleurs chaudes, elles-mêmes couvertes de livres. Des tapis au crochet étaient éparpillés ici et là et un poêle à bois Vermont Castings trônait au milieu de la pièce, devant un canapé flanqué de deux berçantes. Gamache, qui adorait les librairies, n’en avait jamais vu de plus belle. »

Cette enquête, couplée à une autre sur un crime perpétré à Montréal, s’avère finalement pleine de ramifications et de choses étranges. J’ai beaucoup aimé ce qu’en a fait l’auteure, en misant sur les complexités de l’âme humaine. Gamache est un personnage vraiment intéressant qu’on découvre de plus en plus. C’est un homme bon et c’est un bonheur de le suivre d’une enquête à l’autre. Surtout qu’ici, à cause d’une vieille affaire, on sent que sa position au sein de la Sûreté du Québec se fragilise… Dans les coulisses, il se passe des choses qui auront une incidence sur les prochaines enquêtes et sur le rôle de Gamache dans son milieu de travail.

« Les gens me croient cynique à cause de mon travail, dit Gamache, mais ils ne comprennent pas. Je passe mes journées à examiner la pièce du fond, celle qu’on garde verrouillée et cachée, même à nos propres yeux. Celle qui contient tous nos monstres, fétides, pourrissants, qui attendent. Ma tâche consiste à trouver des gens qui ôtent la vie à d’autres. Et, pour y parvenir, à découvrir pourquoi. Pour cela, il faut que j’entre dans leur tête et que j’ouvre cette dernière porte. Puis quand j’en ressors – il ouvrit les bras dans un grand geste – le monde est soudain plus beau, plus vivant, plus merveilleux que jamais. Lorsqu’on voit le pire, on apprécie le meilleur. »

Comme d’habitude, ce roman de Louise Penny est beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Les personnages sont toujours grandement développés et plus les histoires avancent, plus nous apprenons à les connaître. Rien n’est laissé en surface. Avec Sous la glace, nous retrouvons l’équipe habituelle, ainsi que les villageois de Three Pines. Il y a aussi une nouvelle recrue, Lemieux, qui me plaît beaucoup. Le personnage de Reine-Marie, la femme de Gamache, est aussi beaucoup plus présent et celui de Beauvoir commence à se développer plus en profondeur. On réalise que sous le surface, il y a beaucoup plus que ce qu’il ne laisse voir aux autres. 

Comme dans le premier roman, on retrouve aussi plusieurs scènes rigolotes et un humour mordant dans les dialogues, ce qui me plait toujours beaucoup.

« Ce qui le renversait, c’était que tout le village ne soit pas mort d’ennui. Il suffisait de mentionner le mot « curling » pour lui enlever le goût de vivre. »

J’adhère totalement à ce côté humoristique, à cette ambiance chaleureuse et confortable, même si Three Pines est sans doute le village le plus agréable à vivre où il se produit le plus grand nombre de meurtres par habitant! Je ne peux que vous conseiller de découvrir cette série. 

Un roman touchant sur les croyances, la famille et le pouvoir des mots.

Sous la glace, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 384 pages, 2011

Dash & Lily 1: Le carnet de défis

Je t’ai laissé quelques indices.
Si tu veux les avoir, tourne la page.
Sinon, repose ce carnet sur l’étagère, s’il te plaît.

Quand Dash met la main sur un mystérieux carnet rouge dans sa librairie préférée, il est loin de se douter qu’il est sur le point d’embarquer dans l’aventure d’une vie. Il découvre au fil des pages une liste de défis.
Un peu mélancolique à l’approche de Noël, il décide de suivre les instructions du carnet, qui l’emmèneront aux quatre coins de la ville qui ne dort jamais, dans les pas de Lily…

J’ai d’abord connu Dash et Lily avec la série présentée sur Netflix. Les séries de Noël sont plutôt rares et j’adore en découvrir de nouvelles. Je me suis donc intéressée à cette série. Je l’ai aimé, mais peut-être pas autant que je l’avais espéré. Si j’ai adoré les deux premiers épisodes de la série, très axés sur les livres, les indices et la littérature, j’ai eu l’impression que la série basculait dans le « très adolescent » à partir du troisième épisode. Pas que c’est mauvais, j’ai plutôt aimé la série, mais je l’aurais aimé encore plus si elle était restée dans la même ambiance littéraire et intello qui m’avait tant plu. J’aime quand des œuvres nous présentent des personnages et des mondes un peu différents et moins superficiels. 

Une amie m’a alors parlé des livres. Il en existe trois en anglais. Elle m’a proposé de faire une lecture commune avec elle du premier tome, le seul paru à ce jour en français. J’avais envie de voir si la série ressemblait au livre ou si le livre avait ce petit plus qui m’avait manqué dans l’adaptation. Alors j’ai accepté. Et j’ai beaucoup aimé le livre. Plus que la série.

Il faut d’abord savoir que la série est plus légère que le livre et que le côté littéraire axé sur l’écriture est bien plus présent dans le livre, jusqu’à la fin. Les scènes du livre et de la série sont par moments aussi très différentes. Si le début du livre ressemble beaucoup à ce qu’on a pu voir à l’écran, c’est moins vrai à partir du milieu du roman. Les péripéties sont assez différentes et certaines scènes m’auraient beaucoup plu à l’écran. 

Dash et Lily est une petite romance de Noël pour adolescents, mais c’est aussi une histoire toute douce, qui débute de façon intrigante, avec un carnet trouvé en plein cœur d’une librairie. J’ai aimé que la base de l’histoire soit un carnet et du papier, qu’elle prenne la forme d’une correspondance plutôt traditionnelle, comme on en connaît beaucoup moins aujourd’hui à l’ère des écrans et des textos.

« J’aime bien l’étymologie. Ça me plaît d’imaginer ce qui s’est passé au moment où le mot est né. »

C’est sans doute la plus grande force de cette histoire: renouer avec l’écriture papier et la passion des mots qui unissent Dash et Lily, deux ados singuliers qui détonnent un peu parmi les autres. C’est d’ailleurs ce qui les rend si attachants. La librairie qu’on retrouve dans le livre comme dans la série, Strand, est d’ailleurs un lieu qui fait rêver tous les amoureux des livres. Une librairie immense avec ses « vingt-neuf kilomètres de livres ».

« Quand j’allais chez Strand, j’était généralement d’humeur à ne rien chercher en particulier. Certains jours, je décidais que l’après-midi serait placé sous le signe d’une lettre spécifique, et je faisais le tour de toutes les sections pour examiner les titres classés à cette lettre. D’autres fois, l’envie me prenait de visiter une section de fond en comble, ou bien de fouiller les derniers arrivages, empilés dans des bacs qui ne se prêtaient jamais docilement au classement alphabétique. Ou bien je ne m’intéressait qu’aux couvertures vertes, parce que cela faisait trop longtemps que je n’avais pas lu un livre de cette couleur. »

À partir du carnet, Dash et Lily vont s’écrire. Il est souvent plus facile de se livrer et d’apprendre à se connaître lorsqu’on ne voit pas l’autre personne. C’est ce que les deux adolescents vont expérimenter. S’ils semblent assez différents au départ, Dash et Lily ont en fait beaucoup de points en commun et se comprennent bien l’un l’autre malgré tout. Le carnet deviendra le centre de leur univers et l’occasion pour relever des défis amusants et loufoques.

Le roman est rempli d’humour et la lecture est très agréable. J’ai passé un bon moment en compagnie de Dash et Lily, de leur passion pour les livres, les mots et les situations rocambolesques. Il y a des passages vraiment drôles, souvent en lien avec la littérature et les livres.  

« Elle me conduisit dans une pièce qui ne pouvait être qu’un boudoir. Les rideaux étaient si épais et les meubles, si capitonnés que je m’attendais presque à tomber sur Sherlock Holmes en pleine bataille de pouces avec Jane Austen dans un coin. »

L’histoire est originale et même si l’ensemble est assez léger et amusant, j’ai trouvé que c’était un bon roman pour adolescents, une jolie romance de Noël qui ne tombe pas dans la facilité des romances contemporaines clichées. C’est un très bon point pour ce premier tome.

J’ai bien envie de découvrir la suite et j’espère que l’éditeur traduira rapidement les autres tomes pour que l’on puisse continuer à découvrir les aventures de Dash et Lily. Si vous avez aimé la série, ça peut être très intéressant de découvrir le livre qui s’avère finalement assez différent. De mon côté, c’est la présence des livres et des mots qui m’a plu dans le roman, ce que je trouve rapidement mis de côté dans la série. 

Une jolie lecture de saison!

Dash & Lily 1: Le carnet de défis, Rachel Cohn, David Levithan, éditions Michel Lafon, 344 pages, 2020