Catamount t.3: La justice des corbeaux

Catamount 3Catamount a disparu. Pad le trappeur et le capitaine Clark suivent sa piste. Celle-ci les mènent au cœur de l’hiver en plein territoire Crow, devant la carcasse putréfiée du cheval de Catamount. On le croit mort… alors qu’il va devenir une légende. Bien vivante !

Ce troisième tome termine en quelque sorte l’aventure de Catamount commencée dans La jeunesse de Catamount et dans Le train des maudits. Je ne sais pas s’il y aura d’autres tomes, cependant on a une impression de finalité pour ce qui est de l’aventure vécue ici par Catamount et sa famille, de l’enfance du jeune garçon découvert sur les lieux d’une grande tragédie jusqu’à son désir de faire payer les auteurs des crimes contre sa famille.

Ce troisième tome est axé sur la vengeance de Catamount, même si celle-ci est un leitmotiv qui revient d’un tome à l’autre. Ici, c’est le moteur principal de l’histoire. Nous sommes à Niobrara en janvier 1891.

« Mon esprit se souvient de ce terrible hiver… de la lente agonie des hommes et des bêtes… du froid mordant leurs os et du vent taillant leurs chairs comme des couteaux l’auraient fait. Mais en ces temps de souffrance, le Grand Esprit unit pourtant pour une battue peu commune, deux vieux chasseurs ennemis par la guerre. « 

Pad le trappeur et Clark le colonel se retrouvent malgré eux sur le territoire des Crows. Entre légende amérindienne et vengeance, le titre de ce troisième album prend tout son sens: la vengeance des corbeaux. Un contrat sera passé entre Catamount et les Crows pour qui le jeune homme souhaite rendre justice.

Ce troisième tome nous amène dans une tribu amérindienne et auprès d’un groupe de gitans afin de permettre à Catamount de se venger de ceux qui se sont attaqués à sa famille, tout en rendant justice aux Crows. On aborde donc différent mondes auprès de lui tout en restant dans le western, les paysages époustouflants, la nature, les magouilles des uns et des autres et les alliés dont ont remet en question la fidélité.

J’ai adoré cette lecture, tout comme les deux autres bandes dessinées parues précédemment. L’histoire nous fait passer un très bon moment. La série Catamount a été une très belle surprise et une lecture fort plaisante. L’histoire est pleine de rebondissements, de méchants et de personnages attachants. C’est un western vraiment intéressant, dont le dessin est carrément sublime. J’adore le coup de crayon et le style de l’auteur tout autant que j’ai apprécié le scénario, inspiré des romans d’Albert Bonneau.

Une excellente série que je conseille fortement!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Catamount t.3: La justice des corbeaux, Benjamin Blasco-Martinez & Albert Bonneau, éditions Petit à petit, 62 pages, 2019

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Catamount t.2: Le train des maudits

Catamount 2Le jeune Catamount est devenu une légende au Colorado et n’aspire qu’à une vie paisible dans son ranch, mais le malheur frappe une nouvelle fois à sa porte : un homme d’affaires véreux est prêt à tout pour bâtir un chemin de fer en lieu et place de la maison de ses parents adoptifs.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Catamount et sa famille dans ce second tome de la série. La lecture du tome 1, intitulé La jeunesse de Catamount, avait été une très belle surprise. J’avais adoré l’ambiance du livre et le dessin. Ce second tome est dans la même veine et m’a énormément plu.

Le train des maudits nous amène en 1890. Catamount est devenu un jeune homme vaillant, gentil, mais qui n’en fait qu’à sa tête. Avec l’aide de Pad, qui se fait vieux, Catamount est devenu un bon chasseur et les deux hommes s’occupent de ramener du gibier à la maison. C’est pendant la chasse qu’ils aperçoivent une épaisse fumée noire dans le ciel qui les mène à un chantier de construction de chemin de fer. Catamount y fera alors une rencontre inattendue…

Parallèlement, les terres autour du chantier son très convoitées pour permettre au chemin de fer de se déployer. Plusieurs personnages riches ou hauts placés sont impliqués. Magouilles, pots-de-vin, corruption et menaces sont devenues les méthodes par excellence pour obtenir ce qu’ils veulent. Catamount est un homme d’honneur. Lui et sa famille sont droits, cultivent de bonnes valeurs. Pourtant le jeune homme se retrouve mêlé malgré lui à toutes ces magouilles. Une grande menace pèse alors sur sa famille…

La série Catamount est passionnante. Elle reprend plusieurs codes des westerns classiques, tout en offrant une véritable aventure tragique auprès de personnages attachants. La vie est rude à cette époque, sur des terres développées par les colons. L’avidité cause bien des malheurs et mène à de nombreux crimes. Catamount pour sa part, se retrouve en pleine tragédie. Il a soif de vengeance et connaissant le personnage, on peut se douter que la suite sera pleine de rebondissements.

« Il paraît qu’il est dit quelque part, qu’il faut prier pour ses ennemis… et pardonner à ceux qui persécutent. J’emmerde ces conneries! Moi, je ne pardonne pas. Je ne pardonnerai jamais! »

Catamount est une bande dessinée passionnante. C’est un western, une histoire d’aventure et de vengeance. On plonge aux côtés du jeune homme dans une période trouble où chacun travaille pour soi et tente de faire du profit. Ce n’est pas une époque de tout repos. L’histoire est bien menée et on ne s’ennuie pas une seconde. J’ai aussi adoré le dessin, soigné, vivant, très expressif et qui colle parfaitement à l’histoire. Les moments passés dans la nature sont aussi très bien rendus et les paysages de Niobrare sont magnifiques.

Un tome 2 à la hauteur du premier tome. Vivement ma découverte du tome 3! À noter que ces bandes dessinées s’inspirent du travail d’Albert Bonneau qui avait donné vie à Catamount dans une série de romans.

Mon avis sur le tome 1.

Catamount t.2: Le train des maudits, Benjamin Blasco-Martinez & Albert Bonneau, éditions Petit à petit, 64 pages, 2017

Catamount t.1: la jeunesse de Catamount

Catamount 1En pleine conquête de l’Ouest, la famille Osborne recueille un nouveau né, seul survivant d’une caravane de colons massacrés par les Cheyennes. L’enfant s’appellera Catamount. Des années plus tard, Catamount est devenu un cavalier et un tireur hors pair grâce à la formation d’un vieux trappeur « Pad l’efflanqué »… Mais son destin va basculer lorsque son chemin croisera celui de Black possum, le chef cheyenne coupable du massacre de ses parents.

Catamount est une bande dessinée librement adaptée de l’oeuvre d’Albert Bonneau. Catamount signifie « chat sauvage ». Il s’agit en fait d’un cougar communément appelé « lion des montagnes ». J’ai lu que l’auteur avait emprunté le terme à Fenimore Cooper dans Le dernier des Mohicans. On a donc tout de suite une petite idée du genre de bande dessinée que l’on s’apprête à lire en ouvrant La jeunesse de Catamount.

Je dois l’avouer, ce premier tome d’une série a été une belle surprise! Je m’attendais à aimer Catamount, mais pas à ce point. Déjà, le dessin est sublime. Soigné, détaillé, des couleurs dominent certaines parties de l’histoire pour marquer un peu plus intensément l’action qui s’y déroule. On entre tout de suite dans l’époque, soit en 1870, quelque part entre le Colorado et le Nebraska, alors que fait rage la guerre entre les Blancs et les Amérindiens.

On suit la vie d’une famille qui tente sa chance dans de nouvelles terres riches de promesses, qui doit affronter les attaques d’Indiens et se battre pour survivre. C’est aussi l’histoire d’une vengeance, celle de Black Possum, un « peau-rouge » qui s’en prend à la famille de Catamount. Le jeune homme, qui a grandit depuis le début de l’histoire, en fera une affaire personnelle…

La jeunesse de Catamount nous entraîne dans un véritable western, rempli d’action. On découvre dans ce premier tome la jeunesse et l’enfance de Catamount, la façon dont il a été découvert par ses parents adoptifs et la tragique histoire de sa famille. Nous avons aussi un bel aperçu de l’homme qu’il deviendra.

Cette BD est vraiment passionnante! C’est un travail minutieux qu’a fait Benjamin Blasco-Martinez avec l’oeuvre d’Albert Bonneau. Il n’y a pas de temps mort, il y a beaucoup d’action et le dessin est magnifique.

Une bande dessinée à découvrir si vous aimez les histoires de l’Ouest et les westerns. L’histoire de Catamount est aussi intéressante que le dessin est beau. Un premier tome qui promet pour la suite. À lire!

Catamount t.1: la jeunesse de Catamount, Benjamin Blasco-Martinez & Albert Bonneau, éditions Petit à petit, 64 pages, 2017

Shelley t.2: Mary Shelley

Shelley 2 Mary ShelleyMary Shelley, la romancière qui devint célèbre grâce à son roman Frankenstein, était avant tout une jeune femme amoureuse, mais aussi, et surtout, une romantique fascinée par la mort. Dans la seconde et dernière partie du diptyque que Daniel Casanave et David Vandermeulen consacrent aux jeunes fugueurs Percy et Mary Shelley, les auteurs invitent à découvrir dans quelles conditions la jeune Mary imagina l’un des mythes les plus fascinants de l’époque moderne. 

Voici le tome 2 du diptyque commencé avec Percy, qui se veut une bande dessinée biographique en deux volumes, suivant le destin des Shelley. Dans ce second tome, c’est principalement Mary qui est à l’avant-plan. Après s’être sauvée avec Percy, le couple vit de voyages et d’aventures. Ils se retrouvent finalement à la Villa Diodati en compagnie de Lord Byron, de son ami et médecin John William Polidori et de Claire Clairmont, la demie-sœur de Mary. C’est là, à cause d’une température maussade, que le groupe passe du temps dans la Villa plutôt qu’à l’extérieur. Pour s’amuser, ils décident chacun d’écrire des histoires qui font peur. Mary trouvera l’inspiration pour écrire Frankenstein, alors que Polidori écrira Le Vampyre, une oeuvre clé dans la popularisation du mythe du vampire dans la littérature.

La fin du livre, abordant la peste et offrant à Percy Shelley une autre fin tragique que celle qu’il a réellement connue, n’est pas conforme à la réalité historique. Les auteurs ont fait le choix de mêler au destin de Mary, l’idée derrière son livre apocalyptique Le dernier homme. Ils lui donnent de cette façon une fin difficile, celle d’une dernière femme, qui reste après la perte de plusieurs de ses enfants et la perte de deux hommes qu’elle aimait: Percy Shelley et Lord Byron. L’idée métaphorique me plaît assez, puisque l’image d’un monde qui s’écroule, celui de Mary, est très forte.

Le livre est complété de quelques images et de notes biographiques sur Mary et Percy Shelley, Lord Byron, Claire Clairmont, Mary et William les parents de Mary Shelley ainsi que John William Polidori. Les auteurs en profitent aussi pour expliquer certaines largesses prises avec l’histoire réelle.

Deux tomes bien intéressants, surtout si vous vous intéressez à l’univers des Shelley et à la création entourant le célèbre roman Frankenstein. Mary et Percy étaient véritablement un couple fascinant, cultivé et très littéraire. Leur parcours est passionnant, même si ici, certains faits historiques ont été modifiés. Les deux tomes n’en constituent pas moins une bonne lecture.

Voir mon avis sur le tome 1.

Shelley t.2: Mary Shelley, David Vandermeulen, Daniel Casanave, éditions Le Lombard, 68 pages, 2012

Shelley t.1: Percy Shelley

Shelley 1 Percy ShelleyTout le monde connaît Mary Shelley grâce à son célèbre roman Frankenstein. Mais qui se rappelle des frasques de sa jeunesse ? De la vie débridée du poète Percy Bysshe Shelley, qui lui offrit son nom et qui demeure pour les Anglais beaucoup plus célèbre qu’elle ? Ou encore de la vie incroyablement intense que mena leur ami Lord Byron, le plus grand poète que l’Angleterre ait jamais connu ? Si ces trois-là ont donné leurs lettres de noblesse à la littérature romantique anglaise du début du XIXe siècle, il ne faut pas oublier que les destinées de ces trois immenses poètes furent encore plus exaltées que leurs écrits.

Après avoir lu le très intéressant ouvrage de Cathy Bernheim sur Mary Shelley, j’ai eu envie de relire cette bande dessinée. Il s’agit en fait d’une BD en deux tomes. Je présenterai le second tome bientôt. Ce premier tome s’attarde sur la vie de Percy Shelley, futur époux de Mary Shelley, l’auteure de Frankenstein.

La BD s’ouvre sur le scandale créé par la publication écrite par Percy et envoyée à un vaste lectorat de son université: De la nécessité de l’athéisme. Il se fait immédiatement renvoyer de son programme d’études. Commence alors pour lui une vie à dépendre de l’argent familial, à susciter les ragots et à choquer les gens de son entourage. Il fait la rencontre de sa première femme, Harriet, toujours avec cette exaltation des premiers émois et de l’agitation qui s’empare de lui dès qu’il a un nouveau projet. Percy Shelley est un rêveur, qui écrit et choque. Il attire facilement les femmes, d’abord Harriet puis Mary, à qui il offre assez peu de stabilité pour l’avenir. Mais la fougue de Percy est attirante…

« -Je vous demandais l’autorisation d’aimer Mary, monsieur…
-Mais, mais, mais… N’êtes-vous pas marié à Harriet? Ne vous a-t-elle pas donné un enfant?
-Si, si, bien entendu. Cela dit, vous conviendrez avec moi que je n’ai pas eu l’outrecuidance de vous demander sa main, juste l’autorisation de l’aimer… »

Le dessin, qui donne un aspect vivant et étourdissant au personnage de Percy Shelley, colle parfaitement au propos de cette bande dessinée biographique. On ressent complètement l’enthousiasme et l’exaltation de Percy, sa propension à se jeter à corps perdu dans toutes sortes de projets qui vont à l’encontre des attentes de la bonne société de son époque.

Des extraits de lettres et de poèmes de Percy B. Shelley sont placés en exergue à chaque nouveau chapitre.

Une BD qui me plaît beaucoup, je trouve que c’est une excellente façon d’aborder la vie tumultueuse des Shelley. Je vous la conseille particulièrement.

Voir mon avis sur le tome 2: Mary.

Shelley t.1: Percy Shelley, David Vandermeulen, Daniel Casanave, éditions Le Lombard, 67 pages, 2012