Blueberry – Tome 1: Fort Navajo

Blueberry 1Blueberry est affecté à Fort Navajo. En cours de chemin il rencontre le Lieutenant Graig et ils tombent sur le ranch des Stanton complètement calcinée et jonchée des cadavres de ses habitants. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un coup des indiens et le Lieutenant Graig décide de suivre leur piste pour délivrer le fils Stanton qui est entre leurs mains.
Blueberry va devoir manœuvrer entre l’inconscience de Graig et la haine des Indiens qui anime le commandant Bascom, bras droit du Colonel Dickson à Fort Navajo. Quand un rattle-snake entre dans la partie, tout se complique…

Les aventures de Blueberry sont parues pour la première fois en 1963. Même s’il s’agit d’un classique de la bande dessinée, je découvre tout juste ce personnage. Il n’est jamais trop tard pour faire des découvertes intéressantes!

Ma première lecture s’est portée sur le cycle Fort Navajo – Les Premières Guerres indiennes. Le premier tome s’intitule donc Fort Navajo. Nous sommes dans une petite ville de pionniers, aux confins de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Rapidement le lecteur fait la découverte de Blueberry, installé bien confortablement chez Le gros Sam, un Saloon, où il joue aux cartes et remporte le pactole. La partie dégénère, quelques coups de feu sont tirés. C’est alors que Blueberry se présente: il est lieutenant de l’armée américaine.

Joueur, menteur, hors-la-loi, fugitif, défiant l’autorité et les directives, buveur, indiscipliné, il ne manque pas de verve, mais fait passer avant tout l’honneur, l’amitié et la justice. C’est un antihéros sympathique, attachant et parfois plutôt amusant tant il est têtu et qu’il ne s’en laisse pas imposer. C’est justement ce qui fait tout le bonheur de lecture de cette série, ou à tout le moins de ce premier album du cycle que j’ai débuté. Surtout pour son époque de publication, le personnage de Blueberry devait grandement détonner.

Si on retrouve dans ces westerns des cadres qui nous semblent familiers, c’est que l’histoire américaine a bien inspiré les créateurs. Cependant, leur traitement de l’histoire est assez large et ils l’utilisent pour le bien de leur intrigue. N’empêche, l’ambiance historique est très présente et nous permet de nous plonger dans des intrigues intéressantes.

Ici, il est questions de conflits entre les Blancs et les tribus Apaches. Si certains tentent d’avoir une bonne entente et ont une sorte de contrat tacite afin de cesser les attaques, d’autres, en position de force, n’hésitent pas à utiliser leur haine et leur soif de vengeance pour assouvir ce qu’ils croient être juste… même quand ils n’ont pas raison. Ce qui naturellement, attise le feu entre les deux groupes et poussent les uns et les autres à se battre.

La série Blueberry comprend de nombreux albums, séparés en plusieurs cycles et d’autres aventures connexes, ainsi que des hors série. Il y a donc amplement de matériel à découvrir et d’intrigues à lire. J’ai été très surprise par cette première bande dessinée. Je ne m’attendais pas à apprécier autant Blueberry. C’est un western encore intéressant à lire de nos jours. Si je n’étais pas plus attirée par les dessins que cela, je me suis vite prise au jeu. Après la lecture, je ne les vois plus du tout du même œil. Comme quoi parfois, il vaut la peine de découvrir de nouvelles choses!

Si vous aimez les westerns et l’ambiance de ces années historiques, foncez! Cette bande dessinée n’a pas du tout vieillie et elle est toujours vraiment intéressante et dépaysante à lire. Surtout parce que son personnage principal est un rebelle un peu nonchalant qui nous est tout de suite très attachant.

Blueberry – Tome 1: Fort Navajo, Jean-Michel Charlier, Jean Giraud, éditions Dargaud, 48 pages, 1967 (réédition)

Green Class t.1: pandémie

Green Class 1De retour d’un voyage scolaire dans les marais de Louisiane, une classe de jeunes Canadiens se retrouve immédiatement plongée en plein cauchemar. Un mystérieux virus s’est répandu, transformant peu à peu les humains en inquiétants monstres végétaux. L’armée a pris le contrôle du territoire. Mis en quarantaine, forcés d’abandonner un des leurs, cinq d’entre eux décident de se rebeller. Fin du monde ou pas, ils resteront maîtres de leur destin…

J’avais ce livre dans ma pile à lire depuis un moment et avec l’arrivée de la pandémie, je ne me suis d’abord pas sentie capable de lire cette bande dessinée. Au fil des semaine, ça mieux été et j’avais envie de la découvrir.

La première chose qui m’a attirée vers cette bd c’est le dessin. Il me plaît beaucoup. Le résumé était alléchant et l’histoire est à la hauteur. Elle tient bien la route et le scénario est conçu pour donner envie d’en savoir plus. On se retrouve quelque part entre les bandes dessinées Seuls et The Walking Dead. Pas vraiment de zombies ici, mais plutôt un virus qui a fait muté dangereusement les malades. Jusqu’à ce qu’ils deviennent quelque chose qui n’est plus tout à fait humain…

Visuellement, la bd est superbe. La couverture avec ses textures différentes, les planches ainsi que le dossier graphique à la fin. J’apprécie toujours beaucoup quand les artistes partagent leur démarche et l’évolution de leur travail avec les lecteurs. C’est intéressant et ça donne un petit plus au livre.

L’histoire aussi est très prenante. On la commence tout en voulant connaître rapidement la fin. C’est une véritable aventure que vivent ces jeunes. De retour d’un voyage de deux semaines dans les marais de Louisiane, les jeunes et leur professeur se retrouvent désemparés quand ils constatent que l’accès à l’aéroport leur est interdit. La ville semble dévastée, de grandes sections commencent à être condamnées. Un membre de leur groupe tombe malade et les jeunes feront tout pour le sauver.

À une échelle différente, on retrouve dans Green Class un écho de la pandémie actuelle, comme sans doute dans la plupart des histoires post-apocalyptiques. Un virus qui n’a pas de vaccin et qui est très contagieux. Une ville en quarantaine. Un confinement imposé. Des avions qui ne volent plus. Dans la bd cependant, le virus intervient dans les gênes et les gens ne sont plus eux-mêmes. La quarantaine a dégénérée et les gens sont retenus prisonniers derrière un immense mur. Les jeunes qui sont restés tentent de sauver leur ami et de survivre dans un monde devenu hostile. C’est en se rendant dans un camp d’aide qu’ils constatent comment les choses fonctionnent réellement…

Green Class met en scène un groupe d’adolescents avec les préoccupations et chamailleries de leur âge. En se retrouvant dans une situation extraordinaires, on voit ressortir le meilleur comme le pire d’eux-même. L’histoire est prenante et pleine d’action et d’aventure. J’ai beaucoup aimé cette histoire dont la fin nous laisse sur notre appétit. Mon seul petit bémol, c’est avec le langage utilisé. Les auteurs sont français, mais les personnages sont canadiens et on sent beaucoup trop le parler français à mon goût. De ce côté, j’ai trouvé que c’était moins crédible. J’aurais préféré un français plus universel. Ce n’est pas dérangeant, mais comme je me suis fait la réflexion à quelques reprises pendant ma lecture, j’en glisse toute de même un mot.

Si vous n’avez pas peur de lire des histoires de pandémie en pleine pandémie, cette bd est vraiment bien et l’action est au rendez-vous. Les personnages sont intéressants, plusieurs sont bien développés et évolueront sans doute dans la suite que je compte bien lire! Je veux vraiment savoir comment les choses vont se dérouler maintenant que j’ai lu la fin du premier tome!

Green Class t.1: pandémie, Jérôme Hamon, David Tako, éditions du Lombard, 72 pages, 2019

Stranger Things: Six

Stranger Things Six1978. Six n’est pas une adolescente comme les autres : elle a un don, celui de prédire l’avenir. Enfermée dans le laboratoire d’Hawkins, elle est soumise à d’étranges tests sous la supervision du docteur Brenner, qui est prêt à tout pour exploiter son potentiel. Mais dans un flash, elle aperçoit un futur funeste et grouillant de monstres… à moins qu’ils ne soient déjà autour d’elle ?

Six est en quelque sorte le tome deux de la série de bandes dessinées écrite par Jody Houser. Toutefois, c’est essentiellement parce que les BD reprennent un modèle similaires et s’inspirent de l’univers de Stranger Things, qu’on peut les considérer comme formant un tout. Cependant, elles peuvent se lire séparément. Stranger Things: de l’autre côté reprenait l’histoire de la première saison de la série du point de vue de Will. C’était très intéressant et j’avais adoré. Avec Six, les auteurs nous offrent une toute autre histoire, aussi dramatique que celle d’Eleven.

Nous sommes donc en 1978. C’est quelques années avant la série, qui se déroule en 1983. Francine est une adolescente dotée de pouvoirs particuliers. Elle réussit à « voir des choses ». Toute son enfance, son père profite de son don pour s’enrichir. Une erreur de sa part déclenche chez son paternel une colère noire. Toute sa vie on lui répète qu’elle peut faire mieux.

Les choses ne sont pas différentes quand elle rencontre le docteur Brenner. Persuadé qu’elle lui cache des choses, Brenner ne lui facilite pas la vie au laboratoire et Francine, qui pensait tout d’abord pouvoir mettre ses capacités à contribution pour de bonnes raisons, déchante bien vite. Ses pouvoirs sont très puissants et nous offrent des échos en lien avec l’intrigue directe de la série. Cet aspect est vraiment très intéressant.

Comme avec la série Stranger Things, on ne peut s’empêcher de penser à Stephen King. Il y a d’ailleurs un beau clin d’œil à Carrie dans la bande dessinée, que Francine lit à la bibliothèque du laboratoire. En lisant Six, j’ai aussi eu l’impression de retrouver un peu l’ambiance de L’Institut (toujours de King) et le même genre d’atmosphère dans le roman inspiré de la série, Stranger Things – Suspicious Minds. L’histoire de Six est similaire à celle de Terry. Elle est tout aussi terrifiante.

En lisant tous ces livres autour de l’univers de Stranger Things, j’ai l’impression de mettre en place certaines pièces de casse-tête et d’avoir une vue d’ensemble de plus en plus grande de tout l’univers créé à la base par les frères Duffer. À travers les années, les ravages du docteur Brenner ont été épouvantables. Même si Six m’a semblée moins aboutie comme bande dessinée que l’avait été la première, j’ai tout de même passé un bon moment. La fin est assez brusque et il semble qu’il y aura une suite. J’ai hâte de voir la traduction de la prochaine parution, intitulée en anglais Into the Fire, qui semble être la suite directe de l’histoire de Six.

Un petit mot sur l’objet-livre en particulier. Tout comme la première BD, je trouve que le visuel de ces livres est très soigné. La BD est d’un grand format appréciable et il y a plusieurs pages d’illustrations pleine grandeur créées par différents artistes. Ça apporte un plus au plaisir de lire ces histoires. Si vous aimez l’univers créé par les frères Duffer, je vous la suggère!

Mon avis sur la première bande dessinée des mêmes auteurs:

Stranger Things: Six, Jody Houser & Edgar Salazar , éditions Mana Books, 96 pages, 2020

Shelton & Felter tome 3: Billy Bowman a disparu

Shelton et felter 3Tout le monde compte sur Billy Bowman, recrue vedette du club de baseball des Red Sox de Boston, pour remettre l’équipe sur le chemin de la victoire. Mais le jeune prodige disparaît mystérieusement. Shelton et Felter mènent l’enquête pour le retrouver.

Ce troisième tome s’ouvre sur une photo de l’équipe des Red Sox de Boston lors du championnat de 1918. Billy Bowman est la nouvelle vedette du club qui espère gagner grâce à lui. Mais voilà qu’un soir en allant boire un verre avec ses compatriotes, Billy disparaît mystérieusement. La police enquête, mais elle ne prend pas garde aux indices. Pas comme Felter, le petit libraire à qui rient n’échappe! Avec Shelton, ils sont appelés en renfort par l’équipe des Red Sox qui leur demande d’enquêter. Une recherche en parallèle des forces de police officielles ne peut pas nuire.

Comme dans les autres tomes, le duo improbable formé de Shelton – ancien boxeur – et Felter – libraire hypocondriaque au cerveau constamment en ébullition – est assez comique. Shelton, enthousiasmé par leurs récents exploits en résolution d’enquêtes, prend l’initiative de publier une annonce pour offrir leurs services, sans demander l’avis de Felter! Parallèlement, le neveu de Felter s’installe chez Shelton, qui doit subir constamment les assauts de sa musique étourdissante.

Pendant ce temps, les deux comparses doivent continuer d’enquêter et plusieurs pistes intéressantes s’offrent à eux… quand ils ne sont pas dans la mire de poursuivants! Ils doivent rester aux aguets et ils espèrent bien retrouver ce fameux Billy Bowman dont l’équipe a besoin pour poursuivre sa lancée.

Le coup de crayon de Jacques Lamontagne me plaît toujours beaucoup. Les dessins sont agréables, colorés, la bande dessinée est amusante à lire, le ton demeure humoristique sans trop l’être. Je trouve le mélange d’enquête et d’humour bien dosé dans cette série, ce qui en fait une très bonne lecture.

Les livres de cette série abordent toujours des moments de l’histoire qui sont intrigants et intéressants. Le premier tome parlait de la grande inondation de mélasse de Boston alors que le second tome abordait l’intrigue à partir d’un navire de la White Star Line, l’Adriatic. Celui-ci s’intéresse au baseball. Le premier tome reste mon préféré avec ce troisième tome que j’ai bien aimé aussi.

Des enquêteurs amusants et improbables, des histoires avec une pointe d’humour qui se déroulent au début des années 1900, tout pour nous offrir des albums divertissants et agréables à lire. Si vous ne connaissez pas cette série, je vous la conseille, c’est très plaisant à lire.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Shelton & Felter tome 3: Billy Bowman a disparu, Jacques Lamontagne, éditions Kennes, 48 pages, 2019

Zaroff

Zaroff« Je m’appelle Fiona Flanagan. Vous ne me connaissez pas, général Zaroff…
Et pourtant, il y a peu, vous avez changé ma vie. En tuant mon père, lors d’une de vos sordides chasses à l’homme. Je me propose de vous rendre la pareille !
Mes hommes ont retrouvé votre sœur cadette et ses trois enfants. Ainsi que l’île qui vous sert de repaire… Et cela m’a donné, à mon tour, des envies de chasse !
Qui, de vous ou moi, trouvera votre sœur et ses enfants en premier ? À l’instant où vous lirez ces mots, ils seront déjà sur votre île. Si c’est moi qui les rattrape, je les tuerai. Si c’est vous, il vous faudra les défendre. Car je n’aurai de cesse de tous vous chasser et de tous vous abattre. Afin qu’il ne reste aucun Zaroff en vie dans ce monde. »

Les chasses du Comte Zaroff est un film sorti en 1932, une adaptation de la nouvelle de Richard Connell parue en 1924. C’était le début du cinéma « survival », mettant en scène une sorte de tueur en série. L’histoire a une fin ouverte, ce qui a inspiré les auteurs de la bande dessinée à poursuivre l’histoire du Comte Zaroff et à lui redonner vie encore une fois.

Le livre débute avec la chasse à l’homme d’un chef de la Mafia et c’est la raison pour laquelle sa fille débarquera sur l’île, en kidnappant des membres de la famille de Zaroff. Elle le défie afin de venger son père. Zaroff est en terrain connu, parce qu’il s’agit de son île alors que ceux qui débarque sont plus nombreux, mais ils ne connaissent pas les lieux. Zaroff est un chasseur plus « animal », alors que ce qui anime sa rivale est la vengeance. C’est une chef de bande qui gère sa chasse de la même façon. C’est elle qui décide, peu importe si son groupe est d’accord ou pas.

La bande dessinée offre de l’action d’une page à l’autre puisqu’il s’agit d’une chasse à l’homme et donc d’une histoire de survie. L’île sur laquelle se joue la grande chasse est piégée, autant de vrais pièges (l’objet), que de lieux dangereux piégés par des animaux qui ne sont pas forcément originaires de l’île.

Dans chacun des deux camps, des membres de chaque clan pourraient se retourner contre leur chef: certains mafieux ne sont pas d’accord avec la prise de pouvoir d’une femme au sein de la mafia. Du côté de Zaroff, sa famille n’approuve absolument pas son mode de vie criminel et ne lui fait pas confiance même si leur vie en dépend. On ne sait donc pas pendant la lecture quel camp l’emportera et qui trouvera une fin tragique.

« Le monstre en question est votre seule chance de survie ici. Sans moi vous êtes voués à une mort certaine. »

Cette bd est vraiment fascinante. Les illustrations sont magnifiques. Elles appuient à merveille le texte du scénario et le complète parfaitement. Les événements s’enchaînent bien et l’histoire est très visuelle. J’ai adoré tant le texte que les images. Le livre m’attirait, mais je ne croyais pas l’aimer autant. Même si le sujet semble très noir, ce n’est pas du tout gore. Les auteurs nous plongent vraiment dans l’action plutôt que dans l’horreur, le récit est fluide, inquiétant et très prenant.

Je vous invite à découvrir cette fascinante bande dessinée, qui s’inspire d’un film, pour faire revivre le personnage avec ce qui aurait pu être la suite de l’histoire. Une belle découverte pour moi!

Zaroff, François Miville-Deschênes & Sylvain Runberg, éditions Le Lombard, 88 pages, 2019