Snapdragon

Une sorcière incomprise, une apprentie inattendue et un monstre effrayant qui rôde dans les bois… Il y a une sorcière dans la ville de Snap. Du moins, c’est ce qu’on dit. Mais en réalité, Jacks est seulement une vieille femme qui porte des crocs et vend des squelettes d’animaux écrasés sur Internet… après leur avoir fait subir un petit rituel pour apaiser leur esprit. Ça fait flipper, c’est sûr, mais Snap trouve ça aussi plutôt cool. Elles décident de s’associer : Jacks va apprendre à Snap comment prendre soin des bébés opossums qu’elle a recueillis, tandis que Snap aidera Jacks à faire son travail. Mais au fur et à mesure qu’elles apprennent à mieux se connaître, Snap réalise que Jacks pourrait en fait réellement pratiquer la magie… et qu’elle a des connections avec le passé de sa famille.

J’ai adoré cette lecture! Ce roman graphique est vraiment très intéressant à tous points de vue. Voilà une histoire qui met en scène des personnages tous très différents de ce que la société considère comme étant la norme. L’ambiance est aussi très particulière, un peu sombre, intrigante aussi, ce qui apporte beaucoup à l’histoire. C’est une petite pépite brute, différente de ce qui se publie aujourd’hui. Ça m’a beaucoup plu, cette façon de mettre en scène des personnages uniques, sans avoir cette impression qu’on force la note. L’auteure a fait un excellent travail de ce côté-là. Alors, de quoi parle cette bande dessinée?

Snapdragon est une jeune fille qui n’aime pas les trucs de filles, alors que celui qui deviendra son meilleur ami les adore. Snap vit seule avec sa mère et son chien à trois pattes. Elle fait la connaissance de Jacks, une sorcière qui vend des squelettes d’animaux écrasés sur internet. Alors que Snap découvre des bébés opossums orphelins, Jacks accepte de lui montrer comment en prendre soin. En échange, Snap va lui donner un coup de main dans son travail. Bien vite, elle réalise que Jacks est peut-être bien une vraie sorcière et qu’elles ont une histoire commune…

Jacks vit à l’écart, dans les bois. Elle n’a pas l’habitude de recevoir des visiteurs et sa rencontre avec Snap va changer beaucoup de choses dans sa vie. Peu à peu au fil des pages, le lecteur découvre également l’histoire familiale de Snap, d’abord avec cette légende assez étrange sur Tom le borgne, qui hante sa famille depuis des générations, puis avec une histoire plus personnelle. 

« J’imagine que tu t’es fait une idée des sorcières. Une idée basée sur les films que tu regardes. Elles sont diaboliques, effrayantes et horribles… Bin, c’est pas du tout ça. Ça n’a rien d’excitant. C’est un travail difficile et solitaire. Les sorcières ne rentrent pas dans les cases. De sorte que nous nous sommes toujours tenues à l’écart. »

J’ai adoré cette histoire originale qui sort des sentiers battus. Les personnages sont uniques, la différence est mise en avant et présentée de manière positive. Il y est beaucoup question d’identité. J’ai particulièrement aimé la façon dont l’auteure en parle. L’atmosphère est géniale, à la fois sombre et magique. Le dessin est coloré et dynamique. La bd se déroule en partie en automne et aborde même les fêtes d’Halloween et de Thanksgiving.

Définitivement, une superbe découverte!

Snapdragon, Kat Leyh, éditions Kinaye, 240 pages, 2021

Fauna

Comment expliquer l’innombrable variété des formes de vie animale ? Pourquoi les oiseaux ont-ils des ailes ? Comment les antennes des abeilles ont-elles pu se développer ? Quel est le rôle des couleurs éclatantes de certaines grenouilles ? Pourquoi les loups, comme bien des mammifères, ont-ils un pelage ? Assorti de photographies époustouflantes et riche de multiples anecdotes sur la communication, la prédation, la migration ou la séduction, Fauna révèle la beauté sauvage d’un monde animal incroyablement diversifié, des plus petits insectes aux majestueux éléphants.

Fauna est un beau-livre que j’ai adoré. Il est époustouflant tant au niveau du texte et des aspects du monde animal qui sont abordés, que des photos tout simplement magnifiques. C’est un livre qui traite de tous les aspects du règne animal, qui commence avec les dinosaures jusqu’à l’évolution des différentes espèces. On y apprend la façon dont l’animal a développé ses caractéristiques propres. On y apprend toutes sortes de choses sur les animaux, la biologie, l’anatomie, le fonctionnement de chaque partie du corps d’un animal et ses caractéristiques. On découvre beaucoup de choses également sur le comportement des animaux. Il y est aussi question de la théorie de l’évolution et certaines espèces sont aussi présentées « sous la loupe » afin d’en connaître davantage sur leurs caractéristiques. 

Le livre a une façon intéressante d’aborder le monde animal. On y retrouve autant des photos d’animaux que les radiographies de certaines parties du corps comme les ailes, les plumes, les cornes, les œufs, les nageoires, les dents, les pattes. les yeux, le pelage par exemple. On y apprend que la forme de l’œil d’un animal variera, en fonction du rôle de l’animal, qu’il soit un prédateur ou une proie. Les pupilles sont différentes selon l’animal. On découvre également le mouvement des ailes chez les oiseaux et quel est le rôle des couleurs selon l’espèce. La couleur est très importante dans le monde animal. Il y a des avantages qui y sont reliés, tout comme la toxicité qui peut être révélée grâce à la couleur, ce qui prévient les autres bêtes qui voudraient, par malheur, s’y attaquer.

« La forme de la pupille est un bon indicateur non seulement de la position de l’animal dans la chaîne alimentaire, mais aussi de sa technique de chasse dans le cas des prédateurs, ou, si c’est une proie potentielle, de ce qu’il mange, quand et où. Certaines pupilles sont difficiles à catégoriser, mais la plupart sont de trois types: horizontale, circulaire ou verticale. »

Ce que j’ai bien aimé aussi c’est que les auteurs abordent des thèmes vraiment variés, comme par exemple, l’évolution animale qui a menée les animaux à être ce qu’ils sont aujourd’hui. Ou alors la représentation des animaux dans l’art ancien, l’importance des animaux pour certains peuples et l’histoire qui y est reliée. On réalise que ces peuples ont aussi étudié les animaux qui les entouraient, ils en avaient une très bonne connaissance. Le livre aborde également les tentatives de domestications, comme avec le perroquet. 

« La richesse et la puissance des Moghols, qui régnèrent sur l’Inde et l’Asie du Sud au XVIe au XVIIIe siècle, n’avaient d’égal que leur amour de l’art. Les miniatures, qui dépeignaient légendes, batailles, portraits et scènes de chasse, étaient très prisées à la cour. Jahângîr, quatrième empereur, assouvissaient ainsi sa passion pour l’histoire naturelle en commandant des peintures réalistes de flore et de faune, considérées de nos jours comme la fine fleur de l’art. »

L’ouvrage couvre une très large portion du monde animal, allant des caractéristiques entre les espèces en passant par la biologie et la vie au quotidien. Le livre touche aussi toutes les espèces, allant des animaux aux poissons, en passant par les méduses, les hippocampes, les insectes, les papillons, les batraciens. Il y a même un chapitre sur les animaux fantastiques, sur la perception qu’avaient les voyageurs de l’époque face à des animaux inconnus et à l’image qu’ils en rapportaient de retour chez eux. Une image parfois assez éloignée de la vérité. Ces rencontres sont peut-être à la base de certains mythes comme la rencontre avec des licornes ou d’autres animaux peuplant notre imaginaire. Ces « découvertes » ont peuplé les bestiaires de l’époque médiévale, qui frappaient l’imagination des gens, souvent illettrés. On attribuait alors à ces animaux des pouvoirs magiques. Un crocodile pouvait alors avoir le même statut qu’une licorne.

Fauna est définitivement un ouvrage vraiment fascinant et passionnant par sa façon originale d’aborder le règne animal. Visuellement, c’est un ouvrage époustouflant. Un vrai plaisir pour les amateurs d’histoire, de biologie et même d’art. On y apprend une foule de choses passionnantes qui nous font voir la vie animale d’un autre œil. J’ai passé un très beau moment avec ce livre car en plus d’être très accessible, c’est un ouvrage parfait si on est sensible au monde animal et qu’on souhaite en apprendre plus. Un livre que je conseille assurément!

Fauna, Un fascinant voyage au cœur du monde animal, Collectif, éditions Multimondes, 336 pages, 2020

Demain les chiens

Qu’est-ce que l’homme ?
Qu’est qu’une cité ?
Qu’est-ce que la guerre ?
Voilà les questions que les chiens se posent, le soir à la veillée, après avoir écouté des contes fascinants mettant en scène ces mots magiques mais devenus incompréhensibles. L’homme fut-il réellement le compagnon du chien avant que celui-ci accède à l’intelligence ? Disparut-il un jour pour une autre planète en lui abandonnant la Terre ? « Non, répondent les chiens savants, l’homme ne fut qu’un mythe créé par des conteurs habiles pour expliquer le mystère de notre origine. »

Demain les chiens est un livre que j’ai dans ma pile à lire depuis l’adolescence. Avec une copine sur Instagram nous en avons fait une lecture commune. J’entends parler de Clifford Donald Simak depuis bien longtemps. Il fait partie de ces auteurs classiques de science-fiction, qu’on qualifie bien souvent d’incontournable. Il a d’ailleurs remporté une panoplie de prix pour ses écrits.

Simak parle beaucoup de l’homme et des robots dans ses œuvres. Il a d’ailleurs énormément écrit. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai commencé cette lecture. Par contre, la rencontre n’a pas été ce que j’espérais… La lecture, qui avait très bien commencée, s’est essoufflée en cours de route. Il faut dire qu’avec le résumé, je m’attendais à autre chose…

Ce recueil comprend huit nouvelles, du moins pour mon édition, qui date de 1977. Cependant, quelques années après sa publication, l’auteur a rajouté un neuvième conte, écrit dans un style un peu différent. Ce conte additionnel ne me semble pas incontournable, puisque le style et le propos tranche un peu de l’œuvre originale. Le résumé de ce recueil me laissait penser à quelque chose en rapport aux chiens, de façon plus rapprochée. Je pensais voir un monde de chien et les histoires qu’ils se racontent. Ce n’est pas tout à fait cela. Le recueil est construit autour de huit contes et chacun d’eux est commenté au départ par des chiens, qui les ont étudiés afin de savoir si l’homme a réellement existé, s’il est à la base de ce que sont devenus les chiens et s’il ne s’agit pas plutôt d’un mythe.

« La pression sociale, c’était cela qui avait maintenu la cohésion de la race humaine pendant tous ces millénaires, c’était cela qui lui avait donné son unité. »

Les contes ont tous une continuité et des points communs. Ils forment en fait une seule et même histoire, celle de l’évolution de l’homme et du chien. Tout au long des contes, on suit une famille, les Webster, au fil des générations. On y rencontre des hommes, des mutants, des robots et des animaux. La famille Webster est au centre de plusieurs transformations au fil des siècles. Les histoires racontent un monde dévasté où l’esprit de communauté et le gouvernement n’existe plus. L’évolution se fait d’un conte à l’autre et ce qui est intelligent dans ces histoires, c’est le parallèle fait avec notre monde à nous. On ne peut qu’y voir un lien, forcément. Ça, c’est ce qui m’a le plus plus dans ce recueil. C’était quand même visionnaire, vu que le livre a été publié originalement en 1952.

« …à quoi bon aller quelque part? Tout était ici. En tournant simplement un bouton, on pouvait converser face à face avec qui l’on voulait, on pouvait aller, en esprit sinon physiquement, où l’on voulait. On pouvait voir une pièce de théâtre, ou entendre un concert, ou bouquiner dans une librairie située à l’autre bout du globe. On pouvait régler toutes les affaires que l’on voulait sans bouger de son fauteuil. »

Chaque histoire nous fait avancer dans le temps, jusqu’à ce que l’homme ait laissé sa place au chien après l’avoir doté de parole. Des fermes terrestres délaissées jusqu’au voyage sur Jupiter, de la technologie qui recrée tout ce que l’on veut et peut plonger l’Homme dans un sommeil indéfini, le monde de Simak est complexe et touche à toutes les sphères de la science-fiction ou presque.

De mon côté, j’ai souvent trouvé ça « trop ». J’ai adoré les premiers contes, jusqu’au quatrième. Par la suite je me suis mise à décrocher totalement. Je trouvais ça long, répétitif et les trouvailles les plus intéressantes ne me semblait pas suffisamment développées. J’ai eu l’impression d’une lecture éparpillée et ça a finalement joué beaucoup sur mon plaisir de lire ce livre. Je l’ai terminé pour en connaître la fin, mais le plaisir n’était plus vraiment là.

Pour moi cette rencontre n’a donc pas été du tout ce que j’espérais. J’ai eu l’impression de me perdre au fil des pages. Je l’avoue, j’en suis ressortie un peu déçue. On veut pouvoir apprécier les classiques et les livres qui ont marqués un genre ou une époque, mais pour moi celui-là n’a pas été la lecture que j’espérais. Avez-vous déjà lu cet auteur? Vous a-t-il emballé? Je ne sais pas si j’oserais le lire à nouveau, mais peut-être que ses autres ouvrages sont différents?

Demain les chiens, Clifford Donald Simak, éditions J’ai lu, 320 pages, 1977

La plus belle crotte du monde

Dans la clairière du Bois des Fées se réunit une curieuse assemblée. Qui, de la belette ou du renard, du blaireau ou du putois, fait les plus belles crottes du monde ? Les animaux veulent tous participer. Mais ce faisant, ils oublient de rester sur leurs gardes. Or la forêt est un endroit bien dangereux quand les hommes s’en approchent…

Quand ce livre m’est passé entre les mains, je trouvais le titre amusant. Auprès des enfants, ce genre de livre fonctionne toujours très bien. J’ai feuilleté un peu l’album grand format que je trouvais vraiment joli. Les illustrations sont magnifiques et le format du livre est assez gros, ce qui est plaisant pour la lecture avec des petits. Visuellement, cet album est très beau. On plonge littéralement dans la forêt, auprès des animaux qui l’habitent.

L’histoire est courte et amusante. Une souris annonce à un écureuil qu’elle fait les plus belles crottes du monde. Naturellement, l’écureuil veut lui prouver que ses crottes à lui sont encore plus belles. Curieux et voulant jouer à leur tour, les autres animaux de la forêt, la belette, le putois, le blaireau, le renard, le loup et le cerf, se prêtent au jeu. C’est l’occasion pour les auteures de faire un survol des animaux qui peuplent la forêt, du plus petit au plus gros.

Arrive alors le chasseur, qui s’apprête à tirer sur l’un d’entre eux. Branle-bas de combat dans la forêt, tout le monde prend la fuite. Sauf que… le petit jeu des animaux quelques minutes avant sera, à leur étonnement, très utile face au chasseur. L’album devient assez rigolo et amusant. Le lecteur rit des déboires du chasseur et de ses petites mésaventures!

La plus belle crotte du monde est un très bel album qui devrait plaire aux jeunes enfants et qui amène de façon amusante l’idée de protection de la nature et des animaux, en déboutant les plans du chasseur. Arrivé comme une menace dans la forêt, l’homme devient rapidement la risée des animaux… pour notre plus grand plaisir! L’histoire pleine d’humour est portée par des illustrations douces, détaillées, colorées et vraiment très agréables.

Pour les enfants de 4 ans et plus.

La plus belle crotte du monde, Marie Pavlenko & Camille Garoche, éditions Little Urban, 32 pages, 2020

La Montaison

Avez-vous déjà vu les saumons remonter une rivière? C’est quelque chose d’impressionnant! Autrefois, les saumons vivaient dans l’océan. Un printemps, il se passa quelque chose d’étrange qui allait changer le cours de l’histoire.

Une petite lecture qui se veut un clin d’œil à Michel Noël qui nous a quitté le 12 avril, un auteur que j’apprécie beaucoup. J’ai choisi ce livre parce qu’il était dans notre bibliothèque depuis un bon moment. J’avais très envie de le lire et avec le départ tout récent de Michel Noel, j’ai eu envie de lire un de ses textes pour lui rendre hommage. Ce court livre est classé pour la jeunesse, mais permet à tous de se plonger dans une légende innue.

Le livre raconte donc la vieille légende amérindienne de la montaison, soit la raison pour laquelle les saumons remontent la rivière. Une petite fille, Matak, impressionnée par les sauts des saumons dans la rivière, va chercher son grand-père pour lui montrer ce qui l’impressionne grandement. Les plus âgés se font un devoir de transmettre leurs légendes et leurs histoires, afin d’accompagner les enfants dans leur découverte de leur environnement. Le grand-père Nemesh va donc en profiter pour raconter aux enfants ce qui pousse les saumons à remonter la rivière.

« -Nemesh, suis-moi, j’ai quelque chose d’extraordinaire à te montrer.
Ils marchent tous les deux vers la rivière Mishrashipu qu’il connaît comme le fond de sa poche. Nemesh est un homme de rivière, ami de l’eau, des poissons, des canards et des outardes. »

Cette histoire narre la rencontre du chef spirituel innu avec le grand esprit du saumon afin de faciliter la pêche pour son peuple. L’auteur nous plonge dans les légendes des Premières Nations et dans leurs coutumes. C’est un joli texte très intéressant, qui nous apprend des choses sur ce voyage dans les rivières effectué par les saumons.

« La mélodie magique, envoûtante, enchante les humains, les animaux, la forêt tout entière. Le maître de tambour, soutenu et porté par son peuple et la puissance de son chant, ferme les yeux. Son esprit léger comme du duvet quitte son corps, vole comme un puissant oiseau. Le vent joue dans ses cheveux et glisse sur son visage. »

Un court ouvrage jeunesse complété par des cartes, des notes, de l’information documentaire et des jeux pour accompagner la lecture et même, d’une recette! L’ouvrage peut être un beau point de départ pour ouvrir la discussion avec les enfants et travailler le texte en s’aidant du dossier complémentaire à la fin. Le livre est illustré par Daniela Zekina, une illustratrice bulgare. Le texte est entièrement illustré en noir et blanc.

À lire avec plaisir, pour les jeunes et les plus grands!

La Montaison, Michel Noël, éditions Hurtubise, 70 pages, 1999