Bonne année! Et voici notre top 5!

dark-1845065_640L’année 2019 s’achève. Nous en profitons pour vous souhaiter une excellente nouvelle année 2020 et pour faire le bilan de notre année de lectures. Nous avons lu beaucoup, chroniqué beaucoup, en essayant de publier trois chroniques par semaine, le lundi, mercredi et vendredi. Nous allons tenter de poursuivre le même rythme pour 2020, du moment que nous avons suffisamment de billets pour le faire.

Nous avions aussi envie de partager avec vous nos meilleures lectures de l’année. Nous avons envisagé un top 8, puis 3 et même un top 12, avant de retenir l’idée d’un top 5. Restreindre une belle année de lecture à un top 5 est un exercice difficile. Qu’est-ce que l’on garde? Malgré plein d’excellentes lectures, quels livres nous ont marqués au point d’être incontournables? Quels ouvrages ont touché une corde sensible au point de figurer dans un top 5?

Le choix a été difficile. On en a beaucoup discuté, on a expliqué à l’autre nos raisons de conserver tel ou tel livre, on en a éliminé d’autres qui auraient pu figurer en 6e ou 10e place. Et on en est venus à faire une petite liste de cinq titres chacun. Voici donc les dix titres que nous avons retenus:

Alaska

  1. La vie secrète des arbres (Peter Wohlleben)
    Un livre incontournable à découvrir pour voir la nature et les balades en forêt d’un tout autre œil!
  2. Vivre une vie philosophique : Thoreau le sauvage (Michel Onfray)
    Pour mieux comprendre l’idéologie de Thoreau. Un excellent essai sur un mode de vie différent, inspirant et libre.
  3. Cheval indien (Richard Wagamese)
    Un des livres les plus touchants que j’ai pu lire sur les pensionnats indiens. La force du texte et sa poésie en font un roman particulièrement puissant.
  4. Au bord de la Sandà (Gyrðir Elíasson)
    Un roman contemplatif où l’atmosphère est un personnage en soi et où l’auteur offre une réflexion sur l’art et la solitude.
  5. L’Arbre Monde (Richard Powers)
    Bien écrit, fascinant et merveilleux, ce roman de Powers sur les arbres est un incontournable qui rejoint le propos du livre de Peter Wohlleben. Une histoire de racines et d’écologie.

Todd

  1. Le journal d’Alphonse (Alphonse Béliveau, Jean Thibault)
    Un objet-livre fabuleux qui a l’apparence d’un vieux carnet, ainsi qu’un document historique d’exception. À découvrir!
  2. Les filles de Salem (Thomas Gilbert)
    Autant le texte que le dessin sont parfaits pour cette bande dessinée historique qui nous fait réaliser à quel point l’hystérie collective, le fanatisme religieux et l’ignorance peuvent prendre une ampleur terrifiante dans une communauté.
  3. Irineï et le Grand Esprit du mammouth t.1 et Irineï et le Grand Esprit du mammouth t.2 (Val Reiyel)
    Deux tomes pour cette histoire passionnante qui lance un message pertinent et intéressant sur la protection des animaux et la nature.
  4. Métis (Michel Noël)
    Un roman jeunesse émouvant, magnifique, poétique, instructif, drôle et merveilleusement bien écrit qui nous démontre les différences entre deux peuples: celui des Blancs et celui des Amérindiens.
  5. Le petit livre des bains de forêt (Bettina Lemke)
    Un ouvrage qui nous incite à être plus réceptif à ce qu’on peut trouver en forêt et à la sagesse que les arbres, source de vie, peuvent nous transmettent. À notre époque actuelle, c’est un incontournable!

Voilà! Notre liste s’arrête ici. Nous vous invitons à découvrir chacun des livres sur notre blogue, il suffit de cliquer sur le titre du livre pour accéder au billet qui y est relié.

Nous vous souhaitons une excellente année 2020 et de merveilleuses lectures à venir!

Alaska & Todd

Liminal

liminalLe 21 janvier 2017 à 11h04, la mère malade de Jordan n’est toujours pas réveillée. Il ouvre la porte de sa chambre pour vérifier si tout va bien. Son regard s’ajuste sur la forme allongée dans le lit. Monica vit-elle encore ? Liminal tient dans cette seule seconde. Toute la vie revient alors en une bouffée de souvenirs, une plongée immense dans un seul mystère : être un corps. Qu’est-ce qu’un corps ? Quelles en sont les limites ? Des androïdes aux sex clubs, de l’extase mystique de Sainte Thérèse d’Avila à la castration d’une performeuse queer, au carrefour de l’autofiction, de la saga milléniale et de la pop philosophie, le récit s’organise en une prodigieuse odyssée personnelle peuplée d’artistes, de scientifiques et de marginaux magnifiques.

Liminal est une sorte d’autofiction fascinante, difficile à classer, complexe. C’est un roman étonnant, une grande réflexion dans laquelle on plonge avec l’auteur.

Le personnage principal, Jordan, entre dans la chambre de sa mère. Elle tarde à se lever et il s’inquiète. Est-elle décédée? Cet événement amène Jordan à raconter sa vie, sa relation avec sa mère, sa propre réaction face à la mort, face au corps, à ce que nous sommes. Avec philosophie et intelligence, Jordan mène de nombreuses pistes de réflexions autour du corps et de ses limites.

Pour l’auteur, chaque personne est une âme prisonnière d’un corps. La mort libère l’âme. Il se demande à quel moment la personne devient un simple corps. Il s’interroge sur ce que deviendra son propre corps après son décès. Même si l’idée est terrifiante, sa réflexion a un côté très philosophique. Il fait constamment des parallèles avec la mort et avec de nombreuses choses pour mener à bien sa réflexion autour du corps, autour de la mort, autour de ce qu’est l’humain et à quel moment son statut de « vivant » change. La manière dont le corps humain absorbe ce qui l’entoure. Le corps avec ses faiblesses, ses forces, sa honte, sa grandeur, ses hauts et ses bas.

« Tandis que je me tiens ici, je réalise que mon corps est la chose que je saisis le moins. Ce qui distingue la chose vivante que je suis de la chose sans vie que tu sembles être. Et comment puis-je seulement considérer cela comme mon propre corps, comme une chose que je possède, alors que le tien me montre que toi tu ne le possèdes pas? Tout au long de ma vie, je me suis lancé dans des relations avec des amis, des amants, des villes, relations que je savais vouées à se consumer rapidement en raison de leur intensité, et pourtant, j’ai toujours été surpris lorsqu’elles prenaient fin. Comment fait-on pour vivre une chose et l’aimer tout en sachant qu’elle échouera et finira par nous déserter? Un vaisseau se précipitant vers la mort? »

L’auteur fait également beaucoup de parallèles avec la nature et avec le monde vivant ou inanimé, toujours pour construire sa réflexion. Liminal va plus loin qu’une simple intrigue. Le roman nous apprend de nombreuses choses: sur l’entreprise lucrative qu’est devenue la mort, sur les champignons qui attaquent et tuent les fourmis, sur le monde fascinant des humanoïdes. De nombreuses discussions avec d’autres personnages portent le roman vers plusieurs questionnements: l’éternité, la rotation des choses et de la nature, le cycle vie et de mort de tout ce qui nous entoure, des grains de sable en passant par les ordinateurs.

La relation entre Jordan et sa mère est au centre du roman. L’idée de la religion est également abordée, entre sa mère très religieuse et lui, athée. Certaine confrontation avec sa mère, plus sérieuse, scientifique, parallèlement avec Jordan qui oeuvre dans le domaine du théâtre, dans un monde queer qui n’est pas forcément accepté par sa mère. Toutefois, les deux ont un grand respect l’un envers l’autre. Sa mère étudiait les possibilités scientifiques en cas de graves problèmes au cerveau, pour trouver une forme d’intelligence artificielle qui puisse prendre le relais. Cet aspect mêlant philosophie et science était fascinant et j’ai adoré cette partie du livre.

Avec Liminal, Jordan Tannahill nous amène dans une autofiction où il s’interroge sur une possible situation, la mort de sa mère, et sur ce que devient l’humain après avoir quitté la vie terrestre. Sur la place et le statut que prend alors le corps. Le personnage cherche à comprendre ce que la mort fait au corps, le lien si ténu entre la vie et le trépas.

« Tu as toujours dit que tu voulais être incinérée (simple et rapide) et conservée dans un lieu où tes amis pourraient te rendre visite. Une petite alcôve, un mur de marbre, une plaque de cuivre. Le Canada n’autorise pas ses citoyens à préparer le corps de ceux qui leur sont chers en vue de l’inhumation, ainsi que les êtres humains l’ont fait durant des millénaires. Cela nous oblige à contracter ces services auprès de professionnels, comme on fait appel à un réparateur de fournaise. Mais si tu es morte, je veux toucher ta mort avec mes mains. Je veux comprendre ton absence à travers le rituel de préparation du corps. Je me demande combien de jours je pourrai cacher ton décès à l’État? »

Le monde artistique et cinématographique prend une très grande place dans le roman au fur et à mesure que le texte avance. Il y a tout un côté queer, parfois un peu cru, très présent dans le livre. L’idée du corps et également de la mort, est au centre des réflexions qu’offre Jordan dans son autofiction.  Le roman est en quelque sorte sa vision du corps et de son évolution durant le cycle de la vie.

Liminal est un roman que j’ai aimé, qui est fascinant à plusieurs points de vue et bien souvent captivant. C’est un roman très dense qui aborde une foule de sujets. Le lecteur est rapidement emporté par les différents questionnements de Jordan et par la vie queer menée par le personnage. Cependant, ce qui saute aux yeux en commençant le roman c’est la solidité du texte et la qualité de l’écriture. L’auteur a une plume fabuleuse.

Puisqu’il s’agit d’une traduction, il faut absolument souligner le travail impeccable de Mélissa Verreault. Elle a fait un très beau travail pour nous faire découvrir l’univers coloré et rempli d’interrogations de Jordan Tannahill. La plume de Tannahill est fantastique et très surprenante. Ses idées partent régulièrement dans une sorte de douce rêverie où il remet en question l’univers qui l’entoure, toujours en lien avec le corps et la mort. Pourtant, malgré le sujet qui pourrait sembler rébarbatif, le roman est aussi prenant qu’il est fascinant.

Un premier roman étonnant tant il est difficile de le classer. Juste pour l’écriture brillante et intelligente, il vaut le détour.

Ce livre fait partie de la liste préliminaire du Prix des libraires du Québec 2020, catégorie Roman-Nouvelles-Récit hors Québec.

Liminal, Jordan Tannahill, éditions La Peuplade, 440 pages, 2019

La Noël au temps des carrioles

Noël au temps des carriolesLe temps d’une promenade, revivez la magie des Noëls d’antan à Québec et découvrez les traditions de nos ancêtres et les transformations de la fête à l’époque victo­rienne. Messe de minuit, réveillon, échanges de vœux et de présents, décorations, sans oublier le magasinage et l’arrivée du père Noël… Une visite qui vous plongera dans la féérie du temps des Fêtes d’autrefois! 

J’avais très hâte de découvrir ce livre et j’ai eu un vrai coup de cœur pour cet ouvrage vraiment intéressant! J’adore les livres de Noël et celui-ci me paraissait très original. La Noël au temps des carrioles nous parle du temps des Fêtes à Québec du XVIIe au XXe siècle. En plus d’être un ouvrage rempli d’anecdotes fascinantes à découvrir, c’est aussi un circuit historique. Le petit format du livre nous permet de l’amener avec nous aisément et le rabat intérieur contient une carte du circuit. Un guide en bas de page nous indique où se diriger dans la ville. En huit points d’intérêt, ce livre permet de revisiter l’histoire du temps des Fêtes à Québec de l’arrivée des premiers explorateurs à l’essor des grands magasins!

Saviez-vous que le premier Noël de la ville remonte à l’hivernage de Jacques Cartier? Que c’est à Dickens, qui a d’ailleurs séjourné à Québec, à qui l’on doit la façon moderne de fêter Noël? Que c’est la culture britannique qui a influencé grandement nos plats du temps des Fêtes? Et qu’une loi obligeait les conducteurs de carrioles à doter leurs chevaux de grelots pour éviter les accidents? Le livre regorge d’informations sur ce qui a façonné notre façon de célébrer Noël aujourd’hui.

L’ouvrage débute par un premier arrêt: Noël à l’époque pionnière. Ensuite vient Noël sous le régime britannique. On enchaîne avec les vœux des Fêtes et les promenades hivernales, les emplettes et les décorations, les chants de Noël, le Jour de l’an et Noël, la religion et le père Noël. Tous les aspects sont abordés, nous permettant de déceler une évolution de la façon de célébrer Noël du XVIIe au XXe siècle.

J’ai adoré ce petit livre qui permet de mieux comprendre l’évolution des festivités au fil des ans. Le ton est jovial et la concision du texte en fait un ouvrage très abordable pour tous. L’idée d’un circuit historique me plaît énormément. Si j’ai la chance de passer par Québec un jour à la période des Fêtes, je l’apporterai assurément avec moi!

Si vous n’êtes pas à Québec en cette période de l’année, ce n’est pas grave du tout. L’ouvrage conserve tout son intérêt quand même, en fournissant énormément de contenu, d’extraits de journaux, de catalogues et d’annonces en tout genre. Son format est pratique et le texte, très accessible. C’est un ouvrage grand public conçu aussi pour profiter de la visite « en vrai » de la Ville de Québec si vous avez la chance d’y être. Autrement, profitez d’une petite visite historique bien au chaud dans votre salon en apprenant une foule de choses sur la période des Fêtes chez nous.

Un grand plaisir de lecture qui me donne bien envie de découvrir les autres titres de la collection qui abordent différents sujets en lien avec Québec: la vie nocturne, la médecine et la justice.

La Noël au temps des carrioles. Le temps des Fêtes à Québec du XVIIe au XXe siècle, Les Services historiques Six-Associés, Marie-Eve Ouellet et Emilie Guilbeault-Cayer, éditions du Septentrion, 96 pages, 2019

Le curieux Noël de Mrs Ellison

curieux noel mrs ellisonQuand Mariah Ellison reçoit un sinistre cadeau de Noël, un boulet de canon, sur le pas de sa porte, elle se rappelle un meurtre, il y a vingt ans, qui a brisé l’une de ses plus fortes amitiés. Comprenant que cette vieille affaire semble refaire surface, elle se rend dans le Surrey, dans l’espoir de se réconcilier avec son amie, et de résoudre enfin le meurtre qui les a séparées. Mais les collines pittoresques du Surrey cachent bien des secrets, et des révélations choquantes pourraient rendre le Noël de Mrs Ellison tout à fait surprenant.  

J’aime beaucoup les contes de Noël d’Anne Perry. Il y a toujours une fin heureuse et une petite morale sur les secondes chances, la justice, la rédemption. C’est un thème très récurrent dans les romans de l’auteure, surtout ceux de Noël. Son passé apporte un certain éclairage sur son choix de mettre en avant ces thèmes. Elle réussit à en faire de belles histoires de Noël.

Ces dernières années, les histoires de la série des contes de Noël me semble moins festives et moins enneigées que ses toutes premières. Elles se déroulent dans des lieux plus exotiques (et plus chauds) et pour moi, ça ne correspond pas à l’image que je me fais de contes de Noël. J’ai besoin d’un peu de magie, de décorations et surtout, de neige.

La parution de cette année, Le curieux Noël de Mrs. Ellison, me tentait beaucoup car ce livre me semblait plus proche de l’esprit de ses premiers contes de Noël. J’aime aussi que l’auteure choisisse de mettre en scène dans ses histoires de fin d’année, des personnages secondaires que l’on retrouve dans les autres séries qu’elle écrit. Ici, c’est Mariah Ellison le personnage principal. Il s’agit de la grand-mère de Charlotte Pitt, héroïne de la première série qui a rendue Anne Perry célèbre.

Mariah Ellison est une vieille femme un peu aigrie, au caractère assez volontaire. Elle a eu une vie compliquée, faite d’humiliation et de violence, dont on apprend beaucoup au fil du roman. Elle vit maintenant chez sa petite-fille Emily, la sœur de Charlotte Pitt. Son caractère difficile la fait passer les Fêtes seule, dans la grande maison. Elle ne manque de rien, sauf peut-être de l’essentiel: la présence des gens. Et quelque chose pour réchauffer le cœur. La livraison d’un étrange paquet et la demande de Peter l’amène à partir dans le Surrey. C’est le moment pour Mariah de remuer les vieux souvenirs du passé et tenter de rendre la paix aux gens qui ont été mêlés à une très vieille histoire: un crime horrible qui est resté impuni. Noël, dit-on, est le moment des miracles et Mariah Ellison fera tout en son pouvoir pour que justice soit rendue. Et pour ne pas décevoir ceux qui ont réclamé sa présence.

L’intrigue du roman est assez intéressante pour qu’on ait envie de suivre Mariah et de comprendre comme elle les raisons qui avaient poussé l’avocat et ami de Mariah à choisir de ne pas représenter son client. Le temps des Fêtes est normalement un moment de réjouissances, sauf que le cœur n’y est pas. Le temps presse, il y a une enquête à mener et le caractère bien trempé de Mariah est parfait pour en venir à bout.

L’aspect festif du livre est présent surtout au début et à la fin du roman, par très petites touches. Au moins, il fait froid et on sent que c’est l’hiver. L’esprit de Noël m’a manqué un peu au centre du livre et dans le déroulement de l’intrigue. La fête reste très secondaire. Les bons sentiments, le courage et la soif de justice toutefois, en font une histoire typique de Noël. L’enquête n’est pas inintéressante même si elle n’est pas non plus flamboyante. C’est une lecture que j’ai aimé, qui est mieux que plusieurs des derniers contes de Noël qu’Anne Perry a pu écrire ces dernières années, sans être équivalent à ses premières histoires de Noël. Le personnage de Mariah Ellison contribue toutefois à rendre le roman intéressant.

L’enquête s’attarde principalement sur le crime odieux d’une jeune fille et l’on suit le déroulement avec curiosité. Il manque cependant un petit quelque chose. L’auteure aurait pu étoffer un peu plus autour de l’histoire du boulet de canon. Pour l’ambiance de Noël, il faut cependant gratter un peu, il n’y a que des allusions de temps en temps. Rien de véritablement festif. J’ai toutefois bien aimé cette petite scène de thé de Noël:

« Mariah descendit au salon. La pièce était décorée de bougies rouges de Noël, de guirlandes de feuillage et de rubans, de pommes de pin et de branches de houx saupoudrées de cheveux d’ange et d’une sorte de neige argentée. Le tout était joyeux sans être trop exubérant. Elle s’installa à l’une des petites tables, puis commanda du thé et des crumpets accompagnés de beurre et de miel. Tout cela serait délicieux, et lui redonnerait des forces avant qu’elle prenne des décisions. »

En quête de justice, Mariah Ellison accepte d’apporter son aide à son entourage pour rétablir les faits et sauver le nom de son ami et sa mémoire. À la veille de Noël, c’est un but très louable qui demande à Mariah bien des efforts. C’est une enquête qui se lit facilement, qui est assez agréable, mais qui n’est pas vraiment marquante.

Le curieux Noël de Mrs Ellison, Anne Perry, éditions 10/18, 160 pages, 2019

Locke & Key t.5: Rouages

Locke and Key 5À Lovecraft, les enfants Locke n’ont jamais été aussi près des ténèbres. Tyler et Kinsey n’imaginent pas un seul instant que Lucas « Dodge » Caravaggio est revenu d’entre les morts pour s’emparer du corps de leur petit frère. Grâce à la clé Oméga, Dodge sera bientôt en mesure d’ouvrir la Porte Noire et de libérer les démons aux pouvoirs hypnotiques qui se tapissent derrière. Depuis des siècles, le destin semble s’acharner sur la famille Locke. Mais Tyler et Kinsey détiennent eux aussi une arme redoutable : la clé du Temps. Sauront-ils contrer leur Nemesis et renverser le cours de l’Histoire ?

On ouvre ce cinquième tome intitulé Rouages en étant impatient d’en savoir plus, surtout avec la façon dont se termine le tome 4. La fin nous a gardé captif et l’histoire peut prendre toutes sortes de chemins bien différents. Le début est d’ailleurs étonnant et m’a beaucoup plu. Les auteurs nous offrent un plongeon dans le passé, direction Lovecraft en 1775. Deux orphelins dont les parents ont été pendus pour sauver la vie de plusieurs hommes, se retrouvent dans la grotte où tout a commencé.

« Face aux créatures tapies derrière la porte, les guerres des hommes ne sont que querelles d’enfants. »

Il est question à plusieurs reprises de voyage dans le temps, ou à tout le moins de ce qui y ressemble, tant au propre qu’au figuré. J’aime quand les auteurs abordent ce thème dans la littérature, thème qui me fascine toujours énormément. Ici, les clés sont au centre de tout et aident Kinsey et Tyler à mieux comprendre les événements qui ont eu lieu à Keyhouse dans le passé. La maison est très vieille, plus que les jeunes ne pouvaient le penser. Elle a beaucoup de secrets qui ont été enfouis au fil des ans… souvent oubliés par les adultes lorsque la loi Riffel prend le dessus après l’adolescence. Une idée particulièrement bien traitée dans cette bande dessinée, ce qui explique aussi la raison pour laquelle c’est souvent Bode qui trouve les clés.

Je suis toujours subjuguée par l’imagination galopante des auteurs, qui réussissent à créer un monde complètement fou. Leurs trouvailles sont souvent étonnantes et ce qu’ils en font l’est encore plus. Les objets sont dotés de capacités cachées, avec toujours l’ombre du mal qui plane au-dessus. Ils réussissent à instiller un sentiment de peur et de fascination. L’humain, avec ses faiblesses, son besoin d’être reconnu et sa soif de domination sur les autres est très souvent au centre du mal qui ronge Keyhouse.

Ce cinquième tome met aussi en lumière Bode depuis les récents événements. Bien différent, son comportement suscite l’inquiétude. On peut souvent faire le parallèle entre lui et son oncle Duncan qui était à l’époque le plus jeune de la famille. C’était aussi Duncan qui trouvait toutes les clés. Comme si la maison les leur offrait avec plus de facilité…

Tourné sur le passé pour mieux comprendre le présent, Rouages est l’avant-dernier tome de la série. Je l’ai adoré! Je trouve vraiment intéressant cette plongée dans le passé pour nous permettre de saisir l’importance de ce qui s’est jadis déroulé dans la grotte et de comprendre l’origines des clés, de l’histoire qui a forgé Keyhouse. Ce tome fabuleusement mené nous offre un éclairage très pertinent sur le passé entourant l’étrange maison. Il ne reste qu’un tome à découvrir, pour connaître le dénouement final. Mon billet sera en ligne très bientôt! En attendant, voici mon avis sur les autres tomes de la série (tome 6 à venir):

Locke & Key t.5: Rouages, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 168 pages, 2018