Etta et Otto (et Russell et James)

Etta et OttoEtta, 83 ans, a toujours voulu voir la mer. Un matin, elle enfile ses bottes, emporte un fusil et du chocolat, met le cap à l’est et entame les 3 232 kilomètres qui séparent l’océan de sa ferme en Saskatchewan. Otto, son mari, connaît bien la mer. Il l’a traversée il y a bien des années pour prendre part à une guerre lointaine. Il découvre à son réveil la note que lui a laissée sa femme : J’essaierai de ne pas oublier de rentrer. Il se résigne à accepter la décision de son épouse. Russell, voisin et ami d’enfance d’Otto, ne peut abandonner Etta et part à la recherche de celle qu’il a toujours aimée à distance.

J’avais adoré Les chants du large, le second roman de Emma Hooper. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai découvert son premier livre, Etta et Otto (et Russell et James). J’étais aussi curieuse de découvrir qui étaient les personnages du titre et les liens entre eux.

Le roman a pour point de départ Etta qui quitte tout et décide d’aller voir la mer qu’elle n’a jamais vu. Son conjoint demeure à la maison pendant son périple et suit Etta sur une carte et dans les journaux. Elle est suivie par Russell, leur voisin et ami, qui ne peut concevoir qu’elle parte « comme ça ». Il a toujours été secrètement amoureux d’elle. Et il y a James. Ma surprise (et mon sourire) quand j’ai découvert qui il était!

Le roman alterne entre l’instant présent, la façon dont Etta voyage, la façon dont Otto passe le temps (il apprend à cuisiner et bricole) pendant l’absence d’Etta et la façon dont Russell gère toutes ces nouveautés. Puis, l’histoire nous transporte dans le passé, afin qu’on puisse suivre Otto et toute la marmaille que constitue sa grande famille; l’arrivée de Russell, un genre de fils adoptif, dans les parages; et la rencontre avec Etta.

« Quelques mois auparavant, elle avait commencé à se sentir entraînée dans les rêves d’Otto à la place des siens, la nuit. (…) Elle essayait de dormir sans qu’aucune partie de son corps ne touche celui d’Otto afin que ses souvenirs à lui ne trouvent aucun point de contact pour se glisser dans les siens. »

Il y a aussi la guerre, qui mobilise tout et tout le monde, les fermes désertées par les hommes, les femmes en deuil, la peur, les lettres qu’Otto envoi à Etta, les premières amours. C’est le portrait d’une époque, qui a vu grandir Otto, Russell et Etta. C’est aussi le présent, la vieillesse et toutes ces choses que l’on ne contrôle pas forcément.

« Je devrais peut-être partir, répondit Etta. Dans un endroit pour les gens qui s’oublient eux-mêmes.
Mais je me souviens, dit Otto. Si je me souviens et que tu oublies, on peut sûrement s’équilibrer. »

Il y a quelque chose de magnifique et de très humain dans le texte d’Emma Hooper, quelque chose de lumineux qui en fait un beau moment de lecture. Les personnages sont attachants dans leur façon unique d’être imparfaits. C’est ce qui fait chaud au cœur.

C’est seulement la fin qui m’a laissée un peu incertaine. J’ai eu l’impression de pouvoir expliquer certaines choses, mais pas tout. Il faudrait que je relise les derniers chapitres. Cependant, même si ma préférence va au roman Les chants du large, j’ai beaucoup apprécié ma lecture et j’ai aimé les connexions entre les personnages. On retrouve les prémisses de ce qui m’avait tant plu dans Les chants du large, cette étrangeté tant dans les événements que dans la relation des personnages entre eux, leurs réflexions et la présence d’animaux un peu inattendue. Il y a aussi un brin d’humour discret. C’est un peu la même chose que l’on retrouve dans Etta et Otto (et Russell et James).

« Les lettres d’Otto arrivèrent avec des fenêtres. De petits rectangles découpés à travers lesquels Etta pouvait passer le doigt. Des gens, des noms de lieux et des chiffres surtout, avaient été extraits du feuillet soigneusement découpés et gardés quelque part. Etta imagina un bureau en Angleterre, bourré à craquer de ces gens, de ces villes, de ces chiffres dans leurs petits rectangles de papier originaux. »

Je crois sincèrement que Emma Hooper est une auteure à part, différente, qui puise dans l’humain et ses petites différences pour en faire des personnages magnifiquement simples et attachants. Elle crée avec de petits instants, un moment d’émerveillement. C’est sans doute là, avec des dialogues qui vont à l’essence même des choses, que réside le talent de l’auteure.

Une belle lecture!

Etta et Otto (et Russell et James), Emma Hooper, éditions Alto, 408 pages, 2019

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Agathe

AgatheSoixante-douze ans passés, un demi-siècle de pratique et huit cents entretiens restants avant la fermeture de son cabinet : voilà ce qu’il subsiste du parcours d’un psychanalyste en fin de carrière. Or, l’arrivée imprévue d’une ultime patiente, Agathe Zimmermann, une Allemande à l’odeur de pomme, renverse tout. Fragile et transparente comme du verre, elle a perdu l’envie de vivre. Agathe, c’est l’histoire d’un petit miracle, la rencontre de deux êtres vides qui se remplissent à nouveau. Anne Cathrine Bomann signe ici un roman intelligent et inattendu, décortiquant avec tendresse les angoisses humaines : être, devenir quelqu’un, désirer et vieillir. Serait-il possible de découvrir enfin de quoi on a vraiment peur ?

Agathe est un court roman qui se lit d’une traite. Le narrateur est psychanalyste. Il compte prendre sa retraite à soixante-douze ans. Il lui reste donc vingt-deux semaines de travail et 800 rencontres avec ses patients. Il compte le nombre d’entretiens restant, leitmotiv qui ponctue le roman. Il a grande hâte de partir. On s’imagine qu’il a eu une vie bien remplie et qu’il veut profiter du temps qu’il lui reste pour faire des choses seulement pour lui-même. Sauf que le jour où sa secrétaire, Madame Surrugue, prend un rendez-vous pour une nouvelle patiente très insistante, sa vie va être bouleversée. Le psychanalyste est un peu en colère, mais cette nouvelle patiente impose sa présence. Elle s’appelle Agathe et elle n’a plus envie de vivre.

« Encore 688 consultations. À cet instant, j’avais le sentiment que c’étaient 688 de trop. »

Le psychanalyste tente de la repousser, mais il accepte finalement de la recevoir jusqu’à son départ à la retraite. Agathe, qui n’a pas un passé médical facile, ne demande de toute façon qu’une seule chose: parler à quelqu’un. Et c’est lui qu’elle a choisi.

Le quotidien du psychanalyste est donc fait de ces rencontres avec ses patients, pour qui il commence à ressentir moins de bienveillance qu’avant. La seule personne qu’il apprécie réellement, c’est Agathe. Au même moment, Madame Surrugue quitte le cabinet subitement. Ces changements soudains dans la vie du psychanalystes sont de petites ondes de choc dans son quotidien réglé comme du papier à musique.

« Je réalisai que j’avais nourri l’idée que la vraie vie, la récompense de tout ce labeur, m’attendait quand je prendrais ma retraite. Mais assis là, j’étais fichtrement incapable de voir ce que cette vie contiendrait qui vaudrait la peine de s’en réjouir. »

Plus le roman avance, plus on réaliste que la vie que mène le psychanalyste est loin d’être pleinement satisfaisante. Qui du thérapeute ou de la patiente a le plus besoin de trouver un sens à son existence? C’est un peu la question en filigrane du très beau roman que nous offre Anne Cathrine Bomann qui aborde la vieillesse, le deuil, la solitude, la vie.

Ce livre est à la fois touchant et étonnant. Émouvant et grave. Il y a quelque chose dans ce texte qui vient nous chercher, qui prend un peu aux tripes, mais avec une certaine douceur, avec une forme de retenue tout comme le sont les personnages du roman.

« Comment aide-t-on un homme inconnu à bien mourir lorsqu’on n’arrive même pas à vivre sa propre vie? »

Le questionnement existentiel sur la vie, la mort et ce que l’on choisi de faire de ce moment qui nous est alloué. C’est un roman sur le profond désir de profiter de la vie, de donner une utilité à ce que nous sommes, d’exister et de ne pas être invisible. Ni à ses propres yeux, ni à ceux des autres.

Le roman baigne dans une forme de douce mélancolie. Le thème n’est pas à priori joyeux, mais la vie étant faite de petites bulles de bonheur et d’énergie, certains moments du roman sont beaux, lumineux. Comme de petits éclats de soleil pendant l’orage.

Un texte court, mais bouleversant, tant les questions qu’il pose et les thèmes qu’il aborde sont universels et totalement humains. Une très jolie découverte.

Agathe, Anne Cathrine Bomann, éditions La Peuplade, 176 pages, 2019

Robot sauvage

Robot SauvageUn cargo fait naufrage. Rozzoum unité 7134, alias Roz, échoue sur une île déserte. Pourra-t-elle survivre dans la vie sauvage?
Une splendide et captivante aventure, pleine de dangers et d’émotion. Un hymne à la nature et à l’amitié.

Ce livre jeunesse est un hommage à la nature, à ses bienfaits et à ce qu’elle nous apporte, en plus d’y coupler une extraordinaire aventure de robot. L’auteur, fasciné par le contraste entre la nature sauvage et la technologie de l’intelligence artificielle nous offre un roman sous forme de conte. Il nous parle de l’étrange naufrage d’un bateau transportant des robots dont un seul est toujours fonctionnel: Roz.

« L’île grouillait de vie. Et maintenant, elle abritait une nouvelle forme de vie. D’un genre étrange: une vie artificielle. »

Ce robot tente d’apprendre à vivre et à se débrouiller dans la nature, que ce soit pour se déplacer ou se faire des amis. Elle se familiarise avec son environnement et apprend à observer ce qui se passe autour d’elle. Elle est différente de toute espèce animale qui vit sur l’île et son acceptation par les autres est difficile. Jusqu’à ce qu’elle détruise un nid par mégarde…

Sa vie changera alors complètement et sa façon de se comporter avec les animaux de l’île aussi. L’auteur, à travers l’histoire de Roz, nous invite à percevoir la nature différemment, au fil des saisons et d’apprivoiser ceux qui y vivent. Son roman est un bel hommage à l’amitié et aux liens qui unissent les membres d’une famille, même si ce n’est pas une famille comme les autres. L’émotion et le sentiment d’appartenance est aussi fort. C’est une très belle histoire.

J’ai aussi aimé que l’auteur n’en fasse pas un roman-bonbon. La nature peut être cruelle, la difficulté d’y survivre aussi et ce n’est pas tout le monde qui en sort vivant. Idem pour la chaîne alimentaire, qui est à la base des relations entre les animaux de l’île. Certains ne reviennent pas. L’histoire est donc à la fois réaliste et anthropomorphique en donnant des caractéristiques humaines aux animaux et aux robots. Du moins à Roz qui n’est définitivement pas un robot comme les autres.

Robot sauvage est à la fois une grande aventure, une histoire de robot et de nature, ainsi qu’un hommage aux différences, à l’acceptation et à l’unicité. L’auteur est talentueux, aussi doué pour l’écriture que pour le dessin. Le roman contient énormément d’illustrations qui sont toutes plus belles les unes des autres. J’adore son travail, surtout quand il met en scène le contraste entre le robot et la faune sauvage. C’est tout simplement magnifique!

« Après plusieurs semaines à étudier les oiseaux à la manière des robots, Roz connaissait le chant de chacun d’eux, savait quand il chanterait et pourquoi. Elle commençait à comprendre les oiseaux. Mais Roz commençait également à comprendre les porcs-épics, les salamandres et les scarabées. Elle découvrit que tous les animaux avaient un langage commun; simplement ils le parlaient chacun d’une manière différente. On aurait pu dire que chaque espèce le parlait avec l’accent qui lui était propre. »

Le roman nous offre une belle aventure, qui laisse de la place à une possible seconde aventure. C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit un autre roman. Il existe une suite à ce livre, en anglais, intitulée The Wild Robot Escape. J’espère vraiment qu’il sera traduit. J’aimerais beaucoup connaître la suite des aventures de Roz et retrouver Joli-Bec, les ours, les castors et tous les autres. Vivement une traduction pour cette suite!

En attendant celui-ci est une très bonne lecture, qui m’a vaguement fait penser à Pax et le petit soldat. Pas à cause de l’histoire mais plutôt à cause de sa forme, une sorte de conte, qui peut plaire autant aux jeunes qu’aux adultes.

Une bien jolie découverte!

Robot sauvage, Peter Brown, éditions Gallimard Jeunesse, 284 pages, 2017

Cœur de loup

coeur de loupFéodora a grandi parmi les loups. Ils sont tout pour elle et, bientôt, elle deviendra maître-loup, comme sa mère. Mais ce destin extraordinaire est anéanti quand surgit l’armée du tsar, dévastant tout sur son passage. Alors que sa mère est faite prisonnière, l’intrépide Féo part avec sa meute à travers les forêts enneigées de Sibérie. Bravant l’ennemi, le froid, les tempêtes, elle est prête à tout pour la sauver…

Féodora aspire à devenir maître-loup, comme sa mère. La mère et la fille vivent dans une cabane, dans les bois, à l’écart de tout. Le métier de maître-loup n’est pas de tout repos. Les loups sont utilisés comme animaux de distraction dans les salons de la haute bourgeoisie russe. Il est de bon ton d’avoir son loup de compagnie lors des soirées et de lui faire exécuter certains tours ridicules. Lorsqu’on se lasse de lui parce qu’il devient plus sauvage qu’on ne le voudrait, le loup est amené au maître-loup qui doit l’ensauvager avant de le relâcher dans la nature sauvage. Seulement, cette façon de fonctionner ne convient plus et l’armée du tsar dévaste tout sur son passage. Chacun est coupable de tout et de rien. La mère de Féo est emprisonnée. Cette dernière voudra la retrouver.

« Je ne sais pas d’où vient le courage. Mais je sais que si on en rassemble un tout petit peu, il en vient encore plus sans qu’on fasse d’effort. »

Féodora a toujours vécu avec sa mère et elle ne s’en laisse pas imposer. C’est un personnage qui fonce et qui est bien courageuse. Même quand elle fait des erreurs, elle réussit à les surpasser ou à tenter de s’améliorer. Elle n’est pas parfaite, pas toujours de compagnie agréable, plutôt sauvage, mais elle a bon cœur. Elle est intelligente, réfléchie et pleine de ressources. Le genre de personnage féminin que l’on souhaiterait retrouver plus souvent dans la littérature jeunesse (et dans celle pour adulte, aussi, ça nous changerait bien!).

« La façon dont pointait son menton vers le haut laissait penser qu’elle avait tué un dragon avant le petit déjeuner. Quant à son regard, il suggérait qu’elle l’avait dévoré. »

Cœur de loup se déroule en pleine révolution russe où l’armée du tsar a tous les droits et tous les pouvoirs. L’armée est guidée par un homme cruel et tyrannique qui prend plaisir à détruire tout ce qui se trouve sur son passage. Le monde de Féodora est injuste et c’est en étant séparée de sa mère, puis en rencontrant Ilya et Alexeï qu’elle en prendra pleinement conscience. Ilya a été enrôlé de force, alors qu’Alexeï est le parfait exemplaire du révolutionnaire sympathique qui a grandit beaucoup trop vite. Le trio réussira beaucoup de choses ensemble.

« Personne n’y vit, le château a été incendié il y a plusieurs années. Le tsar pense que ça porte malheur de vivre dans une maison qui a brûlé, alors les gens du monde doivent être du même avis. C’est ironique quand on voit à quel point son armée aime mettre le feu. »

Ce roman est une véritable ode à l’amitié et au courage. C’est une belle histoire qui montre que la volonté et l’implication n’ont pas d’âge. Ce n’est pas que l’apanage des adultes. Tout le monde peut changer quelque chose à l’histoire, à la société ou au quotidien s’il s’implique. Le roman est construit comme un récit d’aventure passionnant et captivant. La présence des loups dans cet univers enneigé apporte beaucoup à l’histoire et devrait plaire à tous ceux qui aiment les animaux. Les bêtes ne sont pas apprivoisées, même si elles suivent Féodora et l’écoutent bien souvent. Elle fait en quelque sorte partie de leur meute.

Mêlant habilement nature, politique et guerre, présence animale et aventure, Katherine Rundell livre un excellent roman jeunesse avec l’histoire de Féodora, d’Ilya et d’Alexeï. Elle nous plonge dans une révolution qui changera le cours du destin de ses personnages et nous permet de mieux comprendre la dynamique entre une jeune fille et « ses » loups. La nature, omniprésente, est au cœur du roman.

« Féo adorait cet endroit. Tout autour de chez elle, la terre frémissait et scintillait de vie. Elle avait entendu des promeneurs qui passaient par là déplorer la monotonie du paysage blanc, mais ces gens-là étaient des illettrés, ils n’avaient pas appris à lire le monde correctement. »

Cœur de loup est un roman jeunesse comme je les aime. Une véritable aventure dans les bois glacés de l’hiver russe, des loups et une héroïne fougueuse qui ne s’en laisse pas imposer. L’histoire est géniale et remplie de péripéties avec des personnages auxquels on s’attache. De plus, le roman est richement illustré par le travail de Gelrev Ongbico, tantôt avec des illustrations sur la moitié d’une page, tantôt par de petits croquis (empreintes de pattes, sapinage, flocons de neige) dans le coin des pages. Un roman aussi beau visuellement (la couverture est magnifique!) que captivant.

Une bien jolie découverte!

Cœur de loup, Katherine Rundell, éditions Gallimard Jeunesse, 336 pages, 2016

 

L’esprit du camp 2

esprit du camp 2Même si l’étrange été d’Élodie tire à sa fin, elle n’entend pas pour autant quitter le Camp du Lac à L’ours sans avoir élucidé le mystère entourant le directeur et cette lumière fantomatique qui est apparue dans la forêt. Avec Catherine… c’est compliqué -ou complexe- rien n’est trop sûr, mais entre des rouquines toujours aussi monstrueusement adorables et des légendes qui semblent prendre vie, Élodie mène l’enquête, malgré la peur et l’épuisement.

L’esprit du camp est une histoire en deux tomes. Si le premier mettait en place l’atmosphère et les personnages, le tome 2 me semble encore plus intéressant!

Nous suivons toujours Élodie qui cherche à comprendre ce qui se passe au Camp du Lac à L’ours. Le tome 2 commence donc au chapitre 5, là où se terminait le tome 1. Il est donc impératif de lire les deux et c’est encore plus plaisant si vous les avez sous la main. Parce que, mine de rien, on veut comprendre ce qui se passe. Pourquoi le directeur est si bizarre? Que cache cette forêt étrange, les attaques d’animaux et les lumières qu’Élodie aperçoit? Surtout qu’elle ressemble maintenant à un zombie: malade et complètement crevée. Elle doit laisser son groupe de rouquines à quelqu’un d’autre et passe de longues heures au lit.

Même si le mystère du camp s’épaissit et que l’ambiance est plus sombre, cette bande dessinée a beaucoup d’humour. Il n’y a qu’à penser à Hector, un employé qui a reprit le groupe d’Élodie et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds! Les réparties et expressions des personnages sont savoureuses. Les rouquines sont toujours aussi drôles et quand même très attachantes, même si elles sont épuisantes. Je l’avoue: elles vont me manquer!

J’ai aimé aussi que certaines thématiques soient abordées, comme l’homosexualité ou les stéréotypes de genre:

« Si je comprends bien, les filles qui jouent à la poupée ou se coiffent sont ridicules, alors que celles qui jouent aux guerrières sont cinglées. T’as un problème avec les filles, mec, tu devrais consulter. »

L’auteur nous offre, à nouveau, un lexique à chacun des chapitres, pour que les lecteurs francophones d’ailleurs comprennent nos expressions typiquement québécoises. Et ça demeure toujours aussi rigolo!

Ce second tome clôt ce diptyque plein de nostalgie sur les étés de notre adolescence, avec un brin de mystère et de fantastique. Il sera difficile d’oublier le clan des rousses et ce camp si particulier qui a opté pour Black Sabbath comme chanson-thème…

Une bande dessinée à découvrir assurément pour passer un très bon moment!

Mon avis sur le tome 1.

L’esprit du camp 2, Michel Falardeau, Cab, Studio Lounak, 104 pages, 2018