Minuit ou presque

Minuit ou presqueLove Actually, version Rainbow Rowell. Deux nouvelles inédites, parfaites pour un cadeau de fin d’année.
Mags et Noel se sont rencontrés à une soirée du nouvel an. Depuis, ils tombent chaque année un peu plus amoureux…
Grande fan de Star Wars, Elena décide de camper devant le cinéma pour la sortie du nouveau film. Mais l’expérience s’avère décevante… du moins, jusqu’à sa rencontre avec Gabe…

J’adore l’auteure Rainbow Rowell et c’est lorsque je la relis que je réalise à quel point son univers me plaît. Elle met souvent en scène des geeks et donne une bonne place à la culture populaire dans ses romans. Ça me rejoint beaucoup!

Minuit ou presque est en fait un court recueil de deux nouvelles. Rowell excelle autant dans l’écriture de romans que d’histoires plus courtes. J’aimerais bien lire un recueil de nouvelles complet comprenant plusieurs histoires d’elle. Il me semble que ce serait excellent!

La première histoire s’intitule Minuits. J’ai déjà lu cette histoire dans un autre recueil de nouvelles: Minuit! 12 histoires d’amour à Noël. Elle s’intitulait toutefois Trois, deux, un. Je l’avais adoré et j’étais contente de la relire. Elle commence au réveillon du Nouvel an, en 2014. Mags et Noel se rencontrent pour la première fois. Ils deviennent amis. Ils sont toujours très proches et ils s’adorent. Noel est le meilleur ami de Mags, mais cette dernière a l’impression que Noel est ami avec tout le monde. À chaque Nouvel An, Mags a l’impression de perdre un peu plus Noel. Elle ne sait pas qu’il n’a en fait absolument pas envie qu’elle s’éloigne de lui. Alors qu’ils font des études dans des villes différentes, Mags fuit le décompte de l’année pour éviter de voir Noel avec quelqu’un d’autre. Mais si ce Nouvel An s’avérait différent? Il y a plusieurs aspects intéressants dans cette nouvelle. J’adore les personnages qui sont particuliers, avec leurs forces et leurs faiblesse. Mags et Noel se rencontrent parce que Noel est allergique à tout. Noel aime dire haut et fort que Mags lui a sauvé la vie plus d’une fois. Noel aime danser, Mags est timide et réservée.

« -Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De danser.
-Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De ne pas danser avec moi. »

Ils sont différents et se complètent pourtant à merveille. Ils leur faut juste un peu de temps pour le découvrir. Cette histoire se déroule sur quelques années, chaque fois au réveillon du Nouvel An quand le décompte est éminent. Les histoires de Nouvel an sont assez rares, je l’apprécie encore plus!

La seconde nouvelle s’intitule Âmes sœurs. Elle porte très bien son titre. Elle met en scène essentiellement trois personnages: Elena, Gabe et Troy. Les trois sont de grands fans de Star Wars. Un nouveau film vient de prendre l’affiche et les trois se rencontrent alors qu’ils ont décidé de camper devant le cinéma pour être les premiers à entrer. Avant ce jour-là, ils ne se connaissent pas. Il fait froid, on est en décembre. Ils se réchauffent à coup de café et de bouillottes que la mère d’Elena apporte, horrifiée de voir sa fille camper dehors pendant quatre jours. Troy est plus âgé et c’est un boute-en-train. Il a l’expérience des campements sur le trottoir pour des sorties culturelles. Gabe et Elena ont à peu près le même âge et c’est leur première fois. Elena et Gabe ont l’impression qu’ils n’ont rien en commun. Elena a l’air d’avoir douze ans, elle est introvertie et passionnée. Gabe est asocial, ne parle pas beaucoup et passe son temps le nez plongé dans un bouquin. Elena imaginait le camping devant le cinéma comme un gros rassemblement de fans en délire qui chanteraient des chansons et se costumeraient. À la place, elle a Gabe qui ne dit pas un mot et Troy qui pianote sur son téléphone. Le temps s’annonce long!

« Même si ça n’était pas la démonstration collective, amicale et festive à laquelle elle s’était attendue, ça pouvait néanmoins être quelque chose. Un moment particulier et mémorable. Elle, Elena, le rendrait mémorable. »

Âmes sœurs est une nouvelle plus joyeuse et moins mélancolique que Minuits, mais les deux s’avèrent d’excellents moments de lecture. Minuits est un texte plus intime, même s’il se déroule dans une fête. C’est la rencontre de deux personnages qui se retrouvent années après années, avec des émotions de plus en plus fortes. Quant à Âmes sœurs, cette nouvelle est plus drôle et pleine de légèreté. Elle reprend l’idée de mettre en avant un fandom – ici Star Wars – et trois fans avec leur façon différente d’en être passionnés.

Ce court recueil me donne envie de lire à nouveau Rainbow Rowell pour les rares titres que je ne connais pas encore et de relire les autres que j’adore. J’aime chaque fois ses personnages un peu décalés et les univers qu’elle créent. J’aime aussi la place qu’elle donne toujours aux geeks et aux passionnés de culture populaire. Ses livres me plaisent beaucoup et Minuit ou presque n’y a pas fait exception, même si c’est assez court.

Vivement son prochain livre!

Minuit ou presque, Rainbow Rowell, éditions Pocket Jeunesse, 112 pages, 2019

Canyons

CanyonsIdaho, 1970. Ward, sa petite amie Gwen, et Eric, le frère jumeau de cette dernière, partent chasser sous un ciel d’azur. La vie semble sourire à ces trois jeunes gens insouciants à peine sortis de l’adolescence. Mais par un coup cruel du destin Ward tue accidentellement Gwen et anéantit ainsi à tout jamais leur avenir. Vingt-cinq ans plus tard, Ward, abîmé par l’alcool et hanté par le passé, recroise la route d’Eric. Sa rage intérieure a consumé son talent de musicien et fait le vide autour de lui. Le moment est désormais venu pour chacun d’affronter ses démons, et Ward invite Eric à une partie de chasse dans son ranch au pied des Bighorn Mountains. Les deux hommes se préparent alors à une nouvelle expédition : Ward espère y trouver sa rédemption, Eric sa vengeance.

Je l’avoue, je trouve la couverture de Canyons magnifique et c’est ce qui m’a donné envie de lire le livre. Le résumé parle d’une histoire de chasse et de ranch qui m’a également tout de suite intéressée. L’occasion de découvrir un nouvel auteur aussi. Je suis donc partie à la rencontre de Ward et d’Eric, deux amis séparés par un tragique incident de chasse. Chacun n’est plus que l’ombre de lui-même. Ward a beau être marié et père de famille, il est rongé par la culpabilité et lorsque c’est trop pour lui, il se jette dans l’alcool. Quant à Eric, il souffre d’une grande colère et d’une envie presque maladive de vengeance qui n’a jamais été assouvie. Sa vie est un fiasco. Musicien extrêmement doué, il mène pourtant une vie misérable, a trois divorces à son actif et n’arrive plus à payer ses comptes.

« Parfois les vannes s’ouvraient et la musique déferlait par mesures entières, si pure, si juste et fondamentale, la seule chose authentique que personne ne pourrait jamais lui arracher. »

Ces deux hommes ont jadis été de grands amis. Unis par Gwen que chacun aimait énormément, ils partageaient de nombreuses idées, aimaient lire et parlaient énormément de philosophie. Ward trouvait refuge dans les idées, Eric dans la musique. Gwen décédée, la culpabilité et la vengeance les ont séparés. Chacun a tenté de vivre de son côté. Tous les deux ont échoué. Une réunion d’anciens élèves les fera se retrouver à nouveau. Une rencontre qui changera tout.

Canyons raconte en fait le destin de deux hommes séparés par des sentiments diamétralement opposés, séparés par leurs choix de vie et par leur façon de poursuivre leur quotidien dans des environnements totalement différents. Il s’agit bien d’un roman de « nature writing », surtout qu’il y a de très beaux passages sur la chasse, la façon de se déplacer dans la nature et sur les paysages magnifiques qui entourent les deux hommes, mais c’est aussi une forme de réflexion sur l’amitié et le pardon.

J’ai énormément aimé ce roman qui se lit d’une traite. On entre dans le quotidien des deux amis: Eric vit en ville entouré de musique et passe son temps dans les studios, alors que Ward mène une vie de famille sur un ranch en tentant de trouver la paix, dans un lieu idyllique. Ils sont très différents et leur façon de réagir au même événement l’est tout autant. Jusqu’où peut aller la soif de vengeance d’un homme qui l’a alimentée pendant de longues années? Combien de temps peut durer le repentir d’un homme rongé par le remords d’un accident qu’il n’a pas voulu? Qu’arrive-t-il lorsque ces deux hommes se retrouvent des années après l’événement qui a marqué leurs vies à jamais et qu’ils passent un peu de temps seuls, à l’écart de tout, dans la nature sauvage?

« Le réconfort ne durait jamais. Au lieu de disparaître, son anxiété s’était accrue au fil des ans. Tant qu’il la gardait sous contrôle, la rage restait supportable, mais sitôt qu’il baissait la garde, elle s’écoulait comme de la lave en fusion. Il ne pouvait plus vivre ainsi. »

La nature peut être le lieu de bien des secrets et de bien des événements. Canyons nous amène dans une partie de chasse qui, on le sent, pourrait complètement dégénérer. Entre la beauté de la nature et les fils qui se nouent sous nos yeux, on appréhende ce qui va se passer, tout comme on imagine les lieux magnifiques de cette histoire. Le contraste est saisissant et pas seulement entre les vies et réactions des deux personnages principaux, mais aussi entre la beauté de la nature et la violence des hommes.

L’auteur décrit parfaitement bien les sentiments qui peuvent ronger le cœur des hommes une vie durant. Il donne aussi à son histoire une dimension inattendue et très humaine. Certains passages sont magnifiques. Le texte est à la fois court et pertinent, tout autant qu’il pousse à la réflexion. L’histoire débute et se termine sur un ranch. La scène d’ouverture du roman, qui se déroule plusieurs années plus tôt, donne le frisson. L’auteur joue avec une certaine forme d’angoisse. On sait que quelque chose va se produire et on sent que ce sera un point de non-retour.

« Ton combat, c’est d’essayer de vivre alors que tu ne penses pas en avoir le droit. »

Un roman fort, sur l’amitié entre deux hommes écorchés qui souffrent et sur le poids de la culpabilité. L’auteur a créé des personnages entiers, qui demeurent en tête bien longtemps après avoir tourné la dernière page. Canyons est un premier roman très réussi. J’espère que l’auteur ne s’arrêtera pas là!

Canyons, Samuel Western, éditions Gallmeister, 224 pages, 2019

Élévation

ElevationDans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite. C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien? Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

J’avais très hâte de lire ce court roman inédit de Stephen King paru en français directement en format poche. D’autant plus qu’il a mit des mois à se rendre jusqu’à nous après sa sortie en Europe. La date de sortie du roman était sans cesse repoussée. J’étais donc très contente de pouvoir enfin mettre la main dessus. Et ce fut une très belle surprise!

Élévation est un roman très différent de ce qu’on a l’habitude de lire de Stephen King. Point d’horreur ici ou de frissons, du moins pas au sens où on l’entend. Avec Élévation, King nous offre plutôt une sorte de fable sur la mort, sur ce que l’on choisi de faire de nos vies et sur les bienfaits de l’amitié et de la bienveillance. Il démontre à travers des personnages très attachants, l’importance de prendre soin des uns et des autres. C’est un très beau roman, qui fait à la fois chaud au cœur et qui a un côté touchant et triste à la fois.

L’histoire est particulière et teintée de fantastique. Scott demande l’avis de son ami médecin sur sa condition: il ne cesse de perdre du poids. Tous les jours. Tout le temps. Peu importe ce qu’il mange. C’est donc à la fois effrayant, perturbant et inquiétant.

« Personne ne pèse le même poids nu qu’habillé. C’est aussi immuable que la gravité. »

Mais Scott ne veut pas devenir une bête de foire médicale et apprend à vivre avec sa condition. Parallèlement, il fait la connaissance de ses voisines, un couple qui sort courir avec ses chiens régulièrement. Les bêtes utilisent sa pelouse comme parc à chiens pour faire leurs besoins… Si Scott commence par les confronter avec colère et frustration, il réalise vite que la ville met ses voisines à l’écart. L’homophobie bat son plein à Castle Rock et le couple en souffre. Scott prend alors le parti de les aider contre leur gré…

J’ai adoré ce roman! Il est court, se lit tout seul et nous offre une belle histoire pleine d’émotions. C’est une fable sur la mort magnifiquement bien menée. Le roman se déroule pendant mes trois fêtes préférées: l’Halloween, Thanksgiving et Noël avec l’ambiance appropriée. C’était donc la période parfaite pour le lire. Comme toujours chez King il y a ces fameux clins d’œil au reste de son oeuvre qui me font toujours sourire:

« Les citrouilles sortaient sur les perrons, chats noirs et squelettes dansaient derrière les fenêtres. À l’école primaire, on enjoignait aux enfants de marcher sur le trottoir le grand soir et de n’accepter que des bonbons enveloppés. Les lycéens se rendirent déguisés au bal annuel d’Halloween dans le gymnase, pour lequel un groupe de rock garage local, Big Top, se rebaptisa Pennywise et les clowns. »

Chaque début de chapitre est illustré des dessins de Mark Edward Geyer. Avec ce court roman, en plus des fêtes, de l’amitié, de l’homophobie et de cette étrange histoire de perte de poids, l’auteur parle aussi de course à pied puisque plusieurs pages sont consacrées à la grande course de Thanksgiving. Ce sont d’ailleurs de très très beaux passages.

Un roman intéressant à découvrir, que vous soyez un lecteur d’histoires d’horreur ou non. Une bien belle lecture, qui donne tout son sens au mot « élévation ».

Élévation, Stephen King, Le livre de poche, 160 pages, 2019

Un pont entre les étoiles t.1

un pont entre les étoiles 11936, Shanghai. Pour suivre son père, Haru, jeune Japonaise, est contrainte de déménager en Chine, loin de son Nagasaki natal. D’abord effrayée à l’idée de vivre dans un pays étranger, où les Asiatiques ne ressemblent en rien aux Japonais, la petite fille va faire la rencontre d’un jeune Chinois. Au contact de ce dernier, elle va connaître l’excitation de découvrir l’inconnu et de s’ouvrir, avec son regard d’enfant, à une autre culture. Mais quand les racismes et nationalismes s’en mêlent… Leur amitié pourra-t-elle survivre à la tempête qui se prépare ?

Un pont entre les étoiles se déroule à l’aube de la guerre sino-japonaise qui éclata en 1937. Haru vient d’une famille aisée et avec ses parents, elle doit déménager en Chine pour suivre son père. Elle est effrayée par sa nouvelle terre d’accueil et vit un peu en vase clos, jusqu’à ce qu’elle rencontre Xing, un garçon aux yeux comme des billes d’argent.

Leur monde est diamétralement opposé et ils ne parlent pas la même langue. Sauf que pour Haru, Xing est un peu un magicien. Il l’amène à travers les ruelles de Shanghai pour lui faire voir le monde et dessine admirablement bien. À travers ses dessins, Haru découvre la Chine et apprend à connaître des paysages qu’elle n’avait jamais vu auparavant.

« … à travers ses yeux, le monde a l’air un peu plus brillant. »

Les deux enfants deviennent rapidement amis dans un monde difficile. Ils apprennent à se connaître puis à communiquer malgré la barrière de la langue. Pouvoir enfin échanger quelques mots est un tel émerveillement pour eux! Leur amitié se développe petit à petit.

À cette époque, il ne fait pas forcément bon être japonaise en Chine et Haru l’apprend un peu à ses dépends. Avec elle et Xing, nous sommes confrontés au racisme ambiant et aussi aux gangs qui gèrent les ruelles en faisant la pluie et le beau temps. Haru doit aussi faire face à sa propre famille qui vient d’un milieu bien différent de celui de Xing.

Cette série annoncée comme une histoire en quatre tomes, aborde les conflits entre nations à travers la belle amitié de deux enfants. C’est un manga historique qui prône une certaine forme de bienveillance et de paix. Quant au dessin, je trouve que la différence entre certaines scènes crayonnées et le reste du manga est un peu trop différente. Je pense entre autres à l’arrivée de Haru à Shanghai alors que le portrait de la ville est magnifique contrairement à certaines images un peu caricaturales du père de la fillette. Même si je n’étais pas fan des dessins au départ (je leur trouve un air trop enfantin) je me suis laissée porter par l’histoire et j’ai apprécié cette lecture.

Un pont entre les étoiles est un joli manga, une belle histoire d’amitié et de courage.

Un pont entre les étoiles t.1, Kyukkyupon, éditions Akata, 200 pages, 2019

Mort et déterré t.1: Un cadavre en cavale

mort et déterré 1Dernier jour d’école. Un coup de couteau. Un adolescent assassiné. Une famille ravagée par le deuil. Six pieds sous terre, un macchabée se retourne dans sa tombe. Une évasion inattendue. Un cadavre en cavale. Un zombie en liberté. Pas facile d’être un mort-vivant par les temps qui courent !

Les livres qui parlent de la mort – surtout quand ils sont humoristiques – sont toujours intéressants car ils tentent d’aborder un aspect de la vie que personne ne connaît réellement: ce qui se passe après.

Mort et déterré aborde le sujet à travers l’histoire d’un adolescent qui trouve la mort dans des circonstances malheureuses et imprévues. Aîné d’une famille de trois enfants, bientôt quatre car sa mère attend un bébé, Yan est un adolescent comme les autres. C’est un garçon gentil et serviable, un personnage attachant. Victime d’un crime, il se retrouve six pieds sous terre. Pour une raison qu’il ignore, il reprend conscience. Et il s’ennuie. Il décide alors de jouer du clairon, puisqu’il a été enterré avec son instrument, et c’est là que toute son existence (ou plutôt sa mort) est chamboulée. Un an après son décès, Yan revient d’entre les morts à la terreur des passants et à l’enthousiasme de ses amis.

Cette bande dessinée qui peut être lue avec plaisir autant par des jeunes que par des adultes, aborde de façon humoristique la mort, le deuil, les souvenirs reliées à la personne décédée que l’on aimait. Les auteurs ont su apporter une dose de légèreté et d’humour en faisant de Yan une sorte de mort-vivant. Il y a des moments plus émouvants, lorsque la famille et les amis rendent hommage au garçon, puis des moments assez loufoques alors que du fond de sa tombe, Yan allume la lumière de sa montre pour constater les lieux autour de lui…

« Enfermé entre quatre planches, on oublie à quel point le monde est beau. »

Il y a aussi les réactions de ses amis, son passage furtif chez lui qui lui permet de voir le nouveau membre de la famille né le jour de sa mort et l’état désastreux dans lequel se retrouve ses parents, son frère et sa sœur après son départ. Malheureusement, on ne revient pas aussi facilement du monde des morts et Yan choisi de se faire discret. Car avec son apparence actuelle qui a, disons-le, un peu changée et les problèmes reliés à la loi, rien n’est plus difficile que d’être un mort-vivant. Yan commence à l’apprendre à ses dépends!

Un premier tome vraiment amusant, souvent drôle et parfois émouvant qui m’a fait passer un excellent moment. Le dessin est coloré et plaisant, les personnages sont sympathiques et j’ai bien hâte de voir où nous mènera l’histoire improbable de Yan.

À noter que cette bande dessinée est adaptée du roman du même nom de Jocelyn Boisvert. Je n’ai pas lu le roman, mais la bande dessinée est excellente et je vous la conseille. À partir de 9 ans (mais tout aussi plaisant à lire pour les adultes!)

Vivement la suite!

Mort et déterré t.1: Un cadavre en cavale, Jocelyn Boisvert & Pascal Colpron, éditions Dupuis, 48 pages, 2019