L’escarboucle bleue

Deux jours après Noël, Sherlock Holmes est contacté par le commissionnaire Peterson. Celui-ci a découvert dans la rue un chapeau et une oie, dans le gosier de laquelle il a trouvé une escarboucle. Holmes et Watson se lancent à travers la ville pour retrouver le propriétaire du chapeau, qui n’a rien à voir avec le vol de la pierre précieuse. Ils remontent alors la piste jusqu’au voleur alors qu’un jeune plombier du nom de John Horner est suspecté par la police.

L’escarboucle bleue est une nouvelle, parue pour la première fois en 1892 dans le Strand Magazine et faisant désormais partie du recueil Les aventures de Sherlock Holmes (que je compte relire en entier cette année.)

J’ai toujours beaucoup aimé cette histoire. Après avoir lu Sherlock Holmes et le Démon de Noël de James Lovegrove que j’ai adoré, j’ai eu envie de prolonger un peu ce plaisir en lisant une histoire du canon. Comme L’escarboucle bleue se déroule aussi à Noël, le choix était vite fait. 

Watson débarque chez Holmes pour lui transmettre ses vœux de Noël. Il le trouve assis avec un vieux chapeau. Son ami tente de faire quelques déductions autour de ce morceau de vêtement. Il lui raconte alors une histoire d’oie de Noël et celle de la disparition d’un bijou fabuleux. Comme d’habitude, Holmes fait part de ses déductions et cherche à comprendre le fin mot de cette histoire. Holmes et Watson vont donc enquêter pour tenter de savoir comment un bijou et une oie sont liés.

Cette histoire m’a toujours plu même si elle est très courte. Le fil de l’intrigue semble improbable et Noël a aussi quelques effets sur Holmes. Il me semble plus joyeux dans cette nouvelle, un peu différent. C’est Noël pour tout le monde après tout!

Une petite lecture sympathique qui m’a rappelé à quel point j’aime lire les histoires de Sherlock Holmes. C’est d’ailleurs l’un de mes objectifs de cette année: relire le canon et les pastiches que j’ai dans ma bibliothèque. Je réalise que cet univers me manque beaucoup et que ça fait beaucoup trop longtemps que je ne m’y suis pas plongée.

L’escarboucle bleue, Arthur Conan Doyle, inclus dans l’intégral Sherlock Holmes, Bouquins, éditions Robert Laffont, 1080 pages (20 pages pour cette nouvelle), 1999

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Sherlock Holmes et le démon de Noël

1890. Peu avant Noël, Sherlock Holmes et John Watson reçoivent à Baker Street la visite d’une nouvelle cliente. Eve Allerthorpe, fille aînée d’une dynastie prestigieuse mais quelque peu excentrique du Yorkshire, se trouve dans une profonde détresse : elle se croit possédée par un démoniaque esprit de Noël. Eve doit hériter d’une fortune à condition d’être saine d’esprit, mais il semble que quelque chose – ou quelqu’un – menace son équilibre mental. Holmes et Watson partent enquêter au château de Fellscar, demeure familiale des Allerthorpe, mais s’aperçoivent vite que l’affaire est plus complexe qu’il y paraît. Un autre esprit hante la famille ; et lorsque l’on découvre le cadavre d’un membre de la maisonnée, le duo comprend que nul n’est au-dessus de tout soupçon…

Quand je suis tombée sur ce titre, Sherlock Holmes et le Démon de Noël, je voulais absolument le lire. Il aura mit un an après sa sortie en Europe avant d’arriver jusqu’à nous. Sans surprise, j’ai adoré ce roman! Je l’ai trouvé bien écrit, passionnant et j’ai apprécié l’atmosphère du livre. On est en pleine période de Noël, dans un grand manoir où se préparent les festivités des Fêtes. La neige a un rôle important dans l’intrigue et contribue aussi à l’ambiance des Fêtes.

« C’est là que la neige s’avère un merveilleux assistant pour l’enquêteur. Dans certaines circonstances, elle offre une abondance d’indices en conservant l’empreinte de tout ce qui se pose à sa surface, même si le poids est des plus minimes. »

Sherlock Holmes et son acolyte John Watson reçoivent la visite d’une jeune femme qui demande leur aide. Elle se croit doublement hantée, entre autre par le Thurrick noir, un démon maléfique qui représente le côté sombre de Noël. Les festivités se préparent dans l’immense demeure de sa famille et la jeune femme doit hériter d’une somme conséquente, suite au décès d’une parente, à condition d’être déclarée saine d’esprit. Sauf qu’elle a l’impression de perdre la tête. Quel fantôme vient la tourmenter? C’est ce que Holmes et Watson doivent découvrir.

« L’humanité a une tendance inhérente à coopérer. C’est ainsi que l’on crée des sociétés et un consensus moral. Dans l’ensemble, nous avons envie d’être d’accord les uns avec les autres. Aussi, si l’un d’entre nous insiste sur le fait qu’une chose est vraie et maintient son point de vue contre toutes les oppositions, d’autres finiront par penser comme lui. »

Je suis une grande fan de Sherlock Holmes depuis mon enfance et je suis toujours à la recherche de livres autour de ce personnage. Ici, j’ai trouvé que Lovegrove avait fait du très bon travail et cette lecture a été un vrai plaisir: combiner enquête et roman de Noël c’était parfait! Justement dosé. Ça m’a rappelé le bonheur que j’avais à découvrir les histoires originales de Conan Doyle. En découvrant ce livre bien écrit et qui respecte dans l’essentiel l’esprit de l’univers de Sherlock Holmes, j’ai très envie de découvrir les autres enquêtes de l’auteur. 

L’atmosphère joue pour beaucoup dans le plaisir de lecture: fantômes, préparatifs de Noël, immense demeure pleine de domestiques, secrets familiaux, neige, bons repas et intrigues passionnantes. C’était un choix parfait pour débuter mes lectures de Noël et d’hiver cette année!

À noter la beauté de l’objet-livre dont la couverture est superbe. Le format me plait beaucoup aussi. Le roman fait partie de la collection Steampunk et ses tranches sont dorées. C’est un plaisir que de l’avoir entre les mains. Je veux lire tous les autres de cette collection écrits par Lovegrove!

Sherlock Holmes et le démon de Noël, James Lovegrove, éditions Bragelonne, 336 pages, 2021

Le pendu

Par une froide matinée de novembre, un joggeur découvre un corps pendu à un arbre dans les bois du paisible village de Three Pines. Le pauvre homme séjournait à l’Auberge, où il était sans doute venu chercher la tranquillité. Mais s’est-il vraiment donné la mort ou a-t-il été assassiné ? Le chef des homicides de la Sûreté du Québec et son fidèle second Beauvoir sont appelés à élucider l’affaire. En examinant les indices, ils mettent au jour un secret terrible et déchirant. Or Armand Gamache sait que la conscience cède parfois tragiquement sous le poids du passé…

J’adore les romans de Louise Penny et son personnage d’Armand Gamache. Le pendu est une courte nouvelle qui le met en scène et qui a été écrite dans le cadre d’un programme d’alphabétisation, entre les romans Enterrrez vos morts et Illusion de lumière. Cette nouvelle a inspiré les deux derniers épisodes de la série sortie ce mois-ci sur Prime vidéo. Je voulais donc absolument lire cette novella avant de voir la série.

Le pendu est une courte histoire mettant en scène Gamache, Beauvoir et quelques autres personnages de Three Pines. Elle se déroule au mois de novembre alors qu’un joggeur découvre un corps pendu à un arbre dans les bois de Three Pines. À première vue il s’agit d’un suicide. Mais en est-ce vraiment un? Gamache et Beauvoir vont enquêter et fouiller dans des secrets enfouis depuis des années.

Nul besoin de connaître déjà l’univers de Three Pines pour lire cette novella. On y retrouve un condensé de tout ce qui fait le bonheur des romans: le village, les personnages, Gamache, le bistro et sa bouffe réconfortante. Mais en version accéléré. Ça passe beaucoup trop vite! On a assurément envie de rester un peu plus longtemps avec Gamache. Heureusement pour ça, il y a les romans.

« Three Pines reposait au fond de la valle, comme si le village cherchait à se cacher du monde. Et le monde tombait dans le panneau. » 

J’ai bien aimé cette histoire que je prends comme un petit cadeau, le temps d’une soirée, pour la fan que je suis des romans de Louise Penny. Naturellement, la lecture se fait rapidement, mais c’était un plaisir. Je crois que c’est une porte d’entrée intéressante pour donner envie de lire la série de romans, tout en gardant en tête que ce texte est très court. Les romans sont beaucoup plus élaborés, avec toujours beaucoup de détails sur les enquêtes, les repas (qui donnent forcément faim), les personnages attachants, les lieux chaleureux et les dialogues plein d’humour. 

Le pendu, Louise Penny, éditions Flammarion Québec, 128 pages, 2022

La malédiction de Sarah Winchester

1886. San Jose, Californie. Une riche veuve solitaire et recluse. Une demeure labyrinthique, en éternelle expansion. Des portes qui ouvrent sur des murs et des escaliers qui butent sur des plafonds. L’ombre des massacres perpétrés par les carabines Winchester. Et une rumeur qui enfle… la maison serait hantée et sa propriétaire, maudite ! Dans cette enquête où se croisent esprits vengeurs, bâtisseurs de l’étrange, génocide amérindien et presse de caniveau, Céline du Chéné démêle le vrai du faux. Elle nous entraîne dans les pas de Sarah Winchester, une femme fascinante, et révèle une vérité qui dépasse la fiction.

J’ai lu La malédiction de Sarah Winchester, la contre-enquête de Céline du Chéné. J’ai découvert l’histoire étrange de Sarah Winchester pour la première fois en 2004, en lisant une bande dessinée qui y était consacrée. Naturellement par la suite j’ai épluché internet pour en savoir plus, avec tout ce que cela comporte de légendes mystérieuses.

La maison Winchester existe vraiment. Elle est phénoménale. La légende raconte que Sarah, héritière de la compagnie Winchester qui a créé cette arme à feu mythique, s’est exilée après de nombreux décès dans sa famille, dont celui de son mari et de leur fille. Suite à une séance de spiritisme, pour contrer la malédiction et avoir la vie sauve, elle devait construire 24h sur 24 sa maison afin de perdre les âmes errantes et expier les décès occasionnés par les carabines qui l’ont rendue riche. Elle aurait construit sa maison pendant des années, véritable labyrinthe comprenant des milliers de fenêtres, des escaliers qui mènent au plafond, des portes qui ouvrent sur des murs. Mais qu’en est-il vraiment?

Cet ouvrage est intéressant puisqu’il tente de décortiquer, à travers les archives, la véritable histoire de Sarah Winchester. De femme en deuil à moitié folle qui dilapide son argent, à une femme indépendante qui fait des choix que la société ne lui offre pas d’emblée, ce livre amène un éclairage intéressant sur une femme qui est devenue une légende terrifiante pour de mauvaises raisons.

« Sarah Winchester redistribue les rôles du masculin et du féminin dans sa maison et, de surcroît, s’impose dans le domaine très phallocrate de l’architecture. Construire, seule, une maison peut s’interpréter aujourd’hui comme le combat d’une femme contre l’enfermement et la logique du patriarcat. »

Le livre est assez court et survole plutôt son sujet. Il faut dire aussi que les archives ne sont pas très bavardes au sujet de Sarah Winchester. Toutefois la seconde partie est plus consistante et je l’ai trouvé plus intéressante. Peut-être parce qu’on replace l’histoire de Sarah dans son véritable contexte et dans la société dans laquelle elle vivait, le rôle qu’on attribuait aux femmes et ce qui attendait celles qui n’entraient pas dans le moule. Il y est question de la passion qu’entretenaient les gens de son époque pour le spiritisme et les conséquences de l’histoire américaine (l’extermination des peuples autochtones, entre autres) sur le regard que les gens pouvaient alors porter sur leur univers. Céline du Chéné a aussi visité la Maison Winchester et nous en rapporte un compte-rendu détaillé, ses réflexions, ainsi que ses découvertes dans les archives de la région. 

Une bonne lecture pour remettre les choses en perspective. Je suis contente de l’avoir lu. Les livres autour de la Maison Winchester et surtout, sur Sarah, sont très rares. Il existe aussi le film Winchester, réalisé par Michael et Peter Spierig, sorti en 2018. Je l’ai regardé tout de suite après ma lecture et j’ai plutôt aimé, c’était divertissant. L’histoire joue principalement avec ce que l’histoire a retenu de la légende de Sarah Winchester: le personnage féru de spiritisme et endeuillé, couplé à une ambiance fantomatique. Pour avoir une meilleure idée de qui a pu être Sarah, je vous invite à lire le livre, qui se rapproche sans doute plus de la vérité. 

La malédiction de Sarah Winchester, Céline du Chéné, éditions Michel Lafon, 235 pages, 2022

Cadavres exquis au menu

Dans cette suite de Meurtre au petit déjeuner, des promoteurs immobiliers sans scrupules, des visiteurs casse-pieds, un nouveau fantôme et un ancien fiancé viennent troubler la paix des habitants de Cranberry Island – sans mentionner l’impitoyable meurtrier qui court toujours. L’aubergiste Natalie Barnes réussira-t-elle à trouver le coupable, à sauver l’île et à empêcher sa meilleure amie d’aller en prison ?

Après avoir lu le premier tome de la série Mystères de l’auberge de la Baleine grise intitulé Meurtre au petit déjeuner j’avais très envie de lire le second et je me le gardais pour cet automne. Cette série compte une quinzaine de tomes en anglais, mais seulement deux ont été traduits, il y a déjà plusieurs années. J’avais bien aimé le premier et j’avais hâte de me plonger dans celui-ci qui se déroule en octobre.

« Charlene m’avait raconté que, selon la légende, l’auberge était hantée. Comme, jusqu’à présent, je n’avais pas été importunée par quoique ce soit, à part des invités exigeants qui étaient partis sans payer la note, j’avais haussé les épaules. »

Natalie s’occupe de son auberge tant bien que mal, malgré des clients accaparants, un fantôme qui hante le bâtiment, des promoteurs immobiliers sans scrupules, son ancien fiancé qui débarque sans crier gare et la disparition de son employée. Comme si ce n’était pas assez, elle se dispute avec sa meilleure amie et découvre, encore une fois, un cadavre. Elle les attire comme un aimant, ce qui d’ailleurs n’aide pas beaucoup plaider son innocence dans les crimes qui se produisent sur l’île. Bref, pour un bel endroit qui devrait inspirer la paix et la quiétude, il s’en passe des choses sur Cranberry Island!

Cadavres exquis au menu est une petite enquête assez simple, dans un cadre idyllique, avec quelques éléments intéressants. J’avais bien aimé ma lecture du premier tome, mais j’ai été un peu déçue par celui-là. J’ai trouvé que ce qui était intéressant – le côté gourmand, le fantôme, le musée d’histoire, l’automne et ses couleurs – n’étaient pas suffisamment élaborés. Il y a aussi des dialogues qui m’ont agacée. Plein de personnages disent à Natalie qu’elle a pris du poids et qu’elle devrait manger moins de biscuits. Sérieusement, a-t-on besoin de ce genre de réflexion diététique dans un roman d’atmosphère? J’ai aussi eu parfois du mal à comprendre le comportement de Natalie lorsque son ancien fiancé refait surface. C’est un vrai con, mais elle se laisse constamment avoir et ne sait pas lui dire non. Elle m’agaçait prodigieusement! Je me serais bien passée de lui.

J’ai beaucoup moins retrouvé dans ce tome ce qui m’avait plu dans le premier. Il n’était certainement pas parfait mais plus agréable, certainement! Ce n’est pas un mauvais livre, c’était divertissant par moments, mais par d’autres je trouvais l’héroïne exaspérante et les situations inintéressantes. Le fond aurait gagné à être peaufiné. Pas mauvais mais je m’attendais à plus. Au moins le livre contient quelques recettes. (De quoi se réconforter un peu!)

Cadavres exquis au menu, Karen MacInerney, éditions ADA, 379 pages, 2008