Sherlock épisode 4 partie 1: Un scandale à Buckingham

Sherlock 4Grâce au blog de John Watson relatant les multiples enquêtes élucidées par Sherlock, notre détective devient de plus en plus célèbre. A tel point qu’un membre de la famille royale lui confie une nouvelle affaire consistant à récupérer des photos compromettantes prises par Irène, une femme dangereuse, aussi intelligente que culottée. 

Voici le tome 4 partie 1 de l’adaptation en manga de la série Sherlock. Ce tome correspond en fait au début de la deuxième saison de la série. Comme les autres tomes, il s’agit d’une adaptation conforme à l’épisode. Dialogues, scènes, tout est comme dans la série. C’est donc un plaisir d’y retrouver l’ambiance propre aux épisodes que j’aime tant.

L’épisode commence là où se terminait le troisième tome, sur une scène explosive. C’est dans cet épisode que nous faisons connaissance d’Irene, une femme très particulière, dominatrice et manipulatrice. Elle est brillante et sa façon de réfléchir suscite tout de même l’admiration de Sherlock. Sa rencontre avec le détective fait des flammèches et semble le déstabiliser, ce qui est une grande première en soi. C’est d’ailleurs un des épisodes où Sherlock se retrouve avec deux « ennemis »: Moriarty et Irene.

L’histoire offre comme toujours plus d’une enquête à la fois. L’étrange mort d’un randonneur et des photos compromettantes pour une illustre cliente de Buckingham Palace croisent la route d’Irene, qui n’en a pas terminé avec Sherlock…

On perçoit également le mode de fonctionnement très différent entre John et Sherlock. John écrit un blogue de plus en plus populaire et c’est ce qui attire des clients… quoique pas toujours au goût de Sherlock!

« Cette affaire vaut six. Je ne sors pas en dessous de sept, on s’était mis d’accord, non?
-On a dit ça quand?
-Hier.
-J’étais à Dublin hier.
-Tu n’avais qu’à écouter.
-Tu me parles quand je suis absent?
-Je ne sais pas. Tu l’es souvent? »

Un scandale à Buckingham est un épisode à la fois très drôle et un peu triste. Il y a des moments vraiment cocasses, qui me faisaient rire aussi à l’écran. L’épisode du drap à Buckingham par exemple est hilarant et malgré le sérieux de Sherlock et John, on voit leur belle complicité et certains moments où ils s’amusent réellement. Il y en a d’autres, comme ce moment à Noël avec Molly ou bien quand Sherlock démontre quelques faiblesses, qui sont plus « tristes ». Lui aussi peut se faire avoir. Il n’est pas infaillible et c’est intéressant de voir ce côté de lui.

« Toutes les vies ont une fin. Tous les cœurs se brisent. La compassion n’est pas un avantage… mais une faiblesse, Sherlock. »

Comme toujours, un manga bien intéressant à lire. Un petit plus si vous êtes fan de la série. Pour ma part, j’ai bien hâte à la sortie du prochain tome!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Sherlock épisode 4 partie 1: Un scandale à Buckingham, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 240 pages, 2019

Sherlock épisode 3: Le grand jeu

Sherlock 3En manque d’enquêtes intéressantes, Sherlock s’ennuie. C’est alors qu’une étrange explosion a lieu à proximité du 221B. Suite à ses investigations, la police trouve une lettre à l’attention de Sherlock avec un téléphone portable rose à l’intérieur. Là encore, et à l’instar de nombreuses affaires récentes, Moriarty se trouve derrière cette tentative d’intimidation. Par la suite, prenant diverses personnes en otage à qui il fait mettre des ceintures d’explosifs, le malfaiteur fait passer des épreuves à Sherlock. 

Je poursuis ma lecture des adaptations en manga de la série Sherlock avec ce troisième épisode, Le grand jeu, sans doute le plus intense en émotions de la saison 1! Explosions, prises d’otages et bombes humaines sont au programme. Le mystérieux adversaire de Sherlock s’amuse avec lui. Il prend plaisir à le faire enquêter en mettant la vie d’innocents en danger. Les heures sont comptées et Sherlock doit trouver la réponse à l’énigme que Moriarty lui soumet.

Dans ce tome, parfaitement conforme au troisième épisode de la première saison de la série Sherlock, on fait la connaisse réelle de Moriarty. C’est un épisode qui est riche en émotions car la trame est très inquiétante. Des passants sont bardés d’explosifs jusqu’à ce que Sherlock dénoue les fils de l’énigme. Après quoi, seulement, ils peuvent être sauvés.

De la découverte d’une paire de chaussures dans une pièce vide, en passant par un tableau mit aux enchères, les enquêtes sont toutes particulières et différentes. Moriarty joue avec Sherlock en le faisant danser comme une marionnette. Il le manipule en quelque sorte et réussit même à le surprendre par moments. Moriarty est en quelque sorte le pendant négatif de Sherlock. Un homme brillant, tout aussi féroce, mais qui a basculé du côté obscur. On constate aussi un nouveau sentiment chez Sherlock, une sorte d’attachement à John, qu’on ne lui voit pas souvent ressentir.

Il y a quelques moments d’humour, lorsque Sherlock qui se meurt d’ennui, tire dans les murs avec son pistolet, abîmant toute la décoration. Ou alors quand John découvre une tête coupée dans le frigo.

« Il y a une tête dans le frigo.
-Et alors?
-Une putain de tête!!
-Et où veux-tu que je la range? Ça ne t’ennuie pas trop, j’espère? »

Les prises de bec entre Sherlock, plus fantaisiste et détaché, et John, beaucoup plus terre à terre, sont courantes ici. Ils ne se comprennent pas toujours, même si on voit clairement que leur amitié se développe. Le frère de Sherlock, Mycroft, apparaît plus régulièrement en tentant parallèlement d’embaucher Sherlock pour une affaire top secrète.

La scène finale du manga était, à l’époque, très marquante lors de la fin de la saison 1 et nous laissait dans l’attente de la suite, avec de nombreuses questions. L’auteur du manga reprend la même scène pour nous replonger dans l’intrigue assez forte de cet épisode.

Comme toujours, le travail de Jay pour reprendre scène par scène la série Sherlock est impeccable. Le dessin est soigné, on reconnait bien les personnages, les scènes de la série et les intrigues. L’émotion est bien là. Un manga à dédier aux passionnés de la série, qui y retrouveront tout le plaisir des intrigues visionnées à l’écran.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Sherlock épisode 3: Le grand jeu, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 240 pages, 2017

Route End t.5

Route End 5Après l’agression d’Inukai durant l’investigation sur la mort du triplé C, retrouvé en morceaux en pleine forêt, la brigade criminelle est plus que jamais déterminée à mettre la main sur End. Pendant ce temps, Yuka, au comble du désespoir, tente de mettre fin à ses jours… avant d’être sauvée in extremis par le fantôme de son ancien patron ! De son côté, Noguchi découvre avec stupeur que les relevés d’empreintes de la scène du crime, qui établissaient un lien entre le triplé B et le cadavre des bois, ont disparu de la base de données de la police ! Kito identifie très vite le traître au sein de la cellule d’enquête et décide de remonter seul la piste du maître chanteur…

Route End tome 5 poursuit l’enquête entamée dans le premier tome. L’histoire a prit une tournure à laquelle on ne s’attendait pas forcément en commençant la série. J’ai trouvé ce cinquième tome un peu plus élaboré que le précédent. C’est toujours aussi bon, mais celui-ci a un petit quelque chose de plus.

Dans les derniers tomes, le lecteur fait plusieurs découvertes concernant End. On réalise bien vite que les enquêteurs sont corrompus, que plusieurs personnages jouent dans l’ombre pour réussir à ralentir l’enquête ou au contraire, à lui donner un coup de pouce.  Certains éléments de l’enquête sont montés de toutes pièces.

Pendant ce temps, d’autres personnages retiennent notre attention. Il y a le sosie du frère d’Akina, responsable de l’enquête et le docteur Ekazi, qui échangent sur la psychiatrie et leurs recherches respectives. On sent que ces échanges ne sont pas là pour rien.

 » Vous ne trouvez pas que l’existence du mal à l’état pur puisse être intéressante? Un mal tel que le passé du criminel ne saurait l’expliquer… »

L’enquête prend une nouvelle tangente quand on annonce la découverte d’une septième victime. Des déclarations sur la possible identité du tueur et sur l’endroit où il se trouve pourrait modifier complètement l’enquête qui accapare nombre de policiers et d’inspecteurs depuis un bon moment.

Parallèlement à l’enquête, nous suivons toujours Taji, qui a reprit l’entreprise de nettoyage de son patron. Les relations avec sa famille ne sont pas faciles, surtout depuis le suicide de sa mère. La dynamique familiale bat de l’aile, surtout lorsque le patriarche souhaite réunir toute la famille, créant un malaise de plus en plus inconfortable.

À noter qu’on retrouve toujours en début de volume un récapitulatif des personnages ainsi que les liens entre eux. Étant donné la façon dont l’histoire est construite et le temps qui s’écoule entre deux tomes, ces informations sont essentielles pour se replonger dans l’histoire. Chaque fois que je lis un tome, je me fais la réflexion qu’à la fin, je reprendrai tout depuis le début. Lire la série d’un coup doit être une belle façon d’y plonger totalement.

Route End est une bonne série criminelle. C’est une histoire efficace qui donne envie de poursuivre la lecture pour connaître le dénouement. Vivement la lecture du prochain tome!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Route End tome 5, Kaiji Nakagawa, éditions Ki-oon, 192 pages, 2019

Sherlock épisode 2: Le banquier aveugle

Sherlock 2Sur le mur d’une salle de banque est découvert un étrange symbole peint en pleine nuit. Sherlock devine rapidement que ce message a été inscrit à l’intention d’un des employés nommé Van Coon. Mais celui-ci est retrouvé mort dans son appartement…  Cryptogrammes et meurtres en série sont au programme de ce deuxième épisode de l’adaptation de la célèbre série TV Sherlock !

Cette série manga écrite et dessinée par Jay est vraiment intéressante pour les fans de la série télé Sherlock, l’adaptation moderne du personnage de Sherlock Holmes revu et imaginé par Steven Moffat et Mark Gatiss.

Avec ce manga, Jay reprend presque scène par scène l’histoire de l’épisode télé. Avec ce second tome, Le banquier aveugle, nous retrouvons donc Sherlock et John dans leur appartement du 221b Baker Street qu’ils partagent maintenant ensemble. Les deux hommes n’ont pas forcément les mêmes préoccupations au quotidien. Si John se casse la tête pour pouvoir payer les factures et cherche donc du travail, Sherlock s’ennuie quand il n’y a rien à résoudre.

Une connaissance de Sherlock l’appelle alors qu’ils ont eu une effraction à son bureau de la banque. D’étranges cryptogrammes ont été laissés et en suivant la piste de ce code secret utilisé pour communiquer, Sherlock et John se retrouvent à enquêter sur une étrange affaire mêlant vol d’antiquités et mafia chinoise. Pendant qu’ils cherchent à découvrir ce qui se passe, les cadavres commencent à les devancer. Partout où ils vont, c’est la mort qu’ils découvrent: quelqu’un les a devancé.

J’aime bien cet épisode qui a plusieurs intrigues parallèles toutes reliées finalement entre elles. C’est aussi intéressant de plonger dans un monde de cryptogrammes, de graffitis et d’antiquités chinoises. La scène d’ouverture avec la cérémonie du thé dans de vieilles théières datant de quelques siècles, m’a toujours beaucoup plu. On la retrouve évidemment dans ce manga, puisqu’il est parfaitement fidèle à la série.

C’est donc un bonheur pour moi (et sans doute pour ceux qui sont fans de Sherlock) de retrouver le plaisir des épisodes vus à la télé. J’adore!

Mon avis sur le premier tome: Sherlock épisode 1: Une étude en rose

Sherlock épisode 2: Le banquier aveugle, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 212 pages, 2017

L’usurpateur

l'usurpateurUn homme mort depuis quatre mois retrouvé devant sa télé allumée ; un autre dans une forêt de sapins avec, dans la poche, un prospectus sur lequel la police retrouve les empreintes d’un tueur en série américain, c’est bien plus qu’il n’en faut pour lancer Line Wisting, journaliste à VG, et son père William, inspecteur de la police de Larvik, dans des enquêtes dont ils ne peuvent mesurer les conséquences…
À quelques jours de Noël, par moins quinze et sous la neige, va s’engager une des plus incroyables chasses à l’homme que la Norvège ait connues.

L’usurpateur est un roman policier très intéressant que j’ai lu avec un plaisir grandissant à mesure que l’enquête avancait. Il y a quelque chose de fascinant dans cette histoire, de terrifiant aussi. Nous sommes en Norvège, en plein hiver. Il fait froid et la neige recouvre tout. Alors qu’on découvre un voisin des Wisting décédé depuis quatre mois et pratiquement momifié dans son fauteuil, Line qui est journaliste décide de faire un papier sur l’extrême solitude du vieil homme. Il est inconcevable pour elle qu’un homme puisse mourir sans que quiconque ne s’en préoccupe. Elle réussit à obtenir l’autorisation nécessaire et les clés de la maison de l’homme pour faire sa petite enquête sur ce qu’a été sa vie et éventuellement, un long article pour son journal. À l’approche des Fêtes, la tristesse de cette solitude et de cette mort ignorée de tous la peine profondément.

« Je voudrais faire un papier sur comment une chose pareille a pu arriver. Comment il est possible d’être si seul et oublié de tous qu’il faut quatre mois pour que quelqu’un s’aperçoive par hasard qu’on est mort. »

De son côté, son père, inspecteur, se retrouve à enquêter sur la découverte d’un corps dans une plantation de sapins. Les circonstances de son décès – le lieu où reposait le corps et les indices retrouvés près de lui – amènent l’équipe de William Wisting à faire de nombreuses recherches pour réussir à mettre un nom sur l’homme décédé. L’homme, surtout, avait été poussé sous un sapin et portait des vêtements d’été. Il était là depuis des mois.

« C’est curieux qu’il ne figure pas sur la liste des disparus. S’il est sous ce sapin depuis l’été dernier, on aurait dû s’apercevoir de sa disparition, non? »

Les deux hommes sont morts à peu près au même moment. Personne ne se souciait suffisamment d’eux pour déclarer leur disparition. C’est l’élément déclencheur qui poussera William et Line à enquêter chacun de leur côté pour des raisons différentes. Il suffira d’une découverte, puis d’une autre pour étoffer l’enquête et mettre à jour des éléments étonnants qui amèneront différents pays à collaborer ensemble pour arrêter un criminel qui sévit depuis beaucoup trop longtemps.

« Sa pensée suivante lui donna une sensation rampante de froid. Quelque part dehors se promenait un tueur en série. »

Jørn Lier Horst met en scène dans ses romans policier, un duo père-fille très attachant. Les deux vivent seuls chacun de leur côté. Line est une bonne journaliste, qui s’intéresse à des sujets différents qui détonnent un peu. Elle tente toujours de donner un angle particulier à ses papiers, pour faire réfléchir les lecteurs et apporter un éclairage nouveau sur des sujets de société. Elle adore la photographie qu’elle pratique depuis qu’elle est enfant.

William, son père, est un enquêteur soucieux, avec une bonne équipe de travail. Il tente de faire du monde un lieu plus sécuritaire et de rendre justice aux victimes. Il est secondé par une équipe solide où chacun se spécialise dans un domaine en particulier. J’ai beaucoup aimé ce duo improbable, inspecteur et journaliste, qui nous permet de voir les deux côtés d’une médaille, soit le travail policier versus le travail de terrain pour publier une nouvelle intéressante. Line par exemple, ne le fait pas à tout prix et a une bonne éthique de travail.

Dans L’usurpateur, la solitude est un sujet qui revient souvent, que ce soit à travers les différents corps qui ont été retrouvés ou par les personnages, William et Line, qui mènent des vies solitaires rythmées par le travail. La solitude est aussi un thème récurrent dans la façon dont le criminel profite de ses victimes et réussit à passer inaperçu. La solitude peut être une bénédiction ou un fléau, tout dépend de la façon dont elle est vécue. Ou dans ce cas-ci, utilisée.

Un roman policier d’enquête que j’ai beaucoup aimé, tant pour son cadre – la Norvège en hiver – que pour ses personnages attachants. La trame de l’enquête est passionnante, faite de recherches généalogiques et historiques. L’histoire permet de découvrir le concept « d’homme de caverne » et de suivre l’évolution et la pensée d’inspecteurs qui tentent de démystifier les faits et gestes d’un tueur aguerri qui sait comment passer inaperçu. Une enquête fascinante qui se développe tranquillement au fil des découvertes que font les enquêteurs. Découvertes qui tardent à arriver par moments, puisque dès qu’ils avancent un peu, les résultats étonnent et ne correspondent pas forcément à ce qu’ils attendaient.

« Cette affaire avait un côté effrayant. Qu’il n’avait pas connu par le passé, qui le faisait se sentir comme un enfant qui ne voyait rien dans le noir, mais qui savait qu’il y avait quelque chose. »

J’ai très envie de lire les deux autres titres de Jørn Lier Horst qui sont disponibles en français. J’espère que les autres enquêtes de William Wisting seront éventuellement traduites également. Une belle découverte!

L’usurpateur, Jørn Lier Horst, éditions Gallimard, 448 pages, 2019