Les vieux livres sont dangereux

Empiler quelques livres poussiéreux dans des boîtes, ça ne semble pas très sorcier. Quand le vieux bibliothécaire de son collège lui propose cet emploi de fin de semaine, Mathieu n’hésite pas très longtemps avant d’accepter.
Une fois seul dans les sombres sous-sols de l’école, il réalise cependant assez vite qu’il a commis une grave erreur.

J’aime beaucoup la collection Noire aux éditions La courte échelle. Cette collection offre des romans d’horreur, de suspense et d’enquête pour différents groupes d’âge. Ce qui reste encore assez rare chez les jeunes lecteurs. C’est donc une série que je conseille souvent en bibliothèque, parce que j’aurais adoré avoir une série comme celle-là à découvrir, lorsque j’étais enfant.

Avec Les vieux livres sont dangereux, François Gravel nous amène dans le sous-sol bien particulier d’une école… Mathieu s’ennuie pendant son cours et il s’endort. Son professeur, qui considère la bibliothèque comme un lieu de punition, l’envoie passer un peu de temps là-bas. Mathieu rencontre le nouveau bibliothécaire, revenu d’un congé de maladie. L’homme lui propose de lui donner un coup de main pour élaguer de vieux livres se trouvant au sous-sol de la bibliothèque. Mathieu accepte. Oh, qu’il n’aurait pas dû… !

J’ai adoré le format de ce livre, qui s’adresse aux jeunes lecteurs de 9 ans et plus. Le texte est fluide et très intrigant. Les pages sont souvent illustrées et lorsque l’électricité coupe, les pages du texte sont noires. J’aime beaucoup les livres qui nous plongent de cette façon dans l’ambiance de l’histoire. Surtout parce que ça m’aurait plu à moi, étant petite. J’adorais avoir peur! Comme jeune lectrice, j’ai longtemps eu besoin d’images dans mes lectures. À ce niveau, ce roman est parfait!

« À huit heures du soir, je n’avais toujours pas eu de nouvelles du bibliothécaire et il faisait froid comme dans une morgue. »

Cette histoire, entre terreur et musée des horreurs, est vraiment très efficace. Le roman donne le frisson et devrait plaire aux jeunes lecteurs avides d’horreur et de mystère. Même si la fin est un peu abrupte, j’ai trouvé ce roman vraiment intéressant. Je vous le conseille, pour vous ou de jeunes lecteurs. Cette collection Noire est d’ailleurs à découvrir si le genre vous plaît!

Les vieux livres sont dangereux, François Gravel, éditions La courte échelle, 104 pages, 2017

L’oiseau moqueur

« Pas de questions, détends-toi ». C’est le nouveau mot d’ordre des humains, obsédés par leur confort individuel et leur tranquillité d’esprit, déchargés de tout travail par les robots. Livres, films et sentiments sont interdits depuis des générations. Hommes et femmes se laissent ainsi vivre en ingurgitant les tranquillisants fournis par le gouvernement. Jusqu’au jour où Paul, jeune homme solitaire, apprend à lire grâce à un vieil enregistrement. Désorienté, il contacte le plus sophistiqué des robots jamais conçus : Spofforth, qui dirige le monde depuis l’université de New York. Le robot se servira-t-il de cette découverte pour aider l’humanité ou la perdre définitivement ?

J’ai dévoré très rapidement le roman dystopique de Walter Tevis, que j’ai trouvé vraiment intéressant sur plusieurs aspects. Dans cet univers, le monde est régi par des robots. Créés il y a des années, il existe différentes classes de robots. Spofforth fait partie de la classe 9. Il ressemble à un humain et a le contrôle de toute la ville. Les humains eux, sont gavés de pilules afin de ne pas se poser de questions et rester toujours « heureux ». Les enfants et les jeunes n’existent plus. La nourriture est conditionnée, protéinée. Les vrais repas tels qu’on les connaît ont disparu. La famille est chose du passé, de même que la vie de couple. C’est d’ailleurs un crime que de cohabiter avec une autre personne. Les contacts humains n’existent plus, l’indépendance et l’intimité étant la priorité absolue. Personne ne sait lire et les livres servent à isoler les murs. Jusqu’à ce que Paul contacte le doyen de l’université avec une demande inédite: celle d’apprendre à lire aux autres. Car Paul est l’un des seuls qui sait lire, dans une société où la lecture est devenue criminelle.

« La lecture est trop intime. Elle conduit les humains à s’intéresser de trop près aux sentiments et aux idées des autres. Elle ne peut que vous troubler et vous embrouiller l’esprit. »

Paul est le personnage central du livre, avec Mary Lou, le femme qu’il rencontrera dans un zoo, et le robot Spofforth. Leurs destins sont intimement liés. Sans dévoiler l’intrigue, car il se passe énormément de choses à partir du moment où Paul se présente à l’université avec l’idée d’apprendre aux gens à lire, le roman passe par plusieurs étapes qui permettent à Paul de se remettre en question. L’idée d’engloutir des pilules pour « s’engourdir » ne lui plaît plus, surtout après avoir vécu pour la première fois des émotions reliées à l’amour d’une autre personne, à l’idée de former un couple avec celle qu’il aime, à la lecture d’œuvres qui lui donnent un aperçu de ce qu’a pu être la vie des gens qui l’ont précédé. Quand le monde était « normal » et humain. Les aventures que vit Paul et sa découverte de choses qu’il n’avait jamais expérimenté avant, le changeront forcément pour toujours.

« Rien dans mon éducation, cette éducation imbécile et prônant la haine de toute vie véritable, ne m’avait préparé à ce que j’allais entreprendre. »

Ce roman est vraiment captivant. On le compare à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, l’un de mes romans préférés. Même si les deux font de la lecture un acte criminel, L’oiseau moqueur aborde la société du futur dans son ensemble. L’acte criminel ne se limite plus aux livres, mais à l’identité et aux particularités qui font de nous des êtres humains. Ce que notre monde est devenu donne le frisson. L’amour, les émotions, le fait de réfléchir et de penser par soi-même n’existent plus.

« Une société hantée par la mort mais qui n’était pas assez vivante pour le savoir. »

Quand Paul y goûte à travers les livres qu’il découvre et son amour pour Mary Lou, il ne veut plus de cette vie complètement conditionnée. On peut s’amuser à faire la comparaison avec le roman de Bradbury, puisque même l’éditeur en fait mention sur sa quatrième de couverture. Cependant, chez Tevis, tout ne tourne pas qu’autour des livres, même si le salut de l’homme passe forcément par la lecture et, dans un aspect plus vaste, par la culture, dont en découle l’ouverture de l’esprit (et de l’âme).

« Je ne voulais plus imposer le silence à mon esprit, ni l’utiliser comme un simple catalyseur de plaisir. Je voulais lire, je voulais penser et je voulais parler. »

L’oiseau moqueur est un roman sur le droit de réfléchir par soi-même, d’apprendre, d’être imparfait, émotif, mais aussi sur le droit d’aimer. C’est une histoire sur le besoin inné de l’homme d’être entouré de ses semblables, chose qui n’existe plus dans le monde créé par William Tevis. C’est une histoire de liberté.

Un roman superbe, fascinant, terrifiant et beau à la fois. J’ai adoré!

L’oiseau moqueur, Walter Tevis, éditions Gallmeister, 336 pages, 2021

De la maladie

Dans ce court texte écrit en 1926 pour la revue de T. S. Eliot, Virginia Woolf s’interroge sur cette expérience particulière dont personne ne parle, dont le langage peine à rendre compte mais que tout le monde connaît : la maladie. Lorsqu’on tombe malade, constate-t-elle, la vie normale interrompt son cours réglé pour laisser place à un état de contemplation où le corps reprend ses droits et où l’univers apparaît soudain dans son indifférence totale à la vie humaine.

Depuis ma découverte de Mrs Dalloway à la fin de l’adolescence, j’ai toujours eu un faible pour Virginia Woolf. Je n’ai pas lu toute son œuvre, mais je trouve son travail intéressant. La biographie de l’auteure aussi est fascinante. De la maladie est un tout petit livre, un court texte, un essai, écrit par Woolf à la demande de T.S. Eliot pour une revue et paru en 1926.

C’est un livre vers lequel je reviens toujours lorsque je suis malade. Ayant été opérée ce printemps et au repos forcé pendant un mois, j’ai tout de suite repensé à ce livre dans ma bibliothèque et j’ai eu envie de le relire, encore une fois. C’est d’ailleurs la quatrième fois que je le lis. Woolf a connu plusieurs fois la maladie pendant sa vie. Elle a aussi eu de longues périodes où elle a été réduite à être un témoin immobile du monde. Elle a connu des épisodes sombres de dépression majeures. Elle s’est d’ailleurs suicidée à l’âge de 59 ans.

Dans ce texte, elle parle de la position du malade, forcé de s’arrêter, alors que le reste du monde s’agite. Elle parle de la maladie, certes, mais aussi de beaucoup d’autres choses: de la nature, du paradis, de la littérature, de la création. C’est un texte introspectif, mais également très ouvert. Le malade, arrêté, est alors sensible à tout ce qui se déroule autour de lui. Il est plus réceptif à certaines choses, comme la nature qui bouge tout doucement. Il est plus réceptif à certaines lectures ou œuvres que la maladie prédispose à accueillir. C’est un texte court, mais ça me plait définitivement beaucoup.

« Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n’a laissé son empreinte. »

Une relecture qui m’a fait du bien. C’est étonnant comment je me sens apaisée après l’avoir lu, chaque fois. Pourtant ce n’est pas un texte qu’on qualifierait de réconfortant. C’est peut-être simplement parce qu’il participe à la déculpabilisation du malade de ne pas être « actif » alors que sa condition ne le lui permet pas. C’est un sujet fort peu traité d’ailleurs, autant à l’époque de Virginia Woolf que dans notre société actuelle axée sur la performance et la productivité à tout prix. 

« Il est admirable de relever que les poètes tirent la religion de la nature, que les gens vivent à la campagne pour que les plantes leur enseignent la vertu. »

De la maladie est un texte peu connu, sans doute assez mineur dans l’œuvre de Virginia Woolf, mais que moi j’aime particulièrement et que je prends plaisir à relire chaque fois.

De la maladie, Virginia Woolf, éditions Rivages, 59 pages, 2007

Terreur à Smoke Hollow

Depuis le décès de sa mère, Ollie, onze ans, trouve refuge dans la littérature. Jusqu’au jour où elle croise, près d’une rivière, une femme déterminée à se débarrasser d’un livre qu’elle prétend maudit. Le sang d’Ollie ne fait qu’un tour : pas question de la laisser commettre une telle barbarie ! Elle vole l’ouvrage et le dévore en une nuit. Il raconte l’histoire d’Elizabeth Morrison et de ses deux fils, Caleb et Jonathan, disparus après avoir passé un pacte avec un sinistre spectre souriant. Le lendemain, la jeune fille a la désagréable surprise de découvrir que la ferme que visite sa classe est celle où est enterrée Elizabeth… 

Terreur à Smoke Hollow est un roman d’horreur pour jeunes, écrit par Katherine Arden dont j’ai adoré la « Trilogie d’une nuit d’hiver ». J’étais curieuse de lire un de ses livres jeunesse et j’ai beaucoup aimé cette histoire frissonnante. On y retrouve des thèmes mystérieux et inquiétants qui étaient aussi présents dans sa trilogie pour adultes, de façon différente. Par exemple, l’idée de plusieurs « mondes » qui cohabitent. Avec l’histoire de Smoke Hollow, l’auteure installe le lecteur dans un monde qui nous est plus familier et qui tourne autour d’un étrange livre et d’une sortie scolaire en autobus, dans une ferme.

Ollie a onze ans et elle a perdu sa mère. Son deuil est un peu difficile même si elle a une belle relation avec son père avec qui elle vit, malgré quelques accrochages. La relation qu’ils ont ensemble et la façon dont son père agrémente le quotidien est joliment décrite. Ils se sont créé un cocon à eux, malgré l’absence de la maman d’Ollie. Une maison colorée où les pièces ont des noms et où l’odeur de cuisine réconfortante flotte dans l’air. Un jour, la jeune adolescente se rend à la rivière et elle découvre une femme étrange et confuse, qui tient mordicus à jeter un livre dans la rivière. Choquée, Ollie intercepte l’ouvrage et s’enfuit.

En ouvrant les pages, elle est tout de suite happée par l’histoire, imprimée en 1895. Il s’agit de celle d’une femme, Elizabeth, son mari et son beau-frère, disparus après avoir fait un pacte avec un inquiétant personnage. Ollie est incapable de s’arrêter de lire. Le récit la fascine tellement qu’elle en oublie ce qui se passe autour d’elle. Quand Ollie s’en va visiter une ferme avec sa classe, dans le cadre d’un programme pour mettre en valeur l’agriculture de la région, elle réalise qu’il s’agit de l’endroit où Elizabeth est enterrée… Elle ne se doute absolument pas de l’aventure effrayante qu’elle va alors vivre ni de ce qu’elle croisera sur son chemin.

« Quand la brume descend,
quand l’homme qui sourit apparaît.
Évite les endroits dégagés la nuit.
Reste dans les recoins. »

Terreur à Smoke Hollow est un livre très efficace. L’intrigue met en place les personnage, doucement, puis fait intervenir des éléments qui piquent notre curiosité. Il s’agit d’un très bon roman d’épouvante pour jeunes, qui réussit à combiner des histoires qui font peur – la vieille légende du livre trouvé par Ollie et tout ce qui entoure le pacte – à des éléments fantastiques implantés au quotidien. La nuit, les choses sont bien différentes qu’en plein jour. C’est ce qu’Ollie et ses amis vont vite apprendre. Il en va de leur survie!

« Il y a toujours une histoire de fantômes. Tiens-le-toi pour dit. Où que tu ailles dans ce grand monde aussi hideux que merveilleux, il y a une histoire de fantômes qui t’attend. »

Un livre mystérieux, une vieille légende, une ferme inquiétante et d’étranges personnages sont au centre de cette histoire qui se dévore. C’est un roman jeunesse conseillé à partir de 10 ans, à l’atmosphère automnale qui se déroule à quelques jours de l’Halloween. Les rues sont décorées, les maisons parsemées de citrouilles et la ferme est remplie d’épouvantails. Ollie ira même visiter un cimetière et faire un tour dans un labyrinthe de maïs pour l’occasion. C’est un livre qui joue beaucoup sur l’atmosphère et qui se dévore! J’espère qu’on aura droit à la traduction de la seconde histoire de cette série dont l’action se passe cette fois, en hiver. Ça promet!

Terreur à Smoke Hollow, Katherine Arden, éditions Pocket Jeunesse, 256 pages, 2020

L’accident de chasse

Chicago, 1959. Charlie Rizzo, qui vient de perdre sa mère, doit emménager avec son père aveugle. Pour le jeune garçon, l’histoire est limpide : Matt Rizzo a perdu la vue à la suite d’un accident de chasse, comme il le lui a toujours raconté. Mais le jour où un policier sonne à leur porte, Matt choisit de révéler à son fils la partie immergée de son passé, et la véritable raison de sa cécité : un vol à main armé qu’il a commis des années plus tôt, alors qu’il fréquentait la mafia de Chicago…

Ce livre m’attirait énormément. Déjà l’objet-livre en lui-même est magnifique et le résumé m’intriguait. J’ai été vraiment heureux de découvrir ce roman graphique qui est une vraie merveille. Le récit est hypnotique, fascinant et touchant. Le livre raconte l’histoire d’un jeune garçon qui vient de perdre sa mère. Il doit aménager avec son père Matt, devenu aveugle suite à un accident de chasse. Le jour où un policier sonne à leur porte, Charlie découvre la véritable histoire de son père.

Le récit s’attarde sur Matt et aborde la réalité de la vie dans une ville comme Chicago, où l’homme subit une foule de mauvaises influences. Il fera de mauvais choix et se retrouvera en prison, où il devra apprendre à vivre en même temps avec sa récente cécité. Il partage sa cellule avec un autre détenu, Nathan Leopold, un célèbre criminel. Rapidement, les deux hommes développent une belle amitié et Matt découvre l’univers carcéral et ce qu’est réellement la loi de la rue.

« C’était censé être un coup facile, un seul vendeur derrière la caisse, Messina avait tout vérifié la veille. Je pensais qu’il avait l’habitude et qu’il savait ce qu’il faisait. Ce qu’il ignorait, c’est que le patron était dans l’arrière-boutique. Il s’était déjà fait braquer et, depuis, il avait acheté un fusil. »

Nathan Leopold est un grand lecteur. En constatant que Matt est aveugle, Nathan le prend sous son aile et il apprend le braille afin de l’enseigner à Matt. Il souhaite que son compagnon de cellule  puisse mieux se débrouiller, se faire respecter des autres détenus et avoir accès d’une certaine façon à un monde qui lui est maintenant refusé depuis qu’il a perdu la vue. Matt acceptait très mal le fait d’être non-voyant. C’est la lecture et la découverte d’œuvres littéraires, en particulier La Divine Comédie de Dante Alighieri, qui le sauvera. 

« Leopold disait que, quand on sait vraiment quelque chose, on doit pouvoir l’apprendre à quelqu’un d’autre. Alors, pour mon examen final, j’allais devoir traduire aux gars L’enfer de Dante. Je n’avais aucune idée de là où il voulait m’emmener, mais je n’avais pas trop le choix. »

Parallèlement, nous suivons la relation entre Matt, en tant que père et écrivain, des années après sa sortie de prison, et son fils Charlie. Ce qui est intéressant, c’est de voir le développement des sens de Matt, afin de pouvoir continuer à vivre au quotidien. Ce qui enrichi la vie, quand on a perdu un sens, par exemple. Je pense à Charlie, qui joue du violoncelle, et à Matt qui l’apprécie de plus en plus et en perçoit l’évolution, vu que son ouïe est plus développée.

Matt et Charlie ont connu une belle complicité, jusqu’à ce que le jeune homme atteigne l’adolescence. Charlie suit un peu les traces de son père, en ayant l’influence de la rue et en faisant des choix douteux. La relation entre les deux devient tendue, surtout lorsque Matt avoue sa véritable histoire. Le roman graphique alterne donc entre le passé et le présent, puisque Matt raconte ce qu’il a réellement vécu à son fils. C’est l’occasion d’assister à l’évolution de leur relation au fil des ans. Le roman graphique nous offre de belles pages où Matt écrit et où son fils lit les textes de son père. Il lui pose des questions afin d’en savoir plus, ce que l’on découvre aussi tout au long des pages. Ces passages sont hyper intéressants et donnent une dimension très humaine au récit et à la relation père-fils. 

Les livres, l’écriture et la lecture demeurent au centre de l’histoire et tiennent une place primordiale tout au long du roman graphique. En prison, avec l’aide de Nathan, la littérature et l’écriture sont de puissants moteurs de changement, de renouveau, de vie. Pour un lecteur, c’est un thème que l’on comprend et qui m’apparaît comme important. C’est forcément réconfortant pour quelqu’un qui aime les livres. 

Captivant et passionnant du début à la fin, le récit est appuyé par les illustrations de Landis Blais qui sont exceptionnelles. C’est un vrai plaisir pour les yeux que de découvrir à travers son coup de crayon l’histoire vraie de Matt et Charlie. L’accident de chasse est le premier livre de David L. Carlson, ce qui est vraiment étonnant vu la qualité irréprochable de ce roman graphique. Son sujet est fouillé et documenté, très réaliste. On sent la tonne de travail derrière cette œuvre, tant au niveau de l’écriture que du graphisme.

J’avais de grandes attentes vis-à-vis cette lecture et le livre a surpassé tout ce que je m’imaginais. Le texte tout comme les illustrations, sont magnifiques. C’est une histoire passionnante et très riche, où la littérature prend énormément de place. C’est aussi un récit sur la vie et la liberté. S’affranchir de la prison, et surtout de sa prison intérieure, aide à mieux vivre et à être soi-même. Savoir qu’il s’agit d’une histoire vraie m’a vraiment intéressé et apporte une dimension très touchante à la vie de Matt Rizzo. 

J’ai été époustouflé par la qualité de ce roman graphique. C’est un livre que je relirai assurément dans quelques années et qui marquera forcément mon année 2021, même si elle ne fait que commencer. Un livre à lire absolument. Un très gros coup de cœur pour moi!

L’accident de chasse, David L. Carlson, Landis Blair, éditions Sonatine, 472 pages, 2020