L’accident de chasse

Chicago, 1959. Charlie Rizzo, qui vient de perdre sa mère, doit emménager avec son père aveugle. Pour le jeune garçon, l’histoire est limpide : Matt Rizzo a perdu la vue à la suite d’un accident de chasse, comme il le lui a toujours raconté. Mais le jour où un policier sonne à leur porte, Matt choisit de révéler à son fils la partie immergée de son passé, et la véritable raison de sa cécité : un vol à main armé qu’il a commis des années plus tôt, alors qu’il fréquentait la mafia de Chicago…

Ce livre m’attirait énormément. Déjà l’objet-livre en lui-même est magnifique et le résumé m’intriguait. J’ai été vraiment heureux de découvrir ce roman graphique qui est une vraie merveille. Le récit est hypnotique, fascinant et touchant. Le livre raconte l’histoire d’un jeune garçon qui vient de perdre sa mère. Il doit aménager avec son père Matt, devenu aveugle suite à un accident de chasse. Le jour où un policier sonne à leur porte, Charlie découvre la véritable histoire de son père.

Le récit s’attarde sur Matt et aborde la réalité de la vie dans une ville comme Chicago, où l’homme subit une foule de mauvaises influences. Il fera de mauvais choix et se retrouvera en prison, où il devra apprendre à vivre en même temps avec sa récente cécité. Il partage sa cellule avec un autre détenu, Nathan Leopold, un célèbre criminel. Rapidement, les deux hommes développent une belle amitié et Matt découvre l’univers carcéral et ce qu’est réellement la loi de la rue.

« C’était censé être un coup facile, un seul vendeur derrière la caisse, Messina avait tout vérifié la veille. Je pensais qu’il avait l’habitude et qu’il savait ce qu’il faisait. Ce qu’il ignorait, c’est que le patron était dans l’arrière-boutique. Il s’était déjà fait braquer et, depuis, il avait acheté un fusil. »

Nathan Leopold est un grand lecteur. En constatant que Matt est aveugle, Nathan le prend sous son aile et il apprend le braille afin de l’enseigner à Matt. Il souhaite que son compagnon de cellule  puisse mieux se débrouiller, se faire respecter des autres détenus et avoir accès d’une certaine façon à un monde qui lui est maintenant refusé depuis qu’il a perdu la vue. Matt acceptait très mal le fait d’être non-voyant. C’est la lecture et la découverte d’œuvres littéraires, en particulier La Divine Comédie de Dante Alighieri, qui le sauvera. 

« Leopold disait que, quand on sait vraiment quelque chose, on doit pouvoir l’apprendre à quelqu’un d’autre. Alors, pour mon examen final, j’allais devoir traduire aux gars L’enfer de Dante. Je n’avais aucune idée de là où il voulait m’emmener, mais je n’avais pas trop le choix. »

Parallèlement, nous suivons la relation entre Matt, en tant que père et écrivain, des années après sa sortie de prison, et son fils Charlie. Ce qui est intéressant, c’est de voir le développement des sens de Matt, afin de pouvoir continuer à vivre au quotidien. Ce qui enrichi la vie, quand on a perdu un sens, par exemple. Je pense à Charlie, qui joue du violoncelle, et à Matt qui l’apprécie de plus en plus et en perçoit l’évolution, vu que son ouïe est plus développée.

Matt et Charlie ont connu une belle complicité, jusqu’à ce que le jeune homme atteigne l’adolescence. Charlie suit un peu les traces de son père, en ayant l’influence de la rue et en faisant des choix douteux. La relation entre les deux devient tendue, surtout lorsque Matt avoue sa véritable histoire. Le roman graphique alterne donc entre le passé et le présent, puisque Matt raconte ce qu’il a réellement vécu à son fils. C’est l’occasion d’assister à l’évolution de leur relation au fil des ans. Le roman graphique nous offre de belles pages où Matt écrit et où son fils lit les textes de son père. Il lui pose des questions afin d’en savoir plus, ce que l’on découvre aussi tout au long des pages. Ces passages sont hyper intéressants et donnent une dimension très humaine au récit et à la relation père-fils. 

Les livres, l’écriture et la lecture demeurent au centre de l’histoire et tiennent une place primordiale tout au long du roman graphique. En prison, avec l’aide de Nathan, la littérature et l’écriture sont de puissants moteurs de changement, de renouveau, de vie. Pour un lecteur, c’est un thème que l’on comprend et qui m’apparaît comme important. C’est forcément réconfortant pour quelqu’un qui aime les livres. 

Captivant et passionnant du début à la fin, le récit est appuyé par les illustrations de Landis Blais qui sont exceptionnelles. C’est un vrai plaisir pour les yeux que de découvrir à travers son coup de crayon l’histoire vraie de Matt et Charlie. L’accident de chasse est le premier livre de David L. Carlson, ce qui est vraiment étonnant vu la qualité irréprochable de ce roman graphique. Son sujet est fouillé et documenté, très réaliste. On sent la tonne de travail derrière cette œuvre, tant au niveau de l’écriture que du graphisme.

J’avais de grandes attentes vis-à-vis cette lecture et le livre a surpassé tout ce que je m’imaginais. Le texte tout comme les illustrations, sont magnifiques. C’est une histoire passionnante et très riche, où la littérature prend énormément de place. C’est aussi un récit sur la vie et la liberté. S’affranchir de la prison, et surtout de sa prison intérieure, aide à mieux vivre et à être soi-même. Savoir qu’il s’agit d’une histoire vraie m’a vraiment intéressé et apporte une dimension très touchante à la vie de Matt Rizzo. 

J’ai été époustouflé par la qualité de ce roman graphique. C’est un livre que je relirai assurément dans quelques années et qui marquera forcément mon année 2021, même si elle ne fait que commencer. Un livre à lire absolument. Un très gros coup de cœur pour moi!

L’accident de chasse, David L. Carlson, Landis Blair, éditions Sonatine, 472 pages, 2020

Dash & Lily 1: Le carnet de défis

Je t’ai laissé quelques indices.
Si tu veux les avoir, tourne la page.
Sinon, repose ce carnet sur l’étagère, s’il te plaît.

Quand Dash met la main sur un mystérieux carnet rouge dans sa librairie préférée, il est loin de se douter qu’il est sur le point d’embarquer dans l’aventure d’une vie. Il découvre au fil des pages une liste de défis.
Un peu mélancolique à l’approche de Noël, il décide de suivre les instructions du carnet, qui l’emmèneront aux quatre coins de la ville qui ne dort jamais, dans les pas de Lily…

J’ai d’abord connu Dash et Lily avec la série présentée sur Netflix. Les séries de Noël sont plutôt rares et j’adore en découvrir de nouvelles. Je me suis donc intéressée à cette série. Je l’ai aimé, mais peut-être pas autant que je l’avais espéré. Si j’ai adoré les deux premiers épisodes de la série, très axés sur les livres, les indices et la littérature, j’ai eu l’impression que la série basculait dans le « très adolescent » à partir du troisième épisode. Pas que c’est mauvais, j’ai plutôt aimé la série, mais je l’aurais aimé encore plus si elle était restée dans la même ambiance littéraire et intello qui m’avait tant plu. J’aime quand des œuvres nous présentent des personnages et des mondes un peu différents et moins superficiels. 

Une amie m’a alors parlé des livres. Il en existe trois en anglais. Elle m’a proposé de faire une lecture commune avec elle du premier tome, le seul paru à ce jour en français. J’avais envie de voir si la série ressemblait au livre ou si le livre avait ce petit plus qui m’avait manqué dans l’adaptation. Alors j’ai accepté. Et j’ai beaucoup aimé le livre. Plus que la série.

Il faut d’abord savoir que la série est plus légère que le livre et que le côté littéraire axé sur l’écriture est bien plus présent dans le livre, jusqu’à la fin. Les scènes du livre et de la série sont par moments aussi très différentes. Si le début du livre ressemble beaucoup à ce qu’on a pu voir à l’écran, c’est moins vrai à partir du milieu du roman. Les péripéties sont assez différentes et certaines scènes m’auraient beaucoup plu à l’écran. 

Dash et Lily est une petite romance de Noël pour adolescents, mais c’est aussi une histoire toute douce, qui débute de façon intrigante, avec un carnet trouvé en plein cœur d’une librairie. J’ai aimé que la base de l’histoire soit un carnet et du papier, qu’elle prenne la forme d’une correspondance plutôt traditionnelle, comme on en connaît beaucoup moins aujourd’hui à l’ère des écrans et des textos.

« J’aime bien l’étymologie. Ça me plaît d’imaginer ce qui s’est passé au moment où le mot est né. »

C’est sans doute la plus grande force de cette histoire: renouer avec l’écriture papier et la passion des mots qui unissent Dash et Lily, deux ados singuliers qui détonnent un peu parmi les autres. C’est d’ailleurs ce qui les rend si attachants. La librairie qu’on retrouve dans le livre comme dans la série, Strand, est d’ailleurs un lieu qui fait rêver tous les amoureux des livres. Une librairie immense avec ses « vingt-neuf kilomètres de livres ».

« Quand j’allais chez Strand, j’était généralement d’humeur à ne rien chercher en particulier. Certains jours, je décidais que l’après-midi serait placé sous le signe d’une lettre spécifique, et je faisais le tour de toutes les sections pour examiner les titres classés à cette lettre. D’autres fois, l’envie me prenait de visiter une section de fond en comble, ou bien de fouiller les derniers arrivages, empilés dans des bacs qui ne se prêtaient jamais docilement au classement alphabétique. Ou bien je ne m’intéressait qu’aux couvertures vertes, parce que cela faisait trop longtemps que je n’avais pas lu un livre de cette couleur. »

À partir du carnet, Dash et Lily vont s’écrire. Il est souvent plus facile de se livrer et d’apprendre à se connaître lorsqu’on ne voit pas l’autre personne. C’est ce que les deux adolescents vont expérimenter. S’ils semblent assez différents au départ, Dash et Lily ont en fait beaucoup de points en commun et se comprennent bien l’un l’autre malgré tout. Le carnet deviendra le centre de leur univers et l’occasion pour relever des défis amusants et loufoques.

Le roman est rempli d’humour et la lecture est très agréable. J’ai passé un bon moment en compagnie de Dash et Lily, de leur passion pour les livres, les mots et les situations rocambolesques. Il y a des passages vraiment drôles, souvent en lien avec la littérature et les livres.  

« Elle me conduisit dans une pièce qui ne pouvait être qu’un boudoir. Les rideaux étaient si épais et les meubles, si capitonnés que je m’attendais presque à tomber sur Sherlock Holmes en pleine bataille de pouces avec Jane Austen dans un coin. »

L’histoire est originale et même si l’ensemble est assez léger et amusant, j’ai trouvé que c’était un bon roman pour adolescents, une jolie romance de Noël qui ne tombe pas dans la facilité des romances contemporaines clichées. C’est un très bon point pour ce premier tome.

J’ai bien envie de découvrir la suite et j’espère que l’éditeur traduira rapidement les autres tomes pour que l’on puisse continuer à découvrir les aventures de Dash et Lily. Si vous avez aimé la série, ça peut être très intéressant de découvrir le livre qui s’avère finalement assez différent. De mon côté, c’est la présence des livres et des mots qui m’a plu dans le roman, ce que je trouve rapidement mis de côté dans la série. 

Une jolie lecture de saison!

Dash & Lily 1: Le carnet de défis, Rachel Cohn, David Levithan, éditions Michel Lafon, 344 pages, 2020

Promenade en Enfer

Longtemps soumises à la censure ecclésias­tique, des bibliothèques enfer­maient les ouvrages mis à l’Index dans une section surnommée Enfer, puisque la simple lecture d’une œuvre interdite par l’Église pouvait entraîner la damnation éternelle de l’âme. Le concile Vatican II a mis fin, dans les années 1960, à l’application du cadre censorial, entraînant la disparition de ces huis clos et de leurs secrets. Cependant, l’une des rares collections encore existantes se trouve dans la bibliothèque historique du Séminaire de Québec, institution fondée en 1663. Cette Promenade en Enfer lève le voile sur ces ouvrages interdits jugés immoraux, hérétiques ou dangereux, témoins silencieux frappés par la censure livresque pendant plus de trois siècles qui racontent un volet dissonant et occulté de l’histoire morale et culturelle du Québec.

Aujourd’hui, je vous parle d’un ouvrage dont j’ai particulièrement aimé la lecture et qui devrait intéresser ceux qui adorent les livres. Promenade en enfer de Pierrette Lafond nous amène dans la bibliothèque historique du Séminaire de Québec, sur les traces des livres mis à l’Index. Ces livres, placés dans la section Enfer, ont été marqués par l’opprobre et interdits de lecture. 

La censure littéraire m’a toujours beaucoup intéressée, surtout que je travaille en bibliothèque. La question s’est parfois posée, en lien avec l’actualité ou avec certains questionnements de lecteurs, quant à la pertinence de la présence ou non d’un livre sur les rayons. Nous avons toujours tenté de ne pas faire de censure, de faire une place aux livres « sensibles » ou « dérangeants » au même titre que les autres. Toutefois, la question de la censure m’a toujours interpellée. C’est intéressant de découvrir pourquoi un livre fait l’actualité, pour quelles raisons on souhaite en empêcher la diffusion ou la lecture et de quelle façon on décide de s’y prendre pour contrer la durée de vie d’un ouvrage sur les rayons. Promenade en enfer nous aide à mieux comprendre la censure et son application, à travers la bibliothèque du Séminaire de Québec.

« Lorsque la Loi de l’Index fut abrogée dans les années 1960, ces ouvrages interdits de lecture ont été reclassés parmi la collection générale des bibliothèques, en conservant leurs secrets. »

Pourquoi cette bibliothèque en particulier? Parce qu’elle a une grande valeur historique puisque c’est l’une des seules qui a été conservée. Mais qu’est-ce que L’enfer? C’était une section de la bibliothèque, interdite pour le commun des mortels, qui regroupait les livres censurés et donc, interdits à la lecture. Où pouvaient bien aller ces livres que l’on ne devait pas lire? En enfer, naturellement! Ce qui est toujours étonnant, c’est que quelqu’un a dû les lire ces livres pour pouvoir les condamner. On considérait donc que certaines personnes avaient la force nécessaire et le statut pour pouvoir « encaisser » d’aussi infâmes lectures!

Cet ouvrage est abondamment illustré et il est vraiment passionnant! L’auteure parle des premiers balbutiements de la censure de façon générale, des auteurs classiques de l’Antiquité en passant par Gutenberg jusqu’à l’application de la censure de nos jours. J’ai aimé la construction de l’ouvrage qui débute avec la censure de façon générale, la création de l’Index, puis son application, essentiellement religieuse. Ensuite, l’ouvrage nous amène plus particulièrement dans l’enfer de la bibliothèque du Séminaire de Québec en nous offrant un tour d’horizon des ouvrages que l’on peut y retrouver, des raisons pour lesquelles les livres y ont été ajoutés au fil du temps, du rôle des censeurs et de la façon dont ils appliquaient la sanction. Certains titres portent des mentions de toutes sortes, allant de la cote Index à la mention Enfer. D’autres ont été largement commentés par ceux qui les ont censurés. Certains font partie de la liste officielle de Rome des ouvrages mis à l’Index alors que d’autres l’ont été suite à une sanction locale.

« Mettre un livre à l’Index signifie qu’on le retire de l’espace de lecture et qu’il devient interdit aux lecteurs, que le livre et son auteur sont soumis au jugement moral des autorités ecclésiastiques ou séculières, que le propriétaire-lecteur du livre est jugé sur sa moralité et que son droit de propriété lui est dénié. »

Il est intéressant de comprendre ce qui a pu choquer les censeurs à une certaine époque. Naturellement, tout ce qui était contraire à la religion ou qui en remettait certains aspects en question, était mis à l’Index. Certains titres se retrouvent aussi condamnés à l’enfer à cause de leurs mœurs plus légères. On y retrouve d’ailleurs un ouvrage racontant les abus subis par les religieuses dans des couvents. L’aspect plus provocateur du livre n’a naturellement pas été approuvé lors de son passage entre les mains de la censure…

De nombreuses photos de la collection sont reproduites pratiquement à toutes les pages, ce qui apporte un beau contenu visuel et nous aide à mieux comprendre toute la portée de la censure. Il est intéressant de voir les marques visibles sur les livres mis à l’Index. Comme ces ratures, ces découpages ou le caviardage de texte sensible, ces notes manuscrites et ces commentaires allant de « mauvais livre » à « bon pour brûler » qui n’est pas sans rappeler le fameux texte de Ray Bradbury, Fahrenheit 451. Un de mes livres préférés d’ailleurs. 

Il est aussi intéressant de plonger dans l’origine des livres présents dans l’Enfer de la bibliothèque du Séminaire de Québec, en découvrant les précédents propriétaires des ouvrages, lorsque c’est possible, les ex libris, le parcours du livre avant que sa vie s’arrête et qu’il soit condamné. Le livre est un objet « dangereux » du point de vue de ceux qui veulent en limiter la diffusion. Objet durable, le livre permet aux idées de circuler, d’être lues, entendues, partagées. Il permet l’argumentation et la réflexion. C’est un objet de pouvoir qu’on doit donc contrôler.

« Lire est un acte d’indépendance et de liberté. »

Il est très intéressant d’en connaître l’histoire et de découvrir pourquoi ces livres ont été interdits. Il est tout aussi intéressant de constater que certains tentaient de contrecarrer cette mise à l’Index des livres en écrivant ou en diffusant dans l’arrière-boutique de certaines librairies, de la littérature interdite. La mise à l’Index s’accompagnant souvent de mesures punitives, on retrouve quelques exemple dans cet ouvrage qui démontrent bien les effets de la censure. Pas seulement sur l’objet-livre, mais sur la diffusion du savoir, l’alphabétisation et la vie des auteurs pointés du doigt.

Vous aimez les livres? Vous êtes un grand lecteur ou vous travaillez dans le domaine des livres? Ce livre est à lire, assurément! La censure est un sujet à la fois passionnant et dérangeant. Pour en apprendre plus sur son histoire au Québec, Promenade en enfer est un très bel ouvrage à découvrir. C’est un gros coup de cœur pour moi et une de mes meilleures lectures de l’année!

Promenade en Enfer, Les livres à l’Index de la bibliothèque historique du Séminaire de Québec, Pierrette Lafond, éditions du Septentrion, 144 pages, 2019

Retour à Winterhouse Hôtel

Winterhouse Hotel 2Après des mois d’attente, Elizabeth est enfin de retour à Winterhouse Hôtel ! Elle apprend avec bonheur que Norbridge a finalement réussi à prouver qu’il est bien son grand-père, elle va donc s’établir à l’hôtel pour de bon ! Toute à sa joie de retrouver Freddy et sa bibliothèque chérie, Elizabeth n’en remarque pas moins quelques bizarreries… Qui est cette Elana qui l’assaille de questions ? Que signifient les mots gravés sur le sceau de Winterhouse Hôtel ? Pourquoi la tombe de Gracella est-elle introuvable au cimetière de la ville ? Autant de mystères à résoudre dans l’atmosphère envoûtante de Winterhouse Hôtel !

Retrouver Elizabeth, Freddy, Norbridge, Leona et tous les autres personnages a été un grand plaisir dans ce second tome se déroulant à Winterhouse Hotel. Cette série me plaît beaucoup, avec ses personnages sympathiques, son hôtel fabuleux et ses mystères à résoudre.

Ce deuxième tome reprend un peu le cadre du premier, avec des lieux similaires, une intrigue mystérieuse qu’Elizabeth et Freddy tentent de déchiffrer, des forces maléfiques et des méchants de qui on doit se méfier. C’est un peu pour tout cela que le premier tome m’avait plu, donc c’est un plaisir de replonger dans une nouvelle aventure à Winterhouse. Cette fois aussi, Elizabeth qui quitte son oncle et sa tante pour se rendre à l’hôtel, fait une détestable rencontre dans le bus la conduisant là-bas. Elle doit s’arrêter avant l’hôtel, son grand-père ayant prévu de la retrouver dans une petite ville adjacente. On sort donc un peu de Winterhouse avec cette seconde histoire, puisqu’Elizabeth se retrouvera à deux reprises dans ce village.

Elizabeth développe peu à peu ses capacités. Même si son grand-père lui a dit de faire très attention à ce qu’elle peut faire, Elizabeth a un caractère parfois bouillant et ne sait pas toujours mettre un frein à ses émotions. Elle a donc parfois de la difficulté à se contrôler et se demande également si elle est bien à sa place à Winterhouse puisqu’elle enchaîne les gaffes et qu’elle a l’impression que tout le monde la met un peu de côté. Heureusement, elle retrouve son complice et ami Freddy avec qui les choses se complique un peu quand elle lui découvre une nouvelle amie: Elana.

« Et si je ne trouvais pas ma place à Winterhouse? »

Parallèlement, ce second tome nous dévoile la présence d’un sceau aux dalles colorées, incrusté dans le plancher de marbre de l’hôtel. Le sceau constitue une énigme à lui seul qui intrigue autant Freddy qu’Elizabeth. Naturellement, les deux jeunes passionnés de codes secrets et de mystères feront tout pour tenter de le décrypter! Il y a également cette rumeur entendue au repas, concernant la présence de passages secrets dans l’hôtel. Cette conversation attise la curiosité d’Elizabeth. Encore plus lorsqu’elle réalise que quelqu’un semble rechercher ces passages cachés, dans tout l’hôtel! Quand des agressions se multiplient, les choses deviennent beaucoup plus inquiétantes. Elizabeth tente de mettre en garde son grand-père qui, à son grand désespoir, ne semble pas la prendre au sérieux!

« Le mal est une chose puissante. »

Elizabeth étant passionnée de mots, nous retrouvons toujours dans ce second tome toutes sortes de jeux de mots. Des anagrammes, comme dans le premier tome, mais également des ambigrammes, une sorte de graphie permettant une double lecture d’un mot. Elle écrit aussi toujours des listes, allant des mystères à résoudre aux lieux qu’elle souhaite revisiter au moins une seconde fois dans sa vie. Encore une fois, chacun des chapitres reprend un titre avec un jeu de mots pour nous donner un aperçu de ce qui se déroulera dans le texte qui vient. Au lecteur d’être vigilant! À noter d’ailleurs qu’à la fin du roman, on peut retrouver quelques jeux de mots à résoudre: des anagrammes et des échelles de mots. Les réponses sont disponibles un peu plus loin dans le livre.

Comme dans le premier tome, Freddy l’inventeur travaille à un projet spécial. Dans le premier tome il cherchait à réutiliser comme combustible les coques de noix de l’usine de confiseries. Dans ce second tome, il travaille sur la camera obscura, un instrument qui avait été abandonné il y a des années à l’hôtel et qui procure un véritable émerveillement chez la clientèle. Ces portions où Freddy travaille à son projet sont fascinantes.

Les livres sont toujours aussi présents dans ce tome, avec la visite d’Elizabeth dans une petite librairie nommée Harley Dimlow & Sons et son travail comme aspirante bibliothécaire dans la fabuleuse bibliothèque de Winterhouse. La description des lieux donne d’ailleurs envie de bouquiner, simplement en lisant les descriptions. J’adore cette atmosphère si particulière de Winterhouse. Les lieux sont aussi intéressants que l’intrigue du roman.

Cette seconde aventure se déroule pendant les vacances de Noël. Contrairement au premier tome cependant, ce n’est pas un livre vraiment axé sur Noël. Il y a quelques allusions à un souper festif, mais l’ambiance est beaucoup plus hivernale et enneigée. Les très belles illustrations du roman sont de Chloe Bristol. Je les adore. Elle réussit à rendre parfaitement l’atmosphère à la fois grandiose, mystérieuse et feutrée de Winterhouse. C’est un plaisir de les découvrir.

Une très bonne lecture donc! Le tome 3 devrait normalement paraître en avril. J’ai très hâte! Il devrait se dérouler au printemps, lors du séjour de Freddy à Winterhouse pour Pâques. Vivement!

Mon avis sur le premier tome de la série: Winterhouse Hotel.

Retour à Winterhouse Hôtel, Ben Guterson & Chloe Bristol, éditions Albin Michel, 464 pages, 2019

Winterhouse Hotel

Winterhouse HotelQuelques dollars dans une enveloppe, un ticket de bus et une adresse : c’est ce que trouve Elizabeth Sommers devant sa porte close en rentrant de l’école, à la veille des vacances de Noël. Son oncle et sa tante sont partis pour trois semaines, et elle doit rejoindre Winterhouse Hôtel, où une chambre l’attend. Surprise ! Loin de la pension miteuse qu’elle imaginait, Winterhouse Hôtel est un manoir fascinant, tout droit sorti d’un film de Wes Anderson. Cerise sur le gâteau, elle y rencontre Fred, un garçon de son âge, qui comme elle est passionné de livres, d’énigmes et de jeux de mots. Tant mieux, car les mystères, codes et autres bizarreries ne manquent pas à Winterhouse, et ces vacances promettent d’être palpitantes !

Je voulais lire Winterhouse Hotel depuis un bon moment. La couverture du livre est superbe, le résumé est mystérieux et attirant, le livre se passe l’hiver à la veille des vacances de Noël et c’est un gros roman avec des illustrations. Il a tout pour plaire. Ce fut d’ailleurs une excellente lecture. Je suis bien contente d’avoir le tome 2 sous la main et pouvoir m’y plonger très bientôt. La saison se prête vraiment bien à la découverte de ce roman.

Winterhouse Hotel met en scène une héroïne forte et courageuse, curieuse et brillante. Orpheline, élevée par son oncle et sa tante qui ne sont pas les personnes les plus agréables de la Terre, Elizabeth se retrouve à la porte de chez eux à l’approche de Noël, avec un billet de train et très peu de bagages. Ils se débarrassent d’elle pour le temps des Fêtes. Elle doit se rendre à Winterhouse Hotel, sans savoir réellement où elle va. Arrivée sur place l’attend une surprise de taille: l’hôtel est magnifique, majestueux, intéressant et très prometteur!

Winterhouse Hotel est pratiquement un personnage à part entière dans l’histoire. C’est un lieu qu’on imagine imposant et chaleureux à la fois. Où l’on peut pratiquer toutes sortes de sports d’hiver et d’activités. Il y a souvent des expositions et des conférences offertes aux résidents de l’hôtel: sur Ernest Shackleton ou Lewis et Clark, entre autres. Les lieux ont une riche histoire, qui nous est présentée à travers les découvertes que fait Elizabeth de la famille Falls. Il y a une galerie de portraits à l’hôtel et plusieurs faits intéressants sur les membres de cette famille. Les femmes vivent presque toutes jusqu’à cent ans et un étrange mystère à propos d’un tableau pousse la jeune fille à enquêter. À l’hôtel, c’est l’un des membres et propriétaire des lieux qui l’accueille: Norbridge Falls. Un homme charmant, mais mystérieux qui semble bien cacher quelque chose… Tout comme cet étrange couple qui trimbale une grosse malle et ne cesse d’observer Elizabeth…

« Décidément, cet endroit ne manque pas d’intérêt! »

Winterhouse Hotel c’est un endroit magique et étonnant, qui contient une immense bibliothèque, une table avec un casse-tête de trente-cinq mille pièces, d’étranges portraits de famille, des invités qui reviennent année après année, un livre magique, des codes secrets, des mystères à résoudre et beaucoup de jeux de mots. Elizabeth est une grande lectrice. Elle apporte dans son sac Anne la maison aux pignons verts, adore Les royaumes du Nord et découvre à l’hôtel Le vent dans les saules. C’est une solitaire, une championne de casse-têtes et de mots croisés. C’est une spécialiste des listes: elle en fait tout le temps. Elle aime résoudre des énigmes.

À l’hôtel elle va rencontrer son double (en moins téméraire): Freddy. Un garçon tout aussi passionné de mots qu’elle, un jeune inventeur brillant avec qui elle va partager sa passion des anagrammes. Le livre en est d’ailleurs rempli. Chaque chapitre débute par un anagramme qui est en lien étroit avec le thème du chapitre qui vient. Elizabeth est le genre de personnage qu’on apprécie tout de suite. Elle est fonceuse, curieuse, elle aime passionnément les livres, les histoires et les mystères. Il lui arrive, parfois, de voler des livres quand c’est nécessaire, même si elle n’en est pas fière. Sa découverte d’un étrange ouvrage (Un guide à l’intention des enfants) l’amènera à vivre de nombreuses aventures! Son séjour à Winterhouse Hotel sera pour elle l’occasion d’apprendre de nombreuses choses sur elle-même et de résoudre des énigmes.

« Il faut que vous soyez très prudents à Winterhouse. »

Malgré tout, Winterhouse est un endroit spécial. Les gens qui y vont en reparte avec quelque chose de plus. Leur séjour les aide à renouer avec un sentiment de bien-être, à donner du sens à leur existence. Du moins c’est ce qu’évoque une certaine légende…

Le roman de Ben Guterson illustré par Chloe Bristol est définitivement le genre de livre qui m’aurait plu adolescente. C’est un roman très sympathique, rempli de personnages étranges, de codes à déchiffrer et d’enquêtes à mener. C’est une histoire d’amitié, de jeux de mots, d’une mystérieuse famille, de vol de livres et de lieux magiques. Le tout, en pleine période de Noël, sous la neige. Avec l’intrigue offerte dans ce livre et la fin de ce premier tome, j’ai très hâte de découvrir le second!

Winterhouse Hotel, Ben Guterson & Chloe Bristol, éditions Albin Michel, 448 pages, 2018