L’invention de la littérature québécoise au XIXe siècle

Du premier roman, L’Influence d’un livre, en 1837 jusqu’à l’internement d’Émile Nelligan en 1899, le XIXe siècle est d’une effervescence exceptionnelle. Claude La Charité évoque les artisans hauts en couleur de cette nouvelle littérature, entre originaux et détraqués: poseur de bombe puante, notaire en pantoufles, patriote enragé, abbé voyageur, shérif hors-la-loi, sosie de Victor Hugo, romancière en eaux troubles et génie précoce.

J’ai adoré L’invention de la littérature québécoise au XIXe siècle de Claude La Charité. C’est une lecture vraiment très intéressante et très accessible aussi. Même si vous n’êtes pas familiers avec les fondations de la littérature québécoise, ce livre se dévore comme un roman. Il nous raconte une foule de choses passionnantes sur ces auteurs choisis et leurs œuvres. Ça m’a donné envie de lire et relire de nombreux auteurs fondateurs de notre littérature. 

L’auteur nous offre, en quatre parties, une introduction éclairante sur les débuts de notre littérature. Et c’est passionnant! L’auteur nous amène sur les traces de Philippe Aubert de Gaspé père et fils, Patrice Lacombe, l’abbé Casgrain, Joseph-Charles Taché, Louis Fréchette, Laure Conan et Émile Nelligan. Il trace le portrait de chaque écrivain, de l’importance de son œuvre, il la replace dans son contexte historique et nous parle également de l’héritage laissé par ces pionniers de la littérature, dans la culture, mais aussi dans la toponymie. Naturellement, les choix qui sont faits ici, sont clairement expliqués en début d’ouvrage et n’aspirent pas à être exhaustifs. 

Le livre est truffé d’anecdotes vraiment très intéressantes. Saviez-vous par exemple que c’est un abbé qui a été le premier critique littéraire québécois et qu’il a sans doute été l’écrivain le plus prolifique de son temps? Que c’est à Taché que l’on doit une partie de notre toponymie puisqu’il a contribué à diffuser dans son livre, tout un vocabulaire en lien avec la foresterie et les bûcherons? Que Laure Conan a été la première écrivaine québécoise à vivre de sa plume et à remporter le prix de l’Académie française?

Chaque chapitre du livre se termine par une section « suggestions de lecture ». J’ai noté une foule de titres et je compte bien me faire une liste et en lire un de temps en temps. C’est d’ailleurs un des gros points forts du livre de Claude La Charité: il a un talent certain pour nous donner envie de TOUT lire. J’adore quand un ouvrage nous amène à en découvrir d’autres. 

J’ai passé un excellent moment avec cet ouvrage. Il est court (moins de 160 pages) mais offre une excellente introduction qui donne assurément envie de se pencher sur les débuts de notre littérature. Je ne peux que vous le conseiller!

L’invention de la littérature québécoise au XIXe siècle, Claude La Charité, éditions du Septentrion, 162 pages, 2021

Album Falardeau

Manon Leriche et Jules Falardeau ont écumé leurs riches archives, offrant aux lecteurs un accès unique à l’œuvre du Pierre Falardeau photographe, documentariste, auteur, cinéaste, mais aussi à l’intimité du voyageur, du militant, de l’ami, du conjoint et du père qu’il a été. De son enfance jusqu’à ses derniers moments, l’Album Falardeau raconte le destin d’un homme libre.

J’ai été tellement heureux de recevoir ce livre! Pierre Falardeau a toujours été quelqu’un pour qui j’avais beaucoup d’admiration. Son travail, ses écrits et sa pensée en font un grand homme qui a beaucoup fait pour le Québec. Les combats qu’il menait, pour lesquels il se battait, les choses auxquelles il croyait, comme québécois, je me suis toujours reconnu dans ce qu’il faisait. J’ai toujours appuyé les causes pour lesquelles il se battait. Un homme qui s’est dédié à la nation québécoise, qui n’a pas oublié notre histoire, qui a toujours perçu les injustices auxquelles on était confrontés. Il aspirait à ce que nous soyons un peuple fort et libre. 

« En 2011, près de deux ans après sa mort, lors de la visite du prince William, les militants du RRQ qui avaient lutté aux côtés de Pierre, ont réussi un coup magnifique. Les services de sécurité canadiens avaient pensé à tout pour sécuriser le périmètre et empêcher que son Altesse Royale ne soit importunée par les culs-terreux de la Province of Quebec. Mais ils n’avaient pas pensé au ciel. Un avion avait défilé au-dessus du couple princier en tirant le slogan « Vive le Québec libre ». Une action d’éclat qui a eu un écho dans plusieurs journaux un peu partout dans le monde. »

Cet album est un vrai bijou. Le travail fait par Manon Leriche et Jules Falardeau est fantastique. Le livre nous fait découvrir l’homme, le cinéaste, le conjoint, le père de famille, l’ami, le collègue, le sportif et le militant qu’était Pierre Falardeau. On découvre sa façon de travailler, ses combats, ses sources d’inspiration, son côté humain et passionné. L’ouvrage regroupe autant des souvenirs que des textes écrits par Pierre Falardeau lui-même. Les auteurs mettent en lumière des mots que Pierre Falardeau a déjà dit. Pour mieux comprendre le colonialisme, il a visité certains pays qui ont vécu des épisodes de colonisation et d’assimilation, il a passé du temps avec des peuples autochtones, toujours avec le sentiment d’un lien profond entre eux et nous, via les cicatrices laissées par le colonialisme. 

À travers les mots de sa femme et son fils, on apprend beaucoup de choses sur la personnalité de Pierre Falardeau, sur l’homme qu’il était en privé, avec sa famille, ses amis, les acteurs qu’il côtoyait, son travail. On voit un côté très humain et sympathique. C’était un grand homme qu’on découvre encore plus dans ce livre.  On apprend des côtés de lui qu’on ne connaissait pas du tout. On découvre la façon dont il travaillait, sa façon de choisir ses comédiens, de travailler ses textes, les revers qu’il a dû essuyer au fil du temps par la censure et les fonds refusés pour ses films.

« Moi, j’ai pas besoin des médailles du gouverneur général ou du Conseil des arts pour me donner des frissons. Des médailles, j’en ai tous les jours sur la rue quand le monde m’envoie la main en criant: « Lâche pas, Falardeau! » Mon p’tit art à moi, y est au service de ce monde-là. »

Sa plume et sa caméra étaient les armes qu’il utilisait pour bousculer les idées et faire valoir ce en quoi il croyait. Tous les films qu’il a pu produire sont décryptés dans cet album. On apprend alors tout le travail qu’il y a derrière la production, mais aussi son désir de transmettre son art: je pense par exemple aux moments passés avec les inuits pour leur apprendre la vidéo ou à son goût des voyages et de la découverte. 

Pierre Falardeau m’a toujours donné une impression sympathique, proche du peuple, proche des gens normaux. Sans faux semblants. C’était un homme vrai. Avec ce livre, j’ai découvert le sportif en lui, son amour de la nature. Ses convictions ont toujours été sa priorité, bien au-delà de l’argent. Il voulait pour le Québec une nation libre. Des valeurs que je partage et qui me touchent beaucoup.

Au-delà du cinéaste, Pierre Falardeau était un grand écrivain et un grand penseur. L’album reproduit plusieurs extraits de ses livres, pour mettre en lumière sa pensée. On y retrouve énormément de photos prises tout au long de sa vie. De sa jeunesse, où il était déjà ami avec Julien Poulin, à ses dernières randonnées quelque temps avant son décès, les photos sont à la fois amusantes, émouvantes et très belles. Ce projet est une façon magnifique de rendre hommage à l’homme qu’était Pierre Falardeau. 

Dans l’ouvrage on retrouve des témoignages de gens qui ont travaillé avec lui. Une belle façon de mettre en lumière des anecdotes qu’on ne connaissaient pas et de donner une dimension différente au personnage public qu’était Falardeau. On découvre également ses sources d’inspiration, les gens qu’il admirait et les pensées auxquelles il adhérait. Un homme intègre, dont le combat fut l’histoire de toute sa vie, une bataille au quotidien, tant par son travail au cinéma, que son écriture ou ses actions comme militant. Cet album me donne envie de découvrir les œuvres que je ne connais pas encore de lui. Certains films, certains livres. Pour avoir toujours poussé pour faire valoir ses idées et ses films, c’était un homme avec un grand courage, une très grande force mentale. Un homme travaillant, amoureux de la nature, avec qui je me découvre de nombreux points commun. 

Ce livre a été plus qu’un coup de cœur pour moi. Un véritable bijou qui permet de découvrir l’homme, son travail et ses convictions. Un livre très riche en informations, en anecdotes, en photos. Visuellement, c’est un ouvrage vraiment intéressant à découvrir, touchant aussi quand on tombe sur une image très personnelle, où l’on sent la passion qui animait Falardeau. La fin est très émouvante et m’a énormément touché. Un homme qui savait nourrir à la fois ses combats et son travail, ainsi que sa vie personnelle et son âme. Vraiment, un fabuleux portrait. Un homme qui a laissé un très bel héritage aux québécois.

Album Falardeau est un livre qui aura une place spéciale dans ma bibliothèque. Une lecture que je recommande à tous les québécois, peu importe leurs origines, parce qu’un peuple doit savoir d’où il vient. Un peuple qui ne connaît pas les combats qui l’ont précédé et ses combattants, est un peuple qui ne sait pas où il va. 

« Un peuple minorisé peut être plus ou moins bien annexé, plus ou moins bien exploité, plus ou moins bien opprimé, plus ou moins bien entretenu. Ce plus ou moins ne change rien à la réalité de l’oppression, de l’exploitation et de la soumission. Je refuse ces échelles de la souffrance qui accorderaient la liberté au peuple palestinien ou au peuple tibétain et la refuseraient au peuple québécois ou au peuple basque sous prétexte que ces derniers souffriraient moins. Une chaîne en fer, en argent ou en or est toujours une chaîne. N’importe quel animal sauvage comprend ça d’instinct. Pourtant, il existe des sous-hommes toujours prêts à crier: « Vive nos chaînes! » « 

Un ouvrage riche en informations, en anecdotes, en photos et en documents. J’ai été ému à de nombreux moments pendant ma lecture. C’est un livre qui a su venir me chercher énormément. Un ouvrage que je ne peux que vous recommander. C’est un vibrant hommage à un homme authentique, qui croyait profondément à la liberté.

Album Falardeau – Nous aurons toute la mort pour dormir, Manon Leriche, Jules Falardeau, éditions VLB, 304 pages, 2021

Atuk, elle et nous

« Michel, l’indien, tu l’as en toi. »

Elle a prononcé ces mots dans un murmure, comme une confidence. Comme on dit un secret. Jeannette, fille d’Almanda et de Thomas Siméon, parlait peu de ses origines innues. Pourtant, cette femme toujours vêtue et coiffée avec soin a vécu le quotidien des chasseurs de la forêt boréale jusqu’à sa rencontre avec celui qui allait transformer son existence. Dans Atuk, elle et nous, une grand-mère et son petit-fils remontent les sentiers de leurs parcours respectifs. Les chemins se croisent, tressant peu à peu le portrait d’un monde d’ombres et de lumière. 

Je découvre la plume de Michel Jean dont j’entends le plus grand bien depuis un bon moment. J’avais envie de commencer par Atuk, qui raconte la belle histoire de la grand-maman de l’auteur. J’étais certaine d’aimer, mais j’ai été surprise d’apprécier autant. Ce livre a été un très gros coup de cœur pour moi. L’histoire est passionnante, la plume est belle et délicate et j’ai souvent été très émue par le texte. Parfois, parce que c’était beau sans bon sens, parfois parce que c’était très émouvant.  

Le roman raconte l’histoire de Jeannette, la grand-mère de Michel Jean. Les chapitres alternent entre «Elle» (Jeannette) et «Lui»(Michel) et racontent le parcours de toute une vie, ainsi que de l’héritage laissé par une aïeule que les plus jeunes n’ont pas forcément bien connue. Il y a une part de l’histoire de Jeannette qui est restée dans l’ombre.

« Dans cet ultime instant, alors qu’elle offre encore son visage aux siens, Jeannette Siméon rassemble une dernière fois autour d’elle les deux hémisphères de sa vie et deux mondes. Pourquoi le destin nous a-t-il placés, nous, ses enfants, de ce côté-ci? Et pas dans celui où elle a grandi? Qu’est-ce qui a provoqué cette fracture? Quel événement l’a fait dévier de la voie qui lui était destinée, de cette voie que le reste de sa famille a suivie? »

Dans les chapitres consacrés à «Elle», on découvre la vie traditionnelle innue de Jeannette, son enfance passée dans les bois ou au bord du lac. C’est une vie au grand air, avec une bonne part de nomadisme et de vie dans la nature. Dès que l’hiver arrive Jeannette et sa famille quitte leur campement d’été pour retrouver leurs territoires de chasse. Des territoires qui, aujourd’hui, ont été déboisés. On suit la vie de cette jeune fille, qui connaît la dureté de la vie au grand air en hiver et les coutumes de sa propre famille. Quand elle découvre certains secrets et qu’elle tombe par la suite amoureuse, elle devra faire des choix déchirants qui auront une grande influence sur sa vie et sur ses descendants.

Les chapitres consacrés à «Lui» parlent de Michel et de sa relation avec sa grand-mère. Nous la découvrons à travers ses yeux. Aujourd’hui, alors qu’elle est décédée, il aurait tant de questions à lui poser! Des questionnements sur son identité et sur la part d’autochtone en lui, qui resteront sans réponse. Ces passages sont aussi l’occasion pour l’auteur de s’interroger sur sa famille, sur son héritage autochtone et la façon dont il a été perçu à travers les années, de l’école de son enfance jusqu’aux rencontres qu’il a pu faire lors de son travail comme journaliste. Il y a de belles réflexions sur la vie autochtone, sur la perception des différents peuples, sur l’identité et sur le statut octroyé par le gouvernement. 

« Il est difficile de se reconnaître chez les autres et de déterminer sa place quand on n’arrive pas à définir sa propre identité. »

Ce livre est magnifique à tous points de vue. L’écriture est belle et les réflexions sont essentielles. C’est un récit personnel et intime, qui m’a vraiment fait vibrée. J’ai savouré chaque mot de cette histoire, pleine d’un grand héritage familial. J’ai tellement aimé découvrir la vie de Jeannette, une femme forte et une vie pleine de moments passés dans la nature. J’ai trouvé touchantes les réflexions sur les choix de vie, le tiraillement entre la culture des Blancs et celle des autochtones.

Atuk, elle et nous est un livre qui m’a profondément émue. Un texte merveilleux sur l’amour, la famille, la filiation, l’héritage de ceux qui nous ont précédés.

« Parfois, la vie offre des hasards aussi improbables que merveilleux. »

Un coup de cœur, porté par une très belle plume. Un texte délicat et magnifique, à lire assurément!

Atuk, elle et nous, Michel Jean, éditions Libre Expression, 232 pages, 2021

Alfred Hitchcock t.1: L’Homme de Londres

En 1960, le film Psychose traumatise des spectateurs du monde entier. Jamais l’angoisse ni le suspense n’avaient été aussi bien mis en scène au cinéma. Mais d’où vient le talent de cet Alfred Hitchcock, celui que l’on surnomme désormais le « cinéaste de la peur » ? Pour le savoir, il faut d’abord remonter à sa jeunesse, en Angleterre, pendant la première moitié du XXe siècle. Ayant grandi dans une famille catholique – une originalité religieuse qui se ressentira dans une grande partie de son cinéma –, « Hitch » est un anglais atypique qui, très tôt, a le goût de raconter des histoires. La tentation de travailler pour le cinéma ne se fera pas attendre, d’abord comme graphiste aux studios Islington de Londres où son talent visuel l’amènera à faire ses débuts derrière la caméra, comme assistant puis comme metteur en scène complet. C’est également ici qu’il fera la rencontre d’Alma Reville, son assistante et épouse qui l’accompagnera toute sa carrière.

J’étais très impatiente de découvrir cette bande dessinée et j’ai adoré la façon dont les auteurs ont choisi de traiter leur sujet, Alfred Hitchcock. Je suis une grande fan de ce réalisateur que j’ai découvert il y a des années, à l’adolescence. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main qui parlait de lui ou de ses films: biographies, entretiens, livres dérivés, livres adaptés, articles, sa série Alfred Hitchcock présente, etc.

Alfred Hitchcock est un projet en deux tomes. Le premier, L’homme de Londres, afin d’aborder la période anglaise du cinéaste. Le deuxième tome qui est toujours à paraître ici et qui s’intitulera Le maître de l’angoisse, abordera pour sa part la période américaine.

Au début de l’ouvrage, il y a une mise en garde. L’histoire conserve, pour le fond, la trame biographique d’Hitchcock, mais prend des libertés du point de vue des réactions, des dialogues et de certains comportements des protagonistes. Il s’agit d’une œuvre de fiction et non pas d’une biographie. Toutefois, je dois avouer que j’ai eu l’impression de retrouver dans cette bande dessinée, l’esprit d’Alfred Hitchcock, en lien avec tout ce que j’ai pu lire sur lui. Son flegme légendaire et sa façon de faire des blagues souvent douteuses teintées d’humour noir, sorte de remède à sa timidité, m’ont rappelé ce qui me plaisait de ce personnage.

« Disons que je suis un artiste qui peint toujours la même fleur, mais chaque fois un peu mieux. »

Dans ce premier tome, on retrouve les débuts d’Hitchcock. C’est lui qui raconte à Cary Grant et Grace Kelly son parcours cinématographique. Tout d’abord son enfance et ce qui l’a marqué (comme ses premières expériences avec la peur qui vont façonner toute son œuvre). On le voit faire ses premiers pas dans le monde du cinéma, son envie folle d’apprendre et de partager ses idées. Il y a aussi toutes ses apparitions dans ses propres œuvres, largement critiquées, qui sont devenues au fil du temps une vraie spécialité pour le réalisateur. Ou comme le fait qu’il ait signé le premier film anglais parlant.

Hitchcock était tout un personnage. On le voit mener sa carrière de front et sa vie de famille. Toujours proche de son épouse avec qui il travaille régulièrement, ils font ensuite le projet de quitter l’Angleterre et de partir pour les États-Unis.

Le ton de la bande dessinée est vraiment agréable. Les dialogues sont savoureux, souvent avec beaucoup d’humour. Hitchcock sait être drôle sans vraiment en donner l’impression. Ses réparties sont amusantes, même s’il n’était pas toujours tendre avec ses acteurs ou collègues de plateaux de tournage.

« – Je sais que pour vous, ce film n’est pas une partie de plaisir.
– Je me console en pensant que je fais tout pour qu’il ne le soit pour personne. »

J’ai passé un très bon moment en compagnie d’Hitchcock dans cette bande dessinée. Le travail des auteurs est excellent, c’est un véritable plaisir de lecture, surtout si on connaît un peu Hitchcock, son travail et sa façon d’être. La bd est complétée par la filmographie d’Hitchcock, la liste de ses projets abandonnés et ses apparitions au cinéma. Une lecture que j’ai adoré!

Je vous laisse sur cette belle citation, que je trouve particulièrement parlante:

« La vie, ce n’est pas seulement respirer. C’est aussi avoir le souffle coupé. »

Si vous vous intéressez à Alfred Hitchcock, n’hésitez surtout pas! Cette bande dessinée est excellente, autant dans la forme que dans le fond. Une très bonne lecture. J’ai très hâte de découvrir la suite.

Alfred Hitchcock t.1: L’Homme de Londres, Noël Simsolo & Dominique Hé, éditions Glénat, 151 pages, 2019

Le Rival de Darwin

Tout le monde connaît Charles Darwin, le célèbre naturaliste qui élabora la théorie de l’évolution. Mais qu’en est-il d’Alfred Russel Wallace, ami et rival de Darwin, qui découvrit au même moment le concept de la sélection naturelle? Ce livre somptueusement illustré narre l’histoire de Wallace, de ses modestes débuts à ses expéditions et aventures en Amazonie et au sein de l’archipel malais, et comment il fut un immense contributeur à l’une des plus grandes découvertes scientifiques de l’histoire.

C’est en lisant Le dernier caribou que j’ai eu envie d’en savoir plus sur Alfred Russel Wallace, cet explorateur, biologiste et anthropologue. Malgré tout ce qu’il a apporté à la science, l’histoire a plutôt choisie de garder le nom de Darwin plutôt que celui de Wallace en lien avec la théorie de l’évolution. Pourquoi? Cet album documentaire était donc tout trouvé pour aborder le sujet, suivre Wallace dans ses expériences, ses recherches et ses expéditions, et en apprendre plus sur tout le travail qui a été fait par les deux hommes pour élaborer l’une des théories les plus célèbre: celle de l’évolution des espèces.

Le livre de Christiane Dorion est vraiment très intéressant. C’est un album documentaire à la couverture cartonnée et aux pages merveilleusement illustrées par Harry Tennant. On y retrouve des cartes dessinées des explorations de Wallace, des extraits de lettres, des images d’insectes, d’animaux et bien d’autres. Les adultes trouveront aussi leur compte en lisant ce livre jeunesse, puisque le documentaire est aussi intéressant à lire qu’à regarder.

On apprend quel genre de petit garçon était Wallace et pourquoi il a choisi de partir en exploration dans des contrées peu visitées et mal connues. Le livre raconte ses expéditions au fil des ans, son travail pour récolter différentes espèces afin de financer ses voyages et d’acquérir des connaissances sur les espèces et leur environnement. Contrairement à plusieurs aventuriers de l’époque, Wallace n’est pas issu de la bourgeoisie. Personne ne finance ses expéditions et il doit travailler pour trouver l’argent pour poursuivre son travail. On apprend également de quelle façon la route de Wallace croisera celle de Darwin, jusqu’à ce qu’une correspondance et une amitié se noue entre les deux hommes.

« Tous les ouvrages d’histoire naturelle regorgent de détails sur la merveilleuse adaptation des animaux à leur nourriture, à leurs mœurs et aux milieux dans lesquels ils vivent. Mais les naturalistes commencent à regarder au-delà et à penser qu’il doit exister un autre principe qui contrôle les formes infiniment variées de la vie animale. »

On connaît bien Darwin et sa théorie de l’évolution, mais on connaît très peu Alfred Russel Wallace, un naturaliste et explorateur, modeste et autodidacte, qui est tout autant à la base de la théorie de l’évolution que Darwin. Il est bien intéressant de découvrir son parcours.

L’ouvrage est un beau survol de ce que le travail scientifique remarquable de Wallace a apporté au monde. Ça donne envie d’en savoir encore plus!

Le Rival de Darwin. Alfred Russel Wallace et la théorie de l’évolution, Christiane Dorion, illustration de Harry Tennant, éditions Delachaux et Niestlé, 64 pages, 2020