Waluk t.2: La route du grand chien

Alors que Valkia est partie chasser, Waluk et Esquimo veillent sur ses petits et ils s’aperçoivent bien vite que s’occuper d’oursons n’est pas de tout repos ! Nos amis croisent sur leur chemin un navire gigantesque qui se fraie un passage entre les blocs de glace, laissant dans son sillage une traînée noire et nauséabonde. Heurtant accidentellement la banquise, le navire abandonne derrière lui un étrange conteneur. De quoi exciter la curiosité des ours, et surtout des aventureux oursons… Pendant ce temps, les chiens du campement sont confrontés à de graves problèmes. Alertés, Waluk et Esquimo décident de leur venir en aide. Ils ne seront pas les seuls à protéger les chiens des humains cupides : un puissant allié surgit… le Grand Tuhis !

La route du grand chien est une très jolie suite au premier tome de Waluk, une bande dessinée en deux parties. Dans ce second livre, Waluk et son vieil ami Eskimo auront à surveiller les oursons de Valkis, pendant que de nouvelles aventures s’annoncent pour sauver un groupe de chien de traineaux qui est en danger. Uhuapeu, la chouette, viendra aussi réclamer de l’aide à nos deux ours.

« La frustration, le découragement et les envies de meurtre se bousculaient dans la tête de Castor. Seul lui importait l’argent et il n’appréciait rien, si ce n’est ses fusils et sa nouvelle motoneige. »

Cette fois, les auteurs nous présentent une histoire basée sur la camaraderie et l’entraide, qui amèneront nos combattants à affronter l’Homme pour ainsi éviter une tragédie. L’être humain n’est pas toujours bien représenté dans la bande dessinée, mais comme dans tous les domaines, les animaux nuancent aussi leurs propos selon l’expérience qu’ils en ont. C’est intéressant de voir des animaux poser leur regard sur l’Homme et c’est ce qui est agréable dans cette bande dessinée. Cette façon de montrer une vision que les animaux pourraient avoir de nous.

« Les humains! Ils étaient si insignifiants aux yeux de Valkia! Ils avaient toujours l’air d’être ailleurs, incapable de respecter la Terre qui les nourrissait ou de respirer la brise qui leur apportait une multitude d’odeurs… On aurait dit que leur unique désir était de s’entourer de choses non comestibles et malodorantes. Valkia était chaque jour plus fière d’être une ourse! »

Cette très belle bande dessinée est l’occasion d’aborder des thèmes comme l’amitié, l’entraide et l’écologie. Il s’agit véritablement d’une bande dessinée familiale, qu’on peut lire à tout âge, au dessin vraiment très beau. Cette histoire d’animaux qui parle énormément d’écologie et de l’empreinte de l’homme sur son environnement, devrait plaire à un large public.

Tout comme dans le premier tome, j’ai adoré les dessins colorés et attachants de Ana Miralles qui sont d’une grande beauté et très représentatifs du texte et du message véhiculé. Les animaux de l’Arctique et l’écologie des lieux m’ont naturellement beaucoup interpellé. Avec cette histoire en deux tomes, les auteurs dénoncent l’insouciance de l’être humain face à la nature, ce qui a des conséquences directes sur les animaux, qui doivent travailler deux fois plus pour manger et survivre. Étant très proche de la nature, les sujets abordés m’ont beaucoup touché. 

Un texte pour tous, avec un message fort, qui cherche à dénoncer la cruauté et le non-respect de l’homme face à la faune et aux animaux. C’est une bonne façon de sensibiliser les plus jeunes (et les moins jeunes) à prendre conscience de leur environnement et à le protéger, afin que l’équilibre soit préservé dans le futur, pour un avenir un peu plus heureux pour tous. Le format en bande dessinée est intéressant à ce niveau, surtout que les illustrations sont vraiment magnifiques. 

Une lecture que j’ai adoré!

Mon avis sur le premier tome, La grande traversée.

Waluk t.2: La route du grand chien, Emilio Ruiz, Ana Miralles, éditions Dargaud, 48 pages, 2020

Misfit City t.2

Wilder, Macy, Dot, Karma et Ed recherchent toujours le trésor dissimulé de la célèbre pirate Black Mary, et découvrent les secrets cachés de leur paisible ville. La tension est à son maximum et les effluves de la mer se manifestent… Les filles vont devoir rester soudées pour éviter les Denby et Horace Shipp (sans mentionner la mère-shérif de Wilder qui devient de plus en plus suspicieuse) et sortir de ce pétrin sans passer au supplice de la planche !

J’avais très hâte de lire ce second tome de l’histoire de Misfit City, Nous retrouvons le groupe de fille à Cannon Cove, un lieu connu pour le tournage d’un film culte et qui regorge d’histoires de pirates. Après avoir été sur les traces d’un véritable trésor, la découverte que les filles font est étonnante. L’aventure les amène encore plus loin sur les traces de Black Mary, la célèbre pirate. Contrebande, légendes, repaire secret, cette série est intéressante à plusieurs niveaux. Elle reprend les codes du genre, nous convie à une chasse aux trésors, les dialogues sont souvent amusants et font référence à la culture populaire. Les personnages féminins sont forts, amusants, simples et uniques à la fois. Ce sont des héroïnes vraiment intéressantes à suivre, toutes bien différentes. En mettant leurs forces en commun elles vivent une histoire incroyable.

« Chaque fois que je me dis que c’est une mauvaise idée, la situation s’aggrave dans les cinq secondes qui suivent. »

J’aime toujours beaucoup l’univers de cette bande dessinée qui nous plonge vraiment dans une chasse au trésor inspirée des légendes de marins et de pirates. L’histoire met en lumière le portrait d’une femme pirate et un groupe de filles aventureuses et courageuses. C’est agréable de retrouver dans une bande dessinée ce genre de personnages. On voit certaines préoccupations des adolescentes, mais l’essentiel de l’histoire est véritablement l’aventure et la recherche de la vérité et du trésor à partir de légendes. J’ai aimé que les auteurs se concentrent justement sur ce qui est le plus intéressant. Une partie de l’histoire de ce second tome se déroule aussi à l’Halloween, ce qui n’est pas pour me déplaire.

J’avais adoré le premier tome de Misfit City, qui mettait en place de belle façon cette histoire de chasse au trésor. Le second tome est assurément dans la même veine, même si la fin est un peu précipitée. Les auteurs nous laissent aussi sur une porte entrouverte. L’histoire a une vraie fin en elle-même, mais le mot « fin? » suivi d’un point d’interrogation à la dernière page, laisse planer une possible suite éventuellement. Ce qui serait bien, naturellement, puisque les personnages sont attachants et l’intrigue, bien construite. J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Wilder, Macy, Dot, Karma et Ed sur les traces de la pirate Black Mary.

La bande dessinée est complétée par des notes en fin de volume, une entrevue avec les auteurs sur les origines de Misfit City, ainsi qu’une galerie de couvertures. J’ai apprécié également que les auteurs misent sur la diversité avec leurs personnages, tant sur le plan physique que psychologique. 

Une excellente histoire, si vous aimez les légendes de pirates et les personnages féminins forts qui n’hésitent pas à foncer, explorer et aller à contre-courant. Une belle découverte!

Misfit City t.2, Kirsten Smith, Kurt Lustgarten, Naomi Franquiz, éditions Kinaye, 112 pages, 2020

Waluk t.1: La Grande Traversée

Abandonné par sa mère, le petit ourson polaire Waluk doit apprendre à survivre seul. Ses premières expériences sont difficiles dans ce milieu hostile où la nourriture se raréfie. Heureusement, le vieil ours Esquimo va lui enseigner son savoir. Il parviendra peut-être à faire de lui le successeur du légendaire Nanuq, l’ours le plus fort de tous… dont la mission est de sauver les ours de leur plus terrible ennemi : l’Homme !

Cette bande dessinée m’a tout de suite attiré. Le dessin est très beau, hivernal et aux coloris très doux. J’adore les ours polaires et j’avais l’impression que j’adorerais cette bande dessinée, même si elle est destinée à un public jeunesse. J’ai effectivement adoré cette lecture et j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l’histoire de Waluk. C’est une belle fable animalière portée par des dessins magnifiques, doux et colorés. Malgré tout, l’histoire n’est pas trop enfantine car la vie des ours polaires n’est pas rose tous les jours. Le propos est très intéressant et on apprend beaucoup de choses sur la façon dont les ours polaires vivent. 

L’histoire commence alors que Waluk est seul et qu’il fait la connaissance d’Esquimo. Le vieil ours commence à être âgé, il voit moins bien, entend moins bien et perd un peu l’odorat. Il a besoin d’un coup de main, qu’il retrouvera chez Waluk, qui est jeune et en forme. Le jeune ours va profiter du savoir du vieil ours en lui permettant de mettre à profit ses propres facultés afin qu’ils puissent s’entraider et survivre ensemble. Esquimo prépare l’apprentissage de Waluk qui doit apprendre à chasser, à manger seul et à se déplacer. Ce qui est intéressant c’est qu’on apprend en même temps que Waluk la façon dont les ours vivent sur la banquise, dans un milieu de plus en plus difficile à cause des changements climatiques et de la présence de l’Homme qui est, pour l’ours, une menace. L’histoire raconte également une belle légende, vraiment intéressante à découvrir.

La relation qui se développe entre Waluk et Esquimo est très belle. Chacun a besoin de l’autre et chacun peut s’améliorer et survivre en profitant des habiletés de l’autre. C’est une belle leçon de vie et une belle histoire d’amitié et de confiance. La question des changements climatiques n’est pas clairement mentionnée comme un documentaire par exemple, mais plutôt par ce que doivent vivre les ours au quotidien. On sent dans leur « grande traversée » que les choses sont moins faciles, qu’il y a moins de banquises et que la survie devient plus difficile depuis que tout est en train de changer.

C’est un monde enneigé, rafraîchissant, vraiment très beau, même si le constat de la relation entre l’homme et l’ours est assez triste. Principalement parce que l’homme dévaste tout sur son passage.

« À l’approche de l’hiver, les conditions de survie deviennent de plus en plus difficiles. Les ours polaires étant actifs toute l’année, ils doivent aller chercher la nourriture là où elle se trouve. Les ours se rapprochent donc de l’homme. Un jour, Waluk s’aperçut que le sol qu’il foulait avait changé, il était rugueux et dégageait une odeur bizarre: il était chaud et très noir… C’était de l’asphalte. »

Toutefois, l’ensemble des dessins sont faits de neige, de glace, de cieux remplis d’aurores boréales. C’est un monde glacé mais tout de même très beau par la belle relation entre les deux ours. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire et j’ai hâte de lire le second tome qui m’attends déjà dans ma pile à lire. Même si cette bande dessinée est classée en littérature jeunesse, comme l’histoire touche au monde animal et à l’écologie, elle peut rejoindre un grand public. Je dirais donc qu’il s’agit d’une histoire familiale, parfaite pour les jeunes et les adultes. Une façon de sensibiliser les lecteurs aux enjeux des animaux du Grand Nord et aux changements climatiques. Une excellente lecture!

Waluk t.1: La Grande Traversée, Emilio Ruiz, Ana Miralles, éditions Dargaud, 48 pages, 2020

Le Club de l’Ours Polaire t.2: Le Mont des sorcières

Une île maudite peuplée de sorcières, de trolls et de loups damnés: la suite tant attendue du Club de l’Ours Polaire. Personne n’est jamais revenu vivant du Mont des Sorcières, or c’est justement là que se dirige le père de Stella… Accompagnée d’Ethan, Shay, Dragigus et de Gideon, un explorateur du Club du Chat de Jungle pas très coopératif, la jeune fille doit à tout prix lui venir en aide.

Le mont des sorcières est le titre du second tome de la série Le club de l’ours polaire. J’avais passé un excellent moment de lecture avec le premier tome intitulé Stella et les mondes gelés. Les trouvailles d’Alex Bell pour créer l’univers du Club de l’ours polaire sont très intéressantes. Il s’agit d’un club d’explorateurs dont il existe d’autres regroupements, qui ont chacun leurs règles et leur code de conduite. Il existe aussi le Club du Calmar Géant, celui du Chacal Doré et celui du Chat de Jungle. À la fin du livre, on retrouve d’ailleurs des informations sur les différents clubs et on croise de plus en plus des membres d’autres clubs, ce qui nous permet d’en découvrir toutes les particularités.

Dans cette nouvelle aventure, nous retrouvons les personnages du premier tome: Stella la princesse des glaces, Shay le chuchoteur de loup, Dragigus le guérisseur et Ethan le magicien. Un vautour tente de s’en prendre à Stella et son père, Felix, part pour le Mont des sorcières afin de découvrir qui envoie le volatile. Mais ce Mont effrayant et rempli de dangers est un endroit dont on ne revient pas… Stella ne veut pas perdre son père et, avec l’aide de ses amis, elle part à la recherche de Felix avant qu’il ne soit trop tard…

Le groupe n’a pas du tout l’accord du club pour partir en expédition puisque le Mont des sorcières n’est pas un lieu recommandé. Qu’à cela ne tienne, rien n’empêchera Stella de voler au secours de son père adoré! Avec ses amis, elle s’envole pour les lieux sombres et infestés de pièges du Mont des sorcières. Les lieux sont à la fois effrayants et magiques. Le groupe devra mettre ses forces en commun pour réussir à affronter tous les obstacles qui se présentent à lui. Il y a de belles trouvailles dans ce roman, comme la couverture-forteresse qui fait littéralement rêver ou les différents animaux et dangers que croisent le groupe. J’aime que les animaux de compagnie de Stella soient un ours polaire nommé Mal-Léché et un petit dinosaure nain.

« Mme Sap n’avait pas apprécié l’arrivée de Mal-Léché – vraiment pas – et ne cessait de soutenir à son maître que les ours polaires n’étaient pas des animaux domestiques et qu’ils ne devraient pas être autorisés à entrer dans une maison, ni à se laver dans la grande baignoire sur pieds de la plus belle salle de bains, ni à se coucher sur le grand lit à baldaquin de la chambre d’amis quand il n’y avait pas d’invités (et même occasionnellement quand il y en avait…) »

Le personnage de Stella est intéressant car elle hérite d’un titre – princesse des glaces – qu’elle n’a pas envie d’avoir. Les princesses des glaces ont le cœur glacé et deviennent de mauvaises personnes. Stella doit donc aller au bout d’elle-même et apprendre à aimer qui elle est pour réussir à affronter les épreuves qui l’attendent. Elle découvre ses dons particuliers et doit apprendre à les utiliser, en dosant savamment ce qu’elle peut accomplir et les dangers qui la guettent. Être princesse des glaces n’est pas tout ce qui la définie.

« Stella est une princesse des glaces parmi bien d’autres choses, répondit tranquillement Felix. Avant tout, c’est une remarquable navigatrice, une exploratrice intrépide, une fille adorée par son père, une excellente patineuse, une lectrice infatigable, une amie fidèle et une fabricante virtuose de licornes en ballons. »

C’est donc un roman qui parle en filigrane de l’identité et de l’héritage que l’on reçoit. Felix est un père adorable, qu’on aime tout de suite. On apprend d’ailleurs plusieurs petites choses sur lui dans ce tome. J’adore également le personnage de Shay, vraiment doux et courageux, qui entend les loups et a un animal totem. L’univers du Club de l’ours polaire est à la fois magique et intéressant. C’est l’occasion de vivre beaucoup d’action et c’est ce qui me plaît de cette série. C’est un roman d’aventure magique, quelque part entre Harry Potter et À la croisée des mondes. J’adore l’imaginaire de l’auteure et les aventures improbables et étranges qu’elle fait vivre à ses personnages. Le texte est parfois teinté d’humour, souvent par l’entremise d’Ethan, un magicien bourru et grognon. 

« Ce n’est pas possible! Cette expédition est en train de devenir la plus malchanceuse de l’histoire des explorations. Un tapis volant apparaît miraculeusement devant nous, mais il ne fait que sauver une vache, un dinosaure et une bande de fées! »

Plus je découvre cette série pleine de magie et de personnages fantastiques, plus je l’aime! Le troisième tome est dans ma pile à lire et je compte bien le dévorer très bientôt. Je reviendrai vous en parler prochainement. En attendant je vous invite à découvrir cette série enneigée et pleine d’aventures et de magie!

Le Club de l’Ours Polaire t.2: Le Mont des sorcières, Alex Bell, illustrations de Tomislav Tomić, éditions Gallimard Jeunesse, 400 pages, 2019

Heartstopper t.1: Deux garçons. Une rencontre

Ceci est l’histoire de deux lycéens. Nick, le rugbyman au sourire solaire. Charlie, le musicien au cœur solitaire. Parce qu’ils évoluent dans des cercles différents, parce qu’ils n’ont pas le même caractère, leur amitié n’était pas gagnée.
Pourtant, petit à petit, de façon irrésistible, Charlie tombe amoureux. Même s’il sait que Nick aime les filles. Même s’il sait qu’il n’a aucune chance. Alors, pour ne pas mettre en péril cette amitié naissante qui compte pour lui plus que tout, Charlie préfère garder le silence…

Heartstopper a d’abord été un projet sur le web qui a longtemps été mijoté par l’auteure et qui a finalement été publié. J’ai vu le premier tome de cette série (qui compte trois tomes à ce jour) un peu partout sur Instagram et j’ai eu envie de voir si cette histoire me plairait. J’ai donc emprunté – et lu – le premier tome… avant d’acheter toute la série chez mon libraire jeunesse. La fin de ce premier tome nous donne naturellement envie d’en savoir plus et de rester en compagnie des personnages.

Heartstopper c’est l’histoire de Charlie et de Nick, qui se déroule sous forme de calendrier. Le livre débute en janvier alors que Charlie a une relation compliquée avec Ben qui le traite assez mal. Voulant cacher son attirance pour les garçons, Ben vit une sorte de double vie et utilise Charlie quand il en a envie. Lorsque Charlie se retrouve dans un nouveau groupe scolaire, il est placé à côté de Nick. Quelque chose de très fort se passe immédiatement entre eux. Amitié? Amour? Heartstopper est l’histoire de deux garçons qui apprennent à se connaître et se rapprochent.

Ce roman graphique est vraiment plaisant à lire. Le dessin est mignon, simple, mais très expressif. Les personnages sont adorables. La gentillesse est une belle qualité mise de l’avant dans cette histoire et ça fait du bien de voir que des personnages doux et gentils sont mis en lumière. Au fil des pages, on voit Nick et Charlie se rapprocher. On est témoins de leurs émotions, leurs questionnements et leur quotidien. Si Charlie est ouvertement gay, Nick a toujours été attiré par les filles. Toutefois, Charlie ne le laisse vraiment pas indifférent. On le voit tester ses émotions et tenter d’en comprendre toute la mesure.

« Charlie a l’air adorable. Quand l’as-tu rencontré?
-Il y a quelques mois. Il est dans mon groupe de mentorat.
-Il est très différent de tes autres amis, non? Tu est bien plus toi-même avec lui. »

Les personnages de ce roman graphique sont tellement attachants! Charlie est un adorable geek qui se passionne pour la musique, alors que Nick est le sportif typique au grand cœur. En apparence, ils semblent stéréotypés, mais ce n’est pas vraiment le cas. Charlie court très très vite et Nick est d’une grande tendresse. Les deux garçons finiront par découvrir l’univers de l’autre. Charlie apprend par exemple à jouer au Rugby alors que Nick découvre la batterie. Ils finiront par partager beaucoup de choses, toujours avec une belle complicité et de l’émotion que l’on ressent bien dans le dessin. J’aime aussi beaucoup la prof d’éducation physique et coach de l’équipe de rugby, même si on ne la voit pas beaucoup.

« Vous ne pouvez pas savoir si quelqu’un est gay d’après son apparence. Et gay ou hétéro ne sont pas les deux seules possibilités. Quoi qu’il en soit, c’est très impoli de spéculer sur la sexualité des gens. Rentrez chez vous les garçons. »

L’auteure aborde aussi quelques sujets importants, même si l’ensemble n’est pas mélodramatique. On y parle de préjugés, de harcèlement, de violence et d’étiquettes apposées rapidement par la société, ainsi que des jugements faciles. Il y est aussi question de l’image que l’on projette et de l’opinion que peuvent avoir les autres de nous-mêmes.

Il y a de beaux passages dans ce roman graphique, qui sont empreints de douceur. Comme par exemple, cette neige partagée à deux, avec tout l’émerveillement et le plaisir de voir le ciel se remplir de flocons. Ou les petits bonheurs associés au fait de vivre des choses toutes simples avec quelqu’un qu’on apprécie énormément et avec qui on se sent bien.

Malgré tout, le premier tome se termine de façon abrupte et même si on se doute que les choses s’arrangeront, il vaut mieux avoir la suite sous la main pour poursuivre le plaisir de cette lecture. J’ai d’ailleurs relu ce premier tome dès que j’ai reçu ma commande et j’ai tout de suite poursuivi avec la lecture des deux tomes suivants. 

À la fin de ce premier roman graphique on retrouve une compilation sur cassette (virtuelle naturellement), créée par Charlie pour Nick. J’adore quand les auteurs partagent des pièces musicales qui les ont inspirés ou qui collent bien au livre. Musique et littérature sont tellement complémentaires pour moi. J’ai donc cherché et écouté les morceaux proposés. Il y en a vingt à découvrir (dix sur chaque face de la « cassette »). Je trouve qu’ils vont bien avec l’histoire et le caractère de Charlie.

Ce premier tome de Heartstopper a été une très belle lecture. J’ai adoré! Je trouve que le caractère des personnages y est pour beaucoup. Il y a une sorte de bonne humeur ambiante dans le roman quand Charlie et Nick sont ensemble, ce qui en fait une lecture réconfortante, malgré des passages un peu plus difficiles.

Alice Oseman a écrit, il y a quelques années, un roman intitulé L’année solitaire. Dans ce livre, les personnages que l’on retrouve dans Heartstopper avaient un tout petit rôle secondaire. Comme il n’est plus édité, je l’ai emprunté à la bibliothèque. Je n’ai pas accroché plus que cela et j’ai fini par l’abandonner. Je préfère largement ses romans graphiques.

Quoiqu’il en soi, ma découverte d’Alice Oseman ne s’arrêtera pas là. Elle me rappelle beaucoup tout le plaisir que j’ai à lire Rainbow Rowell par exemple. En ce qui concerne Heartstopper, un quatrième tome est prévu à l’histoire de Charlie et Nick et j’espère bien que l’auteure nous en réserve encore d’autres!

Heartstopper – t.1 – Deux garçons. Une rencontre, Alice Oseman, éditions Hachette, 272 pages, 2019