Contes Traditionnels du Pays des Glaces

Contes traditionnels du pays des glacesLes pays de glace : l’Alaska, le Groenland, la Sibérie, le Canada et leurs paysages, rudes et inhospitaliers, qui s’étendent à perte de vue… Le spectacle offert est source inépuisable de poésie : le retour du soleil après l’hiver obscur, les aurores boréales, la débâcle du printemps…Parmi les peuples inuits de ces froides contrées, on rencontre des chasseurs héroïques, de vieilles femmes ou des enfants souvent orphelins, des chamans aux pouvoirs magiques salvateurs ou dévastateurs.Malgré le climat, les animaux sont très nombreux et peuvent prendre à leur guise une allure humaine.Il nous faut un peu de persévérance et un œil aiguisé pour découvrir toutes les ressources cachées de ces pays de glace. Ces contes nous ouvrent les portes de régions «difficiles», parfois inexplorées. Ils nous dévoilent la vie d’un peuple habité par le courage et la détermination, mais surtout par l’amour et le besoin d’harmonie avec la nature qui l’entoure. Un beau voyage, un grand bol d’air frais et le frisson assuré !

Le Pays des Glaces, c’est en fait quatre endroits: l’Alaska, le Groenland, la Sibérie et le Canada. Dans chacun de ces lieux, les gens sont tous appelés « inuits » ce qui veut dire « être humain ». À l’époque les gens étaient plus nomades qu’aujourd’hui. Ce qui est très intéressant dans ces contes, c’est que plusieurs d’entre eux sont racontés dans plus d’un endroit différent. On peut donc supposer qu’ils ont tous un patrimoine commun, un imaginaire collectif qui s’étend au-delà des limites géographiques. Les histoires nous permettent donc de visualiser une vaste culture, bien plus grande et collective que ce que l’on peut imaginer, qui s’étend sur différents territoires. On sent beaucoup de similitudes entre les différents peuples car leurs modes de vie ont des points communs, même si chacun a ses particularité. Les valeurs et les idéologies sont semblables.

Il s’agit d’un très beau livre qui nous permet de comprendre la mentalité des différents peuples du froid. Ils appliquent beaucoup la devise « œil pour œil, dent pour dent ». Ce qui s’applique aussi à la relation entre l’homme et l’animal. Si l’animal prend soin d’eux, ils prendront soin de lui en retour.

Il y a justement un côté très fort racontant la proximité entre l’homme et l’animal. L’idée qu’un homme puisse se changer en animal, ou l’inverse, est très ancrée dans l’imaginaire de ces populations. La vengeance est un thème récurrent des contes, car elle fait partie de la mentalité de ces peuples, qui appliquent une certaine forme de justice dans leur mode de vie. Les contes n’en sont pas moins beaux pour autant. Il n’est pas seulement question de vengeance, même si celle-ci est un thème majeur. Il y a de belles histoires d’animaux, de famille, d’alliances, en lien avec leur vision des choses.

L’ouvrage compte dix-huit contes qui sont axés sur le mode de vie des peuples des glaces, sur leurs croyances. Ce sont des contes avec un brin de fantastique, qui se rapprochent des croyances de ces peuples. On apprend comment les aurores boréales ont été créées, comment le tonnerre et les éclairs ont commencé à faire leur apparition sur terre, pourquoi le chien jappe, comment certaines îles sont apparues et bien d’autres choses. Il s’agit d’un panorama de la mythologie de leur patrimoine. On comprend un peu mieux de quelle façon leurs croyances se sont dessinées au fil du temps.

Chaque conte débute par une petite définition de ce que sera le conte qui suivra. C’est un court résumé, qui explique aussi la provenance de l’histoire, afin de replacer le contexte de ce qui suivra. Chaque conte début également par une carte mettant en lumière la région d’où provient le conte. Le livre comprend beaucoup d’illustrations en noir et blanc. Même si elles sont très simples, elles illustrent bien l’essence même des histoires.

Le livre s’adresse à des lecteurs de tous les âges, qu’ils soient enfants ou adultes. Même s’il peut être lu par des enfants puisque l’écriture est assez simple et permet une bonne compréhension du texte, ce livre n’est pas enfantin et plaira tout autant aux adultes qui pourrons également l’apprécier. Ce fut d’ailleurs mon cas.

J’ai beaucoup aimé cette lecture qui nous plonge dans l’imaginaire de chaque peuple, qui nous apprend plus de choses sur leur façon de voir la vie, le monde et sur la manière dont ils appréhendent ce qui les entoure. Leur imaginaire est riche, vraiment intéressant. Si vous pouvez mettre la main sur cet ouvrage, je vous en conseille fortement la lecture. J’ai passé un excellent moment. Ce livre est aussi une belle façon de découvrir la culture inuit.

Contes Traditionnels du Pays des Glaces, Delphine Gravier, éditions Milan, 144 pages, 2003

 

Thornhill

ThornhillMary a habité là pendant des années. Entre ses murs, elle a vécu les pires moments de sa vie. Ella, elle, ne peut s’empêcher d’observer cet étrange endroit depuis sa chambre. La nuit, elle se demande ce qu’il cache. Certains ne voient en lui qu’un vieil orphelinat. D’autres sont au courant de son secret… Mais tout le monde connaît son nom. Thornhill.

Je ne connaissais rien de ce roman avant de mettre la main dessus. J’ai été tout de suite attirée par l’objet-livre: couverture rigide, pages noires et blanches, tranches du livre noires. Il y a quelque chose de très « halloweenesque » dans l’apparence de ce roman qui pousse à le découvrir. J’ai lu le résumé, qui me donnait l’impression que j’allais lire une histoire terrifiante, quelque chose d’un peu effrayant, de gothique ou en lien avec un lieu hanté. C’est très attirant. Sauf que ce livre n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais…

Il y a certaines choses que j’ai adoré dans ce roman, mais en général l’histoire ne m’a pas plu plus que cela. Commençons par les points positifs. L’objet en lui-même est magnifique, tout en noir et blanc. J’ai aussi beaucoup aimé la présentation, qui me rappelle les très beaux livres de Brian Selznick, en alternant le texte et l’image. Ici, l’image raconte une histoire, autant que les portions de texte, un peu comme le fait très bien Selznick.

Le roman nous présente deux fillettes. Mary, qui écrit son journal en 1982 et vit à Thornhill, un vieil orphelinat. Son histoire, ce sont les portions de texte. Et il y a Ella, qui vient d’aménager en face de Thornhill et qui découvre peu à peu l’histoire de Mary. Ella vit en 2017 et son histoire est uniquement racontée en images. Les chapitres alternent entre les deux. Le résumé, l’apparence du livre et même l’avertissement au début des données de publication (Ce livre peut provoquer des frissons de peur), me donnaient l’impression que j’allais ouvrir un roman d’horreur. C’est un peu le cas, mais pas au sens où je le comprenais.

Thornhill est l’histoire d’un harcèlement psychologique intense envers une fillette différente, coincée dans un orphelinat où chacun lui fait la vie dure. Même les intervenants se fichent d’elle et ne font rien. La manipulation, l’humiliation, les moqueries, sont le lot quotidien de Mary. Pour rester saine d’esprit, la fillette frappée de mutisme sélectif, construit des poupées et des figurines. Sa chambre de l’orphelinat en est remplie. Dans le livre, elle raconte ce qu’elle vit jour après jour, la façon dont Elle, la harcèle. La façon dont Mary vit avec ce fardeau, sa tristesse, son malheur. Le fait qu’elle n’en parle à personne et qu’elle continue de subir. Nuit et jour, Elle la harcèle. Elle c’est sa harceleuse, mais elle n’a pas de nom.

« Les coupures sur mes mains et mes pieds guérissent. Les signes extérieurs de ce qui m’est arrivé sont en train de s’effacer. Mais à l’intérieur, je suis brisée. »

De l’autre côté de la rue, des années plus tard, Ella part en exploration à Thornhill. Elle découvre l’histoire de Mary. Elle tombe sur des poupées, laissées ici et là dans les jardins et dans la demeure. Elle entreprend de les restaurer et de les retourner à sa propriétaire. Ella est aussi seule que pouvait l’être Mary.

La seule chose qui adoucit la vie de Mary, c’est d’avoir accès au jardin. Comme elle lit beaucoup, il y a plusieurs référence au livre Le jardin secret de Frances Hodgson Burnett. Mais même le jardin lui sera enlevé. C’est ce que j’ai trouvé lourd finalement dans l’histoire. Tout s’acharne continuellement sur Mary et elle ne fait que subir et subir.

Thornhill est en fait une histoire de grande solitude, de harcèlement physique et psychologique, de colère, de tristesse et d’injustice. Je m’attendais à lire quelque chose de fantastique (oui, il y a un brin de fantastique, mais encore là pas dans le sens où je m’y attendais) tout comme je ne m’attendais pas à une histoire de harcèlement. Je n’avais pas particulièrement envie de lire ça, des scènes d’agression qui se poursuivent jour après jour alors que Mary ne dit rien et que personne n’intervient. Même si c’est un problème dont on doit parler, un thème qu’il est essentiel de retrouver dans la littérature, j’ai eu un malaise avec cette histoire parce que ce n’est pas ce que je m’attendais à y trouver et pas particulièrement le genre d’histoire que j’avais envie de lire. Même chose pour les poupées. Je n’ai pas vraiment d’intérêt pour ces objets et je n’avais pas particulièrement envie de lire une histoire où elles sont au centre du roman.

Je m’attendais donc à toute autre chose en lisant ce livre, de là ma grande déception. En connaissant à l’avance les thèmes abordés, je ne l’aurais sans doute pas lu. J’ai peut-être mal interprété la quatrième de couverture, mais je m’attendais à une histoire de fantôme effrayante… J’ai tout de même aimé la fin, qui laisse un sous-entendu intéressant. Reste que Thornhill est un endroit terrifiant, surtout lorsqu’on lit les dernières pages. L’histoire, cependant, n’est pas vraiment ce que j’espérais.

Vous avez lu ce livre? Vous l’avez aimé? Est-ce que vous vous attendiez à autre chose en le lisant?

Thornhill, Pam Smy, éditions du Rouergue, 544 pages, 2019

Retour à Winterhouse Hôtel

Winterhouse Hotel 2Après des mois d’attente, Elizabeth est enfin de retour à Winterhouse Hôtel ! Elle apprend avec bonheur que Norbridge a finalement réussi à prouver qu’il est bien son grand-père, elle va donc s’établir à l’hôtel pour de bon ! Toute à sa joie de retrouver Freddy et sa bibliothèque chérie, Elizabeth n’en remarque pas moins quelques bizarreries… Qui est cette Elana qui l’assaille de questions ? Que signifient les mots gravés sur le sceau de Winterhouse Hôtel ? Pourquoi la tombe de Gracella est-elle introuvable au cimetière de la ville ? Autant de mystères à résoudre dans l’atmosphère envoûtante de Winterhouse Hôtel !

Retrouver Elizabeth, Freddy, Norbridge, Leona et tous les autres personnages a été un grand plaisir dans ce second tome se déroulant à Winterhouse Hotel. Cette série me plaît beaucoup, avec ses personnages sympathiques, son hôtel fabuleux et ses mystères à résoudre.

Ce deuxième tome reprend un peu le cadre du premier, avec des lieux similaires, une intrigue mystérieuse qu’Elizabeth et Freddy tentent de déchiffrer, des forces maléfiques et des méchants de qui on doit se méfier. C’est un peu pour tout cela que le premier tome m’avait plu, donc c’est un plaisir de replonger dans une nouvelle aventure à Winterhouse. Cette fois aussi, Elizabeth qui quitte son oncle et sa tante pour se rendre à l’hôtel, fait une détestable rencontre dans le bus la conduisant là-bas. Elle doit s’arrêter avant l’hôtel, son grand-père ayant prévu de la retrouver dans une petite ville adjacente. On sort donc un peu de Winterhouse avec cette seconde histoire, puisqu’Elizabeth se retrouvera à deux reprises dans ce village.

Elizabeth développe peu à peu ses capacités. Même si son grand-père lui a dit de faire très attention à ce qu’elle peut faire, Elizabeth a un caractère parfois bouillant et ne sait pas toujours mettre un frein à ses émotions. Elle a donc parfois de la difficulté à se contrôler et se demande également si elle est bien à sa place à Winterhouse puisqu’elle enchaîne les gaffes et qu’elle a l’impression que tout le monde la met un peu de côté. Heureusement, elle retrouve son complice et ami Freddy avec qui les choses se complique un peu quand elle lui découvre une nouvelle amie: Elana.

« Et si je ne trouvais pas ma place à Winterhouse? »

Parallèlement, ce second tome nous dévoile la présence d’un sceau aux dalles colorées, incrusté dans le plancher de marbre de l’hôtel. Le sceau constitue une énigme à lui seul qui intrigue autant Freddy qu’Elizabeth. Naturellement, les deux jeunes passionnés de codes secrets et de mystères feront tout pour tenter de le décrypter! Il y a également cette rumeur entendue au repas, concernant la présence de passages secrets dans l’hôtel. Cette conversation attise la curiosité d’Elizabeth. Encore plus lorsqu’elle réalise que quelqu’un semble rechercher ces passages cachés, dans tout l’hôtel! Quand des agressions se multiplient, les choses deviennent beaucoup plus inquiétantes. Elizabeth tente de mettre en garde son grand-père qui, à son grand désespoir, ne semble pas la prendre au sérieux!

« Le mal est une chose puissante. »

Elizabeth étant passionnée de mots, nous retrouvons toujours dans ce second tome toutes sortes de jeux de mots. Des anagrammes, comme dans le premier tome, mais également des ambigrammes, une sorte de graphie permettant une double lecture d’un mot. Elle écrit aussi toujours des listes, allant des mystères à résoudre aux lieux qu’elle souhaite revisiter au moins une seconde fois dans sa vie. Encore une fois, chacun des chapitres reprend un titre avec un jeu de mots pour nous donner un aperçu de ce qui se déroulera dans le texte qui vient. Au lecteur d’être vigilant! À noter d’ailleurs qu’à la fin du roman, on peut retrouver quelques jeux de mots à résoudre: des anagrammes et des échelles de mots. Les réponses sont disponibles un peu plus loin dans le livre.

Comme dans le premier tome, Freddy l’inventeur travaille à un projet spécial. Dans le premier tome il cherchait à réutiliser comme combustible les coques de noix de l’usine de confiseries. Dans ce second tome, il travaille sur la camera obscura, un instrument qui avait été abandonné il y a des années à l’hôtel et qui procure un véritable émerveillement chez la clientèle. Ces portions où Freddy travaille à son projet sont fascinantes.

Les livres sont toujours aussi présents dans ce tome, avec la visite d’Elizabeth dans une petite librairie nommée Harley Dimlow & Sons et son travail comme aspirante bibliothécaire dans la fabuleuse bibliothèque de Winterhouse. La description des lieux donne d’ailleurs envie de bouquiner, simplement en lisant les descriptions. J’adore cette atmosphère si particulière de Winterhouse. Les lieux sont aussi intéressants que l’intrigue du roman.

Cette seconde aventure se déroule pendant les vacances de Noël. Contrairement au premier tome cependant, ce n’est pas un livre vraiment axé sur Noël. Il y a quelques allusions à un souper festif, mais l’ambiance est beaucoup plus hivernale et enneigée. Les très belles illustrations du roman sont de Chloe Bristol. Je les adore. Elle réussit à rendre parfaitement l’atmosphère à la fois grandiose, mystérieuse et feutrée de Winterhouse. C’est un plaisir de les découvrir.

Une très bonne lecture donc! Le tome 3 devrait normalement paraître en avril. J’ai très hâte! Il devrait se dérouler au printemps, lors du séjour de Freddy à Winterhouse pour Pâques. Vivement!

Mon avis sur le premier tome de la série: Winterhouse Hotel.

Retour à Winterhouse Hôtel, Ben Guterson & Chloe Bristol, éditions Albin Michel, 464 pages, 2019

Quelqu’un m’attend derrière la neige

Quelqu'un m'attend derrière la neigeC’est la nuit de Noël.

Un livreur de gelati désenchanté file dans son petit camion jaune entre l’Italie et l’Angleterre. Une hirondelle venue d’Afrique s’entête à voler vers le Nord dans le froid de l’hiver.

Invisible, un troisième personnage avance dans la même direction à travers la neige.

Il joue sa vie en secret.  

« Les hirondelles ne fêtent pas Noël. »

Voilà comment commence l’album de Timothée de Fombelle, illustré par Thomas Campi. Étonnamment, l’hirondelle de l’histoire file vers le nord en faisant totalement l’inverse de tous les autres oiseaux de son espèce.

Freddy de son côté, s’entête à vouloir livrer sa cargaison de gelati, alors qu’on lui a clairement dit de rentrer chez lui. L’entreprise qui l’emploie ne va pas bien. Freddy n’a plus de travail. Il n’a pas envie de rentrer. Il ne sait pas ce qu’il fera de ses journées. La solitude lui pèse. Parfois il passe de très longs moments sans parler à personne.

C’est un concours de circonstances qui va permettre à trois personnages de cette histoire d’entrer en contact et, en quelque sorte, de sauver deux d’entre eux. Un de la solitude, l’autre de la mort.

Je trouve très difficile de parler de ce livre sans dévoiler ce qui est essentiel. Les liens entre les personnages et les événements créent un beau conte qu’il vaut mieux découvrir en sachant le moins de choses possibles. L’histoire ne prend pas forcément la tournure que l’on imagine, mais le message derrière est très beau.

À noter les magnifiques illustrations qui prennent souvent une ou deux pages entières et qui donnent tout de suite le ton à l’histoire. Elles sont absolument merveilleuses et l’ambiance de l’album est à la fois intime et feutrée.

Quelqu’un m’attend derrière la neige est une histoire touchante sur la synchronicité et les hasards qui n’en sont pas. C’est aussi un conte sur ces événements qui s’enchaînent et dont on ne comprend pas forcément la raison sur le moment… Une fabuleuse histoire!

Cet album est conseillé à partir de 7 ans. Il plaira tout autant aux adultes, à cause de son message qui touchera de façon différente les plus grands.

À découvrir.

Quelqu’un m’attend derrière la neige, Timothée de Fombelle, illustrations de Thomas Campi, éditions Gallimard jeunesse, 56 pages, 2019

Minuit ou presque

Minuit ou presqueLove Actually, version Rainbow Rowell. Deux nouvelles inédites, parfaites pour un cadeau de fin d’année.
Mags et Noel se sont rencontrés à une soirée du nouvel an. Depuis, ils tombent chaque année un peu plus amoureux…
Grande fan de Star Wars, Elena décide de camper devant le cinéma pour la sortie du nouveau film. Mais l’expérience s’avère décevante… du moins, jusqu’à sa rencontre avec Gabe…

J’adore l’auteure Rainbow Rowell et c’est lorsque je la relis que je réalise à quel point son univers me plaît. Elle met souvent en scène des geeks et donne une bonne place à la culture populaire dans ses romans. Ça me rejoint beaucoup!

Minuit ou presque est en fait un court recueil de deux nouvelles. Rowell excelle autant dans l’écriture de romans que d’histoires plus courtes. J’aimerais bien lire un recueil de nouvelles complet comprenant plusieurs histoires d’elle. Il me semble que ce serait excellent!

La première histoire s’intitule Minuits. J’ai déjà lu cette histoire dans un autre recueil de nouvelles: Minuit! 12 histoires d’amour à Noël. Elle s’intitulait toutefois Trois, deux, un. Je l’avais adoré et j’étais contente de la relire. Elle commence au réveillon du Nouvel an, en 2014. Mags et Noel se rencontrent pour la première fois. Ils deviennent amis. Ils sont toujours très proches et ils s’adorent. Noel est le meilleur ami de Mags, mais cette dernière a l’impression que Noel est ami avec tout le monde. À chaque Nouvel An, Mags a l’impression de perdre un peu plus Noel. Elle ne sait pas qu’il n’a en fait absolument pas envie qu’elle s’éloigne de lui. Alors qu’ils font des études dans des villes différentes, Mags fuit le décompte de l’année pour éviter de voir Noel avec quelqu’un d’autre. Mais si ce Nouvel An s’avérait différent? Il y a plusieurs aspects intéressants dans cette nouvelle. J’adore les personnages qui sont particuliers, avec leurs forces et leurs faiblesse. Mags et Noel se rencontrent parce que Noel est allergique à tout. Noel aime dire haut et fort que Mags lui a sauvé la vie plus d’une fois. Noel aime danser, Mags est timide et réservée.

« -Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De danser.
-Je ne comprends pas pourquoi c’est tellement important pour toi. De ne pas danser avec moi. »

Ils sont différents et se complètent pourtant à merveille. Ils leur faut juste un peu de temps pour le découvrir. Cette histoire se déroule sur quelques années, chaque fois au réveillon du Nouvel An quand le décompte est éminent. Les histoires de Nouvel an sont assez rares, je l’apprécie encore plus!

La seconde nouvelle s’intitule Âmes sœurs. Elle porte très bien son titre. Elle met en scène essentiellement trois personnages: Elena, Gabe et Troy. Les trois sont de grands fans de Star Wars. Un nouveau film vient de prendre l’affiche et les trois se rencontrent alors qu’ils ont décidé de camper devant le cinéma pour être les premiers à entrer. Avant ce jour-là, ils ne se connaissent pas. Il fait froid, on est en décembre. Ils se réchauffent à coup de café et de bouillottes que la mère d’Elena apporte, horrifiée de voir sa fille camper dehors pendant quatre jours. Troy est plus âgé et c’est un boute-en-train. Il a l’expérience des campements sur le trottoir pour des sorties culturelles. Gabe et Elena ont à peu près le même âge et c’est leur première fois. Elena et Gabe ont l’impression qu’ils n’ont rien en commun. Elena a l’air d’avoir douze ans, elle est introvertie et passionnée. Gabe est asocial, ne parle pas beaucoup et passe son temps le nez plongé dans un bouquin. Elena imaginait le camping devant le cinéma comme un gros rassemblement de fans en délire qui chanteraient des chansons et se costumeraient. À la place, elle a Gabe qui ne dit pas un mot et Troy qui pianote sur son téléphone. Le temps s’annonce long!

« Même si ça n’était pas la démonstration collective, amicale et festive à laquelle elle s’était attendue, ça pouvait néanmoins être quelque chose. Un moment particulier et mémorable. Elle, Elena, le rendrait mémorable. »

Âmes sœurs est une nouvelle plus joyeuse et moins mélancolique que Minuits, mais les deux s’avèrent d’excellents moments de lecture. Minuits est un texte plus intime, même s’il se déroule dans une fête. C’est la rencontre de deux personnages qui se retrouvent années après années, avec des émotions de plus en plus fortes. Quant à Âmes sœurs, cette nouvelle est plus drôle et pleine de légèreté. Elle reprend l’idée de mettre en avant un fandom – ici Star Wars – et trois fans avec leur façon différente d’en être passionnés.

Ce court recueil me donne envie de lire à nouveau Rainbow Rowell pour les rares titres que je ne connais pas encore et de relire les autres que j’adore. J’aime chaque fois ses personnages un peu décalés et les univers qu’elle créent. J’aime aussi la place qu’elle donne toujours aux geeks et aux passionnés de culture populaire. Ses livres me plaisent beaucoup et Minuit ou presque n’y a pas fait exception, même si c’est assez court.

Vivement son prochain livre!

Minuit ou presque, Rainbow Rowell, éditions Pocket Jeunesse, 112 pages, 2019