Cadavres exquis au menu

Dans cette suite de Meurtre au petit déjeuner, des promoteurs immobiliers sans scrupules, des visiteurs casse-pieds, un nouveau fantôme et un ancien fiancé viennent troubler la paix des habitants de Cranberry Island – sans mentionner l’impitoyable meurtrier qui court toujours. L’aubergiste Natalie Barnes réussira-t-elle à trouver le coupable, à sauver l’île et à empêcher sa meilleure amie d’aller en prison ?

Après avoir lu le premier tome de la série Mystères de l’auberge de la Baleine grise intitulé Meurtre au petit déjeuner j’avais très envie de lire le second et je me le gardais pour cet automne. Cette série compte une quinzaine de tomes en anglais, mais seulement deux ont été traduits, il y a déjà plusieurs années. J’avais bien aimé le premier et j’avais hâte de me plonger dans celui-ci qui se déroule en octobre.

« Charlene m’avait raconté que, selon la légende, l’auberge était hantée. Comme, jusqu’à présent, je n’avais pas été importunée par quoique ce soit, à part des invités exigeants qui étaient partis sans payer la note, j’avais haussé les épaules. »

Natalie s’occupe de son auberge tant bien que mal, malgré des clients accaparants, un fantôme qui hante le bâtiment, des promoteurs immobiliers sans scrupules, son ancien fiancé qui débarque sans crier gare et la disparition de son employée. Comme si ce n’était pas assez, elle se dispute avec sa meilleure amie et découvre, encore une fois, un cadavre. Elle les attire comme un aimant, ce qui d’ailleurs n’aide pas beaucoup plaider son innocence dans les crimes qui se produisent sur l’île. Bref, pour un bel endroit qui devrait inspirer la paix et la quiétude, il s’en passe des choses sur Cranberry Island!

Cadavres exquis au menu est une petite enquête assez simple, dans un cadre idyllique, avec quelques éléments intéressants. J’avais bien aimé ma lecture du premier tome, mais j’ai été un peu déçue par celui-là. J’ai trouvé que ce qui était intéressant – le côté gourmand, le fantôme, le musée d’histoire, l’automne et ses couleurs – n’étaient pas suffisamment élaborés. Il y a aussi des dialogues qui m’ont agacée. Plein de personnages disent à Natalie qu’elle a pris du poids et qu’elle devrait manger moins de biscuits. Sérieusement, a-t-on besoin de ce genre de réflexion diététique dans un roman d’atmosphère? J’ai aussi eu parfois du mal à comprendre le comportement de Natalie lorsque son ancien fiancé refait surface. C’est un vrai con, mais elle se laisse constamment avoir et ne sait pas lui dire non. Elle m’agaçait prodigieusement! Je me serais bien passée de lui.

J’ai beaucoup moins retrouvé dans ce tome ce qui m’avait plu dans le premier. Il n’était certainement pas parfait mais plus agréable, certainement! Ce n’est pas un mauvais livre, c’était divertissant par moments, mais par d’autres je trouvais l’héroïne exaspérante et les situations inintéressantes. Le fond aurait gagné à être peaufiné. Pas mauvais mais je m’attendais à plus. Au moins le livre contient quelques recettes. (De quoi se réconforter un peu!)

Cadavres exquis au menu, Karen MacInerney, éditions ADA, 379 pages, 2008

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Deep sea aquarium Magmell t.6

Bienvenue au cours de cuisine abyssale, venez savourer les poissons du fond des mers ! Au sein du Deep See Aquarium Magmell, de nombreuses personnes travaillent pour protéger la vie des créatures abyssales. Kôtarô Tenjô y est assistant-soigneur. Il côtoie Lan Dôgashima, cuisinier apprenti au restaurant Latimeria. Ce dernier a un rêve : « préparer le meilleur plat abyssal au monde ». Mais découper et cuisiner les poissons abyssaux dans le restaurant de l’aquarium le fait réfléchir à son métier et au respect qu’il porte aux poissons…

Plus j’avance dans cette série, plus je l’apprécie. Deep sea aquarium Magmell se déroule dans un aquarium au fond des abysses. Le décor est original et plutôt fascinant, surtout si on s’intéresse au monde marin. Chacun des tomes nous fait découvrir des aspects différents de l’aquarium, mais surtout des gens qui y travaillent. Avec ce tome on parle de différentes passions en lien avec l’aquarium, son monde marin. 

À travers plusieurs personnages – le directeur, les soigneurs, les pêcheurs, le cuisinier – l’histoire nous fait découvrir quelques espèces des profondeurs dans chaque tome. Chaque chapitre parle d’une espèce et de ses caractéristiques fascinantes, toujours à travers les histoires personnelles des personnages. Avec ce tome-ci, on part à la découverte du poisson trépied, de l’araignée de mer, du macropinna microstoma et du lambris royal. 

On apprend une foule de choses (qui sont vraies et vérifiables) sur les poissons des abysses. Je m’amuse chaque fois à aller fouiller sur internet pour trouver des images et des vidéos des espèces qui nous sont présentées. À moins d’être déjà familier avec les abysses, on y découvre sans cesse des faits étonnants. C’est ce que j’aime de ce manga. Le petit côté documentaire qui est intégré à l’histoire.

Les personnages sont attachants et leur histoire se développe en parallèle d’un tome à l’autre, même si on suit toujours le personnage principal, un jeune assistant-soigneur fasciné depuis toujours par le monde marin et les créatures qui y vivent. C’est vraiment une série que je vous conseille si vous aimez les manga « nature » qui ont un côté documentaire. Ici, ça se fond parfaitement bien dans la fiction et donc, la lecture est vraiment fluide et agréable.

Si vous ne connaissez pas encore, c’est le moment de découvrir cette série originale!

(Si vous êtes curieux, il y a une petite histoire cachée sous la jaquette du manga.)

Mon avis sur les autres tomes:

Deep sea aquarium Magmell t.6, Kiyomi Sugishita, éditions Vega Dupuis, 192 pages, 2021

À table en Nouvelle-France

L’alimentation en Nouvelle-France varie au gré des couches sociales, des saisons, du climat et des prescriptions religieuses et change avec l’amélioration des techniques agricoles. Prêts à emprunter aux Autochtones des ingrédients qui assurent leur survie, les colons français s’empresseront, aussitôt leur modèle culturel alimentaire bien implanté, de rejeter ces aliments. Plus tard, au contact des Britanniques et des loyalistes, les «Canadiens» connaîtront de nouveaux goûts et adopteront de nouveaux produits. Bref, l’alimentation coloniale évolue, de sorte qu’on assiste à la naissance non pas d’une alimentation traditionnelle, mais de traditions alimentaires. En complément de cette histoire, Yvon Desloges vous invite à plusieurs tables où vous pourrez découvrir et déguster des plats quotidiens ou extraordinaires: à la table du paysan, dans le sillage du missionnaire et du voyageur, chez les religieuses, chez le cuisinier du gouverneur français, chez le marchand, chez l’aubergiste, chez le cabaretier et chez l’administrateur britannique.

Étant un passionné d’histoire et de cuisine, ce livre avait tout pour me plaire et ce fut le cas. Cette lecture culinaire nous transporte dans le passé, au début des années 1600 jusqu’aux années 1900. On y découvre la façon dont les premiers colons se nourrissaient ainsi que l’importance de la cuisine autochtone qui a été transmise aux premiers arrivants. Par la suite, l’importation de produits de France et la Conquête par les Britannique vont changer énormément la façon dont les gens cuisinaient et ce qu’ils mangeaient.

« Selon James Smith en 1755, les Caughnawagas de retour de leur chasse hivernale rapportent avec eux beaucoup de graisse d’ours, de sucre d’érable et de la venaison séchée et font des festins où ils invitent les gens et partagent la nourriture. L’horaire des repas est celui de l’appétit. Ils n’ont pas d’heures de repas régulières et refuser de manger est considéré comme une impolitesse. »

Cet ouvrage est passionnant. On apprend quels aliments étaient disponibles à l’époque et pour qui (le statut social jouant un rôle dans l’acquisition de nourriture et dans la disponibilité des produits), la relation que les gens avaient avec l’alcool, les rations imposées au fil des ans et les changements qui ont été apportés à l’histoire culinaire. Il est intéressant de voir que certains aliments qui ont été populaires en leur temps, ont par la suite été boudés, comme la courge et le maïs. Ils sont heureusement redevenus populaires aujourd’hui.

« Les Autochtones sont généreux, partagent le produit de la chasse entre eux car ils ont le sens de l’hospitalité que seuls les nobles possèdent toujours en Europe, d’après Lescarbot. Ils sont très charitables et leur code de civilité leur impose, lorsqu’on fait bonne chasse, d’en distribuer une partie aux anciens, aux parents et aux amis. Ils dînent à 40 ou 50 mais ce nombre peut se rendre jusqu’à 300, de sorte que le terme festin puisse s’appliquer. »

Le livre débute par le chapitre Manger à la mode autochtone et aborde les différentes habitudes alimentaires, des autochtones versus celles des français. Par exemple, les français buvaient de l’eau claire et salaient beaucoup leurs plats. Les autochtones mangeaient beaucoup plus « nature », sans sel, sans gras et buvaient le bouillon dans lequel cuisaient leurs aliments plutôt que de l’eau claire. On voit au fil des ans les changements dans les habitudes, que ce soit par le partage ou l’adoption des coutumes des uns et des autres, ou suite à l’expansion de l’importation de produits venus d’ailleurs.

« L’arrivée de la tourte en mai suscite une mobilisation générales de la population pour chasser cette manne! À peu près tout le monde consomme ce volatile pendant le « temps des tourterelles ». Les bouchers de Québec, en 1710, se plaignent même qu’entre mai et septembre ils vendent beaucoup moins de viande à cause de cette chasse; l’occasion leur fournit un prétexte à demander une hausse du prix du bœuf! »

L’arrivée des britannique chamboule le quotidien, apportant beaucoup de plats sucrés, des desserts, des alcools différents, dont on retrouve encore une grande place dans notre alimentation d’aujourd’hui. Il est vraiment intéressant de comprendre d’où vient notre cuisine, l’héritage apporté par les différents peuples et de voir ce qui nous reste aujourd’hui des changements culinaires apportés en Nouvelle-France.

Le livre contient plusieurs recettes, des menus élaborés selon la classe sociale: à la table du paysan, à la table des missionnaires, des voyageurs, des religieuses, chez le gouverneur français, le marchand, l’aubergiste, le cabaretier et l’administrateur britannique. Il y a beaucoup d’illustrations d’époque, avec les références, où figurent les plats, les repas, le type de chasse, la façon de cuisiner et les moyens qui étaient utilisés. Les illustrations sont vraiment un beau complément car elles nous amènent à voyager dans le passé pour mieux comprendre la façon dont nos ancêtres cuisinaient et se nourrissaient.

On y retrouve plusieurs tableaux représentatifs qui donnent un aperçu de ce qui pouvait être consommé par les familles. On peut mieux visualiser les périodes de rationnement, la disponibilité des denrées et également le rôle de chacun dans la société (militaire, religieux, pensionnaires) qui donnait droit à certaines denrées plutôt qu’à d’autres.

Il s’agit d’un bel ouvrage, avec de nombreuses illustrations. On apprend énormément sur l’aspect culinaire et l’héritage que nous avons reçu. J’avoue que je suis content d’être né à mon époque: les plats proposés ne me font pas toujours très envie! Sauf peut-être certains desserts, comme la mousse au chocolat ou bien les crêpes. Par contre, même si je n’ai pas forcément eu envie de sortir mes chaudrons, j’ai adoré le livre et toute l’histoire autour de la cuisine. Certains plats sont étonnants et juste pour cela, les recettes à la fin en valent la peine. 

J’ai vraiment adoré cette lecture passionnante, à la base de notre cuisine d’aujourd’hui. C’est donc un ouvrage hyper intéressant pour quiconque aime la cuisine et cherche à mieux appréhender notre héritage culinaire.

À table en Nouvelle-France, Yvon Desloges, avec la collaboration de Michel P. de Courval, 2e édition, éditions du Septentrion, 240 pages, 2020

Meurtre au petit déjeuner

Abandonnant le Texas pour l’air salin du Maine, Natalie Barnes a risqué le tout pour le tout en achetant l’auberge de la Baleine grise, un charmant Bed & Breakfast situé dans le Maine, sur Cranberry Island. Cuisinière hors pair, elle adore préparer pour ses invités des gâteaux décadents aux bleuets et des carrés au chocolat au goût d’enfer. Mais le jour où l’un de ses hôtes est retrouvé mort, la police – et la plupart des habitants de l’île – croient qu’elle a en plus trouvé la recette du meurtre parfait. Natalie doit donc mettre la main à la pâre pour trouver le véritable meurtrier si elle ne veut pas perdre l’auberge de la Baleine grise. Ou tout simplement la vie…

J’ai ce livre dans ma pile à lire depuis plusieurs années. Je l’ai lu une fois à sa sortie en 2008 et j’avais bien envie de le relire. Meurtre au petit déjeuner est le premier volet de la série Mystères de l’auberge de la baleine grise qui compte seize titres jusqu’à maintenant. Toutefois, seuls les deux premiers ont été traduits en français, malheureusement. L’éditeur n’a jamais poursuivi la traduction de la série. Avec la mode des polars réconfortants, ce pourrait être une belle idée de les éditer à nouveau. Pour ma part j’ai aussi le second tome dans ma pile à lire, que je compte lire cet automne.

Meurtre au petit déjeuner met en scène une aubergiste, Natalie, nouvellement arrivée dans le Maine. Elle a tout quitté pour ouvrir son auberge et y a investit toutes ses économies. Quand le roman commence, sa nièce Gwen vient de s’y installer pour lui donner un coup de main. L’auberge, la Baleine grise, est située sur une petite île pittoresque appelée Cranberry Island. L’auberge vient tout juste d’ouvrir, elle en est à ses premiers pas et l’argent se fait rare. Un gros promoteur immobilier lorgne sur le terrain adjacent à l’auberge. Il souhaite y construire un complexe hôtelier de luxe. Il détruira du même coup l’habitat et les nids des sternes qui y vivent. Les villageois se mobilisent et un conseil tente d’arrêter l’investisseur. Quand un des hôtes de l’auberge est retrouvé mort, Natalie, qui est encore la petite nouvelle de l’île – dont certains se méfient – devient la coupable parfaite! Elle décide d’enquêter de son côté pour prouver son innocence… ce qui ne se fera pas sans heurts.

Je gardais un bon souvenir de cette lecture et ma relecture a confirmé le plaisir que j’avais eu à lire ce roman. J’ai beaucoup aimé! C’est divertissant et agréable à lire. L’enquête est classique, les personnages sont sympathiques. Il y a un petit côté écologique avec la sauvegarde des nids des sternes et l’aspect maritime (les pêcheurs, les bateaux, le homard) est bien présent. Mais c’est surtout l’ambiance qui est intéressante. Une île du Maine magnifique où l’esprit maritime est très présent, avec ses bateaux et l’éloignement avec le continent. Un lieu où les gens vivent doucement et où les touristes viennent peindre la nature et se ressourcer dans les sentiers.

L’auberge, endroit accueillant par excellence, avec la description des pièces, la cuisine réconfortante de Natalie qui prépare le petit-déjeuner pour ses hôtes. L’épicerie du village tenue par Charlene, qui sert le thé d’après-midi et où Natalie va livrer de petites douceurs à vélo. Une ambiance, une île et une auberge qui donnent assurément envie d’y être. De plus, si vous êtes gourmands, le livre regorge de descriptions de gâteaux et de biscuits. On dévore de bonnes choses à toutes les pages. La fin du livre offre également quelques recettes des plats concoctés par Natalie dans le roman. 

« Après avoir attaché la boîte de scones à l’arrière de mon vieux vélo Schwinn, j’empruntai la route menant à l’épicerie. Tout en pédalant, je respirais à pleins poumons l’odeur des épinettes et des sapins. Seul le bruit de mes roues et des vagues au loin venait briser le silence. C’était si bon d’être dehors au grand air. »

L’enquête, sans être complexe, est quand même intéressante. Les rebondissements sont nombreux et on lit avec plaisir les aventures de Natalie, qui met son nez partout et a tendance à se mettre les pieds dans les plats. On découvre les habitants de l’île et leurs caractéristiques amusantes. 

Une lecture fort agréable, un polar réconfortant et mystérieux où l’atmosphère nous permet de passer un très bon moment!

Meurtre au petit déjeuner, Karen MacInerney, éditions Ada, 337 pages, 2008

Les biscuits Leclerc: Une histoire de cœur et de pépites

Fondée en 1905, la biscuiterie François Leclerc est inextricablement liée à l’histoire du Québec, dont elle épouse et reflète les évolutions. Pour rivaliser avec une concur­rence féroce, pour surmonter tour à tour des incendies, des guerres mondiales et des crises économiques, pour saisir les occasions offertes par la mécanisation, ­l’essor des ­médias publicitaires et les développements informatiques, les générations successives de la famille Leclerc ont dû redoubler d’ingéniosité et de persévérance. Qu’est-ce qui explique cette histoire de succès? Quels furent les choix, les écueils et les bons coups? Quelles leçons tirer de cette expérience plus que centenaire?

Il y a quelques années, j’avais lu un ouvrage de Catherine Ferland, sur la Corriveau, co-écrit avec son conjoint Dave Corriveau. J’avais beaucoup aimé cette lecture et j’avais bien envie de découvrir un autre ouvrage de l’auteure. Si j’ai eu envie de lire Les biscuits Leclerc c’est parce qu’il s’agit d’une entreprise québécoise, fondée chez nous, qui est demeurée québécoise. Rien de plus triste que d’apprendre qu’une entreprise d’ici a vendu ses avoirs à un acheteur d’un pays étranger. Chaque fois, ces nouvelles me brisent le cœur, surtout quand il s’agit d’entreprises connues, bien établies ici depuis des années. Le cas de la biscuiterie Leclerc est intéressant puisque cette entreprise familiale, même si elle a pris de l’expansion au fil des ans, est encore bien établie chez nous et appartient toujours aux Leclerc. 

On ne présente plus les biscuits Leclerc qui trônent sur nos tables depuis 1905. Des biscuits pour le thé, en passant par ceux à la gelée, l’offre de la biscuiterie a beaucoup évolué avec les années. L’entreprise a fait des choix intéressants et a testé plusieurs nouveaux produits, des céréales aux barres tendres en passant par les iconiques biscuits au chocolat frappés du dessin du château Frontenac. Ce biscuit a d’ailleurs détrôné le célèbre whippet! La petite boîte orange connue aujourd’hui sous le nom Célébration est reconnaissable au premier coup d’œil sur les tablettes des épiceries.  Autrefois nommée Frs. Leclerc, la biscuiterie a bien changée depuis sa fondation, tout en gardant ses valeurs familiales et sociales. C’est sans doute ce qui rend la lecture de ce livre intéressante.

L’ouvrage nous offre une mise en contexte de l’époque et du parcours du fondateur, François Leclerc. De la généalogie de la famille en passant par les grandes transformations sociales, l’ouvrage aborde différents thèmes autour de la fondation de l’entreprise. Les premiers pas, naturellement, ainsi que les embûches, souvent reliés aux coûts des produits et aux incendies. Il y a la guerre et ses répercussion, la Grande Dépression, la récession, les années folles, les grandes révolutions, l’avènement de l’informatique et les changements au sein de la famille. Des événements qui ont contribués à changer certaines façons de faire et à implanter encore plus solidement les produits sur les tables québécoises. On réalise qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas les premiers à promouvoir l’achat local. Déjà, dans les années 30 et 40, on incitait la population à faire preuve de civisme et de patriotisme en consommant des produits de chez nous, pour préserver les entreprises et les emplois. 

La biscuiterie, même si elle a connu une grande expansion et vend dans de nombreux pays, est toujours dans la même famille et appartient toujours à des québécois. On apprend beaucoup d’anecdotes sur l’évolution de l’entreprise. Leclerc a été la première biscuiterie à avoir confectionné des produits pour les marques maison de grandes épiceries. À l’époque, c’était pour la chaîne Steinberg. L’entreprise a même ouvert un musée pendant un temps et offrait des parcours scolaires et des activités d’un jour. Un autre point que j’ai trouvé très intéressant: Leclerc a aussi fait l’acquisition de ses propres terres pour produire son avoine et ses pommes! Une belle façon de poursuivre son expérience commerciale en étant à la source même de sa production.

C’est un ouvrage que j’ai beaucoup apprécié, rempli de belles photos d’archives et d’extraits issus des publicités d’époque et de catalogues. L’auteure retrace le parcours du fondateur de la biscuiterie et nous permet aussi d’apprendre plus de choses sur le quotidien des gens au début des années 1900. Le contexte social est tout aussi passionnant que l’évolution du commerce de François Leclerc.

En refermant le livre on se dit qu’il y a de quoi être fiers de cette belle entreprise familiale bien de chez nous!

Les biscuits Leclerc: Une histoire de cœur et de pépites, Catherine Ferland, éditions du Septentrion, 224 pages, 2020