Robot sauvage

Robot SauvageUn cargo fait naufrage. Rozzoum unité 7134, alias Roz, échoue sur une île déserte. Pourra-t-elle survivre dans la vie sauvage?
Une splendide et captivante aventure, pleine de dangers et d’émotion. Un hymne à la nature et à l’amitié.

Ce livre jeunesse est un hommage à la nature, à ses bienfaits et à ce qu’elle nous apporte, en plus d’y coupler une extraordinaire aventure de robot. L’auteur, fasciné par le contraste entre la nature sauvage et la technologie de l’intelligence artificielle nous offre un roman sous forme de conte. Il nous parle de l’étrange naufrage d’un bateau transportant des robots dont un seul est toujours fonctionnel: Roz.

« L’île grouillait de vie. Et maintenant, elle abritait une nouvelle forme de vie. D’un genre étrange: une vie artificielle. »

Ce robot tente d’apprendre à vivre et à se débrouiller dans la nature, que ce soit pour se déplacer ou se faire des amis. Elle se familiarise avec son environnement et apprend à observer ce qui se passe autour d’elle. Elle est différente de toute espèce animale qui vit sur l’île et son acceptation par les autres est difficile. Jusqu’à ce qu’elle détruise un nid par mégarde…

Sa vie changera alors complètement et sa façon de se comporter avec les animaux de l’île aussi. L’auteur, à travers l’histoire de Roz, nous invite à percevoir la nature différemment, au fil des saisons et d’apprivoiser ceux qui y vivent. Son roman est un bel hommage à l’amitié et aux liens qui unissent les membres d’une famille, même si ce n’est pas une famille comme les autres. L’émotion et le sentiment d’appartenance est aussi fort. C’est une très belle histoire.

J’ai aussi aimé que l’auteur n’en fasse pas un roman-bonbon. La nature peut être cruelle, la difficulté d’y survivre aussi et ce n’est pas tout le monde qui en sort vivant. Idem pour la chaîne alimentaire, qui est à la base des relations entre les animaux de l’île. Certains ne reviennent pas. L’histoire est donc à la fois réaliste et anthropomorphique en donnant des caractéristiques humaines aux animaux et aux robots. Du moins à Roz qui n’est définitivement pas un robot comme les autres.

Robot sauvage est à la fois une grande aventure, une histoire de robot et de nature, ainsi qu’un hommage aux différences, à l’acceptation et à l’unicité. L’auteur est talentueux, aussi doué pour l’écriture que pour le dessin. Le roman contient énormément d’illustrations qui sont toutes plus belles les unes des autres. J’adore son travail, surtout quand il met en scène le contraste entre le robot et la faune sauvage. C’est tout simplement magnifique!

« Après plusieurs semaines à étudier les oiseaux à la manière des robots, Roz connaissait le chant de chacun d’eux, savait quand il chanterait et pourquoi. Elle commençait à comprendre les oiseaux. Mais Roz commençait également à comprendre les porcs-épics, les salamandres et les scarabées. Elle découvrit que tous les animaux avaient un langage commun; simplement ils le parlaient chacun d’une manière différente. On aurait pu dire que chaque espèce le parlait avec l’accent qui lui était propre. »

Le roman nous offre une belle aventure, qui laisse de la place à une possible seconde aventure. C’est la raison pour laquelle l’auteur a écrit un autre roman. Il existe une suite à ce livre, en anglais, intitulée The Wild Robot Escape. J’espère vraiment qu’il sera traduit. J’aimerais beaucoup connaître la suite des aventures de Roz et retrouver Joli-Bec, les ours, les castors et tous les autres. Vivement une traduction pour cette suite!

En attendant celui-ci est une très bonne lecture, qui m’a vaguement fait penser à Pax et le petit soldat. Pas à cause de l’histoire mais plutôt à cause de sa forme, une sorte de conte, qui peut plaire autant aux jeunes qu’aux adultes.

Une bien jolie découverte!

Robot sauvage, Peter Brown, éditions Gallimard Jeunesse, 284 pages, 2017

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Montana

MontanaEn route pour rendre visite à un ami, Tex Willer découvre les lieux d’un carnage. Une tribu indienne au complet a été massacrée par le redoutable Tirrell et ses hommes de main, trafiquants de fourrure. Refusant de laisser un tel crime impuni, Tex décide de les traquer.

Le personnage de Tex Willer existe depuis 1948 et est culte en Italie, où plusieurs scénaristes et illustrateurs se sont intéressés à lui. Il existe des centaines d’histoires de ce personnage, d’abord publiées sous forme de fascicules. Je n’avais jamais lu une histoire de Tex Willer avant de repérer celle-ci, créée par Giulio de Vita et Gianfranco Manfredi. Ils font revivre le personnage dans ce western hivernal sous forme de one-shot qui a tout d’un fabuleux récit d’aventure.

« Territoire du Montana. Le climat le plus inhospitalier d’Amérique. On peut commencer la journée en chevauchant sous un ciel serein… pour ensuite se trouver enveloppé, quelques heures plus tard, par le vent glacial du nord! »

En route donc pour le Montana! Tex chevauche dans les magnifiques paysages de cet état américain, en route pour voir un ami. La découverte qu’il fait l’amènera à suivre les traces de trafiquants, à se battre contre un ours, à tenter de cerner les gens et leurs potentielles attaques, avant de reprendre la route pour retrouver Birdy, son grand ami. On a apprend d’ailleurs à travers certains souvenirs de Tex pourquoi Birdy mène maintenant la vie qu’il a en ce moment.

Pendant son voyage, la nuit a apporté avec elle beaucoup de neige. Les paysages sont à couper le souffle et l’illustrateur les rend magnifiquement bien. Visuellement, c’est une bande dessinée vraiment agréable à découvrir. Le dessin est soigné, très réaliste et vraiment très beau.

Tex retrouve son ami, qui s’occupe maintenant du poste de traite le plus éloigné de l’American Fur Company. Il est en territoire indien, mais n’avait jamais eu de problèmes avant l’arrivée de Tirrell, une brute sanguinaire aux décisions qui ont de graves conséquences. Il est dangereux et Tex devra l’affronter…

Montana est un western classique, avec juste ce qu’il faut d’histoire et d’action pour être captivante. J’ai passé un excellent moment avec Tex et Birdy. La présence amérindienne, les grandes chevauchées dans des paysages enneigés époustouflants et l’univers de la traite des fourrures avaient tout pour me plaire. Ce fut donc une excellente lecture! Si les mêmes auteurs décident de reprendre le personnage de Tex et de lui offrir d’autres aventures, je suis preneuse!

Montana, Giulio de Vita & Gianfranco Manfredi, éditions Le Lombard, 48 pages, 2018

Le club de l’ours polaire t.1: Stella et les mondes gelés

club de l'ours polaireStella Flocus Pearl a toujours voulu accompagner son père sur les terres inconnues de ses voyages. Son rêve se réalise le jour de ses douze ans : partir en exploration avec le Club de l’Ours Polaire ! Aux côtés d’un chuchoteur de loups, d’un magicien snob et arrogant, et d’un demi-elfe timide et maladroit, Stella se lance à la conquête des étendues polaires. Mais une catastrophe vient bouleverser l’expédition et d’innombrables dangers se dressent bientôt sur leur chemin.

Il y avait un moment que je souhaitais découvrir ce livre qui m’attirait beaucoup. La couverture déjà, est vraiment magnifique avec ses couleurs bleutées et son titre texturé. Le thème avait tout pour me plaire: une expédition dans le froid polaire et beaucoup d’aventures. Est-ce que j’ai aimé? J’ai adoré! J’ai dévoré ce roman hivernal en quelques heures. Ça se lit tout seul, les aventures s’enchaînent et on ne s’ennuie pas une seconde!

Le club de l’ours polaire, qu’est-ce que c’est? C’est un club d’explorateurs. Il en existe quatre dans le monde où vit Stella et chacun se spécialise dans des lieux différents. On trouve d’ailleurs en fin de volume les règlements pour chacun des clubs. Le père de Stella, Felix, fait partie de celui de l’ours polaire. Il va donc souvent dans les mondes glacés et raconte ses aventures à sa fille, qui rêve de devenir exploratrice. Sauf que cette profession n’est pas vraiment autorisée pour les filles, où l’on souhaite plutôt les voir coudre, chanter et marcher avec des livres sur la tête. Stella détonne un peu dans cet idéal auquel elle n’a que faire, tout comme son père d’ailleurs. Elle est passionnée par les cartes, mange de la glace au petit-déjeuner, s’amuse avec les dinosaures nains qui vivent dans l’orangerie et a un ours polaire comme animal de compagnie. Felix adore sa fille et il aime bien contourner les règlements, parfois. C’est un père adoptif adorable, que le lecteur aime tout de suite. C’est un très beau personnage.

« Felix était capable de pédaler sur un grand bi, de faire des tours de cartes, et de fabriquer des petits oiseaux volants en papier. Si cela ne suffisait pas pour être adoré, que fallait-il d’autre? »

Felix doit partir en expédition. Avec son club, ils doivent être les premiers à atteindre les Mondes gelés. Stella fera donc partie du groupe des explorateurs junior. Elle s’embarquera avec son ami Dragigus, fera la connaissance de Shay, un chuchoteur de loups, et devra s’accommoder de la présence d’Ethan, un explorateur junior désagréable d’un autre club, venu exprès pour participer à l’exploration des Mondes gelés. Alors que toute l’expédition débarque dans le froid polaire, une catastrophe sépare les explorateurs junior du reste de l’expédition. Ils devront se débrouiller seuls…

« Il ne faut pas avoir peur de vivre et de prendre des risques. Sinon, on ne s’amuse pas beaucoup. »

Le club de l’ours polaire est un monde merveilleux qui s’inspire des contes, surtout dans sa seconde partie. L’univers créé par Alex Bell est magique, une sorte de croisement entre Les royaumes du Nord et Les animaux fantastiques. Le monde de Stella regorge de créatures magiques, certaines gentilles, d’autres menaçantes. Elles ont toutes différents pouvoirs. Entre les oies qui pondent des œufs magiques qui permettent de faire apparaître le repas de ses rêves et les Engeleurs, des créatures féroces de qui on doit se méfier, les jeunes explorateurs doivent apprendre à déceler à qui ils doivent faire confiance et quelle magie est inoffensive. Chacun des membres a aussi un pouvoir différent et en mettant leurs forces ensembles, ils réussissent à s’entraider. Il n’y a que Stella qui semble n’avoir aucun pouvoir, cependant elle découvrira certaines choses sur sa famille au fil des aventures.

Il y a de très belles trouvailles magiques dans ce roman et aussi beaucoup d’humour. Par exemple, Le club de l’ours polaire fait une vraie fixation sur les moustaches de ses membres.

« Les explorateurs de l’Ours Polaire devront garder à tout moment leur moustache taillée, cirée et généralement bien entretenue. Tout explorateur avec une moustache négligée sera prié de quitter les salles communes du club sur-le-champ. »

Le club offre aussi à ses nouveaux membres, un trousseau d’entretien pour moustache. Les choses se compliquent un peu quand Stella arrive puisque c’est une femme! La première à entrer dans le club.

« Elle se jura de prouver qu’une fille était en tout point aussi capable qu’un homme de partir en exploration. Sans doute plus, même, puisqu’elle n’avait pas besoin de se soucier de sa moustache. »

Stella est un personnage féminin fort et courageux. Fonceuse, elle affronte les événements et fait preuve de beaucoup d’ouverture. Shay est un personnage très intéressant, par son grand calme, sa maturité et ses dons avec les loups. Il est aussi le seul à avoir une créature spirituelle. Dragigus est le maladroit du groupe, qui est souvent perçu comme quelqu’un d’étrange. Ethan est détestable, mais il cache aussi certaines choses qu’il est intéressant de découvrir au fil des pages. Ce jeune équipage vit d’incroyables aventures polaires pour notre plus grand plaisir!

Le club de l’ours polaire: Stella et les mondes gelés est le premier tome de ce qui devrait être une trilogie. La fin du premier livre nous garde en haleine pour le prochain et je dois avouer que j’ai très hâte que la suite soit publiée. J’ai aimé cet univers glacé où la neige et le froid sont partout. C’est une lecture parfaite pour l’hiver.

J’ai passé un excellent moment et je vous conseille ce livre si les romans d’aventure jeunesse vous plaisent! L’histoire donne une furieuse envie de s’installer avec une couverture et un chocolat chaud pour lire. D’ailleurs le chocolat chaud est partie prenante de tout club d’explorateurs qui se respecte!

À noter que le roman contient, au fil des pages, de belles illustrations de l’illustrateur Tomislav Tomic, reconnu pour avoir donné vie à plusieurs textes de l’univers d’Harry Potter.

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Le club de l’ours polaire t.1: Stella et les mondes gelés, Alex Bell, illustrations de Tomislav Tomic, éditions Gallimard jeunesse, 368 pages, 2017