La fille qui n’aimait pas Noël

Ben travaille dans une grande maison d’édition mais il est cantonné à rédiger des lettres de refus à des auteurs malheureux jusqu’au jour où… il découvre un manuscrit qui pourrait révolutionner la littérature et donner un élan salvateur à sa carrière. Il part donc à Arnac-la-Post, capitale mondiale de Noël fière de son concours de chocolat chaud, ses tours en calèche et son célèbre marathon, pour convaincre le mystérieux auteur de signer son contrat d’édition. Arrivé sur place, rien ne se passe comme prévu. L’écrivain propose à Ben un drôle de marché : redonner le sourire à Laly, sa fille, en échange de sa signature. Entre sa timidité maladive et sa phobie de Noël, Ben parviendra-t-il à remplir sa mission ?

Après avoir lu un extrait de ce livre, j’ai eu envie de l’ajouter à ma liste de livres de Noël pour cette année. Parce que ce roman me semblait un peu différent des comédies romantiques de Noël habituelles. Tout d’abord, et malgré le titre, le narrateur est un homme, ce qui est assez rare dans les comédies romantiques en général, encore plus celles de Noël.

Ben est un grand solitaire, lecteur, rêveur, qui ne se mêle pas beaucoup aux autres et a un peu de difficultés à évoluer en société. C’est surtout un grand timide. Il est employé par un prestigieux éditeur et sa tyrannique patronne, et il passe ses journées à rédiger des lettres de refus à de futurs écrivains. Il a prit l’habitude, même si on lui répète que ce n’est pas son travail, de choisir un manuscrit refusé dans la pile et de le lire jusqu’au bout, comme s’il était l’éditeur qu’il rêve de devenir.

« Le problème quand on s’arrange pour se faire oublier est qu’on finit par s’oublier soi-même. »

Quand il tombe sur une perle rare, un manuscrit si beau qui le touche particulièrement, il réussit à convaincre sa patronne d’aller rencontrer l’auteur pour lui faire signer un contrat. Il voit cette opportunité comme une occasion de devenir enfin éditeur. Il part dans un petit village qui se trouve être la capitale de Noël. Le problème? Ben déteste Noël! Il est encore plus déstabilisé quand il rencontre l’auteur du livre, qui ressemble au père Noël et que celui-ci accepte de signer le contrat uniquement si Ben réussit à faire retrouver l’esprit de Noël à sa fille… une tâche bien compliquée pour Ben!

Ben est un personnage qu’on retrouve peu dans les comédies romantiques, ce qui est plutôt rafraîchissant. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman que j’ai trouvé original dans son genre et intéressant à cause de tout ce qui est en lien avec la maison d’édition, le manuscrit et l’écriture. J’ai toujours un faible pour les livres qui parlent de livres, d’écrivains, ou d’éditeurs. Il y a aussi l’ambiance de Noël de ce petit village obsédé par les festivités et son marathon de Noël. On rêve de se retrouver à l’auberge d’Angelica la voyante et de rencontrer Cristal. Les personnages sont attachants. Mention spéciale à Phineas le geek que j’ai adoré et à Robert Courrier, sans doute le maire le plus omniprésent du monde!

Le festival de Noël, ses activités plutôt intenses et la population qui prend tout cela bien au sérieux, créent des situations rocambolesques et totalement inattendues. C’est un roman léger et drôle qui était parfait pour mes vacances des Fêtes. 

Un roman divertissant qui fait sourire.

La fille qui n’aimait pas Noël, Zoe Brisby, éditions Michel Lafon, 333 pages, 2022

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Green Manor

Lord paralysé qui cherche à se venger de l’amant de sa femme ; petit bonhomme insignifiant persuadé l’être l’Ange de la Mort ; médecin passionné rêvant d’examiner le cerveau du grand poète et peintre William Blake : les gentlemen croisés au très select Green Manor Club sont pour le moins inquiétants. Car derrière la splendide façade victorienne se cachent en fait les passions les plus violentes et les pulsions les plus meurtrières.

J’ai découvert Green Manor au début des années 2000. Ces historiettes de Club privé, où les gentlemen se racontent des histoires criminelles me plaisaient beaucoup. J’ai été particulièrement heureuse quand l’éditeur a réédité ces histoires en un magnifique intégral. Je ne pouvais assurément pas passer à côté. Ce recueil de bandes dessinées contient 18 historiettes criminelles, teintées d’humour noir, qui sont un vrai plaisir de lecture!

Nous sommes à la fin des années 1800. Un domestique du Green Manor est interné dans un hôpital psychiatrique. Il aurait été frappé d’une crise de démence à quelques jours de sa retraite. Son histoire encadre l’ensemble des historiettes que l’on retrouve dans ce recueil. Ce qu’il raconte laisse les gens perplexes autour de lui et son médecin traitant. Mais si ce qu’il disait était vrai?

Green Manor est un Club privé où se retrouvent les messieurs pour passer du bon temps et discuter. Un vrai Club comme on se l’imagine, avec des cigares et un petit verre pour passer le temps. Mais ce Club est particulier. Les crimes sont souvent au menu des rencontres. Les hommes s’amusent à décortiquer des affaires criminelles et à élaborer toutes sortes de plans pour commettre le meurtre parfait. 

Mais au Green Manor, on ne se contente pas seulement d’en parler. Parfois, on passe à l’acte. Les 18 histoires que l’on retrouve dans ce recueil parlent d’empoisonnement, de testaments, de vengeance, de crime sans victime, de chasse à l’homme, de déduction à la Sherlock Holmes, et du meurtre considéré comme l’un des beaux-arts. Car au Green Manor, « le meurtre n’est rien sans un peu d’élégance. » 

« -J’approuve entièrement l’écrivain De Quincey lorsqu’il considère l’assassinat comme un des beaux-arts. Mais force est de constater qu’il manque à cet art un véritable chef-d’œuvre. 

-Et si plutôt que d’attendre passivement, nous tentions de réaliser nous-mêmes ce chef-d’œuvre? »

J’adore cette bande dessinée! Elle est vraiment amusante et c’est un vrai plaisir que de s’y plonger, tant pour les petites histoires que pour le contenu visuel. Les dessins sont plaisants et cette édition est tellement belle. Green Manor nous offre une atmosphère typique des clubs de cette époque, des histoires criminelles bien rodées aux revirements amusants. Toute la bande dessinée est teintée d’humour noir et de scènes absurdes. On y retrouve de nombreux clins d’œil littéraires également. C’est une très belle lecture qui me rappelle le Club des veufs noirs d’Isaac Asimov (que j’adore et qui est malheureusement assez inconnu dans l’œuvre d’Asimov).

Il faut aussi souligner la beauté de l’ouvrage, qui est très soigné, avec un signet cousu, une page intérieure colorée et l’aspect usé d’un vieux bouquin. Il est complété par un important cahier graphique. Un véritable plaisir pour les yeux!

Green Manor, 18 délicieuses historiettes criminelles, Denis Bodart & Fabien Vehlmann, éditions Dupuis, 216 pages, 2018

La malédiction de Sarah Winchester

1886. San Jose, Californie. Une riche veuve solitaire et recluse. Une demeure labyrinthique, en éternelle expansion. Des portes qui ouvrent sur des murs et des escaliers qui butent sur des plafonds. L’ombre des massacres perpétrés par les carabines Winchester. Et une rumeur qui enfle… la maison serait hantée et sa propriétaire, maudite ! Dans cette enquête où se croisent esprits vengeurs, bâtisseurs de l’étrange, génocide amérindien et presse de caniveau, Céline du Chéné démêle le vrai du faux. Elle nous entraîne dans les pas de Sarah Winchester, une femme fascinante, et révèle une vérité qui dépasse la fiction.

J’ai lu La malédiction de Sarah Winchester, la contre-enquête de Céline du Chéné. J’ai découvert l’histoire étrange de Sarah Winchester pour la première fois en 2004, en lisant une bande dessinée qui y était consacrée. Naturellement par la suite j’ai épluché internet pour en savoir plus, avec tout ce que cela comporte de légendes mystérieuses.

La maison Winchester existe vraiment. Elle est phénoménale. La légende raconte que Sarah, héritière de la compagnie Winchester qui a créé cette arme à feu mythique, s’est exilée après de nombreux décès dans sa famille, dont celui de son mari et de leur fille. Suite à une séance de spiritisme, pour contrer la malédiction et avoir la vie sauve, elle devait construire 24h sur 24 sa maison afin de perdre les âmes errantes et expier les décès occasionnés par les carabines qui l’ont rendue riche. Elle aurait construit sa maison pendant des années, véritable labyrinthe comprenant des milliers de fenêtres, des escaliers qui mènent au plafond, des portes qui ouvrent sur des murs. Mais qu’en est-il vraiment?

Cet ouvrage est intéressant puisqu’il tente de décortiquer, à travers les archives, la véritable histoire de Sarah Winchester. De femme en deuil à moitié folle qui dilapide son argent, à une femme indépendante qui fait des choix que la société ne lui offre pas d’emblée, ce livre amène un éclairage intéressant sur une femme qui est devenue une légende terrifiante pour de mauvaises raisons.

« Sarah Winchester redistribue les rôles du masculin et du féminin dans sa maison et, de surcroît, s’impose dans le domaine très phallocrate de l’architecture. Construire, seule, une maison peut s’interpréter aujourd’hui comme le combat d’une femme contre l’enfermement et la logique du patriarcat. »

Le livre est assez court et survole plutôt son sujet. Il faut dire aussi que les archives ne sont pas très bavardes au sujet de Sarah Winchester. Toutefois la seconde partie est plus consistante et je l’ai trouvé plus intéressante. Peut-être parce qu’on replace l’histoire de Sarah dans son véritable contexte et dans la société dans laquelle elle vivait, le rôle qu’on attribuait aux femmes et ce qui attendait celles qui n’entraient pas dans le moule. Il y est question de la passion qu’entretenaient les gens de son époque pour le spiritisme et les conséquences de l’histoire américaine (l’extermination des peuples autochtones, entre autres) sur le regard que les gens pouvaient alors porter sur leur univers. Céline du Chéné a aussi visité la Maison Winchester et nous en rapporte un compte-rendu détaillé, ses réflexions, ainsi que ses découvertes dans les archives de la région. 

Une bonne lecture pour remettre les choses en perspective. Je suis contente de l’avoir lu. Les livres autour de la Maison Winchester et surtout, sur Sarah, sont très rares. Il existe aussi le film Winchester, réalisé par Michael et Peter Spierig, sorti en 2018. Je l’ai regardé tout de suite après ma lecture et j’ai plutôt aimé, c’était divertissant. L’histoire joue principalement avec ce que l’histoire a retenu de la légende de Sarah Winchester: le personnage féru de spiritisme et endeuillé, couplé à une ambiance fantomatique. Pour avoir une meilleure idée de qui a pu être Sarah, je vous invite à lire le livre, qui se rapproche sans doute plus de la vérité. 

La malédiction de Sarah Winchester, Céline du Chéné, éditions Michel Lafon, 235 pages, 2022

La Traversée des temps t.2: La Porte du ciel

L’éternité n’empêche pas l’impatience : Noam cherche fougueusement celle qu’il aime, enlevée dans de mystérieuses conditions. L’enquête le mène au Pays des Eaux douces — la Mésopotamie — où se produisent des événements inouïs, rien de moins que la domestication des fleuves, l’irrigation des terres, la création des premières villes, l’invention de l’écriture, de l’astronomie. Noam débarque à Babel où le tyran Nemrod, en recourant à l’esclavage, construit la plus haute tour jamais conçue. Tout en symbolisant la grandeur de la cité, cette Tour permettra de découvrir les astres et d’accéder aux Dieux, offrant une véritable « porte du ciel ». Grâce à sa fonction de guérisseur, Noam s’introduit dans tous les milieux, auprès des ouvriers, chez la reine Kubaba, le roi Nemrod et son architecte, son astrologue, jusqu’aux pasteurs nomades qui dénoncent et fuient ce monde en train de s’édifier. Que choisira Noam ? Son bonheur personnel ou les conquêtes de la civilisation ?

Après avoir lu et beaucoup aimé Paradis perdus, j’avais bien hâte de me plonger dans La porte du ciel. Ce livre est le second tome de l’imposante saga en cours d’écriture d’Éric-Emmanuel Schmitt, un auteur que j’adore. La série peut paraître impressionnante, puisqu’elle comportera huit tomes, mais la lecture est vraiment intéressante et on lit ces pavés sans réaliser le nombre de pages, tellement le projet est captivant. Réaliser un portrait de l’histoire de l’humanité sous forme de roman est colossal. 

« Le monde n’avait pas trouvé qu’un miroir dans l’écriture, il y avait gagné des portes, des fenêtres, des trappes, et des pistes d’envol. »

Avec ce livre nous retrouvons Noam, doté d’immortalité, qui est à nouveau séparé de son amoureuse Noura. Parti à sa recherche et voyageant dans le temps, il découvre cette fois encore une nouvelle période de l’humanité et il doit s’y adapter puisqu’il ne provient pas de cette époque. En lien avec l’histoire de la tour de Babel, ce roman raconte le début de certaines civilisations, la confrontation avec l’esclavage, les débuts de l’écriture, les langues.

« Hélas, je passais le reste du temps en enfer. Aurais-je résisté privé de félicité domestique? J’affrontais des jours noirs chez les esclaves. Jamais je n’avais rencontré pareille misère, sans doute parce qu’elle faisait irruption dans l’histoire du monde… »

Noam devient un guérisseur, il y est donc question de botanique et de médecine également. Axé sur le savoir, la botanique, les plantes et l’apprentissage, le roman parle beaucoup d’histoire. C’est le début des grandes maladies comme le choléra et Noam se questionne en tant que guérisseur, pour réussir à comprendre et à trouver des remèdes. C’est intéressant car on découvre les époques et les découvertes qui ont été faites dans plusieurs domaines. Certaines notes de bas de pages offrent aussi un complément historique à ce qui se déroule dans le roman. C’est l’évolution de l’humanité que raconte l’auteur, celle des premières découvertes, de l’élaboration des villes et des premières grandes innovations qui ont changé la face du monde.

« Je parvins ainsi à sauver de plus en plus de vies. Roko, qui m’accompagnait, m’imitait et s’approchait avec compassion des égrotants. Il les regardait, il gémissait, donnant l’impression d’aspirer leur douleur. Il léchait certaines plaies. Les premières fois, il intervint sans que j’y prêtasse attention tant que je démenais, donc je ne l’en empêchai pas. Bien m’en prit! On me rapporta peu après que mon chien me concurrençait: des blessures avaient accéléré leur cicatrisation, des infections de peau avaient diminué, le bruit courut même qu’un enfant famélique dont il avait effleuré les paupières s’était remis à voir. On l’appela le « chien guérisseur ». »

Si le premier tome comportait peut-être un peu plus de rebondissements, j’ai pour ma part adoré celui-ci puisque l’histoire, les connaissances, l’apprentissage en général, les nouvelles technologies de l’époque et le développement du savoir humain sont beaucoup plus détaillés dans ce roman. On y apprend une foule de choses, on suit avec intérêt les découvertes de Noam et on apprend, tout comme lui, comment l’humanité s’est développée. Dans ce second volume, Noam va en apprendre plus sur les raisons de son immortalité. Sa position devient dangereuse et il doit se protéger pour sauver sa vie.

Comme dans le premier tome, les liens bibliques me semblent présents surtout pour faire une liaison entre les époques et marquer l’histoire de l’humanité. On retrouvait l’histoire du déluge dans le premier tome et ici, la construction de la tour de Babel. Toutefois, il s’agit vraiment d’une réécriture sous forme de roman. L’auteur puise son inspiration dans les textes sacrés, l’histoire et la science. Le résultat est vraiment intéressant. On reste avec un même noyau de personnages, mais comme on change d’époque, on suit l’évolution de l’humanité et on découvre de nouveaux personnages.

« Il y a deux sortes d’humains: les arbres et les cailloux. Les arbres existent par leurs racines, les cailloux roulent d’eux-mêmes. L’arbre pousse dans la forêt, entouré des autres, et s’étiole sitôt qu’il quitte sa terre. Le caillou dévale les chemins selon sa propre dynamique; si un obstacle l’arrête, il repart et ne s’immobilise qu’au plus bas. J’appartenais aux cailloux, Saul aux arbres. Je voyageais, il se perdait. Je cherchais, il regrettait. »

Un deuxième tome réussi qui me donne assurément envie de poursuivre la saga et de lire bientôt le troisième tome. Il m’attend d’ailleurs dans ma pile et cette fois il aborde la civilisation Égyptienne. Ça semble très prometteur! Schmitt est un auteur que j’adore et on sent que son travail de recherche est soigné. Sa plume est toujours agréable à lire, ses mots sont choisis avec soin. Ne vous laissez pas rebuter par ces pavés qui semblent imposants. L’histoire en vaut le détour.

Une très bonne lecture pour ma part et une série originale et documentée que je ne peux que vous conseiller. 

La Traversée des temps t.2: La Porte du ciel, Eric-Emmanuel Schmitt, éditions Albin Michel, 576 pages, 2021

Pygmalion et la vierge d’ivoire

Le sculpteur Pygmalion éprouve une fascination pour sa création qui représente une jeune femme sous le nom de Galatée. À travers cette oeuvre le sculpteur a façonné un idéal féminin, au point d’en perdre la raison et de tuer son maître… Pygmalion ne remarque pas l’amour que lui voue une autre femme, Agapé, bien réelle, elle. Désespérée face à l’indifférence du sculpteur, elle finira par se donner la mort. Aphrodite, la déesse de l’amour, décide pourtant de donner vie à la sculpture, répondant ainsi au voeu de Pygmalion… Mais il y aura un prix à payer ! 

C’est la couverture et le dessin qui m’ont attiré vers cette bande dessinée. Et je n’ai pas été déçu. Pygmalion et la vierge d’ivoire nous raconte l’histoire d’un sculpteur en mal d’inspiration. Il sculpte la pierre et travaille son art, mais il n’est pas très satisfait du résultat. Il a continuellement l’impression que son travail n’est pas complet, qu’il manque quelque chose à ses œuvres. Ses œuvres n’ont pas d’âme et elles le déçoivent. Elles lui laissent un goût amer d’inachevé.

« Dans la demeure, les jours passent. Le savoir que Pygmalion avait acquis de Copias lui semblait stérile. Aucun marbre, aucune pierre n’inspirait le jeune homme. Le malheureux se croyait dépourvu de talent. À quoi bon s’acharner? »

Lorsqu’il voit en songe la déesse Aphrodite, déesse grecque de l’amour, du désir et de la beauté, il décide de la sculpter. Elle sera sa muse et son inspiration. Rapidement son œuvre devient une vraie obsession pour lui. Il est obnubilé par elle, au détriment des gens qui sont à ses côtés et de la vie qui se déroule autour de lui. Sa passion pour son art et sa représentation risque de le faire passer à côté du véritable amour. 

« Du haut de ses vingt ans, il prétendait qu’aucune femme ne pouvait trouver grâce à ses yeux… tant il voyait leurs défauts. »

Pygmalion et la vierge d’ivoire est une bande dessinée qui m’a beaucoup plu. C’est une histoire d’amour et de rejet, autour du mythe d’Aphrodite. Une histoire qui parle de mythologie grecque, d’art et de sculpture, mais aussi de passion et d’obsession. Les auteurs ont le projet de revisiter l’histoire de plusieurs dieux de la mythologie, ce qui me donne bien envie de découvrir les autres livres. Il y en a déjà deux autres de parus que je lirais bien si l’occasion se présente.

J’ai passé un très bon moment avec cette histoire, qui aborde des thèmes universels et parle d’art. J’ai aimé cette lecture autant au niveau du texte que du dessin. Le trait de crayon est très réaliste et très agréable. Une belle découverte!

Pygmalion et la vierge d’ivoire, Serge Le Tendre, Peynet F, éditions Dargaud, 80 pages, 2022