Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant

Ma vie dans les bois 8En vivant dans les bois, la sensibilité de Shin envers la nature n’a cessé de grandir. Aussi, lorsqu’il découvre « La Vie secrète des arbres », le célèbre livre de Peter Wohlleben, il se remémore de nombreux souvenirs : ceux de son installation dans les bois, mais aussi de sa tendre enfance… C’est alors qu’un rêve de gosse inachevé lui revient : construire une cabane dans un arbre ! Il se lance bille en tête dans ce nouvel objectif.

Déjà le tome 8 de cette fabuleuse série manga, sans doute ma préférée d’entre toutes. Toujours avec humour, simplicité et avec un regard lucide sur ce qu’il fait, Shin Morimura nous amène avec lui dans de nouveaux projets: la construction d’une maison dans les arbres. C’est un vieux rêve d’enfant qu’il souhaite réaliser.

« Enfants, on rêvait d’une maison dans les arbres mais on n’était pas assez forts pour la faire. Une fois adultes, on oublie ce rêve, c’est comme un mirage. Mais quand on est las de la vie quotidienne, on repense à cette cabane avec nostalgie. »

L’auteur fait de nombreuses références culturelles et littéraires à la cabane dans les arbres et c’est très intéressant de lire tout le processus allant du rêve à la création. La cabane dans les arbres, c’est le symbole absolu de la liberté, surtout lorsqu’on est enfant. Ce projet est au centre de ce huitième tome, même si l’auteur, fidèle à son habitude, aborde toutes sortes d’autres sujets.

« Tout ce qui semblerait inutile et déraisonnable, au fond, ça apaise nos esprits et ça nous fait du bien. »

J’ai été attirée par la mention du célèbre livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, que Shin découvre. Ce livre totalement fascinant m’avait beaucoup plu et il fait une forte impression sur le mangaka qui n’ose plus couper ou s’approcher des arbres sans avoir l’impression de leur infliger une grande douleur (et de les entendre par le même fait…). Il y a des passages très drôles et très touchants également sur sa relation avec la nature.

Outre la cabane, Shin se lance aussi dans la poterie, déguste des insectes, prépare l’hiver à venir et part à la pêche au saumon (une pêche-test sur invitation) dans une rivière anciennement dévastée par un tsunami où la vie revient doucement. Ses explications sont très intéressantes. On apprend une foule de choses sur le saumon, la pêche et ce désastre écologique pour la région.

Comme à son habitude, Shin Morimura accompagne son manga de « courrier » où il s’adresse au lecteur et joint des photos de ses projets. Un petit plus qui donne un caractère d’authenticité à son histoire.

Passionnant, comme toujours! Si vous ne connaissez pas cette série et que la vie en autarcie et la nature vous intéresse, c’est une série à découvrir! Le ton est souvent plein d’humour et très abordable, même quand l’auteur parle de construction ou de techniques diverses. Une excellente lecture, qui me plaît toujours autant qu’au début.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Ma vie dans les bois t.8: rêve d’enfant, Shin Morimura, éditions Akata, 160 pages, 2019

De la nature des interactions amoureuses

De la nature des interactions amoureuses« Mon inventaire de l’amour se résume à peu près à Alexandra, alors que le sien se partage entre moi-même et d’autres ». Face à ce constat amer, Joseph, un jeune scientifique, imagine une série d’équations pour contraindre son amoureuse volage à n’aimer que lui. Mais peut-on soumettre l’alchimie des sentiments aux lois de la science ?
C’est la question, drôle et grave, que pose Karl Iagnemma dans ces nouvelles délicieusement ironiques où mathématiciens, universitaires et chercheurs tentent de rationaliser le domaine des sens, abordant de manière insolite l’adage de Pascal selon lequel « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». Quitte à se heurter à d’autres énigmes, bien plus insolubles…

Lorsque j’ai vu que ce nouveau livre de Karl Iagnemma était publié, j’ai tout de suite voulu le lire. Il y a quelques années (dix ans plus exactement pour l’édition en français), l’auteur avait fait paraître un roman: Les expéditions. J’avais adoré ce livre, un pavé que j’avais trouvé passionnant et bien écrit. Cette fois, l’auteur publie son premier recueil de nouvelles avec De la nature des interactions amoureuses. Chaque histoire aborde l’amour sous différentes formes et la science. Si les deux semblent incompatibles à première vue, les histoires que nous offrent l’auteur mettent toutes en scène des hommes et des femmes de science, ou des passionnés, ainsi que leur incapacité à vivre pleinement une relation amoureuse satisfaisante.

« Tu devrais faire confiance aux mathématiques. Rien n’est trop complexe pour que les mathématiques ne puissent en rendre compte. »

Les nouvelles de Karl Iagnemma sont passionnantes. Elles abordent différents sujets: médecine, mathématiques, gestion forestière, géométrie, phrénologie, mais aussi le commerce, les amérindiens, l’art et le travail dans les mines. Les histoires ont toutes le point commun de mettre en scène des personnages qui cherchent à s’élever dans leurs domaines respectifs et à tenter de maintenir ou de trouver l’amour. Le cœur et la science sont-ils incompatibles?

Dans ce recueil, nous nous retrouvons à plusieurs époques. Certaines nouvelles sont plus contemporaines alors que d’autres se déroulent dans les années 1800. Celles-là m’ont fait penser bien souvent à l’atmosphère qui m’avait plu dans Les expéditions, roman qui se déroulait en 1844.

De la nature des interactions amoureuses contient huit nouvelles, dont la première donne son titre au recueil. Chaque histoire est très différente de la précédente et mêle souvent des extraits de journaux, parfois des symboles mathématiques, d’autres fois des extraits de lettres ou de notes. Voici un petit résumé de chacune des nouvelles du recueil:

De la nature des interactions amoureuses
Cette histoire se déroule en milieu universitaire. Joseph est amoureux d’Alexandra, la fille de son directeur de thèse, qui de son côté ne l’aime pas assez. Joseph comprend bien mieux les mathématiques que les histoires d’amour. En parallèle de ses observations, il nous parle du journal d’un suédois qui fonda la ville de Slaney où se déroule la nouvelle.

Le rêve du phrénologue
Jeremiah, phrénologue, cherche dans les bosses et l’apparence des crânes qu’il ausculte, la femme parfaite qu’il pourrait épouser.

Le théorème de Zilkowski
À un colloque de mathématiciens, Henderson remet en question publiquement une partie de la théorie exposée par son ancien ami, Czogloz. C’est Marya qui est au centre de ce trio et qui alimente mensonges et désir de vengeance.

L’approche confessionnelle
Freddy, ancien étudiant en psychologie et Judith, artiste et ancienne étudiante en physique, décident de démarrer leur propre entreprise de mannequins en bois. Des questions morales mettent leur couple en péril.

L’agent des Affaires indiennes
Cette histoire, écrite sous forme de journal, débute en 1821. L’homme vit dans le baraquement d’une garnison et s’occupe de faire le lien entre les colons Blancs et les Amérindiens.

Règne, ordre, espèce
Une jeune femme ayant étudié en gestion forestière se passionne pour un ouvrage, Woody Plants of North America. Dès qu’elle se croit amoureuse, elle en lit un extrait à son amant…

La femme du mineur
Un mineur, qui risque sa vie sous terre tous les jours, cache à sa femme sa passion pour la géométrie.

Les enfants de la faim
Cette nouvelle, à la fois passionnante et terrifiante, s’inspire des travaux effectués par le Dr. William Beaumont sur Alexis Saint Martin, autour de 1820. L’homme a servi de cobaye pour l’avancée des recherches sur la digestion humaine.

Même si elles sont toutes bien différentes, j’ai aimé toutes les nouvelles du livre, avec une préférence pour Règne, ordre, espèce, qui est originale et qui aurait fait un roman passionnant. Mais la nouvelle se suffit à elle-même également et je l’ai adoré. J’ai aussi une préférence pour Les enfants de la faim, qui m’a poussé à faire quelques recherches sur Beaumont et Saint Martin.

« J’ai remarqué que dans la nature, certains événements sont impossibles à expliquer autant qu’à reproduire: ils existent, tout simplement. Cela suffit à donner de l’espoir. »

Ce recueil a été pour moi une très bonne lecture. J’aime la science en général. J’ai adoré  ces nouvelles et j’aime définitivement beaucoup le style de Karl Iagnemma. Son talent se confirme avec ces histoires. Qu’il écrive un roman ou choisisse les nouvelles pour s’exprimer, il excelle toujours autant. J’ai aimé que l’histoire et la science se côtoient dans plusieurs nouvelles. L’auteur est un chercheur et un scientifique, on le sent dans son écriture. Il crée des histoires qui ont une part de science ou s’inspirent de faits passés. C’est d’autant plus agréable de le lire. Ses sujets sont fouillés et passionnants.

« … quel était le plus noble objectif de la science, sinon expliquer l’homme à lui-même? »

Un auteur qui confirme son talent avec ce second livre. Je vais suivre assurément son travail dans l’avenir. Ses livres me plaisent définitivement beaucoup!

De la nature des interactions amoureuses, Karl Iagnemma, éditions Albin Michel, 320 pages, 2018

Sauvage

SauvageÀ dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : «ne jamais perdre la maison de vue», «ne jamais rentrer avec les mains sales» et surtout «ne jamais faire saigner un humain». Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur. Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.

Sauvage m’a tout de suite attirée, à cause de son titre, de sa splendide couverture et de son thème: l’Alaska, les mushers et la neige. Un livre pour moi, avant même de l’avoir ouvert. J’avoue aussi que le petit mot signé John Irving sur la quatrième de couverture, faisant référence aux sœurs Brontë et à Stephen King m’a grandement intriguée. En plus, il s’agit d’un premier roman. La barre était très haute. C’est donc avec beaucoup d’attentes et l’envie de plonger dans quelque chose de différent que j’ai commencé ma lecture.

Tracy vit avec sa famille en Alaska. Ils ont un chenil et participent à des courses de traîneaux à chiens, dont la célèbre Iditarod. Cependant, tout a changé depuis la mort de sa mère. Le père de Tracy et de Scott a cessé de courir. Ils ont beaucoup moins de chiens qu’avant. Tracy se fait virer de l’école, se bagarre avec les autres, tente de retrouver sa place depuis la mort de sa mère avec qui elle partageait de nombreux secrets.

« Avant , je pouvais tout lui dire. Je lui faisais part d’un problème, il me disait comment le résoudre. Il y avait pas de secrets entre nous. Et puis il y a eu un truc que j’ai pas pu lui dire. Le problème quand on a un secret c’est qu’on en a vite deux. Puis trois, puis tellement qu’on finit par avoir l’impression que tout risque de se déverser sitôt qu’on ouvre la bouche. »

Sa vie est un peu compliquée, alors que celle de Scott, son jeune frère, est un long fleuve tranquille: il lit et dessine la plupart du temps. Tracy, elle, est le genre de fille à passer tout son temps dehors. Elle a besoin d’être dans la nature, de sortir courir, chasser, trapper. C’est vital pour elle.

« Il y a de la satisfaction à courir vite. Quand vous courez vous allez quelque part, mais vous laissez aussi un autre lieu derrière vous. Il y a cette sensation qui se pose sur vous comme une couverture. Elle vient se draper autour de votre esprit et fait taire vos pensées, de sorte que vous pouvez cesser d’écouter les voix qui parlent dans votre tête… »

Elle se passionne pour la trappe et la chasse, pose ses pièges et s’occupe des chiens. Elle lit et relit sans cesse le même récit de survie d’un certain Peter Kleinhaus, Je suis fichu. Elle tente de créer des liens avec certaines personnes – Jesse et Helen – alors qu’elle essaie de protéger ses secrets qui pèsent lourds pour elle…

Il faut savoir avant de lire ce livre, que cette histoire n’est probablement pas ce à quoi vous vous attendez. C’est encore meilleur. Il est toutefois important de ne pas oublier la comparaison avec Stephen King en quatrième de couverture. Parce que Sauvage flirte avec le fantastique. Et que ce qui s’y trouve est étonnant. Le roman a un côté étrange et dérangeant, sanglant par moments, mais toujours surprenant. J’ai adoré parce que l’auteure est inventive. Elle s’approprie certains aspects fantastiques pour en faire une histoire originale.

« Flocons amples, alanguis, pas de vent, le jour tout silencieux autour de moi en dehors du bruit de l’eau qui file sur les galets. Ce genre de silence qui vous pousse à entrer en vous-même, et vous prenez conscience de votre propre respiration, et les pensées qui d’ordinaire fusent et rebondissent dans votre tête, s’apaisent. »

L’histoire a tout du meilleur roman de nature writing: les grands espaces, la neige, le froid, l’hiver où se déroule l’essentiel du livre. La chasse et la trappe. Les courses de traîneaux. La famille peine par moments à joindre les deux bouts. Il y a un petit côté sombre chez chacun des personnages. Outre Tracy, Scott et leur père, il y a l’ombre de la mère de Tracy qui survole constamment le roman, même si elle est décédée. La jeune fille nous la raconte à travers ses souvenirs et les points qu’elles ont en commun. Il y a l’inconnu, que Tracy est persuadée d’avoir blessé puis il y a aussi l’arrivée inopinée de Jesse qui loue le petit cabanon de la famille et aide au chenil. C’est un personnage fascinant, que j’ai énormément apprécié. L’auteur en profite pour aborder certains thèmes importants avec ce personnage.

Jamey Bradbury réussi avec Sauvage, à créer un univers totalement prenant, où plane à la fois un certain mystère et quelque chose d’un peu inquiétant. On ne sait pas trop où l’auteure nous mène. On ne sait pas vraiment ce que l’on va découvrir à travers les pages. Il y a un côté à la fois sauvage et sanglant dans ce livre que j’ai trouvé totalement fascinant. C’est un roman très visuel, fort en images, que ce soit dans sa descriptions des lieux ou de ses personnages. Tracy est une jeune fille solide et sauvage, que j’imagine aisément filer comme le vent à travers les bois, chasser, courir dehors et ne vivre que pour ces moments passés en extérieur. Les autres personnages sont aussi très complets. Ils sont riches et on se les imagine aisément. J’ai vraiment aimé l’arrivée de Jesse. La façon dont l’auteur donne vie à des personnages différents qui vivent des problématiques particulières est très intéressante.

J’aurais aimé en savoir un peu plus sur Jesse, surtout à la fin du roman. Une fin qui est logique, vu le personnage plein d’énergie qu’est Tracy, quoique un brin trop brusque. J’ai donc frôlé le coup de cœur avec ce roman. Ce fut pour moi, une excellente lecture.

Sauvage c’est la nature, enneigée et glaciale, une meute de chiens de traîneaux, des mushers, une jeune fille sauvage qui fonce au fond des bois pour calmer le vide qu’il y a en elle. Une histoire un brin fantastique, une variation intelligente, ingénieuse et étonnante sur un thème connu, réinventé ici à la manière du nature writing. Et c’est vraiment très bon. J’ai passé un excellent moment en Alaska auprès de Tracy.

« On ne peut pas fuir la sauvagerie qu’on a en soi. »

Une auteure à découvrir assurément!

Sauvage, Jamey Bradbury, éditions Gallmeister, 320 pages, 2019

Le petit livre des bains de forêt

Petit livre des bains de forêtIl existe un lieu à notre portée, où trouver détente et sérénité, se recentrer et faire le plein d’énergie tout en se laissant aller à la méditation. Ce lieu, c’est la forêt. Très populaire au Japon, le « bain de forêt », shinrin-yoku, a conquis l’Occident. Cette pratique nous invite à nous rapprocher de la nature, de son harmonie, afin de renouer avec notre capacité innée à guérir. Alliée de l’esprit, la nature présente des bienfaits étonnants – et scientifiquement prouvés – sur notre corps, notamment le mental, la santé cardiovasculaire, la glycémie et l’immunité. Ce petit livre étonnant vous guidera pas à pas à travers la forêt et vous en livrera tous les secrets, mythologiques, médicinaux, culinaires. Respiration, pleine conscience, relaxation, marche pieds nus : grâce à des exercices et à des conseils pratiques, vous pourrez tirer profit de chacune de vos promenades ou… faire venir la nature à vous par l’aromathérapie ou les expériences de visualisation. Une immersion fascinante dans un monde magique.

À travers la forêt, l’auteure démontre à quel point on peut puiser dans cette ressource pour retrouver le bien-être, la tranquillité et un état plus reposé et moins stressé. J’ai adoré cette lecture, que j’ai trouvé très rafraîchissante. C’est une lecture reposante et relaxante, encore plus si on a la chance de la faire en forêt (ce que j’ai fait!).

« Si ton âme est malade, cache-toi dans la forêt comme une bête blessée: elle te soignera. Les arbres sombres sont des amis muets. Ils t’accueillent en silence et te font du bien. »
– Siegfried von Vegesack

L’auteure donne plusieurs exercices au fil des pages, que ce soit des exercices axés sur la méditation, la respiration ou le yoga. Le livre nous incite à ralentir, à prendre le temps de mieux observer ce qui nous entoure et apprendre à mieux respirer. Cette façon de présenter des aspects variés de l’utilisation de la forêt pour notre bien être m’a beaucoup plu.

L’ouvrage nous incite à être plus réceptif à ce qu’on peut trouver en forêt et à la sagesse que les arbres, source de vie, peuvent nous transmettent. Avec le quotidien toujours pressé d’aujourd’hui, les gens ne prennent plus de temps pour eux-même et encore moins le temps de rester en forêt pour s’y ressourcer.

« Soyons honnêtes: quand prenez-vous le temps d’aller en pleine nature vous soustraire aux contraintes du quotidien? »

Pourtant les bienfaits qu’on y retirent sont absolument fabuleux et aident à apaiser le stress. Les phytoncides, substances odorantes excrétées par les plantes, les aident à lutter contre les maladies. Ces substances sont une forme de langage des plantes. En les respirant, l’humain renforce alors son système immunitaire. Tout de suite, nous sommes apaisés.

Ce petit guide pratique et bien construit est une bouffée d’air frais. Intéressant par son côté informatif, c’est aussi un livre accompagnateur dans notre recherche d’un état plus serein et moins stressé.

« Prêtez attention à tous les bruits, proches ou lointains, qui pénètrent dans vos oreilles. Écoutez la voix de la forêt, le bruissement du vent dans les arbres, les chants d’oiseaux, le vrombissement des insectes. »

Une excellente lecture qui aborde également plusieurs espèces d’arbres et nous parle de leurs bienfaits. Ces parties du texte sont hyper-intéressantes, puisqu’on apprend toutes sortes de choses utiles. Au-delà de l’arbre, on retrouve des recettes, des idées d’infusions, des informations sur les propriétés des feuilles ou de l’écorce. J’ai d’ailleurs bien envie de tester certaines recettes!

L’auteure aborde également le côté mythique et symbolique de plusieurs arbres et leurs applications médicinales. Le texte est complété par des citations ou des pensées en rapport à la forêt, d’auteurs, de philosophes ou d’artistes.

Le petit livre des bains de forêt a été une fabuleuse lecture pour moi. Je vous conseille fortement ce petit livre très instructif et très zen!

Le petit livre des bains de forêt, (S’initier à la sylvothérapie pour se ressourcer), Bettina Lemke, éditions Albin Michel, 144 pages, 2018

Ma vie dans les bois t.7: Le retour du printemps

ma vie dans les bois 7L’hiver s’en est allé… Et avec le retour des beaux jours, la faune et la flore se réveillent. Malgré des années à vivre dans les bois, Shin et Miki restent émerveillés par la beauté de ce renouveau ! Mais le quotidien est parfois difficile. Aussi, Miki demande à son époux de lui construire un nouveau loft, pour qu’elle puisse profiter des ses loisirs dans le calme.

Un nouveau tome de Ma vie dans les bois, c’est un petit plaisir chaque fois! J’adore cette série manga différente et rafraîchissante. Elle touche naturellement à une corde sensible chez moi: la vie en forêt, la recherche de l’autonomie et les préoccupations écologiques. Shin Morimura me rejoint beaucoup dans sa façon de penser: une pensée visant la durabilité de l’écosystème, même quand il va à la pêche ou gère son poulailler et la rotation de ses poules dans le but de se nourrir.

Dans ce septième tome, l’hiver est terminé et laisse place à l’éclatement du printemps! Nouvelles pousses, jardinage, Shin et Miki font aussi face aux sangliers qui dévastent tout sur leur passage! Le printemps, c’est aussi le retour des allergies saisonnières et le moment d’attirer des oiseaux chez soi, mais le couple n’a pas plus de chance de ce côté-là. Shin raconte avec lucidité et humour leurs aventures qui sont parfois plutôt rigolotes.

Miki reproche aussi à Shin de passer tout son temps à construire des cabanes en rondins sur leur bout de montagne… mais demande alors à en avoir une à elle pour pouvoir travailler sur son métier à tresser tranquillement. On en apprend un peu plus sur elle, sur son enfance et la vie qu’elle avait en ville. La construction de la cabane occupe une grande partie de ce septième tome et Shin nous raconte de façon détaillée la façon dont il s’y prend, ainsi que ses moyens pour se procurer les matériaux. Si on s’intéresse à l’autarcie et à ce mode de vie, c’est réellement passionnant!

L’auteur nous parle aussi des invasions de punaises, des mantes religieuses, des serpents, du poulailler, de la récupération comme moyen écologique de diminuer la surconsommation.

« Le déchet est le symbole de l’époque moderne et de la société de consommation. Plus on consomme, plus on jette, plus il y a d’objets en abondance et plus on perd la valeur des choses. Et comme on utilise moins de personnel partout, même l’humain est considéré comme un déchet. »

La dernière portion du manga raconte une partie de pêche dans un coin reculé à la recherche des ombles sauvages, qui prend une tournure inattendue pour Shin, digne d’un véritable jeu de survie! Campement, escalade, confrontation entre pêcheurs, écologie et cuisine sont abordés dans ce chapitre.

Le manga est complété comme d’habitude d’une page de « journal » avec photos de la vie de l’auteur et d’un chapitre bonus sur les chiens.

Un bon manga, comme chaque fois! Si vous ne connaissez pas encore cette série et que l’écologie et l’autarcie vous intéressent, c’est une lecture parfaite pour vous!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Bonne lecture!

Ma vie dans les bois t.7: Le retour du printemps, Shin Morimura, éditions Akata, 172 pages, 2019