Une forêt dans un verre d’eau

Tout a commencé à la fenêtre de ma chambre. En l’ouvrant, j’ai regardé le ciel. Il était trop bleu, trop beau, le soleil brillait et il faisait même chaud. Vraiment trop chaud pour un mois de novembre.

Un album vraiment magnifique qui mêle photographies et dessins. Il débute alors qu’une enfant écrit à sa grand-mère pour lui parler de quelque chose de particulier qu’elle a vécu. Le livre raconte donc son histoire, celle d’une petite fille qui vit dans un monde où les arbres et l’hiver n’existent plus que dans les livres. Elle n’en a jamais vraiment vu « en vrai ». Tout cela n’existe que dans les histoires que l’on raconte. Elle vit dans un monde où rien n’a poussé depuis plus d’un an.

Son père avait conservé un noyau qu’elle place dans un verre d’eau pour le faire germer. Un noyau qui pousse, c’est la vie et l’espoir d’une future forêt. C’est alors que l’aventure commence, quand la petite fille tombe dans le verre d’eau et se retrouve dans une grande forêt.

« Emmitouflée dans ton vieux châle, j’ai installé ma chaise tout près d’elle, et je l’ai regardée comme jamais. J’ai observé ses racines microscopiques, je me suis plongée dans ses feuilles minuscules et, en m’approchant encore, il m’a semblé que ce n’était pas une tige que je voyais, mais une forêt entière. Et plus je la fixais, plus je voyais d’arbres, d’herbes et de sentiers, comme sur les photos de l’ancienne forêt que tu me montrais. Une forêt dans un verre d’eau! »

Accompagnée de son voisin, ils recherchent l’hiver et partent à sa quête, pour retrouver le bonheur associé à cette saison. En la ramenant avec lui, son voisin espère ramener les choses comme elles étaient avant les gros changements climatiques. Un monde où la nature est encore présente, où l’hiver existe, où la forêt n’est pas qu’une vision furtive dans un livre d’images. L’album met en évidence deux mondes parallèles: le monde de la petite fille dévasté par les conséquences d’une catastrophe écologique, et le monde où existent toujours les forêts et la flore abondante de la nature.

Cet album est en quelque sorte une fable écologique sur la beauté de la nature, sur la perte de l’environnement, sur la déforestation et sur l’espoir d’une renaissance. Il montre ce que l’on va léguer aux générations futures si on ne fait rien: un monde naturel dévasté, qui n’existera peut-être plus dans le futur. Un monde qui se retrouvera dans les livres, mais qu’on ne verra plus en regardant par la fenêtre.

Un album pour tous, aux très belles photographies associées à des dessins des personnages qui évoluent dans l’image. Une histoire qui parle du monde qu’on va léguer aux générations futures. Une fable écologique sur la beauté de la nature, sur la perte de l’environnement naturel et sur l’espoir d’une renaissance. À lire avec les enfants (et les plus grands) à partir de 6 ans.

« Tout enfant recommence le monde. » – Henry David Thoreau

Un superbe album à découvrir.

Une forêt dans un verre d’eau, Isabelle Ricq, éditions Seuil jeunesse, 56 pages, 2021

Les ombres filantes

Dans la forêt, un homme seul marche en direction du camp de chasse où sa famille s’est réfugiée pour fuir les bouleversements provoqués par une panne électrique généralisée. Il se sait menacé et s’enfonce dans les montagnes en suivant les sentiers et les ruisseaux. Un jour qu’il s’est égaré, un mystérieux garçon l’interpelle. Il a une douzaine d’années, semble n’avoir peur de rien et se joint à l’homme comme s’il l’avait toujours connu. L’insolite duo devra affronter l’hostilité des contrées sauvages et déjouer les manigances des groupes offensifs qui peuplent désormais les bois.

En janvier, je voulais relire les premiers livres de Christian Guay-Poliquin, Le fil des kilomètres et Le poids de la neige, avant de découvrir Les ombres filantes. Les trois livres ne sont pas identifiés comme étant des tomes, sauf que l’histoire se poursuit d’un livre à l’autre. On retrouve le même narrateur dont l’aventure est déclenchée par une panne majeure qui affecte la vie telle qu’on la connait. Son périple commence sur une route qui n’en finit plus, se poursuit isolé dans un chalet et trouve un certain but dans sa recherche du chalet familial, en pleine forêt. 

« Vous savez, ici les gens s’activent avant l’hiver, mais la plupart sont totalement dépassés par ce qui leur arrive. Pourtant, le grand air, l’eau pure, la vie en forêt, ce n’est pas ce dont tout le monde rêvait? »

Christian Guay-Poliquin est un auteur qui m’impressionne chaque fois avec ses histoires, sa façon de réussir à m’embarquer totalement et de m’amener là où vont ses personnages. Si j’adore ses deux premiers livres, j’avoue avoir eu un vrai coup de foudre pour celui-ci. La forêt, la façon dont les gens s’organisent dans le bois, la survie, tout ce que ça implique, ça m’a énormément parlé. Je suivais les pas du narrateur dans la forêt, toujours en étant aux aguets. Car c’est ce que l’auteur instille comme atmosphère: des lieux qui peuvent devenir inquiétants ou qui pourraient nous surprendre. 

« Depuis la panne, tout a changé, mais les lois de la forêt perdurent. Soit on se montre pour défendre son territoire, soit on courbe l’échine et on passe son chemin. »

Dans Les ombres filantes, le narrateur qu’on avait quitté dans Le poids de la neige part en forêt pour rejoindre le chalet de sa famille. Il espère retrouver ses oncles et ses tantes et avancer, malgré la panne qui a changé complètement l’existence de tout le monde. En forêt, il faut se méfier des bêtes sauvages mais aussi de l’homme, qui a prit d’assaut les bois quand la vie a perdu toute la normalité à laquelle le monde était habitué. Chacun tente de survivre à sa façon, parfois au détriment des autres. C’est quand le narrateur se perd en forêt, qu’il fait une étrange découverte. Il tombe sur Olio, un jeune garçon seul qui semble totalement dans son élément au milieu de la nature. Il n’est pas accompagné. Il se débrouille seul et ne s’inquiète de rien. Les deux poursuivront alors leur chemin ensemble, espérant atteindre le chalet tant convoité.

Ce roman est extraordinaire. J’ai aimé les personnages, qui nous permettent de comprendre l’étendue des réactions lorsqu’on perd nos repères quotidiens. La relation qui se crée tranquillement entre le narrateur et Olio est vraiment belle. J’ai aimé lire sur les conditions de survie au quotidien, le chalet, la chasse, les cours d’eau, la façon de se débrouiller face aux autres, qui sont bien souvent de potentiels dangers. J’ai aimé cette fin qui m’a gardée en haleine au bout de ma chaise, accrochée aux mots de l’auteur, espérant bien fort que ce soit comme dans ses autres livres: une fin qui ouvre une fenêtre sur une autre aventure.

En lisant les trois livres un à la suite de l’autre, j’y ai perçu de nombreux thèmes qui reviennent. Il y est toujours question de survie et de fuite. La famille, ou les liens que l’on a envers des inconnus qui deviennent importants dans notre vie, sont au cœur des romans. La nature y est souvent implacable, les éléments aussi: la canicule dans Le fil des kilomètres, l’abondance de neige et le froid dans Le poids de la neige et la forêt, ses animaux et les hommes qui la peuplent, dans ce livre-ci. 

Les titres des chapitres dans les trois livres ont aussi leur importance. Dans Le fil des kilomètres, chaque chapitre offre le décompte de la distance parcourue. Dans Le poids de la neige, chaque chapitre calcule la hauteur de la neige. Dans Les ombres filantes, ce sont les heures que l’on compte. Les titres des chapitres s’inscrivent dans l’unité de mesure en lien avec la survie des personnages. 

Christian Guay-Poliquin est assurément un de mes auteurs préférés. Ses livres sont de petits bijoux dans lesquels, étrangement, je me sens bien. J’ai hâte à sa prochaine publication, que j’attends avec grande impatience!

Les ombres filantes, Christian Guay-Poliquin, éditions La Peuplade, 344 pages, 2021

Je ne suis pas une outarde

Je m’appelle Sierra. Je suis retenue prisonnière par quatre barils vides qui font flotter un quai de bois traité au-dessus de mes yeux vitreux. Noyée ben raide. Je me suis échouée ici après trois ou quatre jours à dériver tranquillement dans des eaux brunes. Maintenant que je suis à la surface, il n’y a toujours pas de lumière ni de tunnel… Tout le monde dort encore autour du quai, j’ai le temps en masse de te raconter par où tout ça a commencé. Pendant que ses amis restent dans leur sous-sol, à essayer de survivre sur une île déserte au milieu de l’Internet, Sierra préfère passer ses fins de semaine dans le bois avec son père. Mais les conséquences d’une mauvaise journée en forêt peuvent être beaucoup plus graves que dans un jeu vidéo.

Ce roman jeunesse a été une bonne lecture. L’histoire aborde plusieurs thèmes intéressants: la vie dans le bois, la chasse, la pêche, la relation père-fille, le deuil et la survie. L’histoire commence avec des pages grises, qui marquent une partie différente de l’histoire que l’on va lire et se termine aussi de cette façon. Il s’agit en fait de la fin du récit, là où est rendue le personnage principal. Puis, vient le reste du roman, les pages blanches, où l’on plonge avec elle dans ce qu’elle vit directement.

La narratrice, Sierra, raconte son histoire. Elle est au Cégep et aime aller passer du temps dans le bois avec son père, Rémy, à la chasse ou à la pêche. Elle profite de la nature. D’ailleurs, l’histoire se passe dans le bois, pour sa plus grande partie. Sierra nous parle de sa vie, de la séparation difficile de ses parents, de son frère qui ressemble plus à sa mère, d’elle-même qui a plus d’affinités avec son père. Elle parle du bois, de ce qu’ils font, de la musique, qui a aussi une grande place. Elle préfère la vie dans la nature, seulement elle et son père. Parfois, quand son frère n’a pas le choix, il se joint à eux mais il déteste ça.

« Mais tsé, en plein bois, c’est comme au Moyen-Âge: boire de l’alcool est moins risqué que de s’abreuver dans un trou de bouette. On dit que si un cheval boit l’eau d’une flaque, elle est fiable, mais je n’avais pas de cheval sous la main pour vérifier. Je me justifie, là. »

Sierra parle beaucoup de sa relation avec son père. De l’importance qu’il a dans sa vie, mais aussi dans leurs périples en pleine nature où sans lui, elle se sent perdue. Elle raconte ce qu’elle vit avec lui, la vie tranquille, dans le bois. Mais cette tranquillité devient rapidement une bataille pour la survie, pour Sierra. Son histoire sera marquée par un grand drame et par une forme de dérive face aux événements qui se produisent.

Le roman raconte à la fois la vie dans les bois, la survie en pleine nature, la vie après la tragédie que Sierra vivra. On la suit alors qu’elle tente de faire face à ce qui lui arrive. Comme son père et elle voulaient protéger leur chalet, celui-ci est à l’écart, difficile d’accès et bien protégé contre les voleurs. Ce choix deviendra le plus gros défi de Sierra alors que son père n’est plus là, car de nombreux kilomètres la sépare de la civilisation et les rencontres qu’elle fera ne sont pas pour lui faciliter la tâche…

« Je m’accote dans la portière le temps du trajet de retour. Un gilet de sauvetage pour oreiller, entre la vitre et ma tête. Comme souvent, dès qu’on se met à rouler, je ferme les yeux devant le clignotement du soleil couchant entre les arbres qui défilent. Je distingue, entre mes paupières mi-closes, un squelette de bagnole au bord du chemin. Je cogne des clous jusqu’à ce que mon père m’extirpe de cette torpeur.
-Y’a un original. Il traverse le lac. Viens voir. »

J’ai adoré le texte de Sébastien Gagnon, les dialogues, le ton très québécois de ce roman, dans lequel j’ai eu l’impression de me retrouver. C’était agréable. L’auteur utilise notre langue quotidienne et c’est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié. Il y a aussi un peu d’humour dans ce que nous raconte Sierra, dans les dialogues entre elle et son père, avec qui elle a une belle complicité. L’humour adoucit un peu le drame qui suivra. L’épreuve est difficile pour une adolescente. C’est donc un personnage qui fait preuve d’une grande force.

La couverture de ce livre est pour moi vraiment magnifique. L’histoire m’attirait, le titre m’intriguait et on en comprend la signification pendant la lecture. L’écriture est très belle, touchante et le roman se lit d’une traite. L’histoire est en partie très poignante, surtout quand le monde de Sierra s’écroule. L’auteur nous amène dans la tête d’une adolescente qui vit une tragédie.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture. La façon dont le roman est construit, par petits chapitres, qui brossent un tableau vivant, un peu comme si Sierra était présente pour nous raconter son histoire. Un bon roman qui se lit vraiment bien, même si le drame qu’il décrit est sombre. Le contexte en pleine nature, les dialogues et l’histoire touchante en font un très beau roman.

Je ne suis pas une outarde, Sébastien Gagnon, éditions Bayard Canada, 152 pages, 2021

La plus belle crotte du monde

Dans la clairière du Bois des Fées se réunit une curieuse assemblée. Qui, de la belette ou du renard, du blaireau ou du putois, fait les plus belles crottes du monde ? Les animaux veulent tous participer. Mais ce faisant, ils oublient de rester sur leurs gardes. Or la forêt est un endroit bien dangereux quand les hommes s’en approchent…

Quand ce livre m’est passé entre les mains, je trouvais le titre amusant. Auprès des enfants, ce genre de livre fonctionne toujours très bien. J’ai feuilleté un peu l’album grand format que je trouvais vraiment joli. Les illustrations sont magnifiques et le format du livre est assez gros, ce qui est plaisant pour la lecture avec des petits. Visuellement, cet album est très beau. On plonge littéralement dans la forêt, auprès des animaux qui l’habitent.

L’histoire est courte et amusante. Une souris annonce à un écureuil qu’elle fait les plus belles crottes du monde. Naturellement, l’écureuil veut lui prouver que ses crottes à lui sont encore plus belles. Curieux et voulant jouer à leur tour, les autres animaux de la forêt, la belette, le putois, le blaireau, le renard, le loup et le cerf, se prêtent au jeu. C’est l’occasion pour les auteures de faire un survol des animaux qui peuplent la forêt, du plus petit au plus gros.

Arrive alors le chasseur, qui s’apprête à tirer sur l’un d’entre eux. Branle-bas de combat dans la forêt, tout le monde prend la fuite. Sauf que… le petit jeu des animaux quelques minutes avant sera, à leur étonnement, très utile face au chasseur. L’album devient assez rigolo et amusant. Le lecteur rit des déboires du chasseur et de ses petites mésaventures!

La plus belle crotte du monde est un très bel album qui devrait plaire aux jeunes enfants et qui amène de façon amusante l’idée de protection de la nature et des animaux, en déboutant les plans du chasseur. Arrivé comme une menace dans la forêt, l’homme devient rapidement la risée des animaux… pour notre plus grand plaisir! L’histoire pleine d’humour est portée par des illustrations douces, détaillées, colorées et vraiment très agréables.

Pour les enfants de 4 ans et plus.

La plus belle crotte du monde, Marie Pavlenko & Camille Garoche, éditions Little Urban, 32 pages, 2020

Sauvagines

Sur les terres de la Couronne du Haut-Kamouraska, là où plane le silence des coupes à blanc, des disparus, les braconniers dominent la chaîne alimentaire. Mais dans leurs pattes, il y Raphaëlle, Lionel et Anouk, qui partagent le territoire des coyotes, ours, lynx et orignaux, qui veillent sur les eaux claires de la rivière aux Perles. Et qui ne se laisseront pas prendre en chasse sans montrer les dents.

J’avais bien aimé Encabanée, le premier livre de l’auteure. Il était cependant très court et la lecture était passée un peu trop vite à mon goût. Il avait aussi quelques petits défauts d’un premier roman, mais j’étais ravie de cette lecture puisque ce genre de livre est assez rare dans le paysage littéraire québécois. J’avais donc très hâte de retrouver Gabrielle Filteau-Chiba et cette seconde lecture a été vraiment excellente. J’ai adoré ce roman.

Dans Encabanée, on suivait Anouk qui s’était exilée dans une cabane dans le bois. Ici, on suit Raphaëlle, une agente de protection de la faune désabusée par son travail. Elle a l’impression que son rôle consiste beaucoup plus à protéger l’économie et les récalcitrants, que la faune de nos forêts. Il faut dire que ses ressources sont assez minces, que le territoire est grand et que les lois ne sont pas forcément conçues pour protéger réellement la faune.

« Mon rôle est entre autres de protéger la forêt boréale des friands de fourrure qui trappent sans foi ni loi, non pas comme un ermite piégeant par légitime subsistance dans sa lointaine forêt, non pas comme les Premiers Peuples par transmission rituelle de savoirs millénaires, mais par appât du gain, au détriment de tout l’équilibre des écosystèmes. »

Raphaëlle vit sur le site d’une vieille érablière abandonnée, proche de la nature. Elle se promène avec la photo de son arrière-grand-mère autochtone dans son camion, une femme qui la fascine et l’intrigue. Elle côtoie les animaux de près, dont une ourse qui se promène sur son terrain. Le livre débute alors qu’elle adopte un animal, mi-chien, mi-coyote, qui sera sa compagne de tous les instants. Sa route croise alors celle d’un braconnier assoiffé de sang, protégé par le silence de ceux qui vivent près de lui. C’est un petit monde, personne ne veut faire de vagues. Quand Raphaëlle découvre qu’il ne traque pas seulement les coyotes et qu’il l’observe, en plus de s’immiscer chez elle, elle ne peut pas se laisser faire.

En parallèle, Raphaëlle découvre le journal qu’une femme, Anouk, a oublié à la laverie. Le carnet s’intitule « Encabanée ». J’ai adoré le recoupement entre les deux romans de l’auteur par l’entremise de ce journal fictif qui fait le pont entre les deux histoires. On découvre alors une nouvelle facette d’Anouk, le personnage du premier livre, et une belle histoire entre elle et Raphaëlle. C’est aussi pour le lecteur l’occasion de faire la rencontre d’un personnage doux et gentil, Lionel, qui fait office de figure paternelle pour Raphaëlle. J’ai vraiment aimé ce beau personnage, droit et ayant soif de justice pour ceux qu’il aime.

« Lionel le solide, le bon vivant, le généreux. Tout ce qu’on espère d’un papa. L’incarnation de l’homme des bois de tous les combats. Celui qui connaît l’âge des arbres, associe le nom des oiseaux à leur chant. Celui qui réconforte ma petite fille intérieure par sa seule présence ici. Quiconque voudrait m’atteindre devra d’abord lui passer sur le corps. »

L’écriture de Gabrielle Filtrau-Chiba est vraiment très belle. Ça se lit comme du bonbon, c’est poétique, militant sans être moralisateur, c’est un livre qui sent le bois d’épinette et l’eau de la rivière, dans lequel on plonge avec un immense plaisir! Si Encabanée était un tout petit livre, Sauvagines est beaucoup plus consistant et le troisième qui m’attends dans ma pile, Bivouac, est encore plus gros. J’ai vraiment hâte de le lire. En retrouvant Gabrielle Filteau-Chiba, ça m’a rappelé à quel point elle a une belle plume. Et surtout, que le roman « long » lui va bien. Elle a le style et le sens de l’histoire pour cela je trouve. 

« Je suis convaincu, moi, que pour défendre le territoire, il faut l’habiter, l’occuper. »

Dans Sauvagines, on retrouve cette fois encore de jolies illustrations, comme dans le premier livre. C’est vraiment agréable tout au long de la lecture. J’ai adoré aussi la signification magnifique du titre qu’on découvre au fil des pages. L’image de ce qu’il représente est très forte. 

Sauvagines est un hommage à la forêt et aux animaux, un plaidoyer pour l’utilisation responsable des ressources et d’une meilleure justice. Une excellente lecture! Une auteure à découvrir et à surveiller, que de mon côté j’apprécie de plus en plus au fil de mes lectures. 

Sauvagines, Gabrielle Filteau-Chiba, éditions XYZ, 320 pages, 2019