Mr Mercedes

Mr MercedesMidwest, 2009. Dans l’aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d’un job font la queue devant un salon de l’emploi. Soudain, une Mercedes fonce sur la foule, laissant huit morts et quinze blessés dans son sillage. Le chauffard, lui, a disparu dans la brume, sans laisser de traces. Un an plus tard, Bill Hodges, flic à la retraite qui n’a pas su résoudre l’affaire, reste obsédé par ce massacre. Une lettre du « tueur à la Mercedes » va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent.

J’aime beaucoup Stephen King qui touche à tous les genres. J’ai eu envie de lire Mr Mercedes en lisant quelque part que le personnage de Holly Gibney découverte dans L’outsider était récurrent de la trilogie Bill Hodges. Car oui, Mr Mercedes est le premier tome de la trilogie mettant en scène Hodges, un policier à la retraite. La diffusion en français, dans quelques jours, de la série télévisée adaptée du roman m’a convaincue de m’y mettre maintenant. Et j’ai passé un très bon moment!

Bill Hodges est à la retraite et il s’ennuie. C’est un homme plutôt seul qui n’a plus cette passion qui le gardait en vie du temps de ses enquêtes. Il passe ses journées à manger devant la télé et à jouer avec l’arme de son défunt père. Une façon comme une autre de passer le temps.

« Hodges a lu quelque part qu’il y a des puits si profonds en Islande que l’on peut y jeter des cailloux sans jamais les entendre faire plouf. Il pense que c’est pareil pour certaines âmes humaines. »

Dans sa carrière, une enquête le hante encore. Une enquête qu’il n’a jamais pu résoudre avant de quitter le service, celle de Mr Mercedes, un cinglé qui a foncé sur une foule avec une Mercedes volée. Quand Mr Mercedes lui envoie une lettre pour raviver cet échec dans sa carrière et voulant pousser Hodges au suicide, c’est plutôt le contraire qui se produit. Il lui redonne cette étincelle et cette adrénaline du plaisir qu’Hodges avait en enquêtant. Suivra alors une étrange correspondance sur un site web sécurisé et Hodges qui ne pourra s’empêcher d’enquêter quand même pour retrouver le tueur à la Mercedes. En marge de la loi Bill Hodges s’entourera au fil du temps d’une équipe non officielle, avec qui il mènera sa propre enquête: son voisin Jerome, un jeune homme brillant qui s’occupe de tondre sa pelouse et de réparer son ordinateur; Janey la sœur d’une victime qui « l’engage » pour enquêter; et Holly sa cousine, qui se retrouve être un atout précieux, malgré ses tics, son angoisse et sa différence.

Il y a plusieurs aspects vraiment intéressants dans ce roman. Tout d’abord, on sait dès le début qui est Mr Mercedes, alors que Bill Hodges lui ne le sait pas. Ensuite, on se promène entre le quotidien de Hodges et celui de Mr Mercedes. On suit donc le fil des pensées de chacun des personnages, leur évolution à mesure que l’enquête avance et les messages qu’ils s’échangent.

J’ai apprécié qu’on retrouve dans ce roman beaucoup de technologie, tant par les moyens de communication entre Hodges et Mr Mercedes que dans la façon de commettre les crimes. Également, le groupe qui se greffe à Hodges pour enquêter est aussi improbable que plaisant. J’ai particulièrement apprécié le duo que forme Jerome, un adolescent sérieux et doué, et Holly, une jeune femme névrosée surprotégée par sa mère. Tous les deux apportent beaucoup au plaisir de lecture de ce roman.

Et que dire de Mr Mercedes, qui attire autant la pitié que le dégoût, qui est un personnage malade, au passé tordu. Il est quand même très intéressant à découvrir. Entrer dans la tête d’un personnage comme lui est toujours effrayant et troublant. Il m’a par moments rappelé la folie de Norman Bates, le personnage inventé par Robert Bloch.

« Est-ce qu’on peut lui reprocher d’avoir frappé le monde qui a fait de lui ce qu’il est? »

Même s’il s’agit d’un roman policier, on retrouve dans Mr Mercedes le style de Stephen King: beaucoup de descriptions, des personnages vivants et complexes pour qui on a un certain attachement même s’ils sont complètement tordus. Tout n’est pas que blanc ou noir chez King et j’aime beaucoup sa façon de parler du genre humain, de la complexité de l’homme qu’il soit du bon côté de la loi ou non.

Mr Mercedes est le premier tome de la trilogie Bill Hodges, qui comprend également Carnets noirs et Fin de ronde que je lirai prochainement. On retrouve aussi certains personnages vus dans L’Outsider.

Mr Mercedes a été adapté en série avec Brendan Gleeson dans le rôle de Hodges et Harry Treadaway dans celui de Brady. La première saison s’inspire de Mr Mercedes, la seconde de Fin de ronde et la troisième de Carnets noirs, les deux derniers tomes étant inversés quant à leur ordre dans l’adaptation. J’ai hâte de voir ce que ça donnera à l’écran!

Pour le moment, je ne peux que vous conseiller ce très bon roman policier, preuve que Stephen King réussit dans plusieurs genres différents, toujours en sachant garder l’intérêt du lecteur. J’ai trouvé le roman très prenant et je l’ai lu très rapidement, avide de savoir comment ça se terminerait.

Mr Mercedes, Stephen King, éditions Le livre de poche, 672 pages, 2016

Publicités

Dans la tête de Sherlock Holmes t.1: L’affaire du ticket scandaleux

Dans la tête de Sherlock Holmes 1Un simple diagnostic médical du Dr Watson se révèle être bien plus que cela…
La découverte d’une poudre mystérieuse sur des vêtements et d’un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que le patient n’est pas l’unique victime d’un complot de grande ampleur. Il semblerait en effet que l’étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d’un magicien Chinois. D’autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

Je suis une très grande fan de Sherlock Holmes que j’ai découvert à la fin de l’enfance. Les livres jeunesse commençaient à me lasser (nous n’avions pas tant de choix à l’époque), mais j’avais un faible pour les enquêtes policières et du côté adulte, j’avais emprunté un livre d’Arthur Conan Doyle regroupant les aventures de Sherlock Holmes. Ce fut le coup de foudre. Le célèbre détective me suit encore et j’y reviens ponctuellement que ce soit dans mes lectures ou au petit et grand écran. J’ai une section de ma bibliothèque consacrée à tout ce qui touche de près ou de loin à Sherlock Holmes et à son créateur. J’étais donc très enthousiasme à l’annonce de la parution de cette bande dessinée de Cyril Liéron et Benoit Dahan et je n’ai pas été déçue, bien au contraire!

Tout d’abord, j’ai envie de parler de l’objet-livre, parce qu’il est magnifique. L’ouvrage est soigné jusque dans ses petits détails. La couverture, qui reprend la silhouette de Sherlock Holmes, laisse aussi entrevoir l’intérieur de la BD. Le dessin est travaillé, très détaillé et on doit prendre notre temps pour tout apercevoir. C’est un vrai plaisir que de laisser notre regard s’évader dans chacun des détails de chaque planche. Je n’ose même pas imaginer le temps que ça a pu prendre aux auteurs pour créer cette bande dessinée ni tout le travail derrière. C’est époustouflant. C’est tout à fait le genre de livre si beau qu’on a envie de le conserver précieusement pour y revenir, le feuilleter et le relire.

La construction de la bande dessinée mérite aussi qu’on s’y attarde car je l’ai trouvé très originale. Il y a une enquête classique du genre de celles qu’on associe à Sherlock Holmes: des londoniens qui disparaissent et réapparaissent confus; de mystérieux tickets de spectacle et une enquête dans toute la ville nous amènent à suivre une étrange piste en compagnie de Holmes et Watson. L’originalité de la BD est dans la façon de nous présenter comment Sherlock Holmes réfléchit pour résoudre une enquête. Car ici, on suit littéralement le fil de ses pensées. Et quand je dis littéralement, c’est réellement un fil rouge qui parcourt les pages et qui nous guide dans ses réflexions. De petites loupes nous indiquent l’évolution de sa réflexion et les conclusions auxquelles parvient Holmes.

J’aime l’idée de « voir » dans la tête de Sherlock Holmes. C’est d’ailleurs un des aspects qui me plait dans la série Sherlock de la BBC: pouvoir avoir un aperçu des pensées du détective. Ici, les auteurs réussissent à montrer une autre facette de l’enquête, par le biais imagé des pensées de Sherlock Holmes. La BD est aussi différente quant à sa construction visuelle. Ici, pas de cases carrées standard. Le visuel est éclaté, la présentation de l’histoire s’adapte au scénario et au parcours que suivent les pensées de Holmes. Les cases sont intégrées au dessin. J’adore!

Les auteurs ont aussi glissé dans l’histoire quelques petites « surprises ». Par exemple, en repliant deux pages on obtient un dessin complet ou alors, on peut observer ce que perçoit Sherlock Holmes en regardant une page par transparence. Des petits ajouts simples qui bonifient le plaisir de lecture. C’est un peu pour tout cela que je considère ce livre comme un hommage tant au détective qu’à son créateur. Et un vrai bonheur pour les lecteurs et les fans. D’ailleurs, un extrait de Une étude en rouge de Conan Doyle ouvre la BD et je trouve qu’elle colle parfaitement au travail des auteurs sur ce projet:

« Voyez-vous, je considère que le cerveau de l’Homme est à l’origine comme une petite mansarde vide. L’ouvrier prend grand soin de ce qu’il met dans la mansarde, dans son cerveau. »

On retrouve dans le livre toutes les caractéristiques de Holmes, de sa manie de s’ennuyer (et de se droguer) à sa façon un peu hautaine de démontrer son talent. On retrouve naturellement Watson, Mrs Hudson, le 221b Baker Street, une liste illustrée d’indices, des plans de la ville, ainsi qu’une enquête suffisamment complexe pour être attrayante pour le lecteur.

J’ai eu un gros coup de cœur pour cette fabuleuse bande dessinée bien originale, aussi belle qu’intéressante, que j’ai déjà lu deux fois. Visuellement, ce livre est un vrai cadeau qu’on prend plaisir à découvrir. Il a un petit côté ludique que j’ai adoré! Il m’a rappelé le bonheur que j’avais éprouvé à l’époque de ma découverte des aventures de Sherlock Holmes.

L’affaire du ticket scandaleux est une intrigue en deux volumes. Ce premier tome se referme donc sur une liste d’indices, en attendant la suite. Je suis donc très impatiente de livre le tome deux prévu pour 2020. Vivement la suite!

Dans la tête de Sherlock Holmes t.1: L’affaire du ticket scandaleux, Cyril Liéron, Benoit Dahan, éditions Ankama, 48 pages, 2019

Stranger Things – Darkness on the Edge of Town

Stranger Things Darkness on the Edge of TownFêtes de fin d’année, Hawkins, 1984.
Le shérif Jim Hopper n’a qu’une envie : profiter tranquillement de son premier Noël en compagnie de celle qui est désormais sa fille adoptive. Mais la jeune Onze a d’autres projets. Malgré les protestations de Hopper, elle remonte un carton étiqueté  » New York  » de la cave, et l’assaille de questions : pourquoi le shérif a-t-il quitté Hawkins toutes ces années avant ? Pourquoi ne parle-t-il jamais de cette période de sa vie ? Et malgré ses réticences, Hopper entame l’histoire de la nuit à New York où, pour lui, tout a changé…
Été, New York 1977.
Le jeune policier commence une nouvelle vie après plusieurs années passées au Vietnam. Une vie de famille harmonieuse avec sa femme et sa petite fille, un tout nouveau poste d’enquêteur au NYPD… Tout semble aller à merveille jusqu’à une série de meurtres étranges, très ritualisés, qui lui sont en plus aussitôt retirés par le FBI. Furieux, le jeune homme décide d’enquêter quand même, et infiltre sous couverture un gang des rues. Mais bientôt, une immense panne de courant plonge la ville entière dans le noir… des ténèbres bien plus profondes que ce qu’aurait pu imaginer Hopper.

Darkness on the Edge of Town est le second roman officiel Stranger Things que je lis. Il s’agit, tout comme Stranger Things – Suspicious Minds d’un antépisode à la fameuse série des frères Duffer. L’histoire se déroule donc avant la série et nous permet de suivre un moment dans la vie du personnage de Jim Hopper, le très attachant shérif.

Avec ce roman, nous changeons un peu de registre. Nous sommes en pleine enquête policière, alors que Jim Hopper et sa partenaire traquent un tueur en série. Nous sommes en 1977, à New York, en pleine canicule. Parallèlement, le roman nous amène aussi dans la cabane de Hopper à Hawkins, en 1984, alors que l’homme vit avec sa fille adoptive. Nous sommes alors quelque part en marge de la saison deux de la série. La jeune fille reproche à son père de ne pas connaître grand chose de lui et de son passé. S’il se refuse à parler du Vietnam, il lui accorde de lui raconter la fameuse enquête de l’été 1977. Le récit alterne entre la cabane et l’enquête.

Dans son récit à sa fille, Hopper dévoile l’été où il s’est retrouvé malgré lui, enrôlé dans une dangereuse enquête. Il se retrouve au cœur d’une vaste manipulation qui prend une ampleur inégalée. Drogues, manipulation mentale, perception extrasensorielle. On demeure dans l’esprit de la série. On quitte toutefois le domaine de la science-fiction pour se retrouver en pleine enquête policière.

Comme d’habitude, j’ai aimé retrouver ces références aux années 70 et 80. C’est l’un des gros points forts de Stranger Things d’ailleurs. On y retrouve aussi l’esprit de ces années pas si lointaine où la place des femmes n’étaient pas quelque chose qui allait de soi. La partenaire de Hopper dans ce roman participe à un programme expérimental permettant à des femmes d’intégrer des enquêtes criminelles. Autres temps, autres mœurs! Malgré tout, j’aime ces clins d’œil qui nous paraissent désuets aujourd’hui mais qui étaient alors la norme dans les années 70 et 80.

J’ai aimé retrouver Hopper, c’est indéniable. C’est l’un de mes personnages favoris de la série. Si au début de la série Stranger Things il semble nonchalant, il devient vite un personnage clé. J’attendais donc le livre qui y était consacré avec impatience.

Je dirais que dans l’ensemble, le roman est plutôt divertissant. L’histoire est quand même un peu longue à démarrer. Ce second livre est d’ailleurs beaucoup plus gros que le premier. J’ai relevé plusieurs longueurs par moments, des scènes qui traînent un peu et qui sont longues à aboutir. Je crois qu’on aurait pu retrancher une centaine de pages sans que ça n’affecte vraiment l’histoire. Ça reste quand même une bonne lecture, mais un peu trop longue sur certaines scènes.

Si le premier livre apportait un plus à la série en nous dévoilant certaines choses absentes de l’écran, ce second roman officiel n’apporte pas grand chose au personnage. C’est une lecture divertissante pour vivre un épisode dans la vie de Jim Hopper avant les événements qui se sont produits à Hawkins, mais l’histoire n’apporte rien de plus. J’aurais aimé, au contraire, que le livre soit un complément plus serré au personnage, plus lié à ce que Jim est dans la série.

Je regrette certaines choses dans cette édition. Tout d’abord, le titre: Darkness on the Edge of Town. Je me demande pour quelles raisons il n’a pas été traduit? C’était la même chose pour le premier livre. Ici, l’éditeur s’est contenté d’ajouter un sous-titre: Black-out sur la ville qui ne dort jamais. J’ai aussi retrouvé plusieurs coquilles dans le texte ou certaines fautes qui n’ont pas été corrigées. Il y a aussi plusieurs bavures à l’impression du texte, certaines lettres manquent. C’est dommage.

J’ai quand même eu du plaisir à lire ce roman Stranger Things, pour ce qu’il est: un petit plus aux fans de la série. D’un point de vue littéraire c’est une assez bonne enquête, mais rien qui révolutionne le genre. De plus, même si on retrouve Jim Hopper, sans doute l’un des personnages que j’apprécie le plus dans la série, il manque un petit quelque chose dans ce roman. Contrairement au premier livre officiel qui s’attardait sur la mère de Onze et nous apprenait certains faits en lien avec la série, ce second livre parle de la vie de Hopper avant Hawkins et avant Onze. Rien qui ne soit vraiment essentiel ou qui nous offre un contenu réellement inédit. On apprend plus de choses sur l’enquête que sur Hopper en particulier. J’attendais beaucoup plus de ce personnage et de son potentiel à révéler certains faits passés.

Une assez bonne lecture, plutôt divertissante, mais qui n’offre rien de révolutionnaire. Simplement idéal pour passer un bon moment, surtout si on est fan de la série. J’aurais aimé que l’auteur pousse beaucoup plus loin dans la vie de Jim Hopper. Il y aurait eu matière à développer plus d’intrigues autour d’un personnage aussi fort.

À noter aussi que l’on peut lire Stranger Things – Suspicious Minds et Stranger Things – Darkness on the Edge of Town dans l’ordre ou dans le désordre, ça n’a pas d’importance. C’est intéressant de les lire si l’on connaît la série, mais les romans ne se suivent pas.

Stranger Things est ma série préférée, pour tout ce qu’elle apporte comme grand plaisir de visionnement. Elle me rappelle beaucoup de souvenirs de mon enfance, à cause de ses très nombreux clins d’œil assumés à la culture populaire des années 80. Êtes-vous aussi fan de cette série?

Stranger Things – Darkness on the Edge of Town, Adam Christopher, éditions Lumen, 603 pages, 2019

Route End t.4

route end 4Grâce à ses récentes découvertes, la police sait désormais qu’End, le tueur masqué, aurait deux jumeaux. Mais il reste insaisissable… et continue à sévir. Omi, qui tentait de surmonter son traumatisme pour reprendre une vie normale aux côtés de Yuka, est retrouvé assassiné, le corps découpé en morceaux… Dévastée par la mort brutale de son petit ami, la jeune femme s’isole et refuse l’aide de ses proches, jusqu’à disparaître complètement. C’est alors que l’enquête prend une tournure inattendue : le triplé C, soupçonné d’être End, aurait enfin été retrouvé !

À chaque nouvelle parution, c’est un vrai plaisir que de me replonger dans cette histoire de tueur en série, aux rebondissements surprenants. Ce manga est fascinant, en plus de mêler habilement le mystère et les révélations. Tout est bien dosé pour nous garder en haleine et attendre avec impatience la parution d’un prochain tome.

Dans ce tome 4, on poursuit un peu sur les découvertes du tome précédent. En plus de l’enquête principale, plusieurs personnages vivent des choses difficiles et compliquées. Le lecteur les suit en marge de l’histoire d’End et apprend à mieux les connaître. Il y a Akina, l’inspectrice de police qui tombe sur un sosie de son frère décédé; Taji, dont la belle-sœur se bat contre un cancer et Yuka qui souffre énormément de la perte de son amoureux. Les personnage évoluent dans une sphère privée en plus de devoir faire face à la pression reliée à l’enquête sur les crimes d’End.

La découverte d’un autre cadavre en morceaux complique énormément les choses à cause de sa ressemblance avec d’autres personnages. Les enquêteurs ne savent plus où donner de la tête: vu la scène de crime, on croit qu’End perd la tête ou alors, qu’il y a un meurtrier qui agit comme imposteur… Il y a de nombreux rebondissements dans ce quatrième tome: une attaque dans les bois, la découverte d’un mystérieux homme cagoulé ainsi qu’un traître au bureau d’enquêtes.

Les recherches tournent toujours autour de la société de nettoyage dont s’occupe maintenant Taji, puisque plusieurs personnes décédées y étaient liées directement. Cette fois, Taji se tien un peu plus à l’écart de l’enquête, ses problèmes personnels l’occupent amplement.

Toujours aussi bon ce manga, qui se lit d’un trait, comme d’habitude. Un véritable page turner dont on veut absolument connaître le dénouement. Route End est vraiment une excellente série criminelle, que je ne peux que vous conseiller si le genre vous intéresse. C’est un thriller d’enquête efficace.

La série, déjà parue en japonais, comportera 8 tomes. Mon seul regret avec cette série: ne pas pouvoir les lire d’un seul coup! Quand tous les livres seront parus, je crois que je les relirai, l’un après l’autre, pour le plaisir d’une lecture continue.

Mon avis sur le tome 1, le tome 2 et le tome 3.

Route End t.4, Kaiji Nakagawa, Édition Ki-oon, 192 pages, 2019

L’Outsider

l'outsiderParfois, le mal prend le visage du bien. 
Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent. Et si c’était vrai ?

Je n’avais même pas lu le résumé avant de choisir ce livre. Un nouveau Stephen King et la mention:

« L’Outsider rappellera aux lecteurs un des premiers romans de King: Ça« 

ont suffi pour me convaincre de le lire. Et j’avais très hâte. Je n’ai vraiment pas été déçue par cette lecture. C’est dans la dernière partie de ce roman qu’on comprend un peu la comparaison avec Ça. Il faut savoir que pendant longtemps, je n’ai pu lire King. Je n’y arrivais pas. Peut-être que je n’avais pas choisi les bons livres, peut-être que ça ne cadrait pas vraiment avec la lectrice que j’étais alors. C’est Ça qui m’a accrochée totalement (quel livre quand même!) et qui m’a fait revenir vers King. J’avais donc très hâte de découvrir L’Outsider.

Ce roman est construit à la base comme une enquête policière. L’auteur alterne entre les derniers moments avant l’arrestation d’un homme très respecté et impliqué dans sa ville, Terry Maitland, et les comptes-rendus d’interrogatoires de témoins oculaires. Le crime est odieux et ligue déjà l’opinion des forces de l’ordre contre Maitland.

« Face aux preuves matérielles et aux témoins oculaires, les alibis et les réputations ne font pas le poids. »

L’enquête est bâclée, les événements précipités par des preuves accablantes, alors les policiers ne se donnent même pas la peine d’interroger le présumé coupable. Il est arrêté devant plus d’un millier de personnes en plein stade de baseball, devant sa femme et ses filles.

« Étrange toutes ces choses que vous remarquiez quand votre journée – votre vie – basculait subitement dans un puits sans fond dont vous ignoriez l’existence jusqu’alors. »

Tout l’accuse, les preuves sont pratiquement irréfutables, alors qu’il a pourtant un alibi en béton. L’enquête devient de plus en plus complexe, quand de nombreuses incohérences sont soulevées et plus personne ne comprend ce qui se passe. À ce moment, je me suis dit que King tenait quelque chose de fort. C’est accrocheur, on veut savoir ce qui se passe, on cherche à comprendre et nous voilà embarqué pour près de 600 pages d’une histoire qui dépasse l’entendement.

« Il se peut qu’on résolve cette affaire, mais je ne sais pas si on aimera ce qu’on risque de découvrir. On s’engage dans une forêt très profonde. »

Je dois avouer que je ne m’attendais pas à ça! C’est foisonnant, construit de façon à nous faire passer par une gamme d’émotions. L’histoire est injuste au possible et met le doigt sur ce qui sépare notre réalité de nos croyances. Jusqu’où ce que l’on croit être la vérité est réellement ce qui arrive? C’est terrifiant et fascinant à la fois. King joue avec l’imagination, la vérité, le mode de fonctionnement de la police et les légendes. Ses personnages sont complexes, vivants, bien construits, tellement qu’ils en deviennent réels. C’est la grande force de King, ses personnages, pour le peu que j’ai lu de lui jusqu’à maintenant. Et sa façon de nous donner le frisson. Parce que la peur et la terreur ne se cachent pas toujours là où on le croit. L’humain peut être terrifiant, devenir une menace, amener l’injustice et l’humiliation. Ses erreurs peuvent changer le cours d’une vie. Sa fermeture d’esprit aussi. La tragédie humaine comme point de départ à l’horreur. C’est ce que j’aime de plus en plus chez King.

« Chacun faisait ce qu’il pouvait, qu’il s’agisse de redresser une pierre tombale ou de convaincre des hommes et des femmes du vingt et unième siècle que dans ce monde il existait des monstres d’autant plus forts que des individus rationnels refusaient de croire à leur existence. »

Avant de commencer ma lecture, je savais vaguement que ça parlait d’une enquête,sans plus. Je crois qu’il faut en savoir le moins possible sur cette histoire pour en savourer vraiment toute la construction et les dévoilements inattendus au fil des chapitres. La découverte, peu à peu, de tout ce qui fait cette étrange histoire contribue sans doute énormément au grand plaisir de lire L’Outsider.

Je n’ai pas encore beaucoup lu l’oeuvre de Stephen King, mais j’ai vu que l’on retrouve ici un personnage rencontré dans la trilogie Mr. Mercedes (Mr. Mercedes, Carnets noirs, Fin de ronde): Holly Gibney. Je l’ai adoré! J’ai envie de la retrouver dans les autres romans de l’auteur.

Pour terminer, L’Outsider est un roman qui m’a littéralement happée. Je le lisais dès que j’avais une minute. Je l’ai dévoré avant de dormir et le matin en me levant, avec l’impression que ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. J’étais absorbée par l’histoire si bien que j’y pensais tout le temps. L’Outsider m’a accompagnée pendant quatre jours et je n’avais pas envie que ça se termine. Ce roman de King a été un vrai plaisir de lecture, si bien que j’ai envie d’enchaîner bientôt avec un autre de ses romans.

L’Outsider, Stephen King, éditions Albin Michel, 576 pages, 2019