Les liens du sang t.1

les liens du sang 1Vue de l’extérieur, la famille du jeune Seiichi est des plus banales : un père salarié, une mère au foyer, une maison dans une ville de province… L’adolescent va à l’école, joue avec ses amis, est troublé quand il pose les yeux sur la jolie fille de la classe. Tout est normal… ou presque. Il ne s’en rend pas compte lui-même, mais sa mère le couve beaucoup trop. Seiko traite encore son fils comme un bébé et, avec un mari toujours absent, son monde est d’autant plus centré autour de Seiichi. Ce dernier est incapable de résister : il se laisse lentement emprisonner dans le cocon. Trop jeune, il ne décèle pas la folie cachée derrière l’amour maternel. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

Les liens du sang est l’histoire d’une relation malsaine entre une mère et son fils. En fait, Seiko traite son fils comme un jeune enfant. Elle le surprotège, fait des choix pour lui, prend des décisions à sa place et dirige un peu trop son quotidien. Seiichi est un jeune garçon gentil, qui se plie aux demandes de sa mère. Il ne réalise pas vraiment que sa mère est un peu étrange. Mine de rien, avec l’absence de son mari, Seiko s’accapare Seiichi qui représente le centre de son univers.

Au début du manga, on sent que Seiko est une mère un peu protectrice, mais on ne comprend pas vraiment à quel point elle peut être dangereuse. En apparence, la vie familiale semble parfaite. Une mère gentille, un père travaillant, un petit garçon soucieux de plaire à ses parents. Quand le cousin de Seiichi lui fait réaliser que sa mère est bizarre, certains souvenirs semblent affluer dans son esprit et il commence à observer les agissements de sa mère. C’est une randonnée en famille qui va porter le coup fatal à la folie de Seiko…

Ce manga est assez intéressant. Cette histoire m’a sans cesse rappelée un vieux film que je regardais quand j’étais adolescente, Le bon fils. L’histoire ne se ressemble pas, mais le fond, la folie cachée d’un membre de la famille, m’y faisait beaucoup penser. L’esprit du manga est un peu le même d’ailleurs, quoique j’ai trouvé le début un peu long. La mise en place de cette relation malsaine est peu marquée lorsqu’on commence le livre. On sent qu’il y a quelque chose mais c’est très (trop?) léger. J’aurais aimé une relation un peu plus marquée. Il manque un petit quelque chose dans l’évolution des personnages et dans les souvenirs de Seiichi qui surviennent tout à coup.

Les dernières pages se bousculent et c’est là que tout se joue. C’est frappant et glaçant. On s’attend à quelque chose, mais jamais à ça. Je dirais que l’intérêt du manga tient beaucoup dans ses toutes dernières pages. Le reste, par moment, m’a semblé un peu long. J’ai mis beaucoup de temps à m’intéresser aux personnages et à être réellement intriguée. Je dirais que la fin est assez frappante, mais que l’essentiel du manga m’a laissée un peu indifférente.

Je ne pense donc pas poursuivre cette série, parce que personnellement j’aime les histoire plus tranchées, j’aime une évolution de l’intrigue moins longue à se mettre en place et moins effacée. La fin, cependant, est géniale dans sa folie. L’histoire est dérangeante. C’est donc un manga qui pourrait plaire à beaucoup de lecteurs, mais qui ne m’a peut-être pas suffisamment accrochée pour continuer.

Les liens du sang t.1, Shuzo Oshimi, éditions Ki-oon, 216 pages, 2019

Détonations rapprochées

Détonations rapprochéesGarde-chasse dans le Wyoming, Joe Pickett ne plaisante pas lorsqu’on braconne sur ses terres. Il a même arrêté le gouverneur de l’État qui pêchait sans permis, ce qui ne lui vaut pas que des amis ! Aussi, lorsque Sheridan, sa fille de neuf ans, dit avoir vu «un monstre» s’approcher de la maison une nuit, Joe penche plutôt pour un rôdeur. Une ombre inquiétante, qui devient un véritable problème quand Joe découvre, quelques jours plus tard, le cadavre d’un chasseur étalé en travers de son tas de bois pour l’hiver. Tandis que d’étranges créatures se mettent à vivre dans le tas de bois, les autorités attribuent cette mort suspecte à un simple accident. Mais Joe ne se satisfait pas des conclusions données par la police locale et se lance dans une enquête qui va déranger pas mal de monde…

J’aime beaucoup C.J. Box qui écrit des romans policier se rapprochant énormément du nature writing. Il y a quelques années j’ai lu certains de ses livres et j’ai envie de reprendre mes lectures, essentiellement sa série Joe Pickett. Récemment j’ai lu un titre de la série Cody Hoyt, mais le personnage m’a beaucoup moins plu. J’ai donc eu envie de relire ce que j’avais déjà lu mettant en scène le garde-chasse Pickett, puis de reprendre peu à peu la série.

La première aventure mettant en scène Joe Pickett est Détonations rapprochées. Ici, nous faisons connaissance avec le garde-chasse et sa famille. Pickett est un personnage très intéressant. Il est doux, attachant, intelligent, discret (même s’il se retrouve trop souvent et contre son gré, sous les projecteurs). Il aime sa femme et sa petite famille, même s’il regrette de ne pas pouvoir lui donner plus. Son poste n’est pas le mieux rémunéré du monde et il a une femme et deux enfants à charge, un troisième en route. Il est garde-chasse de l’État du Wyoming parce que c’est un amoureux de la nature qui rêve de ce travail depuis l’enfance. Quand le livre commence, ça ne fait qu’une semaine qu’il est à son poste dans cette région.

J’aime sa vision des choses quand il parle de la chasse:

 » Joe n’avait aucun problème avec les chasseurs qui tuaient pour se procurer de la viande. Il trouvait que la méthode était en fin de compte plus honnête que d’aller l’acheter au supermarché emballée dans de la Cellophane. Il n’avait jamais compris les arguments de ceux qui s’opposent à la chasse sans être pour autant végétariens. »

Joe commence tout juste à prendre ses marques dans son nouveau travail. On le voit intercepter les chasseurs, faire des vérifications et parler avec certains d’entre eux. Puis, un beau jour, sa fille à l’imagination débordante lui parle d’un monstre là, dehors. Joe réalise alors que ce qu’a pu voir sa fille existe bel et bien: on retrouve le cadavre d’Ote Keeley, un chasseur avec qui Joe a eu quelques problèmes. L’homme est mort dans son tas de bois, à quelques mètres de sa maison. Commence alors une longue et difficile enquête pour Joe, qui ébranlera les fondations de sa famille.

« Comment se faisait-il que ce qu’elle avait prit pour un monstre sorti de son « imagination surexcitée », comme disait sa mère, se fut en fin de compte révélé réel? Elle avait l’impression que le monde réel et celui de ses rêves avaient fusionné dans cet événement. Soudain, des adultes s’y trouvaient mêlés. Une idée étrange lui vint à l’esprit: et si son imagination était puissante au point de donner corps aux choses qu’elle rêvait? »

On suit Joe qui tente de faire la lumière sur ce qui s’est produit. Il se sent « impliqué » vu son altercation avec le chasseur retrouvé mort et le fait qu’on l’a retrouvé chez lui. Beaucoup de questions sont en suspens et Joe tente de trouver les réponses. Ce n’est pas simple pour lui étant donné que tous ceux autour de lui tentent de lui mettre des bâtons dans les roues…

« Il avait souvent remarqué que celui qui parlait le plus était aussi celui qui avait le moins à dire. Il aurait aimé que chaque être humain se voie allouer un certain nombre de mots à utiliser au cours de sa vie. La réserve épuisée, on aurait été condamné au silence. »

Parallèlement, on suit la fillette de Joe, Sheridan, qui est totalement impliquée malgré elle dans l’enquête et dans les récents événements. C’est un personnage très intéressant, un peu à l’image de son père. Elle préfère la petite maison en pleine nature au luxe et au tape-à-l’œil. Elle est intelligente, curieuse, c’est une enfant particulière. Elle a quelque chose de son père et je trouve qu’elle est tout aussi attachante. Elle est ici au cœur de l’histoire et plusieurs chapitres lui sont consacrés.

Les chapitres débutent souvent par des extraits de l’amendement à la loi sur les espèces menacées. On en comprend toute la portée à mesure que l’histoire avance.

« Une chose était d’imaginer des montres, une autre, et bien différente, d’en voir vraiment. »

Ce roman me plaît beaucoup. Outre la nature qui est omniprésente et fait pratiquement office de personnage au roman, l’histoire aborde plusieurs thèmes intéressants, comme la chasse et la façon dont elle est gérée; l’implantation de pipelines et tout l’aspect écologique et économique qui en découle pour les populations; ainsi que la disparition et l’extermination d’espèces en danger. J’aime aussi énormément Joe et sa famille. C’est un personnage tout ce qu’il y a de plus normal et c’est sans doute ce qui fait son charme. Ce n’est pas un alcoolique violent, ni un coureur de jupon. Il est fidèle à ceux qu’il aime. Quelqu’un d’ordinaire qui se retrouve mêlé, de par son travail, à des choses particulières. J’adore!

Un bon roman policier qui nous plonge dans le Wyoming et aborde des questions écologiques et environnementales. À découvrir!

Détonations rapprochées, C. J. Box, éditions Points, 320 pages, 2004

Retour à Winterhouse Hôtel

Winterhouse Hotel 2Après des mois d’attente, Elizabeth est enfin de retour à Winterhouse Hôtel ! Elle apprend avec bonheur que Norbridge a finalement réussi à prouver qu’il est bien son grand-père, elle va donc s’établir à l’hôtel pour de bon ! Toute à sa joie de retrouver Freddy et sa bibliothèque chérie, Elizabeth n’en remarque pas moins quelques bizarreries… Qui est cette Elana qui l’assaille de questions ? Que signifient les mots gravés sur le sceau de Winterhouse Hôtel ? Pourquoi la tombe de Gracella est-elle introuvable au cimetière de la ville ? Autant de mystères à résoudre dans l’atmosphère envoûtante de Winterhouse Hôtel !

Retrouver Elizabeth, Freddy, Norbridge, Leona et tous les autres personnages a été un grand plaisir dans ce second tome se déroulant à Winterhouse Hotel. Cette série me plaît beaucoup, avec ses personnages sympathiques, son hôtel fabuleux et ses mystères à résoudre.

Ce deuxième tome reprend un peu le cadre du premier, avec des lieux similaires, une intrigue mystérieuse qu’Elizabeth et Freddy tentent de déchiffrer, des forces maléfiques et des méchants de qui on doit se méfier. C’est un peu pour tout cela que le premier tome m’avait plu, donc c’est un plaisir de replonger dans une nouvelle aventure à Winterhouse. Cette fois aussi, Elizabeth qui quitte son oncle et sa tante pour se rendre à l’hôtel, fait une détestable rencontre dans le bus la conduisant là-bas. Elle doit s’arrêter avant l’hôtel, son grand-père ayant prévu de la retrouver dans une petite ville adjacente. On sort donc un peu de Winterhouse avec cette seconde histoire, puisqu’Elizabeth se retrouvera à deux reprises dans ce village.

Elizabeth développe peu à peu ses capacités. Même si son grand-père lui a dit de faire très attention à ce qu’elle peut faire, Elizabeth a un caractère parfois bouillant et ne sait pas toujours mettre un frein à ses émotions. Elle a donc parfois de la difficulté à se contrôler et se demande également si elle est bien à sa place à Winterhouse puisqu’elle enchaîne les gaffes et qu’elle a l’impression que tout le monde la met un peu de côté. Heureusement, elle retrouve son complice et ami Freddy avec qui les choses se complique un peu quand elle lui découvre une nouvelle amie: Elana.

« Et si je ne trouvais pas ma place à Winterhouse? »

Parallèlement, ce second tome nous dévoile la présence d’un sceau aux dalles colorées, incrusté dans le plancher de marbre de l’hôtel. Le sceau constitue une énigme à lui seul qui intrigue autant Freddy qu’Elizabeth. Naturellement, les deux jeunes passionnés de codes secrets et de mystères feront tout pour tenter de le décrypter! Il y a également cette rumeur entendue au repas, concernant la présence de passages secrets dans l’hôtel. Cette conversation attise la curiosité d’Elizabeth. Encore plus lorsqu’elle réalise que quelqu’un semble rechercher ces passages cachés, dans tout l’hôtel! Quand des agressions se multiplient, les choses deviennent beaucoup plus inquiétantes. Elizabeth tente de mettre en garde son grand-père qui, à son grand désespoir, ne semble pas la prendre au sérieux!

« Le mal est une chose puissante. »

Elizabeth étant passionnée de mots, nous retrouvons toujours dans ce second tome toutes sortes de jeux de mots. Des anagrammes, comme dans le premier tome, mais également des ambigrammes, une sorte de graphie permettant une double lecture d’un mot. Elle écrit aussi toujours des listes, allant des mystères à résoudre aux lieux qu’elle souhaite revisiter au moins une seconde fois dans sa vie. Encore une fois, chacun des chapitres reprend un titre avec un jeu de mots pour nous donner un aperçu de ce qui se déroulera dans le texte qui vient. Au lecteur d’être vigilant! À noter d’ailleurs qu’à la fin du roman, on peut retrouver quelques jeux de mots à résoudre: des anagrammes et des échelles de mots. Les réponses sont disponibles un peu plus loin dans le livre.

Comme dans le premier tome, Freddy l’inventeur travaille à un projet spécial. Dans le premier tome il cherchait à réutiliser comme combustible les coques de noix de l’usine de confiseries. Dans ce second tome, il travaille sur la camera obscura, un instrument qui avait été abandonné il y a des années à l’hôtel et qui procure un véritable émerveillement chez la clientèle. Ces portions où Freddy travaille à son projet sont fascinantes.

Les livres sont toujours aussi présents dans ce tome, avec la visite d’Elizabeth dans une petite librairie nommée Harley Dimlow & Sons et son travail comme aspirante bibliothécaire dans la fabuleuse bibliothèque de Winterhouse. La description des lieux donne d’ailleurs envie de bouquiner, simplement en lisant les descriptions. J’adore cette atmosphère si particulière de Winterhouse. Les lieux sont aussi intéressants que l’intrigue du roman.

Cette seconde aventure se déroule pendant les vacances de Noël. Contrairement au premier tome cependant, ce n’est pas un livre vraiment axé sur Noël. Il y a quelques allusions à un souper festif, mais l’ambiance est beaucoup plus hivernale et enneigée. Les très belles illustrations du roman sont de Chloe Bristol. Je les adore. Elle réussit à rendre parfaitement l’atmosphère à la fois grandiose, mystérieuse et feutrée de Winterhouse. C’est un plaisir de les découvrir.

Une très bonne lecture donc! Le tome 3 devrait normalement paraître en avril. J’ai très hâte! Il devrait se dérouler au printemps, lors du séjour de Freddy à Winterhouse pour Pâques. Vivement!

Mon avis sur le premier tome de la série: Winterhouse Hotel.

Retour à Winterhouse Hôtel, Ben Guterson & Chloe Bristol, éditions Albin Michel, 464 pages, 2019

Locke & Key t.6: Alpha & Omega

Locke and Key 6Il a fallu deux générations et d’innombrables victimes, mais Lucas « Dodge » Caravaggio est parvenu à ses fins : il détient la clé qui lui ouvrira la Porte Noire. Sous l’apparence du jeune Bode, il s’apprête à libérer les démons qui se pressent derrière elle. Ceux qui lui ont si longtemps résisté, Tyler, Kinsey, Scot, Nina, Rufus et les autres, seront tous appelés à jouer leur rôle tragique dans le dernier affrontement de la haine et de l’humanité, dans les sinistres grottes de Lovecraft.

Sixième et dernier tome d’une série forte en rebondissements, en frissons et en aventures, Alpha & Oméga boucle l’histoire de Locke & Key avec beaucoup d’émotions.

L’introduction de ce dernier tome est présenté par Patrick Gyger, historien de la littérature fantastique. L’intrigue s’ouvre sur une catastrophe causée par Bode. Ayant en main toutes les clés, il est libre de ses mouvements, puisque personne ne le surveille. Tyler et Kinsey tentent quant à eux de faire leur deuil, de réussir à grandir sans être trop amochés et de se faire une place dans cette vie qu’ils trouvent profondément difficile. Alors que le quotidien semble avoir reprit une certaine normalité, le mal ronge, terré au fond de la grotte… et les ombres attaquent la famille Locke.

Rufus est toujours très sensible à son entourage et voit des choses qui sont inaccessibles aux autres. Il passe alors pour un fou et personne ne veut l’écouter. Comme dans les autres albums, il apporte beaucoup à notre compréhension de l’envers du décor et de ce qui se déroule dans « l’autre monde ». Sa perception de ce qui l’entoure, entre imaginaire et réalité, lui permet bien souvent d’être un atout dans l’histoire et d’apporter des éléments de réponse nécessaires.

Dans un monde qui est sans pitié, Bode devient malgré lui l’instrument des ténèbres et le carnage frappe au bal des finissants qui a lieu dans la grotte. Une idée complètement folle qui fera quantité de victimes, alors que certains sacrifices seront inévitables. Cependant, pour tenter de sauver un personnage, la maison regorge d’astuces magiques. Une apparition mettra du baume au cœur et nous offrira de beaux moments très émouvants.

Locke and Key Serie

Ce dernier tome nous présente, à mon avis, une fin très satisfaisante. Tout l’automne, la série Locke & Key m’a accompagnée. Six tomes, lus et relus. Une histoire fascinante, dont le talent du dessinateur est mis à profit. Visuellement c’est très attractif comme histoire, le dessin est très beau, coloré et vivant. Il y a énormément d’action, le cadre narratif étant très visuel. D’ailleurs, une adaptation de Locke & Key est dans l’air depuis des années. Un épisode pilote avait été présenté en 2011, mais le projet n’a pas eu de suite. Puis, Netflix a annoncé la série à venir sur sa plateforme. On connaît la date de sortie depuis peu: la série sera en ligne le 7 février 2020. J’ai envie de m’écrier: enfin! Je suis ravie de cette nouvelle et j’attends cette journée avec grande impatience. Je suis très curieuse de voir la façon dont cette histoire sera adaptée à l’écran. Si c’est aussi bon que les bandes dessinées, c’est très prometteur. L’affiche de la série est tout simplement magnifique avec la mise en valeur de la clé de tête. J’espère que les personnages et l’action très sombre des comics ne seront pas trop édulcorés à l’écran.

Locke & Key est sans doute la série de comics la plus fascinante et captivante que j’ai pu lire. J’ai un gros coup de cœur pour cet univers à la fois étrange et étonnant. J’ai aussi un gros coup de cœur pour les personnages, à la fois beaux, humains et imparfaits. Ces six tomes, au-delà du mystère, de l’horreur et du fantastique, sont aussi une critique de la société. Les auteurs, Joe Hill et Gabriel Rodriguez abordent plusieurs thèmes importants dans leur histoire: le racisme, l’homophobie, l’injustice, la différence, les handicaps, les problèmes liés à l’adolescence, la dépression et le deuil. Il y a un côté psychologique très fort chez chacun des personnages, qu’ils soient bons ou mauvais, ou qu’ils se situent quelque part entre les deux. Le mal est incarné avec tellement de profondeur qu’il en est terrifiant.

Cette histoire restera parmi mes préférées. L’univers fantastique et horrifique est beaucoup trop original pour être oublié. Même si le monde des clés est terrifiant, un petit quelque chose en nous chuchote que ça serait bien de trouver une clé aussi particulière « juste pour essayer ».

(On peut bien s’amuser à imaginer, non?)

Si vous voulez une excellente série à découvrir, lisez les bandes dessinées. Elles sont incontournables. Rien de moins. À lire absolument!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Je vous laisse sur la bande annonce de la série, sortie depuis quelques jours:

Locke & Key t.6: Alpha & Omega, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 212 pages, 2018

Locke & Key t.5: Rouages

Locke and Key 5À Lovecraft, les enfants Locke n’ont jamais été aussi près des ténèbres. Tyler et Kinsey n’imaginent pas un seul instant que Lucas « Dodge » Caravaggio est revenu d’entre les morts pour s’emparer du corps de leur petit frère. Grâce à la clé Oméga, Dodge sera bientôt en mesure d’ouvrir la Porte Noire et de libérer les démons aux pouvoirs hypnotiques qui se tapissent derrière. Depuis des siècles, le destin semble s’acharner sur la famille Locke. Mais Tyler et Kinsey détiennent eux aussi une arme redoutable : la clé du Temps. Sauront-ils contrer leur Nemesis et renverser le cours de l’Histoire ?

On ouvre ce cinquième tome intitulé Rouages en étant impatient d’en savoir plus, surtout avec la façon dont se termine le tome 4. La fin nous a gardé captif et l’histoire peut prendre toutes sortes de chemins bien différents. Le début est d’ailleurs étonnant et m’a beaucoup plu. Les auteurs nous offrent un plongeon dans le passé, direction Lovecraft en 1775. Deux orphelins dont les parents ont été pendus pour sauver la vie de plusieurs hommes, se retrouvent dans la grotte où tout a commencé.

« Face aux créatures tapies derrière la porte, les guerres des hommes ne sont que querelles d’enfants. »

Il est question à plusieurs reprises de voyage dans le temps, ou à tout le moins de ce qui y ressemble, tant au propre qu’au figuré. J’aime quand les auteurs abordent ce thème dans la littérature, thème qui me fascine toujours énormément. Ici, les clés sont au centre de tout et aident Kinsey et Tyler à mieux comprendre les événements qui ont eu lieu à Keyhouse dans le passé. La maison est très vieille, plus que les jeunes ne pouvaient le penser. Elle a beaucoup de secrets qui ont été enfouis au fil des ans… souvent oubliés par les adultes lorsque la loi Riffel prend le dessus après l’adolescence. Une idée particulièrement bien traitée dans cette bande dessinée, ce qui explique aussi la raison pour laquelle c’est souvent Bode qui trouve les clés.

Je suis toujours subjuguée par l’imagination galopante des auteurs, qui réussissent à créer un monde complètement fou. Leurs trouvailles sont souvent étonnantes et ce qu’ils en font l’est encore plus. Les objets sont dotés de capacités cachées, avec toujours l’ombre du mal qui plane au-dessus. Ils réussissent à instiller un sentiment de peur et de fascination. L’humain, avec ses faiblesses, son besoin d’être reconnu et sa soif de domination sur les autres est très souvent au centre du mal qui ronge Keyhouse.

Ce cinquième tome met aussi en lumière Bode depuis les récents événements. Bien différent, son comportement suscite l’inquiétude. On peut souvent faire le parallèle entre lui et son oncle Duncan qui était à l’époque le plus jeune de la famille. C’était aussi Duncan qui trouvait toutes les clés. Comme si la maison les leur offrait avec plus de facilité…

Tourné sur le passé pour mieux comprendre le présent, Rouages est l’avant-dernier tome de la série. Je l’ai adoré! Je trouve vraiment intéressant cette plongée dans le passé pour nous permettre de saisir l’importance de ce qui s’est jadis déroulé dans la grotte et de comprendre l’origines des clés, de l’histoire qui a forgé Keyhouse. Ce tome fabuleusement mené nous offre un éclairage très pertinent sur le passé entourant l’étrange maison. Il ne reste qu’un tome à découvrir, pour connaître le dénouement final. Mon billet sera en ligne très bientôt! En attendant, voici mon avis sur les autres tomes de la série (tome 6 à venir):

Locke & Key t.5: Rouages, Joe Hill & Gabriel Rodriguez, éditions Hi Comics, 168 pages, 2018