I Am Still Alive

I Am Still AliveAprès le décès de sa mère, Jess Cooper part habiter avec son père qu’elle ne connaît quasiment pas. Celui-ci vit reclus au beau milieu d’une forêt, quelque part au Canada. En une semaine, il entreprend d’enseigner à Jess comment survivre dans la nature. Le temps presse, car l’homme, pourchassé par des tueurs, sait que ses jours sont comptés…
Bientôt, trois individus armés jusqu’aux dents débarquent et l’assassinent. Sans famille, sans abri, sans nourriture, Jess n’a plus le choix : elle doit tenir coûte que coûte, et apprendre à se défendre. Car la jeune fille le sait : les hommes vont revenir. Elle devra alors être prête à les affronter. Et à venger son père.

I Am Still Alive est un roman jeunesse très intéressant. Jess, seize ans, est un personnage au passé complexe. Sauvée d’un accident où sa mère est décédée, elle est restée handicapée et a dû faire de la réadaptation. Elle a aussi dû apprendre à vivre un premier deuil, avant d’en vivre un second plus tard dans l’histoire, forts différents l’un de l’autre. Après avoir vécu un moment en famille d’accueil, les services sociaux ont pu retrouver son père qu’elle n’a presque jamais vu et elle s’envole vers l’Alaska pour vivre avec lui. Le problème, c’est que l’avion qui devait l’amener dans cet état traverse plutôt la frontière et s’enfonce dans les forêts canadiennes. Loin de tout, isolée, dans une cabane en rondins avec pour toute compagnie les animaux sauvages et un chien, Jess retrouvera son père et devra apprendre à vivre avec lui loin du monde.

« …si vous lisez ces mots, c’est probablement que je suis morte. N’empêche que j’aurai quand même survécu un petit moment. »

Le début du livre donne le ton. Il y sera question de survie et d’apprentissage, que ce soit de la vie en pleine nature ou alors, de la relation avec son père. Les débuts sont difficiles. Jess n’a pas envie de vivre là-bas. Elle n’a pas envie d’apprendre à chasser, absolument pas, et elle en veut à son père qui ne s’est jamais occupé d’elle. Sa relation avec lui est conflictuelle. Elle découvre cependant au fil du temps qu’elle lui ressemble peut-être un peu et que sa mère, qu’elle croyait à l’opposé de son père, a peut-être plus de points en commun avec lui qu’elle ne le pensait.

« Peut-être pouvais-je envisager de tenir un an, après tout. Il y avait du chocolat chaud dans la cabane. Du chocolat chaud et un feu de bois dans une cabane en rondins. Des gens étaient prêts à payer pour ce genre de choses. »

Cependant, son père semble cacher plusieurs choses. D’abord, le fait qu’il ne vive pas vraiment en Alaska alors qu’officiellement, c’est le cas. Le fait aussi qu’il la met en garde contre l’arrivée de quiconque en avion. Quiconque qui n’est pas Griff, l’ami de son père et ravitailleur en règle de leur cabane en rondins.

Elle commence tout juste à apprendre la vie dans la nature sauvage quand son père, pourchassé et se cachant du monde, est froidement assassiné. L’histoire en devient une de survie. Le livre est construit de telle façon qu’il alterne beaucoup, du moins dans sa première moitié, avec le « avant » et « après ». Les chapitres racontent en alternance la vie de Jess avant l’accident de voiture qui a tué sa mère, avant son arrivée dans la cabane. Les chapitres « après » quant à eux, parlent de ce qu’elle doit traverser maintenant pour penser s’en sortir. La survie. Pour ne pas mourir de froid, de faim ou alors attaquée par les bêtes.

« Quand tu n’es pas assez forte, essaie de te montrer maligne. Dans la nature, c’est souvent plus efficace de toute manière. »

Le roman fait le tour d’une année complète et est divisé par saisons, selon les défis et les obstacles que chaque période de l’année peut apporter. J’ai vraiment apprécié cette lecture qui se dévore comme un vrai roman d’aventures, surtout à partir de la seconde partie. La seule chose que je regrette vraiment avec ce livre, c’est le choix de l’éditeur de ne pas avoir traduit le titre. C’est quelque chose qui me dérange beaucoup, le fait de ne pas traduire les titres lorsqu’on publie une traduction… C’est la mode chez les éditeurs européens et je le déplore beaucoup. Il y aurait eu tant de beaux titres à choisir pour illustrer l’idée derrière I Am Still Alive.

Il est indiqué « dès 13 ans » en quatrième de couverture. Je pense que c’est assez juste puisque certaines scènes de survie dans la seconde partie ne sont peut-être pas appropriées pour les plus jeunes. J’ai aimé cette lecture en tant qu’adulte. Par contre, à l’adolescence c’est en plein le genre d’histoire qui m’aurait intéressée. Une héroïne qui vit des moments extrêmes, doit apprendre à chasser et pêcher puisque sa vie en dépend. Elle est seule au monde avec un chien, Bo, et elle a envie de vivre. Même si l’héroïne est parfois un peu agaçante au début du livre et qu’elle frôle la mort plusieurs fois, l’auteure nous offre un bon roman d’aventures et un cadre un peu différent pour un roman jeunesse. Jess vit des problématiques liées à son âge (l’envie de sortir, d’être avec ses amies, de se soucier de ce que les autres pensent, d’avoir une vie normale avec sa mère) alors qu’elle est projetée dans un monde extrême, où les gens peuvent mourir, les animaux attaquer quand on s’y attend le moins et où la survie est primordiale.

La survie prend pour Jess le visage de la vengeance. C’est ce qui lui donne l’énergie nécessaire pour continuer, quand il ne lui reste plus rien. I Am Still Alive est en quelque sorte son journal, qu’elle tient dans un carnet offert par Griff pour garder une trace de ce qu’elle vit et espérer rester vivante.

Un roman divertissant que j’ai lu pratiquement d’une traite. J’ai beaucoup aimé!

I Am Still Alive, Kate Alice Marshall, éditions Pocket Jeunesse, 352 pages, 2020

Deep sea aquarium MagMell t. 3

Deep sea aquarium Magmell 3Aujourd’hui encore, le Deep sea aquarium Magmell est fréquenté par des visiteurs de tous genres, qui souhaitent rencontrer les créatures abyssales les plus diverses.Une maîtresse du primaire s’évanouit soudain devant l’aquarium du nautile, alors qu’elle accompagnait une classe d’élèves pour leur journée dessin…De son côté, Kôtarô Tenjô commence à trouver ses repères dans son travail de soigneur. Mais un jour, le directeur lui confie une nouvelle tâche importante : la présentation de la faune sous-marine aux visiteurs. Complètement stressé par sa première grande mission, réussira-t-il néanmoins à transmettre sa passion pour les créatures abyssales ?!

Deep sea aquarium MagMell est une série que j’adore et que je trouve à la fois instructive et passionnante. Ce troisième tome ne fait pas exception.

« La vie menée au sein de la mer profonde enveloppe doucement le cœur des hommes. »

Cette fois-ci, Kôtarô devient de plus en plus à l’aise avec son rôle de soigneur. On lui confie alors de nouvelles tâches. Il découvre par le fait même un nouvel aquarium et son enthousiasme débordant exaspère un peu son entourage. Mais Kôtarô est un passionné et ça se sent à travers les pages.

Il est beaucoup question de biologie des créatures marines, de leur évolution et de leur histoire. Toutes ces informations sont bien sûres adaptées à l’histoire, mais je trouve que c’est ce qui fait toute la beauté de ce manga. La fascination pour les fonds marins, les créatures et l’émerveillement de la découverte.

Il y a toute une partie assez amusante dans l’histoire où Kôtarô fait la découverte des films d’horreur. On découvre aussi un peu mieux le Docteur Haru et l’enfance de Shinya, pêcheur. Il est intéressant de voir se développer un peu plus les personnages secondaires au fil des tomes et d’apprendre à mieux connaître ceux qui entourent Kôtarô. La photographie a toujours une place importante, ainsi que l’histoire du père de Kôtarô dont on continue à découvrir des bribes au fil des tomes.

Comme à l’habitude, ce tome cache une petite histoire sous sa jaquette. Il suffit de l’enlever pour la lire. J’ai aussi aimé le rappel des personnages en début de livre. De plus en plus de manga le font. C’est bien, surtout quand les parutions des différents tomes s’étirent pendant des années. Le manga compte également de nouvelles pages du Guide des abysses, nous permettant de découvrir plusieurs nouvelles espèces. Une fiche détaillée nous est présentée pour chacune d’elle. Cette fois, nous partons à la découverte du tunicier prédateur (une bouche étrange qui vit au fond de l’océan), du nautilidae, du tonnelier de mer, du Sagre Lucifer (le requin « qui brille » et qui attire tant Shinya) et de la méduse casquée.

Un troisième tome que j’ai adoré et que je ne peux que vous conseiller de découvrir. On apprend plein de choses! J’ai bien hâte à la sortie du quatrième, prévu pour cet automne.

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Deep sea aquarium MagMell t. 3, Kiyomi Sugishita, éditions Vega, 190 pages, 2019

Ici n’est plus ici

Ici n'est plus iciÀ Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.

Ici n’est plus ici est un roman comme je n’en avais encore jamais lu sur les Amérindiens. Dans la littérature, on parle énormément des réserves, et de la culture traditionnelle des Amérindiens, mais très peu de ceux qui vivent en milieu urbain. La construction de ce livre est exceptionnelle, donnant une voix à douze personnages différents qu’on découvre au fil des chapitres. Bien vite, on réalise que les destins des personnages sont tous liés, de près ou de loin, à travers le temps, à travers les lieux qu’ils fréquentent et les moments où ils se croisent.

« Être indien en Amérique n’a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. »

Chaque personnage est différent. Chaque personnage a une relation différente avec son identité Amérindienne. Certains veulent la mettre de côté, l’ignorer ou souhaitent qu’elle ne se transmette pas à la génération suivante. D’autres sont à la recherche de leurs racines, qu’ils connaissent très peu. D’autres encore mettent en avant leur identité pour s’approprier ce qu’ils sont réellement.

« Il attend qu’un moment de vérité surgisse devant lui – à propos de lui. Il est important qu’il s’habille comme un Indien, danse comme un Indien, même s’il joue la comédie, même s’il a de bout en bout l’impression d’être un usurpateur, parce que la seule façon d’être indien en ce monde est d’avoir l’apparence d’un Indien, et d’agir comme un Indien. être ou ne pas être indien en dépend. »

Alors que d’autres, n’ont pas l’air autochtones, sont métissés, ou ont de la difficulté à se faire accepter tant comme Blanc que comme Amérindien. Tous veulent cependant être fiers de ce qu’ils sont et pouvoir, pour la plupart, transmettre un peu de leurs racines, même si pour certains l’idée est difficile. Le roman aborde beaucoup la transmission de l’identité indienne. Le roman est divisé en quatre grandes parties qui prennent tout leur sens à la lecture du livre: Reste, Réclamation, Le retour, Le Pow-Wow.

Chaque personnage tente de vivre dans une grande ville avec une identité parfois bien dessinée, parfois très floue, même pour eux. Plusieurs vivent dans la pauvreté, certains font des études ou ont des projets, alors que d’autres souffrent de maladie mentale, basculent dans la violence, la drogue et l’alcool. Ce roman d’ailleurs, est à la fois d’une grande beauté et d’une rude violence.

« Nous amener en ville devait être la nécessaire étape finale de notre assimilation, l’absorption, l’effacement, l’achèvement de cinq cents ans de campagne génocidaire. Mais la ville nous a renouvelés, et nous nous la sommes appropriée. »

Le Pow-Wow d’Oakland revient régulièrement chez chaque personnage. C’est un événement d’une grande importance pour tous. Certains y seront maître de cérémonie, danseurs, exposants, organisateurs ou visiteurs. Leurs raisons de s’y rendre sont aussi très variées. Les derniers chapitres du livre sont beaucoup plus courts. On sent une forme de tension qui monte et qui prend de plus en plus de place. On sent que quelque chose va se produire. Le destin des personnages converge vers le Pow-Wow, l’histoire forme un entonnoir qui trouvera sa finalité dans l’une des manifestations les plus importantes de la culture Amérindienne. C’est là-bas que se termine Ici n’est plus ici.

L’auteur profite aussi de sa plume pour nous offrir deux chapitres, le prologue au début et l’entracte en milieu de roman, qui sont écrits sous une forme ressemblant à un essai. Il nous y parle des Amérindiens en général, de la façon dont l’histoire et la culture populaire ont véhiculé des images stéréotypées de son peuple, des légendes, de l’histoire représentée dans les livres scolaires, des massacres, de l’assimilation, les Pow-Wows, du sang amérindien et des noms de famille.

« …apprendre des choses sur ses origines, c’est un privilège. Un privilège que nous n’avons pas. Et de toute façon, tout ce que je pourrais te dire sur tes origines ne te rendra ni plus ni moins indien que tu n’es déjà. Ça ne fera pas de toit un Indien plus ou moins authentique. Ne permets jamais à personne de t’expliquer ce que signifie être indien. »

L’image de ce roman est très forte. L’histoire nous permet de comprendre un peu mieux ce que peut être la vie urbaine couplée aux traditions amérindiennes. Même si les personnages ne vivent pas dans des réserves, on sent malgré tout que l’histoire des différents peuples amérindiens plane au-dessus d’eux. Plusieurs vivent encore dans des réserves mentales, au sens figuré.

Ce roman est magnifique, passionnant, touchant et la traduction est excellente. La construction de l’histoire, où chaque chapitre s’attarde sur un personnage en particulier, me fait penser à la forme d’un très bon recueil de nouvelles. L’écriture est parfaitement maîtrisée et très fluide. L’auteur est étonnant dans sa façon d’écrire et de parler d’un monde qui le touche. Ce livre nous laisse espérer que Tommy Orange ne s’arrêtera pas là. D’autant plus que Ici n’est plus ici est un premier roman. Une bouleversante surprise.

Le roman m’a permis de découvrir le groupe canadien A Tribe Called Red, dont un des personnages parle dans le livre. Ils font de la musique électronique, moderne et traditionnelle à la fois. Dans cette vidéo, participe aussi Black Bear que je connais déjà et aime beaucoup!

Ici n’est plus ici, Tommy Orange, éditions Albin Michel, 352 pages, 2019

Et arrivées au bout nous prendrons racine

Et arrivées au bout nous prendrons racineIl y a le retour prudent sur le chemin des origines, le long de la côte, où les maisons boudent. La poésie mène alors à l’enfance, paraît gourmande, des bleuets en confiture, un cœur de lièvre sous la dent. Ici, les bonheurs disponibles s’empilent sur tout ce dont on ne parle pas, des pères horizon, des mères à la gorge inquiète. Et arrivées au bout nous prendrons racine annonce la réconciliation avec un territoire, ce lichen millénaire parmi lequel s’en vont renaître femme et fille, main dans la main, ébruite ce nord hostile et fertile, fait de grands espaces et de petites choses. De doigts gelés et de pain chaud. Et, surtout, de silence.

Originaire de Natashquan sur la côté nord, l’auteure nous transporte dans une poésie riche en images qui nous amènent littéralement dans le passé, dans son enfance. Les images de divers moments s’entrecroisent au fil des mots, relatant la nature, les petites douceurs, les moments en famille. Tout ce qui nous berçait dans un passé pas si lointain.

« tête de bataille
d’oreillers

je me réveille
te grimpe quatre à quatre
c’est la nuit c’est les vacances c’est quand
que t’es arrivé
tu m’as ramené
des piasses en chocolat »

Sa poésie est faite de lieux passés, de gourmandises au goût de fruits, d’une Crush aux fraises, des bonbons du dépanneur. De petites choses du quotidien qui sont encore bien présentes à notre esprit. La beauté de la nature qui touche notre esprit, les routes qui nous ont fait voyager, les différents moments passés en famille, le retour aux racines, profondes et solides, pour mieux forger le présent et l’avenir.

La cuisine est très présente et les souvenirs qui y sont rattachés sont vivants et visuels. Parfois l’ennui ou l’inquiétude se pointent au détour des mots, pour nous plonger dans une atmosphère familiale faite de mémoire et de silence.

« derrière les bardeaux de peur
ça sent la poussière

d’heures
elles s’accumule le long des soirs
et devant la porte
le prélart roule
d’ennui »

Je perçois cette poésie comme une renaissance. C’est une façon de se ressourcer en puisant dans un passé riche en saveurs et en émerveillement. Une façon de retrouver ce qui a été, pour mieux harmoniser le présent.

Une poésie qui se lit aisément. La plume est très fluide, très belle. Les mots coulent comme l’eau d’une source. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette découverte. Le texte nous ramène à l’enfance, c’est donc une poésie qui nous offre simplicité et candeur, avec une certaine profondeur. L’auteure se remémore des souvenirs d’enfance et par le fait même, nous ramène un peu à certains de nos propres souvenirs. Des choses qui habitent le paysage autour de nous et qui vivent dans les mémoires.

Une belle lecture.

Et arrivées au bout nous prendrons racine, Kristina Gauthier-Landry, éditions La Peuplade, 128 pages, 2020

Les liens du sang t.1

les liens du sang 1Vue de l’extérieur, la famille du jeune Seiichi est des plus banales : un père salarié, une mère au foyer, une maison dans une ville de province… L’adolescent va à l’école, joue avec ses amis, est troublé quand il pose les yeux sur la jolie fille de la classe. Tout est normal… ou presque. Il ne s’en rend pas compte lui-même, mais sa mère le couve beaucoup trop. Seiko traite encore son fils comme un bébé et, avec un mari toujours absent, son monde est d’autant plus centré autour de Seiichi. Ce dernier est incapable de résister : il se laisse lentement emprisonner dans le cocon. Trop jeune, il ne décèle pas la folie cachée derrière l’amour maternel. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

Les liens du sang est l’histoire d’une relation malsaine entre une mère et son fils. En fait, Seiko traite son fils comme un jeune enfant. Elle le surprotège, fait des choix pour lui, prend des décisions à sa place et dirige un peu trop son quotidien. Seiichi est un jeune garçon gentil, qui se plie aux demandes de sa mère. Il ne réalise pas vraiment que sa mère est un peu étrange. Mine de rien, avec l’absence de son mari, Seiko s’accapare Seiichi qui représente le centre de son univers.

Au début du manga, on sent que Seiko est une mère un peu protectrice, mais on ne comprend pas vraiment à quel point elle peut être dangereuse. En apparence, la vie familiale semble parfaite. Une mère gentille, un père travaillant, un petit garçon soucieux de plaire à ses parents. Quand le cousin de Seiichi lui fait réaliser que sa mère est bizarre, certains souvenirs semblent affluer dans son esprit et il commence à observer les agissements de sa mère. C’est une randonnée en famille qui va porter le coup fatal à la folie de Seiko…

Ce manga est assez intéressant. Cette histoire m’a sans cesse rappelée un vieux film que je regardais quand j’étais adolescente, Le bon fils. L’histoire ne se ressemble pas, mais le fond, la folie cachée d’un membre de la famille, m’y faisait beaucoup penser. L’esprit du manga est un peu le même d’ailleurs, quoique j’ai trouvé le début un peu long. La mise en place de cette relation malsaine est peu marquée lorsqu’on commence le livre. On sent qu’il y a quelque chose mais c’est très (trop?) léger. J’aurais aimé une relation un peu plus marquée. Il manque un petit quelque chose dans l’évolution des personnages et dans les souvenirs de Seiichi qui surviennent tout à coup.

Les dernières pages se bousculent et c’est là que tout se joue. C’est frappant et glaçant. On s’attend à quelque chose, mais jamais à ça. Je dirais que l’intérêt du manga tient beaucoup dans ses toutes dernières pages. Le reste, par moment, m’a semblé un peu long. J’ai mis beaucoup de temps à m’intéresser aux personnages et à être réellement intriguée. Je dirais que la fin est assez frappante, mais que l’essentiel du manga m’a laissée un peu indifférente.

Je ne pense donc pas poursuivre cette série, parce que personnellement j’aime les histoire plus tranchées, j’aime une évolution de l’intrigue moins longue à se mettre en place et moins effacée. La fin, cependant, est géniale dans sa folie. L’histoire est dérangeante. C’est donc un manga qui pourrait plaire à beaucoup de lecteurs, mais qui ne m’a peut-être pas suffisamment accrochée pour continuer.

Les liens du sang t.1, Shuzo Oshimi, éditions Ki-oon, 216 pages, 2019