Le Talisman des territoires

Un monde parallèle, peuplé de chimères, de bonnes fées et de démons. Nul n’y entre, pas même un enfant, sans risquer de perdre sa vie et son âme. Pourtant Jack, du haut de ses 12 ans, se met en route afin d’en rapporter le seul remède qui peut sauver sa mère…
Une œuvre culte, aux frontières du réel, écrit par deux maîtres de la littérature fantastique contemporaine.

Je voulais lire Le Talisman des Territoires depuis quelques années déjà. Je l’avais sorti de ma pile à lire pour me plonger dedans pendant l’été, puis j’ai vu dans la dernière saison de Stranger Things un clin d’œil à ce livre. L’un des personnages, Lucas, le lit. C’est aussi une allusion à une future adaptation, car ce sont les frères Duffer et Steven Spielberg qui s’occuperont de transposer le riche univers du roman de Stephen King et Peter Straub à l’écran. C’était donc le moment parfait pour le lire!

« Tu ne rêves jamais d’un soupçon de magie? »

Le Talisman des Territoires est d’abord paru en deux tomes avant d’être réédité en intégrale. Ce pavé compte pas moins de 1500 pages. Et c’est toute une aventure! J’ai vraiment passé un excellent moment avec ce bouquin qui m’a accompagnée une bonne partie du mois de juillet. Il y a tellement de choses à dire sur ce livre!

Comme je le disais plus haut, cette édition intégrale regroupe deux tomes. « Le talisman » se déroule pendant l’enfance de Jack et est plus axé sur le fantastique. Le garçon doit partir dans les territoires afin de trouver un remède pour sauver sa mère. Ancienne actrice, celle-ci fuit l’oncle Morgan qui tente d’avoir une emprise sur eux depuis la mort de son mari et elle amène son fils dans un hôtel désert. Le garçon se promène dans les environs et ne va plus à l’école. La seconde partie, « Les Territoires », se déroule alors que Jack est adulte, enquêteur d’une trentaine d’années à la retraite, passionné d’art et de musique. Ce second tome est plus du genre policier même si le fantastique et les monstres ne manquent certainement pas.

« De la joie. Ils vivent dans un mystère. Ces gens vivent dans un mystère. C’est la joie qui les anime. »

Le talisman est un roman qui parle du merveilleux, des croyances et de la magie reliée à l’enfance. C’est un monde étrange, parallèle au nôtre, où la plupart des gens y ont un double. Sauf Jack, car il est spécial. Dans les Territoires, la vie y est différente. L’atmosphère aussi. On a l’impression de se retrouver quelque part dans un monde médiéval, où la technologie que l’on connaît n’existe pas. La vie y est plus douce, sauf quand l’homme utilise son pouvoir de changer de monde et tente d’y apporter des « améliorations ». Le chaos s’empare alors des Territoires et a des répercussions désastreuses sur notre propre monde.

« Pourquoi deux mondes adjacents ne se rencontreraient-ils pas de temps à autre? »

Jack qui craint de perdre sa mère, découvre les Territoires grâce à Speedy, un vieil homme, gardien et concierge d’un parc d’attraction, déserté l’automne venu. C’est en sa compagnie qu’il découvrira qu’il a la possibilité d’aller d’un monde à l’autre. En découvrant les Territoires, des souvenirs lointains ressurgissent à la surface… Il comprend qu’il existe plus qu’une vérité et il sait qu’il doit partir en quête de ce qui guérira sa mère, mais aussi, de ce qui apportera la paix dans l’autre monde. Son voyage est peuplé de personnages terrifiants qui tentent de lui mettre des bâtons dans les roues. Il découvre qu’il n’a pas beaucoup d’alliés, excepté quelques belles rencontres qu’il fait pendant son voyage. Le personnage le plus intéressant de cette catégorie est Wolf, un loup-garou qu’on aime tout de suite. C’est un personnage gentil et tellement touchant! Une amitié incomparable se développera entre Jack et lui.

Dans la seconde partie du livre, Les Territoires, nous retrouvons Jack alors qu’il est adulte. Sa vie a bien changée depuis et on découvre qu’il a été un excellent enquêteur, très à l’écoute de ce qui se déroulait sous ses yeux. Son voyage dans les Territoires a laissé des marques en lui, et après un certain temps il prend sa retraite pour s’installer dans un lieu tranquille où il achète une maison et se lie d’amitié avec Henry, l’aveugle prodigieux, mélomane, à l’oreille plus que musicale. Quand des enfants commencent à disparaître, et qu’on soupçonne un tueur en série, le shérif demande l’aide de Jack, qui décide finalement de s’impliquer. Ces crimes ont un lien direct avec les Territoires, dont seul Jack en connaît les rouages. Il accepte donc d’enquêter et tente de traquer le mal en personne. 

« Leurs yeux avaient changé de couleur. Ils sont damnés. Il s’est fait une place dans notre monde. »

Le Talisman des Territoires raconte un monde complexe, mais c’est aussi une métaphore de notre propre monde et une critique de la société. C’est un livre sur l’enfance et une histoire initiatique. J’ai adoré cet univers entre fantastique et horreur, ainsi que cette idée de monde parallèle où la plupart des gens ont un double. Le livre regorge aussi de créatures bestiales, d’humains avides de destruction et dépravés, de criminels en série. C’est sombre, c’est noir, mais parfois lumineux aussi. À l’image de l’homme. 

Les personnages sont vraiment marquants. On a l’impression qu’ils existent réellement. Ils ne sont pas lisses, ni complètement mauvais, ni totalement gentils. Il y a des zones d’ombres pour chacun d’eux, même si certains sont de vraies bêtes alors que d’autres sont bons, en général. J’ai adoré le personnage de Jack enfant et je l’ai tout autant aimé en tant qu’adulte. Il est intéressant de le suivre à travers les années et de le voir passer de l’enfance à l’âge adulte. Les gens qui se lient à Jack, comme Henry, Wolf et Speedy, sont très intéressants. Ils apportent beaucoup à l’histoire. Dans un monde si dur, on a aussi besoin de personnages à qui s’accrocher. 

« D’un monde qui engendre des loups-garous, il faut s’attendre à n’importe quoi, sans doute… »

Ce livre est étonnant, fascinant, terrifiant, passionnant. C’est le genre de grosse brique dans laquelle j’adore me plonger. C’est bien écrit, c’est un univers complètement fou dans tous les sens du terme. Difficile à résumer, difficile à raconter tant les deux parties sont liées entre elles, même si ce qu’elles racontent sont dans des styles bien différents. Je ne peux que vous conseiller de le lire. Parce que c’est sacrément prenant. En tout cas, moi j’ai été littéralement happée! J’avais beaucoup de mal à déposer mon livre pour passer à autre chose. 

En tournant la dernière page, je ne pouvais que tenter de m’imaginer ce que ça donnera à l’écran. C’est un livre colossal à adapter et j’ai hâte de voir les choix qui seront faits. Je croise fort les doigts pour que ce soit à la hauteur. En lisant le roman, je ne suis pas vraiment étonnée qu’il n’y ait encore jamais eu d’adaptation de ce livre. Ce sera assurément un travail titanesque que de donner vie à Jack et aux Territoires. 

Le Talisman des territoires, Stephen King, Peter Straub, éditions Pocket, 1504 pages, 2014

Sweet tooth t.2

La fin du monde n’était que le début d’un long voyage pour le jeune Gus, désormais conscient que le sang qui coule dans ses veines pourrait bien être la clé d’un futur possible pour l’Humanité. Maintenu en détention par une milice armée et sans pitié, le jeune garçon devra compter sur l’aide d’un Jepperd avide de vengeance. Ce dernier saura-t-il s’associer aux bonnes personnes ? Car une fois libérées, certaines forces peuvent rapidement devenir incontrôlables.

Après avoir lu le volume un, j’avais envie d’enchaîner tout de suite avec le second volume des aventures de Gus dans un monde post-apocalyptique. Je suis toujours aussi emballée par cette série. Ce tome-ci fait plus de 320 pages et on ne s’ennuie pas une seconde. Comme je l’ai mentionné pour le volume 1, j’aime beaucoup le travail de Jeff Lemire et Sweet tooth nous amène dans un monde original, dévasté, inquiétant, mais aussi intrigant.

« Le virus… l’épidémie… le fléau… un monstre magnifique. Impitoyable et d’une efficacité redoutable. La majorité de ceux qui ne sont pas tombés malades sont morts lors des émeutes et du chaos qui ont suivi. »

Cette fois, on suit Gus qui est maintenant entré dans la « réserve » et se retrouve dans un monde totalement différent de ce qu’il espérait. Trahi par celui qu’il croyait être son ami, Gus doit apprendre à vivre dans un monde totalement étranger de celui qu’il a connu avec son père. Traité comme un rat de laboratoire depuis qu’on a découvert son existence, il est né moitié humain, moitié animal, mais cela bien avant la pandémie qui a ravagé notre monde. Il représente peut-être la clé de toutes les réponses à l’univers post-apocalyptique dans lequel il vit maintenant. Il représente l’espoir.

On apprend dans ce volume ce qui est arrivé à Jepperd et les raisons qui l’ont conduit à faire ce qu’il a fait. C’est un personnage blessé, froid et fermé, qui s’est pris d’affection malgré lui, pour Gus. Ce qu’il découvrira dans ce tome le bouleversera. Alors que les enfants tentent de s’enfuir de la « réserve », Jepperd conduit un petit groupe à leur rencontre. Une expédition improbable pour l’Alaska se prépare, là où Gus serait né, et d’autres personnages se greffent à eux.

Le monde de Sweet Tooth est dangereux, violent, imprévisible et on ne peut y faire confiance à presque personne. La menace est partout, parfois là où on l’attend le moins. Dans ce volume, plusieurs choses divisent les personnages et ils devront apprendre à faire front commun ou à se séparer pour continuer leur route. La rencontre d’un nouveau personnage, Walter, qui semble mystérieux et qui cache peut-être quelque chose, fragilise le groupe. On découvre aussi, par son entremise, l’ombre d’un autre groupe qui a déserté: Evergreen. Cette découverte est vraiment étrange et mystérieuse, trop belle pour être vraie (et donc inquiétante).

Dans cette histoire, chaque chapitre est une aventure et chaque rencontre peut très mal tourner. On ne le sait jamais. Les personnages ont été blessés, ont vécu la pandémie qui a dévasté leur monde et tentent de continuer en ne sachant pas ce qu’ils trouveront de l’autre côté. J’aime énormément le monde de cette bd, l’univers est intéressant, les personnages aussi. La fin nous garde en haleine: on veut le volume 3 tout de suite pour savoir ce qui va se passer. Et heureusement, je l’ai!

Sweet tooth est définitivement une série addictive que j’aime beaucoup. J’ai autant de plaisir à la lire que j’en avais eu avec celle de Hill et Rodriguez, Locke & Key. Deux univers bien différents, mais tous les deux sombres et plein de menaces.

À découvrir!

Sweet tooth t.2, Jeff Lemire, éditions Urban Comics, 336 pages, 2016

Sweet tooth t.1

Dix années ce sont écoulées depuis la mystérieuse pandémie qui frappa la Terre et décima la quasi-totalité de la population. De celle-ci, naquit une nouvelle espèce : mi-homme mi-animale. Gus fait partie de ces enfants hybrides dont on ignore tout, livré à lui-même depuis la mort de son père. Au cours de son voyage à travers une Amérique dévastée, Gus croisera la route de Jepperd, homme massif et taciturne avec qui il se met en quête d’un refuge spécialisé. Mais sur leur route, les chasseurs sont nombreux.

J’aime beaucoup l’auteur Jeff Lemire. Je trouve son travail très intéressant et tout ce que j’ai lu de lui jusqu’à maintenant m’a plu. Quand on a annoncé l’adaptation de Sweet tooth en série, j’ai voulu laisser retomber la poussière un peu avant de lire les comics. Après une panne de lecture, c’était une histoire parfaite pour reprendre le rythme. J’ai vraiment beaucoup aimé!

Sweet tooth regroupe les comics en 4 volumes. Celui-ci est le premier. Chaque tome compte entre 160 et près de 400 pages selon le livre. Ce sont donc de grosses bd. Comme l’histoire est très prenante et qu’on veut en savoir plus, on plonge totalement dans les aventures de Gus, Jepperd et les autres. 

Gus est un enfant-animal né avec des bois de cerf, juste avant une pandémie qui a ravagé notre monde. Il n’a pas vraiment connu sa mère et vivait avec son père dans une cabane dans les bois. Gus doit respecter une règle sur laquelle son père ne fait pas de compromis: il ne doit jamais au grand jamais sortir des bois. Quand son père meurt, Gus désobéit. Il fait la rencontre de Jepperd, un homme sombre et baraqué qui promet de l’amener dans la Réserve, un endroit qui, selon la rumeur, protège et aide les gens. Mais Gus va constater bien vite que le monde en dehors de la forêt est plein de dangers…

« Avant que mon papa tombe malade et meure, il disait qu’il n’y avait que des méchancetés en dehors des bois. Du feu et des démons, et des choses qui font peur. Il disait que je devais rester ici, où je suis en sécurité. »

Ce premier tome suit le périple de Gus et Jepperd dans un monde post-apocalyptique. Alors qu’ils cheminent ensemble, ils rencontrent toutes sortes de gens et vont vivre différentes situations qui nous font comprendre peu à peu le monde terrifiant dans lequel ils vivent désormais. On apprend également le contexte de vie de Gus, avant la mort de son père, et les règles auxquelles il devait obéir. Sa découverte du monde en dehors des bois est assez marquante pour lui. Par ses yeux, et par le récit qu’en font d’autres personnages, on découvre également ce qui s’est passé en dehors des bois protégés où vivait Gus et son père, alors que le reste du monde était décimé par une pandémie devenue rapidement hors de contrôle. 

J’ai également aimé découvrir peu à peu l’histoire de Jepperd. On sait qu’il a vécu certaines choses, qui expliquent d’ailleurs peut-être un peu le genre d’homme qu’il est devenu, mais on ne sait pas tout et on ne comprend pas forcément son comportement. Ce qui viendra sûrement dans les autres tomes. J’ai quand même bien aimé sa rencontre avec Gus et leur improbable relation. On découvre au fil des pages de quelle façon les gens se sont organisés, comment ils ont pris le contrôle des villes et des lieux qui pouvaient fournir des ressources de base, afin de survivre. L’apocalypse est rarement une partie de plaisir. 

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, qui donne forcément envie d’en savoir plus. L’histoire de Gus, cet enfant-animal particulier, est intrigante et on veut comprendre ses origines. J’apprécie vraiment le travail de Jeff Lemire, son coup de crayon reconnaissable, le rythme de ses histoires qui sont souvent très originales. Sweet Tooth ne fait pas exception! J’ai lu beaucoup de ses livres mais pas tous et ça me donne bien envie de découvrir d’autres de ses séries.

On m’a beaucoup parlé de l’adaptation en série, que je n’ai pas encore vu. J’attends d’avoir terminé les livres. Elle est, semble-t-il, beaucoup pour « douce » que les bd. Souvent, le passage à l’écran se fait pour un plus grand public, alors que les livres sont plus sombres. Mais j’ai quand même envie de regarder, ce que je ferai éventuellement. En tout cas, je vous suggère fortement cette bd qui est vraiment intéressante en plus d’être un bel objet, avec les pages de chapitres à carreaux et la reliure rigide. 

Je suis vraiment contente d’être plongée dans cette histoire! Je vous parle de la suite très bientôt.

Sweet tooth t.1, Jeff Lemire, éditions Urban Comics, 296 pages, 2015

Dash & Lily 1: Le carnet de défis

Je t’ai laissé quelques indices.
Si tu veux les avoir, tourne la page.
Sinon, repose ce carnet sur l’étagère, s’il te plaît.

Quand Dash met la main sur un mystérieux carnet rouge dans sa librairie préférée, il est loin de se douter qu’il est sur le point d’embarquer dans l’aventure d’une vie. Il découvre au fil des pages une liste de défis.
Un peu mélancolique à l’approche de Noël, il décide de suivre les instructions du carnet, qui l’emmèneront aux quatre coins de la ville qui ne dort jamais, dans les pas de Lily…

J’ai d’abord connu Dash et Lily avec la série présentée sur Netflix. Les séries de Noël sont plutôt rares et j’adore en découvrir de nouvelles. Je me suis donc intéressée à cette série. Je l’ai aimé, mais peut-être pas autant que je l’avais espéré. Si j’ai adoré les deux premiers épisodes de la série, très axés sur les livres, les indices et la littérature, j’ai eu l’impression que la série basculait dans le « très adolescent » à partir du troisième épisode. Pas que c’est mauvais, j’ai plutôt aimé la série, mais je l’aurais aimé encore plus si elle était restée dans la même ambiance littéraire et intello qui m’avait tant plu. J’aime quand des œuvres nous présentent des personnages et des mondes un peu différents et moins superficiels. 

Une amie m’a alors parlé des livres. Il en existe trois en anglais. Elle m’a proposé de faire une lecture commune avec elle du premier tome, le seul paru à ce jour en français. J’avais envie de voir si la série ressemblait au livre ou si le livre avait ce petit plus qui m’avait manqué dans l’adaptation. Alors j’ai accepté. Et j’ai beaucoup aimé le livre. Plus que la série.

Il faut d’abord savoir que la série est plus légère que le livre et que le côté littéraire axé sur l’écriture est bien plus présent dans le livre, jusqu’à la fin. Les scènes du livre et de la série sont par moments aussi très différentes. Si le début du livre ressemble beaucoup à ce qu’on a pu voir à l’écran, c’est moins vrai à partir du milieu du roman. Les péripéties sont assez différentes et certaines scènes m’auraient beaucoup plu à l’écran. 

Dash et Lily est une petite romance de Noël pour adolescents, mais c’est aussi une histoire toute douce, qui débute de façon intrigante, avec un carnet trouvé en plein cœur d’une librairie. J’ai aimé que la base de l’histoire soit un carnet et du papier, qu’elle prenne la forme d’une correspondance plutôt traditionnelle, comme on en connaît beaucoup moins aujourd’hui à l’ère des écrans et des textos.

« J’aime bien l’étymologie. Ça me plaît d’imaginer ce qui s’est passé au moment où le mot est né. »

C’est sans doute la plus grande force de cette histoire: renouer avec l’écriture papier et la passion des mots qui unissent Dash et Lily, deux ados singuliers qui détonnent un peu parmi les autres. C’est d’ailleurs ce qui les rend si attachants. La librairie qu’on retrouve dans le livre comme dans la série, Strand, est d’ailleurs un lieu qui fait rêver tous les amoureux des livres. Une librairie immense avec ses « vingt-neuf kilomètres de livres ».

« Quand j’allais chez Strand, j’était généralement d’humeur à ne rien chercher en particulier. Certains jours, je décidais que l’après-midi serait placé sous le signe d’une lettre spécifique, et je faisais le tour de toutes les sections pour examiner les titres classés à cette lettre. D’autres fois, l’envie me prenait de visiter une section de fond en comble, ou bien de fouiller les derniers arrivages, empilés dans des bacs qui ne se prêtaient jamais docilement au classement alphabétique. Ou bien je ne m’intéressait qu’aux couvertures vertes, parce que cela faisait trop longtemps que je n’avais pas lu un livre de cette couleur. »

À partir du carnet, Dash et Lily vont s’écrire. Il est souvent plus facile de se livrer et d’apprendre à se connaître lorsqu’on ne voit pas l’autre personne. C’est ce que les deux adolescents vont expérimenter. S’ils semblent assez différents au départ, Dash et Lily ont en fait beaucoup de points en commun et se comprennent bien l’un l’autre malgré tout. Le carnet deviendra le centre de leur univers et l’occasion pour relever des défis amusants et loufoques.

Le roman est rempli d’humour et la lecture est très agréable. J’ai passé un bon moment en compagnie de Dash et Lily, de leur passion pour les livres, les mots et les situations rocambolesques. Il y a des passages vraiment drôles, souvent en lien avec la littérature et les livres.  

« Elle me conduisit dans une pièce qui ne pouvait être qu’un boudoir. Les rideaux étaient si épais et les meubles, si capitonnés que je m’attendais presque à tomber sur Sherlock Holmes en pleine bataille de pouces avec Jane Austen dans un coin. »

L’histoire est originale et même si l’ensemble est assez léger et amusant, j’ai trouvé que c’était un bon roman pour adolescents, une jolie romance de Noël qui ne tombe pas dans la facilité des romances contemporaines clichées. C’est un très bon point pour ce premier tome.

J’ai bien envie de découvrir la suite et j’espère que l’éditeur traduira rapidement les autres tomes pour que l’on puisse continuer à découvrir les aventures de Dash et Lily. Si vous avez aimé la série, ça peut être très intéressant de découvrir le livre qui s’avère finalement assez différent. De mon côté, c’est la présence des livres et des mots qui m’a plu dans le roman, ce que je trouve rapidement mis de côté dans la série. 

Une jolie lecture de saison!

Dash & Lily 1: Le carnet de défis, Rachel Cohn, David Levithan, éditions Michel Lafon, 344 pages, 2020

Sherlock épisode 4 partie 1: Un scandale à Buckingham

Sherlock 4Grâce au blog de John Watson relatant les multiples enquêtes élucidées par Sherlock, notre détective devient de plus en plus célèbre. A tel point qu’un membre de la famille royale lui confie une nouvelle affaire consistant à récupérer des photos compromettantes prises par Irène, une femme dangereuse, aussi intelligente que culottée. 

Voici le tome 4 partie 1 de l’adaptation en manga de la série Sherlock. Ce tome correspond en fait au début de la deuxième saison de la série. Comme les autres tomes, il s’agit d’une adaptation conforme à l’épisode. Dialogues, scènes, tout est comme dans la série. C’est donc un plaisir d’y retrouver l’ambiance propre aux épisodes que j’aime tant.

L’épisode commence là où se terminait le troisième tome, sur une scène explosive. C’est dans cet épisode que nous faisons connaissance d’Irene, une femme très particulière, dominatrice et manipulatrice. Elle est brillante et sa façon de réfléchir suscite tout de même l’admiration de Sherlock. Sa rencontre avec le détective fait des flammèches et semble le déstabiliser, ce qui est une grande première en soi. C’est d’ailleurs un des épisodes où Sherlock se retrouve avec deux « ennemis »: Moriarty et Irene.

L’histoire offre comme toujours plus d’une enquête à la fois. L’étrange mort d’un randonneur et des photos compromettantes pour une illustre cliente de Buckingham Palace croisent la route d’Irene, qui n’en a pas terminé avec Sherlock…

On perçoit également le mode de fonctionnement très différent entre John et Sherlock. John écrit un blogue de plus en plus populaire et c’est ce qui attire des clients… quoique pas toujours au goût de Sherlock!

« Cette affaire vaut six. Je ne sors pas en dessous de sept, on s’était mis d’accord, non?
-On a dit ça quand?
-Hier.
-J’étais à Dublin hier.
-Tu n’avais qu’à écouter.
-Tu me parles quand je suis absent?
-Je ne sais pas. Tu l’es souvent? »

Un scandale à Buckingham est un épisode à la fois très drôle et un peu triste. Il y a des moments vraiment cocasses, qui me faisaient rire aussi à l’écran. L’épisode du drap à Buckingham par exemple est hilarant et malgré le sérieux de Sherlock et John, on voit leur belle complicité et certains moments où ils s’amusent réellement. Il y en a d’autres, comme ce moment à Noël avec Molly ou bien quand Sherlock démontre quelques faiblesses, qui sont plus « tristes ». Lui aussi peut se faire avoir. Il n’est pas infaillible et c’est intéressant de voir ce côté de lui.

« Toutes les vies ont une fin. Tous les cœurs se brisent. La compassion n’est pas un avantage… mais une faiblesse, Sherlock. »

Comme toujours, un manga bien intéressant à lire. Un petit plus si vous êtes fan de la série. Pour ma part, j’ai bien hâte à la sortie du prochain tome!

Mon avis sur les autres tomes de la série:

Sherlock épisode 4 partie 1: Un scandale à Buckingham, Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss, éditions Kurokawa, 240 pages, 2019