Hunter

HunterPlus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le sang-mêlé indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?

Hunter est le premier tome de la trilogie américaine écrite par Roy Braverman, un des pseudonymes utilisés par Patrick Manoukian, qui écrit aussi sous le nom de Ian Manook. J’ai bien apprécié la préface du roman car l’auteur raconte sa façon de travailler avec l’usage de pseudonymes qui correspondent à des styles d’écriture ou d’atmosphère, et parfois même, servent à rendre hommage à une personne que l’auteur a rencontré. Les explications et les anecdotes racontées par l’auteur sont intéressantes.

L’histoire quant à elle est très prenante. Dès le début du livre on entre en plein dans l’action. Le suspense est présent tout au long du livre. J’avais beaucoup de mal à lâcher ce roman même s’il est très sombre, tellement l’enquête et la chasse à l’homme sont palpitantes.

Hunter est un roman aussi prenant que dur et sanglant, au suspense très noir, qui demeure cependant captivant d’un chapitre à l’autre. La peur et la mort rôdent dans les bois et on se sent toute de suite intrigué. C’est aussi un roman d’enquête, car le FBI, le Shérif et Freeman, l’ancien policier à qui les autres personnages ne veulent pas faire de place dans l’enquête, sont tous à traquer le coupable et à tenter d’éclaircir les meurtres. Au début, on suit l’enquête du Shérif, qui est ensuite mis de côté par le FBI, afin d’élucider ce qui se passe et découvrir si Hunter est bel et bien à la tête du nombre de cadavres qui ne cesse de s’accumuler. Comme les cas recommencent à sa sortie de prison, tout porte à croire qu’un criminel est en cavale, et qu’il est bel et bien celui que tout le monde croit coupable.

Le roman compte plusieurs personnages importants, mais les principaux sont Hunter, perçu comme un tueur en série soupçonné de plusieurs crimes; Freeman qui est un ex-policier à la retraite et père d’une fille disparue; et Crow le partenaire de cellule de Hunter. Ce qui est intéressant c’est que l’auteur consacre un tome de sa trilogie par personnage. Le premier est intitulé Hunter, le second Crow et le troisième Freeman.

« Dès qu’il a vu Hunter se diriger vers Nortchbridge, il a compris qu’il retournait à Pilgrim’s Rest. Et ça tombait bien, parce que c’est là que Freeman voulait le ramener et le tabasser pour lui faire avouer ce qu’il avait fait de Louise. » 

Les lieux et les décors sont importants dans l’histoire et amènent une atmosphère inquiétante particulièrement intéressante. Pilgrim’s Rest est un trou paumé, qui compte un bowling fermé, des routes enneigées difficilement praticables et entourées de forêt. La température est glaciale, le roman se déroule en hiver, en plein tempête de neige. Les recherches dans le bois se font en motoneige et les éléments semblent se liguer contre les hommes qui travaillent fort pour réussir à résoudre l’enquête.

« La tempête est revenue sur Pilgrim’s Rest. Des vents violents et continus courent les combes sur des centaines de kilomètres pour engouffrer dans la cluse de la neige en rafales. Malgré la colère qui le brûle et la bise qui cingle son visage, Hackman reste insensible aux bourrasques qui poncent ses joues. »

L’histoire se déroule véritablement en pleine nature et en plein cœur des Appalaches. C’est un lieu isolé, propice aux meurtres et au crime. Hunter y est d’ailleurs pourchassé de toutes parts. Le roman est en quelque sorte une véritable chasse à l’homme qui se déroule en continu. Le personnage de Hunter est intéressant puisqu’il nous pousse à se questionner et à tergiverser. Il est à moitié amérindien et les autres personnages, ainsi que la société, éprouvent une sorte de mépris pour ce « sang-mêlé ».

Pendant la lecture, beaucoup de questions font surface tout au long du roman, car les fausses pistes sont nombreuses et l’enquête piétine. Cette construction du roman donne naturellement envie d’en savoir plus et nous pousse à tourner les pages. La fin du roman annonce une suite peut-être un peu plus troublante et sanglante à venir. C’est du moins mon impression en terminant ce livre. J’ai donc très envie de découvrir la suite.

Pour être honnête, je ne suis pas un habitué de ce genre de roman-là. J’ai d’abord été attiré par Crow, dont la couverture m’interpellait, puis j’ai vu qu’il s’agissait du tome deux, alors je trouvais important de lire le premier tome d’abord. La couverture de Hunter m’attirait bien aussi. De manière générale, je lis très peu de thrillers et ici, je suis sorti de ma zone de confort. Le suspense est un élément qui m’intéresse toujours beaucoup dans un roman, et j’ai été largement servi avec Hunter. Le livre nous amène à vivre de nombreuses émotions et le roman se dévore. J’ai adoré cette lecture qui m’a étonnamment happé. J’avais beaucoup de mal à lâcher cette histoire très prenante.

Parfois, certains lecteurs peuvent être rebutés par certains types de livres, craignant que ce soit trop dur, trop sanglant ou trop noir. Quand l’écriture est belle, l’auteur réussit à nous faire voyager dans son monde imaginaire et à nous le faire apprécier, peu importe le type de livre. J’ai découvert cet auteur avec ce roman et s’il écrit à nouveau un genre de livre semblable, je le relirais avec plaisir. L’écriture nous prend et nous happe. C’est une lecture qu’on peut faire rapidement, tellement l’histoire captive et nous porte. Les chapitres courts accentuent cette impression d’action.

Je ne suis pas un grand lecteur de thrillers ou d’horreur. Toutefois, ce roman m’a peut-être donné envie de découvrir d’autres livres dans le même genre. Comme quoi, sortir de sa zone de confort a parfois du bon: ça nous permet de faire des découvertes qu’on apprécie et qui nous surprennent, des lectures qu’on n’aurait peut-être pas faites normalement. Si vous aimez les suspense et les thrillers, c’est un livre que je recommande naturellement.

J’ai donc très hâte de lire la suite, que je me garde pour dans quelques semaines. Je compte aussi me procurer le tome trois qui devrait être disponible bientôt ici, sa parution ayant été retardée chez nous à cause du confinement.

Hunter, Roy Braverman, éditions Pocket, 400 pages, 2019

2 réflexions sur “Hunter

    • Effectivement, Ian Manook est français. Ce livre ressemble beaucoup à un thriller américain. Il pourrait peut-être te plaire. 😉

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