L’habitude des bêtes

l'habitude des bêtesLes loups sont revenus. Dans l’immense réserve faunique, on a trouvé des carcasses d’orignaux à moitié dévorées. On dit qu’il y a deux meutes qui parcourent la montagne. On commence même à les apercevoir dans les cours et les jardins des humains qui vivent aux alentours. Il y a des gens qui y voient un signe rassurant. Si les prédateurs se multiplient, c’est donc qu’il y a des proies en abondance. Les villageois, eux, comprennent toute l’ampleur de la menace. Le loup est l’ennemi de l’homme depuis la nuit des temps. Il ne sera jamais possible de partager le territoire avec lui. Pas question de courber l’échine, ce serait le retour au chaos. Alors ils s’organisent pour vider la montagne avant qu’il ne soit trop tard. Une frontière invisible se dessine entre les gens, ceux qui sont pour la chasse au loup et ceux qui sont contre. Elle divise les familles et réveille de vieilles guerres, où il y a eu des blessés, même des morts.

En commençant le roman, je m’attendais à toute autre chose. L’idée qu’on se fait du livre, en lisant le résumé et se basant sur la couverture me donnait une autre impression de ce que j’allais lire.

Au tout début du livre, l’histoire s’attarde sur un citadin, dentiste, ayant beaucoup d’argent et qui devient complètement maniaque du nord québécois. Il s’achète un hydravion et part dans le nord, se perdre dans la nature, dès qu’il a un moment de libre. À travers sa passion pour la nature et la chasse, il oublie la présence de sa femme et de sa fille pour ne se consacrer qu’à lui-même. Sa vie familiale est difficile. Sa fille a des problèmes et il la laisse avec sa mère, sans véritablement s’en occuper.

J’avais été effrayé et heurté. On avait tout raté, mais elle, elle nous aimait. Ce qu’on avait été incapables de faire. Elle avait raison. Je ne l’avais jamais aimée. J’ai commencé à aimer vraiment avec Dan.

Même si le roman est court, il comporte plusieurs histoires: la vie du personnage principal, la vie de sa fille, la présence de la nature, le quotidien dans son nouveau patelin avec les guerres intestines entre chasseurs ainsi que la relation de l’homme et des bêtes. J’ai trouvé que la portion du roman la plus belle est celle qui se rattache à l’histoire entre l’homme et son chien. Un animal qu’il ne pensait jamais avoir et qu’il a eu par erreur. C’est la présence de cette bête qui lui permettra d’apprendre à aimer les gens.

Il y a une très belle histoire d’animaux dans ce roman, de la relation qu’un humain peut avoir avec les animaux. C’est par moments très beau et surtout très touchant, surtout vers la fin. Le roman est rempli d’émotions.

Le roman se déroule dans la région du Saguenay. L’homme vit reculé dans un chalet, dans le bois. Il apprécie sa solitude et sa tranquillité. Là-bas, les gens qui viennent d’ailleurs ne sont pas forcément les bienvenus. Les gens ont de la difficulté à faire confiance aux nouveaux arrivants, à leur adresser la parole et à les intégrer à la communauté.

Ils sont comme les loups, ils vivent en meute et se protègent. Ils peuvent s’entre-tuer, mais ne t’avise pas d’intervenir, même la victime va se retourner contre toi. 

Il peut s’écouler des années avant que les gens natifs du coin s’ouvrent enfin aux nouveaux venus.

Le roman parle aussi de guerres entre chasseurs. La chasse, c’est quelque chose de sérieux. Les chasseurs du roman sont intenses. Ils peuvent riposter par la violence pour des querelles de territoires, de lieux de chasse et de bêtes.

L’écriture est simple, c’est bien écrit, la lecture se fait très facilement. Un bon lecteur peut lire le roman en quelques heures. C’est une histoire assez prenante, intéressante, fluide. L’écriture est posée et a quelque chose de très zen. Il se dégage du roman une grande impression de calme, même si le livre est traversé de difficultés et de drames, et qu’il y a beaucoup de tension entre les personnages.

L’histoire se déroule dans les grands espaces, dans un coin reculé et ça m’interpelle particulièrement. On voit aussi sur le personnage principal tout le côté thérapeutique que peut lui apporter la nature et les bêtes. Lui qui croyait avoir tout pour lui – de l’argent, une famille – mais il ne savait pas les apprécier.

C’est un livre que j’ai beaucoup aimé. Je m’attendais au départ à un roman un peu plus axé sur les animaux, plus poussé, un peu différent. Je ne m’attendais pas à ce que la vie familiale du personnage prenne autant de place. En commençant le roman, je me demandais si j’aimerais le livre, je n’en étais pas certain. Finalement, ce fut une très bonne lecture, une belle surprise et une histoire touchante. Je relirais volontiers d’autres livres de Lise Tremblay.

L’habitude des bêtes, Lise Tremblay, éditions du Boréal, 168 pages, 2017

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9 réflexions sur “L’habitude des bêtes

  1. Lise Tremblay est une auteure que j’aime beaucoup. Du coup, je partais avec un a-priori très positif sur son dernier, que j’ai aussi beaucoup aimé. Pas mon préféré d’elle… mais j’ai aimé!

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    • Moi c’était la première fois que je lisais un livre de cette auteure. Sans dire que c’est un coup de coeur, j’ai quand même bien aimé cette lecture. 🙂

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  2. Je viens de le commencer. Je ne voulais pas lire ton billet avant. Finalement, je suis quand venue y jeter un coup d’œil en cours de lecture et ça me rassure. Je ne m’attendais pas à ça et je suis en train de me demander si je vais aimer ou pas au final (d’autant qu’il sort en Europe à la rentrée et que je voudrais le défendre). Apparemment, tu es passée par les mêmes ressentis, donc je reste confiante !

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    • Bonjour Nadège,
      Tout comme toi au départ je ne m’attendais pas à cette histoire, mais au final ce fut une belle surprise. J’espère que tu apprécieras quand même ta lecture 🙂 Tu me diras ce que tu en penses 😉

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      • Hello Todd !

        J’ai terminé ma lecture et je suis un peu mitigée. Peut-être parce que je m’attendais à autre chose au départ, mais pas seulement. En fait, je trouve que la matière du roman n’est pas exploitée comme elle aurait pu l’être et je reste un peu sur ma faim. J’avais choisi ce livre pour le week-end parce que je savais qu’il parlait de nature, mais également du rapport à la vie et à la mort (sujet qui m’intéresse beaucoup, et particulièrement en ce moment). La question de la chasse et du rapport des uns et des autres à la régulation du gibier et des loups m’intéressait aussi. Je ne suis pas chasseuse, mais j’ai côtoyé des chasseurs depuis toute petite et je trouve le rapport à la nature très beau (quand ce sont de vrais chasseurs respectueux, pas des braconniers sans foi ni loi). Résultat, j’ai retrouvé tout ça – et d’autres choses : la question de l’identité et de la famille notamment -, mais toujours avec un goût de trop peu, la sensation de rester en surface. En ce qui concerne l’écriture, j’ai trouvé que ça se lisait très facilement et rapidement, mais je n’ai pas été charmée par l’écriture de l’auteure (cela dit, je sors d’un gros coup de cœur littéraire lu il y a deux ou trois semaines et j’ai tendance à être plus exigeante dans ces cas-là parce que j’ai envie d’être à nouveau subjuguée, ce qui n’arrive quand même pas aussi souvent !). Cela dit, je serais tout de même curieuse de découvrir un autre titre de Lise Tremblay. Si quelqu’un a des propositions, je suis preneuse !

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        • Je peux comprendre que si tu t’attendais à un vrai récit de chasse et de nature, tu peux être restée sur ta faim. J’ai dépassé assez vite ma petite déception du départ pour me plonger dans l’histoire et j’ai trouvé que c’était un beau livre finalement. ☺️ Personnellement je n’ai pas lu d’autres romans de cette auteure, mais Alaska en a lu quelques uns, elle pourra sûrement te conseiller!

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