La fille du feu

Mia a tout perdu, sa famille, ses amis, son foyer. La petite fille erre dans les plaines du Grand Nord, bien loin du bush australien dont elle est originaire. En elle, un feu brûle, puissant et indomptable. Quelques kilomètres plus loin, sous les tatouages d’animaux qui recouvrent son corps, Nathanaël cache les cicatrices et le traumatisme liés à l’incendie qui l’a happé, enfant. Le musicien est venu dans le village inuit d’Ilussuaq découvrir les traditions orales qui menacent de disparaître. Son guide, Cadzow, apprécie cet homme qui veut préserver le chant des siens. Mais sous ses dehors impassibles, il est lui aussi marqué par le feu. Lorsque Cadzow abat un ours affamé rôdant dans le village, les destinées de ces trois êtres écorchés entrent en collision. La traque sera sans merci, le feu consumera tout sur son passage.

J’ai beaucoup aimé ce roman. Mia est une enfant australienne loin des siens, qui a tout perdu. En elle brûle un feu qu’elle ne maîtrise pas. Un feu très puissant et indomptable. Nathanaël, un français, a peur du feu suite à un traumatisme vécu enfant. Pour cacher ses brûlures, il est couvert de tatouages d’animaux disparus. Il part dans un village inuit pour y enregistrer des sons et traditions orales, avant qu’ils ne disparaissent, afin d’en faire de la musique. Cadzow est son guide. Lui aussi a une étrange relation avec le feu. Quand il abat un ours qui rôde dans son village, la tempête se déchaîne. Les trois personnages se croisent et leur destin est intrinsèquement lié.

Ce roman est vraiment très intéressant à plusieurs points de vue. Tous les personnages ont un lien très intense avec le feu. Chacun vient d’un coin du monde différent. Chacun porte le poids de ses peurs et de sa culpabilité. Quand les trois se rencontrent, les choses deviennent explosives, mais également rédemptrices. C’est un roman qu’on peut lire comme une très bonne histoire, avec des personnages atypiques et particulièrement intéressants, qui se déroule essentiellement en pleine forêt. Toutefois, c’est aussi une métaphore de notre relation à la nature, de notre façon de la traiter et de la grande souffrance qu’inflige l’homme au monde animal et végétal.

« Elle incarnait la tombe d’une partie du monde, la mémoire ancestrale, animale et végétale d’un continent. Les animaux en voie d’extinction gisaient dans sa matrice, dans son ventre, dans sa tête et dans son cœur. Elle était histoire et rémanence. Un écosystème ravagé. »

Il y a de belles images, marquantes dans cette histoire, pour explorer de façon originale notre relation désastreuse avec le vivant. Même si l’histoire parle de destruction de la nature, le texte a un côté poétique et il baigne dans une ambiance onirique et fantastique. C’est également un message porteur d’espoir sur ce que l’humain pourrait faire pour le futur, sur sa capacité de changer les choses. Les trois personnages, qui viennent de différents continents, sont une belle image sur le pouvoir de changer les choses quand les gens s’unissent.

« La forêt est pleine de pardon. »

Un roman différent, hypnotisant, à l’atmosphère particulière. La richesse des personnages, avec leurs failles et leurs forces, m’a beaucoup plu. Une belle découverte!

La fille du feu, Aurélie Wellenstein, Fleuve éditions, 256 pages, 2025

La librairie des coups de coeur

Arthur, 22 ans, a décidé de reprendre sa vie amoureuse en main après une douloureuse rupture. Mais décembre n’est pas la meilleure période pour rencontrer quelqu’un, surtout quand on croule sous le travail dans la librairie où l’on est employé. Sans autre option, il s’inscrit sur une application de rencontres. Olivia, 23 ans, a besoin d’argent pour financer son rêve d’expédition en Laponie. Elle rejoint l’équipe de libraires pour la période des fêtes avec un seul objectif : gagner son salaire. Pour elle, l’amour n’est vraiment pas une priorité, et elle trouve cet Arthur particulièrement ridicule avec ses aspirations romantiques. Attention aux étincelles…

J’avais très envie de découvrir ce roman qui se déroule dans une librairie, pendant les Fêtes. On peut lire ce roman normalement ou bien le lire sous forme de calendrier de l’Avent, puisqu’il contient vingt-cinq chapitres. Si le cœur vous en dit, vous pouvez également colorier chaque entrée de chapitre, comme un décompte coloriage jusqu’à Noël. Ce peut être une belle façon d’accompagner la lecture.

Arthur est libraire à la librairie Page 28. C’est un personnage que j’ai tout de suite beaucoup aimé. Il est attachant. Il aime les livres, passer du temps tranquille chez lui à lire des services de presse en buvant du thé. Il rêve du grand amour, vit avec son chat, adore Céline Dion et est incapable de dire non (si bien que les autres en profitent).

Olivia est une jeune exploratrice qui réussit normalement à faire financer ses expéditions, mais pas cette fois. Pour partir en Finlande suivre le quotidien des chasseurs d’aurores boréales, elle va devoir travailler. Elle postule donc à la librairie, qui n’est qu’un boulot parmi tant d’autres pour elle. Mais pas pour Arthur, qui est un bon libraire, plutôt pointilleux. Entre les deux, il y a quelques flammèches. Difficile de bien s’entendre quand on est si différents….

J’ai beaucoup aimé ce roman qui a bien commencé mes lectures de Noël cette année. C’est un roman sympathique, qui se passe essentiellement dans une librairie, avec tout ce que cela implique à l’approche de Noël. On retrouve un peu d’humour ici et là. J’ai aimé le format de l’histoire, le côté original, avec un personnage principal masculin, plutôt casanier, et une jeune femme aventureuse avec qui il devra apprendre à travailler. C’est une histoire légère, mais avec des éléments qui en font une très agréable lecture. Les personnages secondaires apportent aussi à l’histoire: le patron de la librairie, Mélusine la collègue et amie, Luís le frère d’Olivia. L’ambiance m’a plu. Et l’objet-livre est très joli. J’ai bien envie de lire l’autre roman de Noël d’Anne Langlois. Peut-être l’an prochain!

Une lecture parfaite pour ce temps de l’année!

La librairie des coups de cœur, Anne Langlois, Éditions Nathan, 336 pages, 2025

La nuit de Noël

Les magnifiques œuvres de pâte à modeler de Barbara Reid ravivent ce grand classique de Noël. Ici, les joyeux animaux modelés par l’artiste de renom s’animent au fil des pages pour donner un ton typiquement canadien au célèbre poème de Clement Moore. Un très joyeux Noël à tous!

La nuit de Noël de Barbara Reid propose des illustrations originales pour le poème de Clement C. Moore. Ce poème intitulé A visit from Saint Nicholas (ou The night before Christmas) est un texte écrit autour de 1820 pour les enfants de l’auteur. Il n’était pas destiné à être publié, mais une amie l’envoya à un journal à l’insu de Moore. Ce qui est intéressant avec ce poème c’est qu’il s’agit d’une des premières descriptions littéraires du père Noël tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il y a aussi le roman Histoire de New York de Washington Irving, écrit quelques années avant, qui a contribué à l’image que l’on se fait du père Noël. Toutefois, le poème de Moore est sans doute beaucoup plus connu aujourd’hui. 

Ce poème a été adapté à toutes les sauces et l’on retrouve un nombre incalculable d’albums qui s’en inspirent. C’est une histoire que j’aime beaucoup, mais encore plus particulièrement cet album de Barbara Reid. Cette illustratrice extraordinaire crée ses images à l’aide de pâte à modelée collée sur du carton et peinte au besoin. C’est vivant, impressionnant et chaleureux. Ici, c’est une famille de souris vivant dans un tronc d’arbre qui recevra la visite du père Noël.

Le poème est un classique de la période des Fêtes, mais les illustrations de Barbara Reid subliment le texte. Les détails de l’intérieur de la maison des souris et du joyeux capharnaüm qui y règne sont époustouflants. Je suis toujours impressionnée par son travail. Cet album n’y fait pas exception. Une belle lecture à lire et relire pendant la période des Fêtes.

La nuit de Noël, Clement C. Moore, Barbara Reid, éditions Scholastic, 32 pages, 2013

Scrooge un chant de Noël

Londres au 19e siècle, un soir de neige, une veille de Noël… Insensible à toute magie, tout sentiment, toute tendresse, Scrooge, le vieil usurier, compte ses sous. Il ne le sait pas encore mais son destin d’égoïste et de méchant homme touche à sa fin… Un miracle est-il encore possible ?

J’ai lu Scrooge un chant de Noël de Rodolphe et Estelle Meyrand, d’après l’œuvre de Charles Dickens. J’ai toujours beaucoup aimé cette bande dessinée que je relis de temps à autres. C’est une jolie adaptation du célèbre conte Un chant de Noël.

Nous sommes à Londres, au 19e siècle. Scrooge est insensible à tout ce qui l’entoure, la bonne humeur entourant les célébrations du temps des Fêtes en passant par la misère qu’il côtoie. Radin, égoïste et glacial, il ne le sait pas encore mais une visite va changer sa vie. Parfois, les miracles existent!

Un chant de Noël est mon histoire de Noël préférée. Je la lis chaque année et je possède plusieurs formes de livres autour de ce conte découvert enfant et qui me touche encore aujourd’hui. La bonté, le partage et la gentillesse sont des valeurs qui transcendent les époques et le propos est toujours d’actualité. Cette adaptation en bande dessinée me plaît beaucoup pour plusieurs raisons. Le dessin d’Estelle Meyrand est magnifique. C’est doux, vivant, tout en gardant un petit côté d’époque. Je suis très sensible à son coup de crayon et ses images me plaisent énormément. On sent bien le contraste entre les scènes glaciales autour de Scrooge et son cœur de pierre, en parallèle aux scènes joyeuses de ceux qui se retrouvent pour passer un moment en famille ou entre amis pendant les Fêtes.

Les auteurs ont aussi fait le choix de ne présenter qu’un seul fantôme, Marley, qui rend visite à Scrooge, sans doute pour rendre le texte plus aéré et plus facile à lire pour des plus jeunes. J’ai bien aimé cette interprétation qui permet un lien plus étroit entre Scrooge et Marley qui ont été longtemps associés, dans les affaires comme dans leur manière de vivre. Le reste de l’histoire demeure sensiblement similaire à l’histoire d’origine.

Une bande dessinée que j’aime beaucoup et qui me touche chaque fois. Je la relirai assurément encore au fil des ans.

Scrooge un chant de Noël, Rodolphe, Estelle Meyrand, éditions L’école des loisirs, 47 pages, 2014

Le Rouge-gorge de Noël

Une nouvelle de Noël inédite et gratuite, par l’autrice de la saga best-seller des Deverill, Filles d’Irlande. 
« Cher lectrice, cher lecteur,
Avec l’arrivée de l’hiver et à l’approche des fêtes de fin d’année, j’ai eu envie de vous offrir ce modeste cadeau. J’espère que ce récit tendre et lumineux apportera un peu de lumière et de réconfort à celles et ceux qui me lisent déjà, et qu’il sera aussi une belle façon pour de nouveaux lecteurs d’entrouvrir une porte sur mon monde… Beaucoup d’entre vous me connaissent à travers la saga des Deverill, mais je tiens à préciser que cette histoire de Noël en est totalement indépendante. Il ne s’agit pas d’un nouvel épisode, mais d’une aventure différente, avec d’autres personnages et leur univers bien à eux. Je vous souhaite des fêtes remplies de chaleur, d’émerveillement et de joie. De tout mon cœur, Joyeux Noël ! »

J’ai lu Le rouge-gorge de Noël de Santa Montefiore. Il s’agit d’une nouvelle disponible gratuitement sur de nombreuses plateformes, un cadeau de l’auteure pour les Fêtes. Jack est veuf. Il vit dans un charmant village anglais, a ses petites habitudes desquelles il ne déroge pas et il vit tranquillement avec Rusty, son chien qu’il adore. Jack aime être chez lui, il est peu sociable, sauf avec certaines personnes choisies, il aime lire, faire un casse-tête et prendre le thé. Quand sa petite-fille qu’il ne connaît presque pas débarque d’Amérique, il est plutôt grognon. Il ne voulait qu’une chose pour les Fêtes: avoir la paix, tranquille chez lui.

J’ai bien aimé cette jolie histoire! Un peu courte, mais les personnages sont intéressants et les lieux également. J’ai aimé la dynamique qui lie Jack et Flora, qui apprennent à se connaître dans des circonstances inattendues. On retrouve également Betty, qui travaille au café où s’installe Jack tous les jours, ainsi que Dan croisé par hasard alors qu’il garde une maison du voisinage pour des gens partis en voyage. Ces quatre personnages se retrouveront pour des Fêtes bien différentes de ce qu’ils soupçonnaient.

C’est une belle histoire, presque un conte de Noël, sur l’amitié, la découverte de l’autre et le fait de briser la solitude pendant le temps des Fêtes. Une jolie lecture.

Le Rouge-gorge de Noël, Santa Montefiore, éditions Verso, 71 pages, 2025

Hercule Poirot – Le Noël d’Hercule Poirot

Quoi de plus beau et de plus romantique qu’une famille réunie à quelques jours de Noël ? L’occasion de se retrouver, de partager la chaleur d’un foyer alors que la neige tombe au-dehors. Mais le vieux Siméon Lee n’est pas du genre sentimental et, s’il a réuni ses enfants autour de lui, c’est qu’il a des choses à leur annoncer, ce qui risque de ne pas plaire à tout le monde. De ne pas plaire au point de tuer ? Pour Hercule Poirot, en visite chez son ami le colonel Johnson, une vieille connaissance rencontrée autour du Drame en trois actes, élucider un crime sera le plus beau des cadeaux de Noël !

Voici une adaptation en bande dessinée du roman du même nom. Je voulais lire cette adaptation depuis longtemps et j’ai pu mettre la main dessus à la bibliothèque, avant les vacances de Noël.

Nous sommes dans un beau manoir, sous les flocons, à quelques jours de Noël. Toute la famille est réunie à la demande du patriarche. Siméon Lee a effectivement quelque chose à annoncer à ses enfants. Quelque chose qui ne fera pas que des heureux. Quelque chose qui pourrait bien conduire… au meurtre.

Hercule Poirot est en visite chez un vieil ami, dans la région, lorsqu’on lui demande d’aller enquêter sur cette étrange affaire. Pour Poirot, élucider un crime à Noël est une façon comme une autre de célébrer les fêtes de fin d’année.

Je suis contente d’avoir enfin lu cette BD car elle m’a beaucoup plu. J’ai beaucoup aimé le rythme de cette adaptation qui reprend bien l’esprit du roman. On lit cette histoire en attendant le dénouement. L’intrigue est claire et bien rendue. J’ai apprécié le dessin également. C’est une lecture parfaite pour prendre une pause entre deux préparatifs des Fêtes. L’ambiance est agréable, avec des scènes enneigées, le sapin de Noël, le manoir magnifique, les personnages tous plus soupçonnables les uns des autres.

Une BD divertissante qui me donne bien envie de découvrir les autres titres de cette collection.

Hercule Poirot – Le Noël d’Hercule Poirot, Agatha Christie, Isabelle Bottier, Callixte, éditions Paquet, 64 pages, 2024