
Scénariste de BD, Michael Schmitz enquête sur l’homme emprisonné pour le monstrueux meurtre de deux adolescents, cinquante ans auparant. Mais pour Michael, le « tueur déviant » n’est pas seulement un sujet d’étude… c’est une obsession qui a changé le cours de son enfance et a défini sa propre identité. Et alors qu’il s’enfonce de plus en plus profondément dans l’histoire du déviant, un nouveau Père Noël tueur fait son apparition… et Milwaukee s’apprête à revivre le chapitre le plus sinistre de son histoire.
Voici le deuxième tome de cette série, qui complète cette histoire en deux volumes. Michael, qui cherchait à en apprendre plus sur le tueur en série le Déviant pour un projet de bande dessinée, se retrouve dans une situation similaire au tueur. L’histoire semble se répéter. Arrêté suite à une preuve retrouvée qui l’incrimine, l’histoire nous fait découvrir sa famille, son passé, son adolescence et ses questionnements, les enquêteurs qui travaillent sur l’affaire, mais surtout la place qu’occupe Derek dans sa vie. On apprend à mieux cerner Michael qui devient beaucoup plus attachant dans ce tome.
« Il a toujours été plus doué que moi pour le bonheur. Il saura passer à autre chose. Je n’ai aucune envie de devenir le trou noir qui engloutira saura vie. «
J’ai beaucoup aimé ce tome qui pousse l’intrigue à son paroxysme. C’est vraiment bien mené. Les auteurs abordent avec brio le thème de la fascination qu’ont les gens pour les criminels, leurs histoires et le côté glauque des crimes en série. Michael s’enferme peu à peu dans une spirale qui se referme autour de lui. Sa liberté ne tient qu’à un fil et le système pourrait bien la lui enlever. J’ai trouvé intéressant le parallèle avec la différence, l’évolution de l’époque de Randall à celle de Michael et le fait qu’au fond, tout peut basculer du jour au lendemain. Mine de rien, c’est une histoire qui soulève des réflexions intéressantes.
J’aime toujours beaucoup le dessin qui rend parfaitement bien l’obscurité de l’âme humaine et ses grandes complexités. Les deux tomes sont parfaits pour nous offrir une histoire sans temps morts, intrigante, dérangeante par moments, mais totalement prenante. Elle questionne aussi cette fascination pour ce que l’on ne comprend pas, entre dégoût et intérêt, et pour les histoires de vrais crimes.
Une excellente BD qui se lit d’une traite!
Le Déviant – Un conte de Noël tome 2, James Tynion IV, Joshua Hixson, éditions Urban Comics, 168 pages, 2025




