Du maïs que cultivaient les Iroquoiens au vin rouge importé par les colons français, en passant par le thé des Anglais, le ragoût de pattes de grand-maman et la poutine au foie gras de Martin Picard, l’assiette québécoise a bien changé avec le temps. Steak, blé d’Inde, patates retrace l’histoire de la gastronomie québécoise à travers ses nombreux moments clés : l’héritage autochtone, l’âge d’or de la cuisine française, l’Expo 67, la fondation de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, l’invention du four à micro-ondes, l’encyclopédie de Jehane Benoît, les vagues d’immigration, la cuisine à la télé, la montée en puissance des chefs vedettes et plus encore. Sans oublier les pets-de-sœurs, le cipaille (cipâte, sea pie, alouette !), le chop suey, le smoked meat, le spaghetti, la cabane à sucre, les épluchettes et tous ces plats et souvenirs qui ont marqué l’imaginaire populaire. Issu de la rencontre de plusieurs cultures, notre patrimoine gourmand fait du Québec un endroit unique où l’on peut se remplir délicieusement la panse. Ce livre passionnant nous en met l’eau à la bouche!
J’ai lu Steak, blé d’inde, patates de Priscilla Plamondon Lalancette. J’ai adoré ce livre! Si vous connaissez déjà la série sur Historia le livre est un très beau complément. Sinon, c’est une porte d’entrée fascinante sur l’histoire de notre gastronomie.
Notre gastronomie a longtemps été dans l’ombre de la gastronomie française, tiraillée entre l’héritage britannique et l’absence de chefs québécois dans les hautes sphères de la restauration. On se demandait même si la gastronomie québécoise existait. Et pourtant! Il y a beaucoup de liens entre l’histoire de notre patrimoine culinaire et l’histoire de notre identité comme peuple québécois. Il y a beaucoup à découvrir sur le parcours d’hommes et de femmes qui ont brisé les conventions de la cuisine française et fait une place à notre cuisine, à nos produits qui sont uniques tout en redonnant ses lettres de noblesse à des plats pour lesquels on ressentait un sentiment d’infériorité. Il faut dire que la critique française était loin d’être tendre à notre égard, alors que nos plats racontent notre propre histoire. Notre cuisine de « bûcherons », de subsistance, d’économie est en fait la base de nos meilleurs plats et de notre cuisine festive et unique qui fait de nous de bons vivants.
J’ai eu un beau coup de cœur pour cet ouvrage sympathique, bien illustré, rempli d’anecdotes fascinantes et d’informations hyper intéressantes. On y aborde l’héritage culinaire autochtone, la Nouvelle-France, expo 67 (qui a changé beaucoup de choses), la révolution tranquille, la rébellion des québécois dans les cuisines, la cuisine de nos grands-mères, les influences culinaires liées à l’immigration, le fast-food québécois comme pied de nez à l’américanisation, l’érable comme fierté nationale, la cuisine à la télé, les livres de cuisine et bien d’autres!
J’ai appris une foule de choses, j’ai été sous le charme des belles photos du livre et je termine avec cette citation de l’auteure à l’origine de tout ce beau projet:
«Perpétuer nos traditions permet de renouer avec nos ancêtres. Et en puisant dans nos racines, nous donnons un sens au présent.»
Un livre passionnant, à lire!
Steak, Blé d’Inde, Patates, La savoureuse histoire de la gastronomie québécoise, Priscilla Plamondon Lalancette, éditions de l’Homme, 176 pages, 2025




