Le livre extraordinaire des arbres

Comment s’appelle le plus grand arbre du monde ? Quel arbre arrive à survivre en plein milieu du désert ? À quoi reconnaît-on un ginkgo, cette espèce plus ancienne encore que les dinosaures ? Toutes les réponses à ces questions sont à découvrir dans ce livre, en images et en grand format.

J’ai lu Le livre extraordinaire des arbres de Tony Russell, illustré par Val Walerczuk et Simon Tresdwell. Il s’agit d’un documentaire jeunesse qui fait partie d’une grande collection autour de plusieurs thèmes: le livre extraordinaire.

À travers des illustrations remarquables, on découvre de nombreux arbres à travers le monde qui ont des caractéristiques particulières. On y retrouve les noms français et scientifiques, une description de l’arbre à travers ses principaux points d’intérêt ainsi qu’une fiche d’information pour chacun. Visuellement, c’est un ouvrage magnifique et vraiment très intéressant à lire. On découvre une foule de choses.

Saviez-vous que le Dragonnier des Canaris qui mesure jusqu’à 15 mètres, fait aussi partie de la famille des… asperges? Qu’on peut faire du dentifrice avec l’écorce d’un certain arbre? Ou qu’au jurassique, le Ginkgo apportait ombre et nourriture aux dinosaures? Il y a une foule de belles choses à découvrir sur les arbres du monde, que ce soit leurs caractéristiques, leur apparence époustouflante, mais aussi leur forme particulière ou leur histoire. J’ai passé un bon moment de lecture et j’ai beaucoup aimé le format du livre. C’est une façon d’apprendre des choses via un contenu visuel vraiment très attractif.

Le livre est d’un très grand format qui ne passe pas inaperçu. Il accentue encore plus l’idée de l’extraordinaire. L’ouvrage est complété par une carte du monde avec les différents arbres proposés. Je regrette toutefois qu’on n’en retrouve absolument aucun du Québec, ni même du Canada. À peu près toutes les autres régions du monde sont représentées. C’est un peu dommage, surtout que notre banque de données d’arbres remarquables au Québec compte 5000 arbres. Il aurait été intéressant d’en trouver au moins un pour ce livre…

Le livre extraordinaire des arbres, Tony Russell, Val Walerczuk, Simon Treadwell, éditions Little Urban, 80 pages, 2025

Charlotte et la fin de l’esclavage au Québec

Quand elle a été capturée dans son enfance en Afrique de l’Ouest, celle qui allait devenir Charlotte était loin de se douter qu’elle allait contribuer à la fin de l’esclavage au Québec au début des années 1800. Le rappeur et historien indépendant Aly Ndiaye, alias Webster, a colligé toutes les informations qu’il pouvait afin de retracer le parcours de cette femme au destin extraordinaire, des côtes de l’Afrique aux îles caribéennes anglaises à la vallée du Saint-Laurent. Charlotte est inspiré d’un fait vécu. C’est un récit de courage et de résilience. Il permet de mieux comprendre la manière dont le Québec s’est inséré dans le réseau de la traite esclavagiste transatlantique au XVIIIe siècle et, surtout, comment les personnes asservies y ont résisté.

Le premier livre que j’avais lu des mêmes auteurs, Grain de sable, racontait l’histoire du premier esclave au Québec, Olivier Le Jeune. J’avais très hâte de me plonger dans ce nouveau livre, qui raconte cette fois le parcours de Charlotte. Un parcours pour acquérir sa liberté.

Partie d’Afrique, elle a été amenée à l’âge de douze ans en Amérique par des britanniques. Le magnifique livre nous permet de mieux comprendre son parcours et d’avoir une bonne idée de la façon dont fonctionnait l’esclavage, la façon dont les maîtres pouvaient faire augmenter la valeur de leurs esclaves et leur statut face à la loi. Ils représentaient une marchandise et pouvaient être légués lors d’une succession au même titre qu’un objet.

« Exposée au marché, on m’a tâtée, examinée. J’ai vu les visages affligés, comment la mer les a minés. Le marteau est tombé, un soldat m’a achetée. George Cook était sergent au service de Sa Majesté. Il m’a nommée Charlotte, comme l’épouse de George III. Un pouvoir sur mon corps qu’il s’arroge et s’octroie. »

Avec ce livre, on découvre comment la fin de l’esclavage s’est déroulée au Québec. La fuite de Charlotte, les idées abolitionnistes et la justice ont finalement donné raison à Charlotte pour qu’elle soit enfin libre. Son histoire nous est racontée sous forme d’album. Puis à la fin, l’auteur raconte ses recherches et les faits historiques qui l’ont inspiré.

Les illustrations de ce livre sont absolument splendides. L’histoire est racontée de façon à ce que ce soit accessible aux jeunes et aux adultes. L’écriture est vraiment intéressante et poétique. On sent derrière le texte l’habileté de Webster (qui est rappeur) de jouer avec les mots. Passionné d’histoire, il cherche à faire connaître un pan méconnu du Québec.

J’ai adoré ce livre. Il est hyper passionnant. L’histoire est intéressante et c’est un beau livre pour nous sensibiliser à notre histoire passée. Comme l’histoire de l’esclavage a souvent été laissée pour compte dans nos livres d’histoire, les destins de ces hommes et de ces femmes méritent qu’on leur accorde la place qui leur revient dans notre histoire.

Un texte magnifique et un ouvrage visuellement superbe. Je serai toujours intéressé par d’autres livres de Webster. Il y en a peu qui, comme lui, raconte aussi bien l’histoire de la présence afro-descendante et l’esclavage au Québec.

À découvrir, tout comme l’autre livre, Grain de sable, qui fait office de pendant historique à Charlotte.

Charlotte et la fin de l’esclavage au Québec, Webster, ValMo, éditions du Septentrion, 96 pages, 2025

Noël à Poudlard

«Noël approchait. Un jour de la mi-décembre, Poudlard se réveilla sous une épaisse couche de neige.»

Ainsi commencent le chapitre 12 de Harry Potter à l’école des sorciers et le récit inoubliable du premier Noël de Harry Potter à Poudlard. La Grande Salle décorée de magnifiques arbres de Noël, les douces soirées dans la salle commune de Gryffondor, la joie d’ouvrir les cadeaux le 25 décembre… Ces vacances sont emplies de moments uniques, d’amitié, de délicieux repas et de surprises magiques que Harry n’oubliera jamais.

Noël à Poudlard est un très bel album, vraiment agréable à regarder.

Le texte reprend celui du chapitre 12 de Harry Potter à l’école des sorciers et propose uniquement les passages qui ont un lien avec Noël. Dans ce texte, Harry découvre pour la première fois Poudlard sous la neige, la Grande Salle décorée d’arbres de Noël, les soirées dans la salle commune de Gryffondor, les cadeaux reçus et les moments partagés avec ceux qu’il considère comme sa nouvelle famille et ses amis.

Ziyi Gao a un style lumineux et joyeux qui colle parfaitement bien à l’ambiance qu’on imagine à Poudlard. Les dessins des différentes pages sont superbes et les couleurs sont adaptées à l’ambiance qu’on veut imager. On ressent bien les moments chaleureux et ceux baignés par la douce lumière du feu de cheminée. Les illustrations sont particulièrement immersives. C’est un album joyeux dont le format assez grand et carré, mets bien en valeur les différentes scènes.

Le texte du roman qui parle de Noël se transpose vraiment bien en album. J’ai beaucoup aimé. C’est le genre de livres qu’on aime retrouver pour la période de Noël. Ça me donne envie de me replonger dans les romans de la série Harry Potter, que je n’ai pas relus depuis bien trop longtemps.

Un très bel album que ce Noël à Poudlard. J’ai apprécié l’atmosphère qui s’en dégage et c’est une jolie lecture pour débuter ce mois de décembre.

Noël à Poudlard, J.K. Rowling, illustrations de Ziyi Gao, éditions Gallimard jeunesse, 40 pages, 2024