Passages

Un relieur parisien se voit confier un précieux manuscrit par la Baronne, une riche bibliophile qui le charge d’une mission : en assembler les trois différentes parties dans un ordre précis sans jamais lire son contenu. Mais quand la collectionneuse est retrouvée assassinée et énucléée, le relieur rompt sa promesse et s’approprie l’ouvrage, qu’il publie sous le titre Le livre des passages. Du Paris de l’Occupation à celui des poètes maudits en passant par Bruxelles et la Polynésie, croisant les destins de Charles Baudelaire, Walter Benjamin et Coco Chanel, ce roman baroque et ingénieux nous entraîne à travers sept vies habitées par deux âmes : l’une qui aime et se souvient et l’autre qui oublie. À la fois casse-tête littéraire pouvant être lu de deux façons, roman historique au parfum fantastique et romance hors du temps, Passages défie les genres pour nous emporter sur plus de trois siècles dans une fresque atypique empreinte de mystère, d’amour et de vengeance.

Passages d’Alex Landragin est une expérience de lecture unique! Le livre débute alors qu’une riche dame, la Baronne, charge un relieur de s’occuper d’un manuscrit. Il doit assembler les différentes parties, mais avec la ferme consigne de ne pas en lire un mot. Quand la Baronne décède, le relieur ne peut s’empêcher de le lire et publie le livre.

 » Je n’ai pas écrit ce livre, je l’ai volé. « 

C’est à ce moment que deux choix s’offrent au lecteur. Lire le livre selon l’ordre habituel, soit comme trois grandes nouvelles qui se font écho. Ou bien choisir l’ordre atypique de la Baronne, soit comme un roman, en allant d’un bout à l’autre du livre en suivant les pages indiquées. Je me sentais l’âme audacieuse et j’ai choisi en premier l’ordre de la Baronne. Après plus de la moitié de ma lecture, j’ai abandonné cette façon de faire. Je comprenais le principe des passages mais j’étais totalement perdue. Pourtant, le roman m’intriguait et j’en aimais l’ambiance et l’écriture. Je ne voulais pas m’arrêter là, alors je l’ai recommencé du début, en choisissant l’ordre habituel. L’histoire m’a semblé bien plus claire et là, le livre est devenu pour moi très intéressant.

On se promène à travers le monde, dans des époques bien différentes, à des moments bien différents: l’arrivée des colons sur une île, Paris pendant l’Occupation. On croise Coco Chanel et Charles Baudelaire. On se retrouve sur un bateau en pleine mer, dans le monde des collectionneurs de livres, dans une société littéraire ou un cimetière. On croise de nombreux personnages dans lesquels on vit littéralement. C’est à un voyage à travers les siècles que nous convie l’auteur.

« Nous nous sommes déjà rencontrés, finit-elle par me dire.
-Où? »
Elle esquissa un sourire triste.
« Vous ne vous en souviendrez pas.
-Il y a longtemps? Dans une autre vie, peut-être.
-C’est cela. »

En lisant le roman de la façon habituelle, on y retrouve trois longues nouvelles. La première, la plus courte, L’Éducation d’un monstre, serait une nouvelle écrite par Baudelaire. La seconde nouvelle, La Cité des ombres, parle essentiellement de la quête du manuscrit de Baudelaire. La dernière histoire et la plus longue, Conte de l’albatros, est en fait le cœur du roman. C’est là que tout commence et que tout se termine. Chaque histoire se fait écho, chacune d’elle nous amène dans un monde à la fois différent et semblable. C’est fascinant.

Un petit mot sur l’objet-livre qui est magnifique. Les éditions Alto ont fait un beau travail avec cet ouvrage. L’œil est un élément central du livre et je trouve que le choix du lettrage de la couverture et son style rappelle un peu le côté historique et baroque du roman. Le jaspage apporte un petit plus que les amateurs de beaux livres, dont je fais partie, apprécieront.

Il est difficile de parler de ce roman sans en divulgâcher toutes les surprises. Il est intéressant de le découvrir, je crois, sans savoir à l’avance ce qu’il en est exactement, car c’est une expérience de lecture particulière. J’ai pour ma part beaucoup aimé. J’en ai apprécié l’écriture, l’inventivité et l’originalité de l’histoire. Une bien belle découverte!

Passages, Alex Landragin, éditions Alto, 400 pages, 2025

Stranger Things: Tales from Hawkins

À première vue, Hawkins, dans l’Indiana, semble être le genre de ville où rien ne sort de l’ordinaire, mais à l’automne 1983, deux chasseurs se rendent dans les bois avec leur fusil et un pack de bière, et deviennent la proie d’une bête cauchemardesque. Lorsque Barb Holland disparaît, Murray Bauman est sur l’affaire, à condition qu’il puisse faire abstraction de son propre esprit soupçonneux pour la résoudre. Le projet de film scolaire de Robin Buckley lui donne l’occasion de travailler avec la personne qu’elle aime en secret, mais cela ne fera-t-il pas que rendre plus difficile l’acceptation de ses sentiments ? Et lorsque des citrouilles commencent à pourrir de façon inexplicable, la querelle entre deux familles de fermiers atteint son point critique.

Voilà une nouvelle bande dessinée dans l’univers de Stranger Things. Elle me tentait beaucoup celle-ci et je l’ai bien aimé. On retrouve quatre différentes histoires de quatre dessinateurs qui mettent en scène des personnages secondaires de Stranger Things, des habitants de Hawkins ou alors des scènes qu’on n’a pas forcément vues mais qu’on suppose s’être déroulées en second plan de l’histoire principale de la série.

« Hawkins. Une petite ville apparemment sans intérêt. Mais Hawkins est une ville qui crie sous la surface. La plupart n’entendent que le silence. À dessein. »

On retrouve donc deux chasseurs parcourant les bois de Hawkins, un lieu dangereux quand on ne sait pas ce qui s’y trouve. On retrouve Murray qui enquête de son côté, qui se fait embaucher par les parents de Barbara et qui harcèle la police avec ses « théories farfelues ». On passe un peu de temps en compagnie de Robin, tourmentée, qui tourne un film avec ses camarades de classe. Finalement, la dernière histoire raconte l’amitié puis la guerre qui divise les deux fermiers de Hawkins qui cultivent des citrouilles, Merrills et McCorkle.

Les petites histoires sont divertissantes et j’ai bien aimé le choix des personnages. Mes préférées sont celles des chasseurs et celle des fermiers, même si les autres sont bien aussi. Les dessins m’ont plu. Même si les artistes changent, on sent une certaines continuité dans les choix qui ont été fait. Visuellement, c’est cohérent. Une petite parenthèse intéressante avant la sortie de la dernière saison de la série.

Je regrette seulement que les éditeurs français laissent de plus en plus les titres anglais. Pourquoi? Le français est une si belle langue, on pourrait la mettre en valeur dans nos traductions. « Contes de Hawkins » fonctionnerait aussi parfaitement.

Stranger Things: Tales from Hawkins, Jody Houser, 96 pages, Mana Books, 2025

Iskoude outaban

Dans ce texte en mouvement, une femme revisite son territoire et quelques amours, comme on constate des années de coupes à blanc. Sur le chemin, elle fait écho à la pensée de Marguerite Duras qui affirmait que « dans le voyage, il y a le temps du voyage ». Depuis la voiture de feu qui fend le vent glacial, le givre et les engelures du cœur, la femme réécrit son histoire comme un leurre pour dire l’effacement, dans une langue aphasique où garder présence au monde est un combat acharné. Entre départs et dérives, les gestes se rencontrent et composent un rythme qui se mêle à l’exil de la peau. Le retour est incertain.

Iskoude outaban signifie « voiture de feu » en langue eeyou. L’auteure a écrit sa poésie en français, sa troisième langue d’usage. Elle a écrit l’amorce de certains poèmes en anishnabe et en algoncri.

J’ai lu Poésie en marche pour Sindy suivi de Je te veux vivant. Ce dernier était plus axé sur les émotions et leur chamboulement, sur la condition féminine. Avec Iskoude outaban, on est plus dans l’image du territoire, dans le passé jusqu’à aujourd’hui. La lecture est différente. Ici, la nature est bien présente dans sa poésie. C’est un recueil moins dur, plus tranquille, même si j’ai préféré Poésie en marche pour Sindy qui m’avait énormément touché.

Avec Iskoude outaban, j’ai eu la sensation d’être bercé par les saisons. Le recueil est complété par des photographies du territoire de Madeleine Bourgeois.

« j’habite un espace de plages minuscules
vois lactées sur le givre

ce départ est une dérive
une désertion vers les bois sauvages »

La plume de Virginia Pesemapeo Bordeleau est très belle. Elle nous transmet l’importance du territoire, ce qu’il était quand elle était enfant et ce qu’il est devenu aujourd’hui, façonné par l’homme. Ses poèmes cherchent à nous sensibiliser sur la grandeur de la nature, son immense importance pour la vie. Elle revisite aussi son propre territoire à travers certaines amours d’autrefois. Des mots remplis de sensualité.

J’ai aimé cette lecture, qui m’a beaucoup plu.

Iskoude outaban, Virginia Pesemapeo Bordeleau, éditions du Quartz, 74 pages, 2024

La vie secrète des abeilles

Elle est près de nous et nous la remarquons à peine. Pourtant l’abeille est essentielle. Sait-on que son existence conditionne la nôtre, et que sa disparition sonnera le glas de la vie humaine ? Ce destin est d’autant plus énigmatique que la société à laquelle elle appartient, la colonie, présente des similitudes troublantes avec la nôtre. Comme nous, l’abeille est capable de gérer le quotidien avec efficacité, de faire des choix, d’organiser des consultations avant les décisions importantes. Comment communique-t-elle avec ses semblables ? Comment la colonie réfléchit-elle collectivement ? La Vie secrète des abeilles est le récit d’une vie à la fois modeste et extraordinaire, discrète et captivante, décrite simplement par un apiculteur passionné nous invitant à entrer à sa suite dans cet univers complexe et insoupçonné.

Voilà un livre pour lequel j’avais grand intérêt surtout qu’au printemps dernier, nous avons suivi une formation en apiculture. Depuis l’enfance, j’ai toujours eu une grande curiosité et un grand intérêt pour les abeilles. Le livre est superbe. Le texte est de Jean Meurisse et les illustrations que l’on retrouve occasionnellement sont de sa fille, Catherine Meurisse dont j’ai déjà lu et aimé deux de ses livres.

L’ouvrage nous permet de mieux connaître les abeilles. Il nous parle de leur histoire, du lien qui unit l’homme et l’abeille depuis la nuit des temps, il nous fait découvrir leur langage, l’unité que forme une ruche, la dynamique et la structure de leur organisation. On apprend des choses incroyables, comme par exemple, la navigation par GPS des abeilles, l’architecture de la ruche, le langage des abeilles et sa compréhension par l’homme, le plan de carrière des ouvrières ou encore, est-ce que les abeilles rêvent?

« Si vous voyez une butineuse voler en zigzag, c’est qu’elle a visité une certaine orchidée, l’Epipactis helleborine, dont le nectar contient de l’éthanol, c’est-à-dire de l’alcool, mais aussi des dérivés de la morphine avec effet narcotique assuré. »

C’est un livre qui m’a beaucoup charmé. L’écriture est très fluide, rempli d’anecdotes personnelles et aussi historiques. On apprend des expériences de l’auteur, de son vécu comme apiculteur. C’est un monde fascinant et vraiment très intéressant à découvrir et  à lire. Les abeilles ont un esprit communautaire très fort et les apiculteurs ont bien souvent ce don de partage, que l’on retrouve beaucoup dans le livre.

Malgré la formation que j’ai reçu, j’ai énormément appris de cet ouvrage. Je l’ai trouvé passionnant. C’est un livre qui me donne envie de le lire et relire, même de l’apprendre par cœur. Son texte nous donne encore plus envie d’avoir des abeilles, malgré les difficultés inhérentes aujourd’hui. Ça m’a fait rêver. La lecture est abordable, on a l’impression de se faire raconter une histoire. On y trouve des réponses à une foule de questions autour des abeilles.

J’ai aimé le côté historique, la perception des abeilles et des ruches au fil des siècles. Toutes ces informations nous plongent totalement dans le monde merveilleux et fascinant des abeilles. On découvre leur fonctionnement, l’aspect biologique et scientifique de la ruche, tout le travail des abeilles est impressionnant.

« Après avoir un peu slalomé sur la planche pour éviter les bouchons et les collisions, les butineuses qui sortent prennent leur cap par rapport au soleil et filent bientôt à 40 kilomètre / heure et à environ trois à quatre mètres au-dessus du sol, lorsqu’il n’y a pas d’obstacles. »

L’abeille a survécu à de nombreuses périodes difficiles et des époques compliquées. Aujourd’hui, avec la pollution, les pesticides, les ravageurs, l’abeille est désorientée, ne revient pas à sa ruche et meurt. C’est donc un ouvrage essentiel pour nous ouvrir les yeux sur leur rôle écologique, sur la destruction du monde naturel par l’homme et le déclin des abeilles d’une année à l’autre, qui est alarmant. C’est un ouvrage nécessaire pour nous sensibiliser au monde des abeilles, de l’importance pour l’homme de travailler en symbiose avec les abeilles. D’être beaucoup plus conscient du monde autour de nous et d’abolir les barrières entre l’humain et le monde naturel que l’homme moderne a de plus en plus créé au fil des siècles.

« …lorsqu’une ruche est en hivernage, il suffit de frapper, très légèrement, un coup sur la paroi. Les abeilles vous répondent en émettant, pendant deux secondes, un léger bruissement, signifiant qu’elles sont bien là. »

Un ouvrage à lire vraiment complet pour nous reconnecter à la nature et découvrir le monde fascinant des abeilles. Pour moi, cette lecture est mon grand coup de cœur de l’année. Un livre qui m’a habité, passionné et que je ne peux que vous recommander.

La vie secrète des abeilles: l’esprit de la ruche, Jean Meurisse, illustré par Catherine Meurisse, éditions Delachaux et Niestlé, 224 pages, 2024

The Nice House By The Sea t.1

Aucun des douze convives de cette belle demeure en bord de Méditerranée ne connaissait Max. Elle connaissait pourtant chacun d’entre eux. Experts dans leur domaine, géants de l’industrie et du savoir moderne, chacun d’entre eux est l’excellence personnifiée. Pour échapper à la fin du monde et incarner l’avenir de l’Humanité, tous ont accepté en leur âme et conscience de se réunir dans ce petit paradis créé rien que pour eux, abandonnant vie et proches à leur triste sort. Survivre à la mort programmée de l’humanité ? Vivre éternellement ? Que pourrait-il y avoir de mal à ça ?

The Nice House by the Sea est le premier tome du cycle deux de la série. Après l’incroyable The Nice House by the Lake, c’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais cette suite.

Après ce qui s’est déroulé dans le cycle un (que je ne divulgâcherai pas pour ceux qui souhaiteraient le lire), on découvre cette fois une nouvelle maison, près de la mer. Les gens qui s’y trouvent ont été sélectionnés afin de conserver le meilleur de l’humanité face à la fin programmée de notre monde. Ils découvrent cependant qu’ils ne sont pas seuls et qu’il existe une autre maison. Ils pourraient donc possiblement devoir se tailler une place pour ne pas être exterminés. La compétition sera assurément féroce!

« Alors, dites-moi, la fin du monde vous sourit-elle? »

J’ai bien aimé ce premier tome, mais pas autant que ceux du premier cycle. C’était tellement gros comme histoire et tellement original dans les deux premiers tomes qu’il était difficile de ne pas y adhérer. Ici, les auteurs offrent un second souffle à l’histoire en ajoutant de nouveaux éléments, des personnages et certains revirements de situation. L’atmosphère demeure sensiblement la même qui donnait le ton à la série et qui me plaisait autant. On y retrouve des éléments intéressants qui reviennent ici aussi: extraits de courriels, transcription du carnet de la maison, notes sur les personnages, ainsi que plusieurs éléments concernant l’organisation des maisons comme la gestion des souhaits, la température extérieure, l’apparence corporelle, entre autres.

Toutefois, j’ai trouvé qu’avec deux maisons, il y a énormément de personnages. L’histoire met beaucoup de temps à se mettre en place, car tout est présenté par petites touches. C’est ce qui fait la force de cette série, mais qui peut aussi lui apporter certaines faiblesses. Je l’ai un peu plus senti ici. Il y a des passages qui racontent la dynamique entre les personnages et Walter, celui qui est à la tête de cet étonnant projet, qui m’ont un peu moins intéressée.

Dans l’ensemble, The Nice House by the Lake reprend tout de même ce qui a fait son succès dans le premier cycle et ajoute des éléments qui poussent à la curiosité. Comment se terminera cette histoire? Y aura-t-il d’autres cycles, d’autres maisons? Comment la rivalité se dessinera entre les « élus » ?

J’ai hâte de découvrir le prochain tome pour en savoir un peu plus!

Cet album est complété par une liste des résidents des maisons, un entretien avec James Tynion IV et le carnet de croquis de  Álvaro Martínez Bueno. 

The Nice House By The Sea t.1, James Tynion IV, Álvaro Martínez Bueno, éditions Urban Comics, 200 pages, 2025

Le Pumpkin Spice Café

Lorsque la tante de Jeanie lui confie le Pumpkin Spice Café, lieu de rencontre bien-aimé de la petite ville de Dream Harbor, la jeune femme saute sur l’occasion pour prendre un nouveau départ, loin de son travail de bureau déprimant. Logan, un agriculteur local, a beau se tenir à l’écart de la communauté et de ses ragots, l’arrivée de Jeanie vient le perturber dans sa routine. Lui qui ne veut rien savoir de cette fille à l’optimisme agaçant est pourtant inexplicablement attiré par elle. L’attitude insouciante de Jeanie finira-t-elle par séduire Logan, aussi sublime que grincheux, ou cette citadine a-t-elle trouvé en lui la seule personne de Dream Harbor qui ne tombera pas sous son charme, et celui de ses pumpkin spice lattes?

Le Pumpkin Spice Café de Laurie Gilmore, un livre que l’on voit absolument partout. Il faut dire que l’idée derrière est totalement attirante. C’est le premier tome d’une série de livres qui se déroulent dans le même petit village, mettant en vedette différents habitants, au fil des saisons. C’est le genre de série que j’ai envie de lire et que je veux aimer. Je crois que je recherche l’atmosphère de Gilmore Girls et que j’espère vraiment finir par la trouver. Le livre est tellement beau en plus! Je suis sensible à ce genre de détails, je ne suis pas la seule, et ceux qui s’occupent de la publicité et de la mise en marché du livre le savent très bien.

Jeanie se voit confier par sa tante le Pumpkin Spice café, un endroit incontournable à Dream Harbor. Elle saute sur l’occasion, elle qui a bien besoin d’un changement dans sa vie. Sauf que son arrivée n’est pas de tout repos. Elle reprend un commerce dont elle ne connaît pas les rouages. Sa présence dans la ville fait jaser. Mais surtout, son café semble être la proie d’un vandale et de quelqu’un qui ne veut pas qu’elle reste. Alors qu’elle entend du bruit près de sa porte un jour, elle fait la connaissance de Logan, un agriculteur local. Charmant, bourru, un peu grincheux, les deux sont tout de suite attirés l’un envers l’autre. Un peu trop, trop vite d’ailleurs!

Si certaines parties du livre m’ont fait sourire, et si globalement j’ai plutôt aimé ma lecture, j’ai trouvé que le livre était plus beau que bon. Ce n’est pas mauvais, mais c’est plein de petites choses qui font de ce roman quelque chose d’assez vide finalement. On peut très bien lire des romans d’atmosphère ou des romances et avoir un fond qui se tient et une histoire beaucoup plus riche. Ici, on en est bien loin. « L’intrigue » ne tourne qu’autour du moment où Logan et Jeanie vont se jeter l’un sur l’autre.

L’histoire entre Logan et Jeanie va vite et est assez épicée, plus que je ne l’aurais cru. Surtout que derrière le livre, l’histoire est coté une flamme sur quatre. Je me disais que ce serait léger et qu’on serait plus dans l’ambiance. J’avais envie d’une histoire où l’atmosphère automnale prendrait plus de place. Oui, on la sent, mais ce n’est pas suffisamment développé à mon goût. L’automne est beaucoup plus que l’évocation de quelques cafés épicés à la citrouille. Il manque quelque chose à cette histoire pour en faire ce que toute la publicité autour suggère: une parfaite histoire d’automne qui donne envie de s’y blottir.

Donc ce n’est pas mal, ça se lit, mais c’est loin d’être incontournable et ce n’est pas ce que j’espérais. Avis aux gens concernés : je veux vraiment lire des livres automnaux où l’atmosphère me donnerait envie de les relire année après année. Quelque chose avec de l’humour, de la tendresse, de l’amitié et des petits villages douillets. Le tout, soupoudrés de moments gourmands qui donnerait le goût d’accompagner ma lecture d’un bon latte ou d’un biscuit tout juste sorti du four. C’est ce genre de livres que je recherche.

Je pense sérieusement à commencer à les écrire moi-même…

 

Le Pumpkin Spice Café, Laurie Gilmore, éditions &H, 352 pages, 2025