Mort et déterré t.2 – Pas de quartier pour les macchabées

Un macchabée en bonnes mains. Une fête costumée. Un ange gardien d’outre-tombe. De touchantes retrouvailles. Un assassin aux abois. Un incendie criminel. Un défilé de zombies. Une terrible tragédie. Pas facile d’être un mort-vivant par les temps qui courent ! 

J’avais beaucoup aimé le premier tome de Mort et déterré, qui est, en fait, une adaptation en bandes dessinées du roman du même titre. L’histoire est assez originale: un adolescent, Yan, est mort avant l’heure. On apprend rapidement qu’il a été victime d’un meurtre. Dans le premier tome, il se « réveille » dans son cercueil, transformé en zombie. Comme il trouve le temps long, il décide de jouer du clairon, instrument avec lequel il a été enterré. Son meilleur ami l’entend et il l’aidera à sortir de terre, plus qu’heureux de le retrouver. 

Yan est donc un zombie. Mais un gentil zombie qui ne cherche qu’à « vivre ». Ce qui n’est pas évident quand on est mort, que nos membres peuvent tomber, qu’on pue le cadavre et qu’on essaie d’échapper à son assassin qui a envie de remettre ça une seconde fois! Avec ce tome 2, on voit un peu plus Yan essayer de nouer des liens avec les gens de son ancienne vie. Dès qu’il sort à l’extérieur cependant, il lui arrive une foule de choses incroyables! La vie de mort-vivant n’est certes pas de tout repos et Yan a le don de se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment.

« Zombie, je te jure, c’est pas une vie! »

Il se laisse entraîner dans une fête qui dégénère, se retrouve dans un cabanon en flammes, se fait arrêter par la police, vient en aide à sa sœur sans qu’elle ne le sache, tente de se cacher des adultes qui, assurément, ne comprendront pas ce qu’il est. Il vit aussi bien d’autres péripéties! Ce second tome déborde d’action. 

« -Tu sais si la « zombification » est transmissible? Par exemple, si tu me mords, est-ce que je vais me transformer en mort-vivant?
-Si je te mords mes dents vont tomber, c’est ça qui va arriver. Et j’ai pas super envie d’aller chez le dentiste. »

J’aime beaucoup cette série qui, après avoir lancé les bases de l’histoire dans le tome un, continue de prendre de l’ampleur et de nous offrir un très bon moment de lecture. Si on aime le genre d’humour absurde qui joue avec les codes convenus autour du mythe du zombie et tente de les déconstruire avec des scènes loufoques, c’est une bande dessinée vraiment divertissante. D’autant plus que l’histoire est amusante et familiale, donc accessible à un large public.

Personnellement, j’adore! J’ai passé un excellent moment avec ce tome et j’ai déjà hâte au troisième!

Mort et déterré t.2 – Pas de quartier pour les macchabées, Jocelyn Boisvert, Pascal Colpron, éditions Dupuis, 46 pages, 2021

Mortina t.2: L’odieux cousin

Ululululu ! C’est la sonnette qui retentit à la Villa Décadente. Mortina n’attendait que ça : il pleut des cordes et sa tante a le nez plongé dans ses livres de botanique. Mais qui est ce cousin Gilbert, à vous faire mourir d’ennui, qui se présente avec une invitation ? Tous les amis de Mortina débarquent les uns après les autres ; tous, semble-t-il, invités par la tante Trépassée… qui est d’ailleurs introuvable ! Mortina organise alors une battue dans les recoins du manoir. Et si l’ancêtre s’était fait capturer par son nouveau lierre carnivore, conservé dans la serre ? Pour qu’il accepte de la restituer, il va falloir trouver les mots…

J’ai lu récemment le premier tome de la série Mortina, Une histoire qui te fera mourir de rire. Je l’ai beaucoup aimé. Le personnage de Mortina est original et sympathique, une petite zombie qui recherche l’amitié des humains.

Dans cette seconde histoire, le lecteur fait la découverte de l’odieux cousin de Mortina, Dilbert. Il arrive par un beau jour de pluie où Mortina s’ennuie, sous l’invitation de tante Trépassée. Cette dernière, passionnée de botanique et étant passablement bien occupée, semble soudain s’être volatilisée, laissant Mortina accueillir seule son cousin. Le jeune garçon n’est pas de tout repos: il critique tout, se plaint de tout et pose un regard hautain sur tout ce qui l’entoure.

Alors que Mortina regrette la compagnie de ce cousin, ses amis commencent à arriver avec de mystérieuses invitations. Est-ce une fête improvisée par Tante Trépassée? Mortina n’a rien préparé car elle n’est au courant de rien. Tante Trépassée est introuvable puis, Dilbert disparaît à son tour. Les enfants décident alors d’enquêter pour comprendre ce qui se passe.

J’adore cette petite série d’albums, qui contient deux niveaux de lecture. Pour les plus jeunes, naturellement, mais aussi des clins d’œil pour les plus grands. Le thème est amusant, original et les dessins sont expressifs et colorés. Chaque page contient une foule de détails, dont des indications sur ce que l’on voit ou encore, des portraits sur les murs de personnalités décédées de la « famille ». On y croise Alfred Hitchcock, une allusion à Georges Méliès, le portrait du « cousin Edgar » (Poe), ainsi que d’autres détails bien réjouissants!

Une petite série bien construite dont la lecture est chaque fois un réel plaisir!

Mortina t.2: L’odieux cousin, Barbara Cantini, éditions Albin Michel, 48 pages, 2019

Mortina t.1: une histoire qui te fera mourir de rire

Mortina est une petite fille tout ce qu’il y a de plus convenable, mis à part le fait que c’est un zombie. Elle vit à la villa Décadente avec sa tante Trépassée et son lévrier albinos également mort-vivant, Touillette. Les amusements se font rares. Il faut dire qu’on ne peut pas tellement quitter la maison, à cause des villageois étriqués, prompts à sortir les fourches à leur approche… Jusqu’au jour d’Halloween, où profitant de la distraction de sa tante, Mortina rejoint une bande d’enfants pour faire du porte-à-porte. Chacun est déguisé et elle se fond dans le décor. Bientôt pourtant, Mortina n’aura plus qu’une solution pour garder son secret : le révéler !

Voilà un album au format original, plus petit que la plupart des albums jeunesse et ayant presque le format d’un roman. J’ai vraiment apprécié cette lecture très « halloweenesque ». 

Mortina est une fillette un peu différente des autres, qui vit avec sa tante dans une maison organisée pour donner l’impression d’être abandonnée. C’est que Mortina est une zombie et qu’on ne doit pas savoir qu’elle existe. Vaut mieux vivre à l’écart et rester discrète. 

Le rêve le plus cher de Mortina est de se faire des amis et de voir d’autres enfants. Naturellement, quand on peut détacher son bras ou sa tête de son corps comme bon nous semble, c’est beaucoup plus difficile de sociabiliser normalement avec les humains. Ça complique énormément les choses. Ses tentatives sont de véritables échecs. Mortina n’a décidément pas vraiment l’air d’une petite fille humaine. 

Quand Mortina entend parler de la fête de l’Halloween, elle trouve que c’est l’occasion parfaite de se fondre dans la masse et d’approcher enfin d’autres enfants. Elle pourra enfin être elle-même. Naturellement, les choses ne se déroulent pas tout à fait comme elle s’y attendait!

J’ai adoré les illustrations de ce livre, à la fois vivantes, différentes, drôles et pleines de découvertes. Les pièces de la maison où évolue Mortina regorgent de toutes sortes d’objets et de l’histoire de sa famille, dont le grand-oncle Funeste et la tante Trépassée. Des flèches et des notes nous indiquent qui sont les gens sur les portraits et amènent notre attention sur des objets importants pour Mortina. 

L’histoire, même si elle est courte et peut être lue dès 6 ans, est belle et amusante. Elle met en avant, par l’entremise d’une histoire fantastique, la différence et ce que ça peut apporter à chacun. C’est aussi une belle façon d’initier les plus jeunes au monde fantastique. Mortina est un univers intéressant, qui amène le côté « créatures horrifiques » avec humour et de belle façon. 

Un album très intéressant pour l’Halloween, vraiment agréable à lire. À noter que la série Mortina compte quatre albums à ce jour.

Mortina t.1: une histoire qui te fera mourir de rire, Barbara Cantini, éditions Albin Michel, 48 pages, 2018

Stranger Things : Zombie Boys

1983. Le printemps s’est installé dans la (presque) paisible ville d’Hawkins. Mike, Lucas, Dustin et Will essayent tant bien que mal de se remettre de leur rencontre traumatisante avec le Démogorgon. Le Monde à l’Envers continue de les hanter et des tensions naissent entre les quatre garçons : leur groupe est au bord de l’éclatement. C’est à ce moment que Joey Kim, un nouvel élève, vient frapper à la porte du club d’audiovisuel, un caméscope à la main et des idées plein la tête. Cet apprenti Spielberg veut en effet réaliser un film de zombies basé sur les dessins de Will, et leur propose de jouer dedans. Ce projet sera sans doute l’opportunité pour les jeunes acteurs de resserrer leurs liens et de surmonter les horreurs qu’ils ont vécues.

Je suis une grande fan de la série Stranger Things. J’ai d’ailleurs présenté plusieurs livres en lien avec la série sur ce blogue. Je suis toujours à l’affût de nouveautés s’inspirant de la série, tant j’adore cet univers. J’avais donc très hâte de découvrir Zombie Boys. Le sujet, en lien avec le cinéma, m’interpelait beaucoup.

Cette bande dessinée se déroule après les événements de la première saison. Will Byers tente de poursuivre sa vie normalement, mais ce qu’il a vécu fait de lui une curiosité aux yeux des autres. Ils l’appellent « le zombie ». Un dessin qu’il a fait le met d’ailleurs en scène dans la peau de ce personnage, comme on le voit aussi à un moment dans une scène de la série.

Les choses ont beaucoup changé entre les garçons. Leur amitié a été émoussée. Malgré cela, ils continuent d’aller au club d’audiovisuel, une passion qu’ils partagent toujours. Ils y font la rencontre d’un nouveau venu, Joey Kim, qui débarque avec sa caméra vidéo et ses t-shirts en hommage aux grands films des années 80. Désireux de monter son propre film, il propose d’adapter à l’écran les dessins de Will et de lui faire jouer son propre rôle.

Cette bd est différente des précédentes, puisqu’elle met en avant l’art – dans ce cas-ci le cinéma – et l’imaginaire des jeunes. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire cette bande dessinée puisque ça m’a rappelé de beaux souvenirs de mes cours de cinéma au secondaire, où l’on partait à l’extérieur avec nos caméras empruntés au « magasin » de l’école, nos storyboards et nos projets.

Comme toujours, les références aux années 80 sont réjouissantes. C’est ce qui fait l’une des grandes forces de la série et, par ricochet, des livres qui s’en inspirent. Dans Stranger Things Zombie Boys, on perçoit la vulnérabilité de Will et de ses amis. Le tournage du film est aussi l’occasion pour eux d’affronter leurs peurs et de comprendre que les choses peuvent forcément finir par aller mieux.

C’est une histoire différente de ce à quoi on a l’habitude. L’arrivée d’un personnage extérieur permet de voir une autre facette de Will, Dustin, Mike et Lucas, ce que je trouve très intéressant. Je l’ai beaucoup aimé! J’ai bien hâte de découvrir la prochaine sortie BD inspirée de cet univers. 

L’éditeur présente cette bande dessinée comme un tome 1 sur son site. Il y aura peut-être donc d’autres bd à suivre, dans le même univers. Sachez toutefois que celle-ci se suffit à elle-même. 

Mes avis sur d’autres bandes dessinées de la série:

Stranger Things : Zombie Boys, Greg Pak, Valeria Favoccia, Dan Jackson, éditions Mana Books, 72 pages, 2020

L’Âge des ténèbres tome 3: Mage du chaos

Age des tenebres 3 mage du chaosDans une cité dévastée par la guerre, la Protectrice de la Paix Tammy Baker enquête sur les morts-vivants qui rôdent. La paria Zannah, décidée à racheter les crimes de guerre de son peuple, protège des réfugiés qui la haïssent plus encore que leurs agresseurs revenus du tombeau. Balfruss est un érudit, un voyageur… et un Mage de Guerre célèbre pour avoir à lui seul mis un terme au conflit. Livrés à eux-mêmes, les survivants épuisés n’ont que quelques jours pour se préparer à affronter les ténèbres une dernière fois…

Mage du Chaos est le troisième tome de la trilogie L’Âge des ténèbres de Stephen Aryan. Chaque tome raconte une forme de guerre, toujours en lien avec la magie et la Tour Rouge. Cette Tour servait à former des magiciens. Puisqu’elle n’est plus ce qu’elle devait être, ceux qui ont donc de mauvaises intentions forment à leur manière les jeunes magiciens. Dans le premier tome, les personnages devaient repousser les hordes sauvages du Roi Fou et affronter le terrifiant Nécromancien. Le deuxième tome est axé sur les complots et l’espionnage dans le but de faire tomber la royauté. Le troisième tome quant à lui met en scène des morts-vivants.

« Après avoir décapité tous les morts, y compris Jannek, la Morrinienne s’assura que les corps resteraient à bonne distance des têtes. Le seul moyen d’éviter le retour des Réprouvés… »

Dans ce troisième tome, on retrouve un peu l’atmosphère du premier tome. On revient à Seveldrom où la Reine Talandra vient d’apprendre que l’épée maléfique a été volée. Cet objet était pourtant gardé sévèrement, puisque ses pouvoirs peuvent faire de grands dommages. Il n’y a que Balfruss, rencontré dans le premier tome, qui a pu démontré ses grands talents et qui est donc soupçonné de vol.

Une entité maléfique surplombe la ville de Voechenka. C’est elle qui manipulera les réprouvés, ceux qu’on appelle les morts-vivants, afin qu’ils combattent et fassent prisonniers d’autres gens qui deviendront comme eux. Le but étant d’agrandir les rangs des réprouvés.

« Avant le désastre, elle n’aurait rien vu, parce que Voechenka ne dormait jamais. À cette heure, on aurait entendu les échos des festivals, des théâtres, des concerts et même des artisans qui travaillaient tard dans la nuit. Sans cesse à la tâche, des milliers d’esprits créatifs transformaient en réalité les fulgurances de leur imagination. »

Dans cette histoire, Balfruss qui était mon personnage préféré de la série, redevient un des personnages principaux. Dans le tome deux, il n’était pas vraiment présent et j’espérais pouvoir le retrouver dans ce troisième tome. J’étais donc content de cheminer à ses côtés pendant ma lecture. Le lecteur découvre aussi un nouveau personnage, Zannah, une guerrière redoutable qui n’inspire pas forcément confiance. Elle est décidée à racheter les crimes perpétrés à l’encontre de son peuple. Il y a également la Protectrice qui est une combattante et Alyssa qui est en quelque sorte la meneuse et la conseillère du groupe.

« Alors qu’il arpentait les rues de Voechenka, Balfruss repensa au Nécromancien. Avant la guerre, ce jeune homme nommé Torval était animé par sa soif de connaissances – et plus, par sa faim de puissance. À l’entendre, durant ses voyages, il avait visité tous les pays du monde. Un gros mensonge car il n’avait jamais traversé la Mer Morte, par exemple. En revanche, il avait séjourné à Voechenka et étudié sous la tutelle de Kaine, qui lui avait enseigné une magie dangereuse. »

J’aime les personnages créés par Stephen Aryan. Ils sont intéressants et souvent attachants malgré l’univers particulier dans lequel ils évoluent.

J’ai beaucoup aimé la série de manière générale. Les deux premiers tomes m’avaient plu, mais je leur reprochais la lenteur de l’auteur à mettre en place ses personnages. Ces premiers tomes comportaient de nombreuses descriptions et une lenteur par rapport à la présentation du contexte et des personnages. J’avais par moments l’impression de lire un glossaire détaillé. Même si l’auteur se reprenait par la suite, cette façon de présenter son univers était parfois un peu lourd. Par contre, je trouve le troisième tome beaucoup plus abouti, beaucoup plus captivant. On sent que l’auteur a prit de l’expérience et que son écriture est beaucoup plus adaptée à ce style d’histoire. Il y a énormément d’action, les chapitres s’enchaînent et l’auteur nous garde en haleine. La traduction est très bien également.

La fin du livre et de la série est excellente. Ce troisième tome est mon préféré de la trilogie. Il est sans doute, à mon avis, le plus passionnant des trois. Je serais curieux de lire autre chose de cet auteur, pour voir si sa façon d’écrire a évoluée et si elle ressemble plus à ce troisième tome.

Mon avis sur les autres tomes de la trilogie:

L’Âge des ténèbres tome 3: Mage du chaos, Stephen Aryan, éditions Milady, 576 pages, 2017