L’Âge des ténèbres tome 3: Mage du chaos

Age des tenebres 3 mage du chaosDans une cité dévastée par la guerre, la Protectrice de la Paix Tammy Baker enquête sur les morts-vivants qui rôdent. La paria Zannah, décidée à racheter les crimes de guerre de son peuple, protège des réfugiés qui la haïssent plus encore que leurs agresseurs revenus du tombeau. Balfruss est un érudit, un voyageur… et un Mage de Guerre célèbre pour avoir à lui seul mis un terme au conflit. Livrés à eux-mêmes, les survivants épuisés n’ont que quelques jours pour se préparer à affronter les ténèbres une dernière fois…

Mage du Chaos est le troisième tome de la trilogie L’Âge des ténèbres de Stephen Aryan. Chaque tome raconte une forme de guerre, toujours en lien avec la magie et la Tour Rouge. Cette Tour servait à former des magiciens. Puisqu’elle n’est plus ce qu’elle devait être, ceux qui ont donc de mauvaises intentions forment à leur manière les jeunes magiciens. Dans le premier tome, les personnages devaient repousser les hordes sauvages du Roi Fou et affronter le terrifiant Nécromancien. Le deuxième tome est axé sur les complots et l’espionnage dans le but de faire tomber la royauté. Le troisième tome quant à lui met en scène des morts-vivants.

« Après avoir décapité tous les morts, y compris Jannek, la Morrinienne s’assura que les corps resteraient à bonne distance des têtes. Le seul moyen d’éviter le retour des Réprouvés… »

Dans ce troisième tome, on retrouve un peu l’atmosphère du premier tome. On revient à Seveldrom où la Reine Talandra vient d’apprendre que l’épée maléfique a été volée. Cet objet était pourtant gardé sévèrement, puisque ses pouvoirs peuvent faire de grands dommages. Il n’y a que Balfruss, rencontré dans le premier tome, qui a pu démontré ses grands talents et qui est donc soupçonné de vol.

Une entité maléfique surplombe la ville de Voechenka. C’est elle qui manipulera les réprouvés, ceux qu’on appelle les morts-vivants, afin qu’ils combattent et fassent prisonniers d’autres gens qui deviendront comme eux. Le but étant d’agrandir les rangs des réprouvés.

« Avant le désastre, elle n’aurait rien vu, parce que Voechenka ne dormait jamais. À cette heure, on aurait entendu les échos des festivals, des théâtres, des concerts et même des artisans qui travaillaient tard dans la nuit. Sans cesse à la tâche, des milliers d’esprits créatifs transformaient en réalité les fulgurances de leur imagination. »

Dans cette histoire, Balfruss qui était mon personnage préféré de la série, redevient un des personnages principaux. Dans le tome deux, il n’était pas vraiment présent et j’espérais pouvoir le retrouver dans ce troisième tome. J’étais donc content de cheminer à ses côtés pendant ma lecture. Le lecteur découvre aussi un nouveau personnage, Zannah, une guerrière redoutable qui n’inspire pas forcément confiance. Elle est décidée à racheter les crimes perpétrés à l’encontre de son peuple. Il y a également la Protectrice qui est une combattante et Alyssa qui est en quelque sorte la meneuse et la conseillère du groupe.

« Alors qu’il arpentait les rues de Voechenka, Balfruss repensa au Nécromancien. Avant la guerre, ce jeune homme nommé Torval était animé par sa soif de connaissances – et plus, par sa faim de puissance. À l’entendre, durant ses voyages, il avait visité tous les pays du monde. Un gros mensonge car il n’avait jamais traversé la Mer Morte, par exemple. En revanche, il avait séjourné à Voechenka et étudié sous la tutelle de Kaine, qui lui avait enseigné une magie dangereuse. »

J’aime les personnages créés par Stephen Aryan. Ils sont intéressants et souvent attachants malgré l’univers particulier dans lequel ils évoluent.

J’ai beaucoup aimé la série de manière générale. Les deux premiers tomes m’avaient plu, mais je leur reprochais la lenteur de l’auteur à mettre en place ses personnages. Ces premiers tomes comportaient de nombreuses descriptions et une lenteur par rapport à la présentation du contexte et des personnages. J’avais par moments l’impression de lire un glossaire détaillé. Même si l’auteur se reprenait par la suite, cette façon de présenter son univers était parfois un peu lourd. Par contre, je trouve le troisième tome beaucoup plus abouti, beaucoup plus captivant. On sent que l’auteur a prit de l’expérience et que son écriture est beaucoup plus adaptée à ce style d’histoire. Il y a énormément d’action, les chapitres s’enchaînent et l’auteur nous garde en haleine. La traduction est très bien également.

La fin du livre et de la série est excellente. Ce troisième tome est mon préféré de la trilogie. Il est sans doute, à mon avis, le plus passionnant des trois. Je serais curieux de lire autre chose de cet auteur, pour voir si sa façon d’écrire a évoluée et si elle ressemble plus à ce troisième tome.

Mon avis sur les autres tomes de la trilogie:

L’Âge des ténèbres tome 3: Mage du chaos, Stephen Aryan, éditions Milady, 576 pages, 2017

L’Âge des ténèbres tome 2: Mage de sang

mage de sangLe Protecteur de la Paix Byrne enquête sur une série de meurtres dont les victimes ont été littéralement vidées de toute substance. Fray, expert en magie, serait d’une aide précieuse… si son père n’était pas mort des années plus tôt, justement au service des Protecteurs. Choss, ancien lutteur, devra apprendre à oeuvrer pour la paix s’il veut éviter que les bas-fonds du royaume ne se muent en rivières de sang. Katja, insaisissable espionne, doit faire appel à toutes ses compétences pour empêcher un massacre qui renverserait deux dynasties et condamnerait Perizzi à une fin irrémédiable…

Mage de sang est le second tome de la trilogie L’âge des ténèbres de Stephen Aryan. J’avais lu et chroniqué le tome 1 il y a quelques temps, tome que j’avais bien aimé, mais qui comportait des points positifs et négatifs. J’avais toujours en tête la fin prenante du premier tome lorsque j’ai débuté la lecture de celui-ci.

Mage de sang se déroule à Perrizzi un an après la guerre présentée dans le premier livre. Au départ, dans les premiers chapitres l’auteur parle vaguement de trois personnages du premier tome, Balfruss le mage de guerre, Vargus le guerrier et puis la Reine de Seveldrone. Très rapidement dans le roman, on peut voir que des complots se trament pour faire tomber la royauté. C’est en quelque sorte un acte de vengeance en lien avec le premier chapitre. Le second tome est plus axé sur l’espionnage entre groupes, dans le but de découvrir et d’empêcher les complots qui se trament dans le dos des deux reines.

En commençant ma lecture, le second livre me rappelait énormément la construction du premier livre. Stephen Aryan prend beaucoup de chapitres pour raconter ses personnages, qui ils sont, avant d’enclencher le début de son histoire. Dans ce second livre, à l’inverse du premier tome où la magie et la guerre sont très présents, la magie doit restée cachée car les gens ont peur de tout ce qui tourne autour d’elle. La magie a fait énormément de dégâts dans le passé et les gens ne veulent plus en entendre parler. Tout se joue donc en secret.

Ici, les clans ennemis sont infiltrés et l’histoire de ce second tome amène l’apparition d’un Mage de chair. Certains usent de la force, d’autres de la magie, pour réussir à parvenir à leurs fins. Un personnage qui lui, a hérité de la magie, mais n’a pas vraiment apprit à l’utiliser, jouera un rôle important. En avançant dans le roman, on réalise que l’auteur procède toujours de la même façon pour ses romans: un début très long, un milieu de roman un peu plus actif et une fin qui donne envie de lire la suite.

Dans la première partie du livre il y a de nombreux combats dans des arènes. Choss est un lutteur. Ce personnage est l’un de mes préférés. Dévoué, courageux et malgré ses blessures, il continue à foncer. J’ai aimé que ce personnage soit une sorte d’emblème de cette société où la lutte dans les arènes est un divertissement apprécié. C’est intéressant de le suivre, on le voit surtout dans la première moitié des chapitres comme lutteur, puis dans la seconde où il aura un rôle très important dans la guerre des familles. Dans les espions, ma préférée reste Katja qui est une espionne de Seveldrone.

Ce second tome comporte pratiquement que de nouveaux personnages et par le fait même, de nouveaux ennemis. J’ai plutôt aimé ce roman, mais la construction du roman est semblable au premier tome, très longue et très descriptive au début. Comme il y a de nombreux personnages dans chaque tome et que chaque livre donne sa place à de nouveaux héros, il est difficile de reprendre le roman en étant dans le feu de l’action. La mise en place prend donc toujours une grande partie de chaque livre. Du moins, c’est le cas avec le premier et le deuxième tome. J’imagine que ce sera la même chose pour le dernier de la trilogie.

J’ai lu plusieurs avis sur ce livre et les gens apprécient généralement plus le second tome que le premier. J’ai l’impression que c’est parce qu’après avoir lu le premier, on est en quelque sorte « habitué » à la façon de faire de l’auteur, qui débute toujours ses romans très longuement, en s’attardant énormément sur les personnages. J’ai l’impression qu’en lisant ce second livre, le lecteur a moins d’attentes qu’au début de la trilogie. Il sait en fait à quoi s’en tenir. Comme le premier livre, l’histoire de celui-ci devient plus active vers la fin. Le récit est plus captivant, plus prenant et le dernier tiers du livre garde beaucoup plus l’intérêt du lecteur.

Fidèle à lui-même, la fin nous apprend certaines choses surprenantes sur les personnages et nous laisse un peu en attente. Comme la finale est prenante, elle donne envie de lire la suite. Je crois que c’est à cause des fins de ses livres qu’on poursuit l’aventure. Pas que ce soit de mauvais livres, l’histoire est intéressante mais traîne toujours un peu.

Je crois que les deux points les plus forts de ce roman sont principalement l’écriture, qui est agréable à lire, et les personnages, qui sont complexes et attrayants. C’est ce qui fait de cette série sans doute les raisons pour lesquelles elle reste captivante malgré ses points faibles.

« Il se souvint de son enfance, quand il s’asseyait au fond de l’église du Créateur. À l’époque, il écoutait les sermons sans jamais regarder les fidèles ou leur parler. Les yeux baissés, il s’intéressait au bois des chaises, suivant du bout d’un doigt les veines plus claires ou plus sombres qui le faisaient penser à des fleuves, sur une fabuleuse carte au trésor. »

Jusqu’à maintenant, cette série me plaît assez bien. Cependant c’est un livre qui met du temps à se placer. Ceux qui ont l’habitude de laisser tomber une lecture qui commence lentement, ne trouveront sans doute pas ces livres à leur goût. Toutefois, comme Aryan excelle dans l’art d’écrire des fins qui nous gardent en haleine, je suis tout de même impatient de connaître le dénouement du troisième tome.

Mon avis sur le tome 1: L’Âge des ténèbres tome 1: Mage de guerre

L’âge des ténèbres t.2: Mage de sang, Stephen Aryan, éditions Milady, 566 pages, 2016.

L’Âge des ténèbres tome 1: Mage de guerre

Age des tenebres 1 mage de guerreBalfruss est un Mage de Guerre, qui a juré de se battre jusqu’à la mort pour Seveldrom, un royaume qui redoute pourtant ceux de sa race. Vargus est un simple soldat qui, lorsque les mages exercent leurs pouvoirs depuis les remparts de sa ville, se bat en première ligne sans craindre de souiller sa lame. Réunis par le souverain de Seveldrom, ils devront repousser les hordes sauvages du Roi Fou et affronter le terrifiant Nécromancien, le plus féroce des alliés de l’ennemi…

Mage de guerre est le premier tome de la trilogie L’âge des ténèbres, qui comprend aussi les tomes Mage de sang (tome 2) et Mage du chaos (tome 3).

Très tôt dans le livre, on sent une grande tension, on sent qu’une guerre va éclater et elle arrive très rapidement dans le roman. On s’attend donc à ce qu’un bon suspense se crée assez tôt dans l’histoire. Cependant, j’ai eu beaucoup de difficulté à m’accrocher au départ. Tous les éléments sont là, mais l’histoire stagne beaucoup. L’auteur ne nous emporte pas au tout début, c’est donc un roman qu’on n’a pas forcément envie de lire d’une traite, parce que l’histoire devient vite monotone. J’ai eu un peu de mal à suivre au commencement parce que l’auteur fait apparaître de très nombreux personnages à chaque chapitre et on ne sait pas où il nous amène.

Certains personnages sont toutefois bien attachants, comme Gunder, un marchand d’épices qui est aussi un espion, et que j’ai vraiment apprécié dans le livre. Il faut atteindre le vingtième chapitre avant que l’histoire démarre réellement.  Par la suite, on suit les personnages principaux et l’histoire prend une forme beaucoup plus intéressante. Le mage de guerre Balfruss est un personnage intéressant puisqu’il doute de ses pouvoirs et devra apprendre à se faire confiance. Il y a aussi Vargus qui redonne espoir aux troupes et agit comme motivateur. C’est un guerrier attachant et aguerri, qui revient chez lui pour aider son peuple.

Pour moi, dans ce livre qui était au départ plus ou moins accrocheur, l’auteur réussit à nous captiver un peu plus et la dernière partie est très satisfaisante pour le lecteur. Il assure une belle fin à son livre, qui pourrait se terminer là, mais qui aura toutefois une suite puisque L’âge des ténèbres comporte deux autres tomes.

Stephen Aryan crée un monde fantaisiste peuplé de mages, de guerriers, de rois, de combats, d’espions et de royaumes en guerre. La traduction du livre est très bonne, ça se lit très bien et l’auteur réussit à mettre en image facilement l’univers du roman.

« Fins et denses, des flocons se déversaient du ciel grisâtre. Alors que l’hiver aurait dû être fini, la glace crissait sous les semelles et la terre, dessous, était dure comme du marbre. Le givre recouvrait tout et une nappe de brouillard glacial s’accrochait au sol. Pour voyager dans de telles conditions, il fallait être désespéré ou rongé par la cupidité. »

Le roman reste toutefois un livre bien intéressant, même si le premier tiers du livre est très long. L’auteur se rattrape bien par la suite, suffisamment pour nous donner le goût de poursuivre la trilogie. L’intrigue est beaucoup plus soutenue par la suite et j’avais très envie de connaître la fin. Je lirai la suite, qui m’attend d’ailleurs dans ma pile, surtout si le deuxième tome est à l’image du dernier tiers du roman, ce que j’espère vraiment!

J’ai découvert Stephen Aryan avec ce roman et malgré ma déception du départ, il a su m’embarquer dans un univers qui m’a beaucoup plu. J’aurais donc tendance à suivre ses prochaines parutions, comme par exemple Mageborn qui est paru il y a quelques mois en anglais, mais qui n’a pas été traduit. On y parle de la Tour rouge, le lieu de formation des mages, qu’on retrouve aussi dans L’âge des ténèbres. Ce pourrait être une lecture intéressante (si un jour il est traduit!).

L’Âge des ténèbres tome 1: Mage de guerre, Stephen Aryan, éditions Milady, 576 pages, 2017